‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 51 sur 62 · UNI · texte numérisé non relu

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La reine Batilde se rappelait que, dans son enfance , elle avait été enlevée par des pirates, amenée “d'Angleterre en France, et vendue au maire du palais (1). À la vérité, ses malheurs l'avaient fait connaître de Clovis Il; et elle régnait dans les lieux où elle avait été esclave ; mais tous ceux qu'elle racheta ne pouvaient compter sur un pareil destin , et elle les tirait d’une servitude alors très-cruelle. (Voyez Tailles, Cens, Impôts , etc.)

UNIVERSITÉ. — Dans une émeute, qui s'éleva entre les écoliers de l’Université et les bourgeois de Paris, le prevôt de la ville prit le parti de ces derniers, et se mit à la tête de la populace. Le combat fut sanglant. L'Université s'en plaignit au roi (2), qui fit arrêter le prevôt. On le condamna à une prison perpétuelle ; . mais on permit aux écoliers d'intercéder en sa fâveur.Les maîtres de l’Université demandèrent qu'on amenèt le prevôt dans leurs classes , pour

(1) On prétend que. Batilde était de la race des princes saxons d'Angleterre.

(2) Philippe-Auguste.

UNI __. 275 y recevoir le fouet,.…. Mais le roi rejeta cette demande indécente et ridicule...

— Deux écoliers de l’Université , coupables de meurtres et de vols sur les grands chemins, furent arrêtés, par l’ordre de Guillaume de Tignonville, prevôt de Paris. L'Université les réclama, sous prétexte que ces deux écoliers étaient clercs, et que l'affaire devait être portée devant la justice ecclésiastique. Le prevôt, sans s'embarrasser de ces oppositions, alla tou- ‘jours en avant, et fit pendre les deux criminels. Dés lors, l’Université cessa tous ses exercices, et pendant plus de quatre mois il n’y eut dans Paris ni leçons, ni sermons , pas même le jour de Päques. Comme le conseil du roi (1) ne se laissait pas ébranler , elle protesta qu’elle abandonnerait le royaume, et irait s'établir dans les pays étrangers, où l’on respecterait ses priviléges ; cette menace fit impression. Le prevôt fut : condamné à détacher du gibet les deux écoliers ({ pendus depuis plus de quatre mois), après les avoir baïsés sur la bouche, et à les faire enterrer honorablement..…. (2). |

(1) Charles VI.

(2) Ce fait aeulieu-en 1408. Sauval dit qu’à ces funérailles, le bourreau avait un surplis, et faisait l'office de prêtre.

(Livre XIF.)

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— Sous le règne de Henri II, on agit bien différemment. Les écoliers de l'Université ayant excité une sédition , le parlement fit arréter et pendre le plus coupable. L'Université eut beau réclamer ses priviléges, le roi approuva la conduite du parlement , et menaca d'envoyer des troupes pour mettre l’Université à la raison. Elle eut ordre d'interrompre ses lecons et de fermer ses classes, ce qu’elle fit sans oser murmurer. — Autrefois elle avait effrayé le roi, par ces mêmes moyens qui la faisaient trembler alors. Cette diversion montre le caractère et l'esprit des différens siècles (1). (Voyez Asiles , Bejaunes, Landit, etc.)

USTENSILE. —: On appelait ainsi certains meubles , que ceux qui logeaient des troupes étaient obligés de fournir au soldat. Une marmite, un gril, une gamelle ou soupière, un chandelier, un pot de chambre, etc., composaient l’ustensile militaire,

Les officiers des siéges présidiaux , les | sénéchaux , les baillis, les officiers du sel s'étaient fait exempter de l’ustensile, par une ordonnance de Louis XIV, donnée en 1702. — Appa-

(1)Saint-Foix, tome Ier, des Essais historiques.

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