‹ Dictionnaire féodal ou recherches et anecdotesChapitre 28 sur 76 · BAR · texte numérisé non relu

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Cité, appartenait à l'évêque, qui en était seigneur temporel; le roi n'avait dans tout ce bourg ( depuis le pont Notre-Dame jusqua Cbaillot) que le droit de'banviri, et la permission d'y lever tou9 les trois ans une rente de soixante sous ( i )

BARBE. — Le roi François I er . s amusait k assiéger une maison avec des boules de nei^ ge. Montgomeri , ne sachant sans doute pas qu'il avait affaire au roi, et croyant qu'on en voulait à sa personne, jeta pour se défendre un tison enflammé par une fenêtre; ce .qui prouve que nos ancêtres mettaient beaucoup de ménagemens dans leurs petits jeux.

Le roi , blessé , fut obligé de se faire raser* la tête, et il introduisit en France la mode de porter les cheveux courts et la barbe longue, au lieu qu'auparavant c'était tout le contraire.

Quand les bourgeois virent les courtisans et

(0 Avec un peu de calcul, on voit que le roi avait là un revenu annuel de vingt sous. Dans d'autres quartiers, soumis également à la juridiction de l'évêque, le guet du roi entretenait la police et le bon ordre; mais l'évêque jugeait Us coupables , et confisquait leurs biens à son profit.

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les gentilshommes avec une grande barbe , ïk voulurent les imiter; mais (en i555) le roi François I er » lâcha une ordonnance, par laquelle il fut prescrit, et sous peine de la hari ( i ), à tout bourgeois , paysan et vilain , de se faire raser la barbe, attendu que la barbe longue était la distinction exclusive des nobles et des chevaliers.

BASTILLE. — Cette forteresse fut élevée, disent la plupart des historiens, sous le règne de Charles V ; et ce fut Hugues Âubriot , prévôt de Paris , qui en posa la première pierre , en 1570. Mais il est constant que la Bastille existait avant cette époque, et qu'elle fut seulement rebâtie, par Hugues Aubriot, pour dé-

fi) La Kart est la corde dont on étrangle les criminel*, étrangler un pauvre homme à cause de sa barbe , c'élait v aller roudement. Mais autrefois on «était |>lus brave, qu'aujourd'hui. — Les moines et les ecclésiastiques ne portaient point de barbe, à l'exception des cardinaux qui se regardaient comme princes de l'église. En 1 546, Pierre Lescot, conseiller de la cour et architecte du roi, ayant été pourvu d'un canonicat à Notre-Dame , le chapitre lui fit l'honneur extraordinaire de le recevoir avec sa longue barbe; ce qui dérogeait aux statuts de l'église

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fendre Paris contre les Anglais; puisqu'on lit , dans diverses chroniques anciennes, que sous le règne du mi Jean, père de Charles V, Étienne Marcel , prévôt des marchands de Paris, se réfugia à la Bastille , où il fut tué.

La Bastille n'était d'abord qu'une niasse de fortifications, élevées pour la sûreté de la ville (i); «1k devint bientôt prison d'état, et elle a servi à cet usage jusqu'à sa chute.

— Louis XVI , voulant connaître l'opinion publique, avait chargé le libraire BJaizot, établi sur le grand escalier de Versailles , de lui feire passer les brochures et les pamphlets relatifs aux évéoemens du jour, et de les déposer secrètement dans une cassette, dont lui seul avait la clef. Cet ordre fut exécuté pendant quelques semaines ; mais le baron de Breteuil , qui ne pouvait souffrir que le roi eût la plus légère confiance en tout autre qu'en lui, ayant été informé de ce petit mystère , fit mettre Blaizot à la bastille sous prétexte qu'il faisait un commerce de livres prohibes...

(i) Ces forlifîca lions furent construites aux frais des Parisiens; chaque propriétaire donna, selon ses moyens, de quatre livres à vingt-quatre livres tournois. Les bouaes gens ne savaient pas alors qu'ils se bâtissaient une prison.

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Le roi, ayant trouvé sa cassettevi de pendant quelques jours, et ne voyant plus paraître Blaisot, envoya chez lui, et fat très-surpris d apprendre qu'il était détenu par son ordre à la Bastille.

Le libraire vivait, pour son bonheur, sous un roi ami de la justice. Louis XY1, indigné de cet abus de son autorité, manda aussitôt le baron de Bréteuil, le traita avec la plus grande sévérité, lui ordonna de rendre sur-le-champ la liberté au malheureux Blaizot, de le dédommager à ses frais du tort qu'il lui avait fait ; et ce ne fut qu'à la considération de la reine, qui intervint en faveur du ministre, que le roi voulut bien borner là sa punition (1).

— Quelques jours avant l'attentat de Damiens sur la personne de Louis XV, un Lyonnais, qui s'en retournait dans son pays, coucha dans une auberge où il entendit, à travers une cloison, tout le complot formé contre le roi. Cet honnête homme rebroussa chemin aussitôt, gagna Versailles en toute bâte, révéla au premier ministre tout ce qu'il avait entendu, et reprit sa

(i ) Paris , V °rsailles et les provinces au dix-huitième siècle. Tome /*'.

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