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pour attraper un plat de poisson, était pani comme un voleur de grand chemin. — La pêche à la ligne était permise, mais seulement aux *onnétes gens, qui en usaient pour leur plaisir. Un pauvre homme, qui l'aurait fait pour ne pas mourir de faim , était emprisonné jusqu’à ce qu'il payät une amende de trente livres. Les peines doublaient dans les cas de récidive (1).
On peut voir qu’en cela, comme dans toutes les lois féodales , tous les avantages étaient pour ceux qui n’en avaient nul besoin; toutes les . Charges, toutes les privations, toutes les peines tombaient sur le malheureux. Un seigneur pouvait acheter du poisson : la féodalité le lui donnait ; les jouissances étaient pour lui seul. Mais un vilain devait vivre pauvre, sans plaisirs et sans droits; il ne devait rien obtenir qu’à la sueur de son visage. |
PEINES. — Il ne faut point mener les hommes par les voies extrêmes , dit Montesquieu ; et l'on doit être mËnager des moyens que la nature nous donne pour les conduire. Qu'on
(1) Ordonnance de 1660 , ütre 3r.
éxamine Ja cause de tous les relächemens, on verra qu'elle vient de l'impunité des crimes, et non de la modération des peines.
Suivons la nature , qui a donne aux hommes la honte comme leur fléau ; et que La plus grande partie de la peine soit l’infamie de la souffrir. |
Que s’il se trouve des pays où la honte ne soit pas une suite du supplice, cela vient de la tyrannie, qui a infligé les mêmes peines aux scélérats et aux gens de bien.
Dans des temps où la désertion fut très-fréquente, on établit la peine de mort contre les déserteurs; et la désertion ne diminue point. La raison en est bien naturelle : un soldat, accoutumé tous les jours à ‘exposer sa vie, en méprise ou se flatte d'en mépriser le danger. Il est tous les jours aceoutumé à craindre la honte : il fallait donc imposer une peine, qui fit porter une flétrissure pendant la vie. On a prétendu augmenter la peine, et on l’a réellement diminuée (1).
Les vols sur les grands chemins étaient côm- .muns dans quelques états ; on voulut les arréter : on inventa le supplice de Ja roue, qui les
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(1) Esprit des Lois, liv. 6, ch. 12.