Escarpe, assassin, v. charpie
2. Escarpe, italien scarpa, pente d'un fossé de fortification, origine germanique. Dérivés : escarpé, escarpement. Composé : contrescarpe.
Escarpin, italien scarpino.
Escarpolette, italien scarpoletta.
Escient, v. savoir. Esclaffer (s*), v. éclater.
Esclandre, doublet de scandale, est *sclandalum pour scandalunij mot du latin ecclésiastique, tiré du grec skandalon, pierre d'achoppement. On croit le mot grec apparenté au latin scandere, monter, marcher, voy. échelle. Dérivés savants : scandaleux, scandaliser.
Esclave, autre forme de Slave, a désigné d'abord les pri-
242 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Esprit '
sonniers slaves d'Othon le Grand (x* siècle).; dérivé : esclavage, d'où esclavagiste.
Escobap, d'où escobarderie, vient du nom 'd'Ëscobar, casu^sie espagnol du xvii* siècle, attaqué par Pascal.
Escogriffe, origine inconnue; nous citons à titre de curiosité l'explication par « qui a les griffes d'un escroc ».
Escompte, escompteur, escompter, v. conter ^.
Escopettei italien schiqppetto, qui a d'abord signiQé petit bruit, du latin stloppum, bruit qu'on a fait en frappant sur une joue gonflée, sans doute onomatopée.
fifloorte, escorter, v.r^gtr 6. Escouade, v, quatre^.
Escrime» d'où escrimer, escrimenr, origine germanique. Cf. ail. schirmen, protéger.
Escroc, esorociuer, escro- Ésotérique, v, en 3^^ A,
querie, escroqueur, v. eroe.
Espace, du latin spaiium (d'où spacieux). Dérivé : espacer, d'où espacement.
Espadon, v. épée. Espalier, v. épée.
Espadrille, v. sparterie. Espèce, v. épiée.
Espagnolette, v, crémone et cf. épagneul.
Espérer est le latin sperare. Subst. verbal espoir. Dérivés et composés : espérance, désespérer, désespoir, inespéré, inespérable. Les mots prospère, lat. prosperum, prospérer et prospérité, appartiennent à la même famille, la prospérité est proprt la conformité aux espérances conçues.
Espiègle» d'où espièglerie, allemand Eulen$piegel (proprt miroir aux chouettes, cf. hulotte), personnage d*un roman allemand traduit en français au xyi^ siècle.
Espingole,origiûeiacoaaue. Esplanade, v. plain.
Espion, espionnage, espion- Espoir, v. espérer, *
ner, v. épier.
Esprit, latin spiritam, souffle et àme (v. âme), d'où : spirite et spiritisme; spiritueux, qui contient de l'esprit-de-vin; spirituel et ses dérivés spiritualisme, spiritualiste, spiritaaliser. Le mot spiritam se rattache au verbe spirare, souffler, dont nous avons les composés aspirer, respirer, soupirer (qui est suspirare) expirer, inspirer, conspirer (proprt res-
Estamper] du français. 243
pirer ensemble), transpirer, du bas latin. Dérivés : aspirant, aspiration; respiration, respiratoire, respirable, irrespirable; soupir, sàupirant) soupirail; expiration; inspirateur, inspiration; conspiration^ conspirateur; transpira* Uon.
Esquif, V. équiper»
Esquille se rattache au grec skhizeiriy fendre, par Tintermédiaire du latin schidias. Skhizein est apparenté au latin scindere, vpy. scinder et schisme.
Esqninaïuxie, v. angine. Esquinter, v. cinq.
Esquisse, ital. schizzoy du grec skhedion, fait à l'improviste.
Esquiver, origine germanique , par ^ Fititermédiaire de l'italien schivare, cf. allemand scheuen.
Essai, V, essayer. Essarter, v. sarcler.
Essaim, eesaimer, v. agir ?.
Essayer est le latin *exagiarey du grec exagion, balance, Yoy. agir^. Substantif verbal essai. Dérivés : essayage, essayeur, essayister.
Essenœ, essentiel, v.^<re<. EssoriUer, v. oreille.
Esseoler, v. seul. Essoufflement, essouffler,
Essieu, V. ais. .v. enfler.
r, V. orage. Essuyer, v. suc.
Eiatf d'origine germanique (comme nord, svui et ouest), iemglais . east Sterling, de l'expression « livre sterling », est rabréviation de easterling, mot par lequel on désignait en Angleterre les marcha^hds de VEst (Pays-Bas et villes hanséatiques], dont la monnaie avait' bonne réputation; c'est ainsi que le mot anglais sterling, dont le sens propre est <( de l'Est », est arrivé à signifier « de bon aloi ».
Estaeade, italien steccata, voy. stimuler.
Estafette, estafier, estafilade, empruntés à l'italien, se rattacbent à l'italien staffa, étrier, lui-même apparenté à l'allemand stapfe, pas. Vestafette est proprt un courrier à cheval ; Vestafier est un valet qui tient l'étrier ; une estafilade est proprt un coup d'étrivière.
Estaminet, wallon staminet, mot inexpliqué.
Estamper, proprt presser, est d'origine germanique, cf. anglais siamp. Substantif verbal : estampe (image obtenue
244 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ester
par pression). Dérivés : estampage ; estampille, emprunté à l'espagnol, et son dérivé estampiller.
Ester 9 conservé dans la locution ce ester en justice », vient du verbe latin stare (ail. steheny angl. stay^ cf. stalle) ^ qui signifie : être ou se tenir debout, immobile. L'imparfait, 3« personne, de ce verbe latin est stabat, d'où le nom du chant religieux qui commence ainsi (Elle était debout).
1. Dérivés : stable, 1. stabilem, qui peut se maintenir debout (d'où stabilité, instable, instabilité, établir, qui est le latin stabilire, établi, et les dérivés de formation française établissement, rétablir, rétablissement); station (dérivés français stationner, stationnement, stationnaire), proprt position debout; stature (statura)^ proprt effet de cettb position, hauteur développée, taille; statue, statvui (d'où statuaire), représentation d une personne ou d'un animal sur ses pieds; statuer, statuerez prendre une décision qui doit rester debout, au figuré, d'où statut, statutaire ; état, s^um,proprt manière de se tenir, d'être; statu quo, abréviation d'une formule latine qui signifie « dans le même état gu'avant » ; statistique, de formation .moderne^ d'où statisticien, relatif à l'^/a/ numérique ; stance, de l'italien stanza, proprt arrêt, couplet d'un nombre arrêté de vers ; le vieux français étancBy d'où étancon, pièce de soutien; stage et son doublet étage, le premier exprimant une position provisoire, qui précède la position dite assise, le second désignant chacune des parties superposées d'une habitation (où Ton peut se tenir debout), d'où, par comparaison, le sens du dérivé étagère ; étang (v. ce mot), eau qui demeure immobile; étamine, 1. stamen, proprt chaîne du métier vertical des tisserands, fil de quenouille, (cf. le grec histon, tissu, dans histologie, étude des tissus), d'où étoffe légère et, d'autre part, organe filiforme des fleurs; étable, latin stabulum, proprt endroit « où se tiennent » les chevaux, les bestiaux, d'où le mot connétable, dont constable est la forme anglaise, et qui signifie à l'origine « comte de l'étable, de l'écurie » ; stand, mot anglais, proprt lieu où on se tient. Le latin vestibulum, d'où vestibale, est formé de stabalum et d'un ancien mot italique vero^ qui signifie « porte », le vestibule est un endroit voisin de l'entrée, où l'on stationne.
2. Il existe une autre forme du verbe latin, aveo êUt- au lieu de st-, sisterej et l'oà trouve des composés parallèles, avec les deux formes et deux sens plus ou moins divergents .*
Ester] DU français. 245
instance, tiré de Tadjectif participial instant, et insistance, formé sur insister, expriment, avec des nuances, Taction de <c se tenir sur », de presser; Vinstanty d'où instantané, instantanéité, est le moment qui arrive ou qui vient d'arriver, qui nous presse. — Rester, d'où reste, et résister, d'où irrésistible, c'est proprt se tenir en réagissant; rétif = qui s'arrête, au lieu d'avancer ; arrêter (préf. ad-], d'où arrêt» arrestation, c'est faire rester^ empêcher d'aller. — La constance ou la consistance, d'où inconstance, inconsistance, c'est proprt la qualité de ce qui se tient ensemble, au moral dans le premier cas, au physique dans le second; mais le verbe auquel se rattache consistance a un autre sens : consister en, c'est a exister avec » des éléments exprimés par le complément; un consistoire est proprt un lieu où l'on se tient ensemble. L'adjectif constant (et de môme inconstant) a un sens qui correspond à la signification du substantif constance, mais il signifie de plus, en parlant d'un fait : qui se tient, qui est établi, reconnu. C'est aussi 'la valeur du substantif français constat, sur lequel on a fait constater, d'où constatation, et qui n'est autre chose que la troisième personne de l'indicatif présent du verbe latin constare, être établi; le même çonstarcy par une évolution phonétique régulière, est devenu coûter (d'où coût, coûteu], qui n'a gardé qu'un des sens du verbe latin : exister à titre d'objet de vente, moyennant un prix de... (comparez : cet objet est de trois francs). — La substance, d'où substantiel, transsobstantiation, substantif, est ce qui « se tient » sous la forme sensible des corps; la subsistance est ce qui permet de subsister, de « se maintenir après », de continuer k vivre; sur cette valeur du préfixe su5-, v, sou- 2, § 1.
3. D'autres composés de sistere sont en français : exister, d'où existence, proprt se tenir en sortant, être né, être au monde; assister, d'où assistant, assistance, se tenir vers (préf. -ad-) ; persister, persistance, se tenir en durant, se maintenir ; se désister, cesser de se maintenir, d'où désistement. '
4. Les composés de stare sont nombreux aussi. A ceux que nous avons signalés, ajoutons : distant, qui se tient éloigné, d'où distance, distancer, équidistant; latin obstare^ se tenir devant ou en face, d'où : 1^ s'opposer, dans obstacle, nonobstant (qui indique que le fait dont on parle ne fait pas obstacle k l'aûtion, ne l'empêche pas); 29 aider^ dans obsté-
246 DIGTipNNATRE ÉTYMOLOGIQUE [Bstef
triqae (l&t. obsieiricem^ accoucheuse), science de Faccouchement (idée spécialisée d'assistance médicale); 3° enlever, dans ôter (idée de se tenir devant un objet pour en prendre possession). Un contraste, d'où contraster, est TefTet de deux objets qui « se tiennent à rencontre » Fun de Tautre, qui s'opposent. Les circonstances, d'où circonstancié, circonstanciel, sont les faits qui se groupent u autour » d'un événement. La prestai^ce est l'attitude de celui qui « se tient en avant », qui en impose; ce substantif est proche parent de prêter (d'où le substantif prêt), anciennement prestêr, qui est le latin prœstare, passé en français avec le sens de faire tenir un objet en avant, le mettre à la. disposition de quelqu'un, le fournir (d'où prestation), et spécialement le fournir pour un temps limité.
— Un armistice, 1. armistiiiamy est un arrêt des armes, une suspension d'armes; le solstice est l'arrêt du mouvement apparent du soleil ; un interstice est ce qui se trouve entre deux parties d'un objet ; une superstition (d'où superstitieux), c'est une k survivance » des anciens temps.
— A la même racine se rattachent : 1° destiner, 1. destinare, proprt établir de haut, Hxer d'avance, d'où destination, destinataire, et destin, destinée, prédestiné, prédestination, 20 s'obstiner, d'où obstiné, obstination, proprt u se tenir en face » (préf. o6-) et n'en pas bouger.
5. Nous avons signalé plus haut statuer, latin statuere^ qui signifie proprt mettre debout, dresser. Les composé^ de stataere étaient en -stitaere et nous ont fourni : constituer, dresser dans son ensemble, d'où constitutif, constitution, constitutionnel, reconstituer, reconstituant, reconstitution ; destituer, d'où destitution, mettre en bas ; instituer, établir sur, fonder, élBver (d'où institution, institut) et, au figuré, élever des enfants,' les instruire (d'où instituteur; instraire signifie lui-même construire sur, voy. structare) ; prostitner, mettre devant, exposer au public; restituer d'où restitution, mettre dans l'état ou dans la situation antérieure ; substituer, d'où substitution, substitut, mettre en dessous, mettre k la place d'un autre objet.
6. A la racine grecque qui correspond au latin stare se rattachent : aérostat, d'où aérostation, « qui se tient dans l'air » ; extase, d'où extasier, extatique, état de celui qui est hors de soi ; apostat et apostasie, d'où apostasier, qui expriment l'idée de se tenir loin de, de se séparer ; statique,
Estrade] ' du français. 247
relatif à Téquilibre des forces, hydrostatique, équilibre des liquides, hémostatique, proprt qui arrête le sang (v. sang); prostate, glande qui « se tient en avant » ; système (préfixe syn-), proprt ce qui se tient ensemble (cf. coniistant^ § 2), d'où systématique, systématiser.
— On considère comme appartenant à la même famille le germanique 9tall (v, stalle), estoc (v. ce mot), et les mots grecs stêlê, français stèle, et «fuio/i, colonne (voy. hypostyle et péristyle), d'où : stylite, qui vit sur une colonne. Sur style, voy. stimuler.
Esthétique se rattache au verbe grec aisth-anesthai, qui signifie sentir, et qui a produit aussi anesthésie (an- privatif), état d'insensibilité.
Estimable, estimatif, esti- Estival, v. estuaire,
mation, estime, estimer, v.
airain.
Estoc, longue épée (d'où estocade) et aussi souche, se rattache à un mot germanique apparenté de loin au latin tundere, et qui signifie souche (cf. ail. et angl. stock, emprunté tel quel, d'autre part, au sens de dépôt de marchandises). En vieux français le pluriel d'estoc éiàii^stos, prononcé ulté* rieurement étô, et désignant particulièremest les deux pièces de bois de l'instrument qu'on emploie è^errer les objets. Notre mot étan n'est autre chose qu'un sfî^^ulier tiré , de cet ancien pluriel.
Estomac, lat. stomachum, du grec stomakhon (cf. stomatite). iDérivés : stomacal, stomachique et estomaquer, tirés de dérivés latins. L'estomac était regardé comme le siège de la colère, d'où le sens d^estomaquer, — Au mot grec gasiera, qui signifie également estomac, et aussi ventre, se rattachent : gastrique, gastrite et gastralgie (cf. coxalgie au mot cuisse)', gastronomie, art de satisfaire l'estomac, d'où gastronome, gastronomique (sur le second élément de ces mots, voy. autonome). Nerfs pneumogastriques (\oy, pneumatique), communs au poumon et à l'estomac. On a le sens de ventre dans épigastre, partie supérieure de l'abdomen, et hypogastre.
Estomper, d'où estompe, origine probablement germanique, cf. allemand stumpf, émoussé.
Estrade, forme provençale du vieux français estrée, se rattache au verbe latin sternere, supin stratam, qui signifie
248 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Étang
étendre h terre (cf. structure). Ce substantif a le sens de route dans la locution archaïque « ba^tteur d'estrade », mais désigne ordinairement une plate- forme établie au-dessus du sol. D'estrade, au sens de route, rapprochez Tangl. streeteiVaH, strasse inégalement empruntés. Composés de sternere en français : consterner (d*où consternation) qui signifie proprt jeter complètement h terre ; prosterner, jeter en avant, d'où prosternation et prostration (fait sur le supin), ce dernier employé au figuré ; sabstratnm, mpt tout latin dont lé sens propre est : ce qui est étendu dessous ; stratifiery stratification, disposition par couches, voy. /aire ^.
Estragon, origine douteuse.
Estrapade^ italien strappaUiy d'origine germanique.
Estropier» italien stroppiare^ d'origine douteuse.
Estuaire» du latin œstuarium, qui signifie proprt endroit où l'eau bout, bouillonne. Le vieu:^ français avait estUr, doublet populaire à*estuaire^ d'où dérive étiage, niveau des pl|is basses eaux. Notre mot été, saison « brûlante », qui est le latin aesiatem^ se rattache à la même racine; dérivé savant : estival. Même racine, sous sa forme grecque, dans éther, partie la plus subtile de l'air et liquide volatil, dérivé : éthéré; les anciens croyaient que le feu venait de l'éther. Sur éther on a fait éthyle.
' Esturgeon, origine germanique.
Et est le latin et; se prononce comme en latin dans la locution et cetera = et les autres choses.
ËtaUe, établi, établir, èta- bilssement, étage, étagar,
/ étagère, v. ester *.
Étaiy origine germanique, dérivé : étayer. Étain» latin classique stanrïum ; dérivé irrégulier : étamer, d'où étameur, étamage, rétamer, rétameur. Le mot tain
est une altération de étain.
Étal, étalage, étale, adj., 1. Étalon, o. stalle.
étaler, v. stalU,
2« Étalon, mesure, origine germanique, cf. ail. stiel,
Étamage, étamer, étameur, Étancbe, étancber, v. étang,