‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 44 sur 62 · TAÏ · texte numérisé non relu

TAÏ

moins à la fin de la première race, il est aussi constant que les suzerains ne s’établirent, tels que nous Îles connaissons , que vers le règne de Charles-le-Simple. Comme on voulut distinguer ces espèces de souverains, des autres seigneurs , On comprit leur autorité, leurs fiefs libres, leur puissance , dans le nom de suzeraineté , mot qui est aussi étrange, dit Loyseau, que cette espèce de seigneurie était absurde. ( Voyez Fiefs, Hommages, etc.)

TAILLE. — La taille était originairemenf une espèce de tribut que les sujets payaient au roi et les paysans aux seigneurs, et que les seigneurs et le roi imposaient en certaines nécessités, selon leur volonté et leurs besoins; d'où nous est venu le nom de taille à volonté , qui était encore en usage, au dernier siècle, dans la Normandie et dans quelques autres provinces.

Les seigneurs levaient soigneusement la taille aux quatre cas. 1° Lorsqu'ils faisaient le voyage de la terre sainte , ils obligeaient leurs vassaux el leurs serfs à en supporter les frais. 2°. Lorsqu'ils étaient prisonniers de guerre, 1ls se faisaient racheter par leurs sujets et vassaux. 3°. Lorsqu'ils étaient recus chevahers,

TAI 26: ils imposaient une taxe. pour couvrir leurs dépenses de costumes. Ce cas n'avait plus lieu, dans le dernier siècle, que pour l’ordre du Saint- Esprit. 4°. Lorsqu'ils mariaient leur fille, ils chargeaient leurs vassaux et leurs serfs de payer sa dot.... Les rois levaient pareillement sur leurs vassaux la taille aux quatre cas.

—Lenomdelataille vient dusymbole donton se servait, pour en lever le paiement, lorsque les seigneurs ne savaient pas lire. C'était un bäton fendu en deux parties, dont l’une restait au seigneur et l’autre au taillable. En rapprochant ces deux parties, on connaissait le nombre des sommes payées sur la totalité de l'impôt, au moyen de certaines petites coupures que l'on avait faites à chaque paiement, et qui s’appelaient tailles. Les boulangers et les bouchers se servent encore de ces bâtons fendus, pour régler leurs comptes. |

— Sous lerégne de Charles VIT , les tailles, devenues perpétuelles, ne produisaient au roi que 1,800,000 francs (1) par année (2). Cependant le peuple était bien plus accablé qu'aujourd'hui. Mais alors les seigneurs levaient beau-

(1) Ces dix-huit cent mille francs valaient alors plus que ve vaudraient aujourd’hui douze millions.

(2) L'abbé Bertou , Anecdotes françaises.

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