FÉODAL
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JEU DE FIEF. — Lorsque les fiufs étaient. à vie , le seigneur ne pouvait pas donnet une partie de son fief à un vassal, qui le tint pour toujours en arrière-fief ; il eùt été absurde qu'un simple usufruitier eùt disposé de la propriété de la chose. Mais lorsque les fief devinrent héréditaires et perpétuels, il fat permis aux seigneurs d'en aliéner certaines parties : onappela cette aliénatiôn jeu de fief.
Le jeu de fief était interdit'aux grands fiefs de dignité. Les vassaux ou seigneurs servans étaient seuls autorisés à se jouer de leurs fiefs.
Selon plusieurs coutumes, : ils n’en pouvaient"
aliéner que le tiers ; dans d’autres, les deux tiers
pouvaient être démembrés ; dans quelques-unes
ils pouvaient se jouer du tout.
Le vassal ne pouvait démembrer son fief sans
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le consentement de son suzerain ou seigneur dominant. Mais le seigneur dominant ne s’opposait presque jamais à ces.-mutations, parce qu'elles lui donnaient le droit de quint, et qu'il | n'en conservait pas moins tous ses profits et droits féodaux sur les parties aliénées, comme sur celles que le vassal avait retenues (1).
JUBILÉ. — L'an 1300 est l'époque de l’établissement du jubilé. Boniface VIII donna la première bulle, qui accordait une indulgence pléñière à ceux qui visiteraient les églises de Rome, pendant l’année 1300 , et toutes les centièmes années suivantes. Clément VI ordonna, en 1350, que le jubilé se célébrerait tous les cinquante ans. En 1583, Urbain VI, voulant honorer le nombre des années que Jésus-Christ passa sur la terre, décida que le jubilé serait ouvert tous les trente-trois ans. Paul IT fixa ce terme à vingt-cinq ans (2). :— Les papes ne
(») Ces matières sont maintenant si peu intéressantes, que l’on n’a pas voulu entrer ici dans les longs et insipides détails des feudistes. On peut voir Guyot, des Fiefs, tome I". chap. 4 et 5 ; tome VW, sect. 6. Cujas, titre 2 des Fiefs, Brodeau, Dumoulin, Duplessis, sur la coutume de Pa-. ris, etc.,etc. Montesquieu, Esprit des Lois, liv. 31, ch. 33.
(2) Anecdotes françaises de l'abbé Bertou.
JUG 3 craignirent pas de changer ainsi, à plusieurs reprises, les décisions de leurs infaillibles prédécesseurs, parce qu'il était de leur intérêt d'avoir un jubilé sous leur règne, et d'attirer dans leurs états l'argent des pelerins.
JUGEMENS. — C'est un souvenir bien pénible etbien douloureux, ditl’auteurdes Curiosités de la littérature , que le souvenir de ces étranges jugemens auxquels étaient soumis nos aucêtres, pour des crimes qui n’existaient souvent que dans les soupcons ! Comme ces jugemens étaient rendus au milieu d’une foule de cérémonies religieuses, et par les ministres du culte, on les appelait jugemens de Dieu.
— On donnait le nom d’ordalie à üne série d'épreuves par les élémens. Elles consistaient à marcher les yeux bandés parmi des soés ‘dé charrue , rougis au feu ; à traverser des brasiers enflammes ; à plonger le bras dans l’eau bouillante ; à tenir à la main une barre de fer rouge; à avaler un morceau de pain consacré; à être plongé, les mains liées aux jambes, dans une . grande cuve d’eau; enfin, à étendre. pendant assez long-temps les bras devant une croix.
— L'évèque de Paris et l'abbé de Saint-Denis se disputèrent un jour l’autorité sur un monas-
tère. Pepin-le-Bref, ne se sentant pas en état de prononcer.sur leurs prétentions, les soumit au jugement de la croix. L'évêque et l'abbé choisirent chacun un champion (1), qui se rendirent à la chapelle, où ils étendirent les bras en forme de croix. Les spectateurs prétèrent une pieuse attention à ce défi, et pariant tantôt pour l'un, tantôt pour l’autre, ils épièrent scrupuleusement le plus léger mouvement de leurs bras. Le champion de l’évéque se fatigua le premier de sa posture génante; 1] laissa tomber ses bras, et perdit la cause de son maitre (2). |
— L'épreuve ou le jugement de Dieu, par l'eau froide , consistait à jeter l’accusé dans une grande et profonde cuve pleine d'eau, aprèslui avoir lié la main droite au pied gauche, et la main gauche au pied droit ; s’il enfonçait, onle croyait innocent; s1l surnageait, c'était une
(t) Dans ces épreuves judiciaires , les ecclésiastiques sur- . tout avaient le droit de substituer à leur place le plus vigoureux champion qu'ils pouvaient trouver.
(2) Curiosités de la littérature , tome J°*. — Félibienr et Eobineau. Histoire de Paris , tome 1°". — Voyez Île Dictionnaire infernal, aux mots Épreuves , Jugemens de Dieu, Question, etc.
preuve qu’il'étaÿ coupable, pañce que l'eau, qu'on avait eu la précaution de bénir, était trop. pure.pour revevoir un criminel (1). :
— Celui que l’on condaminait à l'épreuve ou au jugement de Dieu pur Le feu, était: obligé de porter à neuf; et. quelquefois à à douze pas , ne barre de fer touge:, qui pesait environ trois ltyres. Cette épreuve se faisait encore en mettant la main dans un gantelet deer, sortant de: là fournaise ; oudSbien en-la ‘plongeant datis ün vase pleini d'ext bpuillante , pour ÿ: prendre un anneau béni, qui y était suspendu, plus ‘on moing profondément. On. enveloppait ensuitela maiir du patient dar an linge, sur lequel leijnge et la partie adverse apposaient leur seeaux., Aut bout de trois: jours ‘on les levait; et,.#1l- ne par raissait point'dé marques de brûlure, bn était absous (2). Dans ce dernier ces. cette épreuvei s'appelait aussi l'épreuve de L'eau chaude:--C'est: sans doûte de ées coutumes bariaires qûe nous
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