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Chartre, charte, voir le précédent

2« Chartre, prison, dans la locution archaïque « tenir en ■chartre privée », est le latin carcerem, qui nous a donné aussi les mots savants incarcérer, incarcération, emprisonner, emprisonnement.

Chartreux, religieux d'un ordre fondé dans une localité du Dauphiné nommée la Chartreuse.

Chartrier, v. chart . Chasse, v. capable i.

Chas, V, châsse.

Citasse, dont caisse (d'où caisson, caissier, encaisser et encaissement) est une forme provençale, est le latin capsa, . coffre, dont le diminutif capsula nous a fourni capsule. Chas, trou de l'aiguille (qui enserre le fil), est la forme masculine de châsse, dont enchâsser est un composé et châssis un dérivé. La forme italienne du même mot nous a fourni casse (d'imprimerie) et le diminutif cassette.

Chassé, pas de danse, et chassô-crolsé, v, capable ^.

Chaisselas, espèce de raisin qu'on a d'abord cultivée à Chasselas, en Saône-et-Loîre.

122 DiCTiONNAiEE ÉTYMOLOGIQUE [Chaufodmier

Chawwr, ohaaseur, v. eapa- Cbassieux, origine inconnue. ble^, ChAssU, v. chûase.

Chaste (dérivé : chasteté), du latin castumy pur, qui nous a donné aussi, par l'intermédiaire du portugais, le substantif caste, proprt race pure. Inceste, adjectif archaïque et substantif, (d'où incestueux], formé avec in- négatif, lat. incesium^ sigaiiie : impur. Châtier (qui est le latin castigare)y d'où châtiment, c'est proprt purifier. Cf. agnus-coitUM.

GhaBoble, v. case.

Chat est le latin populaire eattum. Dérivés : chaton, petit chat (et touffe de petites fleurs de certains arbres, rappelant la queue d'un chat); chatterie; chatière; chatoyer, d'où chatoiement, avoir les reflets changeants de l'œil du chat. Composés : chafouin, chafouine = moitié chat, moitié fouine; chattemite, dont le sens étymologique est probablement chatte douce, de l'adjectif latin mitem conservé par le mot savant mitiger. Sur chat-huant, v, chouan. Du mot latin felem, qui signifie chatte, dérive notre adjectif félin.

Châtaigne est le latin castanea^ dont le diminutif, venu d'Espagne, est castagnette. Dérivé châtaignier, d'où châtaigneraie. L'adjectif de couleur châtain n'est pas autre chose que la forme masculine de châtaigne, comme violet est la forme masculine de violette.

Château, dont la forme provençale est castel, est le latin castellum. Dérivés : châtelet; châtelain, d'où châtellenie Castram, dont castellum est un diminutif, a donné Castres La Châtre, etc. jChester (et Bicêtre, corruption de Winchesler).

Chat-huant, v. chouan. Châtiment, v. chaste.

Châtier, V. chaste. Chatoiement, 1. Chaton, v.

Chatière, v. chat. ehat.

2« Chaton (de bague), apparenté h l'ail, kasten, caisse; composé encastrer, de provenance italienne.

Chatouiller, d'où chatouillement, chatooillenx, origine douteuse, probablement onomatopée.

Chat03rant, chatoyer, v. dron, chaudronnier, ohaof-

chat. fage, ohaulfe, chauffer,

ChAtrer^ V. castrat. chaufferette, chaufferie,

Chattemite. chatterie, v. chauffeur, v. chaloir.

chat. Chaufournier, chauler, ti.

.Chaud, chaudière, chau- chaux.

Chaux] DU FRANÇAIS. 123

Chaume est le latin calamunif du grec kalamon, qui signifie proprt roseau, tuyau , d'où paille. Une chaumière, une chanmine, sont 4es maisons couvertes de chaume. Les diminutifs chalumeau, et chalumet ou calumet, signifient prôprt petit roseau, tuyau, d'où le sens, pour l'un, de flûte en roseau, pour les loutres de tuyau de pipe, pipe. On emploie quelquefois, au sens de « roseau à écrire », le doublet savant de chaume, calame. Le dérivé calamitateniy calamité, a d'abord désigné un fléau s'abattant sur les plantes à paille, sur les céréales.

Chausse* Au latin calcerriy talon, (d'où le mot savant ealcanéum, os du talon), par un dérivé "calcea^ se rattache notre mot chausse, d'où chaussette, chausson, chausser, chaussure. Les chausses couvraient les cuisses (haut de chausses) et les ihollets et les pieds (bas de chausses, aujourd'hui bas tout court). Le mot italien correspondant à chausion, mais désignant des culottes de dessous, est passé en français sous la forme caleçon. Une chausse-trape une trappe qui chausse en quelque sorte les pattes de l'animal pris.

— Nous venons de voir que chausser est un dérivé de *calcea^ mais sur calcem le latin avait fait le verbe calcare^ fouler du talon, dont le composé inculcare nous a fourni notre verbe inculquer, <( fouler dans » au figuré, faire pénétrer dans l'esprit. Nous avons emprunté calquer (d'où calque et décalquer) à l'italien, au sens figuré 'de presser un papier sur un dessin pour le reproduire. Le vieux français avait chaacher dont une forme dialectale se retrouve dans cocher, couvrir la femelle, en parlant des oiseaux, et dans cauchemar, proprt démon (germanique mara) qui foule, qui oppresse. Récalcitrant (verbe latin recalcitrare), proprt : qui résiste en ruant.

ChouaBéOf V. chaux. chausson, ohaas^ure, o.

Chausser , chaussette, chausse.

Chauve^ ancien masculin chauf^ est l'adjectif latin calvum, d'où le mot savant calvitie. Le substantif calva^ crâne (assimilé à une tête chauve), se retrouve dans Calvaire, v. ce mot.

Chauvin, personnage du Soldat laboureur de Scribe, d'où chauvinisme.

Cliaux (d'où chaussée, route maçonnée à la chaux, chauiouroier, ouvrier d'un four à chaux, et chauler) est

124 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cheptel

I6 latin calceruy chaux, d'où les mots savants : calcaire et calciner, proprt réduire en chaux par le feu. Sur calcem les Latins avaient fait le diminutif calculunif Jiroprt pierre à chaux, puis pierre en général, caillou ; ils appelaient notam- ^ ment ainsi les pierres dont ils se servaient pour les opérations arithmétiques, d'où le sens étymologique de notre verbe calculer (dérivé : incalculable), dont calcul, dans Tua de ses sens, est un dérivé, tandis que, dans l'autre, <( calcul du foie, de la vessie », il est tiré directement du latin. En formation populaire, calculum a pu donner chail et dialectalement cail, d'où caillou; on a dit {< chail de moulin ^> pour pierre meulière. On a aussi fait venir caillou du grec kahhlêx latinisé.

Chavirer, chef, ohef-d'œavre, ohel-lieu, v. cap K

Chelem, terme de jeu, anglais slam.

Ghélidoine, v. hirondelle.

Chemin est le latin *caminam, d'origine celtique, d'où : cheminer, les néologismes chemineau (qui court les chemins) et cheminot (employé des chemins de fer), et s'acheminer, acheminement.

Cheminée se rattache par le latin au grec kaminon, fourneau, sans doute apparenté à kamàra, voy. chambre.

Chemise est le latin populaire camisia, d'origine celtique. Dérivés : chemisette, chemisier; camisole et camisade, qui nous viennent de l'italien. Camisade signifie proprt attaque en chemise (avec une chemise passée sur les armes).

Chenal, v, canne.

Chenapan, de l'allemand schnapphahn, proprt voleur de coq.

Chêne, d'origine celtique, dérivé : chênaie.

Chéneau, origine douteuse. L'ancienne orthographe chesneau s'oppose à un rapprochement avec chenal.

f Chenet, v. chien. Chenil^ chenille, v. chien,

Ghènevière, chènevis, v.

chanvre.

Chenu est *canutum^ qui se rattache au latin cani^ cheveux blancs.

Cheptel, V. cap *.

Chevir] du français. 125

Chèque, anglais check.

Cher est le latin carutïi, dont le sens primitif est : d'un prix élevé, d'où précieux et, au figuré, aimé. Dérivés : les doublets cherté, carilatem, sens propre, et charité; sens figuré; le mot de provenance italienne caresse, témoignage d'affection, et son dérivé caresser; chérir, et un composé qui se rattache au sens propre, enchérir, formé directement sur cher, d'où : enchères, enchérisseur, renchérir, surenchérir et surenchère.

Chercher,!;, cirque. Chérir, chôrissable^ohertô,

Chère, sabstantif, v. cerveau v. cher. et chair.

Chérubin, mot hébreu, c'est un pluriel en hébreu, nous en avons fait un singulier; cf. albinos et séraphin. ChestePy de Gbester, en Angleterre. Gf. château.

Chétif, V. capable ^.

Cheval est le latin caballum. Le mot du latin classique qui équivau^t à cheval, equam, ne se retrouve que dans les mots savants équestre, équitation (du verbe equitare, qui équivaut à chevaucher). Il avait été remplacé dans le latin populaire par cabaltum^ d'origine grecque, qui signifie proprt cosse, cheval de somme. En revanche, rosse lui-même (d'où peut-être rosser, traiter comme on traite une rosse) vient de l'allemand ross, cheval de bataille, cf. roussin. Le féminin cavale est une forme italienne. Dérivés : chevalet, proprt petit cheval; l'adjectif chevalin; chevalier et cavalier, chevalerie et cavalerie; chevaleresque; chevaucher, d'où chevauchée (doublet d'origine italienne : cavalcade) et chevauchement. Sur les dérivés du mot grec hippon, qui veut dire cheval, et qui est le même mot que le latin equum, voy. hippique.

Chevalet, v. cheval. Cheyêtrâ, v, capable ^,

Chevance, v. chevir. Cheveu, v. cap i.

Chevaucher, v. chevdl, ChevUle, cheviller, che-

Ghevelu, chevelure, che- viUette, v. clou i. vot, V, cap *.

Clieviote^ étoffe fabriquée avec la laine des moutons des monts Gheviots en Ecosse.

Chevir» vieux verbe signifiant « disposer de », d'où chevance, bien, avoir. On explique ce mot soit comme un

126 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chien

dérivé de chef y soit par un verbe latin *capirey autre for m: de capere, su? lequel voy. capable^.

Chèvre est le latin capra. Dérivés : chevrette et la forme dialectale crevette (qui saute comme une chèvre. voir toutefois écrevisse) ; chevreau, chevreuil et chevrotine (balle pour le chevreuil); chevrier; chevrons, pièces de bois se rejoignant en angle (pour la métaphore comparez chevalet); chevroter. Dérivés savants ou d'origine méridionale : capricant; provençal cabri, se cabrer; cabriole, d'où cabriolet (voiture légère qui fait des cabrioles), dont ranglais cab est un abrègement. Composés : capricorne, 1.. capricornum, proprt qui a des cornes de chèvre; chèvrefeaille^ plante grimpante.

Chevreuil, ohevrier, ohe- ment, ohevroter, olievrotin, ▼Ton, chevronné, chevrote- chevrotine, v. chèvre.

Chez, V. case.

Chic (d'abord finesse de chicane, puis élégance), abréviation de chicane, qui vient de chicaner, origine inconnue; autres dérivés : chicaneur, chicanier.

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