‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 152 sur 864 · MEZ · texte numérisé non relu

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reetement ; il entendait bien la peinture de plafond, sous le double rapport de la composition et de la perspective aérienne. Il y a au Louvre 3 plafonds de lui : la France, sous les traits de Minerve, reçoit l’hommage des beaux-arts (dans le grand escalier du Musée); Apothéose du Poussin, de lesueur et de Lebrun (daqf la salle d’entrée); enfin, les Nymphes de Parthénope apportant leurs pénates sur les bords de la Seine (au musée Charles X). Meynier a peint aussi quelques-unes des grisailles imitant la rondë-bosse, aux voussures de la grande salle de la Bourse de Paris.

MEYRARGUES, vge (Bouches-du-Rhône) , arr. et à 16 kil. N.-N.-E. d’Aix; 1,143 hab. Vieux château-fort flanqué de tours.

MEYRIN'GEN, brg de Suisse, cant. et à 57 kil. S.-E. de Berne; 2,514 hab., protestants.

MEYRUIS, ch.-l. de cant. (Lozère), arr. et à 29 kil. S.-S.-U. de Flurac ; 1,260 hab. Grains, mulets, laines, fromages. Scieries de planches. Grottes curieuses aux environs.

MEYSSAC, ch.-l. de cant. (Corrèze), arr. et à 22 kil. S.-E. de Brive ; 958 hab. Comm. d'huile de noix.

MEYZIEU, ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 29 kil. N. de Vienne; 1,333 hab.

MÈZE, ch.-l. de cant. (Hérault), arr. et à 32 kil. S. -O. de Montpellier, port sur l’étang de Thau; 5,735 hab. Eglise du xiu* siècle, qui dépendait de l’abbaye de Vallemagne. Pêche d'huîtres. Distilleries.

MEZEL, ch.-l. de cant. (Basses-Alpes), arr. et à 16 kil, S.-O. de Digne, sur l’Asse; 67 5 hab.

MEZEN, fleuve de la Russie d’Europe, naît dans le gvt d’Arldiangel, coule du S. au N., et se jette dans la mer Blanche, à 26 kil. de la ville de Mezen. Cours de 700 kil.

mezen, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 376 kil. d’Arkhangel, petit port au confluent de l’Uddai et du Mezen ; 2,00u hab. Comm. de fourrures, suif et poisson.

MÉZ1DON, ch.-l. de cant. (Calvados), arr. et à 24 kil. U -S.-O. de Lisieux, sur la rive g. de la Dive; 1,076 hab.; point de départ de chemin de fer de Caen à Tours.

MEZEKCE, roi d'Étrurie. Chassé pour ses cruautés par ses sujets, il se réfugia près de Turnus, roi des Rutules, et l’aida dans sa lutte contre Énée. Mais il fut tué par le prince troyen. Virgile a fait de sa mort et de celle de son fils Lausus un des beaux épisodes de son Enéide.

MÉZLRAY (François Eudes de), célèbre historien, né en 1610 à Ry, près d’Argentan, m. on 1683, était fils d’un chirurgien de village. Après avoir été quelque temps commissaire des guerres, il vint â Paris, où il débuta par quelques pamphlets politiques. Puis il s’enferma au collège Sle-Barbe, et se mit à l’étude de l’histoire avec une ardeur qui altéra sa santé. Il a composé une Histoire de France, avec portraits des rois et des princesses, 3 vol. in-fol., 1643, 46-51, et qui eut un succès prodigieux. Il en fit un Abrégé qui ne fut pas moins bien accueilli, 1667, 3 vol. in-4°. Nommé historiographe du roi, il entra à l’Académie française en 1648 , et y remplaça Conrart comme secrétaire perpétuel, 1675. Une pension de 4,000 fr. qu’il recevait, fut diminuée par Colbert, parce qu’il s’était exprimé d’une façon trop indépendante sur l’origine des impôts. On a encore de Mézeray un Traité de l'origine des Français ou Histoire de France avant Clovis, Amsterdam, 1682, in-12. On lui attribue l'Histoire de la mère et du fils, mais son principal titre est sa grande Histoire de France, défectueuse pour les premiers temps, elle est, de Louis IX à Louis X 1 11 , une des plus exactes et des meilleures que nous ayons; il y a du pittoresque, de l’animation, beaucoup de traits dignes des historiens de l’antiquité, et le sentiment national. Son style a de l’originalité, beaucoup de naturel, mais il a vieilli.

MEZ1ERES, ch.-l. du dép. des Ardennes, à 260 kil. E.-N.TE. de Paris, sur la rive dr. de la Meuse, qui la sépare de Charleville; par 49° 45’ 43” lat. N., et 2° 22’ 46” long. E.; 4,212 hab. Société d’agriculture; bibliothèque publique. Place de guerre de 2e classe. Direction d’artillerie. On y remarque l’église paroissiale, du xve siècle, et la citadelle, bâtie par Vauban. Tanneries, taillanderies. Elle possédait une célèbre école du génie militaire, fondée par Louis XV en 1748. — Mézières, comprise dans l’anc. Rethélois , se forma autour d’un château bâti à la fin du ixe siècle. En 1214 et en 1418, des Liégeois réfugiés augmentèrent sa population. En 1521, Bayard se jeta dans cette ville avec 2,000 hommes, et arrêta pendant 6 semaines l’armée de Charles-Quint forte de 35,000 hommes; une procession annuelle, où est porté l’étendard de Bayard , rappe e le jour où les Impériaux levèrent le siège (27 septembre1) . Le mariage de Charles IX et d’Elisabeth d’Autriche y fut célébré en 1570. Mézières soutint un siège

de 42 jours contre les armées alliées, en 1815, et obtint une honorable capitulation.

mézières, ch.-l. de cant. (Haute-Vienne), arr. et à

12 kil. O. de Bellac ; 235 hab.

MÉZ1ÈRES-EN-BRENNE, ch.-l. de cant. (Indre), arr. et

à 24 kil. N. du Blanc, sur la Claise ; 780 hab.

MÉZIN^ ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne) , arr. et à

13 kil. S.- S.- O. de Nérac; 1,923 hab. Fabr. de bouchons de liège, tanneries, papeterie, etc. Elève d’abeilles. Comm. de grains et farines.

MÈZIRIAC (Claude-Gaspard Bachet de), un des plus savants hommes de son siècle, né à Bourg en 1581, m. en 1638, fut médiocre poète en français, en italien et en latin, mais excellent grammairien, habile helléniste, et critique distingué. Il fut , de plus, philosophe et théologien , et il se tirait admirablement des questions les plus abstraites de l’algèbre et des mathématiques. L’Académie Française l’élut un de ses membres en 1635 , quoique absent. On a de lui : Problèmes plaisants et délectables qui se [ont par les nombres, Lyon, 1613 et 1624, in-8» ; Diophanti... libri se: r, et de numeris multangulis liber unus , traduit du grec en latin, avec des commentaires, Paris, 1621, et 1670, in-fol., ouvrage dont Fermât, Vossius et Descartes faisaient grand cas; Ovidii epistolœ, traduites en vers français, avec des commentaires très-curieux par la science archéologique qu’on y trouve, Bourg, 1626, in-8°, et La Haye, 1716, 2 vol. in-8° ; Chansons dévotes et saintes sur toutes les principales [êtes de l’année, Dijon, 1615, in-8°, et Lyon, 1618, in-12 ; Trait de la tribulation , traduit de l’italien de Cacciaguerra ; Epistolœ et Poemala varia ; une Vie d’Esope, etc. C. N.

MEZO-BÈRÉNY, v. de Hongrie, comitat et à 11 kil. N. -O. de Békès; 9,000 hab. Gymnase luthérien. Culture de la vigne ; élève de bétail.

AïKZu-UEGiKs, vge de Hongrie (Csauad), au N.-E. de Mako. Célèbre haras royal, fondé par Joseph U, en

mezo-tur, v. de la Hongrie (Hevesch), sur le Berettyo, à 91 kil. S.-E. d’Erlau; 16,000 hab. Poterie et faïence. Foires importantes.

MEZZOVO, v. de la Turquie d’Europe, est située dans l’eyalet et au N.- O. de Janina; 7,000 hab. Entrepôt de commerce entre Janina et Tricala. Elle a donné son nom au mont Mezzovo (ane. Pinde).

MF.ZZOFANTE (Giuseppe), savant polyglotte, né à Bologne en 1774, m. à Rome en 1849, fit ses études dans sa ville natale, entra dans les ordres sacrés en 1797, refusa du pape Pie VII en 1814 la place de secrétaire du collège de la Propagande, fut créé protonotaire apostolique par le pape Grégoire XVI en 1831, bibliothécaire du Vatican en 1833, cardinal en 1838, membre des congrégations de la Propagande, de l’Index, des Rites, etc. Il s’est rendu célèbre par sa connaissance des langues; il parlait, avec leur accent propre, 58 idiomes différents. C’était un homme plein d’humilité et de bonhomie. M. V — I.

MIACO. V. Meako..

MIAMI ou MAUMÉE, riv. des États-Unis (Ohio), affluent dr. de l’Ohio, au-dessous de Cincinnati. — Autre riv. du même Etat, au N., se jette dans le lac Erié à Toledo : réunies pur un canal qui fait communiquer les grands lacs avec le Mississippi. C. P.

MIAOULIS ( André) , amiral grec , né à Négrepont en 1772, m. en 1835, commanda en chef la flotte des insurgés en 1822 , battit les Turcs à Patras et dans le canal de Spezzia, mit le feu aux vaisseaux d’ibrahim à Modon en 1825, ne put empêcher la chutqjie Missolonghi , refusa de combattre sous les ordres de lord Cochrane , dont il désapprouvait les plans, se retira à Poros, se mit à la tête des Ilydriotes révoltés en 1831, et n’échappa à un procès de haute trahison que par la mort du président Capod’Istria.

MIAR1M, MEARIM ou MEARY, riv. du Brésil (Maranhao), affluent de l’Atlantique vis-à-vis l’ile de Maranhao. Source dans la Sierra-do-Itapicuru. Cours de 660 kil.

MICA , jeu des anciens Romains, où deux personnes se plaçaient debout l’une devant l’autre, le bras droit replié vers l’épaule ; elles l’abaissaient simultanément , en étendant un ou plusieurs doigts de la main , et criant un nombre qui ne dépassait jamais 10. Cette énonciation était une conjecture sur la quantité réunie des doigts ouverts par les deux joueurs; celui qui la devinait gagnait. Bien que l’on jouât à découvert, la parole et le peste, tombant en même temps, devançaient le regard, et le hasard seul faisait rencontrer juste. On jouait en 5 ou en 6 parties liées ; chaque joueur comptait ses victoires partielles, en élevant un doigt, deux doigts, etc., de la main gauche, qu’il

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tenait verticalement immobile à la hauteur de son épaule. La Mica se joue encore par la plèbe de Rome moderne, qui l'appelle mora, dont nous avons fait mourre. C. D — Y.

MK 'ALI (Giuseppe), historien archéologue, né à Livourne vers 1780, m. en 1844, est connu par un ouvrage important intitulé : l'italia avanti il dominio de’ Romani (l’Italie avant la domination des Romains), Florence, 1810, 4 vol. in 8°, et atlas in-fol. de 67 pl. ; 2® édit., corrigée, Florence, 1821. C’est l’histoire des divers peuples Italiotes qui luttèrent si vaillamment contre la conquête romaine , et succombèrent tour à tour. Rome les avait comme absorbés dans son immense gloire, et l’on ne voyait plus que des Romains dans l’Italie ; Mieali a raconté les annales politiques, civiles, religieuses et littéraires, les mœurs et les usages de ces peuples. Son livre est divisé en deux parties : la lr" embrasse depuis les Aborigènes jusqu’à la fondation de Rome; la 2e va de cette époque jusqu’à l’assujettissement de tous les peuples des Alpes, sous l'impératoriat d’Auguste. La narration est neuve en beaucoup de points, pleine et abondante sans cesser d’être énergique et concise. Le style est rapide et nerveux. L’auteur cite partout ses preuves, qui sont choisies presque toujours avec une exactitude sévère, surtout dans la 2e partie. L’atlas est un complément de preuves, et forme un précieux recueil d’antiquités de plusieurs sortes. L ’ltalia obtint un brillant succès, et valut à Mieali la protection de la grande-duchesse alors régnante, Elisa, sœur de Napoléon Ier, et le grand prix proposé par l’Académie de Florence. Cet ouvrage est un véritable monument national pour la patrie italienne. Il a été traduit en français par Joly, Fauriel et Gence, et augmenté, dans la première partie, de notes et d’éclaircissements historiques par Raoul-Rochette, Paris, 1824, 4 vol. in-8° et atlas in-fol., tiré sur les planches de l’édition italienne. C. D — y.

MICHAEL1S ( Jean-Henri), savant orientaliste, né à Klettenberg dans le comté de Hohensteim en 1668, m. en 1738, étudia à Leipzig les langues orientales et les rabbins, et devint très-habile dans l’hébreu; il fit à Halle des cours de grec, de chaldaïque, d’hébreu , de syriaque, de samaritain, d'arabe et de rabbinique. En 1698, il alla à Francfort étudier l’éthiopien sous Ludolf, revint occuper à Halle la chaire de grec, fut nommé inspecteur de la bibliothèque de l’université, professeur ordinaire de théologie, enfin fut créé senior delà Faculté de théologie et inspecteur du séminaire. On a de lui : de Accenlibus Ilebrœorum prosafeis , Halle, 1695, in-8® ; Dissertationes de accentibns Hebrœorum metricis, Halle, 1700 ; de Peculiaribus Hebrœorum loquendi modis , ibid., 1702 ; de Historiâ linguœ arabicœ, ibid. , 1706; de Isaia propheta , 1712; Disserlatio de rege Ezechia , 1717 ; Riblta hebraica, 1720, édition excellente et bien exécutée, avec une préface et des notes précieuses, etc. D.

michaei.is (Jean-David), orientaliste et théologien, né à Halle en 1717, m. en 1791, petit-neveu du précédent, vint en 1745 à l’université de Gœttingue, où il professa la philosophie jusqu’à sa mort. En 1751, il entra à l’Académie royale de cette ville, puis devint secrétaire et directeur du séminaire philologique. Ce fut par l’interprétation des Ecritures saintes qu’il s’acquit un nom illustre. Ses leçons embrassaient toutes les parties de l’exégèse biblique, plusieurs langues orientales, particulièrement le syriaque, le chaldéen et l’arabe, l’histoire naturelle, et quelques auteurs romains. Ses principaux ouvrages sont : Disserlatio de punclorum Heb' xorum antiquitate, Halle, 1739, in-4°; Grammaire hébraïque, 1745; Compendium anliquilalum Ilebræorum , 1753, in-4°; Esquisse de théologie typique , 1753, in-8»; Moyen dont on se sert pour entendre l’hébreu, Gœttingue, 1757 ; de l’Influence des opinions sur le langage et du langage sur les opinions, en allemand, Brême, 1762, trad. en français par Mérian et Prémontval ; Compendium theologiœ dogmalicœ , 1760, in-8°; Chreslomalhie syriaque, 1768, in-8» ; Clironologia Mosis , 1769; Spicilegium geographiæ Ilebrœorum, 1768-80; Bibliothèque orientale et exégétique, recueil périodique, Francfort, 1771-89, 24 vol. in-8° ; Grammatica chatdulca, ibid., 1771; Grammaire arabe, avec une chrestomatliie, 1771, in-8° ; Réflexions sur les universités protestantes d’ Allemagne , en allemand, 1769-73, 4 vol in-12; Droit mosaïque, Francfort , 1770-75, 6 vol. in-8°; Supplémenta ad lexica hebraica, 6 vol., 1784-92, livre indispensable à tout hébraïsant; Grammatica syriaca, Halle, 1784, in-4°; Introduction à la lecture du Nouveau Testament , en allemand, 4e édit., Gœttingue, 2 vol. in-4°; Introduction à la lecture de l’Ancien Testament, ibid., 1787, in-4°, ouvrage inachevé; Traduction de T Ancien Testament , 1769 85, 13 vol. in-4°; — du Nouveau Testament, 1788-92, 6 vol. in-4» ; Nouvelle bibliothèque orientale, 1786-91, 8 vol. in-8°; Morale philosophique, 1792. 2 vol. in-8®, Michaelis était membre de la

Société royale de Londres, et associé étranger de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de France.

MICHALLON (Claude), sculpteur, né à Lyon en 1751, m. en 1799, était élève de Bridan et de Coustou. Envoyé en Italie aux frais du gouvernement, il se lia avec Drouais,et, lorsque celui-ci mourut à Rom*, il lui érigea un mausolée à Ste-Marie-in- Via-Lata. De retour à Paris, il fut chargé d’exécuter les statues colossales qui servaient aux fêtes nationales. On a de lui un buste de Jean Goujon, œu'.ie trèsdistinguée, et divers modèles de belles pendules en bronze fort recherchées dans leur temps , entre autres, Psyché et l'Amour.

michallon (Achille-Etna), peintre de paysage, fils du précédent, né à Paris en 1795, m. en 1822, élève de David, de Valenciennes, de J.-V. Bertin, remporta le prix de Rome pour le paysage historique, en 1817, et alla se perfectionner en Italie. Mort prématurément, il a laissé quelques tableaux qui annonçaient un grand artiste : la Mort de Roland, à la galerie du Louvre; OEdipe et Antigone près du temple des Euménides ; Vue du lac Némi ; Vue de F ralenti; les Ruines du cirque, etc. Michallon a une grande chaleur de tons, rend bien la perspective aérienne, et compose d’une manière intéressante.

MICHALOWSKI (Pierre), né àCracovie en 1804, m. en 1855 , fut attaché, avant 1830 , au ministère des finances et de l’industrie en Pologne, et donna un grand essor aux établissements métallurgiques de ce pays. Après le désastre de Varsovie, il vint en France, et se fit une réputation européenne par ses dessins de chevaux , ses scènes militaires et ses aquarelles. En 1849, il accepta la présidence du conseil administratif de Cracovie , et mit tous ses soins à propager l’instruction primaire.

MICHAU (Code|. V. Marillac.

M1CHAUD (Joseph-François), littérateur, né en 1767, à Albens (Savoie), m. en 1839, vint à Paris en 1791, où il écrivit dans les journaux feuillantins en faveur de la monarchie, métier alors périlleux, et qui mit sa vie en danger pendant le régime de la Terreur. Arrêté au 13 vendémiaire pour quelques articles du journal la Quotidienne, dont il était un des rédacteurs, cité devant une commission militaire, il parvint à s’échapper pendant les débats, fut condamné à mort, gracié l’année suivante, et reprit sa rédaction de la Quotidienne ; il le fit avec tant d’ardeur et de vivacité, qu’après le coup d’Etat du 18 fructidor, il se trouva compris dans la liste de déportation de tous les rédacteurs en chef des journaux royalistes. 11 alla se cacher dans le Jura, et ne revint à Paris qu'après le 18 brumaire. Michaud se tourna vers le commerce de la librairie, où il fut associé à Giguet et Michaud jeune, et s’occupa en même temps de littérature : il publia l 'Histoire de l’empire de Mysore sous Hyder-Aly et sous Tijipo-Saib, 1801, 2 vol. in-8°, et le Printemps d’un proscrit , poème descriptif en 6 chants, 1803, 1 vol. in-18, composé pendant sa proscription, ouvrage où l’on trouve un pinceau ferme et brillant. Son ouvrage capital est l’Histoire des Croisades, Paris, 1811- 22, 5 vol. in-8»; 6® édit, revisée d’après les derniers travaux de l’auteur, Paris, 1840-41, 6 vol. in-8». Ces derniers travaux sont un grand pèlerinage que Michaud entreprit à l'âge de 62 ans, pour visiter les pays illustrés par les croisés, et donner à son livre « tout à la fois le mérite rassurant de l’exactitude et la couleur poétique des vieux siècles, » suivant l’heureuse expression de M. Mignet. L'Histoire des Croisades, écrite sagement, et avec élégance, est un livre qui restera. Une nouvelle édition en a été donnée avec un Appendice par M. Huillard-Bréliolles, Paris, 1854, 4 vol. in-8». Une préface historique, que Michaud composa pour le roman de Mathilde, de Mm®Cottin^ lui donna l'idée de se faire l’historien des Croisades. Il publia ensuite, presque comme complément de son histoire, la Bibliothèque des Croisades, 4 vol. in-8», collection des sources où il a puisé. Il entra à l’Académie Française en 1812, après s’être rallié au gouvernement impérial en célébrant en vers le mariage de Napoléon et de Marie-Louise, puis la naissance du roi de Rome. En 1814 et 18 15, il revint à ses sympathies royalistes, et publia diverses brochures contre l’empereur. Michaud a encore publié, en collaboration avec M. Poujoulat : Collection de Mémoires pour servir à l’Histoire de France, depuis le XIII* siècle jusqu'au xvill' siècle, Paris, 1836-44,32 vol. in-8»; Correspondance d'Orienl, 1830- 31, Lettres écrites pendant le voyage dont nous avons parlé, Paris, 1833-35, 7 vol. in-8», remarquables par un naturel et un esprit charmant, et qui joignent à l’intérêt d’un voyage l’instruction d’une histoire; enfin, avec son frère, les premiers volumes de la grande Biographie universelle, connue sous le nom de Biographie Michaud. Il fut un des fondateurs de Y Institut historique,

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MICHAUX (André), voyageur et botaniste, né à Satory près de Versailles en 1746, m. en 1802, étudia sous Lemonnier et B. de Jussieu. Il parcourut l’Angleterre et l’Auvergne en 1780, puis les Pyrénées et l’Espagne, et la Perse de 1782 à 1784, d’où il rapporta de précieuses collections. Chargé d’une mission par le gouvernement, il partit pour l’Amérique septentrionale, 1785, explora les Etats-Unis dans tous les sens pendant dix ans, et enrichit les sciences naturelles d’une foule de découvertes. De retour en France en 1796, il en repartit encore en 1800 à la suite de Baudin, visita l’île de France avec le plus grand soin, puis se rendit à Madagascar, où il succomba à un accès de fièvre. On a de lui : Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale, Paris, 1801, in-fol., avec 36 planches dessinées par Redouté; Flora boreali-americana, Paris, 2 vol in-8«, avec 52 fig. de Redouté. — Son fils, François-André, a publié une Histoire des arbres forestiers de l'Amérique septentrionale .Paris, 1810, 3 vol. in-8°.

M1CHEE, c.-à-d. semblable à Dieu, prophète juif, consulté, vers l’an 897 av. J.-C., par Josaphat, roi de Juda, sur le succès de la guerre qu’il voulait faire avec son geudre Achab, roi d'Israël, contre le roi de Syrie, osa le détourner de cette guerre. Achab furieux le fit jeter dans les fers, mais lui -même, selon la prophétie de Miellée, fut tué à Ramoth de Galaad , dans un combat contre les Syriens.

michée, le 3e ou le 6e des 12 petits prophètes, né à Moreseth , dans la tribu de Juda, vivait au vme siècle av. J.-C. On a de lui une prophétie en sept chapitres. Il prédit la captivité des dix tribus, la naissance du Sauveur à Bethléem, et l’établissement du christianisme.

MICHEL ( Saint ), archange, chef des milices célestes. Les livres saints le représentent comme le type de l’ange fidèle, foulant aux pieds le démon. Il porte un casque éclatant, et, dans la main, une lance d’or ou une épée flamboyante. S1 Michel est regardé comme le patron de la France; Louis XI créa en son honneur l’ordre de S ‘-Michel, qui a été supprimé à la Révolution. Fête, le 29 septembre.

MICHEL Ier rhangabÉ, le Curopalate , empereur grec, 811-813. Poussé par sa femme Procopia, fille de Nicéphore 1er, il ôta le pouvoir à son beau-frère Staurace, qui devait lui succéder , mais ne sut pas le garder. Quoique appuyé sur le parti orthodoxe contre les Iconoclastes et les Pauliciens, il ne put défendre l’Empire contre les Bulgares, et quitta la pourpre, en apprenant que les troupes avaient proclamé Léon V. Il fut relégué dans un monastère, où il vécut encore 33 ans. S.

Michel il le Bègue , empereur grec , 820-829. Originaire d’Amorium en Phrygie , il avait renversé Léon V en le faisant assassiner. Pendant trois ans, 821-824, il défendit sa couronne contre un rival nommé Thomas. 11 n’usa de sa victoire que pour persécuter les orthodoxes et vivre dp. ns les plaisirs. Il se laissa enlever par les Sarrasins la Crète , 824-825 , et la Sicile , 827-828. S.

MICHEL m l'Ivrogne, empereur grec , 842-867, succéda à son père Théophile à l’âge de six ans, ne régna jamais que de nom, et ne connut du pouvoir que les excès. Sa mère Théodora gouverna d’abord en son nom , 842-854 , puis ce fut son oncle Bardas , 854-866 , enfin Basile le Macédonien qui , après s’être débarrassé de Bardas par un meurtre , fit subir le même sort à Michel III. C’était Bardas qui , pour avoir à sa disposition le patriarche de Constantinople , avait fait élire indignement Photius , 857 , persécuté Ignace son prédécesseur, et préparé ainsi le schisme des deux églises grecque et latine. B.

Michel iv le PaplUagonien , empereur grec , 1034-1041. Cet obscur favori de la vieille Zoë , femme de Romain III , devint empereur par le crime de sa maîtresse ; mais on doit dire qu’il ne chercha pendant tout son règne qu’à expier sa coupable faiblesse par d’abondantes aumônes et des pratiques religieuses. Il ne se réveilla qu’une fois pour réduire les Bulgares révoltés, 1040-1041. Il mourut dans un couvent, revêtu de l’habit monastique, 1041. Son frère, l’eunuque Jean, fut le véritable empereur, et perdit par sa faute la Pouille, conquise par les Normands, 1041-1043.

Michel v, dit Calaphate , empereur grec , 1041-1042. Son oucle Michel IV, avant de mourir, l’avait fait César. L’impératrice Zoë le laissa régner, mais il ne garda le pouvoir que cinq mois. Le peuple , soulevé contre lui , parce qu’il avait exilé Zoë, le força de se jeter dans un monastère , d’où on le tira pour lui crever les yeux. S.

Michel vi , dit Stratiotique (guerrier), empereur grec, 1056-1057. C’était un vieux général, que l’impératrice Théodora s’était choisi pour successeur. Mais on eût dit qu’il avait à cœur d’indisposer les autres généraux de l’Empire. Ceux-ci lui opposèrent Isaac Comnène, auquel il céda la pourpre. Il vécut encore deux ans dans l’obscurité.

Michel vu , dit Parapinace , empereur grec, 1071-1078. Son surnom lui vint de la mesure dont il usait pour vendre du blé au peuple , et qui contenait moins que la véritable. Fils aîné de Constantin XI Ducas , il avait d’abord régné avec ses deux frères sous la tutelle de sa mère Eudoxie , qui se hâta de se remarier avec Romain IV. Lors de la captivité de ce dernier, Michel reprit la pourpre , et se débarrassa de son beau-père rendu à la liberté, 1071. Mais il se laissa mener par le Galate Nicéphorize , qui le rendit odieux au peuple : ce qui amena révoltes sur révoltes , et obligea Michel d’abandonner le pouvoir à Nicéphore Botoniate, qui le fit évêque d’Ephèse, 1078. S.

Michel vill Paléologue , empereur de Nicée, puis de Constantinople , 1260-1282, est le chef de la dynastie des Paléologues. Nommé régent , 1259 , puis collègue , 1260, de Jean Lascaris , fils de Théodore II , empereur de Nicée, il fit crever les yeux au jeune prince, après la prise de Constantinople sur Baudouin II , 1261, et régna seul. L’affaire capitale de son règne est la réunion des deux Eglises grecque et latine , presque consommée au concile de Lyon, 1274 , mais rompue par le pape Martin IV. Du reste , Michel usa ses forces à contenir à l’intérieur les schismatiques Arsénites, à déjouer les desseins des princes de l’Occident, et à se défendre contre les Bulgares, les Serves, les Turcs et les despotes d’Epire et de Thessalie. S.

MICHEL ROMANOV. V. EOMANOV.

MICHEL CERDLARIDS. V. CERDLARIUS.

michel-ange buonarroti , très-célèbre peintre, sculpteur et architecte , né en 1474 au château de Caprèse, près d’Arezzo , m. en 1564, montra, dès l’enfance, pour l’art du dessin, des dispositions extraordinaires, qui contrariaient les projets de son ancienne et illustre famille. On le plaça chez Dominique et David Ghirlandajo, les plus grands peintres d’alors; mais, à l’âge de 15 ans , il était déjà supérieur à ses condisciples et à ses maîtres, et il se mit à étudier, dans la chapelle del Carminé , à Florence , les peintures de Masaccio. Laurent le Magnifique le prit en amitié , lui donna un logement dans son palais, et l’engagea à cultiver la sculpture. Après la mort de ce protecteur, Michel-Ange fut attiré au couvent du S*-Esprit, dont le prieur lui fournit des cadavres humains pour étudier l’anatomie , science qu’il apprit à fond en disséquant lui-même. La connaissance de la myologie fit de lui le plus savant et le plus profond des dessinateurs. Fuis il fut attiré à Rome par le pape Jules II, pour lui faire un superbe mausolée, œuvre d’architecture et de sculpture, et jouit aussi de toute la faveur de Léon X , de Paul III , et de Jules III. Il avait près de 40 ans, lorsqu'il commença de s’adonner à l’architecture en construisant la sacristie de la chapelle Sl-Laurent, à Florence, qui devint depuis le sépulcre des Médicis. Nommé malgré lui , en 1546 , c.-à-d. à l’âge de 72 ans , architecte de la basilique de St-Pierre , place qu’avaient occupée Bramante, puis San-Gallo, il travailla à ce magnifique édifice pendant 17 ans, sans vouloir accepter aucun honoraire. Il traça un nouveau dessin, qui restreignait les plans déjà donnés et réduisait l’église à la forme d’une croix grecque; en supprimant le luxe inutile des détails, il donna plus de majesté à l’ensemble, arrêta le plan et la forme de la coupole. 11 n’avait point achevé son œuvre quand il mourut; néanmoins la sublime coupole fut élevée exactement sur un modèle qu’il en avait fait faire. Le pape lui destinait une sépulture dans S‘-Pierre; mais son corps , enlevé secrètement, d’après les ordres du duc Cosme de Médicis, de l’église des SS. -Apôtres où on l’avait inhumé provisoirement , fut transporté à Florence , où on lui éleva , dans l’église de Ste- Croix, un beau mausolée dessiné par Vasari , son élève . Les plus remarquables œuvres de sculpture de Michel-Ange sont : Cupidon endormi, à Mantoue , ouvrage qu’il fit à l’âge de 20 ans, et qui, enfoui dans un endroit où l’on pratiquait des fouilles , fut pris par les connaisseurs pour un chef-d œuvre antique; la statue colossale de David, à Florence, devant le Palais- Vieux ; celle de Baccluis, à Rome, morceau qui trompa Raphaël par son extrême perfection , et que ce maître attribua à Phidias ou à Praxitèle ; Notre-Dame de Pitié, groupe qu’on voit dans l’église de St-Pierre, à Rome; le Christ embrassant la croix , dans l’église de la Minerve , un de ses meilleurs ouvrages ; le Mausolée de Jules II, dans l’église de Sl-Pierre-aux-Liens , où est une célèbre statue colossale de Moïse ; la statue de Jules II , qu’il fit pour la ville de Bologne , et que les habitants soulevés brisèrent. Comme peintre, il a laissé • à Florence, une Sainte Famille , et le carton de la Guerre de Pise , chef-d'œuvre de dessin , destiné à la décoration de la salle du Conseil, et qui fut détruit dans les troubles civils; à Rome, le Jugement dernier, une des admirables fresques de la chapelle Sixtine, la plus

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vaste peinture qui existe , où il porta au suprême degré '"art du dessinateur, et à laquelle il travailla 8 ans. Outre la basilique de St-Pierre , Michel-Ange construisit à Rome le 2e étage et le bel entablement du palais Farnèse, le palais des Conservateurs et le Musée capitoliu ; la place du Capitole, avec sa belle montée, la Porte Pia, et commença le Casin di papa Giulio , terminé depuis par Vignole. Enfin il a écrit des sonnets, des stances, des poésies légères, dont la meilleure édition est celle de Biagioli, Paris, 1821 , 3 vol. in-8°, et qui ont été traduites en français par Varcollier, Paris, 1825, in-8°. Michel-Ange fut un génie original dans les trois arts qu’il cultiva avec une supériorité tout à fait hors ligne. Méditatif et toujours sérieux, il n’eut jamais d’autre passion que son art. Insensible à la richesse, qui lui vint quand il était déjà vieux, méprisant les aisances de la vie , il fut d’une grande austérité de mœurs, très- religieux , libéral, charitable , bienfaisant. Sa Vin a été écrite en italien par A. Condivi , Florence, 1746, in -fol., traduite en français par l’abbé Hanchecorne, Paris, 1783 ; en anglais, par Richard Duppa, Lond., 1806, in-4° ; en français, par Quatremère de Quincy, 1835.

michel-ange le jeune. V. buonarotti

MICHEL-ANGE DES BATAILLES OU DES BAMBOCHES (cerqucizzi , dit), peintre, né à Rome en 1600, m. en 1660, reçut les premières leçons d’un peintre flamand, et peignit d’abord des batailles, des naufrages, des sujets historiques, tableaux où il fit preuve de beaucoup d'imagination et d’exactitude. Puis il adopta le genre du Bamboche ( V. ce mot ). On cite de lui : divers tableaux de la vie de St François de Paule, exécutés pour le cloître de SVAndré-della-Grotte, à Rome; Si Jean prêchant dans le désert; la Place du marché de Naples, où Masaniello harangue les lazzaroni. Le musée du Louvre possède de lui une Troupe de charlatans.

Michel (ordre de saint-) , ordre militaire institué par Louis XI à Amboise, le 1er août 1469. Les chevaliers, au nombre de trente-six , ne pouvaient appartenir à aucun autre ordre, à moins qu’ils ne fussent empereurs, rois ou ducs. Malgré leur fastueuse devise : Immensi tremor Oceani , ils furent loin de rendre les mêmes services que les chevalliers de Malte. Sous Henri III, l’ordre était déjà en pleine décadence. Ce prince tenta de le relever : en 1578 , il créa l’ordre du Sl-Esprit, et voulut que les nouveaux chevaliers fussent préalablement reçus chevaliers de Sl-Michel. Le nombre de ces derniers s’accrut alors considérablement. Louis XIV, en 1665 , le limita à cent , outre ceux du SUEsprit. L’ordre fut dès lors conféré, comme récompense de services rendus , à des artistes, à des gens de lettres , à des financiers , qui recevaient en outre les lettres de noblesse nécessaires à leur réception. Aboli par l’Assemblée constituante en 1791, rétabli par Louis XVIII en 1816 comme récompense spéciale pour les littérateurs, les artistes et les savants, l’ordre de S*-Michel a cessé d’exister ! en fait après la lîévolution de 1830. Le grand collier de ! l’ordre se compose de coquilles d’argent disposées sur une chaînette d’or, d’où pend une médaille de l’archange saint \ Michel terrassant le dragon. La décoration consiste en une croix d’or à 8 pointes émaillée de blanc, cantonnée de 4 fleurs de lis d’or, chargée en cœur d’un saint Michel foulant aux pieds le dragon. F — t.

Michel (saint-', en italien Santo-Michaelo, v. du roy. d’Italie (Vénitie) , près de Vérone. Victoire de Masséna sur les Autrichiens, le 13 janvier 1797.

Michel (saint-), gvt de la Russie d’Europe (Finlande), entre ceux de Kuopio au N., de Wasa et de Tawastehus à l’O., de Nyland au S., et de Viborg au S.-E. et à l’E. ; 154,608 hab. Ch.-I., Saint-Michel. Sol arrosé par la Kymmene, d’où il tirait son ancien nom de Ki/mmenegaard. Beaucoup de lacs; superf., 22,680 kil. carrés.

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