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nommés gentilhômmes , gentiles , par ce qu'ils se croyaient de plu3 anciennes familles que leurs serfe(i). Apparemment que les serfs étaient dune race particulière, créée postérieurement à la race des nobles ( Voyefc Noblesse, Seigneurs, Droits jéodctux > Privilèges, et la plupart des articles de ce Dictionnaire) t
GIBET* — Piganiol observe que gibet vient dun mot arabe (2), qui signifie une montagne, parce que anciennement, en France, les exécutions se faisaient sur des lieux élevés , afin que l'exemple fût vu de plus loin- Tacite dit que les Germains pendaient à un arbre les trai-' très et les déserteurs, et qu'ils étouffaient dans un bourbier, sous une claie, les poltrons ; les fainéans et. les mignons (3). L'esprit de la loi, dans la différence de ces supplices , était de rendre visible la punition du crime, etd'ense-v velir l'infamie dans un éternel oubli (4). Mais
(1) Gentilis : qui gentem habet. :
(l) Geàely dont les Italiens et les Espagnols ont fait Gibel, et les Français gibet. ( Description de Paris j tome III. ) — On sait que l'empereur Charles-Quint ne passait pas devant un gibet sans se décoiffer et le saluer bien honnêtement*
(3) De ntoribus germanorum.
(4) Saint-Foix. Essais historiques $Ur Paris, tome IL T. I. 17
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on peut être fainéant sans mériter la mort; et un pauvre homme, qui a le malheur d'être poltron , n'est pas toujours un infâme.
Anciennement , chaque seigneur avait sa justice et ses échelles patibulaires. On ne pouvait faire un pas, dans nos campagnes, sans rencontrer un gibet; toutes les places publiques de Pari» en étaient décorées. Outre Montfaucon, la Grève , le Pilori, etc.; l'évéquede Paris, l'abbé de Saint-Germain, le grand prieur du Temple, le prieur de Saint-Éloi , le prieur de Saint-Martin, chaque justicier ecclésiastique ou laïque avaient un ou deux gibets pour leur justice; et, quoiqu'on pût voir tous les jours des pendusattachés à ces. gibets , on ne voit pas que ce spectacle ait fait un grand bien chez nos ancêtres, puisqu'il y avait, dans les temps féodaux, beaucoup plus de crimes que de nos jours , comme il y avait plus de misère et moins de mœurs.
La principale échelle patibulaire de Tévêque de Paris était dressée, dans le parvis de Notre- Dame. Le père du Bréul raconte (i) qu'il y vit exposer un prêtre, ayant au dos cette inscription, en lettres majuscules i Propter formcatio-
» >\ . * . • • * {i) Théâtre des fmUqui& de Paris. ^
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nem ; ce qui dût bien édifier les fidèles du seizième siècle.
En 1406, on exposa à la même échelle un sergent du châtelet, convaincu d'avoir mal parlé de la religion ; et comme il persistait à douter de certains miracles modernes, qu'on voulait l'obliger a croire , l'inquisiteur de la foi le fit brûler au marché aux pourceaux ( « ).
Mais pendant qu'on brûlait les laïques pour leur incrédulité, on ne punissait que de l'exposition et des peines canoniques les prêtres qui se rendaient coupables des crimes les plus éncfrmes. Ainsi, en i4'6, le boiteux d'Orgemont, chanoine de Notre-Dame, fut simplement exposé à lechelle de 1 evêque, et eondamné à un emprisonnement, pour avoir tenté d'assassiner le roi de Sicile , le duc de Berry et tous les amis
(i) Le marché aux pouràeaux, qui s'appelait aussi la place aux chais et 1a fosse aux chiens, était une voirie, située entre la rue dés bourdonnais , la rue Béthisi et la rue Saint-Honoré — Dans ces bons temps, où toutes les tyrannies pesaient sur la France , ce n'était pas assez des seigneurs et des gens piivilégiés , on avait appelé des inquisiteurs qut tourmentaient les < ouscicnccs et brillaient les incrédules. — Hugues Auhriot fut mis dans une basse fosse , au pain et k Keau , par ordre de l'évêque , et à îâ requête de Pmquisiteu* de la foi. ( Sautai , JiV. X. )
a6o ClB du duc d'Orléans. — Cette justice distribuée était tout-à-fait admirable; et nous devons bien regretter ces temps si sages, ces privilèges
si utiles à la nation.
— Le gibet de Montfaucon était élevé sur une éminence de pierre de plâtre, entre le faubourg Saint-Martin et le faubourg du Temple.
Il y avait, au commencement du quatorzième siècle, un autre gibet moins élevé dans le voisinage. On pendait au grand gibet de Montfaucon, pour les grands crimes, et au petit gibet voisin , pour les crimes moinè considérables.
Remi de Montigny , trésorier de France sous Charles-le-Bel, s étant fait une fortune de plus de douze cent mille francs, fut accusé de concussion. Ce crime était d autant plus vraisemblable, qu'en ce temps-là le roi jouissait à peine d'un million de revenu. Montigny fut donc condamné à être pendu au petit gibet.
Mais ayant avoué , au moment de l'exécution , qu'il avait eu des intélligences avec les ennemis du royaume , on le lia bien vite au cul de la charrette qui l'avait amené , et on le traîna au grand gibet de Montfaucon, où il mourut avec plus d'infamie.