X^ PRÉFACE
vraiment se passer d'interprétation, comme la presque totalité des adverbes en -ment et un bon nombre de verbes commençant par le préfixe re-. Pour les formes composées en général, quand nous ne signalons pas spécialement l'acception particulière qui résulte du préfixe, c'est qu'elle est évidente par elle-même, ou au contraire qu'elle n'apparaît pas. Le préfixe a pu marquer à l'origine un détail secondaire que nous ne dis- ' tinguons plus avec sûreté. Souvent, d'ailleurs, il ne fait qu'accentuer une idée déjà incluse dans la racine, ce qu'on exprime inexactement en disant qu'il a une valeur « augmentative », il n'augmente que les idées conformes à sa propre signification ^
Nous aurons dit Tessentiel quand nous aurons ajouté que, faute de pouvoir entrer dans les développements techniques, nous avons dû écarter les questions trop controversées et nous en tenir aux étyraologies les moins douteuses et à celles qui ne sont guère contestables; à ce titre, il nous a semblé que nous pouvions faire état de la distinction des deux verbes « passer » proposée par nous dans le tome XIV de la Revue de philologie française.
Si un mot est présenté comme d'origine inconnue ou douteuse, et que pourtant il rappelle un mot connu, latin, grec, anglais ou allemand, on peut être certain qu'il y a eu de bonnes raisons de ne pas admettre cette étymologie (il eût été trop long de l'expliquer) : souvent le mot allemand ou anglais vient au contraire du mot français.
En ce qui touche l'histoire des mots à l'époque grecque et à l'époque latine, nous avons eu un guide excellent, c'est notre collègue M. Guny, de la Faculté des Lettres de Bordeaux, qui a bien voulu revoir avec soin notre manuscrit et nos premières épreuves; nous lui devons les corrections les plus utiles, et nous ne saurions trop le remercier de son inlassable obligeance. Nous sommes aussi très reconnaissant à M. Paul Por-
1. Les différents préfixes sont mentionnés et étudiés à leur rang alphabétique. Pour les suffixes nous nous permettons de renvoyer à notre Grammaire historique (Paris. Garnier), § 20-i-209 et 2]'1>251, et 4 notre Grammaire classique (Paris, Le Soudier), § 214-218 et 227-264.