‹ Dictionnaire féodalChapitre 78 sur 158 · II AB · texte numérisé non relu

II AB

les défendit sous peine d’excommunication»

Cent ans plus tard, on ne se contenta pas des lois canoniques ; Philippe-le-Bel porta des lois civiles contre le luxe des habits. Un duc, un comte, un baron, qui avait six mille livres, de {erre, pouvait donner à sa femme quatre robes par an. Une dame, qui n’avait pas deux mille livres, ne pouvait avoir qu’une robe dans l’année» Il fallait être femme d’un grand seigneur pour employer , dans ses vêtemens , des étoffes à trente sous l’aune. Les bourgeoises ne pouvaient y dépenser que dix sous.

On ordonna encore que toute femme, qui ne serait pas noble, ne porterait ni bleu, ni gris, ni hermine, ni or, ni argent, ni pierres précieuses (1). — Il ne paraît pas que cette loi ait fait prospérer le commerce, ni enrichi la France; car on sait que Philippe-le-Bel eut toujours besoin d’argent.

— Sous le règne de Charles VI , les femmes étaient coiffées d’un haut bonnet en pain de sucre; elles attachaient, au haut de ce bonnet, un voile qui pendait plus ou moins bas, selon la qualité de la personne : le voile d’une bour-

(1) La même loi ne permettait, pour la table, que trois' plats les jours ordinaires , et quatre les jours de jeûne.

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