‹ Dictionnaire féodal ou recherches et anecdotesChapitre 63 sur 76 · EXE · texte numérisé non relu

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» lui avait donné , et en mémoire de son pet >i et de sa lanterne , il l'exemptait polar touy> jours de toutes tailles , impôts y subsides ,< Ich ii gemens de soldats, etc. (ï) >j

À quoi tiennent les choses de cette vie? G'est à un pet que ce paysan dut quelques jours d'aisance, et un privilège qui était très-doux en ce temps-là !

— Un bourgeois de Paris- fut interdit civilement, parce qu'il était devenu fou. Sa femme lui fut nommée curatrice , et alla demeurer avéc lui à la campagne, dans l'espoir qu'un air plus pur lui rendrait peut-être la raison. Mais le bourgeois ne recouvra point son bon sens ; et au bout de quelque^ années , on Fimposa aux tailles, comme les autres paysans. La femme porta ses plaintes par-devant les tri- * bunaux, et par un arrêt très-remarquable, daté de septembre i654, il lui fut permis d'habiter la campagne , et de ne point payer d'impositions , à cause de la démence de son mari qui> ne jouissant pas des avantages de la vie civile> ne devait pas porter les charges publiques. On

(1) La vie et les actions de V empereur Charles-Quint,

far Judocus de Grieck, tome II, chap. 2.

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lui restitua même le quart des tailles de Tannée courante, quelle avait déjà payées....

Il faut convenir que cette dame sut intéresser bien vivement ses juges , et que la foJie est bonne a quelque chose ; ou ces juges étaient donc des gens bien équitables et bien judicieux ; car on ne peut guère donner en France de privilèges aux fous , que les droits communs

à tous les Français. ( Voyez Privilèges).

FÉLONIE. — La félonie féodale était une offense faite par le vassal k son seigneur , d'une manière un $eu grave. Par exemple , quand le vassal ou le serf avait menacé de battre son sei- * gneur, ou sa femme, ou ses enfans ; lorsqu'il avait injurié ou calomnié les uns ou Jes autres; lorsqu'il avait couché avec la femme de son seigneur; lorsqu'il l'avait embrassée; lorsqu'il avait violé la fille de son seigneur, ou qu'il avait osé lui déclarer une passion amoureuse , etc. : le vassal ou le serf était coupable de félonie , et le seigneur avait le droit de confisquer la petite propriété du serf, et tous les biens du vassal délinquant.

Comme, l'offensé était ordinaireiuent aussi le

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juge, il lui était facile d'agrandir ses domaines, à force de félonies (i). — On a vu cependant bien des vassaux coucher avec la femme de leur seigneur, pendant que ce seigneur couchait avec la femme du vassal, sans qu'il en soit rien résulté de fâcheux ; mais il est probable ' qu'on avait mis la discrétion dans le complot de félonie.

FEMMES. — Le sort des femmes a presque toujours été la servitude ; et, à l'exception de quelques contrées de l'Europe , elles sont encore les esclaves plutôt que les compagnes de leurs maris. Le droit des hommes n'est cependant qu'un droit de force et de violence ; mais ce droit a toujours eu raison.

Il est vrai que la nature accorde aux honila prééminence , et, qu'en donnant aux femmes tant de faiblesse , elle leur interdit la supériorité et toute domination avouée sur notre sexe ; mais parce qu'il leur faut un guide, devraientelles avoir un tyran?

On sait quel est leur sort dans l'Orient : unje prison perpétuelle , un maître farouche et tour . ; 1

(i) Guyot. De lacommise ou confiscation féodale, t. lV r sect. 4. — Duplessi*. Des fiefs , &V. 6 , etc.

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