MA RT A (SANTA-). V. MARTHE ( SAINTE
MARTABAN, v. de l’Indo-Chine, sur le Salouen, à 54 kil. de son embouchure, à 163 kil. S.-E. de Pégu; 6,000 hab. Capit. du pays de même nom. Elle a perdu son importance depuis la guerre du Pégu en 1741. Les Anglais y ont eu un comptoir; ils l’ont prise en 1852. — Le Martaban est situé entre l’Empire birman au N., le royaume de Siam à l’E. . la prov. d’Yé au S. , et le golfe de son nom à l'O. ; 200 kil. sur 150 ; 24,000 hab. Climat salubre. Sol très-fertile. C’était autrefois un royaume indépendant ; il fut conquis en 1745 par les Birmans, auxquels les Anglais en ont enlevé une grande partie. Ces derniers ont leur principal établissement à Amherst-Town.
martaban ( Golfe de), Sarabacus ou Sabaricus sinus, partie du golfe du Bengale , comprise entre le cap Negraïs à l’O. et la prov. d’Yé à l'E.
MARTAINVILLE (Alphonse), homme de lettres, né en 1777 à Cadix, de parents français, m. en 1830, fut traduit à 17 ans devant le tribunal révolutionnaire, devint, après le 9 thermidor, un des chefs de la jeunesse dorée | V. ce mot), et se compromit plusieurs fois sous l’Empire de Napoléon Ier par des chansons hardies. En 1814, il arbora, l’un des premiers , la cocarde blanche , rédigea , en mars 1815, une Adresse énergique aux volontaires royaux, et, lorsque la Chambre des représentants eut décrété la peine de mort contre ceux qui provoqueraient le retour des Bourbons, il osa publierune autre A dresse, dans laquelle il déclarait aux députés qu’ils n’avaient d’autre parti à prendre que d'aller se jeter aux pieds du roi. Attaché tour à tour au Journal de Paris, à la Gazette de France, à la Quotidienne, il les quitta parce qu’il trouvait ces journaux trop tièdes royalistes , et fonda, en 1818 , le journal le Drapeau blanc, où il se fit une grande réputation par le tour vif et piquant de ses articles , et l’exagération de ses opinions politiques. Au milieu des luttes de la politique , il écrivit pour les théâtres de second ordre une quantité de pièces, dont quelques-unes sont pleines de verve et de gaieté; les plus connues sont; le Concert de la rue Feydeau, 1795; Pataquès, 1803; le Pied de mouton, 1807; la Queue du diable, 1808; M. Crédule, 1812; Taconnet, 1816; Une demi-heure de cabaret. Il a donné, en collaboration avec C. Etienne, une Histoire du théâtre français, depuis le commencement de la Révolution jusqu'à la réunion générale , Paris , 1803 , 4 vol. in-12.
MARTEL, ch.-l. de cant. (Lot) , arr. et à 36 kil. N.-E. de Gourdon ; 1,828 hab. Belle et très-anc. église , dont on attribue la fondation à Charles-Martel.
MARTELANGE, vge de Belgique (Luxembourg), sur la Sure, à 26 kil. E. de Neut'château ; 1,100 hab. Ardoisières considérables.
MARTELLO (Pierre- Jacques), poëte bolonais, né en 1665, ni. en 1727 , fut professeur de littérature à Bologne. Il a laissé des satires assez médiocres, quelques comédies où il imite Molière et des tragédies plus régulières qu’ori ginales; car Corneille et Racine ont été ses modèles, mè ne
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pour les formes de la versification. Il a essayé d’introduire I l’alexandrin dans la langue italienne ; c’est ce qu’on appelle le vers marlelliano. La meilleure édition de ses Œuvres est celle de Bologne , 1723-35 , 7 vol. in-8°.
MARTELLY | Honoré-François-Richard) , poète et acteur comique, né à Aix (Provence) en 1751 , in. en 1817, n’est plus guère connu que par une comédie en 5 actes en prose, les Deux Figaro ou le sujet de comédie , jouée en 1790, et dont l’intention satirique est dirigée contre Beaumarchais. Il y a de la gaieté et de l’esprit daus cet ouvrage, qui n’est cependant pas une bonne comédie.
MARTÈNE (Dom Edmond), savant bénédictin de la congrégation de SMVIaur, né à Sl-Jean-de-Lôue en 1654 , m. en 1739, étudia sous la direction de Mahillon, et onsacra toute sa vie à de laborieuses recherches sur la diplomatique. Après avoir visité les archives de France, il parcourut l’Allemagne et les Pays-Bas , et y recueillit également de précieux documents historiques et littéraires. On lui doit : de Antiquis monachorum ritibus libri v, Lyon, 1690,
2 vol. in-4°; de Antiquis Ecclesiœ ritibus libri lit, Rouen, 1700-02, 3 vol. in-4°; Tractatus de antiqud Ecclesiœ disciplinâ in divinis celebrundis ofjiriis , Lyon, 1708, in-4°; Thésaurus novus anecdolorum , publié de concert avec D. Ursin Durand , Paris, 1717 , 5 vol. in-fol. ; Voyage littéraire de deux Bénédictins, 1724 , 2 vol. in-4° ; Veterum scriptorum et monumentorum hisloricorum , dogmaticorum et morulium amp lissima colleclio, Paris, 1724,29 et 33, 9 vol. in-fol. D — T — K.
MARTENS ou MERTENS (Thierry | , imprimeur, né à Alost en 1454, m. en 1534, est célèbre autant par son savoir dans les langues anciennes et modernes , que par son talent comme typographe. Il imprima à Anvers dès 1478, revint à Alost en 1487, et s’établit définitivement à Louvain en 1512, Il donna de belles éditions en caractères romains inconnus à ses prédécesseurs ; ses éditions grecques furent également remarquées: Eu 1528, il se retira dans le couvent des Guillemites d’Alost.
maktens (Guillaume-Fredéric de), diplomate et jurisconsulte, né à Hambourg en 1756 mort à Francfort en 1821 , fut professeur de droit public à Gœttingue en 1784 , conseiller du royaume rie Westphalieen 1809, secrétaire du congrès de Vienne en 1814, et député du Hanovre près de la diete germanique en 1816. On a de lui : Précis du droit des gens de l’Europe, Gœttingue, 1789, 2 vol. in-12, et Paris, 1831 ; Itecueil des principaux traités de paix depuis 1761, ibid. , 1791-1800, avec un Supplément, 1802-18, et une continuation par son neveu Ch. de Martens, en tout 28 vol. in-8®, complément du recueil de Dumont et Rousset; Cours diplomatique , Berlin, 1801, 3 vol. in-8«. Ces ouvrages sont écriis en français. — Son neveu , le baron Charles de Martens, a publié : Manuel diplomatique, Leipzig, 1823-32, refondu sous le titre de Guide diplomatique, Paris, 1837, 3 vol. in-8® ; Causes célébrés du droit des gens, Leipzig, 1827, 2 vol. in-8° ; Recueil manuel des traités , Leipzig , 1845.
MARTHE |Ste), sœur de Marie et de Lazare, recevait Jésus dans sa demeure, quand il était à Béthanie. Elle s’unit à sa sœur pour obtenir de leur hôte divin la résurrection de Lazare. On ignore ce qu’elle devint dans la suite. Fête, le 29 juillet.
martiie (Sœurs de S*'). V. Augustines.
Marthe (Anne eiget, dite sœur), née à Thoraise près de Besançon en 1748, m. en 1824, entra au couvent de la Visitation. Forcée d’en sortir pendant la Révolution, elle s’établit à Besançon, où sa charité la fit bientôt connaître; elle l’exerça surtout envers les prisonniers de guerre étrangers, qu’on envoyait dans cette ville ; en 1814, elle suivit les armées, parcourant les champs de bataille, secourant tous les blessés, quelle que fût leur nation ; son nom devint populaire. Elle reçut la croix de la Légion d’honneur; les empereurs de Russie et d’Autriche, les rois de Prusse et d’Espagne, lui envoyèrent des médailles ou des décorations. Ün lui donna des sommes considérables, qu’elle employa à soulager des malheureux , et mourut pauvre.
Marthe (sainte-), Sanla-Marla, v. de la Nouvelle-Grenade, port franc sur la mer des Antilles, à 176 kil. N.-E. de Carthagène, par 11° 15’ 4” lat. N., et 76® 34’ 38” long. O.; 4,000 liab. Ch.-l. de l’Etat de Magdalena; évêché. Climat brûlant. Export, de cacao, sucre, café, coton, tabac, etc. Fondée en 1554, elle fut brûlée en 1596 par Fr. Drake, et bouleversée par nn tremblement de terre en 183 4. — La pro\ de Sainte- Marthe, entre celles de Zul a à l’E. et de Carthagène à l’O., dans le N. de l'Etat de la Magdalena, a 500 U 1. sur 100, et 60,000 hab. Productions : coton, mais, tabac, van Ile; pêcherie de perles, etc.
MARTIAL, Marcus Valerius Marlialis, poète latin, né à B.b iliseu Espagne vers Tau 40, m. vers 103, vint à Rome à 22 ans, pendant le règne de Néron. Ennemi des affaires
et du travail, il adopta la vie misérable de poète protégé, vécut de la sportule, des dons de ses amis, et de ceux des empereurs Titus et Domitien, qui le nommèrent chevalier et tribun. Il payait tous ses protecteurs en flatteries, en louanges exagérées ou mensongères; il est tout à fait de son siècle, et en connaît par expérience toutes les débauches. Quoiqu’il mendiât sans cesse, il avait une petite maison à Rome, et une autre à la campagne. Négligé sous Nerva, il se retira en Espagne, où il mourut. On a de lui 12 liv. d’épigrammes, où, comme il le dit lui-même, il y a du bon, du medmcre et du mauvais; en outre, un livre Des spectacles, et 2 livres de distiques destinés à accompagner différents cadeaux. Ses épigrammes étaient très-admirée3 des anciens, et elles le méritent par la finesse et le mordant; de plus, on y recueille beaucoup de faits et de traits de mœurs, qui complètent pour nous les tableaux de Juvénal, contemporain et ami de Martial. Les meilleures- éditions sont celles de Schrevelius, Amst., 1670, in-8® ; ad usum Delphiiii , Paris, 1680, in-4® ; de M. Parisot, dans la Bibliothèque Latine de Lemaire, Paris, 1825, 3 vol. in-8®; de Schneidewin , Grimma, 1842,2 vol. in-8®. Martial a été traduit en vers et en prose par l’abbé de Marolles , 1655 -75; en prose par Simon , Paris," 1819, 3 vol. in-8®, suivi d'un choix des imitations en vers; par Verger, Dubois et Mangeart, dansla Bibliothèque latine-française de Panckoucke, Paris, 1834-35, 4 vol. in-8“; par C. Dubos, Paris, 1841, 1 vol. in-8®. D — R.
martial (S<), 1er évêque de Limoges, vivait au u? siècle. Fête , le 30 juin.
MARTIAL (Conseil). V. CONSEIL MARTIAL.
martial (Flainine) V. flamine.
martial d’auvergne, en latin Martialis Arvernus, littérateur et poète, né, selon l’opinion générale, â Paris, en 1440, d’une famille originaire d’Auvergne, m. en 1508, fut pendant 50 ans procureur du parlement et notaire apostolique au Châtelet de Paris. On a de lui : les Arrêts d' Amour , 1528, in-4®, recueil de 51 arrêts des Cours d’amour, dontuneautre édition, augmentée dedeux arrêts, Paris, 1544, porte le titre de Droits nouveaux et Arrêts d’ Amour, publies par MM. les sénateurs du parlement de Cupido ; les Vigiles de la mort du roi Charles VII, à 9 psaumes et 9 leçons, en vers, Paris, 1490-93, in-fol, et 1505-28, in-8°; l’Amant rendu cordelier a l’observance d’ Amour, Lyon, 1545; tes Dévotes ; Louanges à la Vierge -Marie , Paris, 1489, 1492 et 1504, in-8®. Les poésies de Martial d’Auvergne ont été recueillies et imprimées en 1724, 2 vol. in-8® ; mais l’édition est incomplète et fautive.
MARTIALE ( Loi ) . V. Loi martiale.
MARTIALES. V. Cours martiales.
MARTIALIS (Mont). F. Collines de Rome.
MART1ANAY (Dom Jean), bénédictin delà congréga.tion de SGMaur, né en 1647, dans le diocèse d’Aire, m. à l’abbaye de Sl-Germain-des-Prés en 1717, entra dans la vie religieuse à 20 ans, et s’attacha particulièrement à l’étude des langues orientales et de l'Ecriture Sainte. Il a laissé plusieurs ouvrages, qui prouvent plus en faveur de son érudition et de son imagination, que de son jugement et de sa critique: Défense du texte hébreu et de la chronologie de la Vulgate contre le livre de l’Antiquité du temps rétablie (par Pezron), Paris, 1689, in-12; Continuation de la Dvfense du texte hébreu, etc., 1693, in-12; Traités de la connaissance et de la vérité de l'Ecriture Sainte , 1694 et suiv., 4 vol. in-12; Vie de St Jérôme, 1706, in-4®. On lui doit une édition des OEuvres de St Jérôme, Paris, 1693-1706, 5 vol. in-fol.
MARTIANUS CAPELLA. V. Capella.
MARTIAUX (Jeux), jeux publics de l’anc. Rome, institués par l'empereur Auguste, Tan 752, en l’honneur de Mars Vengeur. Ils étaient annuels, se célébraient le 5 des ides de mai (11 mai), duraient un jour, et consistaient en courses équestres et en chasses données dans le grand Cirque. C. D — y.
MARTIGNAC (Etienne Algay de), traducteur, né à Brives-la-Gaillarde en 1628 , m. en 1698 , a traduit en français trois comédies de Térence, l’Eunuque, l’Heautontimorumenos et l’Hécyre, Paris, 1673, in-12; Horace, 1678, 2 vol. in-12; Virgile, 1681, 3 vol. in-12; Perse et Juvénal, 1682, in-12 ; Ovide, Lyon , 1697, 9 vol. in-12; V Imitation de Jésus-Christ, 1685. Il est un peu plus élégant que l’abbé de Marolles, et on fait plus de cas de ses notes que de ses versions. Il a en outre publié : Mémoires de ce qui sV»< passé en France... de 1608 à 1636, ouvrage curieux, connu aussi sous le nom de Mémoires de Gaston, duc d’Orléans, Amsterdam , 1683 , in-12. C. N.
martignac ( Jeao-Baptiste-Silvère gage de), homme d’Etat, né à Bordeaux en 1778, m. en 1832, se fit d'abord connaître par un joli vaudeville, Esope chez Xanthus, 1801,
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entra dans la magistrature en 1814, devint procureur-général à Limoges, et député en 1821. 11 montra des opinions modérées, des vues élevées, une riche et brillante éloquence. Appelé au ministère de l’Intérieur après la chute de M. de Villele, 4 janv. 1828, il a laissé son nom, sans avoir eu le titre de président du conseil, au cabinet dont il faisait partie. Libéral, conciliant, bien intentionné, il essaya de rapprocher les partis, mais ne réussit qu’à les mécontenter : l’expulsion des Jésuites, sans satisfaire l’opposition, irrita les royalistes. Après le rejet du projet de loi sur l’organisation des conseils de département et d’arrondissement, Charles X, qui n’aimait pas Martignac et ne l’avait pris que par nécessité, le congédia, 8 août 1829. Quand les derniers ministres de ce prince furent mis en accusation devant la Cour des Pairs, à la suite de la révolution de 1830, Martignac accepta la défense de M. de Poliguac, qui avait été son adversaire politique. On lui doit un Ess'ii historique sur la révolution d' Espagne et sur l'intervention de 1 823, Paris, 18 32, 3 vol. in-8°. B.
MARTIGNÉ-BRIAND , brg (Maine-et-Loire), arr. et à SI kil. O. de Saumur ; 2,124 hab. Eaux minérales.
martigné fer-chaud , brg (Ille-et-Vilaine), arr. et à 41 kil. S.-S.-O. de Vitré; 1^0,38 hab. Forges.
MARTIGNY, anc. Octodurus, Forum Claudii, Vicus Veragrorum , en allemand Marlinacli , v. de Suisse (Valais), près du confluent de la Dranse et du Rhône, à 28 kil. O.- S.- O. de Sion; 1,070 hab. Ruines d’un château-fort bâti au xiii® siècle par les comtes de Savoie. Elle fut, jusqu’au vie siècle, le siège d’un évêché , transféré depuis à Sion. Elle a beaucoup souffert des inondations en 1593 et 1818.
MARTIGUES (les), Maritima Avaticorum , ch.-l. de cant. | Bouches-du-Rhône), arr. et à 44 kil. S.-O. d’Aix, sur le canal qni fait communiquer l'étang de Berre avec la mer ; 5,878 hab. Formée de 3 iles réunies en 1581, Sl-Geniez, Ferrières et Jonquières. Construction de navires; exploit, de salines; comm. de poisson salé, de thons et d’excellente huile. Chapelle Notre-Dame de la Mer, lieu de pèlerinage. — Cette ville fut réunie en 1382 au comté de Provence, et érigée en principauté par Henri IV, en faveur de Marie de Luxembourg, duchesse de Mereœur. En 1688, elle comptait 20,000 hab.
MARTIN (Saint), né vers 316 à Sabarie (Pannonie), lieu appelé auj. Stein-am-Anger, dans le comté d’Eisenstadt, m. en 397 ou 400, était fils d’un tribun militaire. Ayant embrassé de bonne heure la religion chrétienne, il fut appelé d’abord à servir dans les légions de l’empereur Constance, où il se distingua par son zèle et une grande charité, qu’il poussa jusqu’à se dépouiller, un jour d’hiver, d’une partie de ses vêtements pour les donner à un pauvre. Sa piété le porta ensuite à se rendre auprès de S1 Hilaire, évêque de Poitiers, des mains duquel il reçut les ordres ; puis, s’étant retiré dans un ermitage, à Ligugé, près de Poitiers, il fut , malgré lui , tiré de sa solitude pour occuper, en 374, le siège épiscopal de Tours. Ce fut à quelque distance de cette ville, et au milieu des rochers bordant la rive droite de la Loire, qu’il bâtit, pour 80 cénobites, le célèbre monastère qui , du nom de son fondateur, prit celui de Marmoulier | Martini monasterium). Après avoir converti tout son diocèse, il fut l’apôtre de l’ü. et du N. de la Gaule. Le tyran Maxime l’ayant appelé près de lui , il demanda la grâce des Priscillianistes ( V. ce mol). S1 Martin mourut à Cande; ses restes, objet d’une pieuse vénération , furent rapportés à Tours, et confiés à la garde d’une communauté régulière, connue plus tard sous le nom de Chapitre royal de St-Martin. S1 Martin est le premier des saints confesseurs auxquels l’Eglise latine a rendu un culte public. Il fut considéré, sous les Mérovingiens, comme l’un des patrons de la Gaule; sa chape ou châsse servait d’étendard ( P. Chafe), et la basilique de Tours était un asile inviolable. Fête, le 11 novembre. Ce saint, sur lequel Grégoire de Tours, Sulpice Sévère, etFortunat ont laissé d’intéressants détails, peut passer pour l’un des types les plus curieux des légendes du moyen âge. Sa Vie a été écrite par Dom Gervaise. Le tombeau de S‘ Martin à Tours fut profané par les calvinistes pendant les guerres de religion. Le tableau de Lesueur, dit la Messe de St Martin, peint pour l’abbaye de Marmoutier, est aujourd’hui au Louvre. D — t— r.
Martin Ier (Saint), pape de 649 à 655, fit condamner, dans un concile tenu à Rome, l’hérésie des Mouothélites; l’empereur Constant II en fut irrité, et l’exila dans la Chersonèse, où il mourut. Fête, le 12 novembre
MARTIN II , pape de 882 à 884.
Martin m, pape de 942 à 9u6.
Martin iv (Simon de Brion), né en Touraine, pape de
1281 à 1285. Au lieu de tâcher, comme Nicolas III , de réconcilier les Guelfes et les Gibelins, il poursuivit ceux-ci à outrance. Au lieu de lutter, comme lui, contre l’ambition de Charles d’Anjou , il agit toujours sous l’influence de ce prince, lui rendit le titre de sénateur de Rome, et le soutint contre tous ses ennemis : il excommunia Michel Paléologue, parce que le schisme continuait d'exister, et bien que, depuis son abjuration, cet empereur sévît avec violence contre ceux qui s’opposaient à la réunion des deux églises, 1281; les Palermitains, à cause des Vêpres siciliennes; et Pierre III d’Aragon, pour avoir accepté la couronne qu'ils lui offraient, 1282. Il publia même contre ce dernier une croisade, le déposa, et transmit son royaume à Charles de Valois, 2e fils de Philippe III de France et d’une sœur de Pierre, 1283. Mais il mourut avant la conclusion des affaires de Sicile. R.
Martin v (Othon Colonna), né à Rome en 1368, m. en 1431, fut élu pape au concile de Constance par les cardinaux unis à six prélats de chaque nation, 1417. Grégoire XII ayant abdiqué, Jean XXIII ayant adhéré à sa déposition, l’antipape Benoit XIII conservant à peine quelques partisans, le schisme était comme terminé, et il le fut entièrement en 1429 par la cession de Clément VIII, successeur de Benoît. Malheureusement, l’autre but du concile, la réforme de l’Eglise, ne fut pas atteint : préoccupés des scandales du schisme et des abus de la cour pontificale, les Pères de Constance se montraient disposés, non-seulement à retrancher les revenus, mais à restreindre même la suprématie du pape; Martin V ne pouvait donc s’entendre avec eux , et , après avoir confirmé les décrets du concile, il se hâta de le dissoudre, 1418, promettant d’en convoquer un autre. En même temps qu’il maintenait ainsi l’autorité spirituelle du saint-siège, il rétablissait son autorité temporelle sur l’Etat ecclésiastique : Jeanne II de Naples rendit le château S1 Ange, Ostie et Civita-Vecchia, qu’avait pris Ladislas, son prédécesseur, et le condottiere Braccio di Montone ne put conserver Pérouse, où il s’était établi. Enfin Martin V fit plusieurs bulles contre les Hussites, déjà condamnés à Constance, et convoqua, pour la réformation désirée, le concile général de Bâle, qui allait s’assembler au moment où il mourut. R.
Martin le POLONAIS , en latin Martinus Polonus, chroniqueur, m. en 1278, entra dans Tordre des Dominicains, devint chapelain et pénitencier du pape Clément IV, puis archevêque de Gnesne. Il a laissé une Chronique des papes et des empereurs jusqu’en 1277, publiée à la suite de celle de Marianus Scotus, Bâle, 1559, in-fol., et traduite en français par Memerot , sous ce titre : la Chronique marti niane de tous les popes, Paris, 1504, 2 tomes en 1 vol. in-fol.
Martin (David), théologien protestant, né en 1639 à Revel , dans le diocèse de Lavaur, m. en 1721, sortit de France lors de la révocation de l’édit de Nantes, et alla occuper une place de pasteur à Utrecht. On a de lui ; Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, Amst., 1700, 2 vol. in-fol., et 424 pl.; la Sainte Bible, ibid., 1707, 2 vol. in-fol.; Traité de la religion naturelle, ibid., 1713, in-8»; Traité de la religion révélée , Leeuwarden , 1719, 2 vol. in-8°.
Martin (Claude-François), né dans la 2® moitié du xvne siècle, m. dans l’Inde vers 1727, fonda l’établissement français de Pondichéry en 1683. Nommé gouverneur de la colonie , il la défendit contre les Hollandais , en
Martin (Jean-Baptiste), dit Martin des batailles, peintre, né à Paris en 1659, m. en 1735, élève de Van der Meulen , fut employé d'abord comme dessinateur par Vauban, puis chargé de la direction des Gobelins. Il peignit alors les victoires de Louis XIV, pour la décoration du château de Versailles, et les principales actions de Charles-Quint , en 20 tableaux, qui furent placés dans la galerie du château de Lunéville.
Martin (Dom Jacques) , bénédictin, né à Fanjaux (Haut-Languedoc) en 1684, m. à Paris en 1751, posséda une vaste érudition , mais eut l’esprit trop systématique. Il a laissé : la Religion des Gaulois, Paris, 1727, 2 vol. in-4»; Eclaircissements sur les origines celtiques et gauloises, 1744, in- 12 ; Histoire des Gaules, 1752-54, 2 vol. in-4°, etc.
Martin (Gabriel) , libraire et bibliographe, né à Paris en 1679, ni. en 1761. Son nom est attaché au système bibliographique le plus généralement suivi eu France, celui qui classe les livres en cinq grandes divisions, la théologie, la jurisprudence, les sciences et arts, les belles-lettres, et l’histoire.
Martin (Claude), major-général au service de la compagnie anglaise des Indes orientales, né à Lyon en 1732, ni. à Lucknow en 1800, était fils d’un pauvre tonnelier. 11 apprit seul les mathématiques et le dessin , s’enrôla a
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20 ans dans lt compagnie des guides du général Lally qui sa rendait dans l’Inde, fit la guerre de 1756, et passa à l’ennemi pendant le siège de Pondichéry. Il fut en oyé au Bengale avec une compagnie de prisonniers français, fit naufrage, échappa presque seul â la mort, et se rendit à Calcutta, où la Compagnie des Indes lui accorda un guidon de cavalerie. Bientôt il acquit la faveur du nabab d’Aoude, qui le nomma surintendant de son arsenal. Il fit une fortune rapide et considérable , et laissa en mourant près a 12 millions de francs, sur lesquels il légua 700,000 livres à chacune des villes de Lyon, de Calcutta, et de Lucknow, pour y fonder, en faveur d’un certain nombre d'enfants des deux sexes, des établissements de bienfaisance qui porteraient le nom de La Marlinière.
Martin (Le Beau) , graveur. V. schœn.