MARIGNY (CARRENTIER DE ). F. CARPENTIER
marigny, ch.-l. de cant. (Manche), arr. et à 12 kil. O. de Sl-Lô; 503 hab.
MARIGOT (le) , brg de la Martinique, sur la côte N.-E., à 11 kil. N. -O. de la Trinité; 1,300 hab.
M )RlGOT (le). V. CAPESTERKE (La), GRAND-BOURG, et MARTIN (île 8AINT-).
MAR1LHAT ( Prosper) , peintre de paysage, né à Vertaizon (Puy-de-Dôme; en 1811, m. à Paris en 1847, fit de bonnes études littéraires , puis , se sentant une vocation pour la peinture, entra dans l’atelier de C. Roqueplan. Il n’y resta qu’une année, et, à 20 ans, il avait déjà un talent assez remarquable pour être choisi comme peintre d’une expédition scientifique qu’un riche Autrichien faisait en Orient. Ce voyage l’impressionna vivement ; il en rapporta des études et des souvenirs qui ont souvent tourné ses inspirations vers ces contrées lointaines ; nous citerons, entre autres, dans ce genre, la Place Ezbekieyèh au Caire, tableau qui fut admiré au salon de 1834. 11 exposa, en 1844 : Souvenirs des bords du Nil ; Arabes syriens en voyage; une Ville d'Egypte au crépuscule ; en 18 , une
Vue de Balbek, magnifique tableau qui D’eut pas moins de succès. Marilhat visita aussi l’Italie, et a fixé un souvenir de son séjour à Rome dans un tableau plein de charme, le Soleil couchant sous les grands pins de la villa Borghèse. Il
MAR
«'oublia pas non plus son pays si pittoresque, et on a encore de lui plusieurs beaux paysages des sites d’Auvergne. Les tableaux de Marilhat se distinguent par un heureux choix de sujets, une belle entente de la composition, un sentiment vrai et profond de la couleur. Il occupe une des premières places parmi nos paysagistes modernes.
MA RI LL AC (Charles de) , diplomate, né en Auvergne en 1501, m. en 1500, fils d’un contrôleur-général des finances du duc de Bourbon, vint suivre à Paris la carrière du barreau, accompagna, à 22 ans, son parent J. de Laforêt , ambassadeur à Constantinople , et fut bientôt après nommé, malgré sa jeunesse, à ce poste par François 1er. De retour en France au bout de quatre ans, il obtint une charge de conseiller au parlement , reçut une nouvelle mission pour l’Angleterre en 1538 , et voyagea ensuite en Allemagne et dans les Pays-Bas pour terminer plusieurs négociations importantes. Ses services furent récompensés d’abord par le titre de maître des requêtes, puis par l’évêché de Vannes, enfin par l’archevêché de Vienne. Il a laissé des Mémoires manuscrits sur les affaires du temps.
marillac (Michel de), neveu du précédent, né à Paris en 1563, m. en 1632, conseiller au parlement de Paris, puis maître des requêtes, conseiller d’Etat, surintendant des finances et garde-des-sceaux, fut partisan de Marie de Médicis, et son talent porta ombrage à Richelieu. Compromis dans le complot qui coûta la vie à son frère, il fut arrêté , et transféré de prison en prison à Châteaudun, où il mourut. Il est auteur d’une belle ordonnance sur l’administration de la justice, rédigée sur les plaintes et les doléances des Etats-Généraux tenus à Paris en 1614, mais restée sans exécution, parce qu’elle froissait les gens de robe et les préjugés aristocratiques , et surnommée par ses ennemis, dérisoirement, le Code Michau , par allusion au prénom de Michel que portait Marillac. Il publia également, sans y mettre son nom , une traduction de \' Imitation de J.-C., et une en vers des Psaumes. Une piété sincère soutint dans ses malheurs ce magistrat intègre et éclairé. Ed. T.
marillac (Louis de), frère du précédent, né en Auvergne en 1572, m. à Paris en 1632, servit sous Henri IV et pendant la minorité de Louis XH1. Ce fut lui qui fit l’éducation militaire du maréchal d’ Ancre. Maréchal de camp en 1620, il fut, au siège de La Rochelle, chargé des travaux de la digue. Il obtint le bâton de maréchal de France en 1629. Dévoué à la reine-mère, il entra dans un complot formé pour ôter le ministère à Richelieu; mais le cardinal ayant triomphé de ses adversaires à la Journée des Dupes, Marillac fut arrêté au milieu de l’armée qu’il commandait en Piémont, amené en France, accusé de concussion, condamné et décapité.
marillac (Louise de). V. Legras.
MAR1LLIER (Clément-Pierre), graveur à l’eau-forte et dessinateur, né à Dijon en 1740, m. en 1808, s’est fait une réputation par des figures faites pour des livres. On cite, entre autres, celles de la Bible de Defer-Maisonneuve, des romans de l’abbé Prévost, et surtout des œuvres de Dorât. Ces petits ouvrages sont composés finement, spirituellement, et avec beaucoup de vérité.
MARIN de Tyr, géographe grec de la fin du 1er siècle de l'ère chrétienne, était, à ce qu’on croit, romain d’origine, mais vécut à Tyr. Ses écrits ne nous sont point parvenus. Gosselliu, dans un de ses Mémoires sur la géographie ancienne, a essayé, d’après ce que dit Ptolémée, de reconstituer le système de Marin.
marin (Saint), ermite, né dans la Dalraatie au iv« siècle, vint eu Italie, et fut employé comme ouvrier à la construction du pont de Rimini. Sa piété le fit remarquer de Gaudens, évêque de Brescia, qui l’ordonna diacre. Retiré sur le mont Titano, près de Rimini, il passa sa vie dans la pratique des vertus chrétiennes. Fête, le 4 septembre. Les miracles qui s’opérèrent sur son tombeau y attirèrent une foule de pèlerins; les maisons bâties alentour formèrent la ville de S*-Marin.
marin, philosophe platonicien. V. marinus.
marin, bourgeois de Lisieux, né vers le xvi® siècle, inventa le fusil à vent. Les premières expériences furent faites devant Henri IV, en 1602.
marin (Le cavalier). V. MARINI.
marin (François-Louis-Claude MARINI, dit), littérateur médiocre, né à La Ciotat en 1721, m. en 1809, vint à Paris vers 1742, obtint, en 1771, la direction de la Gazette de France, fut censeur royal, secrétaire-général de la direction de la librairie, et lieutenant-général de l'amirauté. Beaumarchais lui a donné une célébrité fâcheuse, dans
ses Mémoires contre Goezman. Des nombreux ouvrages de Marin , les seuls dont on a gardé quelque souvenir, mais sans les lire, sont : Histoire de Saladin, 1758, 2 vol. în-12- Histoire de la mile de La Ciotat, 1782, in-12 ; Bibliothèque du Théâtre- Français , 1768, 3 vol. in 8», ouvrage faussement attribué au duc de La Vallière.
marin ( le) , v. de la Martinique , bon port au fond de la baie du cul-de-sac Marin , sur la côte S.- O. de l’ile à 30 kil. S.-E. de Fort-de-France ; 3,000 hab. Ch.-l. d’ârrond. Douane. Culture de la canne à sucre.
marin ( saint- ) , en italien San-Marino , v. forte et république d'Italie. La ville est capitale de la petite république de son nom , sur une montagne aride et escarpée , a 225 kil. N. de Rome, 85 kil. E.-N.-E. de Florence ; 5,000 hab. Elle se forma au vie siècle autour de l'ermitage d’un moine dalmate, dont elle porte le nom.— La république de S*-Marin, enclave du roy. d’Italie, est située entre la province de Forli et celle d’Urbin-et-Pesaro , a 62 kil. carrés de superficie, et 8,000 hab. Sol montueux et peu fertile. Cet Etat est sous la protection du roi d’Italie, et gouverné par un grand-conseil souverain de 60 membres (20 nobles, 20 bourgeois et 20 cultivateurs) nommés à vie; 2 capitaines-régents, élus dans le grand -conseil pour 6 mois, sont chargés du pouvoir exécutif. L’administration de la justice est confiée à un jurisconsulte étranger, nommé pour 3 ans. Il n’y a pas d’imprimerie dans l’État, de peur d’indisposer les pays voisins. On y compte 8 paroisses relevant des diocèses de Montefeltro et de Rimini ; les revenus sont de 40,000 fr. environ ; il y a une milice de 89 hommes, et 4 canons donnés par Bonaparte en 1797.
MARINES, ch.-l. de cant. (-eiiie-et-Oise), arr. et à 14 kil. N. -O de Pontoise; 1,365 hab. Bonneterie; tuileries.
MAR1NETTE. V. Boussole.
MAR1NG1UM, nom latin de Marvejols.
MAR1NGUES, ch.-l. de canton (Puy-de Dôme), arr. et à 20 kil. O.-N.-O. de Thiers, sur la Morge; 3,089 hab. Tanneries, chamoiseries, basanes très-estimées.
MARINI | Jean-Baptiste ) , dit le cavalier Marin , poëte, né à Naples en 1569 , m. en 1625 , fut secrétaire du grandamiral de Naples, puis passa à Rome, où il se lia avec le Poussin. Le cardinal Ahlobrandini, neveu de Clément VIII, l’emmena dans son ambassade en Savoie. Il se fit de mauvaises affaires à Turin par son esprit satirique; en 1615, il fut appelé en France par Marie de Médicis. Ses principaux ouvrages sont : Rime amorose, varie , recueil de sonnets, d’idylles et de poésies diverses, 1602; le Massacre des Innocents, poëme épique en 4 chants; Adonis en 20 chants, 1623 ; la Murloleide, 1626, recueil de sonnets contre le poëte Murtola; Lettere gravi , argute , facete , 1627,in-8°. Marini fut l'objet d’une espèce de cuite en Europe, et exerça une influence déplorable sur le goût. Il rappelle les qualités et les défauts d’Ovide , luxe et fécondité d’imagination, abondance excessive des détails et de l’expression , facilité extraordinaire du style, harmonie de la versification. Désireux de briller, il s’est fait une manière recherchée et bizarre : il a beaucoup de stances agréables et musicales , mais il n’atteint jamais une grande hauteur; tout a un caractère de mollesse. Les figures outrées , les antithèses, le faux brillant, les jeux de mots et d’esprit, sont ses défauts ordinaires. B.
marini (Gaétan-Louis), antiquaire, né dans le duché d’Urhin en 1740 , m. en 1815 , embrassa l'état ecclésiastique , se rendit à Rome eu 1764 , et devint préfet des archives du saint-siège. On a de lui : Degli archiatri pontifiai , Rome, 1784, 2 vol. in-4°; Inscrizioni antiche delle ville e de' palazzi Albani , 1785, in-4° ; Gli alli e monumenti de’ fratelli Arvali , 1795, 2 vol. iu-4°; Papiri diplomatie i descrilti ed illuslrati , 1805, in-fol. , 22 pl. Marini était un antiquaire plein d’érudition et de sagacité; son ouvrage De’ fratelli Arvali est une œuvre capitale, d’une science un peu exubérante , mais qui est regardée comme classique dans cette branche de l’archéologie.
MARINO FA1.IERO. V. Faliero.
MARINUS, philosophe platonicien du v» siècle de l’ère chrétienne, né à Naplouse de Samarie (autrefois Sichem), étudia la philosophie à Athènes, et fut le disciple chéri de Proclus, auquel il succéda en 485. Il avait composé des Commentaires sur le Traité de- l'âme d’Aristote , sur les Dialogues de Platon , et des Questions philosophiques , etc. De tous ses ouvrages, il ne reste que la Vie de Proclus, publiée par Xylander, avec une version latine d'un auteur inconnu, à la suite des Rclleiions de Marc-Antonin, Zurich, 1558, in-8°; par J.-Alh. Fabricius, avec une nouvelle traduction latine et des notes, Hambourg, 1700, in-4°.M. Boissonade en a donné une édition avec notes, Leipzig , 1814, in-8°. L'Anthologie contient quelques épigrammes attri-
MAR
MAR
buées à Marinus, que l’on croit aussi l’auteur des Theoremata geovtetrica , sive protheoria id Euclidis Data , imprimés avec les Commentaires de Proclus sur les œuvres d’Euclide.
marinus , géographe grec. V. marin de Tyr.
MARION DELORME. V. Delorme.
MARIONNETTES, figures de bois grossièrement exécutées et grotesquement vêtues, que des hommes caches font mouvoir à l’aide de leurs mains, de fils ou de ressorts. Les Italiens modernes les nomment Puppi, Fantoccini. Elles furent connues des Grecs et des Romains. Sous le règne de Charles IX, un Italien, nommé Marion, les introduisit, dit-on, en France. Ménage fait dériver leur nom de Marions ou petites Maries. Les marionnettes durent leur popularité à Brioché [V. ce mot). V. Magnin, Histoire des marionnettes en Europe, 2' édit., Paris, 1862, in-12.
MARIOTTE I l’abbé Edme) , célèbre physicien , né vers 1620 en Bourgogne , m. en 1684 , avait un talent rare pour les expériences , en fit un grand nombre sur le mouvement des eaux, et composa sur cette matière un traité qui a beaucoup contribué aux progrès de l’hydraulique pratique, malgré ses imperfections. Mariotte a découvert en hydrostatique une loi qui porte son nom, et qui consiste en ce que les volumes successifs d’une masse de gaz sont en raison inverse des pressions qu’elle supporte. Il a aussi vérifié par une série d’expériences les lois mathématiques du choc des corps , et s’est occupé de la théorie de la vision. Dès la création de l’Académie des Sciences , 1666 , on l’en nomma membre. Le recueil de ses ouvrages parut en 2 vol. in-4° , La Haye , 1740. Il laissa un Traité du mouvement des eaux, qui a été publié par Lahire, Paris, 1786, in-12. D — s.
MARIOUPOL, Cremnœ , v. de la Russie d’Europe , gvt et à 280 kil. S.-E. d’Iékatérinoslav , sur la rive dr. du Kalmiouss, près de la mer d’Azov, à l’O. du cap Nordvéka; 8,000 hab. Commerce important de blé, graine de lin, cuirs, laines; le produit du cabotage est évalué à 5 millions de fr. — Fondée en 1784 par Catherine 11; bombardée par une flottille anglo-française en 1H55.
MARIOUTII |Lac),anc. Mareotis, dans la Basse-Egypte, séparé de la Méditerranée au N. -O. par une bande de terre, de 1 à 2 kil. de large, sur laquelle est Alexandrie ; 45 kil. sur 25. Il communique avec le Nil, qui lui envoie maintenant beaucoup moins d’eau qu’autrefois.
MARIQUITA, v. de la Nouv.-Grenade, autrefois ch.-l. de la prov. de son nom, à 105 kil. N.-E. de Bogota; 500 hab. — La prov. de Mariquita, située dans l’État de Cundinainarca, au b. de celle d’Antioquia, a 225 kil. sur 100, et 80,000 lmb. Ch.-l. Honda.
MARISTES ou Frères de Marie, congrégation de missionnaires, fondée pour porter l’Evangile aux peuples sauvages de l’Océanie occidentale, de la Polynésie et de la Mélanésie. Ils ont créé dans ces contrées des chrétientés nombreuses et florissantes. Leurs missions se sont étendues aus>i dans l’Amérique du Nord, en Angleterre et en Irlande II y a beaucoup de Maristes en France, où ils se consacrent surtout à l’éducation de la jeunesse, dans les collèges et les grands séminaires. Cette société prit naissance dans le diocèse de Lyon, par les soins du R. P. Collin, et S. S. le p ipe Grégoire XVI l’a approuvée en 1836. V. Frères de Marie (Petits), au Supplément.
MARISUS, nom anc. du Maros.
MARITLMA AVATICORUM,nom anc. des Martigues.
MAR1TZ (dean), célèbre fondeur et mécanicien, né à Berne en 1711, m. en 1790, se fit naturaliser en France, et obtint la direction de la fonderie de Lyon. Là, vers 1740, il fit la première application d’une machine qu'il avait inventée pour forer et tourner les canons. 11 passa ensuite à la direction de la fonderie de Strasbourg.
MARITZA, anc. Hèbre, riv. de la Turquie d’Europe (Andrinople), naît dans le versant N.-E. du Despoto-daghe à 26 kil. E. de Knsiendji, coule à l’E., puis au S., pass, à Philippopoli, Andrinople, où elle devient navigable, et Demotica, et se jette dans l’Archipel. Cours de 400 kil. Elle reçoit la Tundja.
MA RI US | Caius I , fameux général romain, né à Cerretinum, près d’Arpinum, vers l’an 600 de Rome, 153 av. J.-C.,m. l’an 667 de Rome, 86 av. J.-C., était de naissance plébéienne et obscure, et se livra d'abord aux travaux de la campagne. Enrôlé dans la milice, il suit Scipion Emilicn au siège de Numance, 134, et se signale par sa bravoure et par son respect de la discipline. Fort de sa renommée, il brigua les emplois publics, et fut élu tribun du peuple, en 119, par la protection de Métellus (Numidieusj. 11 proposa une loi contre la brigue, que ce patricien combattit, mais s’aliéna le peuple, e i s’opposant à des distributions de blé. Préteur pvooonsulaire en 116, il suivit en Afrique Métellus, que l’on envoyait contre Jugur-
tha, 107, se fit, par ses intrigues, un parti dans l’armée, et persuada aux soldats, comme aux citoyens, qae lui seul pouvait mettre fin à la guerre. Sans prévenir son général, il se rendit brusquement à Rome, demanda et obtint, avec le consulat, le commandement de Métellus. La fortune le favorisa: Jugurtha, trahi parles siens, fut vaincu t livré par Bocchus au général romain , 106 , et vint mourir à Rome. Dans cette guerre, il porta à l’organisation des troupes romaines une grave atteinte , en y admettant les prolétaires. Au retour d’Afrique, la faveur publique s’attacha à lui; on le nomma consul 4 années de suite. Envoyé pour défendre la Gaule contre les Teutons, il les défit près d'Aquæ Seitice (Aix) en 102, puis alla coopérer à la victoire de son collègue Catulus sur les Chnbres près de Verceil, 101. En récompense de ses victoires, il obtint le triomphe et le titre de 3e fondateur de Rome. Malheureusement, il ternit sa gloire eu fomentant la discorde entre le peuple et le sénat, et en s’associant à des hommes tels que Saturninus et Glaucia. En l’an 100, il obtint un 6e consulat par des voies honteuses, et contraignit son concurrent, Métellus le Numidique, son ancien bienfaiteur, à s’éloigner de Rome. Après le châtiment de Saturninus et de Glaucia, Métellus ayant été rappelé, Marins alla cacher son dépit en Asie, sous le prétexte d’accomplir un vœu fait à C’ybèle. Dès cette époque, il fit tous ses efforts pour que Mithridate, roi de Pont, déclarât la guerre aux Romains, espérant avoir le commandement des légions. A son retour, il fut employé dans la Guerre sociale, conjointement avec Sylla, son ancien questeur, et la rivalité de ces deux généraux commença de se déclarer. Eu 88 , la guerre fut résolue contre Mithridate ; Sylla en ayant reçu la direction , Marius fit casser l’arrêt du sénat par le peuple révolté ; mais Sylla se mit à la tête d'un corps de troupes qu’il avait commandé pendant la Guerre sociale, marcha sur Rome, et y entra en vainqueur. Marius, forcé de fuir, voulut gagner l’Afrique ; retenu par des vents contraires, il fut découvert au milieu des marais de Minturnes , et traîné en prison. Ou envoya pour le tuer un soldat chnbre; mais , à la voix du captif, qui s’écriait : « Oseras-tu bien tuer Caius Marius? » le soldat épouvanté laissa tomber son arme, et s’enfuit. Marius, dont les habitants de Mintumes favorisèrent sans doute l’évasion, se rendit en Afrique. Le préteur de la province lui signifia de s’éloigner: « Va dire à ton maître, répondit-il à l’envoyé, que tu as vu Marius assis sur les ruines de Carthage. » Pendant ce temps, Cinna profitait de l’absence de Sylla pour opérer un revirement à Rome, Marius, rappelé , se hâta de revenir, entra dans la ville sans résistance , immola tous seâ ennemis, fit couler à flots le sang des patriciens, et prit un 7e consulat. La nouvelle des victoires de Sylla en Grèce, la crainte de le voir reparaître, le poussèrent à s’étourdir par la débauche ; il en mourut. Marius fut un général distingué: mais aux réformes qu’il fit dans la légion, et à la manière dont il conduisit la guerre contre les Barbares, il paraît avoir été tacticien plutôt que stratégiste. Plutarque a écrit, la Vie de Marius, et Amault une tragédie de Marius à Mintumes. B.
marius (Caius), le Jeune , neveu et fils adoptif du précédent, se réfugia, pendant que son père était proscrit, chez Hiempsal , roi de Numidie, rentra à Rome avec lui, prit le consulat avec Carbon en 82 , fut défait par Sylla à Sacriportum, et, après avoir soutenu un siège dans Préneste, se fit tuer par un de ses officiers.
marius, Marcus Aurelius Marius Augustus, prit la pourpre en Gaule l’an 267 de J.-C., et fut, bientôt après, assassiné par un soldat. D'une force herculéenne, il avait été, dans sa jet nessc, forgeron ou armurier.
marius, né à Autun vers 532, évêque d’Avenehes en 575 , transféra sa résidence à Lausanne en 590, quand sa ville épiscopale eut été ruinée par les Barbares , et mourut en 596. On a de lui une Chronique de 455 à 581 , continuée par un anonyme jusqu’en 623, et insérée dans les recueils d’André Duchesne et de Dom Bouquet. On lui attribue encore une Vie de St Sigismond , roi do Bourgogne, imprimée dans la collection des Bollandistes.
marius ÆQUICOLA. V. equicola (Mario).
marius, astronome. V. Mayer.
MARIVAUX (Pierre Carlet deCiiamblatn de), né à Paris en 1688, d’une famille de robe, m. en 1763 , se livra dès sa jeunesse à la littérature. Admis dans le cercle de Mœ* de Tencin, il débuta, sous les auspices de Fontcuelie et de Lamotte, par insulter aux Anciens , et même au xvn* siècle. Il publia une Iliade en 12 chants et en vers burlesques , les 3 premiers livres du Télémaque travesti , le Don Quichotte moderne, et une tragédie d ’Annibal en 5 acte.?, 1720 , ouvrages complètement oubliés. Bientôt il travailla
MAR
pour la Comédie-Italienne , et il substitua à des canevas informes , chargés de graveluves indécentes et de grossières équivoques , des comédies régulières , où la finesse des sentiments est unie à la justesse du coup d'œil et à la délicatesse de l'expression. Il a composé plus de 30 comédies en prose , parmi lesquelles on cite encore la Surprise de l'amour, 1720, en 3 actes; les Jeux de l'amour el du hasard, 1730 , en 3 actes; le Legs , 1736 , en un acte; les Fausses confidences , 1737 , en 3 actes; l'Epreuve nouvelle, 1740, en un acte. Ces pièces furent jouées à la Comédie- Italienne, et ne passèrent que plus tard au Théâtre-Français. Marivaux a un genre personnel , un tour d’esprit original , une connaissance profonde du cœur des femmes; il a su peindre la nature : toutefois son analyse est trop subtile , son genre maniéré, et il abuse de l’esprit. On a créé le nom de marivaudage pour cette manière que le goût a dû réprouver chez les imitateurs. Marivaux a composé aussi des romans, dont on cite encore deux : le 1er, la Vie de Marianne , publié de 1728 à 1743, le classe parmi nos bons romanciers. Il s’y montre avec ses défauts et ses qualités ; mais les caractères sont bien tracés et les situations intéressantes. Le second, le Paysan parvenu, quoique inachevé , n’est pas non plus dénué d'intérêt. On doit encore à Marivaux : le Spectateur français , recueil périodique qui renferme des morceaux de main de maître. Les Pièces détachées et le Cabinet du philosophe méritent aussi d’être lus. Marivaux fut reçu à l’Académie Française en 1743. Ses OEuvres ont été réunies en 1781 , 12 vol. in-8®. Une meilleure édition, quoique moins complète, a été publiée par Duviquet en 1825, 10 vol. in-8°. J. T.
MARJOLIN (Jean-Nicolas), célèbre chirurgien, né en 1780 à Ray-sur-Saône, m. en 1850, obtint, en 1801, les deux premiers prix de clinique interne et externe à la Faculté de Paris, et plus tard, à la suite de deux autres concours, fut nommé aide d’anatomie et prosecteur de cette Faculté. 11 prétendit à la chaire de médecine opératoire, vacante par la mort de Sabatier , mais ne réussit pas. Après un dernier concours, il entra à l’Hôtel-Dieu comme chirurgien en second. En 1819, il reçut la chaire de pathologie externe à la Faculté, et, quand on créa l’Académie de médecine , il en fut nommé membre. On a de lui : Propositions de chirurgie et de médecine, Paris, 1808, in-4°; de l Opération de la hernie inguinale étranglée , 1812, in-4° ; Manuel d’anatomie, 1810, 2 vol. in-8°.
MARK (Comtes de La). V. Marck.
MARKERY, v. de l’Inde. V. Mercara.
MARKET-BLANDFORD. V. Blandford-forum.
MARKGRONINGEN, v. de Wurtemberg (Cercle du Neckar), sur la Glems, à 9 kil. O.-N.-O. de Ludwigsburg; 3,000 hab. Ses comtes avaient autrefois la dignité de porte-bannière de l’Empire. Maison centrale de correction pour femmes. Ancien château ; belle église du moyen âge. Tabletterie. Grande foire annuelle de moutons.
MARKLAND (Jérémie), philologue anglais, né en 1693 , m. en 1776, a publié ; les Silves de Stace, Londres, in-4°, 1728 ; Remarques sur les Lettres de Cicéron à Brulus et de llrutus à Cicéron , 1745, dans lesquelles il conteste l’authenticité de ces Lettres; Traité sur la 5B déclinaison des Grecs, 1760, in-4° , réimprimé avec une édition des Suppliantes d’Euripide, 1763 et 1775; une édition des deux Jpliigénie, 1771, réimprimée avec les Suppliantes dans l’édition d Oxford , 1811.
MARLBOROUGH (John Churchill, duc de), célèbre général anglais, né en 1650 à Ash (Devonshire) , m. en 1722, était fils d’un seigneur proscrit par Cromwell pour son attachement à Charles Ier. Après avoir reçu une éducation austère et religieuse , il fut nommé page du duc d’York à 16 ans, obtint une commission d’enseiane, servit en Afrique , et vint ensuite apprendre la auerre en Flandre sous Turenne et Condé. Il se signala aux sièges de Nimègue, 1672, et de Maëstricht, retourna en Angleterre, 1677 , et reçut le commandement d’un régiment. Vers 1680 , il épousa Sarah Jennings, favorite de la princesse Anne, 2B fille du duc d’York, fut créé baron en 1682, et, lorsque Jacques II monta sur le trône, 1685 , il conserva près du nouveau roi la fonction de gentilhomme de la chambre qu’il remplissait du vivant de Charles IL Lors de la révolte du duc de Monmouth, il resta fidèle à son roi ; mais il contribua à la révolution de 1688 : grâce à 1 ascendant qu’il avait, ainsi que sa femme, sur la princesse Anne et le prince de Danemark, il les détacha du parti de Jacques. Lieutenant-général des armées de Guillaume 111 , il vota pour la résolution qui assurait la couronne au prince et à la princesse d’Orange , et fut nommé comte de Marlborough. Chef de l’armée anglaise , il vainquit dans les Pays-Bas à Walcourt, 1689, passa en Irlande,
1690 , où il prit Cork et Kindale, puis, rappelé en Angleterre, 1691 , se vit disgracié tout à coup , par suite, dit-on, de la découverte d'une correspondance secrète avec le roi déchu. Il ne rentra en faveur qu’aprés la mort de la reine Marie, 1696, et la paix de Ryswick, 1697. Guillaume III le nomma gouverneur du duc de Glocester, son neveu, puis commandant en chef de toutes les forces anglo-bataves en Hollande , au moment de la guerre de la Succession d’Espagne, 1700. La même année , Marlborough fut ambassadeur en France. Anne étant montée sur le trône, 1702, il fut nommé grand-maître de l’artillerie , généralissime des troupes alliées contre la France, marquis de Blandfort, et duc de Marlborough. En 1703, après avoir délivré la Gueldre des Français , il porta la guerre en Allemagne , partagea le commandement avec le prince Eugène, envahit la Bavière , et gagna sur Tallard et Marsin la bataille d’Hochstaedt ou de Blenheim, 1704. Puis il revint aux Pays-Bas , tenta vainement de pénétrer en France par les Trois-Evêchés , défit Villeroy à Rarmllies, 1706, Vendôme à Oudenarde, 1708, et Villars à Malplaquet, 1709. Mais des intrigues de cour, et l’opposition qu il faisait à la paix, amenèrent sa disgrâce; il fut même accusé de péculat, et destitué, 1712. Alors il visita l’Europe, et revint en Angleterre le jour même de la mort de la reine Anne , 1714. George Ier, qui devait la couronne au parti de Marlborough , le rétablit dans ses emplois; mais ce général, frappé peu après d’une attaque d’apoplexie , 1716, se retira des affaires , et ne fit plus que languir. Marlborough fut un des plus habiles généraux de son temps, habile surtout à mettre à profit les fautes de ses adversaires, et il n’éprouva jamais d’échec notable. Très-habile négociateur, il était en outre orateur distingué, et, par son éloquence, domina longtemps les Etats-Généraux de Hollande et le parlement d’Angleterre. Mais il ternit sa gloire par son ingratitude envers Jacques II , par son ambition démesurée , son amour sordide des richesses ; il possédait, lorsqu’il mourut , une fortune évaluée à plus de 1,500,000 livres de rente. U1 Histoire du duc de Marlborough , par Ledhyard , a été traduite en français sur l’ordre de Napoléon Ier, par Dutems etMadgett, Paris, 1806, 3 vol. in-8®. W. Coxe a publié en anglais les Mémoires de John, duc de Marlborough, avec sa Correspondance originale, Lond., 1818, 3 vol. in-4®, avec portraits , cartes et plans. B
marlborough, v. d’Angleterre (Wilts), sur le Kennet, à 44 kil. E.-N.-E. de Salisbury ; 4,139 hab. Beaucoup de vieilles maisons ; église normande; restes du château dans lequel Henri III tint le parlement qui rendit les «statuts de Malbridge. •> Le titre de duc de Marlborough , porté autrefois par le célèbre général de la reine Anne, appartient auj. à la famille Spenser-Churchill. Près de là est la forêt de Marlborough ou de Savernake, de 20 kil. de tour, la seule du royaume appartenant à un sujet (au comte d’Aylesbury). Gros marché pour les grains. Manuf. de cordes et de sacs.
MARLE, MALAIN ou MALE, ch. -L de cant. (Aisne), arr. et à 25 kil. N.-E. de Laon; 1,828 hab. Tanneries; fabr. de toiles. Comm. de laines et de grains. Ane. comté qui appartint successivement aux maisons de Coucy , de Bar, de Sl-Pol, de Luxembourg, de Bourbon, et de Mazarin.
MARL1ANI (Barthélemy ) , antiquaire, né à Milan à la fin du xve siècle, m. vers 1560 , a laissé : de Urbis Romœ topographia libri v, Lyon, 1534, in-8®, et Berne, 1539, iu-fol. , réimprimé souvent; Consulum , dicta torum , censor unique Romanorum sériés , una cum ipsorvm triumphis , quœ marmoribus sculpta in Foro reperta est , Rome, 1549, in-8®; In annales consulum et triomphas commentaria , Rome, 1560, in-fol. , etc., ouvrages utiles et très-estimables.
MARLOW (GREAT-), v. d’Angleterre, sur la Tamise, comté et à 48 kil. S. de Buckingham ; 6,237 hab. Houille et bois de construction. Fabr. de quincaillerie, tulle noir, papiers.
MARLOWE (Christophe), le meilleur poète dramatique anglais avant Shakspeare, né en 1562, m. en 1593, donna, dès 1586, le Grand Tamerlan, la première pièce jouée publiquement en vers blancs. Son style est quelquefois boursouflé, mais souvent énergique. Les dernières scènes de V Histoire tragique de la vie et de la mort du Dr Faust, et celles de son Edouard II , sont souvent citées. La meilleure édition de Marlowe est de 1826, Lond., 3 vol. in-8®.
MARLY, dit Marly-le-Roi , Marly-la-Miichine, Marly-le- Port , ch.-l. de cant. |Seine-et-Oise), arr. et à 8 kil. N. de Versailles, 18 O. de Paris, sur la rive g. de la Seine; 1,207 hab. Le château, construit par Mansart pour servir de résidence royale, fut détruit pendant la Révolution. Louis XIV y avait fait construire, de 1676 à 1683, par le baron de Ville, une machine composée de 14 roues
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hydrauliques, mues par la Seine, et qui élevait l’eau de ce fleuve à une hauteur de 154 mèt.,pour la conduire à Versailles; elle a été remplacée en 1826 par une machine à vapeur, puis, en 1859, par 3 roues hydraudiques. V. notre Dictionnaire des lettres, au mot Maklv (Machine de).
MAK.MANDE, s.-préf. (Lot-et-Garonne), à 59 lcil. N. -O. d’Agen, sur la rive dr. de la Garonne; 5,500 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce, collège, bibliothèque, société d’agriculture. Distilleries d’eaux-de-\ ie, comm. de grains, vins, chanvre, prunes; filât, de laine, fabr. île toiles, coutils, lainages, etc. Quelques antiquités romaines; elle fut ravagée par les Sarrasins au vm" siècle; reconstruite par les Anglais en 1185, prise en 1214 et 1219 sur les Albigeois, elle fut assiégée vainement par Henri de Navarre en 1577, et par Coudé en 1652.
MARMARA ou MARMORA (Mer de), anc. Proponlide, mer du bassin de la Méditerranée, s’étendant, de 275 kil. sur 85, entre le détroit de Constantinople, qui lui amène les eaux de la Mer Noire, et celui des Dardanelles, qui conduit les siennes à l’Archipel. Elle sépare la Turquie d’Europe de la Turquie d’Asie, et baigne Constantinople, Selivri , Erekli, Rodosto, Scutari, Moudania, Ismid , etc. Côtes variées et pittoresques; navigation facile; marées peu sensibles. Elle doit son nom à la principale des îles quelle renferme (Marmora, anc. Proconèse |, ainsi appelée elle-même à cause des marbres qu’on y exploite.
) MA RM A RIDES, peuple de la Marmarique, habitaient, d’après Strabon , le pays compris entre la Cyrénaïque et 1 oasis d’Ammon , et, d’après Pline, depuis l’arætonium jusqu’à la (ïrande-Syrte.
MARMARIQUE, Marmarica , région de l’Afrique ancienne, dite aussi Libye inférieure, s’étendait entre la Cyrénaïque à l’O. et l’Egypte à l’E., était traversée par la chaîne du Grand-Catabathmus, et habitée par des peuples nomades, tels que les Adyrmarchides, les Asbystes, les Ammoniens, les Garamantes, les Gilimons, les Psylles, les Nasamons , etc. Sol peu fertile. Le littoral , où était le port de Ménélas, offrait quelques colonies grecques. Vers l’O. étaient les autels des Phillènes. La Marmarique répond à peu près à la partie E. de la régence de Tripoli et à la partie N. du désert de Libye.
MARMAROS (Comitat de), division de Hongrie, auj. dans le cercle au delà de la Tliéiss, jadis dans le territoire administratif de Kasehau, entre la Transylvanie au S., la Galicienu N. et à l'E., les comitats d'Ugocsa et de Szathmnr à l’O ; 10.352 kilom. carrés; 200 kilom. sur 100; 184,472 hab. Ch.-l., Sziyelh; v. princip. : Honiszek, Huszt. Sol appuyé au N. et au N.-E. à la chaîne des Krapacks ; riche en mines d’argent, de fer, et de cristal de roche taillé et vendu sous le nom de diamant de Hongrie . Exploitation de sel ; nombreuses sources minérales.
MALMOL Y CARVAJAL ILouisI, historien espagnol , ne a Grenade vers 1520, accompagna Charles-Quint dans 1 expédition contre Tunis, et fut pris par les Maures. Après sa délivrance, il publia une Description générale de l'Afrique et histoire des guerres contre les Infidèles et les Chrétiens, trad. en français par Perrot d’Ablancourt , 1667, 3 vol. in-4<>. On lui doit aussi une Histoire de la révolte des Maures de Grenade, Malaga , 1600, in-fol., et Madrid, 1797 2
MAR.MONT I Auguste-Frédéric- Louis Viesse de), duc de Raguse, maréchal d'Empire, né à Châtillon-sur-Seine, en 1774, d une famille noble, m. à Venise en 1852, montra, dés sa première jeunesse, un goût prononcé pour les armes. Après avoir connu Bonaparte, officier d’artillerie en garnison à Auxonne, il entra à l’Ecole d’artillerie de Chalons, débuta au siège de Toulon, en 1793, où il retrouva Bonaparte, avec lequel il se lia d’amitié, et qui, général de 1 armée d’Italie, en 1796, l’emmena avec lui comme son 1er aide-de-camp, avec le grade de chef de bataillon. Marmont montra partout une valeur brillante, gagna à Lodi un sabre d’honneur, alors seule récompense honorifique militaire, et après la campagne, fut élevé au grade de colonel, et, chargé de porter au Directoire 22 drapeaux conquis sui les Autrichiens. En 1798, il suivit Bonaparte en BFlPte, gagna, à 1 attaque de Malte, le grade de général de brigade d artillerie, en s’emparant lui-même du drapeau «te l’Ordre, et se signala dans le reste de la campagne. Quand Bonaparte repartit pour la France, 1799, il 1 emmena avec lui. Marmont seconda énergiquement son général dans la journée du 18 brumaire, et fut aussitôt nommé conseiller d’Etat. Mais sa place était aux armées ;
. 5 suivit le 1er consul en qualité de commandant de l’ar tillerie, et organisa le passage du mont Si-Bernard. A Marengo, 1800, il montra la même valeur intrépide, et fut fait général de division. Dans la campagne de 1805, il
I occupa la Styrie; commandant de l’armée delà Dalmatie,
I en 1806, il attaqua, avec 6,000 hommes, 16,000 Russes et Monténégrins, les défit à Castel-Nuovo, et les obligea à quitter le pays, qu’il administra pendant deux ans; l'empereur récompensa ses services par le titre de duc de Raguse. Marmont se joignit à ! armée commandée par Napoléon 1er dans la campagne de 1809, arriva 1g veille de Wagram , poursuivit les Autrichiens après la victoire, attaqua l’archiduc Charles à Znaim, le battit, et fut fait maréchal d'Empire sur le champ de bataille. Envoyé comme gouverneur-général dans les provinces Illyriennes, il les administra avec prudence et fermeté, et emporta les regrets des habitants, lorsqu’en 1811 il dut aller prendre le commandement de l’armée de Portugal. Il fit lever le siège de Badajoz et celui de Ciudad-Rodrigo aux Anglais, et sut, par d’habiles manœuvres, arrêter pendant 6 mois l’armée anglaise commandée par Wellington, et qui lui était supérieure en force; mais il fut blessé au bras droit par un boulet, à la bataille de Salamanque ou des Arapiles, juillet 1812; le désordre se mit dans son armée, qui fut obligée de battre en retraite. A peine rétabli, Marmont fut appelé en Allemagne, où il fit la campagne de
1813, à la tête du 6« corps; il prit une part glorieuse aux batailles de Lutzen, de Bautzen, de Wurtzeu, de Dresde, et à la gigantesque et funeste bataille de Leipzig, où, après la trahison des Saxons, il protégea la retraite de l'armée, et fut blessé. Pendant la campagne de 1814, il ne montra ni moins de talent, ni moins d’héroisme; avec des forces bien inférieures à celles des alliés, il lutta presque toujours victorieusement à Brienne, à Champaubert, à Vauehamps, et battit Blüeher à Uué-à-Trem. Quand les ennemis, toujours plus nombreux, débordèrent sur Paris, Marmont accourut pour défendre la capitale, et, le 30 mars
1814. livra, avec le maréchal Mortier, une dernière bataille sur les hauteurs de Belle v i lie, de Chaumont, et de Montmartre. Couvert de blessures, exalté par l’énergie du désespoir, il ne cessa de combattre que quand la résistance aurait vraiment compromis l’existence de Paris , et que le roi Joseph lui eut ordonné de traiter. Il évacua la ville, et vint, par ordre de Napoléon, prendre position à Essonne, point stratégique de la plus grande importance en ce moment. Manno -.t se laissa circonvenir par les intrigues de Talleyrand, et le 3 avril, .«'engagea secrètement, par écrit, avec le prince de Schwarzenberg , à quitter cette position qui rendait Napoléon encore redoutable aux alliés, et à se prononcer pour un gouvernement provisoire qui venait de s’établir à Paris. Marmont gagna ses généraux de division et s’en fit des complices. Le lendemain. il se rendit à Paris avec nue députation îles maréchaux présents à l’armée, qui allaient demander»»aux souverains étrangers de reconnaître l’abdication de Napoléon eu faveur de son fils. Pendant son absence ses généraux crurent, à quelques indices, l'Empereur instruit de la convention secrète, et sans attendre le retour «le Marmont, quittèrent Essonne, en abusant leurs soldats, et achevèrent ce que leur chef avait commencé. Marmont, dans ces graves circonstances, oublia tous les principes du devoir et île l'honneur militaires; la honte de cette défec-
I tion doit donc pe er tout eut ère sur sa mémoire . et
I comme l’a dit M. Tliiers : « c'était une trahison véritable. » La Restauration traita Marmont avec une extrême faveur; il fut fat pair de Fiance, capitaine d'une compagnie de gardes du corps, suivit le roi à Garni pendant les Cent- Jours; fut nommé en 1 16, un des 4 majors-généraux de la garde royale; fut envoyé en 1826, comme ambassadeur extraordinaire au sacre de l'empereur Nicolas 1er, et reçut à son retour le gouvernement de Paris. Commandant en chef de la force armée dans cette capitale pour réprimer l’insurrection causée par les ordonnances .le juillet 1830, il obéit «t*-ee ré’ignation, tout en blâmant les ordonnances et maudissant sou destin, qui le plaçait dans une pareille situation. Après la chute de Charles X, il l’accompagna jusqu'à Chernoiirg, avec la garde royale, puis jusqu’en Angleterre. Le nouveau gouvernement le raya des contrôles de l'armée. .Marmont supporta cette disgrâce avec dignité, s'exila, voyagea en Autriche, en Hongrie,- dans la Russie méridionale, et dans la Turquie. Il a observé ces pays en homme d Etat et en homme de guerre, et a consigné ses souvenirs et ses observations dans un ouvrage très-intéressant, intitulé : Voyage en Hongrie, en Transylvanie, dans la Rassie méridionale, en Crimée et sur les barils de la. mer d'Azof, à Canslan tinople, dans quelques parties de P Asie- Mineure, en Syrie , en Palestine et en Egypte, Paris, 1837, 4 vol. in-8°; puis, comme appendice , Voyage en Sicile, Paris. 1838, 3e édit.. I vol. in-8°. On a encore de lui: Esprit des institutions militaires ,
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Paris, 1845, 1 vol. in-8», 2 8 édition, 1846, petit écrit fait de main de martre, et que le maréchal Bugeaud aurait 'voulu voir le manuel de tout officier ; Mémoire à l’empereur Napoléon sur les régiments frontières, publié en 1835 dans la Revue rétrospective. Marmont devint membre de l’Académie des sciences en 1816. Ses loisirs de la paix furent occupés à être utile à son pays natal : il y développa l’agriculture, et y fonda les importantes forges de Sl°-Colombe. Il a laissé : Mémoires du duc de Rcujuse , qui furent publiés après sa mort, Paris, 1856-57, 9 vol. in-8”, dont la sincérité est suspecte en plus d’un point; le caractère vaniteux de Marmont s’y montre tout entier, et ils ont donné lieu aux plus vives réclamations. V. M. Thiers, Histoire du Consulat et de l’empire, liv. 53.
MARMONTEL (Jean-François), littérateur, né à Bort (Limousin), en 1723, d’une famille pauvre, in. en 1799. Après avoir reçu une bonne éducation qu’il termina chez les jésuites de Mauriac, il se tourna vers les lettres. A 18 ans il vint à Paris, où l’appelait Voltaire, remporta deux prix de poésie à l’Académie française, et travailla pour la scène tragique. 11 fit jouer, à 20 ans, une tragédie, Devys le Tyran, qui réussit, en composa encore quatre autres, aujourd'hui oubliées, qui n’eurent point de succès, et renonça à ce genre. Protégé par madame de Pcmpadour, il obtint, en 1753, la place de secrétaire des bâtiments. Cette fonction lui laissa le loisir de travailler pour l’Encyclojie'die de Dalembert et de Diderot. Des Contes moraux, qu’il publia dans le Mercure, justifièrent peu leur titre; mais l’intérêt en parut .si vif, et le succès fut si grand, que M"" de Pompadour sollicita et obtint pour l'auteur, eu 1758, la direction du Mercure. C’était une fortune entière : malheureusement , deux ans après, une satire centre le duc d’Aumont , 1er gentilhomme de la chambre, lui fut attribuée; il n’avait fait que la répéter: il eut la noble fermeté de n’en point nommer l’auteur, et d’encourir la disgrâce du ministre Choiseul , qui le priva de se place et lui fit même passer quelques jours à la Bastille. Eu 1760, Marmontel présenta à l’Académie Française les Charmes de l'étude, épilre aux poètes , qui fat couronnée p ir cette com pagnie. Cette épitre est écrite eu vers de 10 syllabes, avec une certaine élégance facile, mais sans poésie, car Marmontel n’était qu’un versificateur. Elle dut son succès principalement à une appréciation paradoxale de Boileau et de Virgile, beaucoup trop vantés, suivant l’auteur. Marmontel publia une Poétique française en 1763, l’année même où il entra à l’Académie ; puis, en 1766, une traduction en prose de la Pharsale de Lucain , œuvre dont il a reconnu lui-même l’imperfection. Voulant se délasser de travaux pénibles, il entreprit une espèce de roman politique et moral, qu’il intitula Bélisaire, parce qu’il prit pour héros ce célèbre général, au moment où, pauvre et aveugle, suivant une tradition fausse, il subissait la disgrâce de Justinien. Ce livre, aujourd’hui si peu lu, parut en 1767, et fit très-grand bruit, parce que la Sorbonne en censura un chapitre, le 15®, où il est dit que Dieu admettra dans le ciel les héros païens qui ont suivi fidèlement la loi naturelle. Alors les philosophes vantèrent l’ouvrage outre mesure, et lui procurèrent un succès d’enthousiasme. Catherine II se mit du concert , et traduisit en russe le chapitre censuré. La vérité est que les 6 premiers chapitres de Bélisaire ont de l’intérêt, mais que les 10 derniers sont fort ennuyeux. Cet éclat servit encore Marmontel d’une autre manière; car, sur la demande du duc d’Aiguillon, il fut nommé historiographe de France, 1772. Six ans après, il fit paraître les Incas, ou la destruction de l’empire du Pérou, roman poétique en 53 chap., long plaidoyer pour la tolérance civile et religieuse, où l’on trouve des morceaux d’une éloquence véritable, mais aussi beaucoup de déclamation et du désordre. Marmontel composa aussi des opéras-comiques; il le fit d'abord pour aider au début de Grétry, et le succès du musicien fut si grand , qu’il lui confia encore d’autres poèmes: après le Huron, son ,1er ouvrage, 1768, il donna successivement Lucile, 1769; Sylvain , 1770; l’Ami de la maison, Zemire et Azor, 1771; la Fausse magie,m5. Ces opéras, la plupart en 2 et 3 actes, sont tous écrits en vers libres, avec beaucoup de facilité, de naturel et de gaieté. On doit encore à Marmontel deux tragédies lyriques, Didon, 1783, et Pénélope, 1785, que mit en musique Piccini, pour lequel il avait pris parti dans sa lutte avec Gluck, en 1776. Il composa même, sur cette querelle des glückistes et des piccinistes, un poème en 11 chants, en vers de 10 syllabes, et intitulé Polymnie, qui n’a été publié qu’en 1819. C'est une espèce de satire, sans imagination, écrite avec une froide facilité. En 1783, Marmontel devint secrétaire- perpétuel de l’Académie française, et, en 1785, historiographe de France.
En 1787, il réunit, sous forme de Dictionnaire, avec le titre d 'Eléments de littérature, les articles qu’il avait fournis à l’ Enryclojiédie. Eu 1788, il donna une Histoire de la régence du duc d’Orléans , amusante , mais trop favorable aux. hommes de cette triste époque. De 1789 à 1792, il continua dans le Mercure la publication de ses Contes moraux. La Révolution lui enleva toutes ses places, et le réduisit à une gêne excessive. Député de l’Eure au Conseil des Anciens en 1797, il en fut exclu au 18 fructidor, et mourut d’apoplexie peu de temps après. On a publié de lui , en 1800, des Mémoires d'un père pour servir à l’instruction de ses enfants, 2 vol. in-8°, livre assez attachant, au point de vue de l’histoire littéraire du temps, mais où bien des choses ne sont ni d'un véritable intérêt , ni surtout d’un bon exemple. En 1806, on a encore donné de lui , Leçons d’un père à ses enfants sur la langue française, 2 vol. in-8°. Ce sont des traités sur la grammaire, la logique, la métaphysique et la morale, médiocres et superficiels. 11 les avait écritspour ses enfants. Bien que Marmontel tint une place importante dans le monde littéraire du xvme siècle, il est aujourd’hui bien déchu : on ne lit plus ni ses tragédies ni ses poésies, et on lit fort peu ses contes. Néanmoins , comme prosateur, il a de la facilité , de l’élégance, de la correction ; mais il manque de grâce, et son style est un )eu froid et compassé. Les dernières éditions de ses OEuvres complètes sont celle en 18 vol. in-8°, l’aris, 1819, et celle en 7 gros vol. iu-8°, compactes, Paris, 1819-20. M. de Saint-Surin a donné des OEuvres choisies, en 10 vol. iu-8°, Paris. 1824. A. R.-
MARMORICE, anc. Physcus,\. de la Turquie d’Asie (eyalet d’Aidin), port sur la Méditerranée, à 120 kil. S.-E. de Ghuzel-Hissar, en face de Rhodes.
MARMOUSETS , nom donné aux figures grotesques sculptées au portail et sur les murs des églises, et que les nobles appliquèrent aux ministres roturiers que prit Charles VI, en 1389, après avoir disgracié ses oncles. — Sous Louis XV, on nomma Conjuration des marmousets une intrigue des ducs de Gèvres et d’Epernon pour renverser le cardinal Fleury, en 1730.
MARMOUTIER, en allemand Mauermunster, en latin Mauri monasterium , ch.-l. de cant. (Bas-Rhin ), arr. et à 6 kil. S.-S.- E de Saverne, sur le Husselbach, au pied des Vosges; 2,125 hab. Eglise du IXe siècle, seul reste d’une célèbre abbaye. Comm. de bestiaux.
MARMOUTIER, Martini ou Majoris monasterium , abbaye fondés en 371 par Sl-Martin, à 2 kil. de Tours. Les bénédictins, qui s’y établirent, s’occupèrent surtout de la transcription des livres. Il reste encore les murs d’enceinte et le portail de l'église.
MARNAT, eh.-l. de cant. (Haute-Saône), arr. et à 25 kil. S. de Gray, sur l’Ognon; 1,027 hab. Tanneries,, teintureries, tournerie sur métaux.
MARNE , Malrona, grande rivière de France, prend sa source à 4 kil. S. de Langres (H.-Marne), arrose les départent. de la Marne, de Seine-et-Marne, de l’Aisne, de Seineet-Oise, et se jette dans la Seine à Charenton (Seine). Ellepasse à Chaumont , Joinville, S‘-Dizier, Vitry-le-François, Châlons,Epernay, Château-Thierry, la Ferté-sous-Jouarre, Meaux, Lagny, Alfort, et reçoit, à droite, le Rognon, l’Ornain, l’Ourcq ; à gauche, la Biaise, la Colle, la Somme- Soude, le Petit et le Grand-Morin. Cours de 450 kil., navigable depuis S*-Dizier sur 342 kilomètres. — 11 y a un canal de la Marne à l’Aisne par Reims.
marne, départem. du N.-E. de la France, ch.-l., Chdlo ns: situé dans l’anc. Champagne; entre les départem. de l’Aisne au N. -O., des Ardennes au N.-E., de la Meuse à l’E., de la H.-Marne au S.-E., de l’Aube au S., de Seineet-Marne au S.- O. Superf., 817,176 hect. Pop., 390,809 hab. Compris dans le bassin de la Seine, qui le traverse sur une petite étendue au S.; arrosé par la Marne, l’Aube, l’Aisne. Sol fertile au S., crayeux et aride au N. La grande richesse de ce département est dans ses vins blancs mousseux dits de Champagne, et dans ses vins rouges très-estimés. Fahr. et comm. important de lainages dits articles de Reims, eaux-de-vic, verres, tuiles, poterie, blanc dit d'Espagne, etc. Elève de moutons, volailles, abeilles. Exploitation de tourbe, marbre, pierres meulières, grés, craie. Il dépend de la cour impériale de Paris, et des diocèses de Châlons et de Reims.
marne (haute-), département du N.-E. de la France, entre ceux de la Marne et de la Meuse au N. , des Vosges à l’E., de la Haute-Saône et de la Côte-d'Or au S., et de l’Aube à l’O. Superf., 613,310 hect. Pop., 259,096 hab. Ch.-l. , Chaumont-en-Bassigny. Il fut formé de parties de la Champagne et de la Lorraine , de quelques enclaves de la Bourgogne , et de plusieurs communes de la F ranche-
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Comté. Il comprend un des plus hauts plateaux de la France , est arrosé par l’Aube , la Biaise , la Marne et la Meuse, qui y ont leur source. Sol très-accidenté , riche surtout par ses mines de fer et ses forêts , assez fertile et bien cultivé ; pierres de taille et à émoudre, grès, marbre, plâtre , argile; céréales, vignes , légumes, plantes oléagineuses et textiles. Eleve de bestiaux ; moutons renommés ; abeilles, volailles, marais à sangsues. Nombreuses usines à fer; fabr. de coutellerie, outils, bas, gants, cire, bougie ; tanneries, tuileries, etc. Eaux thermales à Bourbonne, minérales à Attaneourt. Ce département forme le diocèse de Langres, et dépend de la Cour impériale de Dijon.
ÏARNE-AU-RHiN ( Canal de la ) , canal qui réunit les cinq grandes vallées de la Marne, de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe , de la Sarre et du Rhin. Il quitte la Marne à Vitry-le-François , remonte la vallée de l’Ornaiu, et franchit, par un souterrain de près de 5 kil. , le faite séparatif de la Marne et de la Meuse. Il traverse cette dernière rivière sur un pont-aqueduc, débouche, en souterrain, sur le versant de la Moselle, au-dessus de Tout, et descend de là au niveau de Nancy , où il arrive par un bief de 16 kil. Ensuite il remonte la vallée de la Meurthe et le vallon duSanon, jusqu’aubief de partage des Vosges, long de 30 kil. , et qui passe par-dessus la Sarre. A l’extrémité de ce bief, le canal coupe, par deux souterrains et une grande tranchée, le faite séparatif du versant de la Sarre et du versant du Rhin. Enfin , il descend par la vallée de la Zorn à Strasbourg , où il se réunit au canal de l’IH au Rhin. Le canal a, de Vitry à Strasbourg , un développement de 315 kil. On y rencontre 180 écluses, 5 souterrains ayant ensemble une longueur de plus de 9,000 mèt., et un grand nombre de ponts-aqueducs, dont les plus importants sont ceux de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe et de la Sarre. 11 y a de plus trois embranchements navigables, ayant ensemble 5 kil. de longueur: l’un, de Mauvagesà Houdelaincour, qui le rapproche du groupe métallurgique de la Haute-Marne; le second, qui le fait communiquer avec la Moselle à Toul ; et le troisième, qui descend dans la même rivière à Frouard , et le rattache avec Metz.
MARNES, terre voisine de S'-Cloud et de Ville-d’Avray ( Seine-et-Oise ) , et où se trouve le château de Villeneuvel’Etang. Pendant l’émigration , le duc et la duchesse d'Angoulême portèrent le nom de comte et comtesse de Marnes.
MARNESIA. V. Lezay.
MA UNIX. V. Aldegonde.
MAROBODUUS. V. Marbod.
MAROC, Merakach en langue indigène , v. de l’Afrique septentrionale, capitale de l’empire de ce nom; par 31° 37’ 20” lat. N. , et 90» 56' 24” long. O. , dans une prairie couverte de palmiers, sur la rive g. du Tensif; 70,000 hab. Rues étroites et sales; on remarque la belle tour de la mosquée Ll-Koutoubia , l'hôpital de Bel-Abbas , la place du Mesclmuar, le bazar Al-Kuisseria, le palais impérial, avec de beaux jardins, et la fabrique de maroquin jaune, qui occupe 1,500 personnes. — Fondée en 1069 par les Almoravides, cette ville eut , dit-on , jusqu’à 300,000 hab. C’est une des résidences ordinaires de l’empereur de Maroc.
Maroc (Empire de) , Etat de l’Afrique septentrionale , dans la région du Maghreb , entre 28® et 36» lat. N., 3» et 14» long. O. ; borné au N. par la Méditerranée et le détroit de Gibraltar, à l’O. par l’océan Atlantique, au S. et au S.-E. par le désert de Sahara au N.-E. par l’Algérie, dont le Kis le sépare. Superf., 752,130 kil. carrés. Pop. , 8,500,000 hab. Il est traversé de l’O. au N. par l'Atlas, dont le point culminant est le Miltsin (3,475 mèt.;, et arrosé par la Moulouia , le Loultkos , le Sebou et le Tensif au N. , le Ziz et l’Oued-Darah au S. Le sol est divisé en Tell ou pays cultivable , et Sahara ou désert. Climat trèschaud en été dans les plaines. Quelques mines de cuivre et de fer. Récolte abondante de céréales, millet, riz, mais ; mais la culture est négligée. Elève de bons chevaux et de moutons à laine fine. On trouve les arbres fruitiers, la canne à sucre , le chêne-vert , le chêne-liège , le pin , le pistachier, le genévrier, le cèdre du Liban , le dattier. Industrie peu variée : fabr. de maroquins, vêtements de laine. La religion des habitants est celle de Mahomet; cependant les Juifs, assez nombreux, ne sont pas maltraités. Le pays est divisé en tribus, régies par des oaids. L’armée se compose de 10 à 12,000 nègres, qui servent de garde à l’empereur, et où se recrutent ses bourreaux, et de levées irrégulières , presque toutes de cavalerie ; la marine militaire est peu importante. Les revenus de l’empereur sont d’environ 25,000,000 fr. ; c’est le produit des douanes et des droits sur les caravanes. Le consul-général de France
réside à Tanger, et des agents consulaires à Mogador, Laraclie , Tétouan et Rabat. Ceuta , Penon-de-Velez, Alhucemas et Mélilla appartiennent aux Espagnols. — Le Maroc , anc. Mauritanie tingitane et partie de la Mauritanie césarienne, appartint tour a tour à Carthage , à Rome, aux Vandales, aux Grecs et aux Arabes. Edris commença, à la fin du vme siècle , la dynastie des Edrissites , qui dura jusqu’en 908 ou 919; après eux vinrent les Zéirites , les Almoravides, 1069 à 1149, les Almohades, les Mérinides, 1270, et enfiu les Schéri/fes ou descendants du Prophète, 1550 , dont la dynastie règne encore. Depuis le xmc siècle jusqu’à la défaite de don Sébastien à Alcaçar-Quivir, 1578, le Maroc fut souvent attaqué par les Portugais. En 1577 , un consul français s’établit au Maroc. Sous Louis XIV, le Maroc fut en rapport avec la France, et un traité de commerce fut conclu en 1699. Depuis la prise de Gibraltar, 1704 , l'influence des Anglais remplaça celle de la France. Après la conquête de l’Algérie par les Français, l’empereur du Maroc favorisa Abd-el-Kader ; mais ses tronpes furent vaincues à Isly, en 1844, Tanger et Mogador bombardés, en 1845. V. Supplément.
MAROILLES ou MAROLLES, vge (Nord), arr. et à 13 kil. O. d’Avesnes, sur la Petite-Helpe ; 1,019 hab. Petits fromages trés-estimés.
MAROLLES (Michel de) , abbé de Villcloin, traducteur peu estimé, né en Touraine en 1600, m. en 1681, mit toute son ambition à cultiver les lettres, et lui sacrifia l’évêché de Limoges qui lui fut offert en 1625. Il accepta seulement le bénéfice de Villeloin. Ses traductions, serviles et plates, n’ont pas laissé que d’être utiles à ceux qui en ont fait après lui. Il a traduit presque tous les classiques latins, et Martial entre autres, d’une manière si maussade, que Ménage mit sur l’exemplaire dont il lui avait fait présent : « lipigrammes contre Martial. » Marolles a traduit aussi Athénée, et a laissé des Mémoires, qui sont instructifs et écrits avec clarté, méthode et naïveté, 1656, in-fol. Il avait formé deux cabinets d'estampes , dont l’un , acheté par Colbert en 1667 , est auj. à la Bibliothèque impériale de Paris. C. N.
marolles-les-braults, ch.-l.de cu.t. ( Sarthe ), arr. et à 14 kil. S.- S. -O. de Mamers; 702 hab.
MAROLOGIUM, nom latin de Marvejols.
MAROMME, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), arr. et à 6 kil. N. -O. de Rouen, sur le Cailly; 2,764 hab. Filatures de coton, teintureries, fabr. d’indiennes, papier, produits chimiques; blanchisseries.
MARON (Sl|, né en Syrie, se retira vers la fin ds. iv* siècle dans une solitude; il eut un grand nombre de disciples. Fête, le 14 février.
maron ( Jean ) , patriarche syrien de la fin du vu» siècle, fut le fondateur de la secte des chrétiens Maronites ( V. ce mol ) .
MARONÉE, Maronea, v. de l’anc. Thrace, dont le territoire possédait des "ignobles estimés.
MARONITES, peuple de la Turquie d’Asie, eyalet du Liban (B. ce mot au Supp/ém.), dans les vallées du Liban et de l’Anti-Liban; environ 180,000 têtes. Ch.-l., Deir-el- Kainr. Les Maronites sont chrétiens; mélange de Nestoriens et d’Eutycheens, ils reconnaissent la suprématie du pape. Leur chef porte le titre de patriarche d’Antioche. Ils ne sont guère soumis que de nom à la Porte.
MAROS, anc. Marisus, riv. des Etats autrichiens, prend sa source en Transylvanie; cours de 600 kil. au N. -O. entre des hauteurs jusqu’à Lippa (comitat de Ternes) ; elle est navigable depuis Carlsbourg jusqu’à la Théias, où elle se jette en face de Szegedin, arrosant Arad et Mako.
maros (Comitat du), division administrative de la Transylvanie, au centre du pays des Szecklers; 1,350 kil. carr.; 75,000 hab. Ch.-l., Maros-Vasarhély.
MAROS-VASARIIÉLY. V. VASARHF.LY.
MAROSALLUM, nom latin de Marsal.
MAROS1E ou MAROZ1A, dame romaine, d’une famille riche et puissante, épousa, en 906, Albéric, marquis de Camerino , l’un des premiers seigneurs de Rome, qui fut tué dans une sédition. Douée d’une éclatante beauté, elle fut alors recherchée par les principaux personnages de la ville, leur vendit ses faveurs au prix de palais, de châteaux, de fortunes entières, et devint ainsi propriétaire d’une grande partie de Rome et de son territoire. Elle fixa sa résidence au château S1- Ange, et offrit sa main à Guido, duc de Toscane. Les deux époux firent périr le pape Jean X et son frère, et mirent sur le trône pontifical deux de leurs créatures successivement. Marosie, veuve de nouveau, fit d’un de ses fils, âge de 21 ans, le pape Jean XI. Bientôt après, elle épousa en troisièmes noces Hugues de Provence, devenu roi d’Italie ; mais Hugues ayant souf-
MAR
fleté le fils aîné de sa femme, Albérie, celui-ci, pour se I venger, rassembla la jeunesse romaine, massacra les gardes de son beau-père, le mit en fuite lui-même, et euferma Marosie dans un couvent , où elle finit ses jours.
MA ROT (Jean), dont le vrai nom est peut-être Desmarets, poète historiographe, né au village de Mathieu près de Caen en 1457, selon les uns, en 1453, selon les autres, m. vers 1523. La lecture du Roman de la Rose lui avait inspiré le goût de la poésie. Quelques pièces agréables le firent connaître à la cour. Anne de Bretagne qui l'avait pris pour secrétaire, lui donna l’ordre de suivre en Italie le roi Louis XII, dont il célébra les exploits dans deux poèmes allégoriques. Entré au service de François 1er, comme valet de chambre, Marot composa en son honneur plusieurs poèmes adulateurs, parmi lesquels on remarque ï'Epitre des Dames au Roi étant delà les monts, 1515. Les ouvrages les plus estimés de Jean Marot sont ses deux Voyages, poèmes mêlés de prose, où l’on trouve une certaine richesse de description , et quelquefois même de l’inspiration poétique. Ses OEuvres, recueillies à Paris en 1736, ont été réimprimées avec celles de Clément Marot,
La Haye, 1731. A. R.
marot (Clément), poète célèbre, fils du précédent, né à Cahors en 1495, m. en 1544. Destiné par son père à la magistrature, il entra chez un procureur au Châtelet ou au parlement, mais abandonna bientôt l’étude des lois, pour entrer comme page chez le seigneur de Villeroy, puis comme valet de chambre au service de Marguerite de Valois, sœur de François Ier. Présenté à ce prince, il lui offrit le Temple de Cupido, propos de galanterie tournés avec grâce. Marot suivit François Ier au Camp du drap d’or en 1520 ; en 1521, il était au camp d’Attigny avec le duc d’Alençon. Après avoir servi quelque temps dans le Hainant, il se rendit en Italie, fut blessé et pris à la bataille de Pavie. De retour en France, on l’accusa de luthéranisme, et il fut jeté dans les prisons du Châtelet, malgré la protection de la cour, puis transporté dans la prison deChartres; là il composa une satire intitulée l'Enfer, dirigée contre le Châtelet. C’est là aussi qu’il retoucha le Roman de la Rose. François Ier, sorti de captivité, fit rendre la liberté à son poète favori. Marot ne tarda pas à se faire incarcérer de nouveau, pour avoir arraché des mains de la prévôté un homme que l’on voulait conduire en prison. Une gracieuse épître à François 1er décida ce prince à écrire lui-même pour demander la liberté du poète; mais les liaisons de Marot avec les luthériens lui attirèrent de nouvelles persécutions. Il s’enfuit dans le Béarn , de là à la cour de Ferrare, enfin à Venise. Ayant obtenu de rentrer en France, il fit à Lyon une abjuration solennelle, et reparut à la cour. Toutefois, Diane de Poitiers ne lui avait pas pardonné quelques épigrammes faites contre elle. Marot écrivit une traduction des Psaumes, qui , reçue d’abord avec admiration , fut bientôt condamnée par la Sorbonne comme entachée de graves erreurs. Le poète crut prudent de se retirer à Genève, et de là à Turin, où il mourut. Aucun poète français n’a surpassé Marot dans le genre familier, surtout dans l'épi gramme railleuse ou gracieuse, et dans l’épitre : abandon, naïveté, finesse dans la plaisanterie, il réunit toutes les qualités de notre vieille poésie; mais s’il en a les grâces, il eu a aussi les limites. Continuateur de Charles d’Orléans et de Villon , il a une vigueur de plaisanterie, une gaieté moqueuse, une verve poétique, qu’on ne retrouverait pas dans le premier; et, d’un autre côté, le séjour d’une cour polie, le commerce des grands, et ce sentiment d'élégance et de délicatesse que l’influence des femmes commençait à répandre sur les mœurs, ont donné à sa poésie un caractère de distinction que le second n’a pas connu. Les meilleures éditions des Œuvres de Marot sont celles de Niort, 1596, in-lb; La Haye, 1731, 4 vol. in-4°et 6 vol. in- 1 2 ; de Paris,
1824, 3 vol. in-d", avec notes et glossaire. Campenon a pu blié les OEuv. choisies, 1826. V. l’art, précédent. A. R.
makot (Jean), architecte, né à Paris vers 1630, m. vers 1695, construisit l’hôtel de Mortemart , la façade de l’église des Feuillantines, à Paris, et le château de Lavardin dans le Maine. On a de lui : le Magnifique château de Richelieu, 28 feuilles gr. in-fol.; Plans et élévation du château de Madrid ; — du Louvre , — dp Vin rennes, chaque œuvre en 3 pl. in-fol. ; Architecture française , ou Recueil des plans , élévations, couiies et profils des édifices de Paiis, publiée par Mariette, 1727, in-fol. ; le Petit Marot, recueil de plans et élévations de palais, châteaux, hôtels, églises, tombeaux, etc., 1764, 3 vol. in-4°, 217 pl.
MARoZIA. V. Mahosie.
MaRPFSSUS, montagne de l’ile de Paros, d’où l’ou tirait de beaux marbres statuaires.
MARPURG (Fréd.-Guill.), musicien et écrivain allemand , né dans le Brandebourg en 1718, m. en 1798, s'appliqua au perfectionnement des méthodes musicales, et surtout à la propagation des principes de Rameau sur la théorie de la basse fondamentale. On a de lui , entre autres écrits didactiques, un Manuel de la basse continue ; un Traité de la fui/ue ; des Lettres critiques sur la musique; des Principes de clavecin, trad. en franç., Berlin, 1756, in-8»; une Introduction critique à l'histoire de ta musique, 1759, in-4°.
MARPURGUM, nom latin de Marboühg.
MARQUE | Lettres de). V. Lettres de marque.
marque, peine qui consistait dans l’impression d’un fer brûlant sur l’épaule droite. L’empreinte fut d’abord une fleur de lis ; puis un V pour les voleurs, et les lettres G. A. L. pour les galériens. On adopta ensuite T. P. pour les condamnés aux travaux forcés à perpétuité, et T. F. pour les condamnés aux travaux forcés à temps. La marque a été supprimée en 1791, rétablie eu 1806, et abolie définitivement en 1832.
MARQUION, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), arr. et à 24 kil. S.-E. d’Arras; 842 hab.
MARQUIS , titre dont l’origine est la même que celui de margrave | V. ce moi), et qui désigna aussi un commandant de pays frontière. Après la ruine de la féodalité, ce fut une qualification nobiliaire, donnée au propriétaire noble d’une terre érigée en marquisat par lettres-patentes du roi. Dans l’ordre des dignités, les marquis étaient audessus des comtes et au-dessous des ducs. Le titre de marquis, supprimé en 1790, ne fut pas rétabli en 1H08 avec les autres titres de noblesse; mais la Restauration le conféra de nouveau.
MARQUISE, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), arr. et à 13 kil. N.-N.-E. de Boulogne; 3,522 hab. Exploitation de pierres et de marbre. Fonderie.
MARQUISES llles), dites aussi Archipel de Mendana, ou de Nouka-hiva, groupe d’îles de l’Océanie | Polynésie ), dans le Grand-Océan équinoxial, par 7° 30’-10» 26’ lat. S., 140o-143° long. O.; composé des Marquises proprement dites (Hiva-hoa, Tahouata, Fatou-hiva , Motane, F'etouhoukoul, et des Iles Washington ( Nouka-hiva , Ouapou, Houa-houna, Métou-hi , Hiaou, Fetou-hou, lie de Corail); 1,300 kil. earr.; 20,000 hab. Sol montuenx, boisé quoique volcanique. Côtes d’un accès difficile, à cause des récifs et des changements soudains de vents. Climat doux et sain. On y trouve le cocotier, le palmier, divers légumes et plantes alimentaires. Porcs et volailles en abondance. — Cet archipel , découvert par l’Espagnol Mendana en 1594, fut revu par Cook en 1774, par Ingraham en 1791, par Marchand, qui l’appela Iles de la Révolution , par Krnsenstern en 1804, et par Porter en 1813. L’amiral Dupetit- Thtmars en prit possession au nom de la France, 1842. Les habitants, soumis à des chefs de tribu, passent pour anthropophages. Les établissements français sont ceux de Taiohaé et du fort Collet dans Pile de Nouka-hiva; Vaithau , dans l île Tahouata, a été abandonné en 1347.
MAKRAD1, brg de toscane, prés du l.amone, province et à 5U kil. N.-E. de Florence; 7,530 hab.
MAKRAST | Armand), publiciste, né a Sl-Gaudens ( Hlc-Garonne ) en 1802, m. en 1852, était, fort jeune encore, professeur de rhétorique au collège d'Orthez, quand le général Lamarque l’appela à Paris. Il fut pendant quelque temps maître d’études au collège Louis le Grand, puis occupa avec honneur une chaire (le l’Athénée; une destitution, pour quelques paroles prononcées sur la tombe de Manuel, le jeta de l’enseignement dans le journalisme avec toute la fougue de la jeunesse. Le journal la Tribune, dont il fut un des fondateurs, devint entre ses mains un pamphlet. Jeté en prison , il s'évada, se réfugia en Angleterre, s’y maria, et, à son retour en France, prit au journal le National la place restée vide d'A. Carrel. Il eut moins de grandeur et de force que ce publiciste, mais plus de vivacité caustique. A la révolution de 1848 , Marrast devint maire de Paris, membre du gouvernement provisoire, président de P Assemblée constituante, et rapporteur de la Constitution. En 1849, ses électeurs ne le renvoyèrent pas à l'Assemblée législative. Dans ces temps difficiles, il eut le courage de la modération, supporta sans se plaindre, le délaissement publie, et mourut pauvre. G. L.
MARREAC ou MEREAU, signe materiel , employé, du xvi' au xvme siècle, par les protestants français qui voulaient être admis a la Cène. Ils le recevaient de ienr pas- | teur, après lui avoir exprimé le désir de communier, et le i déposaient sur la sainte tableau moment ou ils » y présentaient ("était une médaille de plomb, représentant,
' d'un côté, la Bible ouverte, frappée des rayons du soleil,
I symbole de la lumière du Saint Esprit, et offrant aux re-
MAR
MAR
gards ces paroles : » Ne crains point, petit troupeau (S1 Luc, i xij, 32) ; de l'autre côté, une plaine déserte rappelait
l’isolement des églises protestantes et leur délitaient quand elles prirent le nom d 'églises du désert , et , près d’un chene, symbole de la protection divine, se trouvait un berger ou pasteur , portant ses regards vers une croix d’où pendait une oriflamme, et tenant d’une main un cor pour annoncer l’Evangile, de l’autre une houlette pour conduire ses brebis. Sur chaque marreau était gravée la première lettre du nom de l’église où il était donné. Marreau, en latin marallus, est probablement dérivé de matricula ou meracula. La matière des marreaux varia beaucoup ; ils furent successivement en papier, en carton , en cire, en cuir, en verre, et, en dernier lieu, en plomb et en cuivre. On s’en servit souvent comme de jetons pour des distributions, etc. A. G.
MARRUBIUM, v. de l’Italie ancienne ( Samnium), capit. des Marses, sur la rive E. du lac Fucin. Auj. San-Renedetlo.
MARRUCINS, Marrucini , peuple de l’anc. Italie centrale (Samnium), à l’E. des Marses; villes: Corfinium , Atemum. Soumis par les Romains en 305 av. J.-C.
MARRYAT (Francis), romancier anglais, né dans le comté de Suffolk à la fin du siècle dernier, m. en 1848, entra dans la marine, devint capitaine, et ne commença à écrire qu’en 1827. Ses romans, presque tous maritimes, ont eu un grand succès. Il en publia environ 30, dont les principaux sont : Pierre Simple, Japhet à la recherche d’un père, Rattlin le mousse, Jacob fidèle, le Midshipman aisé, l'Officier de marine , le Vieux Commodore, le Vaisseau fantôme, le Pauvre Jack, Percival Keene. On lui doit aussi un Journal d’un voyage en Amérique, 1839, 3 vol. in-8° , avec des observations d une franchise piquante, qui lui firent bien des ennemis. S js romans sont remarquables par la vérité des tableaux et celle des caractères. 11 en a été fait trois traductions françaises par MM. Defauconpret , Alt», de Montémont, et Razey.
MARS, en grec Ares, Mamers des Sabins, Mavors et Gradivus chez les poètes ; fils de Jupiter et de Junon , ou de Junon seule ; dieu de la guerre, personnification de la violence et de la rage brutale, comme Minerve l’est du courage uni à la sagesse. Aussi protège-t-il les Troyens , c.-à-d. les barbares , et Minerve les Grecs. Ayant tué Halirrothius, fils de Neptune, celui-ci le cita devant les dieux réunis sur une colline près d’Athènes II rut acquitté. Ainsi fut institué, dit-on, le tribunal de l’Aréopage (colline de Mars), dont l’établissement est aussi attribué à Minerve. Mars était honoré chez les Grecs, mais beaucoup moins que chez les Thraces, et surtout chez les Romains, qui le regardaient comme le père de Romulus. Il avait à Rome un collège de prêtres, les Saliens. Le 1” mois de l’année portait son nom; le mardi lui était dédié. Entre autres animaux , le coq lui était consacré. On trouve peu d’images de ce dieu chez les Grecs ; elles sont, au contraire, très-nombreuses dans l’art romain. P.
mahs , le 1er mois de l’année romaine primitive , et le 3e du calendrier grégorien , fut dédié par Romulus au dieu Mars. 11 était symbolisé par un homme vêtu d’une peau de louve. Dans divers pays, au moyen âge, c’était aussi le l«r mois. Aux vm« et ix« siècles, on le trouve désigné ainsi dans des Actes de conciles. Ce mois a 31 jours; c’est le 21 que le printemps commence.
mars ( Anne-Françoise-Hippolyte , M1*» ), célèbre comédienne , fille de l’auteur-acteur Monvel, et d’une actrice nommée Mars , née à Paris en 1778, m. en 1847, fut destinée à 1 art dramatique , et débuta , à 13 ans , sur le théâtre Montansier, à Paris. Le succès ne pouvait manquer à la réunion vraiment unique de ses qualités : beauté déjà éclatante , intelligence déjà fort développée , talent que le temps et les conseils de Mlle Contât portèrent à la perfection. En 1795 , Mlle Mars joua sur le théâtre Feydeau, et fut comprise parmi les comédiens de 1er ordre qui reconstituèrent le Théâtre-Français. Sa physionomie, à la fois gracieuse , mobile et piquante , son jeu naturel et fin, son organe enchanteur, prêtèrent un nouveau charme aux rôles des ingénues et des amoureuses ; la perfection de son jeu la fit surnommer V Inimitable et le Diamant. Tout en conservant ses grâces naives dans les rôles ingénus , elle se p iaça , vers 1812, au 1er rang dans l’emploi des grandes coquettes, et nous rendit Célimène, Araminthe, Céliante, Elmire, etc. , avec toutes leurs séductions. Identifiée avec le génie de Molière et l’esprit de Marivaux, son jeu était le commentaire le plus intelligent de leurs chefs-d’œuvre. Ses eréations dans les pièces contemporaines, comme les rôles de Betty dans la Jeunesse d’Henri V, d Emma dans la Fille d’honneur, de lady Athol dans Edouard en Ecosse, de
Mme d’Orbeuil dans le Secret du ménage , de M"« de Belisle, de Valérie, d’Hortense le l 'Ecole des Vieillards, mirent le sceau à la réputation de son talent sans égal dans le comique noble et décent , et qui fit avec succès quelques excursions dans la tragédie. Mlle Mars a toujours conservé la jeunesse de son organe, et faisait encore illusion dans sa vieillesse; elle quitta la scène en 1841. J. T.
mars (Ecole de). V. école de mars.
mars (Champ-de-). V. champ-de-marS.
MARS-LA-JA1LI.E (saint-), ch.-l. de cant. (Loiro-Infé= rieure), arr. et à 20 kil. N. d’Ancenis ; 741 hab. Comm, de grains.
MARSAILLE (LA), ( Marsaglia ) v. du royaume d’Italie, province de Cuneo, arr. et à 15 kil. N.-E. de Mondovi; 957 hab. Victoire de Catiuat sur le duc de Savoie Victor- Amédée, 4 octobre 1893.
MA RSA L, Marosallum, Marosallensisvicus, vge (Meurthe) , arr. et à 8 kil. E.-S.-E. de Château- Salins, près de la Seille; 954 hab. Place de guerre, assise sur un radier artificiel, dit briquetage de Marsnl, jeté sur le marais de la Seille par les Gaulois. Elle fut fortifiée en 1260, démantelée, (mis restaurée par Louis XIV. 11 y a à Marsal une saline considérable, qu’on a cessé d’exploiter en 1699.
MARSALA, v. de Sicile, sur la Méditerranée, dans la prov. et à 27 kil. S. -O. de Trapani; 17,730 hab. Elle occupe la partie S. de l’emplacement de l’anc. Lilybée, dont il reste des ruines intéressantes d’aqueducs, de tombeaux, etc. Gharles-Quint, craignant une descente des Turcs, fit combler son port, 1532. Commerce de vins blancs renommés, huile, sel, blé, sonde, et fruits.
MARSALQU1 VIR. V. Mers-el-Kéeik.
MARSAN (LE), petit pays de l’anc. France (Gascogne), dans la Chalosse; ch.-l., Mont-de-Marsan. Elabité, du temps de César, par les Elusates, il fut ensuite compris i ans la Novempopulanie, passa sous la domination des Wisigoths, eut des vicomtes particuliers, et fut réuni au Béai n en 1256. Il est compris auj. dans le département des Landes.
MARSANNE, ch.-l. de cant. (Drôme), arr. et à 16 kil. N.-E. de Mon.élimart; 555 hab. Culture de mûriers et récolte de soie; exploitation de bois et de pierres de taille.
MARSBERG ou S l’AD l’BERG , anc. Ehresburgum , v. des Etats prussiens ( Westphalie), sur le Diemel, dans la régence et à 52 kil. E. d’Arnsberg; 3,00o hab. Maison d’aliénés. Forges et fonderies aux environs.
MAR5DEN (William), orientaliste, né en 1755 à Wicklow (Irlande), m. en 1837, fut résident anglais à Bencoulen (Sumatra), puis secrétaire de l’amirauté. Il a laissé : Histoire de Sumatra, Loml., 1783, trad. en français par Parraud, 1785; Grammaire et dictionnaire de la langue malaie, 1812; une traduction anglaise du Voyage de Marco- Polo, 1818, avec de savants commentaires.
SVIÂRSD1EP, détroit qui sépare l’ile du Texel de la terre ferme.
MARSEILLAIS, MARSEILLAISE (LA). V. Supplément.
MARSEILEAN, brg (Hérault), arr. et à 28 kil. E. de Béziers, petit port sur l’étang de Tliau; 3,786 hab. Vins, liqueurs.
MARSEILLE, anc. Massilia , ch.-l. du département des Bouches-du-Rhône, à 862 kil. S.-S.-E. de Paris, et 350 de Lyon, par chemin de fer, la 3e ville par sa population, et le plus important des ports commerciaux de France, sur la Méditerranée; par 43° 17’ 52" lat. N., et 3° P 18" long. E.; 77,222 hab. en 1789; 109,483 en 1821 ; 148,830 en 1831 ; 154,035 en 1841 ; 300,131 en 1866. La ville, animée et bruyante, s’élève en amphithéâtre au-dessus du port, dans une situation magnifique; à gauche, en venant de la mer, est la vieille ville, sombre, sale, tortueuse, où l’on voit un hôtel de ville remarquable, et des restes de remparts du temps des Romains; à droite, est la ville nouvelle, avec de beaux quartiers neufs, une belle et célèbre promenade dite la Canebière qui domine le port, et le Cours, magnifique avenue s’étendant depuis l'are de triomphe de la porte d'Aix jusqu'à l'obélisque élevé prés de la porte de Rome, sur une longueur de 2 kil. : il forme la limite des deux villes. On y voit la statue en bronze de l’évêque Belzunce. Tous les quartiers sont abondamment pourvus d’eau par un canal d’irrigation dérivé de la Durance, et inauguré en 1850. Sa longueur est de 120 kil.; construit par l’ingénieur Montricher, il a coûté 40,000,000 de fr. à la ville. Il vivifie aussi la banlieue, émaillée de plus de 5,000 bastides ou maisons de campagne. Vaste abattoir, halle centrale pour la vente en gros, 3 halles au poisson pour la vente en détail, et 3 grands marchés aux légumes. Marseille a un évêché suffragant d’Aix, une église consistoriale calviniste, une église schismatique grecque, et 1 uue synagogue. Ch.-l. de la 9e division militaire et de la
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16e légion île gendarmerie. Tribunaux de lre instance et de commerce. Faculté des sciences; école préparatoire de médecine, école d’hydrographie, école d’arabe vulgaire, école d’industrie et de commerce, école de sourds-muets. Bel observatoire. Lycée important; musées de tableaux, d’antiquités, de médailles, d’histoire naturelle; riche bibliothèque, jardin botanique. Conservatoire de musique. Académie des sciences, belles-lettres et arts ; sociétés de médecine, d’agriculture, de statistique. Manufacture impériale et entrepôt des tabacs. Direction des subsistances militaires; raffinerie de salpêtre; entrepôt des poudres. Hôtel-Dieu; hospices de la Charité, des Aliénés , de la Maternité , etc. Parmi les monuments , on remarque l’anc. cathédrale, dite la Major, qui était un temple de Diane: l’antique église Sl-Victor; Ste-Madeleinc, anc. église des Chartreux; les caves de l’abbaye de Sl-Sauveur, le Grand-Théâtre. Lazaret et intendance sanitaire aux iles du Frioul. Bourse, succursale de la Banque deFrance. Consulats de toutes les puissances européennes. Le vieux port peut contenir 1,200 bâtiments; l'entrée en est défendue par les forts bl-Nicolas à droite, et Sl-Jean à gauche. Les ilôts fortifiés d’if, Pomègue, et Ratonneau, réunis au moyen d’une digue, ferment la rade. Un autre port, terminé en 1855, au quartier dit de la Jolielle, nom tiré de Julius (Jules César), a été créé par une digue de 1,220 met. de long, jeté à 400 mèt. en mer parallèlement à la côte, et par deux autres digues perpendiculaires à la précédente, enracinées au rivage, distantes entre elles de 500 mèt., et laissant chacune une entrée, que protège le prolongement de la digue du large. Le bassin ainsi formé communique avec l’ancien port par un large canal qui passe en arrière du fort S‘-Jean. Le commerce embrasse le Levant, l’Afrique septentrionale, l'Italie, l’Espagne, la Hollande, l’Angleterre, la Baltique, les Antilles, l'Amérique. Industrie très-active : nombreuses et grandes savonneries très-renommées, produisant plus de 60 millions de kilog. par an, raffineries de sucre, de soufre, fonderies de fer et de plomb ," tanneries, minoteries, fabr. de vinaigre, d’huiles de graines; manutention des vins, pâtes d'Italie, bougie, liqueurs fines, produits chimiques; quincaillerie, carrosserie, teintureries, verreries, maroquineries. Chemin de fer sur Toulon. Importants services de bateaux à vapeur pour toute la Méditerranée, la mer Noire, les mers du Nord et d’Irlande. Chantiers de construction maritime; fabriques de cordages, toile à voiles, tapis, etc. Aux environs de la ville est le fort de la Garde, avec une chapelle du même nom, très-vénérée des marins. — Marseille fut fondée vers 600 av. J.-C. par une colonie phocéenne que conduisait Protos ou Protis; une seconde colonie arriva en 542. La prospérité et le commerce de la nouvelle ville se développèrent rapidement; elle devint la rivale de Carthage et l'alliée de Rome. Elle envoya sur les côtes de la Méditerranée de nombreuses colonies (Nice, Antibes, la Ciotat, Agde , etc.), qui lui restèrent soumises; ses navigateurs, vers 350, s’avancèrent jusque dans la Baltique, et découvrirent la côte d’Afrique jusqu’au Sénégal. Ce furent ses habitants qui, menacés par les peuplades voisines, appelèrent les Romains dans les Gaules, 153 et 125 av. J.-C. Marseille conserva son indépendance après la conquête des Gaules ; mais comme elle adopta le parti de Pompée , César l’assiégea et la prit 49 av. J.-C. Sous l’empire romain, ses écoles devinrent célèbres, et lui méritèrent le nom de nouvelle Athènes. Le christianisme y fut introduit au 111e siècle; car on ne peut admettre la tradition selon laquelle il aurait été apporté par Lazare, le ressuscité de l’Evangile. Les Barbares, surtout les Sarrasins, ravagèrent Marseille; elle passa, au IXe siècle, sous la domination de Boson, roi d’Arles; au xe, la ville basse, qui avait conservé son organisation romaine, fut soumise à un vicomte; elle garda cependant son ancien conseil, qui, après de fiéquentes révoltes, reprit tout son pouvoir, et la ville fut de nouveau érigée en république , 1214. Quant à la ville haute , elle appartenait à l'évêque. Au xm* siècle, la ville entière reconnut le pouvoir des comtes de Provence. Saccagée en 1423 par Alphonse d’Aragon, le roi René répara ses désastres. En 1481 , elle fut réunie, avec la Provence, à la couronne. En 1524 , elle résista au connétable de Bourbon. Les guerres de religion y furent sanglantes; Marseille ne se soumit à Henri IV qu’en 1596. Louis XIV lui ôta ses franchises en 1660. En 1720, une peste enleva 40,000 personnes; l’évêque Belsunce montra alors un zèle et un dévouement restés célèbres. Marseille ayant , en 1793, pris parti pour les Girondins, fut prise, et soumise au régime de la 1 erreur. Son commerce, entièrement maritime, ne se releva qu’à la Restauration ; la conquête d’Alger lui a ouvert une
nouvelle ère de prospérité. Des communications régulières sont établies avec l’Italie, Alger, Oran, Stora, et l'Orient, par paquebots à vapeur. — Patrie de Pythéas, Pétrone , Masearon, Puget, H. Durfé , Dumarsais , Barbaroux, MM. Thiers, L. Raybaud , etc. B.
Marseille, ch.-l. de cant. (Oise), arr. et à 19 kil. N. -O. de Beauvais; 744 hab. Bonneterie de laine. Château.
MARSES, Marsi, peuple de l’anc. Italie centrale (Summum ), de la famille sabellienne, au S. du Latium, au S. -O. des Vestins et des Marrucins, et dans les montagnes qui entourent le lac Fucin. Capit., Marrubium. Ils étaient renommés pour leur bravoure.
marses (Guerre des). V. guerre sociale.
marses, tribu de la Germanie, dans le groupe des Istévons, au N. de la Lippe, faisait partie de la ligue Chérnsque.
MARSH (James), chimiste anglais, né en 1789, m. à Woolwich en 1846, est célèbre par la méthode qu’il fit connaître pour déceler la présence de l’arsenic dans les matières qui en contiennent de très-minimes quantités. Quoique son appareil, inventé en 1836, ne soit plus employé, tous ceux qui ont été modifiés depuis, portent son nom, que la science a consacré pour reconnaître l’immense service qu’il a rendu à la chimie toxicologique, aux expertises médico-légales. Marsh occupa pendant 40 ans une modique place à l’arsenal de Londres, et a laissé une famille dans un état voisin de la misère. C. L.
MARSHAM (Thomas), écrivain anglais, né à Londres en 1602, m. en 1683, perdit une place de secrétaire de la chancellerie pour son attachement à Charles Ier. On a de lui : Dialriba chronologica , Lond-, 1649, in-4°, examen des difficultés qui se rencontrent dans l’Ancien Testament; Canon chronicus œgyptiacus, hebraïeus, grœcus, 1662, in-fol., où il réduit considérablement l’antiquité d’origine que s’attribuaient les Egyptiens, par l’hypothèse vraisemblable que plusieurs de leurs dynasties de rois furent simultanées et non successives ; en soutenant que les rites judaïques étaient empruntés aux Egyptiens, il eut de vives querelles avec Menoke, Prideaux, et le P. Noël Alexandre.
MARSI ( O Nl'OVO, v. du roy. d’Italie, dans la province et à 35 kil. S.-O. de Potenza; 9,864 hab. Evêché sutfragant de Salerne.
m a ksico-v etkre , Abellinum marsicum, v. du royaume d’Italie, dans la prov. et à 31 kilomèt. S.-O. de Potenza; 3,700 hab.
MARSIGLI (Louis-Ferdinand, comte de), géographe et naturaliste, né à Bologne en 1658, m. en 1730, visita Constantinople et la Turquie, puis entra au service de l’empereur Léopold Ier dans la guerre contre les Turcs. Blessé et pris au passage du Raab, 1683, il fut délivré en 1684, dirigea les travaux du siège de Bude, et fut lait colonel en 1690. A la paix de Carlowitz, il lut nommé commissaire de l’empereur pour la délimitation des frontières de la Dalmatie, et rapporta de Constantinople un grand nombre de manuscrits orientaux. Pendant la guerre de la succession d’Espagne, Marsigli défendit Brisach sous les ordres du comte d’Arco. Cette place s’étant rendue au duc de Bourgogne, 1703, l’empereur irrité fit commencer une enquête, à la suite de laquelle Marsigli fut condamné à la dégradation. Cette sentence parut d’une sévérité outrée, et Marsigli trouva dans la culture des sciences la consolation d’une disgrâce injuste. Il était associé étranger de l’Académie des sciences de Paris, et de la Société royale de Londres. Parmi ses ouvrages, on distingue : Osservazioni intorno al Bosforo Tracio ovvero canule di Constantinopoli , Rome, 1681, in-fol.; Dissertatio de generalione f ungorum , ibid. , 1714, in-fol.; Brieve ristretlo del saggio /ia ico intorno alla storia del mare, Venise, 1711 , in-fol., trad. en français par Leclerc sous le titre A' Histoire physique de la mer, Amst., 1725, in-fol., avec 40 planches; Danubius pannonicomysicus observationibus geographicis , astronomicis , hydrographicis, hisloricis, physicis, perlustratus , La Haye, 1726, 6 vol. in-fol., trad. en français, ibid., 1744, in-fol ; /fiat militaire de l'Empire ottoman, ses progrès et sa décadence, en italien et en français, Amst., et La Haye, 1732, in-fol., avec 44 planches. V. son Eloge par Fontenelle.
MARSII.LAC (Le prince de). V. La Rochefoucauld.
MARSILLARG UES ou MASSILLARGUES, bourg (Hérault), arr. et à 28 kil. E.-N.-E. de Montpellier, sur la rive dr. de la Vidourle; 3,258 hab. Eglise calviniste.
MARSI N ou MARCHIN (Ferdinand, comte de), né en 1656 dans le pays de Liège, ni. en 1706, entra, dès l’âge de 17 ans, au service de la France fut nommé, en 1686, brigadier de cavalerie, servit, ei 1690. en Flandre, fut blessé à la bataille de Fleurus se trouva à celle de Nerwiude et à la prise de Charleroi, et passa ensuite en Italie,
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où il obtint le grade de lieutenant-général. 11 fut lié avec Fénelon et le duc de Beauvilliers. Ambassadeur de Louis XIV auprès de son petit-fils Philippe V, roi d’Espagne, 1701, maréchal en 1703, il fut défait avec Tallard à Hochstædt, 1704, et périt au siège de Turin. C’était un bon officier, mais un général médiocre. B.
MARSIQUE (Guerre). V. Guerre sociale.
MARS1VAN, Euchnites , puis Theodoropolis , v. de la Turquie d’Asie, eyalet et à 230 kilom. N. -O. de Sivas; 2,000 hab. Victoire de Jean Zimiscès sur les Bulgares.
MARSOLL1ER (Jacques), chanoine régulier de la congrégation de Ste-Geneviève, né à Paris en 1647, m. en 1724, a laissé : Histoire de l'origine des dîmes et autres biens temporels de l'Eglise, Lyon, 1689, in-12 ; Histoire du cardinal Ximénès, Toulouse, 1693, 2 vol. in-12; Histoire de Henri Vil, roi d’Angleterre, Paris, 1697, 2 vol. in-12, son meilleur ouvrage; Histoire de V Inquisition et de son origine, Cologne, 1693, in-12; Vie de St François de Sales, 170i, 2 vol. in-12; Vie de l'abbé de Rance, 1703, 2 vol. in-12; Vie de la bienheureuse Mère de Chantal, 1715, 2 vol. in-12; Histoire de Henri de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, 1718, 3 vol. in-12; Apologie d'Erasme, 1713, in-12; Entretiens sur les devoirs de la rie civile, 1715, in-12. Marsollier est un homme savant et laborieux, mais sans jugement, et tombe quelquefois dans le paradoxe ; son style, le plus souvent familier et même trivial, brille quelquefois par des ornements affectés , par un tour trop oratoire. B.
marsollier des vivetieres (Benoit-Joseph), poëte comique, né à Paris en 1750, d’une famille de magistrature fort riche, m. en 1817, annonça de bonne heure un goût prononcé pour le théâtre, donna en 1774 au Théâtre- Italien un opéra-comique qui fut suivi de quelques comédies en prose, et d’un grand nombre d’autres pièces dont la plupart eurent beaucoup de succès. On peut citer parmi ses opéras-comiques : Nina, ou la Folle par amour , 1786; les Deux petits Savoyards, 1789; Camille, ou le Souterrain, 1791; la Maison isolée, 1797 ; Gulnare, ou T Esclave persane, 1798; Adolphe et Clara, 1799; l’Irato , 1801; Edmond et Caroline, 1819, etc. La musique de ces opéras fut faite le plus souvent par Méhul, Gaveaux, et Dalayrac. Marsollier a composé environ 50 ouvrages dramatiques; il entend bien la scène, il a de l’esprit, de la grâce, de la délicatesse, mais il travaillait légèrement. On a publié ses OEuvres choisies, en 3 vol. in-8°, Paris, 1825.
MARSON, ch.-l. de cant. (Marne), arr. et à 14 kil. E. de Châlons-sur-Marne; 361 hab.
MAii.Si ALL, i rg de Prusse (Slesvig), à l’extrémité E. de l’ile d’Aaroë; 1,500 hab. Petit port de commerce; elianticrs «le construction.
MARSTON-MOü’.i , lieu d’Angleterre, comté et au N. -O. d'York, près de Tockwith ; célèbre par une victoire de Fairfax et de Leslie, chefs des troupes du Long-Parlelement, sur le prince Rupert, commandant de l’armée royale, en 1644.
MARSTRAND, v. de Suède, dans le lan et à 45 kil. N.- O. de Gôtheborg, petit port dans une île du Cattégat; 1,200 hab.
MARSY (Balthasar et Gaspard), sculpteurs français, originaires de Cambrai, le premier né en 1624, m. en 1674, le second né en 1628, m. en 1681, vinrent à Paris en 1648 , et travaillèrent pour Sarrazin et Buyster. Ils furent chargés ensuite de la décoration de d’hôtel de La Vrillicre, et de celle de la chapelle basse des Martyrs à l’abbaye de Montmartre. A Versailles, ils exécutèrent les figures en bronze qui décorent , dans le parc, les bassins du Dragon , de Bacchus et de Lalone , et les Deux Tritons abreuvant les chevaux du Soleil au bassin des bains d’Apollon. Les ouvrages particuliers de Gaspard, tels que les figures du Point du Jour, de V Afrique, de Mars et d’Iincelade, à Versailles, le bas-relief de la Porte Sl-Martin du côté du faubourg , représentant Mars portant l'écu de France et repoussant l’aigle impériale, et le groupe de Borée enlevant Orythie, au jardin des Tuileries, sont inférieurs â ceux qu’il a faits en société avec son frère. B.
marsy I François-Marie de), littérateur, né à Paris en 1714, m. en 1763, entra chez les jésuites, se fit connaître par deux poèmes latins sur la tragédie, 1734, et sur la peinture, 1736, rentra bientôt dans le monde, et publia, pour vivre, de nombreux ouvrages, entre autres : Histoire de Marie Stuart, Paris, 1742, 3 vol. in-12; Dictionnaire abrégé de peinture et d'architecture, ibid. , 1746, 2 vol. in-12; Histoire moderne des Chinois et des J apo’.wis, ibid., 1754-78, 30 vol. in-12, ouvrage médiocre, dont les 12 premiers seulement sont de lui, et les autres d’Adrien Richer; Analyse des œuvres de Bayle, Londres, 1755, 4 vol. in-12, qui le fit mettre à la Bastille; une édition de Rabelais, sous le
titre de Rabelais moderne, Paris, 1752, 8 vol. in-12, où il a rajeuni le style, en lui faisant perdre sa naïveté.
marsy (Claude-Sixte sautereau de), littérateur, né à Paris en 1740, m. en 1815, entreprit, en 1765, avec Maton de La Cour, la publication de l’ Almanach des Muses , et y travailla jusqu’en 1793, 28 vol. in-12. On a de lui eu outre : Nouvelle anthologie française, 1769 ou 1787, 2 vol. in-12, recueil estimé; Annales poétiques (avec Imbert), 1778-88, 40 vol. in-12; Poésies satiriques du XVIIIe siècle, Londres, 1782, 2 vol. in-18; Tablettes d'un curieux, 1789, 2 vol. in-12 ; le Nouveau siècle de Louis XIV (avec Noël), 1793, 4 vol. in-8°; OEuvres choisies de Pope, 1800, 3 vol. in-12; Lettres choisies de Mmt de Maintenon, 1806, 6 vol. in-12, etc. De Marsy ne fut guère qu’un compilateur instruit, mais dont la plupart des recueils sont assez bien faits pour conserver toujours un véritable intérêt littéraire.
MARSY AS, né à Célènes en Phrvgie , inventeur de la flûte, ou seulement habile à en jouer, osa lutter avec Apollon , fut vaincu , et condamné à être écorché vif. On le représente tantôt sous la figure d’un Silène, tantôt sous celle d’un Satyre. Il avait à Rome, sous cette dernière forme, une statue sur le Forum , près des Rostres, comme emblème de la liberté de la ville. Elle était le rendez-vous des gens d'affaires, et le tribunal du préteur se trouvant aussi dans le voisinage , les orateurs qui avaient gagné une cause importante venaient offrir une couronne à Marsyas, soit par un hommage à l’harmonie, soit parce qu'ils le regardaient comme la personnification d'un jugement sévère, mais équitable.
marsy as, riv. de l’anc. Phrygie, affl. du Méandre près de Célènes, tirait son nom du joueur de flûte Marsyas.