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OBS
encore un reste dans l’église : le lendemain du service d’un mort , on dit une messe basse poulie repos de son âme, à laquelle messe les païens du défunt offrent au prêtre deux bouteilles de vin et une miche de pain blanc.
— Chardin rapporte qu’en Mingrélie , les chevaux, les habits, les armes et toute l’argenterie du mort appartiennent à levêque qui a dit la messe. Les cérémonies des enterremens, ajoutet-il, ruinent les familles ; mais on y est obligé.
Autrefois en France, on offrait pareillement des chevaux et des armes aux services funèbres. Dans une transaction de 1 an iusp, entre les curés de Paris et l’église du Saint-Sépulchre , il est dit qu’un mourant sera libre de choisir sa sépulture dans cette église; mais que son corps sera d’abord porté à la paroisse sur laquelle il se! a mort, et que le curé de cette paroisse aura la moitié du luminaire et des hardes et chevaux qui seront présentés à l’offrande.
Le continuateur de Nangis rapporte que le roi Jean étant mort à Londres , Édouard 111 lui fit faire un magnifique service, et qu'il présenta à 1 offrande plusieurs chevaux de prix, caparaçonnés de noir, avec l’écusson de France (i).
(i) L’évêque ou le prêtre, qui faisait le
service
fu ncîtrc
CBS
11 n’est pas douteux que ces cérémonies, trèsrépandues dans l’église chrétienne, étaient de tradition . César et Tacite rapporte que les Gaulois et les Germains brûlaient , avec le mort , ses armes et son cheval. Les druides auraient pu sauver la vie à tous ces pauvres chevaux , et en faire leur profit. Etait-ce les ténèbres du paganisme qui les empêchaient de voir clair à leurs intérêts (i) ?
— A la mort du cardinal de Bourbon (Louis, archevêque de Sens), comme il était mort dans la paroisse de Saint-Germain , les chanoines de cette église voulurent tenir la queue du convoi, mais le chantre et les bédeaux de Notre-Dame contraignirent, à coups de poing et à coups de pied, les chanoines de Saint-Germain, à marcher devant , et à laisser la place d’honneur au chapitre de la cathédrale (2).
— Les funérailles sont toujours sanglantes
recevait les chevaux et les autres présens , à ]a porte du chœur. Au service de Duguesclin , l’évêque d’Auxerre reçut des chevaux , des armes , des cierges , etc. ( Voyez Félibicn, Hist. de V Abbaye de Saint-Denis , liu. 6 , pages /}o4 et 4o5.)
(1) Saint-Foix, tome IL
(2) Sauvai , tome II, liv. VIL
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au royaume de Bénin. On y enterre, avec les grands , trente ou quarante esclaves, qu’on égorgé sur leurs tombeaux. Ces sacrifices horribles sont plus considérables et plus meurtriers encore, lorsqu’il s’agit des rois. Dès que le roi de Bénin a rendu le dernier soupir, on creuse une fosse large et profonde , auprès du palais ; l’ouverture, qui en est très-étroite, rend ce travail dangereux aux ouvriers qui y sont employés; une pierre , longue de cinq pieds et large de trois, suffît pour la fermer. La première chose qu’on y descend, c’est le corps du roi; la foule de ses domestiques des deux sexes entoure ce tombeau, et se dispute l’honneur cruel d'y être enterré. On y précipite ceux qui ont mérité cette funeste préférence. Le tombeau est fermé; et le lendemain on vient l’ouvrir, et demander aux victimes si elles ont vu le roi?... Le temps qu’elles ont passé dans cette sombre demeure leur donne sans doute du regret de s’être ainsi sacrifiées. On peut en juger par leurs plaintes et par leurs cris, que l’on n’écoute point, puisqu’on replace la pierre. On ouvre et on referme ainsi le tombeau tous les matins, jusqu’à ce qu’on n’entende plus aucun gémissement. Alors on ne doute plus que les personnes enterrées vivantes ne soient mortes , ou , pour nous exprimer suivant les idées
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des Africains, qu’elles n’aient trouvé le roi , et qu elles ne l’accompagnent dans son voyage» On se livre à la joie, que l’on ne sait guère manifester qu’en buvant. Les ivrognes échauffés parcourent la ville, égorgeant tout ce qu’ils rencontrent , hommes et animaux , et vont en jeter les corps dans le tombeau du roi (i).
— Chez tous les peuples barbares , et chez nos ancêtres , on ensanglantait pareillement les funérailles. Lorsqu’on découvrit auprès de Tournai le tombeau de Childéric , on y trouva, avec le corps du roi , les restes de ceux de ses domestiques que l’on avait égorgés sur son tombeau, suivant l’usage (2).
— Dans tous nos siècles de barbarie , et même encore au commencement du dix-septième siècle, les prêtres ne voulaient point mettre en terre sainte ceux qui ne leur avaient pas laissé une partie de leur bien par testament. On raconte même qu’une pauvre femme, qui n’avait absolument rien , et qui se sentait près V de mourir, offrit son chat au curé, en disant
(1) Anecdotes du royaume de Bénin.
(o) Vovez le Dictionnaire infernal , aux mofs Funérailles , Deuil , Mort.