V. zèle
Jambe est le latin populaire gamba (jarret), p. ô. le même mot que le grec kampê, courbure. Dérivés : jambette ; jambon, d'où iambonnean, petit jambon; jambière; jambage, nom donné par figure à des objets verticaux peu larges qui vont ordinairement par deux ; peut-être jante, qu'on tire aussi du celtique. Composé : enjamber, d*où enjambée, enjambement. Dérivés et composés empruntés à l'italien : gambade, d'où gambader; ingambe, proprt sur ses jambes.
— Pour exprimer r,idée de jambe, le latin classique avait le mot crus, génitif crar'u, d'où notre adjectif crural.
Janiseaipef d'une expression turque qui signifie nouvelle milice.
Jante, v, jambe.
Janvier est le latin januarium, mois de Janus.
Japper, d'où jappeur, jappement, onomatopée. Le mot d'argot jaspiner (ou jaspiller), bavarder, serait fait sur japper.
Jaquemart, nom propre dérivé de Jacques {v. Jacobin), On a donné arbitrairement ce nom au personnage qui frappe les heures sur la cloche d'une horloge.
Jaquet, jaquette, V. jacobin. Jargon, d'où jargonnery
Jardin, jardinage, jardi- origine iacoimue. ner, jardinet, jardinier, v.
horticulteur, ^
Jarnicoton, comme jarnibleu, jarnigaienne, etc., déformation, par euphémisme, de jarnidieu, « je renie Dieu ». Jarre, mot arabe qui nous vient du provençal. Jarret, d'où jarretière, origine celtique^
Jars, origine inconnue.
Jaser, d'où jaseut, parait être une onomatopée, comme gazouiller.
Jaseran, proprt <c d'al-Djezair >>, c'est-à-dife à'Aiger,
Jasmin, mot persan.
Jaspe, d'où jasper, jaspure, grec iaspida; diaprer semble se rattacher à une altérat^n de la forme latine de iaspUia»
Jaspiller, jaspiner, v, japper.
Jatte, doublet de joue X^'où bajoue, v. bis, et joufflu avec une sorte d'harmonie imitative), est le latin yabolo,
I Jeter] bu FKANÇAië. Wi
écuelle \^gavaia pour ^ouè) ; la joue a été comparée à une écuelle.
Jauge, d'où jangei*, origine incertaine.
Jaune, d'où }aiinet, jaunâtre, jaunisse» jaunir, est le latin galbinum. Béjanne, voy. bec.
Javel, quartier de Paris où l'on fabriquait Peau dite aujourd'hui « de Javei ». L'Académie écrit à tort : « eau de Javelle ». "^
Javelle» mot d'origine probablement celtique; même probabilité pour javelot, d'où javeline.
Je est le latin ego, apparenté à l'allemand ieh et à l'anglais /. Ego est devenu eo, puis io^ jo, je. Sur ego ont été faits les mots savants égolsme (aussi égoïste) et égotisme; ce dernier nous vient d'Angleterre avec la signification particulière de « disposition à parler de soi », tandis qu'on a attribué à la forme ^^oîsme le sens de disposition è tout rapporter à soi.
Jérémiades* lamentations qui rappellent celles du prophètCiiérémie.
Jésuite (d'où jésuitique, jésuitisme), appartenant k la Société de Jésus, fondée au XV]*'- siècle, comme les maristes appartiennent à' la Société de Marie.
Jeter se rattache au Vjsrbe latin Jaeëre (dérivé jacnlari^ d'où jaculatoire), supin jactum,
1. Du supin vient le nouveau verbe Jaetare, d'où jactance, disposition à « jeter » de la poudre aux yeux, ostentation dans les propos. C'est jaciara, altéré en *Jetiare, qui est devenu le verbe jeter. Substantif verbal jet. Substantif participial jetée, action de jeter, et pierres jetées à l'entrée d'un port. Dérivé : jeton, sorte de pièce qu'on « jette » pour marquer le gain au jeu, etc. Composés : dé jeter, jeter hors de sa position normale; surjeter (d'où surjet), proprt jeter sur, exprime un point particulier de couture; rejeter (d'où rejet), jeter en retour, ou à une autre place, — le sens possible de « jeter de nouveau » explique le dérivé rejeton.
2. Les composés latins de jacere étaient en -jicerey supin -fectam. De là : abject, proprt jeté loin (c'est une des valeurs de rejeté), méprisé, d'où méprisable; abjection, état de ce qui est abject; adjectif, mot qu'on <( jette auprès » du nom; conjecture (d'où conjecturer, conjectural), proprt action de jeter ensemble, au sens très spécial de réunir les éléments d'une question à résoudre; déjection, rejet de matières;
358 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [JeuO
injection el injecter, action de jeter dans; interjection, exclamation jetée au milieu du discours; interjeter (au lieu à'interjeclery d'après jeter)^ jeter en quelque sorte un appel au milieu de la procédure ; objection et objecter, action de jeter en face, d'opposer un argument; objet, jadis object, chose qui se trouve placée devant nous ; objectif, qui concerne Tobjet (d'où objectivité) ou qui est tourné vers l'objet; projection, proprt action de jeter en avant; projectile, ce qu'on jette en avant; projeter (d'où projet), -- au lieu de projecter, d'après Jeter, — mettre une idée en avant ; sujet (jadis sab~ ject), celui qui est jeté ou placé sous, soumis à (de là : sujétion), ou bien ce qui est sous une chose, la matière ou la cause d'une action, la matière d'une opération de l'esprit, le mot qui exprime l'agent d'une action, une personne considérée comme matière d'observation, d'où « c'est un sujet distingué » en parlant d'un homme ; subjectif (d'où subjectivité), qui se rapporte, dans l'expression de la pensée, au sujet pensant; trajet (jadis traject)y proprt action de se jeter au delà, d'aller d'un point à un autre; trajectoire, ligne de trajet. Tous ces niots sont d'origine savante. <
— Il y avait en latin un autre verbe jacere, par e long, avec l'accent sur la seconde syllabe, qui exprimait l'état d'un objet jeté, d'une chose ou d'une personne étendue, c'est notre verbe gésir , voy. ce mot.
Jeu (d'où enjeu, ce qu'on met au jeu) est le latin jociim. Dérivé : jouer, qui est Jocari^ d'où jouet, joujou, joaeur, jouable, et les composés : enjoué (d*où enjouement), qui se fait un jeu des choses; déjouer, déranger le jeu d'une combinaison. Même racine dans Joël, aujourd'hui joyau, dérivé joaillier, d'où joaillerie. .
— Un verbe latin dérivé de jocam avec un suffixe diminutif, joculariy a engendré le substantirjoci^/^ur, aujourd'hui jongleur, d'après lequel on a fait jonglerie et jongler; le jongleur de jadis était un a amuseur » au sens le plus général et parfois le plus élevé du mot.
— A côté de Jocam, les Latins avaient un autre mot, ludum, pour exprimer l'idée de jeu, voy. allusion.
Jeudi, V. jour.
Jeun (à), Jeûnep (d'où jeûneur), sont les mots latins jéjunum, Jejunare. Jeûne est le substantif verbal de j«B/i«r. Quant au composé déjeuner (formé avec le préfixe dé-, latin
Joindre] du français. 359
diS')j suivant une ingénieuse hypothèse de Gaston Paris, on l'aurait conjugué je déjeune, tu déjeunes y il déjeune y nêus dînonSy vous dînez, ils déjeunent; puis chacun des deux radicaux aurait donné naissance à un verbe, particulier avec acception spéciale. On conjuguait de même» très régulièrement, il mandue (plus tard il manjue), nous mangeons, pojus mangez, ils manduent, mais ici Tun des deux radicaux a simplement prévalu sur Tautre, sans qu'il y ait eu dédoublement. Dérivé de dîner : l'adjectif dinatoire.
Jeune» d'où je.'unet, jeunesse, rajeunir, rajeonissement, est le ifiiinjuvenem^d'oik le mot savant juYénile. Le comparatif de javenem, juniory a. produit joindre^ puis gindre, qui a d'abord signifié jeune garçon, puis garçon boulanger (appelé gindre, dit Ménage, parce qu'il épouse généralement la fille de son patron!). Une forme diminutive a produit jouvenceau, d'après lequel le vieux français jouvente, qui était le latin jave/i/a, a été changé en jouvence : dame de jouvence, la fontaine fabuleuse de Jouvence/Un autre dérivé, junicem pour *juvenicem, a produit génisse, jeune vache.
Joaillerie, Joaill^r, v. jeu. Jobard, d'où jobarderie^
origiile inconnue.
Jockey, diminutif de Jock, variante écossaise de Jack, qui tient sans doute du français Jacques, mais qui est employé familièrement pour John (Jean).
Jocrisse vient du nom donné à un personnage comique, popularisé par les comédies de Dorvigny au xviii^ siècle.
Joie, V. joair.
Joindre est le latin Jiz/i^ere, supin jnnc^am.
1 . Substantif participial joint, d'où jointoyer, rejointoyer. Dérivés : jointure et le mot savant jonction. Composés : adjoindre, d'où adjoint, adjonction; conjoindre, d*où conjnngo, mot tout latin qui signifie « j'unis », conjoint, conjonction, conjonctive (membrane qui joint l'œil aux paupières, dérivé : conjonctivite), conjoncture, réunion de circonstances; disjoindre et disjonction; enjoindre, proprt joindre à, d'où imposer, et injonction; rejoindre; subjonctif,* mode de l'action sous-jointe, subordonnée.
2. A la même famille se rattache le mot Ju^um, devenu joug. Composés savants : conjuguer, proprement unir ensemble, d'où conjugaison; conjugal, cf. plushautconjom/;
360 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE fjoUT
subjuguer. Un quadrige, 1. qaadriga, pour qaadrijagnm, est 9 attelé » à quatre. Jumentam, devenu jument, a d'abord signifié attelage, puis bête de somme, en français femelle du cheval. Le mot grec qui correspond au latin Ja^am eèizugon, d'où les mots savants sysygie (préfixe styn-) qui équivaut à conjonction^ et zygoma, os de la pommette, os de jonction.
3. Le dérivé jugulnm, d'où jugulaire et juguler (^rger), signifie jointure du cou.
4. La préposition latine jaxto signifie « joint à ». Elle a formé )e verbe jouter (d*où joute, jouteur), proprt se joindre, en venir aux mains; le composé ajouter nous ramène à la signification du verbe adjoindre [y oy. plus haut), formé directement sur Joindre. Surcomposé : surajouter.
Jolif jadis jolif, mot d'origine germanique, composé : enjoliver.
Jonc est le latin juncum, dérivé : joncher (proprt couvrir de jonc), d'où jonchée, jonchet (on répand les fiches sur la lable pour jouer à ce jeu) ; diminutif d'origine espagnole : jonquille, nom de fleur.
JonotloQ» V. joindre i. Jongler, jonglerie, jon-
gleur, V. jeu,
Jonque, mot chinoid.
JonquUle, v. jonc. Joner, jouet, joueur, v.j'ea.
Jou8a>le, v.jr'ea. Joufflu, v. jatte.
JoubarlM, v. dieu '• ^ Joug, v. joindre K
Joue, V. jatte»
Jouir, latin classique gandere, dont le dérivé gaudiiim au pluriel est devenu joie, d'où joyeux. Doublet savant de jouir: se gaudir, d'où gaudriole. Dérivés : jouissance, jouisseur. Composé : réjouir (d'où réjouissance), qui a d'abord eu le sens intransitif de «■ être joyeux », d'où « rendre joyeux ».
Joup, d'abord jorn, est le doublet de diurne, 1. diûrnum. Il s'est substitué au vieux mot di (sur lequel v. ci-dessous), dont il était en latin le dérivé adjectif comme nocturne £si\B dérivé adjectif de nuit, et il a formé à son tour le substantif Journée (comp. an et année) et deux adjectifs : i^ journelconservé dans l'adverbe journellement; 2^ journal, variante de journely sur lequel s'est greffé un nouvel adjectif, journaUer, et qui est devenu substantif au sens de publication quotidienne, d'où journalisme et journaliste. Composés : ajonré; ajourner, remettre à un autre jour, d'où ajournement;
Jucher] du I'Rancais. Ui
séjoumer* rester quelques jours, d'où léjour, (préfixe sub-).
— Le vieux substantif dî ou le latin diem (v,diea ^), représentés par le j initial de jour, sont mieux reconnaissables dans les mots suivants : diurne ; triduum, cérémonies qui durent trois jours ; quotidien, de chaque jour, v. cote ; mérir dien, méridional (v. mi^), où le soleil passe, ou que le soleil éclaire particulièrement, au milieu du jour; midi, mi-jour (cf. arctique. Chercher midi à quatorze heures, chei*cher loin une solution toute proche); dimanche, d'où endimancher, jour dominical, v. dôme ^ ; lundi, jour de la lune ; mardi, jour de Mars ; mercredi, jour de Mercure ; jeudi, jour de Zeus, Jupiter, v. dieu^; vendredi, jour de Vénus; samedi, jour du sabbat; décadi (et mots semblables en -di), dixième jour, voy. dix,
— Autres mots formés sur diem : hui, ce jour, voy. ce, pronom ^ ; diète, proprt assemblée à jour fixe ; diane, qui nous vient par Tespagnol, batterie ou sonnerie au lever du jour. L'adverbe latin diu (pendant des jours, longtemps), ou du moins le pluriel die$ au sens de diu, se trouve dans jadis, il y a déjà longtemps, voy. déjà, et dans tandis que, proprt aussi longtemps que, lat. tamdiu,
— Le mot grec hêmera, qui signifie jour, se trouve dans : éphémère (préfixe épi-, sur), qui ne dure qu'un jour; éphémérides, relation jour par jour; hémérocalle, nom de fleur (v. caltigraphe), proprt beauté d'un jour, comme dit Malherbe :
Toutes les faveurs humaines Sont hémérocaUes d'un jour.
Joute, loQter, Jouteur, o. Jovial, |oviallt6, v, diea*,
joindre ♦, Joyau, v. jea.
Jouvenoe, locnrenoean, v« Joyeuseté, joyeux, v, joair, jeune.
Jubé, impératif latin qui signifie « ordonne » et qui est le premier mot d'une prière; on a donné ce nom à la galerie où on chantait le <c jubé ».
Jubilé vient, par l'intermédiaire du latin, 'd'un mot hébreu qui signifie son du cor; chez les Hébreux, la fêtedu jubilé se célébrait tous les cinquante ans. Dérivé : jubilaire.
Jubiler, manifester une joie vive, d'où jubilation, latin jubilaré, sans rapport avec le mot précédent.
Jueber, origine inconnue.
362 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Jurer
éudoBf personoage traître comme Judas, et petite ouverture permettant de voir sans être yu.
Jadioiaire, Judicieux, Juge, Jugulaire, Juguler, v. join-
Jugement, Juger, V. jurer'. % dre^.
Juif est Jadaeum, grec loudaion, dérivé savant judaïque.
Juillet^ Juin. Ces deux mois s'appelaient en latin juliam eijaniam, de deux noms propres célèbres à Rome : le premier est le nom de Jules César, le second est sans doute celui de Junius Brutus, un des fondateurs de la république. Le français juîn est le laiiiQ Junium ; Juillet est un diminutif de juliam ; 04 a dit aussi Juignet, sous l'influence de jain. Cf. août au mot oiseau '.
Jujube, d'où jujubier, grec zizuphon.
Julep, mot arabe (persan gola^, proprt eau de roses, V. rose, voir aussi Pendjab sons punch),
Julienne, potage imaginé par le cuisinier de M. de Julienne, ami et protecteur de Watteau. Cf. béchamel.
Jumeau est le latin gemellum, diminutif de geminum, double, d'où gpminé; on a aussi la forme gémeaux, -employée exclusivement aujourd'hui pour (^signer un des signes du zQdiaque (Castor et Pollux); à noter, parmi les sens figurés de jumelles, celui de lorgnette double.
Jument, V. Joi/idre^. '
Jungle, mot sanskrit avec son orthographe anglaise.
Jupe, d'où jupon et juponner, arabe djubbah.
Jurer est le latin jurare^ qui signifie proprt « attester le droit », étant formé surjos, génitif Jaris, droit.
1 . Dérivés de jurer : juron, se rattache à l'acception péjorative du verbe; juré, proprt qui a juréj jury, réunion de jurés, le mot nous vient d'Angleterre; jurande, charge de juré. Composés : abjurer, proprt renoncer par serment, dérivé : abjuration; adjurer, s'adresser à quelqu'un avec serment, le sommer solennellement, dérivé adjuration; conjurer, se lier par un serment cpntre quelqu'un (d'où le substantif participiaL conjuré), jurer ensemble la perte de quelqu'un, écarter un ennemi par un serment, par des pratiques religieuses ou magiques (ce verbe peut aussi être synonyme d'adjurer), dérivé : conjuration; parjurer, se parjurer, jurer de travers (v. par^), faire un faux serment, violer son serment, d'où les deux substantifs paxjnre» déei*
Juxtaposer] du français. 363
gnant l'un le faux sermeDt ou la violation du serment,' Tautre la personne qui commet le parjure, — Le mot grec qui signifie serment est horkon, auquel se rattache exorciser (d'où exorcisme, exorciste), qu'il faut rapprocher de conjar^r dans une de ses acceptions.
2. Une objurgation {Jurgare, de jus et de agere, v. agir) est une réprimande, fondée sans doute à l'origine sur un droit comme celui du père sur son fils. Le latin jus, juris, se retrouve encore dans les mots suivants' : jurisconsulte, conseiller en droit, jorisprudence, science du droit, juriste ; injure, 1. injuria (d'où injurier, injurieux), qui a signifié injustice, pu^s offense injuste, puis offense; juste, l.juslum, conforme au droit, d'où injuste, justice, injustice, justicier ; le vieux y erhe justicier , soumettre à une juridiction, d'où justidable^; juitilier et ses dérivés, v. faire t, — Juste a le sens figuré de conforme à ce qui doit être, convenable, s'adaptant bien et même s'adaptant trop ; à ce sens se rattachent : justesse (de formation française, tandis que justice, d'où le substantif jus^ici^r. est emprunté au latin Jus^i/ia, sur lequel a été fait le verbe Jus^ici^r) ; justaucorps ; l'une des acceptions de Tad verbe justement; ajuster, ajustement et rajuster.
3. Un bon nombre de mots sont composés de jitô, juris, et du verbe dicere, dire : juridique, proprt qui dit le droit, et juridiction; juge (venu de judic^m); judiciaire (formé sur judicium, jugement), relatif aux jugements; judicieux, qui a du (c jugement», au sens figuré du mot; astrologie judiciaire, qui, d'après les astres, « juge » des événements; préjudice (d'où préjudiciable), jugement précipité, puis dommage, et préjudiciel, qui précède le jugement; juger (qui esijudicare) avec ses dérivés jugement, jugeotte, et ses composés : déjuger (se), réformer son jugement, préjuger (d'où préjugé), juger d'avance; adjuger, attribuer juridiquement, et les dérivés savants adjudication, adjudicataire.
Jus, d'où juteux, verjus C/u5 de raisin vert), est le latin ju«.
Jusque se rattache au latin usque,
Jusquiame, mot composé grec qui signifie fève de porc.
Justaucorps, juste, juste- Juvénile, v.j>un«.
ment, justesse, justice, jus- Juzta-, préfixe, v. joindre ^.
tioiable, justicier, justifiable, Juxtalinéaire, v. lin.
justificatif, justification, jus- Juxtaposer, juxtaposition,
tif ier , v . jurer, 2 . v. site ♦.
Juteux, V. jus.
Blaléidoscope, v, épîce *.
Kangurpu, mot australien.
Kaolin, mot chinois qui signifie colline élevée, d'où argile venant des collines.
Képi, origine germanique, cf. ail. happe»
Kermès, arabe kirmiz^ cochenille, dont le dérivé kirmezi a produit cramoisi. On a rapproché ce mot du latin vermem^ voy. ver. Même racine dans carmin, forme influencée par minium.
Kermesse, d'un mot flamand dont le sens propre est : foire de l'église.
Kilo-, du grec khilioas, mille, modelé sur hecto*»
Kiosque, mot turc d'origine persane.
Kinoh, V. een$e.
Knout, mot russe d'origine germanique, qui signîfîe proprt fouet k nœuds.
Kola, mot africain.
Krach, mot allemand, cf. craquer.
Kyrielle, proprt litanie, mot formé d'après l'invocation kyrie elei$on, par laquelle commence la série des litanies. Kyrie est le vocatif Kurie du mot grec qui signifie seigneur; 8ur eleison, voy. aumône.
Kyste, du grec kustin, vessie, poche, d'où cyêtiie, inflammation de la vessie.
La, article et proaom, et La, note de musique, v. fa»
' là^ adverbe, v. il.
Labadens, camarade d'études, du nom d'un maitre de pension dans V Affaire de la rue de Lourcine de Labiche.
Labdacisme ou lambdacisme (mot grec avec la désinence française en -e], prononciation vicieuse de la lettre /, laquelle s'appelle labda ou lambda en grec.
Labeur, latin laborem, d'où laborieux ; sur laborem a été formé le verbe latin laborare^ travailler, français labourer (d'où labour, laboureur, labourage), avec le sens restreint de travailler la terre; cf. arable. Autre dérivé : laboratoire, local pour des expériences scientifiques. On Retrouve le sens général de travailler dans les composés : élaborer, d'où élaboration; collaborer, d'où collaboration, collaborateur.
— Le mot latin laborem, qui a eu le sens de fatigue, appartient k la famille du verbe labi, tomber, glisser, participe passé lapsum, auquel se rattachent : le mot tout latin lapsus, le composé collapsus, proprt affaissement complet, le substantif laps dans « laps de temps », et l'adjectif relaps, proprt retombé.
Labial, labiée, v. lèvre: bour, labourable, labourage,
Laboratoire, laborieux, la- labourer, laboureur, v. labeur.
Labyrinthe, d'un mot grec d'origine anatolienne.
Lac, d'où lacustre, latin lacum, « lac et trou », dont le dérivé lacuna a fourni lacune et son doublet lagune, d'origine vénitienne.
Lacer, v, lacs.
Laeérer, d'où lacération, latin lacerarey voy. lancinant. Lacet, V. laa.
366 DICTIONNAIRE ETTMOLOGIQUS [Lait
Lftchep* Le verbe laxare, qui appartient à la famille de languir (v. ce mot), et d'où provienneDi les mots savants laxatif et relaxer, a pu produire en formation populaire les deux vei'bes lâcher et laisser. Toutefois on attribue à lâche, d'où lâcÛeté, lâcher et lâcheur, une origine germanique; composé : relâcher (doublet de relaxer ^ au moins pour le sens), d'où relâchement. — Substantifs verbaux de laisser: /at£, écrit aujourd'hui legs par erreur d'étymologie, et laisse; composé : délaisser, d'où délaissement. 11 y avait en vieux français un verbe laiery synonyme de laisser; sur ce verbe et ses dérivés, voy. délai.
Lacis, V, lacs. i
Laconique (proprt de Laconie), et laconisme; mots d'origine grecque.
Laorymal, lacrymatolre, v. larme.
Lacs est le latin laqueurriy apparenté à allécher. Dérivés : lacet; lacer, d'où lacis, entrelacement; lasso, de la forme espagnole lazo. Composés : délacer; enlacer, d'où enlacement; entrelacer, d*où entrelacs, entrelacement.
Lactaire, lacté, v, lait. Lacune, laqustre, v. lac.
Ladre est la forme populaire de Lazare^ nom |du pauvre, couvert d'ulcères, de l'Evangile (cf. lazaret et lazaroiie); ladrerie, avarice sordide.
Lagune, v, lae.
Lai, adjectif, doublet de laïque, fatin laicam, du grec laïkon, proprt a du peuple » ; dérivés savants : laïcité, laïciser.
Lai) substantif (petit poème du moyen âge), origine probablement germanique.
Laid, d'où laideron, laideur, enlaidir, mot d'origine ger- . manique, cf. allemand leid,
i • Laie, d'où layon, route forestière, origine inconnue.