‹ Dictionnaire féodalChapitre 118 sur 158 · PRI · texte numérisé non relu

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comparaison de la prérogative qu’ils ont de ne pouvoir être damnés. Si , dans 1 habit de cordelier, on sort du purgatoire , au bout de quelque jours de patience, dans l’habit de jésuite, on est sur de ne pas tomber en enfer.

Alphonse Rodriguez, très-saint jésuite espagnol, eut une vision, dans laquelle il vit tous ses compagnons passés , présens et à venir, au milieu des joies du ciel. Une voix lui dit en meme temps que tout jésuite avait de droit l’entrée du paradis ; et ce 11’était pas là une vision imaginaire, comme dit le jésuite Orlandin (1) ; mais une vision sainte , envoyée d’en haut.

François Borgia , aussi de la compagnie de Jésus , disait à son compagnon Marc , dans un moment d’inspiration : « Sachez, frère Marc, » que Dieu aime souverainement la société ; )) il vient de me montrer cela, et il faut que )) je vous le déclare : c’est qu’il nous accorde » le privilège qu’il accorda autrefois à l’ordre » de Saint-Benoit ; jusqu’à l’an 1843, aucun » de ceux qui mourront jésuites ne sera dam- » né (2). ))

(1) Imago primi sœculi , lib . 5 , cap. 8.

(2) La société de Jésus fut fondée en i5z[o Le privilège.

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— Il J a encore pour les jésuites un autre pr ivilège ; c’est que Jésus-Christ vient au devant de chaque jésuite mourant, pour le recevoir. Sainte Thérèse d’Avila, vit, dans une extase , des âmes bienheureuses qui montaient au ciel. Une de ces âmes dit â Thérèse : « Nous sommes » conduites par un frère de la société de Jésus ; » et notre joie en est grande, parce qu’il nous » a tirées du purgatoire, et que le Tout-Puissant » vient au-devant de nous. — Ne vous en éton- » nez point, répondit Thérèse ; il n’y a rien de » nouveau en cela : les jésuites ont ce privilège, » que lorsqu’un deux est mort, Jésus vient au » devant de lui pour le recevoir (1). »

— Les rois de France avaient anciennement le privilège de guérir les écrouelles et quelques autres maladies, par la seule imposition des mains. Saint Édouard-le-Confesseur , roi d’Angleterre, eut le meme avantage. Shakespeare a profité de cette opinion populaire, dans sa tragédie d e Macbeth (2). Il paraît que, dans la suite,

doit durer trois cent trois ans , quoique quelques-uns disent qu’il a cesse' d’être en vigueur , la cent troisième anne'e.

(1) Imago primi sœculi , ubi suprà . — Politique des jésuites , édition de 1762 , page 88 et suie.

(2) Pans la scène Ve. du tVe. acte, on voit plusieurs ma-

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les rois d’Angleterre perdirent une prérogative aussi belle; que les rois de France la conservèrent plus long-temps ; qu’elle était meme attachée en quelque sorte à leur dignité, puisque les monarques anglais prirent le titre de rois de France, uniquement pour jouir du privilège de guérir les écrouelles (1).

— Ce trait peut encore donner une idée de la puissance des rois , et de la puissance des seigneurs, sous le régime féodal. Un roi d’Écosse ayant déchiré la patente des privilèges d’un gentilhomme, qui le priait de les confirmer , le parlement , sans considérer que ces privilèges étaient pour la plupart injustes ou absurdes, ordonna que le roi, assis sur son trône , en présence de toute sa cour , prendrait du fil et une aiguille, et recoudrait cette patente (2)....

- — Les chanoines de Saint-Jean de Lyon faisaient preuve de quatre races de noblesse paternelle et maternelle, et portaient le titre de comtes. Il paraît qu’autrefois ces chanoines prétendaient que de bons gentilshommes comme

Jades guéris par l’attoudiement miraculeux de saintÉdouard.

(1) C’était l’opinion du comte de Rochester.

(2) Saint-Foix , Essais historiques 7 tome II

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eux n’étaient pas obligés de se mettre à genoux, à l’élévation de l’hostie, puisqu’ils s’arrogeaient le privilège de se tenir debout, dans les momens où tous les fidèles sont tenus de s’agenouiller.

La faculté de Sorbonne condamna cette prétention, comme arrogante, impie, scandaleuse et sentant l’hérésie. Les chanoines de Lyon se pourvurent au conseil , disant que la faculté de Sorbonne n’avait point de juridiction sur leur chapitre ; le conseil, par arrêt du 25 août i555, cassa la censure de la Sorbonne (i), et maintint ces chanoines dans le privilège d’assister cavalièrement à l’élévation de l’hostie.

— Quand l’ordonnance de Moulins eut établi la contrainte par corps contre les débiteurs, Charles IX fit une autre ordonnance, qui en exemptait les ecclésiastiques , et leur donnait le privilège de faire des dettes, sans qu’il fut permis de leur rien saisir.

— Ou voit, dans les premiers siècles de l’histoire d Égypte , que les fils des prêtres avaient seuls le privilège d’être admis auprès du monarque ; et que les rois de l'Égypte passaient leur vie, sans connaître ceux de leurs sujets qui

(î) Idem y ibidem y tome IIL

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n étaient pas prêtres. Dans nos temps féodaux, de quels gens la cour de nos rois était-elle composée? d’ecclésiastiques et de nobles.

— Lorsque Alphonse VI voulut attirer des chrétiens a Tolède (1) , il accorda à cette ville plusieurs privilèges , qui la peuplèrent rapidement. Ces privilèges paraîtraient aujourd’hui un peu singuliers. — Les femmes et les enfans des criminels, lorsqu’ils n’étaient pas complices des crimes , étaient exemptés des peines et confiscations infligées aux coupables.... — On ne punissait point de mort les homicides involontaires, lorsque le prévenu prouvait que le meurtre était l’effet d’un accident, et lorsqu’il donnait des cautions, — Tous les procès entre chrétiens , Juifs et Maures, étaient jugés par des juges chrétiens..., etc. Ces privilèges furent confirmés un siècle plus tard par Alphonse IX.

— La province de Biscaye porte en Espagne le titre de seigneurie; le seigneur n’en prend possession, qu’après s’être obligé par quatre sermens solennels à conserver tous les privilèges des habitans. Alors ce seigneur est conduit à la porte de la ville de Guernica. Là, on le fait asseoir sur une pierre brute, placée au pied d’un

(1) En 1086,

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