‹ Dictionnaire féodalChapitre 102 sur 158 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

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qu’il était de bovine race, qu’il chasserait bien les souris de la sacristie , et que c’ëtait tout ce qu elle pouvait donner, pour être enterrée avec les chrétiens.

Mais , tout en escroquant ainsi une partie des héritages, le clergé n’en faisait pas moins son- 11er bien haut ses manières charitables , comme l’inquisition proclame son désintéressement et sa douceur. Les lumières de la philosophie vinrent enfin supprimer ces abus. On n’était plus habitué à les voir publiquement en usage ; et aujourd’hui , dans le siècle le plus éclairé et le plus grand de la nation française, on les voit renaître sous une multitude de formes. Des prêtres de Jésus-Christ refusent une poignée de terre à leurs frères, chrétiens comme eux, parce qu’ils n’ont pas déshérité leur famille , pour rendre à l’église des biens qui ont jadis appartenu à l’église. Mais ces biens ont-ils toujours été dans les mains des ecclésiastiques? Non ; et, puisqu’ils chérissent les temps féodaux, on leur répondra par les coutumes féodales : « Ces biens vous ont été donnés en fief, sous » les règnes des donations pieuses; vous les » avez abandonnés : qui délaisse son fief , le » perd ... D ailleurs en abjurant le système féo- » dal , la nation change de conduite envers

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)) vous. Prétendez-vous être pensionnés de l’é~ » tat, et avoir encore les bénéfices?.... » Le siècle où nous vivons serait pire que les siècles passés.

-n j a aussi des choses que tout le monde sait trop, pour qu’on soit obligé de les dire : ainsi celui qui n’a point fait un auto-da-fé des œuvres de Rousseau et de Voltaire (t), celui qui lira la Minerve , les Lettres normandes , le Constitutionnel , et quelque autre feuille libérale, celui qui mourra sans sacrement, celui qui bénira la liberté et la Charte, celui qui n’aura pas eu le pieux courage de lire la Quotidienne et le Journal des Débats , celui qui médira des dîmes et des missionnaires , etc.; tous ceux-là, quoique gens de bien, seront réputés indignes de la terre sainte , et n’auront le plaisir d’être enterrés, que si les autorités du lieu savent faire leur devoir.

— On sait encore que chez les Turcs, quand

(i) M. Simonnet, dans sa Réalité de la magie et des apparitions , ou Contrepoison du Dictionnaire infernal , excommunie bien ceux qui liront et ne brûleront pas ce pauvre Dictionnaire, et qui ne souhaiteront pas de voir un jour Fauteur sur le bûcher. Jugez par-là de ce qu’il faut faire deVoltaire et de Rousseau,

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la famille d’un mort ne peut ou ne -veut pas faire les frais de ses funérailles , les imans portent le corps dans les cimetières , et l’enterrent aussi-bien que s’ils étaient payés. Ces prêtres ne s’informent pas de la conduite qu’a tenue le défunt, ni de ses opinions, ni de sa bibliothèque , ni de son testament. Ils sont persuadés que refuser la sépulture aux morts , c’est un acte de barbarie que toutes les lois un peu sages ont réprimé. Quant à ceux qui se conduisent dans leur ministère par des motifs purement humains , ils n’ignorent pas que , s’ds refusaient de faire leur devoir, le cadi et la bastonnade les y forceraient bien. ( Voyez II annouars , Testamens, etc. )

ORDRES DE CHEVALERIE. — Après qu’un chevalier était chaussé , béni et agrégé parmi les autres chevaliers , on donnait un repas , pendant lequel le nouveau reçu ne devait ni manger , ni boire , ni se remuer , ni regai dei çà et là, non plus qu’une nouvelle mariée, selon

les anciennes ordonnances.

ïl y avait en Angleterre un ordre de chevaliers du bain. Le nouveau chevalier dînait avec le roi le jour de sa réception. Lorsqu’on sortait de table , le chef de cuisine entrait , et, lui montrant son grand couteau , le menaçait

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de lui couper ignominieusement les éperons , s’il n était pas fidèle aux sermens quil venait de faire ( i).

La chevalerie était , dans le treizième

siècle , la plus grande dignité où un homme de guerre put aspirer ; on 1 appelait le temple d honneur. On n’y arrivait ordinairement que par degrés , et apres de longues épreuves. Foui être admis , il fallait qu’on fut noble de père et de mère , en comptant au moins tiois générations , et que l’on eut vingt et un ans. Les souverains , les hommes d un mente supérieur et les favoris des princes , étaient quelquefois dispensés de l’obligation d’être fils d’un arrièrepetit-fils de noble. Mais on ne voit pas que , malgré les plus grands services, un bon roturier soit jamais entré dans la chevalerie.

Après plusieurs jours de jeûne, et des nuits passées en prières dans l’église, avec un prêtre et des parrains , (ce qu’on appelait la veille des armes) y le novice faisait ses dévotions, allait prendre ses habits , et se rendait à l’église. H présentait son épée au prêtre, qui la bénissait, et la lui remettait suspendue en écharpe. 11

(i) Saint-Foix , tome Ie' •

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