‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 47 sur 169 · La langue grecque avait la même racine, d'où elle avait · texte numérisé non relu

La langue grecque avait la même racine, d'où elle avait

Clou] DU FRANÇAIS. 139

tiré : 1® le substantif klinêj lit, auquel se rattache notre mot clinique, enseignement près du lit du malade; 2® le substantif klima, génitif klimatos (d'où climat), qui signifie proprt inclinaison, inclinaison de la terre relativement au soleil, d'où ; conditions atmosphériques; dérivé : climatérique; composé : acclimater, d'où acclimatation ; 3<^ enhlUikon et proklitikon, penché sur ou en avant, français enclitique et proclitique; hétéroclite signifie proprt : qui penche d'un autre côté, v, autre *.

Clignotement, clignoter, CUniqvtet v. cligner ^.

V, cligner. " Clinquant, clique, cliquet,

Cliinat, climatérique, v. cliqueter,cliquetis, cliquette,

cligner'. w, claquer*

Clin, 0. cligner., Cloaque, v. cataclysme.

Cloche^ probablement onomatopée. Dérivés : clochette, clocher, clocheton. Par comparadson, le mot cloche et sa forme normande cloqne désignent une ampoule sur la peau.

Clocher^ verbe, se rattache au latin populaire cloppum, boiteux, d'origine incertainç, sur lequel ont été faits : le verbe *cloppare, devenu le vieux français doper j d'où éclopé, clopiner, clopin-clopant [v. zigzag), et le verbe *cloppicave, idevenu clocher.

Cloison, cloisonné, oloitre, hlopin-olopant, v. clocher^

cloîtrer, u. clou *. verbe.

Cloporte^ origine douteuse. Dans plusieurs langues et dialectes le cloporte est appelé « petit porc ». On suppose en conséquence que le second élément de clopoHe est une altération du moi porc^ provenant d'une étymologie populaire.

Cloque, vl cloche. Clore, dos, closerie, clô-

ture, V. clou 2.

Clou, d'où clontier, clouer, encloner, déclouer, est le latin clavurriy qui avait je même sens, et dont une forme en -«m, clavem (cf. le grec kleida^ au mot ophicléide), est devenue notre mot clef, la clef étant originairement une manière de clou servant à fermer.

1. Clavum et clavem, par l'effet des lois phonétiques, peuvent avoir Tun et l'autre des dérivés commençant par elaV'* A clou, au sens de furoncle, se rattachent claveau et clavelée, qui désignent une maladie éruptive des moulons. A clef se rattachent : claveau au sens de clef de voûte;

140 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Clystère

enclaver, d*où enclave; clavette; clavicale et son doublet populaire cheville = petite clé, les clavicules ayant la forme d'une clef antique; clavier, proprt ensemble des touches qui ouvrent et ferment les tuyaux de l'orgue (le clavecin est étymologtquement un clavier-cymbale). Le conclave est proprt un ensemble de pièoes sous la môme clé.

2. Le verbe latin claudere (dérivé de clavem, clef), supin clausam, est devenu clore; participe passé employé substantivement clos, d'où : closerie, l'anglais clpsetj cabinet (v. water-closet), et cluse, qui se rattache à une forpie en u qu'on trouve particulièrement dans les composésl Autres dérivés : clause, mot savant, désignant une formule fermée, ûxéBy un article précis; cloison, clôture; cloître (latin classique claustrum), d'où cloitrer, avec les dérivés savants claustral et claustration, qui ne correspondent pas h des formes du latin classique. Clovisse, mot d'origine provençale, est le nom d'une espèce de mollusques comestibles qui se ferment dans leur coquille.

3. Les composés de claudere étaient en -cZadare, supin -clusum. Mais, pour plusieurs de ces composés, nous trouverons des formes populaires en o d'après clorez à côtés des formes savantes en u. Ëclore (dérivé : éclosionj et exclure (dérivés : exclusif, exclusion) signifient proprt : fermer dehors, faire sortir, mais le premier a pris le sens de « sortir » de l'œuf, et, par analogie, du bouton; une écluse (dérivé : éclusier), c'est l'eau séparée du courant ; forclore, terme juridique (v, fors), c'est aussi fermer dehors, exclure, dérivé : forclusion. Enclos et inclus (dérivé : inclusivement) signifient proprt: fermé dedans. Déclore, c'est enlever ce qui ferme, ouvrir. Un reclus, — dérivé : réclusion, — est un homme renfermé. Être perclus, c'est être <( tout à fait » fermé, entravé (sur le préfixe, voy; par ^). Conclure, c'est proprt fermer ensemble, la conclusion enferme les prémisses. Remarquez la contradictiog orthographique entre exclu, concluy sans s finale, et inclus, reclus, perclus, éclos, enclos, forclos. L'occlusion ferme en avant (préf. ob-j; dérivé : occlusif (consonnes occlusives).

Clovisse, espèce de coquille, v. cloaK

Clubt mot anglais, peut-être apparenté & globe.

Cluse, V. clou K Glystère, v. cataclysme.

Coco] DU FRANÇAIS. 144

Co-, forme ordinaire du préfixe latin cam devant une voyelle; v. corn-,

Goadjnteur, v. aider. Goalisttr, ooalition, v. ali-

Goaguler, v. agir*. menî^.

Coaltar, mot anglais, proprt goudron de charbon.

Coasser, grec koax, onomatopée.

Cobalt, mot allemand.

Cobaye, mot américain,

Cobéa, du nom de Gobo, missionnaire espagnol.

Cobra, mot portugais, c'est le latin colubra, couleuvre.

Coca, mot du Pérou, dérivé : cocaïne.

Gooagne, origine douteuse. Goeasse, origine inconnue.

Cocarde, v, coq. i

Coccinelle, proprt petite bête rouge, se rattache, parl'adj. eoccinum, au grec latinisé coccum, qui désigne la couleur écarlate.41 ^^ 6st de même de cochenille, nom d'un* autre insecte, emprunté à Titalien ; la cochenille fournit une teinture rouge. Le sens primitif du grec kokkon est : baie du chêne à cochenille.

. Coccyx, du grec kokkux, qui signifie aussi coucou. Le coccyx a été comparé au bec recourbé du coucou.

i. Coche, entaille, origine inconnue. Dérivé : cocher, entailler. Composés : encocher, d'où encochç; décocher.

2. Coche, bateau, est le latin caadica, radeau, même racine que d&ns caadex, souche, terme de botanique.

8. Coche, voiture, d'où cocher, subst., et porte-cochère, ail. katsche, d'origine hongroise (proprt voiture de Koszi, près de Raab, cf. landau^ berline).

Cochenille, v. coccinelle. Cocher, v, chausse.

Cocher, verbe, v. coche i. Cochet, v. coq.

Cocher, subst., v. coche 3.

Cochon, origine incçnnue. Dérivé : cochonner, cochonnerie; cochonnet, petit cochon, et, par comparaison plaisante, petite boule servant de but.

Cochylis, aux ailes rougeâtres, du grec konkhulê, coquille à pourpre. Cf. coque.

Coco, mot portugais. Dérivé : cocotier. Le « marchand de coco » vend une infusion, de réglisse ainsi appelée par comparaison avec le lait de coco. Le mot coco, dans les expressions telles que k vilain coco », est d'origine douteuse.

142 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE Cœur

GooDn, V. coque. Coction, v. cuire*

Cocotier, v. coco. Coca, v. coucou.

Cocotte, V. coq et coque. Goda, v. queue.

Code est tiré du latin codex (tablette à écrire) conservé tel quel au sens de recueil officiel des formules pharmaceutiques. Code, — d'où codifier, codification ({v. faire '^), — désigne un recueil de lois. Le diminutif codicille s'est spécialisé dans une autre direction; c'est un petit écrit ajouté à un testament, contenant des clauses additionnelles.

Codéine, mot fait sur le grec kôdeia, tète de pavot.

Coefficient, v. faire >.

Coepcitif se rattache au verbe latin coercere (préfixe coet arcere), supin coercitunij qui signifie contenir, arrêter, d'où le sens d'incoercible. Un autre composé avec le même radical, exercere, supin exercitum, est passé en français sous la forme du mot savant exercer, d'où exercice. Exercer^ c'est proprt contenir pour un dressage, mettre à l'épreuve, d'où mettre en pratique.

Cœur (d'où écœurer, qui signifie proprt enlever le cœur, et écœurement) est le latin cor, génitif cordis, qui se retrouve sous la forme cour- dans le& dérivés populaires tels que courage et sous la forme cord- dans les mots savants tels que cordial, cordialité. La langue latine considérait le cœur comme le siège non seulement de la sensibilité, mais encore de la mémoire, et nous disons encore : réciter par cœur. J. de Maistre voyait dans courage un mot composé, rage du cœur; en réalité, -âge est un simple suffixe comme dans hommage. Dérivés de courage : conragenx; encourager et encouragement; décourager et découragement. — D'après une étymologie ingénieuse de Gaston Paris, courroux (d'où courroucer) signifierait proprt cœur rompu, voy. rompre.

— Verbes composés avec le radical cord- : accorder (le mot n'existe pas en latin classique), c'est proprt rapprocher du cœur, du sentiment, du désir (Tune personne, soit une autre personne, soit un objet, de là les expressions : accorder deux personnes et, par comparaison, deux objets entre eux, accorder quelque chose à quelqu'un. Substantif verbal accord (d'où désaccord, et accordéon, instrument qui fait .des accords, le mot a été formé en Allemagne par l'inventeur); dérivés et surcomposés : accordeur, accordailles; raccorder^ d où raccord et raccordement. — Concorder, d'où concor-

Coi] DU FRANÇAIS. 143

dant. concordance, c'est s'accorder ensemble : la concorde ^ 1. coneordia, est l'union des cœurs; le dérivé concordat, d'où concordataire, désigne certains accords spéciaux.

— Le vieux verbe discorder, d'où discordant, discordance, signifie « être en désaccord » : la discorde, discordia, c'est la séparation des cœurs, le manque d'accord.

— Le vieux verbe recorder signifie u remettre au cœur, à la mémoire, rappeler » ; un record, terme de spiort, repris à l'anglais, c'est proprt le rappel d'un maximum obtenu; les recors, oe sont les assistants d'un, huissier (qui peuvent rappeler, comme témoins, les faits constatés).

— Autre composé : miséricorde, misericordia, d'où miséricordienz, cordialité pour les misérables.

— Une vieille forme latine de cœur se retrouve dans le verbe latin credere, français croire, j>roprt donner spn cœur, sa confiance à, voy. dé à jouer ^ et croire.

— La racine grecque correspondant au latin cord- a la forme card-, d'où cardiaque (même suffixe que dans élégiaque, démoniaque)^ endocarde (pour le préfixe, v. en, B), péricarde, enveloppe du cœur (pour le préfixe, v. par). Le cardia est l'orifice de l'estomac situé dans le voisinage du coeur.

Coffin, V. le suivant, i

Coffre est le latin eophinum, panier, d*orlgine grecque; dérivés : coffrer, coffret. Doublet : coffin; autre forme, venue du provençal : conffe..

Cognassier, u. coing. Cohérence, cohérent, ce-

Cognée, oogner, v, coin. hêsion, v. adhérer.

Cohorte, v. cour.

Cohue, origine celtique.

Coi, latin classique quietum; c'est le participe passé d'un verbe quiescere, se reposer, dont nous avons le composé acquiescer (s'apaiser dans une adhésion). La forme savante de quietum serait quiet (cf. le dérivé : quiétude), comme inquiet, dérivés : inquiétude, inquiéter. Quiétisme, doctrine qui prône l'inaction dans l'amour de Dieu. La forme quitte résulte d'une altération du mot quietum dans la langue juridique. Le composé acquitter, d'où acquit, acquittement, signifie proprt rendre quitte, et c'était là aussi un des sens du verbe simple quitter, d'où quittance; mais quitter a eu également et a gardé le sens moins spécial de laisser

CLÉDAT. — DICT. ÉTYM. FMAMÇ. ii

144 DICTIOKINAIRE ÊTYMOLOGlOUE [Coléoptère

tranquille, d'où abandonner. On a ajouté à quitte une désinence latine dans la locution « donner quitus ». Le mot tout latin requiem, « retour à la tranquillité », est le nom d'une prière latine qui commence par ce mot. Citons, à titre de cïiriosité, l'opinion de Furetière, d'après lequel le nom da requin lui viendrait de ce que, après sa morsure, on n'a plus qu'à chanter le requiem, voy. chien,

Coifffe parait apparenté à l'allemand kopfj tête. Dérivés : coiffer, coiffeur, coiffure. Composé : décoifj^r.

Coin est le latin cuneum (d'où cunéiforme )> coin à fendre le bois, d'où cognée, cogner, et coincer, caler avec des coins. L'instrument nommé coin étant terminé en angle, on a appelé de même l'angle formé par l'extrémité d'un objet quelconque (un quignon de4)ain parait être pour un « coignon »), puis, dans un objet creux, l'intérieur de cet angle, par exemple un coin de placard^ et, dans ce sens, on a les dérivés : encoignure, et recoin, coin retiré.

Coïncidence, coïncider, v. choir.

Coing est le latin cotoneum, du grec kudônion, pomme de Kudônia, aujourd'hui La Canée en Crète; mais c'est probablement un mot déformé par étymologie populaire, car on n'a jamais signalé spécialement le coing en Crète. De cotoheum dérive le provençal coadougnat, confiture de coings, qui a pris en français la forme altérée cotignac. Dérivé français : cognasse, coing sauvage, d'où cognassier.

Coke, mot anglais.

Col ou cou est le latin colluniy cou. Notre mot colis a été rattaché au pluriel italien colli, proprt <( charges du cou ». Dérivés de col : collet, d'où se colleter, décolleter; collier, d'où collerette. Composés : encolure; accoler, d'où accolade, forme italienne, racoler (recruter en prenant en quelque sorte au collet), racoleur et racolage; décoller, au sens de décapiter, d'où décollation; colporter (transformation de comporter, dans un de ses anciens sens, opérée au xvi^ siècle), d'où colporteur, colportage; licol ou licou, qui lie le cou.

Colchique, plante de Colchide.

Gold-cream, v. crème,

Coléoptère, proprt qui a les ailes dans un étur. Un autre mot grec, elutron, qui signifie étui comme koleon^ nous a

Colline] DU FRANÇAIS. 145

fourni élytre (voy. voûte ^), nom des ailes extérieures des coléoptères. Sur le second élément de coléoptère, voy, aile.

Colore, V. fiel.

Colibri, mot caraïbe, ou dérivé de eolubroy voy. œuleuvre. Colifichet, origine douteuse. Colimaçon, v. limace,

Golin^ forme familière du prénom Nicolas (comparez Margot pour Marguerite), qui est devenu un nom de poisson, • et qui est entré dans la composition des mots colin-tampon et colin-maillard : le premier est un nom plaisant donné' aux tambours suisses et à une de leurs batteries dont les autres troupes se moquaient par esprit de corps ; le second est devenu le nom d'un jeu après avoir été celui du joueur aux yeux bandés, par allusion, dit-on, à un personnage ainsi nommé, du x® siècle, qui aurait continuée se battre après avoir eu les deux yeux crevés.

Colique, proprt maladie du (c côlon » ou gros intestin (grec kôlan).

Colis, V. col, ^ CoUapsus, v, labeur.

Collaborateur, ooUabora- Collatéral^ ju. la^^ra^

tion, collaborer, v. labear. Collation, coUationner, u.

Collage, u. colle. offrir 8.

Colle est le latin colla^ du grec kolla. Dérivés : coller, d'où colleur, collage et un nouveau substantif colle, action de coller (au figuré), d'immobiliser, d'embarrasser par une question ; collodion, formé sur le grec kollôdea, collant (mais collyre, autre racine). Composé : décoller, d'où décollement. Protocole, d'où protocolaire,, signifie proprt : première feuille collée {v. poar*).

Collecte, collecteur, coUec- Coller, v. colle.

tif, colleotion, oollectlonner, Collerette, collet, colleter^

oolleotivlste, collectivité, v. v. col, lire 3. ' Colleur, v. colle,

CoUège, collégial, collé- Collier, v, col,

gien, collègue, v. loi, CoUiger, v. lire ^.

Colline se rattache au latin collem, et appartient à la même famille que culminant (1. culmen^ culminis, sommet) que colonne (v. ce mot), et que exôeller, excellere, (d'où excellent; excellence), dont le sens propre est : s'élever au-dessus des autres. De même colmatage, d'origine italienne : exhaus sèment de terrain.

446 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [ColoSSe

Collision» V, lèse. Colloque, u. locution

Gollocation, v, lieu, CoUoquer, v. liea.

Collodion, v. colle. Collusion, v. aUusion.

CollYre vient, par le latin, du grec kollarion^ désignant une sorte de pâte.

Colmatage, v, colline.

i . Colombe, latin columba. Dérivé : colombier, latin columbarium. La forme latine palamberriy d'où palombe, est attribuée au dialecte osque.

Page 1