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arbre; et c’est dans cette posture qu’il reçoit le serment de fidélité' de ses sujets.

Les babitans de Lagny, à six lieues de Paris, avaient encore, dans le dernier siècle, un privilège assez singulier. Lorsqu’un étranger s’avisait de leur demander : combien vaut Forge ? ils pouvaient impunément se mettre en fureur, et plonger le questionneur indiscret dans la fontaine qui décore le milieu de la ville , sans respecter le rang, le sexe, ni lage. Cet usage vient de ce que Lagny s’étant révolté contre le roi , en 1 544 ? maréchal de Large prit cette ville, la saccagea, et permit à ses soldats de jouir des femmes comme d’une bonne fortune. — Comme on vend de l’orge à Lagny, et que l’acheteur ne peut se dispenser de s’informer du prix , il faut avoir la main dans le sac , lorsque 1 on fait cette demande. Avec cette attention , on évite le bain d’eau froide (b).

Un évêque de Cahors ayant été insulté et maltraité par des hérétiques, pendant qu’il disait la messe, les évêques, ses successeurs, eurent depuis le privilège d officier avec des gantelets,

une epee et des pistolets charges sur l’autel

( Voyez Droits féodaux , Redevances, Dîmes , Évêques, Clergé, etc. , etc.)

(1) Saint-Loix. Essais historiques , tome Ier

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PROCESSIONS. — Réné-le-Ron , roi de Sicile et comte de Provence, était si fort passionné pour les spectacles et les exercices militaires, qu’il crut ne pouvoir mieux les perpétuer dans ses états, qu’en les associant aux cérémonies religieuses. C’est à lui qu’on doit l’institution de cette procession bizarre , qui

attire à Aix tant de curieux, aux approches de

la Fête-Dieu. En voici la description (1) :

« D’abord paraît le roi Hérode, vêtu d’une casaque courte cramoisie, la couronne en tète, harcelé par une douzaine de diables , parmi lesquels on distingue une diablesse, à son costume : ces diables sont armés de fourches, hérissés de cornes, et bardés de grelots croisés en bandoulières.

)) Après avoir sauté , tantôt d’un côté , tantôt de l’autre , le roi termine la lutte par un grand saut; c’est là le grand jeu des diables , emblème des dangers de la royauté.

» Vient ensuite le petit jeu , autrement dit la petite âme . Cette petite âme est représentée par un enfant en corset blanc, bras et jambes

(1) Voyage en Provence ; extrait des Soirées provençales , publiées par Bérenger , en 1787. — Ce Voyage se trouve dans la collection des Voyages en France et autres pays j en prose et en vers. Briand , 1 8 1 8 , tome II, p. 211, T. II. 12

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nues , qui porte une longue croix de bois sur un coussin. Quand on fait le jeu, l’enfant, accompagné d’un ange, appuyé sa croix à terre. A ses côtés sont quatre diables cornus , revêtus de pantalons à flammes rouges. Trois de ces diables poursuivent la petite âme , tandis que le quatrième s’acharne contre l’ange. L’ange et la petite âme sautent comme pour fuir , sans cependant abandonner la croix ; mais au troisième coup, le jeu finit, et l’ange saute de joie d’avoir sauvé la petite âme.

» La troisième scène représente l’adoration du veau d’or. Moïse y parait, avec une longue barbe , et les deux rayons qui le caractérisent, ayant â ses côtés le grand-prêtre et trois ou quatre Juifs, dont le plus apparent porte le veau d’or, au bout d’un bâton. Cette scène s’appelle le jeu du chat , parce que, pour la terminer, un des Juifs jette en l’air, aussi haut qu’il le peut, un chat enveloppé dans une toile : puérilité, qui ne peut être qu’une addition de fraîche date.

» La reine de Saba vient ensuite , richement costumée, avec trois dames d’atours, qui tiennent chacune une coupe d’argent à la main ; elle va visiter le roi Salomon. Un danseur, lestement habillé, ayant aux jarretières quantité de grelots, porte devant elle, au bout d’une

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épée , un petit chapeau de carton , surmonté de girouettes en clinquant. Ce danseur s’agite en cadence , au son d’un air de la composition du roi Réné , et fait avec son épée trois saiuts ? auxquels la reine répond par un signe de tète. Celie-ci, de son côté, suit la mesure , les mains sur les hanches. Après le troisième salut, les trois dames d’atours forment une danse entre elles.

» Les rois mages, qui marchent après, ont chacun un page , coiffé en pain de sucre. Leurs mouvemens sont dirigés par une étoile que porte, au bout d’une perche, un homme en robe blanche; un des pages, après avoir salué Létoile , en se dandinant , fait un grand saut , et se retourne pour exécuter le réguineau , mouvement des fesses très-rapide , que les deux autres pages ne tardent pas à imiter. Cette scène s’appelle la belle étoile.

a Le jeu des tiras souns , c’est-à-dire, des enfans qui se traînent, représente le massacre des innocens, ordonné par Hérode. Ce prince a pour cortège un enseigne , un tambour et un fusilier. Au bruit d’un coup de fusil , sept à huit enfans, revêtus de chemises de toile écrue, se laissent tomber par terre en courant en cercle , souvent jusque dans le ruisseau.

» Daus la scène suivante, paraît Judas, avec

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là bourse de trente deniers; puis, saint Paul, 1 épée à la main, et les apôtres sur deux files , avec les évangélistes. Quand on fait le jeu , tous s’arrêtent pour laisser passer Judas, qui donne le baiser à Jésus-Christ.

» Outre la dalmatique ornée de rubans , chacun a ses attributs qui le caractérisent. Saint Pierre porte des clefs, saint André une croix, saint Jacques des coquilles. Le plus singulier est de voir saint Luc, avec la tète d’un bœuf, et saint Marc avec celle d’un lion. Saint Jean le précurseur a pour vêtement une peau de mouton ; et saint Simon , en chape et en mitre , porte de la main gauche un panier d’œufs , tandis qu’il distribue des bénédictions de la droite.

» A ces entremets succèdent trois ballets. Dans le premier, huit à dix jeunes gens sautent en cadence, le corps passé dans un cheval de carton. On appelle ce ballet les chevaux jringans .

» Le second est celui des danseurs , en corset , culotte , bas et souliers blancs , coiffés d’un casque à panache , semé de diamans faux. Tous leurs pas se terminent par un rigodon.

» Le troisième ballet est figuré par les teigneux , emblèmes des lépreux de l’évangile , revêtus de ces tabliers à franges dont on couvre

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