‹ Dictionnaire féodalChapitre 146 sur 158 · USU · texte numérisé non relu

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reniaient que les juges et les gens des greniers à sel n’avaient point alors de batterie de cuisine ?

USURPx\TION. — Une ordonnance de 1696 condamnait à deux mille deux cents francs d’amende ceux qui auraient usurpe les titres de noble ou noble-homme, à' écuyer, de messire , de chevalier, ou tout autre titre de noblesse , sans être de filiation noble. Mais, comme il y avait alors en France une foule de gens qui avaient la faiblesse de se dire chevaliers , comtes ou marquis, sans être issus de pères nobles ou anoblis ; comme ces gens n’avaient pas, pour la plupart, de quoi payer de grosses amendes , et que le nombre en était d’ailleurs très-grand , le roi Louis XIV mitigea, en 1702, la susdite ordonnance, et prescrivit à l’avenir une amende de trois cent trente livres, pour le crime d’usurpation de titres de noblesse.

Malgré toutes ces précautions , la noblesse fut toujours mélangée de bons et de mauvais, de nobles et de vilains, de chevaliers de naissance et de chevaliers d’industrie , etc. Il est vrai que , par naissance ou par industrie , les chevaliers, qui n’ont d’autre mérite que ce titre , peuvent bien vivre de pair à compagnon. (Voyez Noblesse .)

VASSAL (i). — Tacite nous apprend que, chez les Germains, le prince était toujours entoure de guerriers choisis , qui s’engageaient à le défendre dans les combats , et à ne lui point survivre. Ils recevaient du prince des chevaux , des repas et des armes. Ainsi il y avait déjà des vassaux chez les Germains; mais il n’y avait point encore d’autres fiefs que les armes, les festins et les chevaux de bataille (2).

Les memes usages se conservèrent après la conquête. Ceux que Tacite appelle compagnons du prince sont appelés dans la loi saliepie hom mes qui sont sous la foi du roi s dans les formules de Marculfe amnistions du roi ; dans nos

(1) Ce mot est fort ancien. Quelques-uns le forment d’un mol latin qui signifie caution , parce que les vassaux étaient obligés de se faire otages, de payer les dettes, de défendre les intérêts, en un mot, d’être caution de leur suzerain, — On sait qu’un vassal était celui qui relevait d’un seigneur, à cause d’un fief dont il faisait liommage. Un arriéré- vassal était celui qui relevait d’un vassal. — Le vasselage était la condition , ou l’état du vassal.

{2) Montesquieu, Esprit des Lois , liv, 3o , ch. 3.

premiers historiens leucles , fidèles ; dans les suivans, vassaux et seigneurs (1).

— Si l’état monarchique est le plus propre à maintenir la durée des empires, et à procurer la tranquillité des particuliers , on doit regarder la féodalité comme également fatale à l’une et h l’autre. Le vassal du roi avait ses droits pour lui réfuser l’obéissance ; et les arrière-vassaux de la couronne , sujets à la foi du roi et de son vassal immédiat , étaient toujours dans une situation douteuse , et ne savaient auquel entendre.

Le roi dépendait entièrement de ses vassaux, qui ne lui payaient pas toujours ses revenus, qui l'abandonnaient souvent au milieu d’une campagne, parce qu’ils ne jugeaient plus à propos de le suivre, et qui lui faisaient la guerre, quand ils avaient quelcjues forces»

Le domaine du roi était d’ailleurs peu considérable. Au commencement du douzième siècle, il comprenait Orléans, Étampes, Compiègne, Bourges, Melun, quelques villages, et Paris, qui ressemblait alors à une méchante ville de province. Le reste était en propriété aux vassaux dm roi , qui se conduisaient en maîtres dans leurs seigneuries , et y exerçaient

(1) Idem , ibidem , ch. 16.

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