GUE
clant que l’ennemi ravageait les campagnes , le seigneur permettait à ses paysans d’entrer dans la cour de son château , avec leurs meubles et leurs bestiaux. E11 reconnaissance de cet asile, les habitans étaient obligés de réparer le château de leur seigneur, d’y faire le guet et d’y monter continuellement la garde, chacun à son tour (1). — Dans le dernier siècle, ce droit n’était plus en vigueur que pour les châteaux peu éloignés des frontières.
— En i465 , pendant la guerre du bien public, on avertit tous les Parisiens que chacun eût à mettre devant sa maison une lanterne et une chandelle allumée, pour éclairer le guet de nuit, sous peine d'être pendu . E11 i55i , et en i558 , on publia la meme chose, sous peine de vingt sous d'amende (2). — 11 faut convenir que la France était un triste pays , il y a trois ou quatre cents ans!
— Les chevaliers du guet et leurs lieutenans
étaient exempts de la taille, des impôts, et
pouvaient prendre le titre d écuyer quoiqu’ils
(1) Freraainville. Pratique des terriers , tome II, ch. 2. sect. 1 5.
(2) Sauvai. Antiquités de Paris , liv. XL
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ne fussent pas nobles (1). Ce titre devait leur faire grand bien à la jambe, lorsqu’il fallait marcher î — Il était permis aux seigneurs de s'amuser à battre le guet.
HABITS. — Sous le règne de Chilpéric , et sous quelques autres rois de la première race , les femmes des nobles avaient le droit de porter des habits armoriés. C’est-à-dire , qu’elles brodaient à droite l’écu ou le symbole de leur mari , et à gauche le symbole de leur famille. La mode des vètemens blasonés revint sous Charles Y ; et les hommes , aussi-bien que les femmes , portèrent des habits chamarrés de toutes les pièces de leurs armoiries.
— A la fin du douzième siècle, on s’habillait en France d’étoffes plissées, et chargées de démons et d’autres figures grotesques. Les habits des hommes paraissaient d’autant plus précieux, qu’ils portaient des croquis de monstres plus bizarres; les robes des femmes se terminaient en longues queues de serpent. Le concile de Montpellier se fâcha contre ces modes, et
(1) Edits rapportés par Bellet-Verrière. Mémorial alphabétique.