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CEN

Le cens se payait de diverses manières-, tantôt en argent seulement, tantôt en argent et en fruits. La métairie de Magny devait au fief de Marvallière, près Bressuire, un cens annuel de deux charges de blé, quatre-vingts quartauts d’avoine, quatre chapons, deux poules, une corvée de deux bœufs, et cinq sous. Elle paya

cette rente jusqu’en 1792 Et en 1797, le

propriétaire du fief de Marvallière assigna les métayers de Magny à se soumettre au cens , comme autrefois, et à lui payer les cinq années

d’arrérage 11 n’est pas nécessaire de dire

que ces métayers furent déchargés (1) de tous cens , rentes , redevances et corvées envers le propriétaire de Marvallière, en vertu de la loi du 17 juillet 1793.

On a vu , ces dernières années, de bons et braves seigneurs, qui revenaient de loin, redemander à leurs ci-devant serfs les droits féodaux et les redevances. Mais on a eu la complaisance d’apprendre à ces messieurs que les parchemins seigneuriaux s’étaient pouris, pendant leur absence.

Sauvai remarque (2) que, sans avoir égard

(1) Le comte Merlin, Pie'pertoire de jurisprudence.

(2) Antiquités de Paris. Liy, B-

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'à la dignité royale, des religieux ont quelquefois fait payer le cens à nos rois... Pourra-t-on bien croire, dit cet écrivain, que Philippe-Auguste payait trente sous parisis de cens annuel, aux religieux de Saint-Denis de la Chartre , à cause de la tour du Louvre qu'il avait fait bâtir près de leurs fiefs, et qui donnait de l’ombre à leurs terres.

Saint Louis payait le cens h l’évêque de Paris, pour son hôtel de Nesle, situé près de Saint- Eustache, dans le lief de l’évêché; pour une raison semblable, Marie de Brabant, veuve de Philippe-le-Hardi, payait douze livres parisis de cens annuel à l’évêque de Paris...

CH AMP ART (i). — -Les héritages, assujettis au droit de champart , payaient au seigneur une redevance annuelle, qui consistait en une certaine portion des fruits qu’on pouvait recueillir. Ce droit était rarement imposé sur les bois ou sur les vignes, mais ordinairement sur les grains semés.

Après toutes les peines de l’année, quand le

( i) Ce mot vient du latin campi pars ou campi partus , cl où Ton a formé , dans *es anciens titres latins , campartus , campipars , et ensuite champart ,

vilain avait scié ses moissons, on percevait la dîme ecclésiastique , ensuite la dîme féodale , après cela le champart. Dans le Poitou, le seigneur champartier prenait la sixième gerbe; dans plusieurs autres provinces, il prenait la quatrième. Ainsi , le malheureux qui avait recueilli vingt gerbes dans son petit champ, en donnait deux pour la dîme ecclésiastique, deux pour la dîme féodale, quatre pour le champart;

de façon qu’il lui en restait douze pour le

nourrir les jours de corvée

CHAMPIONS. — Dans les temps reculés, où toutes les querelles se vidaient par le combat judiciaire, les ecclésiastiques , les religieux, les femmes même, étaient obligés d’accepter un duel. Mais on pouvait confier le soin de sa justification à des braves appelés champions , qui faisaient profession de se battre envers et contre tous.

Ces braves, qui étaient déjà connus dans le neuvième siècle, se multiplièrent encore dans les siècles suivans; et Beaumanoir raconte que, du temps de saint Louis , où il fallait se battre pour une dette de trois sous , plusieurs personnes prenaient des champions a leurs gages, et les louaient à l’année , pour défendre leurs dé-

mêlés, et combattre à tout venant, dans leurs affaires (i).

CfLANOINES. — Il y avait, dans la cathédrale d’Auxerre, un canonicat laïc, attaché à la maison de Châtellux. Quand le seigneur de ce nom prenait possession de ce canonicat, il était obligé d’aller à l’église , botté , éperonné , revêtu d’un surplis, avec un baudrier par-dessus, et une épée sur le bras gauche. Il portait une aumusse, un faucon sur le poing, et tenait a la main droite un chapeau galonné, recouvert d’un plumet. Après qu’on lui avait donné l’investiture du canonicat, il allait se placer parmi les chanoines ecclésiastiques, affublé comme on vient de le voir; et il devait assister ainsi à tout l’office, sans déposer son chapeau , ni son épée, ni son faucon (2).

Mais ce chanoine laïc n’assistait aux offices, dans cet accoutrement, que le jour de sa ré-

(1) Coutume 'de B eauvoi sis. Chap. 28. — Beaumanoir écrivait en 1288.

(2) Pour être reçu parmi les chanoines de la cathe'drale a Audi, il fallait faire preuve de noblesse on d’érudition: nobilis sanguine , vel litteris. On trouvera peu d institutions comme celle-là , dans les coutumes des chapitres; et

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ception; et comme il était obligé d’en passer par toutes ces cérémonies , il s’y prêtait quelquefois de mauvaise grâce.

Dans d’autres lieux au contraire , où de pareils usages n’étaient point d’obligation , mais de privilège, on les suivait plus volontiers. Ainsi le trésorier de la cathédrale de Ne vers ne manquait pas d’assister au chœur, botté, éperonné, l’épée au coté et l’oiseau sur le poing, parce qu’il en avait seulement le droit. ( Voyez Droits y Hommages y Redevances , etc. )

CHAPE DE SAINT MARTIN. — C’est le premier étendard des Finançais, devenus chrétiens. (( Quand les rois de France allaient à la guerre, » on portait devant eux , la chape de saint- » Martin, en guise d’étendard, et cette chappe « leur faisait remporter la \ ictoire sur tous leurs » ennemis (i) » 11 est bien fâcheux qu’elle soit

cette loi fait honneur aux chanoines d’Auch; car, comme dit Saint-Foix * * , la gloire des lettres vaut bien les parchemins. (On pourrait même dire sans blasphème, qu’elle vaut un peu mieux ).

(i) Honorius Augustodunejisis , in Speculo ecclesia ?, sermo de Martino episcopo .

* Essais historiques. Tome HT.

usée. Ce n’était pourtant qu’un mauvais man-

teau, d’une étoffe vile et grossière; il paraît meme qu’il était fait de peaux de brebis. — Dans plusieurs villes de France, on était obligé de donner à l’évêque, le jour de la saint Martin d’hiver, un certain nombre de peaux de moutons; cette redevance s’appelait le manteau de saint Martin (i).

Grégoire de Tours raconte (2) un miracle du tombeau de saint Martin , lequel miracle fut la métamorphose d’un pot de vin en eau bénite. C’est en commémoration de ce miracle , qu’on institua en France la coutume du vin de saint Martin . La veille de la fête du saint évêque, on distribuait pieusement, dans certaines villes, des brocs de vin aux moines et aux pauvres gens. Mais ces distributions causèrent de grands excès et de grandes débauches. Les buveurs célébraient les vigiles et la nuit de saint Martin, par des danses, des festins, des chants, des paroles et des actions lascives; les églises

(1) Le nom de chapelle fut donne' à f oratoire où Ton conservait la chape de saint Martin. Les chapelains étaient des officiers qui portaient la chape et desservaient la chapelle.

(2) Histor . , lih. V , cap. 2r

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