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composaient avec le roi un tribunal que Ton appelait La cour de France , ou la cour du roiy ou la cour des pairs. C’est à cette dignité que Hugues-Capet dut la couronne.
Il j avait alors en France sept pairs laïques , c’est-à-dire, sept seigneurs dont les seigneuries relevaient immédiatement de la couronne. Ces pairs choisirent celui d’entre eux qui pouvait rejoindre le plus de provinces à la royauté, et qui pouvait empêcher qu’aucun des autres pairs ne l’emportât sur l’autré ; par ce moyen , la pairie de France fut réunie à la couronne , et il n'y eut plus que six pairs laïcs (i).
Il y a d’autres opinions sur l’origine de la pairie , mais celle qui la fait remonter à Charlemagne est romanesque ; celle qui la fixe au règne de Louis-le -Jeune , ne lui donnerait qu’une existence d’un moment.
Quoi qu’il en soit, on voit, sous Louis le-Jeune, les six pairs laïcs former , avec six pairs ecclésiastiques, le corps auguste des douze pairs de France. Us assistèrent au sacre de Philippe il , et y remplirent diverses fonctions importantes. Le roi d’Angleterre Henri II , en sa qualité de duc de Normandie et de pair de France , por-
(i) Le president Hénaut,
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tait la couronne du jeune roi ; le comte de Flandre portait l’épée royale (1).
Leroi d’Angleterre était alors pair de France et vassal du monarque français. A la fin du treizième siècle , quelques-uns de nos vaisseaux ayant été insultés par les Anglais , Philippe-le- Bel en demanda raison à Edouard Ier. , qui refusa de rendre justice. Philippe le fit ajourner a la cour des pairs , pour y répondre de F accusation de félonie , par lui commise contre le roi , son seigneur. Sur le refus que fit Édouard de comparaître, on le déclara convaincu du crime de félonie ; et le duché de Guyenne qu’il possédait fut confisqué au profit du roi de France. Ces choses amenèrent entre la France et F Angleterre une guerre qui mit les Anglais à la raison. — Aujourd’hui les pairs sont, comme d’abord, des hommes égaux en dignité, qui s’occupent , avec les représentais du peuple , des grands intérêts de la nation , et qui composent le tiers de notre corps législatif -
PAPEGAI ou PAPEGAULT. — C’est le nom qu’on donne ou qu’on donnait à un oiseau de
(1) Idem. — L’abbé Bertou , Anecdotes françaises Yclly j Mézerai , clc.
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bois ou de carton , qui se mettait au haut d’un arbre ou d’une perche, pour servir de terme à ceux qui disputaient le prix de l’arc ou de l’arquebuse.
Les habitans de la ville de Beauvais se rassemblaient tous les ans, le premier jour de mai, et tiraient au papegault , élevé en l’air , pour s’exercer à jouer de l’arquebuse ; et, par lettres patentes , scellées et collationnées des rois Henri II I, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, celui qui abattait le papegault était , pendant toute l’année , exempt, quitte et déchargé de toutes tailles , emprunts , subsides , impositions et logement de gens de guerre. Toutes ses charges étaient réparties sur ses compatriotes , et on le décorait du titre de roi de V arquebuse...
Dans plusieurs autres villes , nos rois s’étaient Occupés de fonder des privilèges semblables (i) ; et, avant Louis XIV, il n’était pas rare de voiries vieux soldats, qui avaient bravé tous les périls pour la défense de la patrie , porter toutes les charges de l’état , tandis qu’un roi de l’arquebuse , qui n’avait jamais su abattre qu’un oiseau de carton , avait des exemptions, des dignités, des prérogatives
(i) Mémorial alphabétique de Bellet- Verrière, au mot Roi de V arquebuse.
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PAPES. — Ce mot * dans sa véritable étymologie , signifie père des pères .
— Grégoire Y1I est, dit-on , le premier pape qui ait osé dire que le saint siège avait une autorité temporelle sur les rois , et qu’ils étaient ses vassaux et ses tributaires. Mais d’autres papes avaient mis ces prétentions en pratique, peut-être sans les proclamer si haut, bien long» temps avant lui , puisque Grégoire VII n’est que du onzième siècle.
Ce pape soutenait encore, qu’il pouvait disposer des couronnes , et délier les sujets du serment de fidélité (i). 11 ajoutait qu’il n’appartenait qu’au pape de porter les ornemens impériaux... Vit-on jamais saint Pierre en empereur romain (2) ?
Il disait que le pontife romain , ordonné Canoniquement , devient infailliblement saint , du moment quil est élu , par le mérite été intercession de saint Pierre (3), Malheureusement on n’a en que trop d’exemples du contraire; et
(j) Fleury , Histoire ecclcs tome XII] . — EpistoL Grc g. T III. Concil. , tom. X.
(2) Saint-Foix. Essais historiques , tome II.
(3) Voyez un écrit intitulé Dictatus papœ , qui contient, en vingt-sept propositions, les prétentions les plus outrées de la cour de Home. Celle-ci est la vingt-troisième; et ce n’est pas la plus scandaleuse. In tomo X concil. p. 210.
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d ailleurs saint Paul a dit que le plus grand pontife était aussi faible que les autres hommes ; ce qui n’accommode ni la sainteté ni l’infaillibilité des papes.
Grégoire YII écrivait encore à l’empereur Henri IV, après l’avoir excommunié : Je mourrai , ou je vous ôterai l'empire et la vie (1).
Était-ce ainsi qu’écrivaient les apôtres (2)?
On voit , par ses lettres , que les suppositions les plus fausses ne lui coûtaient rien à imaginer. La plupart des rois de l’Europe , en embrassant le christianisme , avaient , selon lui, fait hommage de leurs royaumes au saint siège , et devaient lui payer des tributs...
Les magistrats de la Sardaigne, ayant traité de chimériques les droits qu’il voulait s’attribuer sur eux et sur leur pays , il les menaça d’exciter les Normands et les Lombards à leur faire la guerre, et à mettre tout à feu et à sang dans leur île (5). Ce père commun des chrétiens n’avait pas puisé ces expressions-là dans l’Évangile.
Les instructions qu’il donna aux légats qu’il
(1) ConciL tom. X , p+ 356. Epist . Greg, lib. 3-
(2) Saint- Foix, tome II.,
(3) Fleuri , nbi supra .
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envoyait en Espagne, ne sont pas moins étonnantes : Vous y déclarerez, leur disait-il , que faime mieux voir l’Espagne occupée par les Sarrazins , que par des chrétiens qui refuseraient de nous en faire hommage
— Pendant le jubilé de l’an 1200, Boniface VIII lit plusieurs cavalcades dans Rome , revêtu des habits impériaux, et l’épée au côté, prétendant qu’il n y avait point d'autre César ni d’autre roi des Romains que le souverain
pontife des chrétiens (1).
— Le pape Paul IV ne donnait aucune audience aux ambassadeurs sans leur dire , en les quittant : « Souvenez-vous que je suis le maître des couronnes, et que je puis les oter et les » donner à qui bon me semble. Si saint Pierre » arrivait à Rome , et qu à ma prière il or- » donnât â un roi de descendre de son troue , » ce roi en demanderait-il davantage, et oserait- » il résister â saint Pierre?... Or, ce que saint » Pierre peut ôter, donner et reprendre lui » appartient, et conséquemment à moi, qui » suis son héritier et son successeur (2). »
— A l’occasion de quelques troubles, qui survinrent en Angleterre, pour l’élection d un
(1) Saint-Foix, ubi suprà.
(2) Fra Paolo-Sarpi , Histoire du concile de Trente .