‹ Dictionnaire féodalChapitre 145 sur 158 · UNI · texte numérisé non relu

UNI

y recevoir le fouet...... Mais le roi rejeta cette

demande indécente et ridicule —

— Deux écoliers de l’Université , coupables de meurtres et de vols sur les grands chemins, furent arrêtés, par l’ordre de Guillaume de Tignonville, prévôt de Paris. L’Université les réclama, sous prétexte que ces deux écolieis étaient clercs, et que l’affaire devait être portée devant la justice ecclésiastique. Le prévôt, sans s’embarrasser de ces oppositions , alla toujours en avant, et fit pendre les deux criminels. Dès lors, PUniversité cessa tous ses exercices , et pendant plus de quatre mois il 11’y eut dans Paris ni leçons, ni sermons, pas même le jour de Pâques. Comme le conseil du roi (1) ne se laissait pas ébranler, elle protesta qu elle abandonnerait le royaume, et irait s’établir dans les pays étrangers , où l’on respecterait ses privilèges ; cette menace fît impression. Le prévôt fut condamné à détacher du gibet les deux écoliers ( pendus depuis plus de quatre mois ) , après les avoir baisés sur la bouche , et à les faire enterrer honorablement — (2).

(1) Charles VI.

(2) Ce fait a eu lieu en 1408. Sauvai dit qu’à ces funérailles, le bourreau avait un surplis, et faisait l’office de prêtre.

[Livre XI F.)

276 UST

— Sous le règne de Henri II, on agit bien différemment. Les écoliers de l’Université ayant excité une sédition , le parlement fit arrêter et pendre le plus coupable. L’Université eut beau réclamer ses privilèges, le roi approuva la conduite du parlement, et menaça d’envoyer des troupes pour mettre l’Université à la raison. Elle eut ordre d’interrompre ses leçons et de fermer ses classes, ce qu’elle fit sans oser murmurer. — • Autrefois elle avait effrayé le roi , par ces mêmes moyens qui la faisaient trembler alors. Cette diversion montre le caractère et l’esprit des différens siècles (i). ( \ oyez Asiles , B e] aunes y Landit , etc. )

USTENSILE. — On appelait ainsi certains meubles , que ceux qui logeaient des troupes étaient obligés de fournir au soldat. Une marmite, un gril y une gamelle ou soupière , un chandelier y un pot de chambre y etc., composaient l’ustensile militaire.

Les officiers des sièges présidiaux , les sénéchaux , les baillis , les officiers du sel s’étaient fait exempter de l’ustensile , par une ordonnance de Louis XIV, donnée en 1 702. — Appa-

( i) Saint-Foix , tome Ie*'. des Essais historiques.

Page 1