‹ Dictionnaire féodal ou recherches et anecdotesChapitre 27 sur 76 · G BAN · texte numérisé non relu

G BAN

d'obliger tous ses vassaux et serfs à s en servir exclusivement , et à lui payer une certaine somme, toutes les fois qu'ils s en servaient.

Ce four, ce moulin, ce pressoir étaient banaux (i), parce que tous les vassaux y allaient, et qu'ils ne pouvaient moudre leur blé , cuire leur pâte, et faire leur vin, qu'au moulin, au four et au pressoir.de leur seigneur.

Bien plus, si les vassaux, sujets à la banalité, achetaient du pain hors de la juridiction de leur seigneur, ils lui payaient, pour ce pain, les mêmes droits que s'ils s'étaient servi du four et du moulin banal.

Les évêques de Paris avaient anciennement des fours banaux , dans la rue du Four et dans la rue de V Arbre-Sec ; et l'évêque Jean Courtecuisse les faisait encore bien valoir au commencement du quinzième siècle. ? .

En i2a5, Philippe-Auguste avait permis aux boulangers de Paris d'avoir des fours chez eux et dy cuire, en payant au roi neuf sous six deniers par an. Philippe-le-Bel renouvela cette permission en i3o5; mais, en 1402, l'évêque de Paris obtint une sentence des requêtes du pa-

(1) Ainsi nommés du mot ban, ou publication arec injonction de quelque peine ou amende.

lais qui lui donnait la possession exclusive des fours. \

Les seigneurs avaient aussi le droit d'établir, dans leurs domaines , des boucheries banales , et il était défendu aux bouchers de vendre leurs viandes ailleurs que dans ces boucheries (1). Le seigneur avait, de droit, les pieds et la langue de toute bête tuée dans sa juridiction, à l'exception des langues de véau, que la féodalité a respectées. — On voit par là que quelques bêtes avaient aussi leurs privilèges.

Les évêques de Paris avaient des moulins banaux, où ils faisaient élever des ânes. Quelques-uns de ces moulins étaient sur la rivière , d'autres au vent, dans les environs de Montmartre et de Clichi. Quand l'évèque les allait visite?, avec ses clercs, le fermier du moulin était tenu de leur prêter ses ânea pour, la promenade; et les Parisiens voyaient souvent ces moines et ces 4nes rentrer—gravement à Paris les uns sur ies autres.

— La banalité des fours > des moulins etldes pressoirs existait encore dans plusieurs provinces, au moment de la révolution; et les sei-

(i) Fréroajfvilie , des Banalités, tome II, sect. H.

gneurs ne négligeaient pas ces moyens d'asservissement et de rente perpétuelle.

Lorsqu'on parla de donner aux Français une liberté universelle, les habitans d un gros village voisin de Reims firent une pétition à l'assemblée constituante , pour la prier d'accélérer le moment tant désiré de la liberté de la presse, parce que les chanoines du lieu avaient un pressoir banal dont la jouissance coûtait trop cher aux habitans...

BANC. — Les seigneurs avaient le droit de placer leur banc dans le lieu le plus honorable de l'église , et même dans le chœur. Une foule de titre féodaux portent que Monseigneur aura dans l'église le premier banc, et la plus belle place, en sa qualité honorifique de haut justicier

BAN VIN. — Un seigneur, un évêque, un prince avait le droit de banvin dans une ville, ou dans une seigneurie , quand il fallait s'adresser à lui pour avoir la permission de crier du vin et d'en vendre.

Au treizième siècle, le bourg de Saint-Germain-l'Auxerrois, c'est-à-dire, tout ce qui était alors bâti au nord de Paris, hors de, l'île de la

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