MAISON COMMUNE. P. MAISON -DE-VA.LB
maison de dieu (Ligue de la). V. grisons.
maison égyptienne. Les habitations des anciens Egyptiens étaient vastes, à plusieurs étages, décorées de vestibules soutenus par des colonnes, et entourées de jardins spacieux et fleuris. Des jets d’eau y entretenaient la fraîcheur, et elles ne recevaient l’air et le jour que par de rares fenêtres, garnies de verres coloriés.
maison grecque. Toute grande maison, chez les anciens Grecs, se divisait en 2 parties : l'appartement des hommes ou Andronytis, et celui des femmes, Uynœconylis ou Gynécée, dans l’endroit le plus retiré : sa pièce principale était une grande salle où les femmes travaillaient avec leurs esclaves; à côté se trouvaient le thnlamosr ou chambre a coucher, et Yanlithalamos, qui servait à recevoir les visites. L’Andronytis était séparé de l’appartement des femmes par une cour, ornée d’un portique destiné à la conversation et à la promenade ; ce portique était lui- même précédé d’une série de pièces, entre autres, la bibliothèque et la salle à manger. Chaque habitation, qui n’avait qu’un étage, tirait son jour par des ouvertures pratiquées dans la plate-forme qui lui servait de toit, et l’entrée, gardée par un portier, était la plus souvent décorée d’une statue de Mercure ou d’Apollon Loxias. D — T — R.
maison romaine chez les auc. Romains. Son type caractéristique était l 'atrium (K. ce mot) : toutes les maisons, grandes ou petites, en avaient un. On y arrivait par un couloir venant de la porte de la rue , et a l’entrée duquel on trouvait la loge du portier. Autour de l’atrium ' étaient les pièces de service , principalement les triclinia
MAI
MAI
ou salles â manger, et, au fond, le tablinum ou archives.
* 'et ensemble formait le tout d’une petite maison; dans les grandes, c’en était seulement la partie publique. Alors il y avait, de chaque côté du tablinum, un couloir, prolongement des portiques de l’atrium , qui conduisait dans la partie privée, composée d’un vaste péristyle ( V. ce mol) autour duquel étaient les cubicula, ou chambres à coucher, les ceci , ou salles de travail des femmes , et le sacrarium, oratoire des Lares. Les très-grandes maisons comprenaient encore une basilique, des bains, un splierislerium ou jeu de paume , avec de petits réduits pour les jeux paisibles , et une pinacothèque , ou galerie de tableaux. La cuisine , les écuries ou remises se plaçaient du côté de l’atrium. Il n’y avait qu’un rez-de-chaussée avec un petit étage sous les combles pour loger les esclaves. Les maisons des riches étaient spacieuses à Rome, mais très-petites dans les provinces, à en juger par celles d’Herculanum et de Pompéia. A Rome, les maisons d’habitation en commun avaient de 3 à 6 étages. Dans certaines, les divers étages appartenaient à divers propriétaires. La hauteur réglementaire des maisons fut fixée par l’empereur Auguste à 70 pieds (20”, 74). V. Mazois, le Palais de Scaurus , Paris, 1822 , 2e édit., 1 vol. in-8°; Ch. Dezobry , Rome au siècle d'Auguste, Paris, 1847, 4 vol. in-8°, lettre 9.
maison du roi, nom sous lequel on comprenait, dans l’anc. monarchie française, non-seulement les officiers de bouche, de la chambre, de la garde-robe, et autres de la Maison civile, mais encore la Maison militaire ou les troupes destinées à servir de garde au prince. Au moyen âge, elle s’appelait l’Hôtel du roi. En 1789, les principaux officiers et chefs des divers services de la Maison civile étaient : le grand et le 1er aumônier, le grand maître, le 1er maitred’hôtel, le 1er pannetier, le grand chambellan, les quatre 1ers gentilshommes de la chambre, le grand maître et les deux maîtres de la garde-robe, le 1er médecin, le 1er chirurgien, le grand prévôt, le grand maréchal des logis, le grand maître des cérémonies, le grand écuyer, le grand veneur. La Maison militaire (titre qui date de 1071) comprenait, en 1775 : 1° les quatre compagnies de gardes-ducorps ; 2° deux compagnies de mousquetaires, une compagnie de chevau-légers et une compagnie de gendarmes, appelées la Maison rouge, à cause de la couleur de leur uniforme ; 3° une compagnie de grenadiers à cheval ; 4° une compagnie de gardes de la porte, et une compagnie de cent-suisses. En dehors de la Maison militaire, les gardes de la prévôté de l’hôtel, un régiment de gardes-françaises, et un régiment de gardes-suisses, étaient encore préposés à la garde des rois. Les seuls corps existant encore en 1789 près du roi, étaient les gardes-du-corps, les centsuisses, les gardes de la prévôté, les gardes-françaises, et les gardes-suisses. En 1792, il ne restait plus que ce dernier régiment comme garde spéciale : les 4 autres corps avaient été supprimés. La maison militaire du roi, rétablie en 1814, fut presque complètement remplacée, dès l'année suivante, par la garde royale, et disparut à la révolution de 1830. B.
MAISON-DE-VILLE OU MAISON COMMUNE, nom donné autrefois au corps des officiers municipaux, et au lieu où ils s’assemblaient.
MAISONNEUVE (Louis-Jean-Baptiste Simonnet de), littérateur, né à S'-Cloud en 1750, m. en 1819, fit jouer, en 1785, une tragédie de Roxelane et Mustapha, qui eut un grand succès. Il a publié la Nouvelle bibliothèque de campagne, Paris, 1777, 24 vol. in-12. Ses Œuvres ont été réunies en 1824, in-8°.
MAISONS-ALFORT. V. Alfort.
maisons-Laffitte, vge (Seine-et-Oise), arr. et à 20 kil. de Versailles, 17 de Paris, sur la rive g. de la Seine et près de la forêt de Sl-Germain; 1,856 liab. Station du chemin de fer de Paris à Rouen. Magnifique château bâti par Mansard pour le président de Maisons; il n’en reste que le corps principal; il fut acheté par le banquier Laffitte, dont les successeurs ont morcelé le parc pour y bâtir de petites maisons de campagne.
MA1SSOUR, en anglais Myiore, en hindou Maheshasura, Etat de l’Hindoustan (Deklcan), compris entre le Balaghat et le Beydjapour au N., le Kanara à l’O., le Malabar au S.- O., la prov. de Coimbétour au S., celles de Salem et de Barahmahl à l’E.; par 11» 35’-15» lat. N., et 72® 25’- 76» 20’ long. E. ; 350 kil. sur 300; 3,500,000 hab. Capitale: Maissour. Climat salubre et tempéré ; sol montagneux et assez fertile, dont le riz est la principale production, et où le fer et le sel sont très-répandus. Le radjah de Maissour est tributaire des Anglais, qui ont compris tout ce territoire dans la présidence de Madras , en occupent les places fortes , ont un résident à Seringa-
I patam , et perçoivent la moitié des revenus. — Jusqu'en 1760, le Maissour avait été gouverné par des radjahs héj réditaires, qui en avaient successivement agrandi le ter- ! ritoire. Un ministre habile, Hayder-Ali, s’empara alors du pouvoir; soutenu par les Français, sa puissance s’accrut vite, et il fit aux Anglais une guerre acharnée, qu’il poussa jusqu’aux portes de Madras. Son fils Tippoo-Saëb continua la guerre, et mourut, en 1799, en défendant Seringapatam, sa capitale, assiégée par le général Harris. De cette époque date l’omnipotence des Anglais dans ce vaste Etat.
maissour, v. forte do l’Hindoustan (Dekkan), capitale de l’Etat de son nom, à 14 kil. S. -S. -O, de Seringapatam ; 50,000 hab. Détruite par Tippoo-Saëb en 1787 , elle fut, après 1799, réédifiée par les Anglais.
MAISTRE (Joseph-Marie , comte de) , né à Chambéry en 1753 , d’une famille originaire du Languedoc, m. en 1821 , a conquis, bien qu’étranger, une place élevée dans les lettres françaises. Son père, président du sénat de Savoie , qui était un corps judiciaire , lui fit suivre la car rière Je la magistrature. Le jeune de Maistre devint sub stitut-avocat-fiseal-général en 1774, et sénateur en 1788. Quand la Savoie fut envahie par l’armée française en 1792, il se retira dans la cité d’Aost , puis revint un instant en 1793 à Chambéry, refusa de prêter serment à la république française , et se réfugia à Lausanne , où le roi Victor- Amédée le chargea d’une correspondance politique avec le bureau des affaires étrangères. Sommé de rentrer en Savoie sous peine de passer pourémigré, et de voir ses biens confisqués, il préféra rester fidèle à son roi. Pendant son séjour à Lausanne, il donna deux opuscules qui commencèrent à le faire connaître comme écrivain : Adresse de quelques parents des militaires savoisiens à la nation française, 1794, et surtout Jean Claude Têtu , maire de Montagnolc , district de Chambéry , à ses chers concitoyens , les habitants du Mont-Blanc. Ce dernier ouvrage , publié en 1795 , est un pamphlet contre l’esprit républicain , écrit en style piquant , mais d’une familiarité un peu triviale , afin d’être plus à la portée des masses , que l’auteur voulait pousser à une restauration royaliste. L’année suivante , de Maistre publia : Considérations sur la Révolution française, Neuchâtel , 1 vol. in-8®, livre où éclate et sa haute portée d’esprit, et son talent de grand écrivain. C’est une œuvre de philosophie politique , où il considère la Révolution s’accomplissant suivant les voies de la Providence , et où il cherche , par ses conjectures , à en deviner l’issue. L’auteur montra tant de justesse d'esprit, ou fut si bien inspiré, que les événements ont justifié beaucoup de ses prédictions. Un critique célèbre, M. Sainte-Beuve, réclame pour un philosophe français, pour Saint-Martin (V. ce nom) , la priorité de cette vue providentielle sur la Révolution française. Les Considérations eurent un prodigieux succès. En 1797, de Maistre fut rappelé en Piémont, et vit peu après le roi Charles-Emmanuel IV contraint d’abandonner scs I Etats de terre ferme. Lui-même alors se réfugia à Venise, où il vécut presque dans le dénuement. Le roi l'appela près de lui en 1799, et lui confia la régence de la grande chancellerie de Sardaigne; en 1802, le roi Victor-Emmanuel Ier le nomma envoyé extraordinaire à Sl-Pétevsbourg , où il resta 14 ans, toujours recherché par l’empereur Alexandre Ier et la plus haute société. C’est pendant ce long séjour qu’il prépara ou composa la plupart des ouvrages qui n’ont été publiés qu’après son retour en Piémont. 11 n’y fut rappelé qu’en 1817, avec le titre de ministre d’Etat, chef de la grande chancellerie du royaume. De Maistre avait écrit dès 1809, et publié en 1814, à S'-Pétersbourg, Essai sur les principes générateurs des constitutions politiques et des autres institutions humaines, in-8°, 2e édit., Paris, 1821, dirigé contre la mode inutile et dangereuse, selon lui, de formuler des constitutions. En 1816, il parut de lui, à Paris, le traité Sur les délais de la justice divine d ms la punition des coupables, traduit de Plutarque, avec des ajoutés et des notes, in-8°; 2e édit., Lyon, 1833, in-8°. 11 donna, après son retour à Turin : Du Pape, Lyon, 1819, 2 vol. in-8°; Paris, 1840,in.-12: c’est le développement de l’idée providentielle émise dans ses Considérations sur la Révolution française . le pape étant le représentant de Dieu sur la terre, ses avis et ses directions devraient être écoutés comme émqjiant de la Divinité. Il appuie ce conseil de preuves empruntées à l’histoire, et montre comment, au moyen âge, la papauté a été utile, par son influence générale, à la formation et au maintien de l’ordre social. C'est l’œuvre capitale de De Maistre ; on y trouve un savoir profond, quelquefois disposé trop systématiquement pour le besoin de sa cause, et un style noble, élevé, ferme comme celui d’un homme convaincu, simple et pittoresque en même temps. Ce livre obtint un grand et légitime succès. Les ouvrages suivants de
MAI
MAI
De Maistre sont tous posthumes; ce sont : De l'Eglise gallicane dans ses rapports arec le souverain pontife , Paris, 1821 , in-8®, réfutation de la doctrine gallicane , et attaque directe à Bossuet, à Pascal, à Port-Royal et au jansénisme; les Soirees de St-Pélersbourg , ou Entretien sur le gouvernement temporel de la Providence , Paris, 1821 , 2 vol. in-8®. L’auteur, dans une suite d’entretiens variés, montre que la destinée de l’homme étant faite par Dieu , il taut accepter sans murmurer les maux de cette vie , et tâcher, par la prière , de se rendre digne de la miséricorde divine. Cet ouvrage est le plus célèbre , le plus lu , et peut-être le plus beau de l’auteur; Lettres à un gentilhomme russe sur l' Inquisition espagnole en 1815, Paris , 1821 , in-8® , réfutation historique , et peut-être exagérée , de tout ce que l’on a écrit, avec exagération aussi, sur ce fameux tribunal; Roman de la philosophie de Bacon, où l’on traite différentes questions de philosophie rationnelle, Paris, 1836, 2 vol. in-8®, attaque vigoureuse et satirique contre Bacon, en qui il veut voir le représentant de la philosophie matérialiste moderne; enfin, Lettres et opuscules inédits , Paris, 1853, 2 vol. in-8®, recueil choisi dans une vaste correspondance que de Maistre entretint avec sa famille, ses amis, beaucoup de personnages éminents pendant son séjour à Saint-Pétersbourg, et précieuse par beaucoup de détails sur les événements du temps; le style en est souvent charmant, fin, gai, spirituel et éminemment français; enfin, Mémoires politiques et Correspondance diplomatique, Paris, 1858, in-8°, extraits de ses dépêches pendant sa mission à Saint-Pétersbourg. C. D — T.
MAISTRE (Xavier, comte de), frère cadet du précédent, né à Chambéry en 1764, mort à Saint-Pétersbourg en 1852; il était officier et émigra en Russie, lors de l’invasion de la Savoie par l’armée française, 1792. Peintre de paysage fort distingué, il y vécut d’abord de son talent. Lorsqu’en 1803 son frère arriva en Russie, comme envoyé extraordinaire du roi de Sardaigne , le comte Xavier, présenté par lui au ministre de la marine Tebiechegoff, entra dans l’administration de la marine, puis dans le corps de l’état-major; il fit la guerre en Perse, et devint général-major. Il épousa une demoiselle d’honneur de l’impératrice, et se considéra dès lors comme sujet russe. Ce fut en 1794, que, retenu chez lui aux arrêts pendant 42 jours, à la suite d’une affaire d'honneur, il composa le Voyage autour de ma chambre, Turin, 1794,in-8°, ravissante causerie avec le lecteur, où l’imagination, la grâce et l’esprit assaisonnent, dans une mesure parfaite, une philosophie douce et légèrement rêveuse , qui était encore une nouveauté dans la littérature. Il y ajouta plus tard V Expédition nocturne autour de ma chambre, Paris, 1825, in-18, écrite dans le même ton et avec le même agrément. En 1811 parut le Lépreux de la cité d’Aoste, 1 vol. in-18, c’est un dialogue d'une trentaine de pages , entre l’auteur et un lépreux, véritable chef-d’œuvre ; on y trouve une émotion contenue, une rare simplicité; une pensée fortement religieuse s’en dégage. Vers 1820 parureut en Russie , les Prisonniers du Caucase, et la jeune Sibérienne, 2® édit.; Paris, 1815, in-18. Cette dernière nouvelle est le récit exact, et avec les couleurs les plus vraies, d’une aventure admirable que Mme Cottin avait précédemment gâtée par des embellissements romanesques, et par les fadeurs de son style. C’est avec ce léger bagage que le comte Xavier de Maistre, Savoisien d’origine, et presque Russe par choix, s’est fait un nom dans les lettres françaises. Il est parmi ces écrivains délicats et exquis, qui plaisent aux gens de goût, aux femmes surtout, et dont les ouvrages reposent des livres plus sérieux, sans qu’il y ait à déchoir en les aimant. Xavier de Maistre forme ia transition entre Bernardin de Sl-Pierre et les conteurs les plus aimables de notre temps. Le comte Xavier, durant son court séjour à Paris, en 1839, reçut d’un éditeur, qui réimprimait ses OEuvres complètes, la prière d’y vouloir bien ajouter quelque morceau; le vieillard s’en excusa dans une longue lettre qui estun modèle d’atticisme, et recommanda, comme compensation, les ouvrages de Topffer, alors inconnu en France. Cette prédilection peut nous servir encore à classer Xavier de Maistre. Ajoutons qu’il s’occupa aussi de chimie, et qu’il adressa à l’Académie des sciences de Tiirin des Mémoires estimés, spécialement sur l’emploi de l’oxyde d’or. Ses Œuvres ont été recueillies en 3 vol. gr. in-18, Paris, 1825; et dans une édition revue par l’auteur, Paris, 1828, 2 vol. in-8®. M — L.
MAITRE (Premier), grand-officier dans la maison des princes du sang royal de l’anc. monarchie française. Les grandes charges de la couronne donnaient seules le droit de s’appeler grand-maître, grand-écuyer, grand-chambellan, grand-veneur, etc. Ceux qui étaient attachés aux
princes de la maison royale ne jouissaient que du titre de premier-maître, premier-écuyer, etc.
MAITRE DES ARBALETRIERS. V. ARBALETRIERS et GRAND-MAÎTRE.
MAiTRE DE L’ARTILLERIE (GRAND-). V. ARTILLERIE.
maître Ès arts , nom donné, dans l’anc. Université de France, à celui qui, après deux examens, avait le droit d’enseigner la rhétorique, la philosophie, etc. Il fallait être au moins maître és arts pour obtenir un bénéfice comme gradué.
maître de la cavalerie, Magisler equitum, espèce de lieutenant du dictateur, chez les anc. Romains, et spécialement chargé du commandement de la cavalerie. Le dictateur, immédiatement après sa nomination, le choisissait. Ses fonctions ne duraient que 6 mois, comme la dictature.
II avait pour insignes d’autorité, la toge prétexte et 6 licteurs. C. D — y.
maître DD cens, Magisler census, magistrat qui, sous le Bas-Empire, était chargé de la garde des testaments.
Il relevait du préfet de la ville.