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Lie, substantif, probablement d'origine celtique

Liège, u. léger, Lienterie, v. en, A.

Uen, V. lier.

Liep est le latin ligare. Dérivés : liaison, lieur, liasse, lien, qui est ligamen; ligament, ligature, ligoter, et au figuré ligue, liguer, ligueur; même racine dans- licteur, lietorem, porteur de faisceaux. Le motliane, plante qui s*enlace, parait formé sur lier. Composé licou, v. col. Les limiers, jadis liemiers (mot formé sur lien), sont des chiens qu'on mène en laisse.

— En vieux français, lier avait aussi lô'^orme loyer (comparez plier et ployer) y d'où aloyer, qui est le latin altigarey substantif verbal aloi, au sens d'alliage, dans « monnaie de bon aloi », on a dit aussi « de bonne loi » par fausse étymologie. Avec la forme lier, on a allier, d'où : alliance et alliage ; mésallier et mésalliance (préûxe mes, v, moindre^), rallier, ralliement. Autre composé : relier, d'où' relieur, reliure.

— Composé savant avec 06- : obliger, obligare, lier par un ordre ou par un service, d'où obligeant, obligeance, d'une part, obligatoire, obligation, obligataire, d'autre part (cf. au mot agir * la signification financière des mots action, actionnaire). Désobliger, d'où désobligeant, c'est proprt rendre un mauvais service.

— Sur un synonyme latin de ligare, voy. annexe, Liei^pe, d'abord lierre, est le latin hedera.

Liesse^ latin classique lœtitia, formé sur lœtum, joyeux. Nous avons une forme féminine archaïque de lœtum dans M faire chère lie »; sur chère, voy. cerveau.

Lieu, qui est le latin locum, est à louer, locare, ce que jeu est à jouer. Le cas ablatif de locum se trouve ilans locomotion, changement de lieu [v. mouvoir^), locomotive, locomobile, et dans l'aaverbe tout latin illico, qui signifie proprt sur le lieu (comparez le sens de la locution « sur-lechamp »). Dérivés savants : local, localiser, localité; composés : lieutenant; non-lieu, déclaration qu'il n'y a pas lieu.

— Le sens propre de louer, c'est mettre dans un lieu, placer, puis placer moyennant salaire ou redevance (dans le sens où on dit qu'un domestique se place) soit une personne, soit un objet, ou recevoir dans les mêmes conditions une personne ou un objet. Dérivés : loyer, loueur, louage, et, en

376 DICTIONNAIRE ETTHOLOGIQUE [Limande

formation savante, locataire, locatif, location. Dans le composé allouer, proprt placer auprès, d'où le dérivé savant allocation, toute idée de redevance a disparu, c'est simplement mettre au service de quelqu'un, lui attribuer (un avantage, une somme d'argent). Composés savants : coUoqner, coUocarey proprt placer avec (sur colloque^ v. locntùm); dislocation et disloquer, action d'enlever de leur lieu, de déplacer violemment des parties jointes.

— Notre verbe coucher, doublet populaire de colloqaer, a pris le sens spécial de placer par terre ou dans un lit, d'où étendre, et intransitivement s'étendre pour dormir: substantif verbal couche, d'où couchette, substantif participial couchant, dérivés : couchage, bon ou mauvais coucheur: composés : recoucher, découcher, et aussi accoucher (dérivés : accouchement, accoucheur) dont le sens actuel est une spécialisation du sens primitif de « se coucher ».

Lieue est le latin leaca, d'origine celtique. Cf. banlieue, au mot ban,

Lieutenanœ, Ueatenant, o. lieu,

Llèvpe est le latin leporem, dérivés : leyrant, et lévrier, sur lequel le mot levrette a été formé.

Ligament, ligature, o. Uer. Ugnage, ligne, Ugnôe.o.Un.

Lige» origine déuteuse. Même racine dans allégeance «(serment d') ; sur le vieux mot allégeance = soulagement, voy. léger.

Ligneux, dérivé du latin lignum, bois, proprt bois « qu'on

ramasse » (cf. lire ^).

Ligoter, ligue, liguer, ligueur, v. Uer»

Lilas vient du persan par l'intermédiaire de l'arabe et de

l'espagnol.

Liliacé, V. lis.

Lilliputien, du pays de Lilliput dans le « Gulliver » de Swift.

Limace, d'où limaçon, est te latin ^limacea, classique limacem, et limon, d'où limoneux, *limonem; l'un et l'autre se rattachent au latin limum, fange. Dans colimaçon, co- est inexpliqué (limace à coquille?)

Limaille, v. lime. Limande, origine douteuse.

Lîon] DU FRANÇAIS. 3T7

Limbe, du latin limbum, bord.

Lime est le latin lima ;déri\é : limer, d*où limaille, élimer.

lAmier,v.MeK 1. Limon, terre mollS; v,

liixninâire, limitatif, limi- limace.

tation, limite, limiter, v. 2. Limon, brancard, d'où

lice 3. t limonier, origine inconnue.

Iiimitrophe, v. atrophie,

8. Limon, espèce de citron, d'où limonade, limonadier, vient du persan.

Limousine, vêCement qu'on porte en Limousia (on a doni^é aussi ce nom à une espèce de voiture fermée).

Limpide, d*où limpidité, latin limpidam, apparenté à lympha, voy. lymphe.

Lin est le latin linum, dont le dérivé linea, proprt fil de lin, est devenu notre mot ligne. Nous mentionnerons successivement les dérivés spéciaux dé l'un et l'autre mot.

— Dérivés de linum ou de lin : linge, qui esi*linicum, et linceul, qui est linteolumy toi|e de lin (linceul est encore employé par La Fontaine au sens de drap de lit, linge a produit lingère et lingerie) ; linon, espèce de toile de lin ; linotte, oiseau qui mange 1^ graine de lin ; le néologisme linoléum (vay. haile)^ toile enduite d'huile de lin. — Du sens de fil de lin, ligne a passé à ceux de ficelle, tracé, etc. ; les troupes de ligne sont destinées à combattre en ligne. Le lignage est la ligne, la série,, des ascendants, et la lignée celle des descendants ; la spécialisation de ces deux mots aurait parfaitement pu être inverse. Forligner, c'est s'écarter de la droite ligne, v. fors ; autres composés : interligne et interligner, souligner. — Dérivés et composés faits sur le latin linea : linéaire, linéament, juxtalinéaire (cf. joindre *). Alinéa (préf. ab) est formé de deux mots latins et signifie : en s'éloignant de la ligne, puis : partie d'un texte comprise entre deux passages à la ligoe; comparez paragraphe au mot graphie *.

Lingot, pour Vingot, anglais ingot.

Ldngual, linguiste, linguistique, v. langue,

Liniment, latin linimentum.

Unolénm, Unon, linot, 11- Linteau, v. lice 3.

notte, V. lin.

Lion est le latin leonem, d'origine grecque. Dérivés :

378 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Lire

lionceau, léonin (sur léonin^ terme de prosodie, y. ce mot . Léopard, dont guépard parait être une altération, se compose de deux mots latins dont le second, emprunté au grec comme le premier, désigne à lui tout seul l'animal. Cf. Gameléon.

Lippe, d'où lippée, lippu, est l'allemand lippe^ lèvre.

Liqueur, latin liquorem^ d'où liquoreux, liquoriste, se rattache au verbe liquere, qui signifie u être limpide » et (( couler », et qui a' produit également liquidurriy liquide, d où, au figuré, liquider, avec liquidation et liquidateur. Composés : liquéfier, liqaefacere, d'où liquéfiable et liquéfaction, V. faire''; prolixe, prolixam, d'où prolixité, progrt qui coule en abondance; déliquescent, deliqaescentemy qui se fond en eau.

Lire est le verbe latin légère, qui existe aussi en grec^ous la forme legein, et dont le sens primitif parait avoir été « assembler », d'où : assembler des lettres, des syllabes et des mots par les yeux (lire) ou par la parole (dire), le premier sens étant latin et le second grec. C'est au verbe grecque se rattache une abondante catégorie de mots avec la racioe log- (voy. logique).

1. Le mot légende vient du participe futur passif de légère et signifie proprt « ce qui doit /être lu » : l'inscription d'une pièce de monnaie, les vies de saints qu'on lisait dans les couvents, et, par extension, des récits populaires quelconques. Pour le suffixe -ende, cf. dividende, muliipli' cande, etc. -^

— Le supin de légère était lecium, d'où lecture, lecteur, et aussi leçon, dont la forme savante serait lection (cf. collection, élection, ci-dessous). Dérivé populaire de lire : lisible, d'où illisible (compar. inlassable, à las).

2. Dérivés de légère au sens primitif de « assembler, choisir » : la légion, 1. legionem, est un corps formé par prélèvement; les légumes (1. legumen, génitif leguminis) sont des plantes (potagères) cueillies, dérivés : légumier, légumineux. Un sacrilège, sacrilegiam, c'est originairement l'enlèvement, le vol, d'une chose sacrée; un sortilège, c'est proprt un assemblage ou un choix de « sorts », d'objets destinés à prédire l'avenir; florilège, mot de formation moderne, proprt assemblage de fleurs, v. fleur. Ëlire est un composé de lire. ou, plus exactement, de légère (latin classique eligere), au sens latin de « choisir )> et non pas au sens, seul conservé

Lire] du français. 379

en français, de « lire ». Dérivés d'eligere formés sur le supin : électeur, d'où électoral, électorat; élection; électif; un électuaire est un médicament de choix. Autres dérivés : éligible, inéligible, éligibilité. Elite, ancien participe passé d'élire, est le latin electa. Dérivés d'utie fofme *elegare ; élégant, elegantem, qui choisit, qui a du goût, 'd'où élégance, inélégant, inélégance.

3. Dans cueillir, latin classique colligepe, d'où cueillette, (forme savante du verbe : coUiger, dérivés : collecte, collection, collectionneur, collectif, etc.), Je préfixe ne: (^it que renforcer l'idée exprimée par la racfne. Le verbe cueillir s'emploie spécialement aujourd'hui en parlant des fleurs et des fruits, et môme, avec effacement de l'idée d'assemblage, en parlant d'une fleur ou d'un fruit isolés. Le surcomposé recueillir a conservé le sens primitif et non ' spécialisé de cueillir; substantif verbal recueil, substantif participial, de forme italienne, récolte, d'où récolter. Se recueillir, c'est réunir ses forces morales en s'isolant (préf. re-), dérivé : recueillement.

— Du composé avec le préfixe se-, qui accentue l'idée de choisir (en séparant), nous avons gardé le^substantif sélection.

4. Le composjâ diligere, avec le préfixe di-, qui marque aussi triage, avait pris le sens spécial de : choisir pour aimar ou pour soigner, 1° aimer particulièrement, 2° prendre grand soin. Au premier sens se rattachent dilection, prédilection; au second Tadjectif participial diligent et son dérivé diligence, soin, activité, rapidité; une diligence était une berline publique, qui permettait de « faire diligence ».

— Le composé avec le préfixe inter-j intelligerej signifie sans doute à l'origine recueillir au dedans de soi, d'où comprendre, entendre les choses; nous n'avons pas gardé ni repris l'infinitif, mais nous avons : l'adjectif participial intelligent, d'où intelligence, inintelligent, inintelligence ; intelligible et inintelligible; intellect, intellectuel, formés sur le supin. « Être d'intelligence » avec quelqu'un, c'est s'entendre avec lui; la mésintelligence est un défaut d'entente.

— Nous avons repris, sous la forme savante négliger, le composé avec le préfixe nec- (v. ne). Négligent et négligence s'opposent à diligent, diligence, signalés plus haut. Autres dérivés : négligé, négligeable.

380 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Littéraire

— Le eomposé'ayec le préfixe re-j relegercy signifiait propri reoueillir avec soin, et le sens primitif de religionem, qui en dérive, est : soin, scrupule, puis pratiques cultuelles. Mots français se rattachant à ce composé : religion, irréligion ; religieux, d'où religiosité, irréligienz.

LiSf d'où liaeron, est le latin lUiuiriy d'où lilial, liliacé.

Liseré, v. Usiène. Usière, d*où liseré, origine

IJeeiir, Usenae, liaible, v. douteuse. Wre, 1. fiimio,' « tapisserie », 0.

liée 3.

2. Lisse, adjectif, d'où lisser, lissenr, origine douteuse Cf. grec lissoriy même sens.

Liste^ -— d'où liteau (jadis listeau), baguette de bois, raie de serviette, et litre (jadis listre), bande noire, — vient d'un mot germanique qui signifie bande, cf. ail. leiste.

Lit, d'où litière, literie, s'aliter, est le latin lectam; déliter une pierre, c'est la diviser dans le sens des (c couches » de stratification. A la forme grecque lektron se rattache le vieux français letrin^ devenu lutrin, pupitre où reposent les livres.

Litanie, grec litaneia, prière.

Liteau, V. liste. Literie, v. Ut.

Litho«9 mot composant qui vient du grec Uthon, pierre, ^ qu'on retrouve dans lithiase, maladie de la pierre, dans monolithe, fait d'une seule pierre ^v. moine), dans aérohthe (v. air). Mots commençant par litho- : lithographie, d'où lithographier, lithographe, lithographique, gravure sur pierre, voy. graphie^; lithotritie, opération qui consiste à broyer la pierre dans la vessie, le mot est formé avec le verbe grec qui correspond à triturer.

Litière, v. lit.

Litige, latin litigiumy d'où litigieux, se rattache à UUm^ procès, voy. agir^,

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