‹ Dictionnaire féodalChapitre 46 sur 158 · CLO · texte numérisé non relu

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le 24 août 1 749 , et imprifnées à Paris la même année. — « Ne craindrait-on pas , Sire, cTafîai - » blir le respect dû à la religion , si l’on voyait » aujourd’hui les ministres de l’église , pour la » première fois , avilis et réduits à la condition » de 00s autres sujets?.... »

Quoi! les prêtres sont-ils d’un autre sang que nous?....

On ne leur demandait que la déclaration de leurs biens , ils étaient immenses, il fallut les leur ôter pour les connaître, et c’est ce qu’011 fit à l’époque de la révolution.

Saint-Foix remarque (1) que les maréchaux de France, les ducs, les ministres, et les plus grands seigneurs déclaraient au moins leurs biens , s’ils n’en pay aient pas les revenus a 1 état , et le cierge craignait de s avilir y en se 1 eduisant a la condition des ducs et des maréchaux : de quelle condition se croyait-il donc ?.. . (Voyez Abbayes , Biens ecclésiastiques , Évêques > Bénéfices , Dîmes , etc.)

CLOCFIES. — On fait remonter jusqu’aux Egyptiens 1 origine des cloches, et l’on prétend quelles annonçaient les fêtes d’Osiris. Il n’y en

(1) Essais , tome ÏI.

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eut en France qu’au commencement du septième siècle. Vers lan 610 , larmèe de Clotaire, qui assiégeait Sens, fut si effrayée du bruit des cloches, que l’évèque Loup ou Lupus fit sonner, qu’elle leva le siège et prit la fuite.

La cérémonie du baptême des cloches s’introduisit en France, peu de temps après qu elles furent reçues dans l’église. Alcuin donne à en-

tendre qu’on les baptisait déjà à la fin du septième siècle. 11 n’est pas donné à tout le monde de concevoir le motif de cette institution ; et on ne voit pas de quel péché originel les cloches ont à se purger (i)... Lorsqu’on baptise ces masses sacrées, on leur donne des parrains ou répondans. C’est de droit le seigneur ou le plus apparant de la paroisse. A quoi servent ces répondans?... Une cloche est tombée, il y a huit ans , dans un village des environs de Mézières, et a tué deux paysans. Les parrains ont-ils payé les dommages ? —

— Lorsque les comtes de Flandre prenaient possession de leurs états, le clergé, la noblesse et les échevins des villes allaient au-devant d’eux, hors des portes de Gand. Le nouveau comte était conduit à l’abbaye de Saint-Pierre

(i) Dictionnaire infernal,

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du Mont-Blandin , dont l’abbé célébrait pontifîcalement la messe, et ceignait ensuite lepée au nouveau souverain.

Cette cérémonie étant achevée (i), le prince allait, en grande pompe, à l’église de Saint- Bavon; là, il s’approchait du maître autel , faisait serment à tous les états de Flandre de bien s’acquitter de ses devoirs , de protéger l’église , les veuves et les orphelins, de maintenir la paix, les privilèges , les lois et les coutumes du pays ; et pour en donner la preuve, il sonnait lui-même, par trois fois , les cloches de l’église : ce qui devait être tout-à-fait majestueux.

On conduisait ensuite le nouveau comte sur la grande place de la ville , où il recevait du peuple le serment de fidélité. Le clergé, qui avait soumis ces princes à la très-humble fonction de sonneurs y ne se contentait pas de leur faire sonner seulement les cloches de Saint- Bavon. Dans toutes les vdles et châtellenies de la Flandre ou ils allaient pour la première fois^ ils répétaient la même cérémonie ; de façon qu’a-

(1) Avant propos de l’histoire des comtes de Flandre ? jusqu en 16^.

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près avoir fait le tour de leurs états , ils devaient sonner assez habilement.

— Dans une des nombreuses églises situées sur le territoire de l’abbaye de Saint-Denis, il y avait autrefois une cloche, qu’on disait trèsutile, et qu’on appelait chasse-ribauds , parce que le son de cette cloche était un ordre de retraite pour les filles publiques et leurs braves amis , alors comme aujourd’hui passablement nombreux. Les chanoines ayant cessé de la faire sonner le soir , on les obligea de rétablir cet usage .

COMMISE. — C’était la confiscation du fief du vassal, au profit du seigneur dominant. La commise pouvait avoir lieu , quand le vassal était assez impudent pour dire qu’il ne dépendait pas de son seigneur; et un petit seigneur, vassal d’un plus grand, perdait tous ses biens, lorsqu’il oubliait qu’il avait un maître.

Mais ce droit avait des modifications : lorsque le vassal disait qu’il était libre possesseur de son fief, le suzerain confisquait le fief. Lorsque le vassal prétendait qu'il était maître dans son château , le suzerain confisquait le château. Lorsque le vassal osait dire, en montrant les arbres de son jardin, que le seigneur suzerain n’avait point de droits sur ses pommes,

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le suzerain confisquait les pommes. S’il disait, en se promenant dans son parc : « cette vache » n est soumise qu a moi ; » le suzerain confisquait la vache (i).

La commise, ou confiscation féodale, avait lieu encore, dans le cas de félonie. (Voyez Félonie. )

COMMUNES. — Sous les deux premières races, on fît souvent des assemblées de la nation ; c’està-dire, des seigneurs et des évêques, car le peuple était presque compté pour rien. Louis-le- Gros est le premier de nos rois qui ait accordé des communes aux villes.

Ces privilèges étaient des chartes communes , qui donnaient aux villes , et quelquefois même aux bourgades, le droit d’avoir un sénat ou une assemblée, composée des principaux habitans, choisis et nommés par leurs concitoyens , pour veiller aux intérêts communs, lever les revenus de la ville, imposer les tailles extraordinaires , rendre la justice , et tenir sur pied une milice réglée (2).

(0 Duplessis. Des fiefs , liv. 6, — * Dumoulin. De Jeudis , par . 3o. — Guyot,Z>e la commise , t. IF des fiefs, sect. 3, etc . (2) L’est l’origine des maires et des échevins.

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Les Gaulois avaient joui de ces droits , du temps des Romains; les grands du royaume les avaient abolis. Louis-le-Gros les accorda à ses peuples, pour prévenir les séditions qui étaient alors très-fréquentes, et pour mettre les habitans des villes en état de se maintenir contre les seigneurs, en les unissant ainsi d’intérêts entre eux. Aussi les communes ne furent établies par le roi que dans ses domaines, et non dans les villes des hauts seigneurs, si ce n’est dans Soissons , dont le comte n’était pas assez puissant pour s’y opposer (i).

Mais , en donnant aux villes ces droits de communes, les rois ne l’avaient fait que pour remédier à un mal pressant. Il était question d’arrêter les entreprises des seigneurs ; et les rois ne pouvoient le faire, dans un temps où il n’y avait point de troupes réglées , qu’en leur opposant des forces, de proche en proche. Dès que les seigneurs furent réduits , nos rois se retournèrent bien vite sur ces villes, qu’ils avaient rendues presque indépendantes, et leur reprirent, pied à pied, tous les droits qu’ils leur avaient donnés auparavant (2)

(1) Le president Hénaut. Abrégé chron, p. 635 , in 4°

(2) Idem j page 636

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COMTES— -(du mot latin comes, compagnon .) Les comtes furent ainsi nommés, parce que, dans l’origine, ils accompagnaient le roi, et partageaient avec lui les amendes judiciaires.

A la fin de la seconde race, les comtes étaient juges suprêmes et gouverneurs des provinces.

Quant Philippe IV réunit à la couronne la ville de Lyon , que les chanoines gouvernaient depuis long-temps, en manière de république féodale, pour dédommager l’évêque et le chapitre de cette ville, il leur accorda que tous leurs biens seraient tenus à titre de comté ; delà vient que ces chanoines étaient comtes de Lyon .

CONCORDATS. — Les papes ont toujours prétendu que les concordats ne sont faits que par provision et pour un temps, jusqu’à ce qu’ils puissent faire valoir leurs droits dans toute leur étendue (i)... Voilà qui explique l’inconcevable conduite du saint père , dans le nouveau concordat qu’il nous propose , après nous en avoir donné un tout autre, il y a seize ans.

Cette manière de penser et d’agir a toujours été très-avantageuse à la cour de Rome, qui a

(i) Jérome Acosta, Histoire des revenus ecclésiastiques , page 104,

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obtenu dans un temps ce qu’il était impossible d’obtenir dans un autre. Elle ne laisse pas de proposer les choses dans les termes de rigueur et selon ses prétentions; mais elle permet aux princes de les modérer , selon les usages reçus dans leurs royaumes; et, quoiqu’on ne reçoive en France les concordats et les bulles, qu’avec certaines clauses et modifications , on ne les enregistre pas moins à Rome, dans toute leur étendue , et sans aucune restriction , telles quelles ont été proposées par l’homme infaillible.

Ainsi le concordat que nous venons de rejeter est enregistré dans les archives du pape, aussi-bien que si nous l’avions reçu à bras ouverts, et aussi entier que si on l’avait trouvé parfait dans tous sespoints... (Voyez Élections, Armâtes , Investitures y etc. )

CONFESSION. — On refusait anciennement les sacremens aux criminels; et le condamné était obligé de mourir sans confession, ce qui paraît le comble de la barbarie, dans des siècles où un homme se croyait damné , s’il n’avait reçu d’un confesseur la permission d’entrer en paradis.

— -Pierre de Craon ayant assassiné le connéta-

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ble de Clisson , en 1 5g5 , n échappa au supplice que par la fuite la plus prompte. Cependant, le coup qu’il avait porté au connétable n’ayant pas été mortel, il obtint sa grâce au bout de deux ans, à la prière du roi d’Angleterre. Il avait eu dans sa fuite une si grande peur d’être pris, et de mourir sans confession, qu’il s’en resouvint lorsqu’il eût regagné les bonnes grâces de Charles VI; et, à force de sollicitations, il obtint enfin, en iSgy, un édit qui abolissait la coutume de refuser des confesseurs aux criminels condamnés à mort (i).

Philippe de Maizière avait inutilement sollicité cet édit sous le règne de Charles V. Le conseil du roi n’avait rien voulu accorder ; et plusieurs écrivains ont approuvé cette conduite, sous le prétexte que le refus de la confession est une barrière de plus contre le crime : comme si les scélérats s’attendaient à être pendus quand ils en prennent le chemin, et comme s’il y avait

(1) Certains prêtres ou moines, ayant accusé faussement ¥ le duc d’Orléans d’avoir cherché à envoûter Charles YI , ion frère, par des maléfices et sortilèges, furent condamnés à mort. Ce furent les premiers criminels , en France , qui moururent confessés.

* Le président He'naut. An 1397.

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moins de coupables dans les siècles où les peines sont horribles, que dans des siècles moins inhumains.

Dans ces temps misérables, l’exécution des criminels était un spectacle , qui se donnait souvent les jours de bonnes fêtes. On pendit à Paris, pendant les fêtes de Pâques de l’année i3oi , à l’échelle de Sainte-Geneviève, une honnête dame , qui tenait une maison de tilles publiques, avec des façons trop scandaleuses.

— En conduisant les condamnés au supplice, on leur faisait faire ordinairement une pause dans la cour des Filles-Dieu, devant un crucifix de bois, qu’on voyait encore il y a cent ans; et, comme les moines leur refusaient la confession, les bonnes religieuses, plus compatissantes, faisaient pour eux quelques prières , leur donnaient de l’eau bénite, une croix a baiser, un verre de vin à boire, et trois morceaux de pain bénit. Cette collation s’appelait le dernier morceau du patient (i). Lorsqu’il mangeait avec

(i) Ceci ressemble fort, dit Sauvai, au petit repas , que les dames juives faisaient faire autrefois aux personnes condamnées à mort, et au vin de myrrhe, qu’oti présenta à Jésus-Christ , lorsqu’il était sur la croix ( Antiquités de Paris , liv. X )

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un certain appétit , on avait quelque espoir que Dieu prendrait pitié de son âme (i).

— On payait autrefois une confession, comme on paie aujourd’hui une messe. Cela se pratique encore dans plusieurs églises, particulièrement chez les schismatiques grecs. Avant de recevoir un sacrement, on le marchande, et le prêtre le vend le plus cher qu’il peut.

— Outre les prêtres, qui avaient droit de confesser tous leurs paroissiens, plusieurs moines en obtenaient le privilège ; et comme ils confessaient à bon compte, ils avaient nécessairement la vogue. Les curés s’en plaignirent, et ces disputes firent naître bien des ouvrages sur les intrigues des privilégiés.

On les accusait de ne pas même vouloir céder aux prêtres paroissiaux la quinzaine de Pâques, d’enlever aux curés toutes leurs pratiques , de ne faire à la campagne que des prônes sur les moissons et des sermons sur les vendanges,

(0 Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, eut Sa tête

tranchée , en 1477, pour crime de lèze-majesté. Avant d’aller à l’échafaud, il se confessa auprès des halles, et tandis

qu’il se confessait, on servit à ses commissaires du pain

blanc , des poires , et douze pintes de vin Ce qui dut

faire grand bien et profit à ce pauvre due

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parce que c était le temps ouïes paysans se confessaient plus volontiers, et payaient plus facilement, étant sans le sou tout le reste de l'année.

Mais les moines privilégiés n’en allaient pas moins leur train ; ils écoutaient les confessions des bonnes femmes et enflaient leur bourse , à la barbe du curé de la paroisse. Les curés s’en courroucèrent; et voici deux anecdotes qui le prouvent bien. Elles se trouvent dans un livre édifiant, intitulé : Traité du pouvoir que les privilégiés ont dé entendre les confessions , pages

4 7 et 92-

« Aux fêtes de Pâques de l’année 1641 > un gentilhomme s étant présenté à la sainte table, pour y recevoir le corps de Jésus - Christ, le prêtre qui donnait la sainte communion lui demanda â qui il s’était confessé. — A un religieux , répondit le gentilhomme , bien étonné de cette demande, pendant une telle cérémonie Mais le prêtre lui répliqua qu’il avait mal

fait ; et, passant outre, refusa de le communier, au grand scandale de tous les assistans. »

Le second trait est bien pis que le premier. Il est de la même année 1641- « Une personne qui se sentait mourir, se confessa à un moine privilégié , qui n’était pas de sa paroisse , et fit

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demander en grande hâte les derniers sacremens. Le curé arriva aussitôt, pour administrer au moribond Fextrême-onction et l’eucharistie. Mais, avant de le communier , il lui demanda qui avait entendu sa confession , et quand il l’eût appris, il remporta ses sacremens, et fut assez cruel pour laisser mourir cette personne sans viatique (1). » — Le siècle où nous vivons pourrait fournir bien des traits d’une intolérance à peu près semblable.

CONFISCATION. — On a long-temps reproché aux Français et à la plupart des peuples de l’Europe , un préjugé qui n’est pas encore bien éteint. C’est qu’on rejette sur les fils les crimes de leurs pères ; c’est qu’un scélérat déshonore tous ceux qui portent son nom. Cependant ,

(1) L’auteur du livre où ces deux anecdotes se trouvent rapportées était un moine privilégié. Les deux anecdotes n’eu sont pas moins vraies. Mais, comme dit un grave curé théologien ( dans les remarques amiables sur le traité du pouvoir qu ont les priviégiés d'entendre les confessions ), ces gens-là ne devaient pas se confesser à des moines! « Et les moines devaient moins convoiter le friand morceau » de la confession des séculiers. Mais c’est pour eux la source » d’eau vive et d’eau de vie ; c’est là le pot aux roses où » ils trouvent une vie grasse et commode » ( Remarque 74)-

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combien ne voit-on pas cle fripons dont les pères étaient honnêtes, et combien d hommes estimables ont eu pour pères de malhonnêtes gens. — L origine de ce préjuge est peut-être dans les confiscations et dans les cruautés des despotes .

Le calife Iiaroun lit pendre les quarante Barmécides, pour le crime vrai ou prétendu d’un seul. Le peuple, qui 11e voyait que les potences, regarda sans doute les quarante Barmécides comme autant de coupables...

De pareils traits ne seraient pas rares dans les premiers siècles de nos histoires. Toute une famille expiait les fautes de son chef, particulièrement dans les affaires d état. Plus tard, on extermina moins, mais 011 confisqua tous les biens du vassal accusé , au profit du roi ou du seigneur suzerain. Ainsi, lorsqu'un homme était soupçonné d’avoir trempé dans un complot contre son seigneur ou contre son roi, on ne se contentait pas de l ôter à sa famille , on plongeait encore dans la misère sa femme qui n’avait point connu ses projets coupables, ses enfans à la mamelle, et ses parens qui, en paix avec leur conscience, ne devaient pas s'attendre à la destinée des criminels.

— Lorsqu’un homme était condamné à mort pour crimes de sacrilège , de lèze-majesté, de

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fausse monnaie , ou d 'hérésie, ses biens étaient confisqués au profit du roi seul (1). — Dans les autres crimes, la confiscation avait lieu au profit du seigneur suzerain; et ce qu’il y a de plus odieux dans ceci , c’est que , quand le condamné obtenait des lettres de grâce ou de réhabilitation, le seigneur haut justicier n était pas obligé de rendre les biens confisqués, s'ils étaient vendus ou aliénés. On se hâtait donc d’aliéner ou de vendre , lorsque le condamné avait quelque espoir (2).

— - Le code pénal avait rétabli en France l’usage affreux des confiscations , que la charte a pour jamais abolies (5). Nous pensions vivre cependant loin de la féodalité et de la barbarie; et nous y étions, et nous y sommes peut-être encore en bien des choses. — On a vu plus d’une fois, dans ces dernières années , une famille dépouillée de sa fortune , parce que le chef de cette famille , sans doute insensé, avait porté une décoration proscrite....

— Ces droits révoltans d’aubaine et de con-

(1) Paquet. Des droits de justice , ch. i3.

(2) Id ch. 16. — Ordonncnice de 1670, tit. 17.

(3) « La peine de la confiscation des biens est abolie, n ne pourra être rétablie, » ( Art. 66 de la Charte. .

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fiscation sont suprimés; espérons que, sous un gouvernement représentatif, nous verrons bientôt tomber tout ces autres vieux abus, qui nous rappellent des mœurs de sauvages , et ne conviennent plus a des peuples policés.

CONFRÉRIE DE LA PAIX. — Au commencement du règne de Henri Ier, la France fut déchirée par des dissensions sanglantes. Un grand nombre de seigneurs s’étaient mis en révolte ouverte contre le roi, et voyaient des ennemis dans tous les Français attachés à leur prince. On se livra à des rivalités , a des jalousies, à des contestations, qui firent partout verser le sang français (i).

Comme aucune force humaine ne put arrêter ce débordement de crimes et d’atrocités, ni dans la capitale, ni dans les provinces, on fît intervenir le ciel, au secours d’un gouvernement sans autorité. On établit en 1041 la trêve du seigneur . C’était une loi qui défendait les combats particuliers, depuis le mercredi au soir jusqu’au lundi matin. L’autorité royale et ecclésiastique n’en pouvait pas faire davantage alors,

(1) Histoire de V esprit révolutionnaire des nobles en France , lw> 3, ch. 7.

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pour empêcher les Français de se détruire (i) ; mais ce n’était pas assez ; les seigneurs n’obser-* vèrent pas long-temps la trêve ; et nos provinces allaient être de nouveau dévastées, lorsqu’on organisa la confrérie de la paix.

Un charpentier, nommé Durand (2) , publia que Dieu lui avait apparu , qu’il lui avait donné une image de la sainte Vierge, et qu’il lui avait commandé de former une société protectrice, qui porterait l’effigie de la Vierge pour décoration. On le crut ; on institua la confrérie de la paix, dont les membres furent vêtus d’un froc blanc, et distingués par une plaque d’étain à l image de Marie.

Mais , dans ces bons temps où la piété était si fervente, les assassins et les rebelles frirent assez malheureux pour se moquer de cette milice encapuchonnée et de ces chevaliers de la sainte Vierge; et les grands désordres ne se réprimèrent qu’avec une extrême lenteur ... (Voyez Quarantaine royale .)

—On ne pariera point ici des jongleries et des scandales que donnèrent à la France les confréries de Henri III. L’abbé Poucet les ac~

(1) Le pre'sident Hénaut. Abrégé chronologique , (?.) Mézerai. Abrégé dt l'histoire de France*

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cusa en chaire , a Notre-Dame, d’avoir mangé le chapon gras, un vendredi , au retour de leurs processions, et d’avoir passé la nuit avec des filles (i). En rapportant de pareilles abominations, où les princes même jouaient un rôle, on pourrait déplaire au lecteur; ainsi, nous renverrons aux histoires des confréries.

— Il y avait encore, au commencement du dernier siècle , à la chapelle du Saint-Esprit , (près la place de Grève) , une^confrérie de Notre-Dame de Liesse, dont le premier devoir était de bien tenir table. Cette pieuse société, qui dépensait en deniers tout l’argent qu’elle recevait pour des aumônes , s’appelait la confrérie des goulus . On dit qu’elle se relève et se multiplie en France.

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