‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 50 sur 62 · TRÈ · texte numérisé non relu

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s'en suivait des meurtres et des saccagemens conlinuels.

On tint des conciles dans toutes les provinces, et l’on fit des règlemens pour calmer ces désordres. Quelques seigneurs s'y soumirent ; ces règlemens parurent d'abord avoir un bon effet , et l’on appela cette tranquillité d'un moment /a paix de Dieu.

Cette paix était fondée sus des anathèmes :

on excommuniait tout Français qui prenait les armes contre un Français. Mais bientôt, les plus hardis seigneurs bravèrent l'excommunication; et il fallut en modérer la rigueur, parce que ceux qui, par respect pour les censures ecclésiastiques, n’osaient prendre les armes, ne manquaient pas d'être égorgés.

On déclara donc que, depuis le mercredi jusqu’au lundi, personne n'avait le droit d’attaquer celui dont il cherchait là mort. On appela cette trève la tréve du Seigneur, et l'on permit de tuer, ceux qui ne l'observeraient pas, dans l'église même et au pied des autels.

Mais dans ces malheureux siècles, de pareils moyens ne suffisaient pas pour éteindre la soif du sang et du pillage. Les seigneurs continuèrent de se battre, jusqu’à l'établissement de la confrérie de la paix. Cette sainte ligue de chevaliers, réparateurs des torts, ramena un peu de

272 | TRI sécurité dans nos provinces désolées. — Les rois avaient alors trop peu de puissance pour faire le reste (1).

TRIBUTS. — « Pourquoi les prêtres seraient- » ils exempts des tributs et de la reconnaissance » personnelle qu’ils doivent aux princes ? Le fils » de Dieu et les apôtres ne les en dispensent » point; qui peut donc les en avoir dispensés ? » Allèguera-t-on les constitutions des papes ? » Les papes ne peuvent rien sur le droiït tem- » porel des rois ; c'est un principe incontes- » table.

» Aussi nous avons , dans les preuves de nos » libertés, un chapitre entier, où il ÿ a divers » exemples de la possession qu'ont nos rois de » faire, d'autorité civile et politique, des le- » vées sur le clergé, dans les nécessités de leur » état, sans la participation de la cour de Rome; » et l’on y voit des procédures faites contre les » ecclésiastiques, du temps de Philippe-le-Bel, » pour avoir osé révoquer en doute cette auto-

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(1) Mézerai, sous l’année 1183. — Le président Hénant, 1040.— Histoire de l’espritrévolutionnaire des nobles en France, tome-ΰ"., page 217.

TRI 273 » rité (1): » Malgré ces argumens et ces preuves, les nobles et le clergé ne s'en obstinèrent pas moins à laisser, sur le peuple seul, c’està-dire, sur la partie la plus pauvre de la nation, tout le poids des charges de l’état ; et tout le monde sait aujourd'hui que c’est cette obstination du clergé et de la noblesse à ne point payer de tributs ou d'impôts, qui amena dans notre dernière révolution, ce qu’on peut lui reprocher de funeste.

— « Avant la reine Batilde, dit Mézerai (2), » les Gaulois, aussi-bien ceux qui étaient au » berceau, que les pères, payaient un gros tri- » but par tête; ce qui en empêéchait plusieurs » de se marier, ou les obligeait d'exposer leurs » enfans. La bonne reine les en déchargea , et » fit défense aux Juifs, qui achetaient ces inno- » cens, pour les vendre aux pays étrangers, » de plus exercer un trafic si inhumain. Elle en » racheta même plusieurs de ceux que ces infi- » dèles ou que les brigands avaient vendus ; » mais elle les exhortait d'entrer dans les mo- » nastères , qu’elle avait grande passion de peu- » pler. »

. (1)Talon, De l'Autorité des rois dans l’administration de l'église, %. partie, 4°. diss. (Voyez Dimes.) :. (2) Abrégé chron. sous l'an 655.

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