MAINE ORIENTAL OU MAIN (EAST-) V. EAST-MAIN
maine ( Louis- Auguste de bourbon, duc du), fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan, né en 1670, marié à Anne-Louise de Bourbon , petite-fille du grand Condé, m. en 1736. Aimé tendrement de Louis XIV et de Mmc de Maintenon , il parut d’abord appelé à la pins haute fortune, fut nommé successivement comte-pair d’Eu , grand-maître de l’artillerie, colonel des Suisses, premier lieutenant-général, déclaré habile à succéder au défaut des princes du sang (édit royal de 1714), et mémo
chargé de la tutelle du jeune Louis XV, 1715. Mais, après la mort du roi , le régent , Philippe d’Orléans, lui enleva toutes ses prérogatives, et le réduisit, par arrêt du parlement (août 1717), au titre et au rang de pair de France. Le duc, et surtout la duchesse du Maine, emportée et ambitieuse, essayèrent de se venger, en entrant dans la conspiration de l’ambassadeur espagnol Cellamare, 1718; mais ils furent arrêtés et jetés en prison , l’un à Dourlens, l’autre à Dijon , après la découverte du complot. Le duc du Maine se réconcilia plus tard avec le régent ; et sa femme, retirée à Sceaux, y tint pendant longtemps une cour brillante, rivale de celle de Versailles, et le rendezvous des beaux-esprits de cette époque. Elle mourut en 1753, à l’âge de 77 ans. G.
maine (Anne-Louise de bourbon, duchesse du). V. l’article précédent.
maine-et-loire, départ, du N.-O. de la France; ch.-l., Angers ; formé de presque tout l’anc. Anjou; entre les dép. de la Mayenne au N., de la Sarthe au N.-E., de l'Indre-et- Loire à l’E., de la Vienne au S.-E., des Deux-Sèvres au S., de la Vendée et de la Loire-Inférieure à l’O., de l’Illeet-Vilaine au N.-O.; superf., 712,562 hect.; pop., 32,325 hab. Arrosé par la Loire, l’Authion, la Mayenne, le Loir, la Sarthe, la Maine, leThouet, la Sèvre-Nantaise. Pays de plaines, inondé annuellement sur tous les bords de la Foire ; fertile en céréales, vins blancs estimés, chanvre et lin, melons, pommes dé terre, etc. Horticulture très-avancée, favorisée par la douceur du climat. Elève de moutons, bœufs et porcs. Marais à sangsues. Grande exploit, d’ardoises; on compte 12 carrières principales : la Paperie, les Fresnays, le Grand-Bouc, la Gravelle, les Petits-Carreaux, l’Union, le Buisson, Monthibert, la Porée, A vrillé, la Pouëze, les Grands-Carreaux. Elles emploient 1,800 ouvriers, plus de 100 chevaux, une vingtaine de machines à vapeur, et , en 1847, elles ont produit 170 millions d’ardoises. Carrières de marbre, granit, grès, pierres de taille, pierres à chaux. Fabr. de toiles, cotonnades, lainages, liûge de table, flanelles, mouchoirs, etc. Ce départ, forme le diocèse et dépend de la cour impériale d’Angers.
MAINFROI , roi des Deux-Siciles. V. Manfred.
MAIN-FERME, terme de l'anc. droit français, qui a eu plusieurs acceptions : une terre en possession de mainferme était , tantôt celle qui ne devait au seigneur qu’une rente et le service d’échevinage, tantôt celle qui était concédée à vie ou héréditairement , à charge d’un cens et sous certaines conditions, ou enfin une terre prise à bail. Dans le Cainbrésis, la main-ferme était un alleu.
MAINLAND , île de l’océan Atlantique, la plus grande du groupe des Shetland , par 59° 45’-60® 55’ lat. N., et 3° 30’-4° 26’ long. O.; 138 kil. sur 55; 16,000 liab. Ch.-l., Lerwick. Sol montueux et peu productif. Exploit, de fer et de cuivre.
maïnland, une des îles Orcades. V. pomona.
MAINMORTE (Gens de) ou Mainmortables, nom donné, dans l’anc. France, aux habitants de certains lieux qui étaient dans une espèce de servitude. Après la mort d’un chef de famille de cette condition , le seigneur avait le droit , dans certaines provinces, de prendre le meilleur meuble (le meilleur catel) du défunt; s’il ne trouvait rien, on lui offrait la main droite coupée du mort , pour marquer qu’il ne servirait plus. Suivant d’autres jurisconsultes, le nom de mainmorte serait venu de ce que les biens qui en étaient frappés étaient morts pour le tenancier et appartenaient de droit au seigneur. Ce qu’un rnainmortable acquérait ne lui appartenait pas, et ne pouvait être transmis à ses enfants. Le mariage d’un mainmortable avec une femme libre entraînait celle-ci dans la même condition ; l’homme libre qui épousait une femme mainmortable, devenait aussi mainmortable, lui et sa postérité. Le titre de propriété du mainmortable se réduisait à une espèce de bail perpétuel , sous la condition de ne pouvoir ni hypothéquer ni aliéner, et à charge de retour au seigneur, en cas de mort ou de passage du possesseur à la liberté. L’héritage de mainmorte se perdait par l’absence ; le possesseur était obligé de l’habiter. Louis XVI abolit la mainmorte dans ses domaines en 1779. L’Assemblée constituante la supprima complètement en 1790. — On appelait aussi gens de mainmorte ceux qui ne pouvaient rendre les services auxquels les fiefs obligeaient ; par exemple, les corps et communautés, tant ecclésiastiques que laïques (évêchés, chapitres, commanderies, couvents, hôpitaux, fabriques, communes, etc.), qui sont perpétuels, et qui , par une subrogation de personnes , étant censés être toujours les mêmes, ne produisent aucune mutation par mort. En 1747, un édit, rendu sur le rapport de Machault, interdit aux gens de mainmorte de recevoir ou
MAI
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d’acquérir de nouvelles propriétés, sans y être autorisés par lettres -patentes enregistrées dans les cours souveraines. B.
MAINOTES. V. Maïna.
MAINTENANCE (Droit de). V. Henri VII d’Angleterre.
MAINTENON (Françoise d’AuBiGNÉ , marquise de), veuve du poëte Scarron , 2e femme du roi Louis XIV, et l’une des personnes les plus distinguées de son sexe , née en 1635 , dans la conciergerie de la prison de Niort, m. en 1719, était fille de Constant d’Aubigné , qui se trouvait alors incarcéré comme coupable d’intelligences avec le gouvernement anglais. Devenu libre , il partit pour la Martinique en 1639, et y mourut en 1645, en laissant sans aucune fortune sa famille qui l’avait suivi. Sa veuve revint en France avec deux enfants , et trouva , dans sa détresse, un asile chez Mme de Villette , sa belle-sœur. A 11 ans, Françoise d’Aubigné, élevée dans le calvinisme , fut , sur un ordre de la cour, remise aux soins d'une autre parente catholique, Mme de Neuillant, qui la traita avec dureté. On la mit aux Ursulines de Niort, puis aux Ursulines de Paris, où elle abjura enfin, sans contrainte. A 17 ans, elle perdit sa mère, et se trouva dans un vrai dénûment. Elle était fort belle ; Scarron , poëte alors célèbre , fut touché des dangers auxquels l’exposerait son inexpérience, et lui offrit de l'épouser. Elle y consentit. Compagne d’un homme qui avait 25 ans de plus qu’elle, et qui était laid, perclus de tous ses membres , mais bon, des plus spirituels, elle fut irréprochable dans cette position délicate, et dans une maison qui recevait la plus noble et la plus séduisante société du temps. Froide et sévère pour elle - même , ayant la passion de l’honneur, et la volonté tenace d’acquérir et de garder une bonne renommée, pleine de réserve en tout, avec un grand fonds de religion, elle soutint admirablement ce rôle difficile, jusqu’à changer le ton de la maison , et même celui du poëte , souvent trop peu contenu. A la mort de son mari , 1660 , Mme Scarron se retrouva dans la misère , obtint de la reine une pension de 2,000 livres, et habita le couvent des Ursulines , avec la résolution bien arrêtée d’être aussi sévère dans le veuvage que dans le mariage ; mais elle conserva ses relations avec le monde, qu’elle charmait de ses entretiens. La mort de la reine-mère , 1666 , lui fit perdre encore une fois sa pension. Mme de Montespan , qu’elle connaissait , la lui fit rétablir, et elle commençait à vivre d’une vie plus retirée, quand cette favorite devenue mère, lui fit proposer d’élever secrètement les enfants qu’elle avait de Louis XIV. Elle accepta , après quelques hésitations , et sur la demande expresse du roi lui-même, et s’acquitta de sa tâche avec un rare succès. Le roi , qui la venait voir dans sa retraite , apprécia insensiblement les grâces et la tournure délicate de son esprit, en même temps qu’un dévouement absolu à ses devoirs. Louis ayant reconnu ses enfants illégitimes , 1673 , ils vinrent demeurer à la cour avec leur gouvernante. Là commença , pour Mme de Maintenon (ainsi que le roi l’appela alors, du nom d’une terre qu’elle avait achetée ) , ce rôle étrange , unique peut-être, d’une femme moralisant, avec toutes les séductions et toute la puissance de l’esprit, la maîtresse d’un roi d’abord, puis le roi lui-même, jusqu’à réussir à le rapprocher de sa femme. On voit ce prince, charmé de ces entretiens tout nouveaux, éprouver une affection d'un ordre particulier, plus mystérieuse, plus religieuse, plus satisfaisante pour la conscience. Par une comparaison de chaque jour, la faveur de Mme de Montespan déclinait, celle de Mme qe Maintenon croissait; et celle-ci, sans calcul, par la force des choses , et par les seuls penchants de sa nature, 6e vit dans la position d’exercer une action morale sur le roi pour son salut. Son chaste passé, ses idées, son orgueil, la portaient à ces hautes délicatesses. Après la rupture définitive du roi avec Mmo de Montespan , Mme de Maintenon se garda bien de prendre sa place ; toute faiblesse la lui eût fait perdre. “ Rien n’est plus habile, a- 1- elle dit, qu’une conduite irréprochable. » La reine mourut en 1683, et, l’année suivante, eut lieu probablement le mariage de Louis XIV et de la veuve Scarron , mariage contracté secrètement, dont il ne reste aucun titre écrit, mais qui n’a jamais été mis en doute, ni de son temps, ni du nôtre. Le roi avait 46 ans, et Mme de Maintenon 49. En prenant ainsi possession de lui , elle l’arrachait aux dissipations scandaleuses qui marquèrent sa jeunesse, et qui auraient dégradé son âge mûr et sa vieillesse. Sans réussir précisément à le convertir à une dévotion de cœur, elle prépara son âme, gâtée par la flatterie, à concevoir des sentiments plus chrétiens, et à supporter noblement les malheurs d’un règne si cruellement éprouvé
vers sa fin. Mme de Maintenon n’eut aucune influence directe sur les choses du gouvernement; elle manquait du génie des affaires, et le comprit, malgré les excitations de Fénelon; et si elle donna souvent au roi des conseils généraux, qu’il lui demandait par condescendance et par affection véritable, en travaillant auprès d’elle, il ne cessa jamais d’agir par lui-même, et de tout décider absolument, avec ses ministres. Elle demeura même à peu près étrangère à la révocation de l'édit de Nantes. Elle avait la vocation du préceptorat, et se trouvait satisfaite d’agir, au nom des principes moraux, sur une âme d’homme et de roi. Mais comme elle avait rompu tous les liens qui rattachaient Louis XIV à sa vie passée, elle fut obligée de se substituer à tout, et de remplir à elle seule cette âme qu’elle avait, pour ainsi dire, vidée ; elle dut se multiplier, avoir, de sang-froid, tout l’esprit, tout l’agrément, toute l’amabilité, toute la fécondité imaginables, pour dissiper, durant les entretiens de trente années, l’ennui le plus intolérable de tous, l’ennui du despotisme timoré. Ce fut là le supplice caché de Mme de Maintenon , et le prix dont elle paya sa grandeur. Mais elle sut se créer une occupation merveilleusement conforme à ses goûts : ce fut la maison de Sl-Louis , à Sl-Cyr, la grande , on pourrait dire la seule affection qu’elle ait ressentie de sa vie. Elle se retirait avec délices dans cette maison , au milieu des jeunes filles nobles élevées par ses soins; elle en rédigea ellemême les constitutions , et se montra la plus sensée , la plus intelligente, la plus parfaite institutrice de femmes ( V. Louis (Institut de Saint) ; peut-être sera-ce un jour sa gloire la plus solide , comme les ouvrages , les lettres, les avis, les instructions qu’elle a laissés sur ce sujet sont la plus forte preuve de son jugement exquis et de son talent naturel pour écrire. A la mort du roi , Mme de Maintenon, âgée de 80 ans, se retira à Sl-Cyr, d’où elle ne sortit plus ; elle y reçut la visite du duc d’Orléans, du duc du Maine, et de tout ce que la cour avait de considérable. Le tzar Pierre le Grand vint l’y voir, en 1717. Elle v mourut et y fut inhumée. Les divers écrits de Mme de Maintenon ont été réunis pour la 1 re fois par M. Th. Lavallée , sous le titre d'OEuvres de Mine de Maintenon , collationnées sur les manuscrits et copies authentiques, Paris, 1856-66, 10 vol. in-12; elles contiennent : Lettres sur l’éducation des filles, 1 vol. ; Entretiens sur l’éducation, 1 vol. ; Conseils aux jeunes filles, 1 vol.; Lettres édifiantes, 2 vol. ; Correspondance générale, 4 vol.; Mémoires, conversations, écrits divers, 1 vol. Auparavant, la plupart de ces écrits étaient isolés et presque introuvables ; on ne connaissait guère que les Lettres, dont La Beaumelle donna une lre édit, en 1752, 9 vol. in-12, en les altérant d’une manière étrange. Néanmoins, tel était encore leur charme , qu’elles furent souvent réimprimées. Le style de Mme de Maintenon se distingue par la simplicité, l’élégance, la justesse et la force jointes à une certaine placidité. Nul écrivain n’a su mieux rendre sa pensée, ni d’une manière plus nette et plus pénétrante. Ses Conseils, et surtout ses Lettres, sont des modèles d’urbanité et de bonté. V. Histoire de Mme de Maintenon et des princip. événements du règne de Louis XIV, par le duc de Noailles, Paris, 1849-58, 5 vol. in-8°; H. Bonhomme, M "e de Maintenon et sa famille , 1863. M — u.
maintenon, ch. -l.de cant. ( Eure -et-Loir ) , arr. et à 18 kil. N.-N.-E. de Chartres, au confluent de l’Eure et de laVoise,sur le chemin de fer de Bretagne; 1,340 hab. Magnifique château, avec parc, dont l’origine remonte à Philippe-Auguste ; il fut reconstruit en partie par Jean Cottereau, trésorier des finances sous Charles VII et Louis XI, et fut acheté, en 1674, par la veuve Scarron, qui prit le nom de marquise de Maintenon. Louis XIV l’embellit ; on y remarque encore les vitraux de la chapelle, l’appartement de Mme de Maintenon, et son portrait par Mignard. En 1684, un immense aqueduc fut commencé dans la vallée près du château , pour amener les eaux de l’Eure à Versailles ; il ne fut point achevé, et n’offre maintenant qu’une belle ruine, composée de 48 arches; sous Louis XV, on y prit des matériaux pour reconstruire le château de Mme de Pompadour à Crécy. Le château de Maintenon appartient aujourd’hui au duc de Noailles. Derrière le parc, la plaine est couverte de monuments druidiques , dits Pierres de Gargantua. L’ église paroissiale de Sl-Nicolas. construite, comme le château, par Cottereau, est un monument curieux.
MAINZ , nom allemand de Mayence.
MAIPO , lieu du Chili, à 70 kil. S. -O. de Santiago, près du fleuve Maipo. Victoire de San-Martino , chef des indépendants, sur les royalistes, 15 avril 1818.
MAIRAN (Jean- Jacques Dortous de), physicien, mathématicien et littérateur, né à Béziers en 1678, m. en 1771, fut reçu à l’Académie des Sciences en 1718, en de-