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— Ce furent encore ces guerres saintes, où le clergé prenaitpart, qui lui donna ces haines mortelles contre les hérétiques. Nicolas de Pellevé, qui servit le cardinal de Lorraine, dans les affaires de la ligue, et devint évèqued' Amiens, puis archevêque de Sens et de Rheims , et enfin cardinal, détestait si fort notre Henri IV, que, si Ton en croit les contemporains , il mourut de désespoir, en apprenant l'entrée du bon roi dans Paris (i).--.
— Les évêques in partibus sont ceux que le pape a pourvus d'un évêché , dont le territoire est au pouvoir des infidèles. Le saint siège cherche toujours à se persuader que toute la terre lui appartient, puisque, malgré les progrès des lumières , il y a encore des évêques qui ne verront jamais leurs diocèses (Voyez Redevance , Bénéfices , Biens ecclésiastiques , Annates, etc.)
EXCOMMUNICATION. — Dès les premiers siècles de l'église, on excommuniait les apostats, les hérétiques, les schismatiques et les
(i) On fit cette épigramme sur Nicolas de Pellevd :
« Une fois il fit bien , ce fut à son trépas ;
» Dieu l'en a pardonne*, car il n'y pensait pas. »
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grands pécheurs connus. L'excommunication consistait à les priver , non-seulement des sacremens, mais encore de l'entrée dans l'église, et de tout commerce avec les fidèles. On ne mangeait point avec eux , On ne leur parlait point, on les fuyait comme des gens frappés d'un mal contagieux, jusqu'à ce qu'ils eussent fait une pénitence publique.
Ces pénitences étaient très-sévères. Saint Basile prescrivait deux ans de jeûnes , d'austérités et de prières pour le larcin j sept ans , pour la fornication ; onze, pou*r le parjure ; quinze, pour l'adaltèré; vingt, pour l'homicide ; foute la vie , pour l'apostasie (r).
Mais on modifiait ces années de pénitence* Par exemple, la personne qui avait commis un adultère, était obligée de pleurer pendant fcfuatre ans à la porte' de 1 église. Les cinq années suivantes, on lui permettait d'entendre les sermons. Mais elle ne pouvait prier dans l'église avec les fidèles qu'au bout de neuf ans. Encore fallait-il qu'elle se tint prosternée pendant tous les offices , à l'exception des deux dernières années*, où le pénitent pouvait rester debout (2).
(1) Fleuri. Mœurs des chrétiens, 24 et 25.
(2) Idem y ibidem. '
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— Dans la suite, la cour de Rome réserva les excommunications pour les hérétiques, et pour les princes qui osaient désobéir au saint siège. On put se racheter des autres crimes avec de l'argent, comme : Qn pouvait bien aussi se racheter de l'excommunication , moyennant finances.
—On sait que l'église prie pour le$ hérétiques, pôur les schismatiques, etimênie pour les infidèles (i). Ce qu'il y a de remarquable , et ce qui prouve que la faiblesse et l'inconséquence sont le partage de la triste humanité , ; c'est qu'auprès avoir prié Dieu pour ceux que l'on croit ses ennemis , on lui demande de les humilier et de les punir (2)....
Saint-Foix a fait une observation qui relève encore la même inconséquence. N'est-il pas singulier, dit-il (3) , que les comédiens soient excommuniés en France , tandis que la plupart des théâtres d'Italie portent le nom de quelque saint (4), et que les prélats italiens vont à la comédie et à l'opéra. ! ». . , /
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(1) Idem y ibidem,
(2) Ut inimicos sanctœ ecclesiœ humiliare (tigncris, etc. ( Litanies des saints. )
(3) Essais historiques , tome H.
(4) Le théâtre de Saint-Charles à Naples , celui de Saint-
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— On se rachetait souvent des excommunications avec de l'argent, du temps de saint Louis. L'archevêque de Reims, étant mécontent des habitans de son diocèse, les excommunia tous ensemble , et leur vendit ensuite leur absolution (1). (Voyez Damnation éternelle, etc.)
EXEMPTIONS. — Clovis II avait enlevé de l'église de Saint-Denis quelques lames d'or qui couvraient les tombeaux de saint Denis et de ses compagnons, et avait employé cet or inutile au soulagement des pauvres. Mais les moines se plaignirent (2) ; et ce fut pour les dédommager,
Augustin à Gênes ; celui de Saint-Angelo à Venise , etc,
(1) Preuves des libertés de V église gallicane, tome. II, chap. 36.
(2) Les moines , dans ces siècles reculés , montraient une délicatesse extrême sur tout ce qui concernait leurs intérêts. L'action charitable de Clovis 11 touchait à leur trésor : ils dirent tout haut que Clovis était un prince abandonné à toutes sortes de vices , un débauché , un ivrogne , un brutal, un homme sans cœur, qui n'avait rien fait de bien pendant toute sa vie. Quand ils eurent obtenu ces grands dédommagemens , les mêmes gens publièrent partout que Clovis était un grand roi , sage , vaillant, brave, équitable, plein de religion , et très-agréable a Dieu. ( Saint-Foix : Essaï&histv-. riaues , tome P T . )
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que, dans un concile tenu exprès à Clichy , ce prince déclara l'abbaye de Saint-Denis exempte de toute juridiction; et obtint des évêques assembles qu'elle serait indépendante de Févêque de Paris et de tout autre ; qu'elle ne payerait point de redevances; que ses hommes de corps seraient exempts de tailles envers le roi, etc. (i)
— Au reste , les moines achetèrent dans la suite ces sortes d'exemptions à la cour de Rome ; et Ton peut voir, dans la lettre de Pierre de Blois au pape Alexandre III, que les communautés religieuses pouvaient alors s'affranchir de la juridiction des évèques, en~payant à la cour de Rome quelques onces d'or.
— Avant le règne de Louis VII , quand le roi arrivait à Paris, les officiers attachés à sa personne prenaient des matelas et des meubles, dans la première maison qui se présentait devant eux ; et les bourgeois de Paris étaient obligés de fournir les gens du roi des choses dont ils avaient besoin, pendant leur séjour dans la capitale. Louis VII les en exempta, pour le salut
(i^ê président Hénault. Abrégé chronologique , an 65y. — Sauvai. Antiquités de Paris , liv. X, — Talon. Autorité des rois , 3 e . dissert.
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île son dme f et pour le repos des rois ses prédécesseurs^).
Si l'on a été surpris de l'injustice des exemptions précédentes , on doit être étonné aussi de yoirqueles Parisiens aient souffert si long-temps une coutume ultra-féodale , sans qu'aucun prince ait songé à les en délivrer.
— L'ignorance fut si générale et si grande en Europe , pendant quelques siècles , que les plus grands seigneurs ne savaient pas signer leur nom. En Angleterre, afin d'inspirer à la nation quelque goût pour . l'étude , on faisait grâce à un criminel qui savait lire et écrire. « Personne ne peut prévoir ce qui lui arrivera dans le cours de sa vie , disaient les pères à leurs enfans : peut-être vous trouverez - vous un jour dans le cas d'être pendus; ainsi il est bon d'apprendre à lire et à écrire (2). »
— « L'an i54o, le jour de saint Mathieu, » l'empereur Charles-Quint , allant de nuit au- » devant de son frère qui arrivait à Bruxelles , » fit lever un paysan, pour lui servir de guide » jusqu'à cette ville qui était proche. Le pay- » san , persuadé qu'il avait affaire à quelque
(0 Immunitas Lud. VH* anni 1 165. Hist. de Paris. . (a) Saint-Foix. Essais historiques , tome s.
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» seigneur , et comptant sur une petite recon- » naissance, sortit avec une lanterne; et s'a- » dressant à l'empereur, il lui demanda son » nom. L'humeur gaie et grotesque du paysan » plut tellement à Charles-Quint , qu'il lui réw pondit qu'on l'appelait Charles.
» Ayant ensuite fait quelques pas, et se sen- » tant pressé de lâcher de l'eau , le paysan dit a m l'empereur de tenir la lanterne , jusqu'à ce » quil eûtjait. Mais pendant qu'il était en be- » sogne , il lui échappa un certain bruit , qui » obligea le prince de lui dire en riant : Tu » pètes, camarade? — Oui dà, répliqua le pay- » san , il n'y a si bon roussin qui ne pète en pis- » sont ; et c'est mon habitude de péter quand je » pisse*.
» L'empereur s'amusa le soir et le lendemain » de cette naïveté. Il voulut même faire voir » le paysan à sa sœur, et lui envoya dire de » venir à la» cour. Le paysan sonda les replis de .» sa conscience ; et quoiqu'elle ne lui repro- » chat rien, il ne laissa pas de sentir un grand » trouble, lorsqu'on le présenta à l'empereur. » Mais Charles -Quint, s'étant fait reconnaître » pour celui à qui il avait fait tenir sa lanterne, » se divertit quelques instans de son embarras , » et lui dit enfin que, pour le passe-temps quil