MAILLÉ. V. RÉTICULAIRE
MAILLE BOIS (Jean-Baptiste-François Desmarets , marquis de), fils du contrôleur-général Desmarets et petitfils de Colbert, né en 1682, m. en 1762, fut nommé, en 1703, colonel du régiment de Touraine, et apprit l’art, de la guerre sous Villars. En 1708, il se signala au siège de Lille, et fut promu au grade de brigadier. Lieutenant-général en 1731, il commanda, en 1734, une ‘livisioi* de l’armée d’Italie. Ayant été envoyé, en 1739, dans l’île de Corse, il la soumit en moins de trois semaines, et, en 1741, fut créé maréchal. En 1745, il défit les Autrichiens et les Piémontais près d’Alexandrie ; mais, ac tablé par des forces supérieures, il ne put garder le Milanais, et fut enfin battu à Plaisance, 1746. Il fut nommé gouverneur de l’Alsaee après la paix de 1748. Le marquis de Pezay a publié V Histoire des campagnes du maréchal de Maillebois en Italie , pendant les années 1745-46, Paris, 1775 , 3 vol. in-4°, et atlas graùd-in-fol. B.
maillebois (Yves-Marie desmarets , comte de), fils du précédent, lieutenant-général, gouverneur de Douai, et membre honoraire de l’Académie des Sciences, né en 1715, m. en 1791, servit sous son père en Italie, puis participa à la prise de Port-Mahon , 1756. Pendant la guerre d’Allemagne , placé sous les ordres du maréchal d’Estrées , il fut accusé de l’avoir empêché de profiter de la victoire d'Hastenheck ; ayant publié un Mémoire dans lequel il rejetait tous les torts sur d’Estrées , le tribunal des maréchaux le fit enfermer dans la citadelle de Poullens. En 1784, il fut envoyé en Hollande pour soutenir contre la Prusse le parti démocratique. Décrété d’accusatiou , en 1790, pour avoir rédigé un plan de contre-révolution, il s’enfuit dans les Pays-Bas, où il mourut. B.
maillebois, vge (Eure-et-Loir), arr. et à 22 kil. S.- O. de Dreux; 500 hab. Ancienne châtellenie du Thimerais, érigée en marquisat en 1621.
MAILLERAYE ( GUERBAVILLE - L.L-), vge (Seine- Iufér.), petit port de cabotage sur la rive g. de la Seine, près de la forêt de Brotonne, arr. et à 19 kil. S. d’Yvetot; 2,074 hab. Chantiers de construction navale. Eglise des xive et xve siècles. Ancienne seigneurie , érigée en marquisat eu 1698. Il y avait un beau château , avec parc , qu’on a détruit en 1854.
MAILLET (Benoît de) , né à S*-Mihiel en 1656 , m. à Marseille en 1738 , fut nommé , par la protection de Pontchartrain , consul-général de France en Egypte, 1692, et donna une activité nouvelle aux relations commerciales entre ces deux contrées. Il fut ensuite consul à Livourne, 1702, et inspecteur des établissements français dans le Levant et sur les côtes de la Barbarie. On a de lui : Description de l’Egypte , Paris , 1735, in-4° ; Idée du gouvernement ancien et moderne de l'Egypte, 1743 , 2 part, in-12, fig. ; Telliamed , ou Entretiens d'un philosophe indien avec un missionnaire français, Amsterdam, 1748, 2 part. in-8°. Dans cet ouvrage , Maillet, se fondant sur la présence de dépôts et de coquillages dans les montagnes, établit qu’elles se sont formées par la retraite des eaux de l’Océan ; il ajoute que notre globe s’étant rapproché du soleil , ses eaux s’évaporent graduellement , et qu’il viendra un moment où il sera soumis à un embrasement universel ; il admet que tous les animaux, sans en excepter l’homme, sont sortis du sein des mers , et que leur état présent est dû à des transformations successives. B.
MAILLEZAIS , ch.-l. de cant. (Vendée) , arr. et à 13 kil. S.-S.-E. de Fontenay-le-Comte , dans une île formée par l’Autise et la Sèvre-Niortaise ; 840 hab. Il y avait
autrefois une riche abbaye de Bénédictins, fondée en 980, érigée en évêché en 1317 , et supprimée en 1648 ; l’évêché fut transporté à La Rochelle. Henri de Navarre fortifia Maillezais en 1586, et en confia la garde à Agrippa d’Aubigné. On admire auj. les ruines de son château et de sa cathédrale.
MA1LLOTINS , nom donné aux Parisiens insurgés , en 1382 , contre une taxe nouvelle que le duc d’Anjou , l’un des régents de Charles VI , voulait lever sur les comestibles. Ils forcèrent l’Arsenal et la Maison commune , et s’armèrent de maillets garnis de plomb, qu’on y avait laissés. Ils massacrèrent la plupart des percepteurs, et mirent en liberté les prisonniers détenus à Sl-Germain-des-Prés , au Châtelet, et à l’Évêché. Cette révolte ne fut comprimée qu’après la défaite des milices flamandes par les troupes royales à Rosebecque.
MAILLY , famille noble de Picardie , qui remontait au xie siècle, et dont le chef porta le titre de premier marquis de France. Parmi ses membres on distingue : François de mailly , né à Paris en 1658 , m. en 1721 , archevêque d’Arles en 1698 , de Reims en 1710, créé cardinal par Clément XI , et l’un des partisans de la bulle Unigenitus ; — Louis de mailly , marquis de Nesle , prince titulaire d’Orange , commandant de la gendarmerie de France, et qui eut 5 filles, dont les 4 suivantes furent les premières maîtresses en titre de Louis XV : 1» Louise-Julie de maillt de nesle , née en 1710, m. en 1751 , dame du palais de la reine, mariée en 1726 au comte L. -Alexandre de Mailly, son cousin, et déclarée maîtresse du roi en 1736; 2° Pauline-Félicité, née en 1712, mariée en 1740 au comte de Vintimille, et morte la même année; 3» Diane-Adélaïde , née en 1714, mariée au duc de Lauraguais; 4° Marie- Anne , duchesse de Châteauroux ( V. ce mot).
mailly (Jean-Baptiste) , historien, né à Dijon en 1744, m. en 1794, a laissé l'Esprit de la Fronde, Paris, 1772, 5 vol. in-12 ; l’Esprit des Croisades , 1780 , 4 vol. in-12 , ouvrage qui contient de profondes recherches , mais qui ne traite que de la lre croisade; Fastes juifs, romains et français j 1782, 2 vol. in-8°, etc.
MAI-MATSCHIN , v. de l’Empire chinois (Mongolie), sur la frontière du N., vis-à-vis la ville russe de Kiakhta; 3,000 hab. Ville bien bâtie , centre du grand commerce d’échange entre la Russie et la Chine.
MAIMBOURG ( Louis) , jésuite, né à Nancy en 1620 , m. en 1686 , enseigna d’abord les humanités à Rouen, puis fut appelé à la prédication par ses supérieurs. Ses Sermons sont pitoyables ; mais ses ouvrages historiques peuvent plaire encore à ceux que ne rebutent pas les longues phrases et un style diffus. Ils sont, en général, écrits avec feu ; la marche en est rapide, et entraîue, malgré un ton romanesque. On ne peut pas se fier à leur exac I titude. Maimbourg fut dégradé par le général de son ordre,
, parce qu’il s’était déclaré trop nettement pour les doctrines de l’Eglise gallicane. Il se retira, avec une pension du roi, à l’abbaye de Sl-Victor, à Paris. Ses ouvrages ont été recueillis et publiés à Paris, 1686-87, 14 vol. in-l°, ou 20
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vol. in-12 ; ils comprennent les Histoires de l'arianisme, — des j iconoclastes, qui furent vivement critiquées par les jansénistes; celles du Schisme des Grecs , — des Croisades, — de la décadence de l'Empire depuis Charlemagne , — de l'Eglise de Rome , — de Grégoire le Grand, — de St Léon, — du grand schisme d'Occident , — de la Ligue , — du luthéranisme ; celle du calvinisme, qui donna lieu à un des ouvrages les plus fins, les plus spirituels et les plus remarquables de Bayle : Critique générale de l'Histoire du calvinisme du P. Maimbourg. C. N.
MAIAION (Salomon), philosophe juif allemand, né en 1753, à Neschwitz (Lithuanie), m. en 1800, avait déjà acquis, à 11 ans, toutes les connaissances exigées d'un rabbin , et se mit à étudier les livres cabalistiques. Son inconduite lui fit passer dans la misère la plus grande partie de sa vie , et le priva de la protection de son coreligionnaire Mendelssohn. S’étant livré à la philosophie, il devint un adversaire redoutable du système de Kant. On a de lui : Essai de philosophie transcendantale , Berlin, 1790, in-8® ; Commentaire hébreu sur le More Névokim de Moïse Maimonide , ibid. , 1791 , in-4° ; Histoire des progrès de la métaphysique en Allemagne , depuis les temps de Leibniz et de Wolf, 1793, in-8°; Traité de logique , 1794 ; Exposition de la théorie des catégories d'après Aristote, ibid., in-8°; Recherches critiques sur l'esprit humain, ou Tableau des facultés de connaître et de vouloir, Leipzig, 1797 , in-8°.
MAIMONIDE ou MAYMONIDE ( Moses ou Moïse) , célèbre rabbin, né à Cordoue en 1135, m. en 1204, étudia la philosophie et la médecine sous Tophaïl et Averroès , s’enfuit en Egypte dans la crainte de révéler la retraite de ce dernier qui était en disgrâce, et devint médecin du sultan Saladin et de ses successeurs; de là lui vint le surnom d’ Egyptien . Il enseigna la philosophie et la médecine , et l'on venait, des contrées les plus éloignées, le consulter et discuter avec lui. Il s’occupa aussi de mathématiques, de théologie, de langues, et porta la lumière dans la jurisprudence des Hébreux. La grandeur et la beauté de ses doctrines religieuses et morales, et le charme de soi! style, font de lui le Platon du judaïsme. A sa mort, il fut si regretté, que l'année 1208 fut appelée, dans les annales des Hébreux, année de lamentation. Il a composé trente-trois ouvrages, environ, presque tous consacrés à fixer le dogme et la loi morale des juifs. Les principaux sont : Commentaire sur la Mischna ; la Main-Forte , bon abrégé du Talmud ; More Névokim , ou le Docteur des perplexes , ouvrage où il explique comment il faut comprendre les passages ambigus de l’Ecriture sainte, et qui, condamné par les rabbins de Montpellier, fut approuvé par ceux de Narbonne et de Béziers ; les Treize articles de foi , livre traduit dans toutes les langues ; le Livre des Préceptes ; Lettre sur la résurrection des morts; le Guide des égarés, traduit en français par M. Munck, Paris, 1856. Maimonide écrivait ordinairement en arabe, mais il surveillait lui-même la traduction hébraïque de ses ouvrages. Il fait encore autorité aujourd’hui parmi les Juifs.
MAIN DE JUSTICE , espèce de sceptre que les rois de France portaient à la main gauche dans leur grand appareil. C’était un bâton d’une ctudée de haut, terminé par une main en ivoire.
MAINA ou MAGNE , contrée de la Grèce , dans la partie S. de la Morée , entre le golfe de Coron à l’O. , et celui de Kolokythia à l’E. Pays montagneux et inculte. Les habitants , au nombre de 60,000 , sont appelés Maïnotes , et prétendent descendre des Eleuthéro-Laconiens. Leur ardent amour de la liberté, qui les a toujours rendus indomptables aux Turcs , semble en effet leur venir des fiers Lacédémoniens ; aussi furent-ils des premiers et des plus braves dans la lutte pour l’indépendance de la Grèce. Ils étaient alors organisés militairement, sous l’obéissance de capitaines, soumis eux-mêmes à un chef suprême qui, jusqu’au xviie siècle , fut un descendant des Comnène. Beaucoup malheureusement se laissent aller au brigandage et à la piraterie. Ce pays est maintenant compris dans les éparehies de Laconie et de Basse-Messénie ; Maïna, Kolokythia, Chimova, et Platza sont les principales villes.
MAINA RDO. V. Arlordo.
MAINCY, vge (Seine-et-Marne), arr. et à 4 kil. N.-E. de Melun; 1,050 hab. Magnifique château de Vaux, construit en 1653 par le surintendant Fouquet; Le Vau en I dressa les plans, Le Nôtre dessina les jardins, et Le Brun | peignit les panneaux et les plafonds; la dépense s’éleva à | 18 millions de fr. Ce château devint ensuite la propriété i du maréchal de Villars , il appartient auj. à la famille de ! Choiseul-Praslin.
MAINE DE BIRAN (Marie-Erançois-Pierre-Gonthier), métaphysicien distingué, fils d’un médecin, né à Bergerac
en 1766, m. en 1824, fit ses études à Périgueux, et fut quelque temps garde-du-corps de Louis XVI. Retiré, après le licenciement de son corps, dans un domaine qu’il possédait près de Bergerac, il y échappa aux dangers de la Révolution. Là, dans la solitude, il se livra à l’observation intérieure, et commença une série d’études poursuivies pendant toute sa vie, et qui lui ont mérité le rang du psychologue le plus original et le plus profond de l’école française au xix' siècle. En 1797, le dép. de la Dordogne le porta au conseil des Cinq-Cents. Pous-préfet de Bergerac, sous le 1er Empire, membre du Corps législatif en 1811 et 1H13 ; questeur de la Chambre des députés en 1814, il se montra royaliste éclairé, et défenseur modéré des droits de la couronne. Pendant les Cent-Jours , il se tint à l’écart, redevint, en 1815, député et questeur, ne fut pas réélu en 1816, devint alors conseiller d’Etat, et, en 1818 redevint député, fonction qu’il conserva jusqu’à sa mort. Maine de Biran occupe une place à part dans la philosophie ; le premier, il rompit avec l’école de Condillac au sein même de cette école, et fonda une nouvelle philosophie réellement française et indigène. D’autres, plus tard, comme Royer-Collard et M. Cousin, professèrent ou écrivirent sous l’influence des doctrines écossaises ou allemandes ; lui, il avait déjà commencé la réaction et ressuscité le spiritualisme, en partant uniquement de l’observation intérieure, et par les procédés de l’investigation scientifique. De là l’originalité et la solidité de ses idées; de là aussi ce qu’elles offrent d’étroit et d’incomplet. Toutes ses recherches portent sur la psychologie ou sur l’étude de l’âme par la conscience ou le sens intime. Or cette étude est, pour l’école française du xix6 siècle, la base de toutes les sciences philosophiques. Nul n’a mieux prouvé par son exemple, que Maine de Biran, la fécondité et la portée de cette méthode et de cette science. Dans un Mémoire sur cette question ; Ce qu’est l'influence de l'habitude sur la faculté de penser, 1803, in-8°, couronné par l’Institut, il distingue, dans l’âme, des habitudes passives, et des habitudes actives. Les sensations, les impressions, s’émoussent et s’affaiblissent par leur répétition, tandis que l’habitude aiguise, la pensée fortifie la volonté, rend les actes plus faciles et plus rapides. Cette seule distinction renverse le système de Condillac, et ouvre la voie à une nouvelle théorie des connaissances humaines, diamétralement opposée à la théorie sensualiste : car, ici, le principe de toute connaissance est l’activité, inhérente à l’âme et constituant son essence. Cette idée se développe dans une série de travaux, où l’auteur montre autant de force et de pénétration d’esprit que d’originalité. Voici les points principaux de sa doctrine psychologique : 1° On a méconnu toute l’étendue et la portée de la conscience et de l’observation intérieure. Locke lui substitue l’expérience des sens ; Descartes regarde trop l’âme comme un objet de la raison; de Biran restitue au sens intime, non-seulement les faits, mais les idées et les questions qui lui appartiennent; l’âme a des idées dont elle seule est l’origine, et dont on chercherait vainement ailleurs la véritable source. Ce sont, avec l’idée de l’activité, celles de force ou de causalité, de liberté, d’unité. Les problèmes de la spiritualité et de la liberté de l'âme sont ainsi enlevés au raisonnement et à la métaphysique, pour être rendus à la conscience et au sens intime qui en décide souverainement. C’est peut-être le plus grand service que de Biran ait rendu à la philosophie ; 2° il a fait sortir la théorie tout entière de la connaissance, de l’activité volontaire ou de l’effort continu dans l’attention; il distingue d’abord des perceptions ou des impressions vagues et confuses, comme celles de l’animal ou peut-être de la plante, et qui constituent la vie sensible ou animale, puis la connaissance véritable, qui a conscience d’elle-même, et qui n’est possible que par un acte d’attention et de volonté, c.-à-d. de réflexion. C’est la vie de l’intelligence dont le principe est l’activité personnelle. Par là est créé le moi dans l’homme, la personne. La connaissance se développe par l’activité de l’esprit, qui distingue, abstrait, et forme des idées générales en comparant les objets. Mais à côté de ces connaissances, nous trouvons en nous d’autres idées, universelles et absolues, que l’activité personnelle ne peut produire, qui restent indépendantes du moi. Ces idées apparaissent à l’âme et ne la constituent pas; elles nous conduisent à un principe distinct du moi, et qui pourtant est doué de personnalité, au lieu d’être une pure substance comme le veut Spinosa. Dieu est le principe de ces idées, comme les corps sont la cause des impressions qui viennent de nos sens. Pour compléter cette théorie, deBiran, dans les dernières années de sa vie, reconnaît, dans la volonté humaine et dans
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t’effort qui la caractérise, un côté faible et borné qui l’oblige à recourir à une force supérieure sur laquelle la nôtre est appuyée, son soutien et sa puissance véritable, sans qu’elle perde néanmoins la conscience de sa liberté et de sa personnalité distincte. 11 arrive ainsi à des conclusions qui le ramènent, sam sortir de l’observation intérieure et des voies de la science, sur les traces du christianisme. Il est facile de reconnaître aussi une analogie entre toutes ces vues et celles de Leibniz, quoique de Biran reste exclusivement sur le terrain de la psychologie. On l’a aussi comparé, pour le principe et le fond de sa doctrine, il Fichte, dont il a probablement ignoré le système; mais il n’y a rien de commun entre les procédés et le système du métaphysicien, du continuateur de Kant, et la doctrine et la méthode du psychologue français. M. Cousin a recueilli et publié, sous le titre d 'OEuvres philosophiques de Maine de Biran, Paris, 1841, 4 vol. iu-8°, des écrits donnés par l’auteur lui-même, et des Fragments inédits ont été insérés dans la Bibliothèque universelle de Genève, par M. Naville, dont on a un ouvrage intitulé : Maine de Biran, sa vie et ses pensées , Paris, 1857, in-12 ; et OEuvres inédites de Maine de Biran, Paris, 1859, 3 vol. in-8°. B — D.
maine , riv. de France, prend sa source à 35 kil. N.-E. de Napoléon-Vendée (Vendée), et se jette dans la Sèvre- Nantaise, à 4 kil. N.-O. de Monnières (Loire-Inférieure). Gours de 50 kil.
maine, riv. de France (Maine-et-Loire), se forme de la réunion de la Sarthe et de la Mayenne, à 3 kil. N. d'Angers, traverse cette ville, et se jette dans la Loire, à 10 kil. au-dessous d’Angers. Elle est navigable.
MAINE, Cenomanensis pagus, anc. prov. de France, à l’O . ; entre la Normandie au N., la Bretagne à l’0., l'Anjou au S. -O., la Touraine au S., l’Orléanais à l’E. ; ch.-!., le Mans. Le Maine formait, avec le Perche, le grand-gouvernement de Maine-et-Perche. On le divisait en Haut-Maine ou Maine méridional , auquel était joint le comté de Laval, et en Bas-Maine ou Maine septentrional. Il a formé les départ, de la Sarthe et de la Mayenne. — Jadis habité par les Cénomans , le Maine fit partie , sous les Romains , de la 3° Lyonnaise. 11 forma, au xe siècle, un comté héréditaire, qui fut ensuite compris dans les domaines des comtes d’Anjou, et porté à l’Angleterre par l’avénement d’Henri Plantagenet au trône de ce pays, 1154. Conquis sur Jeansans-Terre par Philippe-Auguste en 1203, il fut donné par Louis IX à son frère Charles d’Anjou; puis passa par mariage, avec l’Anjou, à Charles de Valois, dont un descendant obtint ces deux provinces en apanage. Cette seconde maison de Valois s’éteignit en 1481, et le Maine fit retour à la couronne de France. Henri II le donna en apanage à son 3e fils (depuis Henri III); celui-ci le céda à son frère François d’Alençon, à la mort duquel il rentra dans le domaine royal, 1584. B.
maine, un des Etats-Unis de l’Amérique du Nord, à l’extrémité N.-E., ch.-l., Augusta; borné au N. par le Canada, à l’E. par le Nouveau-Brunswick, à l’O. par le New-Hampshire, et au S. par l’océan Atlantique; entre 69° 10'- 73° 20' long. O., et43°-47°25' lat. N.Superf., 90,500 kil. carrés; 450 sur 200. Pop., 628,276 hab. Climat sain, froid au centre et au N. Côtes basses, découpées, bordées d’iles. Sol élevé et accidenté, arrosé par le Saint-John, le Penobscot, le Kennebeck, et fertile en céréales, chanvre, tabac, coton. Belles forêts. Mines de fer, carrières de pierres. Pèche de la morue et du maquereau. Cet Etat est divisé en 13 comtés. — Des Français fondèrent, en 1625, les premiers établissements sur ce territoire qu’ils appelèrent le Maine, de la prov. française de ce nom. Annexé au Massachussetts en 1652, il fut, en 1819, constitué en Etat de l’Union, représenté au Congrès par 2 sénateurs et 5 membres de la Chambre des représentants. Le gouverneur est élu pour un an par le peuple, et assisté d’uu conseil de sept membres nommes par la législature. Celle-ci, élue aussi pour un an, par le peuple, se compose de trente et un sénateurs, et de cent cinquante et un représentants. Tout citoyen résidant, âgé de 21 ans, et payant des impôts, a droit de suffrage. O.