‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 110 sur 864 · MAIRE (LORD-). V. LONDRES · texte numérisé non relu

MAIRE (LORD-). V. LONDRES

MAIRE DU PALAIS , Major domûs , Magister palatii , Prœfectus aulœ, officier des temps mérovingiens, chargé primitivement de l’administration de la fortune privée du roi , du gouvernement intérieur du palais, et placé à la tête de la hiérarchie de fonctionnaires royaux imitée de l’admiuistration romaine au temps de l’Empire ; il était investi d’attributions judiciaires sur les domaines royaux. Puis il acquit peu à peu une puissance politique : il gouverna, comme tuteur, au nom des rois enfants : Gogon en Austrasie, Landry en Neustrie, Pi-otadius en Bourgogne, sont les premiers qui aient joui d’une autorité aussi étendue. Le maire de Bourgogne, Warnachaire, obtint de Clotaire II , en 614, que la mairie fût désormais viagère, inamovible, et conférée par les grands propriétaires, non plus par le roi. C’est à partir de cette époque qu’on trouve le maire désigné par le nom de subregulus. Depuis Dagobert , la mairie joua un rôle bien différent, en Austrasie d’une part , eu Neustrie et en Bourgogne de l’autre. Les maires d’Austrasie ( Pépin de Landen , Grimoald, Martin, Pépin d’Héristal), étaient de grands propriétaires, et possédaient de vastes domaines dans le bassin de la Meuse : ayant les mêmes intérêts que l’aristocratie, ils furent toujours unis avec elle, et combattirent la royauté, pour faire triompher le vieux système aristocratique de la Germanie’; la royauté fut abolie dès l’an 677, et les maires régnèrent avec le titre de ducs. En Neustrie et en Bourgogne, l’aristocratie territoriale était moins puissante; les maires (Æga, Erchinoald, Ebroïn, Berthaire, Rainfroi), non propriétaires, vivaient par la royauté, tout en la dominant, et détendirent sa cause, qui était aussi la leur, contre les maires et les grands d’Austrasie. Après le triomphe de Pépin d'Héristal sur les Neustriens à Testry, 687^ la mairie devint héréditaire ; de là au rétablissement de la royauté par Pépin le Bref , il n’y eut qu’un pas à faire. B.

MAIRET (Jean), poëte tragique, né à Besançon en 1604, m. en 1686, peut être considéré comme ayant donné en France les premières pièces méritant le nom de tragédies. Chrvseide et Arimand , son ouvrage de début, 1620, était déjà bien préférable, pour la conduite et le style, à tout le répertoire de Hardy. La Sylvie, 1621, eut encore plus de suscès. Mairet servit, en 1625, contre les protes-

tants, sous les ordres de Montmorency, qui l’attacha à sa personne ; après la mort de ce seigneur, il fut pensionne par Richelieu. Quelque temps jaloux des premiers succès de Corneille, il se réconcilia bientôt avec lui. Profitant de son crédit à la cour, il obtint , en 1649 et en 1651 , un traité de neutralité pour la Franche-Comté, et fut résident du parlement de Dole à Paris ; mais un éloge qu’il fit du roi d’Espagne ayant déplu à Mazarin, il fut relégué à Besançon. Un sonnet sur la paix des Pyrénées, quoique médiocre, le remit en faveur ; mais il cessa d’écrire. On a de lui 12 pièces de théâtre, dont les meilleures sont Sophonisbe , 1629, et Cléopâtre, 1630. B.

MAISON (Nicolas-Joseph) , maréchal de France, né à Epinay près Paris, d’une famille de petits bourgeois, en 1770, m. en 1840, partit comme volontaire en 1792,étaitcapitaine dix jours après, combattit à Jemmapes, fut dénoncé et destitué en 1793, rentra à l’armée du Nord, se trouva à la bataille de Fleurus, 1794, puis, attaché à la division de Bernadotte dans l’armée de Sambre-et-Meuse, en Franconie et en Italie, obtint le grade de chef de bataillon. Nommé, en 1799, adjudant-général et aide de camp de Bernadotte, qui était alors ministre de la guerre, il fit la campagne de Hollande en 1800, et reçut une blessure qui le retint inactif jusqu’en 1805. Combattant d’Austerlitz, général de brigade eu 1806, il assista à la bataille dléna, prit Lubeck, et devint, l’année suivante, chef de l’état-major général du 1er corps. En 1808, il passa en Espagne, se distingua à Espinosa, et fut blessé à l’attaque de Madrid. Envoyé en Hollande, 1809, il commanda successivement à Berg-op-Zoom , à Rotterdam , et au camp d’instruction établi à Utreeht. Attaché au 2e corps pendant la campagne de Russie, sa belle conduite aux affaires de Zakobowo, d’Oboyarzowa et de Polotsk, le fit nommer général de division ; dans la retraite, il protégea avec autant de zèle que d’habileté le passage de la Bérésina. En 1813, à la tête du 5e corps, il battit les Prussiens à Mockern , prit Halle et Leipzig, s’illustra aux batailles de Bautzen, de Wachau, et de Leipzig. A la bataille de Wachau, sentant la nécessité d’une grande victoire, il électrisa ses soldats en leur disant: ■< Mes enfants, il faut que nous soyons tous morts ce soir. » Commandant de l’armée du Nord en 1814, il défendit contre des forces supérieures les approches d’Anvers. Ap-ès l’abdication de Napoléon Ier, il adhéra au nouveau gouvernement, qui le créa pair de France et gouverneur de Paris. Il suivit Louis XVIII en Belgique pendant les Cent-Jours. Comblé de faveurs par la Restauration, il garda toutefois une certaine indépendance, soutint les libertés nationales, et refusa déjuger le maréchal Ney. En 1828, on lui confia le commandement de l’expédition de Morée, qui lui valut, à son retour, le bâton de maréchal, 1829. Partisan de la révolution de 1830, il fut un des commissaires qui accompagnèrent Charles X jusqu’à Cherbourg. Un instant ministre des affaires étrangères, il accepta l’ambassade de Vienne, puis celle de Saint-Pétersbourg, 1833, et enfin le portefeuille de la guerre, 1835^ qu’il garda un peu plus d’une année. B.

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