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— On a déjà remarqué que les Bourguignons, les Francs et les Barbares, lorsqu’ils entrèrent dans les Gaules , y trouvèrent établie la servitude de la glèbe , et qu’ils reçurent les deux tiers des terres et le tiers des serfs. 11 est bien clair par là que cet esclavage est plus ancien chez nous que notre monarchie , puisqu’il existait chez les peuples de l’antiquité, et que rien ne nous apprend que les grands aient négligé, dans les siècles les plus barbares, leurs privilèges despotiques.
Nos seigneurs ont donc trouvé les serfs accoutumés à leur affreuse condition ; ils n’ont fait que rendre leurs chaînes plus pesantes , par la multiplication des droits féodaux.
Toutes ces barbaries, tous ces droits tyranniques qui ont accablé , pendant tant de siècles, l’immense majorité du genre humain, sont maintenant anéanties pour nous. Réjouissons-nous d’être véritablement plus égaux et plus libres que ces Romains et ces Grecs si vantés , que d’insensés écrivains osent encore mettre au-dessus de nous et nous proposer pour modèles. Réjouissons-nous encore d’être plus heureux et plus hommes que nos ancêtres; et souhaitons que la servitude s’éteigne enfin, sinon encore par toute la terre, du moins chez ces