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ayant besoin d'argent , assembla les e'tats généraux; il y appela le peuple , et donna le nom de tiers-état aux députés de cette partie de la nation, à qui on fit acheter cette faveur, comme ditPasquier, par une infinité de subsides jusqu'alors inconnus enFrance. « Et le roturier, contre » l'ancien ordre deFrance, ne fut a j outé à cettéas-
» que sur lui : invention grandement sage... ! »
— Quand le roi Jean convoqua les états généraux , on établit une capitation sur tout le peuple, en proportion des biens de chacun.
Les riches donnèrent, cette année-là, le cinquantième de leurs revenus; les laboureurs et les pauvres gens , le dixième , pour subvenir aux besoins du royaume...
— Les états généraux ont été rassemblés en France douze ou treize fois depuis Philippe-le- Bel; et le peuple ri y a guère panique pour porter de nouvelles charges. On sait quels résultats ont produits les états généraux convoqués par l'infortuné Louis XVI. On connaît ces disputes que le clergé et la noblesse élevèrent sur les préséances ? ces refus de contribuer avec le peuple au soulagement de l'état, ces crises de vanité et d'orgueuilqui accélérèrent la révolution. Il est donc inutile d'en parler ici.
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ÉTIQUETTES. — Ces misérables formalités ont souvent produit, non-seulement des extravagances, mais des malheurs. — Le roi d'Espagne Philippe III, convalescent, après une maladie dangereuse, était assis à côté dune cheminée où Ton avait allumé une si grande quantité de bois, qu'il pensa étouffer de chaleur. Sa grandeur ne lui permettait pas de se lever pour appeler du secours; les officiers en charge s'étaient éloignés , et les domestiques n'osaient entrer dans l'appartement. A la fin , le marquis de Pobar reparut auprès du roi , qui lui ordonna d'éteindre le feu ; mais celui-ci s'en excusa, sous prétexte que l'étiquette lui défendait de faire une pareille fonction , pour laquelle il fallait appeler le duc d'Ussède. Le duc était sorti, et la flamme augmentait; néanmoins le roi soutint la chaleur, plutôt que de déroger à sa dignité; mais il s'échauffa tellement le sang, que le lendemain il eut un érysipèle à la tête , avec des redoublemens de fièvre qui l'emportèrent (1)...
Cette autre anecdote prouvera encore avec quelle rigueur incroyable l'étiquette est observée à la cour de Madrid La reire d'Espagne,
épouse de Charles H, aimait beaucoup à mon-
(ij Le baron de Biçlfeld. Institutions politiques, t. IL
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ter à cheval. Elle voulut un jour essayer un jeune coursier andaloux , qui se cabra et la renversa. Le pied de la princesse s'embarrassa malheureusement dans 1 etrier , et le cheval l'en- . traîna, sans que personne osât la secourir. L'étiquette s y opposait formellement ; car il est défendu , à quelque homme que ce soit , sous peine de la vie, de toucher le pied d'une reine d'Espagne. Charles II , qui était amoureux de sa femme, jetait, du haut d'un balcon, des cris redoublés ; mais l'étiquette retenait les graves Espagnols. Cependant deux cavaliers se décidèrent à délivrer la jeune reine ; et , malgré la rigueur de la loi, l'un. se saisit de la bride du cheval , l'autre dégagea le pied de sa majesté. Ils songèrent ensuite à la peine qu'ils avaient méritée, pour avoir violé une loi aussi auguste, et profitèrent du trouble où l'on était encore pour se sauver. Mais la reine demanda et obtint la grâce de ces deux coupables (i).
— Dansle royaume de Mandoa, l'étiquette défend à qui que ce soit de toucher la tête du prince. Un roi de Mandoa étant tombé dans une rivière, en fut retiré par un esclave, qui
(i) Idem. — Lacombe de Prezel a aussi rapporté ces deux traits , dans son Dict. d'anècd. tome 1er»
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s'était jeté à la nage et lavait saisi par les cheveux. Le monarque n'eut pas plutôt repris connaissance, qu'il appela celui qui levait sauvé ; lui demanda comment il avait osé mettre la main sur la tête de son prince , et lui fit sur-lechamp donner la mort
Quelque temps après, ce même despote, plongé dans l'ivresse, se laissa de nouveau tomber dans une petite rivière où il se promenait en bateau. Une de ses femmes, qui pouvait le sauver , se souvint de l'histoire du malheureux esclave , et fut assez prudente pour laisser périr le tyran , plutôt que de manquer à l'étiquette (i)
— On peut dire, à l'honneur de la France , que les étiquettes y étaient moins révoltantes;
(i) Abrégé de l'histoire des voyages. — Voyages dans VIndoustan.
Soixante-dix personnes conspirèrent contre l'empereur Basile : il les fit fustiger , et on leur brûla les cheveux et le poil. — Un cerf Tayaut pris avec son bois par la ceinture, quelqu'un de sa suite tira son épée , coupa sa ceinture , et le délivra : Basile fit trancher la tête à cet homme , parce qu'il avait tiré Vépée contre lui. — Qui pourrait penser , dit Montesquieu , que , sous le même prince , on eût rendu ces deux jugemens? ( Esprit des lois, Uv. 6, eh. 16, après l'histoire de Hicéphore. )