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archevêque de Cantorbéry , Jean-Sans-Terre fut excommunie, son royaume mis en interdit, ses sujets déliés du serment de fidelité , et sa couronne donnée à Philippe-Auguste , par le bénin pape Innocent III. Les excommunications, alors encore toutes nouvelles , épouvantaient les peuples; on ne voulut plus communiquer avec le monarque frappé d anathème; ses sujets l’abandonnèrent et le maudirent; la noblesse traita avec Philippe-Auguste, qui se disposa à prendre le sceptre qu’on lui donnait, Jean épouvanté se soumit à tout ce qu’exigea de lui le légat du pape , pour rentrer dans les bonnes grâces de la cour de Piome. 11 jura sur son âme , et fit jurer pour lui seize de ses barons , qu i! se soumettait à tout ce que pourrait lui ordonner le saint siège; et quelques jours après cet acte de soumission, il se rendit à la cathédrale de Douvres, accompagné de tous les seigneurs qui n’avaient pas encore abandonné sa cour; là, devant un peuple innombrable, il déclara que , de sa franche et libre volonté , de P avis de sa noblesse , et dans le dessein d’expier les fautes qu’il avait commises envers les ministres du seigneur , il se reconnaissait vassal du saint siège apostolique, et s’obligeait, en cette qualité , de payer tous les ans au pape une redevance de mille marcs , dont sept cents pour
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l’Angleterre et l’Écosse , et trois cents pour l’Irlande. Après cela, il ôta la couronne qu’il avait sur la tête, la mit aux pieds du cardinal Pandolptie , qui, en sa qualité de légat , représentait le saint père, lui jura foi et hommage, et lui présenta quelques pièces d’or, pour arrhes du tribut auquel il se soumettait. L’artificieux légat foula l’or aux pieds, et emporta la couronne et le sceptre, qu’il ne rendit qu’au bout de
cinq jours à ce vil monarque (i).
__ On s’est étonné de voir la reine Elisabeth
prendre la qualité de chef de Veglise anglicane. Mais une bulle du pape Urbain 11 , a 5a vérité contestée par Baronius (2), et attribuée par quelques-uns à l’anti-pape Anaclet, ( mais qui n’en existe pas moins); une bulle, dis-je, accorde au roi de Sicile la puissance spirituelle sur ses états; et, comme le royaume de Sicile tombe en quenouille, aussi - bien que celui d’Angleterre , une princesse y peut prendre également ( et sans hérésie ) le titre de trèssaint père et de chef de l’église de Sicile. Cela
(0 Le president Hénaut , B'egne de Philippe-Auguste. — Fleuri , Hist. ecclés. — Lllies-Dupin , Histoire de l’Êglise. — Saint-Foix, Essais , tome III. — Spéculum abominai. - Bapin-Tlioyras , Hist. d'Anglct. , etc.
(2) Annal , tom. XI , an . 1097.
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s est même déjà vu , du temps de Jeanne d’Arragon et de Castille , qui est appelée par certains historiens, peut-être un peu satiriques: beatissimo et sanctissimo padre ...
— Les empereurs , jusqu’à Gratian , portèrent le titie de souverains pontifes. Ce fut ce prince qui s’en défît le premier, en faveur des papes (i). Ce fut au concile tenu à Clermont , à la fin du onzième siècle , qu’on donna le nom de pape au chef de l’église, exclusivement aux autres évêques qui, avant cette décision, le portaient tous également.
— Le moine de Saint-Gai raconte que le pape Léon III, en couronnant Charlemagne empeicui , lui donna le droit déliré les souverains pontifes et de les déposer , d investir les archevêques et les évêques, et d’empêcher les papes de consacrer aucun prélat, avant l’investiture du roi de France (2).
— Rigord dit que les évêques d’Orléans et d’Auxerre, ayant refusé à Philippe-Auguste le service militaire, sous prétexte qu’ils n’étaient pas tenus de suivre l’armée du roi , eux ni leurs gens, quand le roi ny était pas en personne.
(1) Socrate , Hist. ecclés. , liv. 5 , ch. 17.
(2) De Hist. Caroli-Magni , h b . 1 , cap , 8.
Philippe les condamna à l’amende ; et comme ils ne la payèrent pas , il confisqua leurs bénéfices. Ces prélats portèrent leurs plaintes au pape; mais Innocent III, qui donnait tort à tous les princes faibles, avait assez de politique pour ne pas froisser des monarques qu’il pouvait redouter. Il déclara que la conduite de Philippe était raisonnable, et condamna les évêques à payer leurs amendes (i).
Le pape Boniface VIII fit une bulle qui
défendait aux gens d 'église de payer aucun impôt, et qui excommuniait tout seigneur, prince ou monarque assez osé pour lever sur le clei gé aucune contribution
— Dans la lettre de Pie II à Mahomet II , rapportée dans le dictionnaire de Bayle, on voit que ce pape offrait au grand turc de lui donner l’empire d’Occident , s’il voulait se faire chrétien...
. Encore un mot sur 1 infaillibilité des papes.
Nous avons déjà dit que Clément XIV , dans sa vinet-deuxième lettre , ne croyait ni à la magie,
ni à l’existence du diable.
Léon X , qui déclare, dans sa bulle contre la
(i) Rigord 5 Y lia Philippe Aug. , ad ann. 120g.
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pragmatique, que celui qui ri obéit pas au successeur de saint Pierre mérite la mort, Léon X qui disait aux cardinaux lorsqu’ils lui reprochaient ses déportemens, que, depuis qu’il était 4 pape , il n’était plus tenu à être homme de bien (i), ce même Léon X appelait l’évangile le roman de Jésus- Christ (2).
« Ce pape était-il infaillible, parlait -il en » successeur de saint Pierre ou en empereur » romain?.,. Les parlemens, les cours souve- » raines de France, les Gersons de Sorbonne, » tous les corps de savans , toutes les riches » communautés , qui n’attendent plus rien du )) confessionnal, et avec eux tous les jansénis- >i tes , ne balanceront pas à décider. Mais les » courtiers d’indulgences et de pardons , les » escompteurs de brefs et de dispenses , qui » ont fait de la maison de Dieu une caverne de » voleurs , les besaciers qui couchent en vue » l’héritage de la veuve et de l’orphelin , qui )) veulent être dans le testament ou dans le co-
(1) M. Garinet , De la Puissance temporelle des papes et du Concordai de 1817, ch. 7.
(2) Quantum nohis nos tris que ea de Chris to fabula profuerit satis est omnibus sœculis notum. Balæus , Mist. iniq.
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» dicille, les molinistes enfin croiront être bien » disculpes en niant le fait (i). »
PAYSANS. — (Voyez Serfs , Esclaves, Seigneurs, Noblesse , Droits féodaux, etc.)
PÉAGE (2). — C étais un droit seigneurial qui se levait sur les bestiaux, sur les marchandises , et sur tout ce qui traversait les ponts , chaussées , rivières , etc. , de la juridiction du seigneur. Il y avait en France telles provinces où l’on ne pouvait faire une lieue sans payer des droits de péage.
Les seigneurs prétendaient que ce droit était juste et légitime , parce qu’ils étaient obligés d’entretenir les routes de leurs seigneuries. On savait néanmoins qu'ils empochaient l’argent accroché aux passans , et. qu’ils faisaient réparer les chemins par la ressource des corvées ; et nul ne s’opposait au droit de péage. — - 11 est vrai que, dans ces derniers siècles, ceux qui avaient l’autorité étaient seigneurs.
Le droit de péage ressemblait assez bien à nos douanes, et ceux qui le levaient aux douaniers. Un marchand passait-il des marchandi-
(1) L’abbé L englet-Dufresnoy , Les Princesses Malab cires , page 1 ü3 , note 6.
(2) Ce terme vient du mot pedagium . Selon plusieurs feudisles , pedagium veut dire impôt sur les pieds*
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ses , sans payer le droit de péage , toute la pacotille était confisquée au profit du seigneur» On appelait pourtant cela la liberté des chemins; mais c’était de ces libertés, par antiphrase , comme il y en a tant, puisque alors les gentilshommes seuls étaient libres.
Les feudistes, qui ont traité cette matière, remarquent encore, comme une chose infiniment équitable et naturelle , qu’on payait souvent deux fois le droit de péage, pour les mêmes marchandises. Par exemple, un marchand allait a une foire, et payait son passage; il revenait, sans avoir pu rien vendre : il fallait qu’il payât de nouveau les mêmes droits, pour ces mêmes marchandises , où il avait fondé un vain espoir de gain.
Les seigneurs étaient obligés de veiller à la sûreté des chemins, depuis le lever jusqu’au coucher du soleil, et d’empêcher qu’il ne s’y fit des vols. Ils étaient responsables des brigandages qui se commettaient en plein jour sur leurs terres; et on peut citer deux seigneurs, qui ont été condamnés a dédommager les gens volés. Le premier est le seigneur de Vernon , qui donna quelques écus, par ordre de justice , à un marchand dépouillé en plein jour auprès de son château ; le second est le comte d'Artois, qui fut condamné à réparer de même un vol