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l’alihé Prévost , l’un des fondateurs du Journal encyclopédique en 1756. .
morand (Jean-Antoine), architecte, né à Briançon en 1727, m. en 1794 , élève de Servandoni et de SoutHot, bâtit en*1757 la salle de spectacle de Lyon, fut appelé à Parme en 1759 pour y élever un théâtre à machines, et, de retour à Lyon, construisit sur le Rhône un pont de bois de 17 arches , aussi élégant que solide, et qui porte son nom. Ayant en 1793 contribué à la défense de Lyon contre la Convention, il périt sur 1 échafaud.
morand ( le comte Louis-Charles-Antoine-Alexis) , ne à Pontarlier en 1771, m. en 1635, entra au service à 20 ans, fit la campagne d’Egypte en 1798, où il gagna plusieurs grades sur le champ de bataille , et fut nommé général de division à Austerlitz. Il se distingua à Eylau, â Friedland , à Essling. à Eckmühl , à Wagram , en Russie, à Lutzen , etc. Aide-de-camp de Napoléon 1«, et pair de France pendant les Cent -Jours , il se battit à Waterloo * condamné à mort par coutumace en 1816, acquitté en 1819, il vécut dans la retraite jusqu’en 1830. Alors il tut nommé commandant de la 6e division militaire et pair de France. II avait publié, in-8°, en 1829 : De l'armée selon la Charte et d’après i expérience des dernières guerres , système conçu en vue surtout de diminuer les charges du budget. J. T.
MORANNES, brg (Maine-et-Loire) , arr. et à 36 kil. N.-O. de Baugé; 1,110 lmb.
MORANO, v. du royaume d’Italie (Prov. de Cosenza), à 16 kil N.-O. de Cassano; 9,497 hab.
MORAS, brg (Drôme), arr. et à 56 kil. N. de Valence, entouré de murs et dominé par un château ruiné; 1,380 hab. Toiles, soie, chaux, briques, tuiles.
MORAT, en allemand Murten, v, de Suisse, sur le lac de son nom, catit. et à 15 kil. N. de Fribourg; 1,850 hab. Les Suisses, qui y battirent Charles le Téméraire le 22 juin 1476, y avaient construit un monument avec les os des Bourguignons; les Français le détruisirent en 1798. Une colonne en pierre, de 19 mètres de haut, remplace cet ossuaire depuis 1822. Vieilles murailles.
morat (Lac de), en Suisse, formé par la Broyé, baigne les cantons de Vaud et de Fribourg, et verse ses eaux dans celui' dp Neuchâtel; 27 kil. carr.; 50 mèt. de profondeur.
MORATA (Olympia Fulvia) , née à Ferrare vers 1526 , m. en 1556, fille du professeur Morati, et élevée à la cour du duc d’Este , se livra avec ardeur à l’étude des lettres anciennes , alors renaissantes , et composa , en grec et en latin , des dialogues et des poésies, qui furent alors fort remarquées. Olympia ayant embrassé les idées de la Réformation religieuse, fut obligée de fuir l’Italie , et mourut à Heidelberg. Ses Œuvres ont été publiées à Bâle en 1558. F. Jules Bonnet, Fie d'Olympia Morata, 2e éd., Paris, 1851, 1 vol. in-8®.
MORATELLA , v. forte d’Espagne, prov. et à 65 kil. N.-O. de Murcie; 10,500 hab.
MORATEUR, Morator, nom des serviteurs publics, probablement esclaves, chargés, dans les courses du cirque, chez les ano. Romains, de tenir fermées les portes des carcères où étaient les chevaux d’une course, et de les ouvrir, au signal donné pour le départ. C. D — Y.
MORATIN (Nicolas-Fernandez) , poëte espagnol, né à Madrid en 1737, m. en 1780, a écrit pour le théâtre trois pièces dans le goût français: la Pelimetra, 1762; Hormesinda , 1770 ; et Guzman le Bon, 1777. On a aussi de lui un poème didactique sur la chasse, Diane, 1765, et un bon chant épique, les Vaisseaux de Cortez détruits, 1785. Son style est abondant, correct, harmonieux.
moratin ( Leandro-Fernandez) , poëte comique, fils du précédent, né à Madrid en 1760, m. à Paris en 1828 , fut protégé par Jovellanos, Florida -Blanca , et le prince de la Paix. Il vint en France à la suite du comte de Cabarrus, 1787, et put ainsi étudier le théâtre français. Nomme directeur de la Bibliothèque royale de Madrid, il conserva ce poste jusqu’au moment où les Bourbons, rétablis sur le trône, le chassèrent, pour s’être rallié à Joseph Bonaparte. Moratin a surtout réussi dans la comédie ; il y tient le premier rang parmi les Espagnols ; il n’a donné au théâtre que cinq ouvrages originaux ; le Vieillard et la Jeune fille, le Café, le Baron, la Jeune hypocrite, et le Oui des jeunes filles. Les deux dernières comédies sont ses chefs-d’œuvre. Dans toutes il y a un sujet bien choisi , de l’élégance, du style, de la finesse et de l’esprit ; mais on n’y trouve pas la force comique qui fait les grands maîtres. Molière fut le modèle de Moratin , qui mit au théâtre une traduction libre du Médecin malgré lui , et de l’Ecole des Femmes. On lui doit encore des Poésies diverses, dans lesquelles il y a de fort jolies choses. Il publia, l’année même de sa mort, les Origines du théâtre espagnol, ouvrage précieux pour l’histoire littéraire
de son pays, 1 vol. in-8®. Ses comédies ont été traduites en français par E. Hollander, Paris, 1855, in-8u.
MORAVA , Margus, riv. de la Servie, formée de deux branches, la Morava occidentale et la Morava orientale, nées aux monts Tchemerné et Tchardagh en Turquie, coule au N., et se jette dans le Danube, à 8 kil. au-dessous de Semendria. Cours de 300 kil.
MORA’VES (Frères), association religieuse, connue d'abord sous le nom de Frères de l’Unité ou Frères Bohèmes, et que le curé Michel Bradacz forma, en 1457 , avec les débris des Ilussites qui n’avaient pas voulu se soumettre aux décisions du concile de Bâle. Etablis en Bohême, où, dès l’an 1500, ils possédaient de nombreuses communautés, les Frères de l’Unité furent poursuivis par le roi Ferdinand, et beaucoup d'entre eux allèrent se réfugier eu Prusse et en Pologne, où le traité de Sandomir leur garantit la liberté de conscience, 1470. Sous Maximilien II, qui se montra plus favorable, ceux qui étaient restés en Bohême établirent leur siège principal à Fulneck , en Moravie, d’où ils prirent le nom de Frères Moraves. Leur communauté , persécutée de nouveau pendant la guerre de Trente-Ans, ne parvint à se reconstituer qu’en 1722, grâce à la protection du comte de Zinzendorf, qui permit à quelques-unes de leurs familles de fonder une colonie à Hernnhut, dans la Haute-Lusace. Les membres de cette colonie, auxquels se joignirent un grand nombre d’émigrés appartenant aux diverses communions protestantes, prirent dès lors le nom d’ Hernnhutes , et se divisèrent en trois Tropes ou confessions : le trope luthérien, le calviniste, et le morave, formé en partie des descendants des anciens Frères Bohèmes. Chaque trope, sous la surveillance des Anciens, célébré la Cène selon les rites de son église; mais le service divin a lieu en commun. Les Hernnhutes admettent la Confession d’Augsbourg , en ajoutant une importance particulière au dogme du péché originel et de la justification par la mort du Sauveur, qui est l’objet principal de leur culte, et dont le nom préside à tous les actes de la société. Ainsi que les antres protestants , ils vé • nèrent la Bible comme la parole de Dieu , avec qui , selon eux, ils peuvent se mettre en communication par la lumière intérieure; car ils croient que la révélation se continue dans chacune de leurs communautés. Ce» communautés sont divisées en classes ou chœurs, déterminés par les différences d’âge, de sexe et d'état, et confiés à la direction d’administrateurs qui président à l'éducation des enfants, aux actes civils et religieux, à la conduite morale et aux intérêts matériels de leurs coreligionnaires. En outre, deux conseils , celui des Anciens et celui des Surveillants , s’occupent des affaires générales de chaque communauté ; mais celles qui concernent la société entière sont renvoyées devant la conférence des Anciens, siégeant à Bertholsdorf (Lusace), et qui doit rendre compte de son administration aux synodes , assemblés au moins tous les sept ans. Les Frères Moraves, qu’on a surnommés les Quakers de l’Allemagne, sont fort unis entre eux ; ils s’assemblent souvent pour des repas en commun ou des cérémonies religieuses, et se distinguent par une piété douce, une grande austérité, et un amour prononcé pour l’ordre et la paix. Ils portent un costume uniforme, d’une couleur foncée, sont d'une propreté extrême, cultivent avec succès l’industrie, les arts, surtout la musique, et ont des écoles florissantes à Hernnhut et à Nieski (Silésie). Outre ses établissements en Lusace et dans d’autres parties de l’Allemagne, la société morave, qui compte plus de 70,000 membres, possède des communautés en Hollande, en Angleterre, en Russie et aux Etats-Unis. F. Spangenberg, Idea fui et fratrum, Barby, 1779; Schulze, de l'Origine et de l'organisation des communautés évangéliques, Gotha, 1822. D — T — B.
MORAVIE ( Margraviat de ), en allemand Mahren, prov. de la monarchie autrichienne, partie du gvt de Moravieet-Silésie, bornée au N. par le comté prussien de Glatz et la Silésie autrichienne, à l’E. par la Hongrie, au S. par la Basse-Autriche, à l’O. par le royaume de Bohême, a une superf. de 2,212,470 liect., et 1,867,094 hab., dont trois quarts sont Slaves, les autres Allemands. La Moravie est assez montagneuse. Les monts Sudètes forment la frontière de Silésie, les monts de Moravie celle de la Bohême, et les monts Krapacks celle de Hongrie. Des contre forts de ces montagnes sillonnent la Moravie dans toutes les directions, et la partie méridionale seule a des plaines plus étendues. La Mardi ou Morawa est le fleuve principal du pays; l’Oder et la Vistule y ont leur source. Les districts montagneux sont peu fertiles ; le midi l’est beaucoup. Climat doux. Vins médiocres. L’agriculture, la pêche et l’élève des bestiaux y prospèrent. Mines de fer considérables. Industrie active des draps, des
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laines et des toi les . La Moravie est divisée en 6 cercles : , Olmütz, Brünn, Iglau, Znaïm, Hradisch, et Neu-Titschein. Capitale, Briinn. Le chemin de fer de Prague à Vienne traverse la Moravie sur deux points, Olmütz et Briinn. — La Moravie fut habitée jusqu’en 407 par les Quades, ensuite par les Rugiens et les Hérules, et, depuis 548, par les Longobards. Ceux-ci furent suivis par des Esclavons et des Bulgares, qui, de la rivière de Moratva, s’appelèrent Moraves. Après la chute du royaume des Avares, les Moraves formèrent un royaume sous le nom de Grande-Moravie ; ses limites dépassaient de beaucoup celles de la Moravie actuelle, et il comprenait la Moravie, la Bohême, le Voigtland, la Misnie, la Lusaee, le Brandebourg, la Poméranie, la Silésie, etc. Les Moraves embrassèrent le christianisme, que S1 Cyrille leur prêcha , 856. Après de longues luttes avec l’Empire germanique, le royaume de Moravie fut dissous , 908, et partagé entre l’Allemagne, la Bohême et la Hongrie. En 1056, il fut incorporé en entier à la Bohême, et , en 1086, érigé en margraviat. Il appartient à l’Autriche depuis 1526. E. S.
MORAWA ou MARCH , anc. Marchus, Margus et Marus, riv. de Moravie (Etats autrichiens). Source au mont Schneeberg , sur les confins de la Bohême et de la Moravie. Cours, au S., de 280 kil. , navigable depuis Goding; passe à Olmütz, Kremsier, sépare la Basse-Autriche de la Hongrie, reçoit la Taya, la Miava, etc., et se jette dans le Danube, à 13 kil. au-dessus de Presbourg.
MORAY (Comté de). V. Elgin.
MORBECQUE, v. de France (Nord) , arr. et à 4 kil. S.-O. d’Hazebrouck ; 633 hab. Brasseries, fabr. d’huile, comm. de draps.
MORBEGNO, v. du roy. d’Italie (prov. de Sondrio), à 20 kil. S.-E. de Chiavenna, près de la rive gauche de l’Adda ; 3,529 hab. Moulineries de soie.
MORBIER, vge (Jura), arr. et à 23 kil. N.-E. de Sl- Claude; 1,660 hab. Fabr. de grosse horlogerie.
MORBIHAN, golfe de France, formé par l’océan Atlantique sur la côte S. du département du même nom, audessous de Vannes; parsemé de petites îles habitées par des pêcheurs; 18 kil. sur 8. Morbihan, en eelto-breton, veut dire mer petite.
Morbihan (le), département du N.-O. de la France, formé d'une partie de la Bretagne; entre ceux d’Ille-et- Vilaine à l’E., des Côtes-du-Nord au N., du Finistère à l’O. Superf. : 6,996 kil. carrés. Pop. : 501 ,084 hab. Ch.-L, Vannes. Lu péninsule de Quiberon, les îles d’Houat, d’Hoédic, de Croix, et de Belle-Ile font partie de ce département. Mines de plomb et de fer; pierre de taille, granit, argile à potier. Peu d’industrie. Elève de porcs. Comm. de bestiaux, excellent beurre, miel, sel, sardines. Territoire peu fertile; beaucoup de landes incultes. Il est arrosé par la Vilaine, l’Auray et le Blavet, traversé par les routes de Nantes à Quimper, et de Rennes à Vannes, dépend de la cour impériale de Rennes, et a un évêché à Vannes.
MORCELLI (Etienne-Antoine), archéologue, né à Chiari en 1737, m. en 1821, étudia chez les Jésuites de sa ville natale, puis à Rome, où il devint professeur d’éloquence, 1771, et, après la suppression de son ordre, fut bibliothécaire du cardinal Albani. En 1791, il retourna à Chiari , et y remplit les fonctions de prévôt de 1 église principale. On a de lui : de Stylo inscriptionum latinarum lib. ni, Rome, 1780, in-4°, traité didactique de tous les genres d’inscriptions, avec leurs formules, leur style propre, et de nombreux exemples pris dans l’antiquité, depuis les inscriptions des monuments publics, tels qu’édifiées, fastes, traités, lois, sénatus-consultes , monnaies, médailles, etc., jusqu’aux inscriptions privées, comme épitaphes, vœux, affiches de jeux, collèges ou corporations, etc. Toutes sont accompagnées d’un commentaire, qui ajoute au mérite de ce livre très-estimé des savants. On cite encore, parmi les ouvrages de Morcelli : Kalendarium Ecclesiæ Constantinopolitanœ, Rome, 1788, 2 vol. in-4°; Africa chrisliana, Brescia, 1817-18, 3 vol. in-8°; Operum epigraphicorum volumina quinque , Padoue, 1819, in-4° ; Delta scrivere degli antichi romani, Milan, 1822, in-8®, etc. Les œuvres archéologiques de Morcelli ont été réunies sous le titre ‘d 'Opéra epigraphica, Padoue, 1818-25, 5 vol. in-4°. Il faut y ajouter le Lezicon Morccllianum, Bologne, 1835, 3 vol. in-4».
MORCHANSK. V. Morschansk.
MORCONE, v. du royaume d’Italie, prov. et à 25 kil. N.-O. de Bénévent; 7,112 hab.
MORDELLES, ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), arr. et à 15 kil. O. -S.-O. de Rennes; 447 hab. Beau pont d’une seule arche sur le Meu.
MORDUANS ouMOllDUINS, peuple de la Russie d’Europe. d’origine finnoise, répandu dans les gouvernements
de Kazan , Simbirsk, Orenbourg, Nijni-Novogorod , et Penza, sur les bords du Volga et de l’Oka.
MORE (Thomas), en latin Marus , grand-chancelier d’Angleterre, né à Londres en 1480, m. en 1535, fit ses études à Oxford , où il se lia avec Erasme, et était un avocat distingué à Londres, lorsqu’ayant atteint l’âge fixé par la loi , il fut élu membre du Parlement. Il se signala d’abord par son opposition au gouvernement; mais, introduit par Wolsey auprès de Henri VIII, il fut nommé successivement membre du Conseil privé, trésorier de l'Echiquier, et après la disgrâce de Wolsey , grand-chancelier. Jusque-là, il avait joui de la plus haute faveur du monarque, sans que son intégrité ni son désintéressement en souffrissent la plus légère atteinte. Mais ne pouvant approuver les reformes que le roi voulait introduire dans l'Eglise, il lui rendit les sceaux, après les avoir eus en sa possession pendant deux ans, et il se retira à Chelsea. Sommé ensuite de prêter le serment de suprématie, il refusa, fut enlevé à sa retraite , et enfermé à la Tour de Londres. Quelques mois après, il eut la tête tranchée. 11 avait vu arriver sa dernière heure avec une fermeté stoïque, et il renouvela sur l’échafaud sa profession de foi contre la suprématie , qu’il regardait comme contraire aux lois de l’Eglise et de l’Angleterre. Durant sa faveur et pendant sa disgrâce, il n’avait pas cessé un moment de cultiver les lettres, et il fut un des génies les plus aimables, les plus spirituels, et un des meilleurs écrivains de son époque. Dès l’âge de 20 ans, il était déjà connu de l’Europe savante par ses vers latins et par une Histoire de Pic de la Mirandole, qui excitait l’admiration de Budé et d’Erasme. Ses ouvrages ont été publiés en 2 vol. in-fol., l’un qui renferme ses écrits en anglais, Londres, 1559, l’autre, ses écrits en latin, Louvain, 1566. Le plus connu de tous est son Utopie ou de Oplimo reipublicæ statu, deque novd insuld Utopiâ , Louvain , 1516 , in-4°, traduite en anglais par Ralph Robinson, en 1551, 1809, 2 vol. in-8°, et en français par Leblond, Paris, 1580, in-8°, par Gueudeville, Amsterd., 1730, in-12, et par Th. Rousseau, 1789, in-8°; c’est un plan de constitution sociale dans le goût de la République de Platon, et peut-être un peu plus impraticable. Sa Vie a été écrite par son gendre Roper, Oxford, 1716, in-8°. En 1808, des Mémoires de Tli. Motus ont été publiés à Londres par Cuyley, 2 vol. in-4°. V. D. Nisard, Eludes sur la Renaissance, Paris, 1855, 3 vol. in-12; Dareste, Thomas Morus et Campanella, Paris, 1843, in-8®. C. N.
more, finale d’un grand nombre de noms géographiques de l’Irlande, appartient à la langue nationale de ce pays, et signifie Montagne.
MORÉAC, v. de France (Morbihan), arr. et à 23 kil. S.-E. de Napoléonville ; 242 hab.
MOREAU (Jacob-Nicolas), littérateur, né à S'-Florentin en 1717, m. en 1803, fut conseiller à la Chambre des comptes de Provence, renonça à la magistrature pour venir à Paris, et se livra tout entier à l’étude des lettres, principalement de l’histoire, de la politique, et de la législation. Louis XV et Louis XVI le chargèrent de plusieurs missions délicates; il seconda le gouvernement par ses écrits, fut récompensé de son dévouement à la royauté par les titres de premier conseiller de Monsieur (Louis XVHI), de bibliothécaire de la reine, d’historiographe de France, et chargé de rassembler les chartes et autres monuments de la législation française depuis Charlemagne. On a de lui : l'Observateur hollandais, espèce de journal politique, sous forme de lettres, dirigé contre l’Angleterre, Paris, 1755-59, 3 vol. in-8®; Mémoires pour servir à l'histoire de notre temps, 1727, 2 vol. in-12; Mémoires pour servir à l’histoire des Cacouas , 1757, in-12, ouvrage satirique, dirigé contre le parti des philosophes ; Leçons de morale, de politique et de droit public, 1773, in-8°, et Devoirs d'un prince réduits à un seul principe, Versailles, 1775, in-8°, livres composés pour l’éducation du Dauphin (Louis XVI); Lettres historiques sur le Comtal venaissin et la seigneurie d'Avignon, Paris, 1768, in-8° ; Lettre d’un magistrat sur la justice due aux protestants, 1787, in-8® ; Principes de morale publique, ou Discours sur T Histoire de France , 1777-1789, 21 vol. in-8®, non terminé; Exposition et défense de la constitution de la monarchie française, 1789, 2 vol. in-8®, etc.
moreau (Jean-Michel), ordinairement appelé Moreau jeune, graveur, né à Paris en 1741, m. en 1814, élève de Lelorrain et de Lebas, orna d’estampes les plus belles éditions du xvme siècle, succéda à Coehin comme dessinateur des Menus-Plaisirs du roi, 1770, composa les dessins des fêtes du mariage et du sacre de Louis XVI, et devint membre de l’Académie, 1788, et dessinateur du cabinet du roi. Un voyage en Italie, 1785, donna plus de franchise et de noblesse à sa manière. En 1793, il fit partie
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de la commission des arts, et, en 1797, fut nommé professeur aux écoles centrales de Paris. Son œuvre contient plus de 2,000 pièces, composées pour les œuvres de Delille, La Fontaine, Molière, Montesquieu, Racine, Raynal, Regnard, Voltaire, J. -B. Rousseau, etc. Moreau a beaucoup d’imagination ; ses bons dessins sont remarquables par la science, l’élégance, le goût, et une très-heureuse inspiration de l’esprit de l’ouvrage qu’ils décorent.
- moreau (Jean-Victor), célèbre général, né à Morlaix en 1703, m. en 1813, était fils d’un avocat, et étudia le droit à Rennes. Il parvint en 1787 au grade de prévôt de l’Ecole, fut chef du parti parlementaire tant que ce parti fit de l’opposition, et tourna contre lui la force populaire quand la magistrature se mit en garde contre l’esprit révolutionnaire. En 1792, Moreau conduit un bataillon de volontaires à l’armée du Nord, se distingue par son courage et son sang-froid dans une foule d’affaires, devient général de brigade en 1793, général de division en 1794, commande l’aile droite de Pichegru, et concourt à la conquête de la Hollande. En 1796, il reçoit le commandement de l’armée de Rhin-et-Moselle, envahit l’Allemagne, repousse Wurmser près de Manheim, bat l’archiduc Charles à Rastadt et à Heydeuheim, puis, apprenant les revers de Jourdan, commence cette retraite admirable , dans laquelle deux armées ne purent l'entourer, et d’où il ramena 18 canons ennemis, 2 drapeaux et près de 7,000 prisonniers.^ L’année suivante, il reprit le fort de Kehl; mais il fut arrêté dans ses succès par les préliminaires de paix de Leoben. Tombé dans la disgrâce du Directoire par suite de ses liaisons avec le traître Pichegru, il resta 18 mois oisif; puis, envoyé sous l’inhabile Schérer en Italie, il répara nos désastres, et lutta avec 20,000 hommes contre 90,000; rappelé à l’armée du Rhin, il assista, avant de partir, à la bataille de Novi , et , après la mort de Joubert, fit encore une de ces retraites savantes qui empêchent l’ennemi de profiter de ses succès. Moreau, passant par Paris, y vit Bonaparte, le seconda au 18 brumaire, et franchit le Rhin le 25 avril 1800. Cette campagne d’Allemagne fut une série de triomphes contre le général Kray, l’archiduc Jean , l’archiduc Charles ; les victoires de Stockach , Engen , Mœskirch, Biberach, Blenheim, Neubourg, Landshut, furent couronnées par celle de Hohenlinden , qui assurait la prise de Vienne, si l’armée française n’eût été arrêtée par la paix de Lunéville, 1801. De retour à Paris, Moreau se maria, et , poussé par sa femme et sa belle-mère, il ne se trouva point à sa place au second rang. Jaloux de Bonaparte, il prit une part indirecte au complot de Cadoudal et dfi pichegru ( V. ces noms), et fut condamné à 2 ans de détention, 1804. Sa captivité ayant été changée en exil , il partit pour les Etats-Unis, où il vécut jusqu’en 1813. A cette époque, l’empereur de Russie, Alexandre Ier, lui fit faire des propositions qu’il accepta, et le vainqueur des coalitions vint, de concert avec un autre Français, Bernadette, prince royal de Suède, tracer le plan d’une invasion de la France. Dès le début de la bataille de Dresde (27 août 1813), comme Moreau venait de faire une reconnaissance, un boulet lui fracassa le genou droit et le gras de la jambe gauche ; on l’emporta en Bohême, et il y expira le 2 septembre, sans le moindre sentiment , dit-on , de la tache qu’il avait imprimée à sa mémoire en prenant les armes contre sa patrie. Moreau était un général très-savant , très -calculateur, d’une incontestable supériorité comme tacticien , mais stratégiste moins consommé. V. A. de Beauchamp, Vie politique, militaire et privée du général Moreau, Paris, 1814, in-8°. J. T.
moreau (Hégésippe), poète, né à Paris en 1810, m. en 1838. Enfant naturel, orphelin de bonne heure, placé au séminaire de Fontainebleau par l’un de ses parents, il vint bientôt chercher fortune à Paris, ne trouva que déceptions et misère, et mourut de phthisie à l’hôpital de la Charité, -.es poésies, pleines de grâce et de fraîcheur, vives, légères et hardies, ont été publiées sous le titre le Mijosotis, De édit., Paris, 1838, 1 vol. in-18 ; 3® édit., 1851, 1 vol. in-18.
MOREAU DE LA Rochette ( Franç.-Thomas ) , agronome, né en 1720 à Rigny-le-Féron (Aube), m. en 1791, était directeur des fermes à Melun, lorsqu'il acheta, en 1751, la terre inculte de la Rochette. En 13 années, il sut en tirer 1,000,000 d’arbres de tige, et 31,000,000 de plants forestiers. 11 fut nommé, en 1767, inspecteur-général des pepimeres royales. Il créa à Urcel (Aisne), la De manufacture de couperose verte qu’ait eue la France.
MOREAU DE LA sarthe ( Jacques-Louis), médecin , né en 1771 pies du Mans, m. en 1826. Une blessure à la main aroitelajMit forcé d’abandonner son art, il se consacra a la littérature médicale. Il a donné, entre autres ouvrages estimes : Essai sur la gangrène humide, 1776 ; Eloge de Vicq-
I d'Azyr, 1797 ; Esquisse d’un cours d'hygiène, 1799; Traite historique et pratique de la vaccine, 1801 ; : Histoire naturelle de la femme, 1803, 3 vol. in-8°. On trouve de lui un grand nombre d’articles dans le Journal de médecine.
moreau de saint-méry ( Médérie-Louis-Elie ) , né à la Martinique en 1750, m. en 1819, vint se faire recevoir avocat au parlement de Paris. Nommé avocat au conseil supérieur de St-Domingue, il fut chargé d’étudier la légis- ! lation de nos colonies, et rédigea son travail sous les yeux de Louis XVI. Président de l’Assemblée des électeurs en 1789, il montra, dans les collisions de la bourgeoisie et de la royauté, du courage et de la modération. Député de la Martinique à l’Assemblée constituante, forcé par les événements à passer en Amérique, il s’y fit imprimeur-libraire, revint en France en 1798, rédigea en partie le code colonial et maritime, fut nommé administrateurgénéral des Etats de Parme, Plaisance et Guastalla, 1802, puis disgracié, en 1805, pour avoir manqué d’énergie devant une tentative de désobéissance. En 1817, Louis XVIII lui fit une pension. 11 a laissé : Lois et constitutions des colonies françaises de l' Amérique-sous-le-Vent , de 1550 à 1785, Paris, 1784-90, 6 vol. in-4° ; Abrégé des sciences et des arts, Philadelphie, 1796 , in-12, devenu classique ; Description de la partie espagnole de St-Domingue, ibid. , 1796, 2 vol. in-8°; Description de la partie française de la colonie de St-Domingue, ibid., 1797-98, 2 vol. in-4°, etc. J. T.
MORÉE, anc. Péloponèse, presqu’île de l’Europe méridionale, qui termine au S. .-O. le royaume de Grèce et est rattaché à l’Hellade par l’isthme de Corinthe; entre les golfes de Lépante et de Patras au N., la mer Ionienne à l’O., la mer de Candie au S., et l’Archipel à l’E. ; par 36° 22’-38® 18’ lat. N., et 18° 46’-21° 12’ long. E.; 216 myriam. carr.; 562,000 hab. Sol montagneux, surtout au centre, et arrosé par le Gastouni , le Vasili-Potamo, le Rouphia, etc. Sur les côtes, bordées d’iles (Sapienza, Cérigo, etc.), sont les golfes d’Arcadie, de Kalamata, deKolokythia, et de Nauplie. Climat et température très-variés. Le sol est fertile en blé, vins, fruits, raisins, huile, et était jadis couvert de mûriers ( morus ), d’où lui vient son nom. Elève d’abeilles, vers à soie, bétail. ( V. pour les divisions politiques, Grèce moderne). — La Morée, conquise par les Turcs de 1463 à 1479, leur fut enlevée par les Vénitiens, 1687-1715. Revenue aux Turcs en vertu de la paix de Passarowitz, 1718, elle forma l’eyalet ou pachalik de Tripolitza , divisé en 19 cantons régis par des waiwodes, non compris le Maina, qui était indépendant de fait. Elle fut ravagée par les Egyptiens d’ibrahim pendant la guerre de l’Indépendance , 1821-28. Les Français, sous les ordres du général Maison , les en chassèrent, ainsi que les Turcs , en 1828.
morée (Château de), fort sur la côte N. de la Morée, à l’entrée du golfe de Lépante, à 9 kil. N.-E. de Patras, vis-à-vis celui de Roumélie. Bâti par Bajazet II en 1482, et pris par les Français en 1828.
morée, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), arr. et à 22k.il. N.-E. de Vendôme , sur le Loir ; 645 hab.
MOREL (Eustache). V. Deschamps, morel (Guillaume), savant imprimeur, né au Teilleul, près de Mortain, en 1505, m. en 1564, succéda à Turnèbe, en 1555 , dans la charge de directeur de l’imprimerie royale. Outre des éditions d’auteurs grecs (Aristote, Strabon , Dion Chrysostôme ) , il a donné: des observations sur le traité De finibus de Cicéron , Paris, 1544 ; des Variæ lectiones sur Denys l’Aréopagite; des traductions du grec en français du Traité de l’usage des images approuvé par le VIIe concile de Nicée, et du Traité des Images de S1 Jean Damaseène. C. N.
morel (Frédéric), dit l’Ancien, né en Champagne en 1523 , m. en 1583, fut directeur de l’imprimerie royale en 1571, et gendre de Vascosan. C’était un savant helléniste. On lui doit : la traduction française des traités de la Providence, de l’Ame, et de l’Humanité, de S1 Chrysostôme, Paris, 1557, in-16 ; Discours du vrai amour de Dieu, ibid. C. N.
morel (Frédéric), le Jeune, fils du précédent, né en 1558 à Paris, m. en 1630 , imprimeur du roi pour l’hébreu, le latin , le grec et le français, devint, par l’amitié d’Amvot, professeur d’éloquence au Collège royal en 1585. Outre de belles éditions d’Aristote, de Strabon , de Dion Chrysostôme, avec préfaces et corrections, et des traductions, soit en latin , soit en français, d’écrivains grecs des premiers siècles de l’Eglise, on a de lui : Observatiuncula in Strabonem , Paris , 1620 , in-fol. ; Commentarius in Calullum , Tibullum et Propertium , ibid., 1604, in-fol.; Selectiora Marlialis epigrammata grœcè eïpressa, ibid., 1601, in-fol.; Commentarii et conjectanea in P. Statii sylvas, ibid., 1601, in-4°. C. N.
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MOTîel (Claude), né en 1574, m. en 1626, frère du précédent, lui succéda daus la direction de son imprimerie particulière en 1617, et eut le titre d’imprimeur du roi en 1623. Il a publié des éditions de S‘ Basile, S‘ Cyrille, S‘ Grégoire de Nazianze, Archimède, Philostrate, etc. C. N.
mokel (Gilles ), fils du précédent, m. vers 1650, fut aussi imprimeur du roi, puis conseiller au grand-conseil. Dans le peut nombre de ses éditions, on distingue la Bibliothèque des Pères grecs, Paris, 17 vol. in-fol. C. N.
morel de vin de (Ch. -Gilbert, vicomte), agronome et littérateur, né à Paris en 1759, m. en 1842, fut d’abord conseiller au parlement; président, en 1790, d’un de? 6 tribunaux de district de Paris, il donna sa démission après l'arrestation de Louis XVI à Varennes, vécut dans la retraite et l’étude jusqu’en 1814, époque où il fut appelé à la Chambre des pairs, et entra à l’Académie des Sciences en 1824. On a de lui : Murale de l’enfance, 1790, en 512 quatrains moraux; Observations sur les assolements, 1815; Essai sur les constructions rurales, 1824; Considérations sur le morcellement de la propriété , 1826, etc.
MORKI.IA, v. du Mexique. V. Valladolid.
MORELL | André ), numismate illustre, né à Berne en 1646, m. en 1703, vint à Paris en 1680, et fut nommé conservateur-adjoint du cabinet des médailles à la Bibliothèque royale. Ne recevant pas la rétribution de ses travaux, il fit entendre des plaintes très-vives , qui le firent jeter deux fois à la Bastille ; il quitta un pays ingrat, retourna en Suisse, et accepta, en 1694, la garde du cabinet du prince de Schwarzbonrg-Arnstadt. On a de lui : Spécimen universæ rei nummarice antiques, Paris, 1683; Thésaurus Morellianus, sive familiarum Bomanarum numismala omnia , Paris, 1734, 2 vol. in-fol ; Thesauri Morelliani numismala aurea , argentea , cerea , cujusque moduli xil priorum imperatorum, Amsterdam, 1752, 3 vol. in-fol. Ces deux derniers ouvrages ontété publiés par Havercamp,et formaientalors le recueil le plus complet de médailles consulaires et impériales. Morell était un numismate plein de sagacité , et ses ouvrages sont encore très-estimés.
morell (Thomas), théologien anglais, né à Eton en 1703, m. en 1784, a publié : de bonnes éditions du Dictionnaire latin d’Ainsworth et du Lexique grec de Hédérie ; une édition des Contes de Cantorbéry de Chaucer; un Thésaurus grærœ poeseos , Eton, 1752, ouvrage estimé, fait à l’imitation du Gradus ad Parnassum.
MORELLA , Bisgarri, v. d’Espagne (Valence), prov. et à 60 kil. N. de Castellon-de-la-Plana, située sur une montagne , entourée de vieux murs, et défendue par une forteresse. Prise par Cabrera, le 26 janvier 1838, il la défendit héroïquement (juin 1838) contre les Christinos, et reçut de Don Carlos le titre de comte de Morella; Espartero reprit cette ville, le 30 mai 1840. Pop. de la commune : 6,580 hah.
MORELLET (L’abbé André) , né à Lyon en 1727, m. en 1819, étudia en Sorbonne avec succès, se chargea d’une éducation particulière qui lui procura l’occasion de visiter 1 Italie, 1752, revint à Paris, et fut bientôt recherché dans les sociétés littéraires les plus distinguées, celles de Mme Geoffrin et du baron d’Holbach, dont il était loin toutefois de partager l’athéisme. Après plusieurs années de travail, il visita, en 1772, l’Angleterre et la Suisse, où Franklin, à Londres, et Voltaire dans son château de Ferney, l’accueillirent avec cordialité. Une pension de 4,000 fr. lui fut donnée en 1783, et il remplaça l'abbé Millot à l’Académie Française en 1785. Privé par la Révolution de ses ressources, l’abbé Morellet ne vécut que de son travail; il sauva chez lui les archives, les titres et le manuscrit du Dictionnaire de l’Académie, dépôt qu’il conserva jusqu’en 1803. Alors il fut nommé membre de l’Institut, puis, en 1807, du Corps législatif. Lié d’amitié avec les hommes les plus éminents de son siècle , Malesherbes, l’urgot, Diderot, Dalembert, Marmontel, l'abbé Morellet se distingua surtout par son esprit fin et railleur. On a de lui : Préface des Philosophes, 1760, pamphlet contre la comédie des Philosophes , de l’alissot , et qui fit enfermer Morellet à la Bastille pendant deux mois, parce qu’il avait, dans sa brochure, lancé un trait un peu vif contre la pvincesse de Robecq ; une traduction du traité des Délits et des peines de Beccaria, 1766; Prospectus d'un nouveau Dictionnaire de commerce, 1769; Nouveau Dictionnaire de commerce, ouvrage qui l’occupa 20 ans, et qu’il abandonna incomplet, 1769-1789; le Cri des familles , la Cause des pères, Paris, 1794, écrits énergiques après le 9 thermidor; Mélanges de littérature et de philosophie, Paris, 1818, 4 vol. in-8°, choix fait par lui-même de ce qu’il a écrit de mieux dans chaque genre. Il avait laissé , sur sa vie et la société de son temps, des Mémoires d’un fort médiocre in-
térêt; ils ont été publiés en 2 vol. in-8°, Paris, 1821; 2e édit., augmentée, ib. , 1822. Morellet fut aussi un des plus laborieux rédacteurs de l’ Encyclopédie, et du Dictionnaire de l’Académie. C’était un homme instruit, de beaucoup d’esprit, mais qui n’a produit aucun ouvrage durable,
MORELLI (L’abbé Jacques), bibliographe, né à Venise en 1745, m. en 1819, entra dans l’ordre des Dominicains, et fut nommé , en 1778 , gardien de la bibliothèque de SOMarc, à l’enrichissement de laquelle il travailla pendant 50 ans avec passion. Estimé de tous les savants de l’Europe, il devint pensionnaire des royaumes d’Italie et d’Autriche , membre de toutes les académies d’Italie , et correspondant de celles de Paris, de Berlin et de Gœttingue. Ses écrits se recommandent par une science consommée et un jugement sain ; on doit lui savoir gré surtout d’avoir remis en évidence une foule de manuscrits, de lettres, d’opuscules, tant anciens que modernes, extrêmement rares et estimés. 11 a découvert l’Oraison contre Leptine par Aristide , divers fragments de Dion Cassius , des Eléments harmoniques d’Aristoxène. Il donna, en 1774, le Catalogue de la bibliothèque de Venise, et légua à cette ville 20,000 manuscrits. La plus grande partie de ses œuvres a été imprimée sous le titre de : Operelte di Jacopo Morelli, Venise, 1820, 3 vol. in-8°.
MORELLY, écrivain du xvme siècle, précepteur à Vitry-le-François,a laissé des ouvrages pleins d’utopies communistes ; le Prince, ou Traité des qualités d'un grand roi , et système d’un sage gouvernement, Amst., 1751, 2 vol.in-12; la Basiliade , ou Naufrage des îles flottantes, 1753, 2 vol. in -12, poème en 14 chants, en prose ; le Code de la nature , 1755 , in -12, ouvrage qu’on attribua à Diderot, et que La Harpe réfuta longuement dans sa Philosophie du xvni* siècle.
MORENA (SIERRA-), Mariani montes, chaîne de montagnes de l’Espagne, s’étendant de l’E.-N.-E. à l’O.-S.-O. depuis la source du Guadalimar jusqu’au cap S‘-Vincent,. entre la Nouvelle-Castille , l’Estramadure espagnole et l’Alentéjo au N., l’Andalousie et l’Algarve au S. Elle sépare les vallées du Tage et du Guadalquivir, et prend, en Espagne , les noms de Sierra de Pedrochès , de Cordoba, de Constantina, de Guadalcanal, de Monasterio, d’Albaleyra, d’Aroche; en Portugal, ceux de Sierra de Caldeira. et de Monchique. Le versant du S. est escarpé. Les sommets les plus élevés sont les monts Poya (1,264 mèt.), Cumbre d’Aracena (1,717 mèt.), et Sagra (1,815 mèt.). La Sierra-Morcna tire son nom, qui signifie chaine noire , des cistes, chênes à kermès, bruyères et autres arbustes à feuillage obscur, dont elle est couverte. Mines d’argent, plomb, cuivre, mercure. Dans cette chaîne, le ministre Olavidès établit, en 1767, plusieurs colonies allemandes et suisses, dont les principales sont Carolina et Carlotta.
MORÉRI (Louis), né à Bargemont (Var) en 1643, m. en 1680, entra dans les ordres à Lyon, devint aumônier de l’évêque d’Apt, Gaillard de Longjumeau, et se consacra à la rédaction d’un Grand Dictionnaire historique qui porte son nom, mais dont il parait que son évêque avait conçu le plan et réuni les premiers matériaux. La lre édition est de Lyon, 1673, in-fol. Moréri faisait imprimer la 2e, qui parut en 1681, 2 vol. in-fol., lorsqu’il mourut. L’érudition de ce biographe est souvent en défaut; on a relevé dans son œuvre beaucoup d’erreurs ; mais Bayle luimême, qui a fait son Dictionnaire critique pour les relever et pour suppléer aux lacunes de son devancier, juge qu’on lui doit de la reconnaissance. Les corrections et suppléments de Leclerc, Goujet, etc., fondus dans l’édition de Drouet, Paris, 1759, 10 vol. in-fol., font de l’ouvrage, comme a dit Voltaire, « une ville nouvelle bâtie sur l’ancien plan. » J. T.
MORES. V. Maures.
MORESNET , vge de Belgique , prov. et à 18 kil. E -N.-E. de Liège; 500 hab. Mines de houille, dites de la Vieille-Montagne, ou d'Allenberg , produisant auuuellemént,. 25 millions de kilogr. de minerai, alimentant la fonderie de Liège, beaucoup de fabriques de laiton de la Belgique et. du N. de la France, et fournissant plus de la moitié du zinc consommé en Europe.
MORESTEL, ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 16 kil. N.-E. de La Tour-du-Pin ; 986 hab.
MORET, Morelum, ch.-l. de cant. ( Seine-et-Marne ), arr. et à 12 kil. S.-O. de Fontainebleau, sur le Loing, le chemin de fer de Paris à Lyon, et près de la Seine , 1,932" hab. Cette ville, autrefois importante, avait le titre de comté ; les Anglais la prirent en 1420 ; Charles Vil la re prit en 1430, et la fit entourer de murailles. Henri IV acheta le comté en 1604, et le donna à Jacqueline de Breuil. On y remarque une église du xne siècle, et les ruines de-
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château. Vins très-colorés; exploit, de pierres dures, scieries de marbre, moulins à tan et à farines.
mohet ' Antoine de bourbon , comte de) , fils naturel de Henri IV et de Jacqueline de Breuil , comtesse de Mo* ret, né en 1607 à Fontainebleau, légitimé l’année suivante, in. en 1691, prit parti pour Gaston, duc d Orléans, contre Richelieu, et disparut après le combat de Castelnaudary, 1632. Selon les uns, il y fut tué; d’autres prétendent qu’il survécut et se retira dans une solitude en Anjou sous le nom de Frère Jean-Baptiste.
MOliETO Y CABANA (Augustin), poëte comique espagnol du xvne siècle, émule de Calderon, fut, comme lui, protégé par Philippe IV, et se fit prêtre sur la fin de sa vie. Ses pièces , composées de 1650 à 1676 , se distinguent par l’élégance et le bon goût; le style en est pur et naturel. Moreto surpassa Calderon dans le genre comique; il a plus de gaieté, et ses situations sont plus plaisantes. Il est le premier qui ait mis sur le théâtre espagnol la comédie de caractère. Les auteurs français l’ont souvent imité : le Don Japliel d'Arménie de Scarron est traduit presque littéralement del Marques del Cigarral ; la comédie No pucde cer (Cela ne peut être) a fourni des scènes à l’Ecole des Maris de Molière , qui imita également Moreto dans la Princesse d'Elide. Les Œuvres de Moreto ont été recueillies à Valence, 1676 et 1703, 3 vol. in-4° ; on les a insérées dans le Trésor du théâtre espagnol, Paris, 1638, t. iv. B.
MORETTA, brg du royaume d’Italie, arr. et à 16 kil. N.-N.-E. de Saluces, au confluent du Pô et de la Vraita; 3,263 hab.
MOREUIL, ch -1. de cant. (Somme), arr. et à 18 kil. N.-N.-E. de Montdidier, surl’Avre; 2,456 hab. Bonneterie, extraction de tourbe. Beau château. Hôpital.
MUREZ ou MOREY, ch. 1. de cant. (Jura), arr. et à 22 kil. N.-E. de Sl-Claude, sur la Blenne, au fond d’une gorge étroite, prés de la frontière suisse; 4.677 hab. Pont d’une seule arche très-hardie. Fabr. considérable de lunettes , horlogerie et clouterie ; scieries de bois, tanneries.
MORFON TAINE. V. Mortefontaine.
MORG-AB ou MORGHAB , anc. M argus , riv. d’Asie, nait sur les limites du Khoraçan et du khanat de Balkh , coule à l’O.-S.-O. , puis au N. -O., et se perd, chez les Turcomans, dans un désert de sable qui le sépare du Djihoun. Cours de 800 kil.
MORGAGNI (Jean-Baptiste), anatomiste célèbre, né à Forli dans la Romagne en 1682, m. à Padoue en 1771. Elève de Valsalva et d’Alberti , il dirigeait , à 22 ans, une société savante. Nommé professeur à Padoue en 1715 à la place de Vallisneri , il devint membre de la plupart des académies de l’Europe; l’empereur Joseph II le combla d’honneurs. Morgagni a opéré une véritable révolution dans la médecine; il a montré, le premier, l’importance de l’anatomie comme base de l’étude des maladies. Parmi ses nombreux ouvrages, on remarque : Adversaria anatomica , recueil considérable d’observations anatomiques, publié d’abord en plusieurs parties, réunies ensuite sous le titre d' Adversaria omnia , Padoue, 1741, in-4° ; De sedibus et causis morborum per analomen indagatis , Bassano , 1761, in-4°, et Paris, 1822, 8 vol. in-8°, trad. en français par Desormeaux et Destouet , Paris , 1820-1823, 6 vol. in-8°.
MORGAN (Henri) , chef de flibustiers anglais, fils d’un riche fermier du pays de Galles , servit d’abord sur un corsaire, puis équipa un bâtiment, et se fit si bien connaître par ses entreprises , qu’un vieux chef de flibustiers, Mansfield , le prit pour son lieutenant. Mansfield mourut peu après , en 1663 , et Morgan lui succéda. Il se distingua moins par des courses d’aventures que par de grandes entreprises : avec 12 vaisseaux et 700 hommes, il rançonna d’abord une ville de l’ile de Cuba, saccagea Porto-Bello, et détruisit Maracaibo. Il avait acquis une grande fortune en moins d’une année, s’était retiré à la Jamaïque, et songeait à se reposer, quand, sur les instances de ses camarades, il partit avec 37 bâtiments, s’empara de Pile de Santa- Catalina sur la côte de Nicaragua , et , avec 1,300 hommes, marcha sur Panama, qu’il prit d’assaut, 1671, pilla et brûla ensuite. La proclamation de la paix entre l’Angleterre et l’Espagne arrêta ses succès. Morgan , après un voyage en Angleterre pour y rendre compte de sa conduite, revint à la Jamaïque, où il vécut dans le repos et les honneurs.
MORGANE (la Fée) , sœur d’Artus etélèvede l’enchanteur Merlin. C’est à cette fée armoricaine que le peuple attribue , en Calabre , le curieux phénomène de réfraction qui se voit souvent dans le détroit de Messine.
MORGANT1UM, anc. v. de Sicile, appelée aussi Morgan tina , Muryantia, Morgentia, fondée parles Morgètes
j chassés d’Italie , et ruinée dans la Guerre servile. Elle était située sur le cours du Symœthus ( Jaretta) , près du conft. de ce fleuve avec le Chrysas (Dittaino). Ses environs produisaient un vin renommé.
MORGARTEN, montagne de Suisse, entre les cantons de Schwitz et de Zug. Près de là, 1,300 Suisses défirent 20,000 Autrichiens, le 15nov. 1315. Victoires des Français sur les Suisses , 1798 , et sur les Autrichiens, 1799.
MURGENGABE, mot germanique signifiant don matutinal. C’était un présent fait, chez les Germains, par le mari à sa femme, le lendemain du mariage, et consistant en domaines ou en une somme d’argent. Le maximum était, chez les Wisigoths, fixé au 10e des biens, au quart chez les Lombards; il s’élevait jusqu’au tiers chez les Francs. Les veuves n’en recevaient pas La Morgengabe est encore en usage en Allemagne; elle ne retourne, en aucun cas, au mari ou à ses héritiers. En France, elle a été remplacée par le douaire. (V. Morganatique, au Supplément.)
MORGES, en allemand Morsee , v. de Suisse ( Vaud), à 11 kil. S.-O. de Lausanne, sur le lac de Genève; 3,240 hab. Château du xme siècle, servant d’arsenal pour l’artillerie. Belle église. Comm. devins.
MORGÈTES (de Morgès, successeur d’Italns) , tribu pélasgique , qui habitait l’extrémité S.-O. de l'Italie, dans le pays où fut depuis fondée la ville de Rhégium , près du détroit de Sicile. Poussés par une autre tribu pélasgique, les Œnotriens, ils passèrent, avec les Sicules, en Sicile, et y fondèrent Morgantium. C. P.
MORGHAB. V. Morg-Ab.
MORGHEN (Raphaël), célèbre graveur, né en 1758 à Portici, près de Naples, m. en 1833, élève et gendre de Volpato , fut appelé à Florence en 1794 par le grand-duc Ferdinand II , et y acheva sa vie. Son Œuvre comprend 254 pièces, dont les plus belles sont : le Miracle de Dolsena , la Vierge à la chaise, et la Tranfignration , d’après Raphaël; la Cène, de Léonard de Vinci; l’Aurore, du Guide; des Vierges d’André del Sarto et du Titien; le Parnasse de Raphaël Mengs , etc. , et une foule de portraits. La Cène est son chef-d'œuvre. Morghen fut élu membre associé de l’Institut de France en 1803. Il se distingue par la finesse, le charme exquis de l’exécution , et l’harmonie. Néanmoins il n’est pas un graveur de 1er ordre : il manque de vigueur, et ne reproduit pas le caractère du dessin de ses originaux.
MORHOF (Daniel-George), savant philologue, né à Wismar en 1639 , m. en 1691 , était fils d'un notaire , qui lui fit donner une bonne éducation. A l’âge de 21 ans, il fut nommé professeur de poésie latine à Rostock , puis , 5 ans après , il passa à l’Université de Kiel, où il devint professeur de belles-lettres, 1665, puis d’histoire, 1673, et bibliothécaire, 1680. Parmi ses ouvrages, on remarque : Traité de la langue et de la poésie allemandes , en allemand , livre très-savant, Kiel, 1682, in-8°, et Lubeck, 1702, 1718; Pohjliistor, sive de notitid auctorum et rerum commentant , Lubeck, 1688-92, 3 part. in-4°, réimprimé en 1708 par J. Moller, et par Alb. Fabricius, Lubeck. 1732, 2 vol. in-8° ; c’est le plus important de ses ouvrages : il y traite de l’utilité de l’histoire littéraire, de l’usage et du choix des livres, des bibliothèques, des différentes méthodes d’enseignement, en un mot, de tout ce qui tient à l’étude des lettres ou des sciences. On a encore de Morhof : Poésies latines, Lubeck, 1697, in-8° ; Harangues, Hambourg, 1698, in-8°; Dissertations académiques, ibid. , 1699, in-8°.
MORIALE (Fra). V. Montréal.
MORIANA, nom italien de la vallée de Maurienne.
MORIGIA (Jacques-Antoine) , né à Milan vers 1493, m. en 1545, eut d’abord une jeunesse dissipée, puis devint l’un des fondateurs de la congrégation des barnabites , dont il fut le premier prévôt en 1536.
morigia (le cardinal Jacques-Antoine), de la famille du précédent, né à Milan en 1632, m. en 1708, entra dans l’ordre des barnabites, se fit une grande véputation comme prédicateur, et fut chargé par le grand-duc de Toscane de l’éducation de son fils. La faveur de ce prince l’éleva bientôt à l’évêché de San-Miniato, d’où il passa en 1683 sur le siège de Florence, puis sur celui de Pavie , et refusa l’archevêché de Milan. Il a laissé des Lettres pastorales et des Oraisons funèbres.
MOR1GNY-CHAMPIGNY , vge (Seine -et- Oise), al-r. et à 3 kil. N.-E. d’Etampes, dans la vallée de la Juine; j 934 hab. Ruines d’un château de Brunehaut. Château moderne, bâti sur l'emplacement d’une abbaye fameuse de bénédictins , et dont on admire la chapelle. Magnifique château de Jeures, avec canaux, aqueduc et vaste parc.
1 MORILLO (Pablo), général espagnol, né en 1777 à Fuente-de-Malva (prov. de Toro) , m. en 1832, se distingua d’abord en Galice, ep Estramadure et en Portugal,
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pendant la guerre de l’Indépendance contre les Français , et ïontribua à la victoire d’Arroyo-de-Molinos en 1812. Envoyé, après le rétablissement de Ferdinand VII , contre les insurgés du Vénèzuéla et de la Nouvelle-Grenade , il emporta d'assaut Carthagène, et reçut pour cet exploit le titre de comte de Carthagène. Sa conduite y fut violente , et les habitants de Santa-Fé eurent aussi à souffrir de ses rigueurs. Bolivar ayant renouvelé la guerre, en 1817, il la soutint avec intrépidité, mais perdit enfin la bataille de Boyaca, 1819. De retour en Espagne, il joua un rôle équivoque pendant la guerre de 1823 ; chargé par les Cortès du commandement de la Galice , il favorisa les royalistes, destitua Quiroga , entrava les efforts de Robert Wilson , et laissa échapper le corps du comte d’ Amarante. Mal récompensé par Ferdinand VII , il se retira en France , 1824.
MOR1MOND, hameau ( Haute-Marne) , arr. et à 37 kil. N.- E. de Langres. Il y eut une célèbre et riche abbaye , l’une des quatre filles de Citeaux , fondée en 1115 par un seigneur de Choiseul. Plus de 700 bénéfices , la plupart en Espagne et en Portugal , et les ordres militaires espagnols et portugais de Calatrava, d’Alcantara, de Montesa, d’Avis et du Christ, étaient sous sa dépendance. L’abbé était grand d’Espagne. De ses édifices et de ses richesses d’art , il n’existe plus que quelques restes transportés dans la cathédrale de Langres.
MORIN ( Michel-Jean-Baptiste) , né à Villefranche (Beaujolais) en 1583, m. en 1656, médecin, mathématicien et astrologue , tira l’horoscope de Louis XIV. Il proposa d’employer les observations de la lune à la détermination des longitudes en mer; mais cette méthode exigeait, dans les tables des mouvements de cette planète , un degré d’exactitude que les travaux réunis des premiers géomètres ont pu à peine leur donner. Morin fut un des contradicteurs les plus opiniâtres de Copernic et de Galilée. On a de lui : Famnsi problemalis de telluris rnotu vel quietè haclenùs optata solutio , Paris, 1631, in-4°; Longitndinum terrestrium et cœlez'.ium nova et haclenùs optata scientia, ibid. , 1634 , in-4°; Astrologia gallica , La Haye , 1661, in-fol.
morin (Jean) , prêtre de l’Oratoire, né à Blois en 1591, ni. en 1659. D’une famille protestante, il abjura entre les mains du cardinal Du Perron , et entra à l’Oratoire en 1618. Il était très-versé dans la théologie et les langues orientales, celle des Juifs en particulier. On a de lui : Exercitaliones ecclesiaslicœ in utrumque Samaritanorum Pentateuchum, Paris, 1631, in-4° ; Exercitaliones biblicœ de liebraïci grœcique texlûs sincerilate , 1633, in-4°; Pentateuchum Samaritanvm , 1645 , in-4° ; Commentarius historiens de disciplina in administratione sacramenli pcenilentiæ, 1651, in-fol., ouvrage important, auquel il travailla trente ans; Commentarius de sacris Ecclesiœ ordinationibus , 1655, in-fol. ; Opuscula hebrœo-samaritana , 1657 , in-12.
morin ( grand- ) , riv. de France , prend sa source près de Sézanne (Marne) , passe à la Ferté-Gaucher, Coulommiers, Crécy , et se jette dans la Marne à Condé , à 6 kil. S. -O. de Meaux (Seine-et-Marne). Cours de 100 kil. , navigable sur 14 kil.
morin (petit-), riv. de France, prend sa source prés d’Ecury (Marne), passe à Montmirail, et se jette dans la Marne au-dessous de la Ferté-sous - Jouarre (Seine-et- Marne ) . Cours de 65 kil.
morin-la-montagne, nom donné à saint-omer pendant la Révolution.
MOR1NGEN. V. Moiiringen.
MORINS, Morini , c.-à-d. peuple maritime (du celtique mor, la mer), tribu de la Gaule (Belgique IIe), au N. -O., sur la côte du détroit de Gaule, entre la mer au N. et à l’O., les Ambiani et les Atrébates au S., les Ménapiens à l’E., dont ils étaient séparés par le cours de l’Aa. Ce pays était, au temps de César, couvert de forêts et de marécages; il fut soumis par Labiénus; v. princip. : Teruanna (Thérouanne), Gessoriacum (Boulogne), et Portus Itius. Il correspond auj. aux arrondissements de Boulogne et de St-Omer, et à une partie de ceux de Sl-Pol et de Montreuil (Pas-de-Calais). Le nom de Morinie est encore usité pour désigner ce pays dans les chroniqueurs de la fin du ixe siècle. C. P.
MORION, nom donné jadis au casque des arquebusiers. Il était sans cimier et sans visière.
MORISON ( Robert), botaniste, né en 1620 à Aberdeen, m. en 1683, montra de bonne heure du goût pour la botanique, puis, au moment des guerres civiles d’Angleterre, embrassa ardemment le parti de Charles Ier, et prit les armes. Il passa en France après la mort de ce prince, et se fit recevoir docteur en médecine à Angers, 1648. Recommandé à Gaston, duc d’Orléans, il obtint la direction d’un jardin botanique que ce prince avait à Blois. A la
Restauration des Stuarts , il fut rappelé par Charles II, qui le nomma son médecin, professeur de botanique, et surintendant de ses jardins. Docteur à l’Université d’Oxford en 1669, il y fut nommé bientôt professeur de botanique. On a de lui : Hortus Blesensis auctus, Londres, 1669, in-8»; Plantarum umbelliferarum distribulio nom, Oxford, 1672, in-fol., avec fig.; Histoire universelle des plantes, Oxford, 1680, in-fol., avec fig., ouvrage capital qui fut achevé par Jacques Bobart , 1699, 1 vol. in-fol., le tout aux frais de l’Université , qui en regardait la publication comme une œuvre nationale. Dans cet ouvrage Morison a employé, le premier, les classifications d’après les fruits , la iieur, les feuilles et les qualités des plantes. Ce fut un vrai service rendu à la science.
MORITANIA, nom latin de Mortagne.
MOR1TOLIUM, nom latin de Mortain.
MOR1Z (Sankt-), vge de Suisse (Grisons), à 39 kil. O.- S.-O. de Coire; 300 hab. Eaux minérales renommées.
MORLAAS, ch.-l. de cant. ( B. -Pyrénées), arr. et à 10 kil. N.-E. de Pau; 1,140 hab. Belle église de S'e-Foi, élevée au XIe siècle. Première capitale du Béarn, résidence des vicomtes jusqu’au xme siècle, elle posséda, jusqu’au XVe, un atelier monétaire, et la monnaie morlane avait cours dans toute la Gascogne. Gaston IV y fonda les premières courses de chevaux connues eu France.
MORLACCH1 (François), compositeur de musique, né à Pérouse en 1784, m. en 1841, étudia sous Zingarelli et le P. Mattéi, et devint, en 1810, maître de chapelle du roi de Saxe. Il a laissé 6 messes , un Requiem , un oratorio intitulé Gli angeli al sepolcro , beaucoup d’autres morceaux du genre religieux, 17 opéras, une grande quantité de musique de chambre et de pièces instrumentales. Morlacchi est de l’école de Paër et de Simon Mayer ; bien qu’il écrivît avec une rare facilité, il fut toujours sage et correct. B.
MORLAIX, en breton Montroules , s.-préf. (Finistère), au confluent du Jarleau et de la Kerlent, à 84 kil. N. -N. Ë. de Quimper, è 10 kil. de la mer, par 48° 34’ 32” lat. N. et 6° 10’ 32” long. O.; 12,287 hab. Rade sûre et commode, défendue par le fort du Taureau, que François Ier fit élever en 1525. Tribunaux de lre instance et de commerce, école d’hydrographie. Bureau de douanes, manuf. de tabacs. Sociétés d’agriculture et vétérinaire. Entrepôt considérable de marchandises venant de l’étranger. Commerce de grains, beurre, graines oléagineuses, porc salé, suif, miel, cire, cuirs, toiles, fil, lin, chanvre, papier, chevaux, plomb, litharge. Armements pour la pêche de la morue. Le port est bordé de jolis quais, avec garde-fous en fer. — Morlaix, nommé d’abord Julia, puis Suliocan , fut longtemps disputé entre les princes de Léon et les ducs de Bretagne. Pris par les Anglais en 1374 et en 1521, il souffrit beaucoup des guerres de religion, et se rendit à Henri IV en 1594. Patrie du général Moreau. B.
MORLAQUIE, petit pays d’Europe, sur l’Adriatique, enclavé entre les Etats autrichiens (Croatie et Dalmatie) et l'Empire ottoman, qui se le sont partagé; v. princip. : Zeng, Carlopago. Les Morlaques (dans leur langue Moro- Vlassi), belliqueux et braves, catholiques, mais superstitieux, sont restés dans une sorte d’indépendance sauvage.
MU KM A N NO , v. du royaume d'Italie (Province de Cosenza), à 28 kil. N. -O. de Cassauo; 7,295 hab. Bibliothèque.
MORMANT, ch.-l. de cant. (Seine-et-Marne), arr. et à 20 kil. N.-E. de Melun ; 938 hab. Belle église. On remarque, aux environs, le château de la Grange, appartenant à la famille La Ëayette, et celui de Bressoy.
MORMOIRON, ch.-l. de cant. (Vaucluse), arr. et à 12 kil. E. de Carpentras, sur l’Auzon; 1,774 hab. Plâtre, sulfate de fer.
MORMONS, secte religieuse qui s’est formée aux Etats- Unis vers 1830, et qui n’est pas un schisme, mais une religion fabriquée de toutes pièces. Un certain Joseph Smith, de l’Etat de Vermont, vaurien insigne et charlatan reconnu, était devenu , on ne sait comment , possesseur d’un roman biblique inédit, sorte de pastiche des livres saints, composé jadis par un M. Spaulding. Après avoir remanié l’ouvrage conformément à ses vues, il annonça qu’il avait, sur l’indication d’un ange, découvert une suite de la Bible, révélation de Dieu spéciale à l’Amérique. Le texte du Livre d’Or était écrit sur des lames de métal, en caractères mystérieux. A l’aide de Vurim-thumim, besicles gigantesques trouvées auprès du précieux manuscrit, Smith lut et traduisit le Livre de Mormon. Prenant le rôle de prophète, il prêcha, raconta ses visions, et fit des miracles. En 1830, il n’avait que 5 disciples ; au bout d’une année, il les comptait par milliers. 11 eut alors une
MOR
MOR
imprimerie, un journal, une banque, et fonda enfin une colonie à Kirkland, dans l’Etat d’Ohio. Persécutés par leurs voisins ( les saints du dernier jour ont aussi leurs martyrs), les Mormons émigrèrent dans le comté de Jackson (Missouri), puis dans le comté de Clay, enfin dans le territoire d’CJtah, où ils fondèrent Nauvoo, et où, plus unis et plus prudents, ils se sont soumis à une organisation qui en a fait une nation véritable. La mort tragique de Smith dans une émeute, 1844, n’a point arrêté le développement de la colonie. Brigham Young, Orson Prott, John Taylor , continuent avec succès l’œuvre du prophète. Nauvoo compte auj. 30,000 hab. Une autre colonie a été fondée sur les bords du lac Salé. Des missionnaires vont recruter partout des prosélytes. Une agence d’émigration ! mormonienne, établie à Liverpool , envoie chaque année de nouveaux adhérents. Un journal, l’Etoile de la Scandinavie, a été fondé en Danemark pour y propager la doctrine.
Il est impossible de découvrir un système de philosophie dans le galimatias des révélations de Smith. La doctrine mormonique n’offre qu’un mélange confus et indigeste de principes empruntés à toutes les religions, même à l’islamisme. La polygamie règne chez les Mormons; on nomme Gladdonistes ceux qui la rejettent. Cependant ils ont donné des marques évidentes de vertus qui ne peuvent s’accorder avec une moralité trop relâchée, la patience, la persévérance, le courage, l’amour du travail. Us renouvellent le baptême sur les adultes, et le donnent par immersion dans l’eau courante. V. Mayhew, The Mormons, or the latter day Saints, Londres, 1852 ; G. Ferris, Utah and the Mormons, 1853; Female life among the Mormons, ibid., 1855; Theprophels or Mormons unveiled, ibid., 1855. F — x.
MORNANT, ch.-l. de cant. (Rhône), arr. et à 21 kil. S.-O. de Lyon; 1,573 hab.
MORNAS, brg (Vaucluse), arr. et à 12 kil. N.-O. d'Orange, sur le Lez, près de son confl. avec le Rhône ; 1,658 hab. Filatures de soie. Dominé par les ruines d’un château célèbre par les cruautés qu’y exerça sur ses prisonniers catholiques le baron des Adrets.
MORNAY ( Philippe de), seigneur du Plessis-Marly, né en 1549 à Buhy(Vexin français), m. en 1623, était allié aux plus illustres familles de France, et même à la maison de Bourbon. Il reçut secrètement de sa mère les principes du calvinisme, qu’il embrassa ouvertement après la mort de son père, 1560. A 18 ans, et déjà riche de connaissances, il voulut les étendre et les perfectionner par les voyages, et visita la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie, la Bohême, l’Autriche et les Pays-Bas. A son retour, il s’attacha à Coligny, et rédigea le fameux Mémoire que l’amiral fit présenter à Charles IX et à Catherine de Médicis en faveur des huguenots. Témoin et presque victime de la S*-Barthélemy, il se réfugia en Angleterre. Appelé en 1575 auprès du roi Henri de Navarre, il gagna toute sa confiance, administra ses finances, et reçut de lui la mission d’aller réclamer les secours de la reine Elisabeth. Il suivit le duc d’Anjou, frère d’Henri III , dans son expédition en Flandre contre les Espagnols. Nommé surintendant-général de la Navarre, il y soutint presque seul le poids de la lutte contre la Ligue. Quand Henri III , se rapprochant d’Henri de Navarre après le meurtre des Guises, lui livra Saumur comme place de sûreté, Mornay prit le gouvernement de cette ville. En 1589, il enleva le cardinal de Bourbon, que les Ligueurs avaient proclamé roi , et , l’année suivante, partagea les périls d’Henri IV à Ivry. Chargé de négocier la paix avec le duc de Mayenne, 1592, il compromit tout par l’indiscrétion avec laquelle il divulgua les intentions secrètes du duc. Bien qu’il se fût opposé à l’abjuration d’Henri IV, il continua de le servir ; mais son zèle excessif pour le calvinisme le fit disgracier : un traité De l’institution de l'Eucharistie, qu’il publia en 1598, in-fol., attira sur lui les censures d’un synode tenu à Fontainebleau , 1600. Il se retira dans son gouvernement de Sauxaur, y fit reconnaître l’autorité de Marie de Médicis, après l’assassinat d’Henri IV, se brouilla avec elle en 1620, et dut résigner ses fonctions, moyennant une indemnité de 100,000 écus. Véritable chef de ses coreligionnaires pendant près de 50 ans, on l’avait surnommé le Pape des huguenots. On a de lui : Traité de l’Eglise, 1577 ; Traité de la vérité de la religion chrétienne, Anvers, 1580, in-8°; Discours sur le droit prétendu par ceux de la maison de Guise, 1582, inséré dans les Mémoires de la Ligue, t. 1er ; le Mystère d’iniquilé, ou Histoire de la papauté, 1607, in-4° ; des Mémoires, de 1572 à 1620, publiés en 1624-25-51-52, 4 vol. in-4°, et plus complètement par Auguis, 1822-25, 12 vol. in-8«. Usa Vie par J. Ambert, Paris, 1847. B.
MORNE , mot employé en Amérique et dans les colonies françaises, pour désigner les montagnes peu élevées.
morne (le gros-), volcan de l’ile de la Réunion; 2,200 mèt. de hauteur. — brg d’Haïti (Nord), à 31 kil. S. du Port-de-Paix. — brg de la Martinique, arrond. de S'-Pierre ; 4,845 hab. Culture de la canne à sucre et du café.
morne-a-l’eau , brg de la Guadeloupe, sur la côte N., à 9 kil. N.-E. de la Pointe-à-Pitre; 3,500 hab.
MORO (Antoine), peintre, né à Utrecht vers 1525, m. en 1581, fut d’abord élève de Schooreel, puis alla se perfectionner en Italie. Charles-Quint le prit quelque temps à son service. Philippe II lui montra une égale faveur. Menacé par l’Inquisition, il s’enfuit dans les Pays-Bas, où il fut protégé par le duc d’Albe. On prétend que son dernier tableau, exécuté pour la cathédrale d’Anvers, et représentant la Circoncision , était son chef-d’œuvre. Il copia pour Philippe II la Danaé du Titien et d’autres toiles fameuses. C’est un excellent portraitiste : son dessin est ferme, son exécution très-soignée, sa couleur brillante, fine et serrée comme celle de l’école brugeoise. Le Louvre possède de lui trois portraits d’hommes. A. M.
MOROGUËS (Bigot de). V. Bigot.
MORON, anc. Arunci , v. d’Espagne ( Andalousie ),prov. et à 41 kil. E.-S.-E. de Séville. Cette ville se forma autour d’un château-fort romain, qui, plusieurs fois réédifié, fut détruit par les Français en 1812. Pop. de la commune :
MORONE (Jérôme), habile négociateur, né vers 1450, m. en 1529, se forma à l’école de Ludovic le More, s’attacha ensuite aux fils de ce duc, et administra le Milanais, avec le titre de vice-chancelier, au nom de Maximilien Sforza en 1512, et de François-Marie en 1521. Après avoir poussé Charles-Quint et Léon X contre la France, il reconnut combien le joug des Impériaux était lourd pour Milan, et proposa aux Vénitiens et au pape de se rapprocher de François Ier. Pescaire, qui avait paru d’abord entrer dans ses projets, le fit ensuite arrêter et jeter dans les cachots de Pavie, 1525. Morone paya 20,000 florins pour sa liberté, devint secrétaire du connétable de Bourbon, puis de Philibert d’Orange.
morone (Jean), fils du précédent, né vers 1508, m. en. 1580, occupa tour à tour les sièges épiscopaux de Novare et de Modène; envoyé, en 1542, comme nonce du Saint- Siège en Allemagne, il y jeta les bases d’un concile général, qui fut le concile de Trente, reçut en récompense le cardinalat, et devint président du concile, lors de sa formation. C’était un homme d’une grande pénétration, résolu, et très-équitable.
MOROSAGLIA, ch-1. de cant. (Corse), arr. et à 26 kil. N.-E. de Corte; 876 hab. Patrie de Paoli.
MOROSINI (Andrea), historien, né à Venise en 1558, m. en 1618, fit partie du Conseil des Dix. Il a écrit, en latin élégant, une bonne Histoire de Venise, depuis 152i jusqu’à 1619, in-fol., 1623.
morosini (Francesco;, doge de Venise, né en cette ville en 1618, m. en 1694, se signala de bonne heure contre les pirates de l’Archipel , força, en 1648, la flotte turque de s’éloigner de Candie, contribua à la victoire de Naxos remportée sur eux, et reçut le commandement en chef de la flotte, 1651. Nommé en 1656 gouverneur de Candie, puis généralissime de la république, il répara les échecs de Mocenigo, fut chargé, en 1667, de défendre Candie contre le grand-vizir Koproli, soutint pendant 28 mois le siège le plus terrible, et frappa d'admiration toute l’Europe par ses exploits. Il fallut céder au nombre. Après avoir obtenu la plus honorable capitulation, il revint, fut mis en accusation , se justifia, et entra en possession de la charge de procurateur de Sl-Marc, qui lui avait été conférée pendant son absence. La guerre s’étant renouvelée en 1684, il s’empara de St,!-Maure et du Péloponèse en deux campagnes, et remporta une victoire près des Dardanelles, 1687. Le sénat et le peuple le proclamèrent doge d’une voix unanime en 1688. Morosini fut un des plus habiles guerriers de son siècle.
MORPET1I, v. d’Angleterre (Northumberland), sur la Wansbeck, à 2.3 kil. N.-N.-O. de Newcastle; station du chemin de fer d’York à Berwick; 13,796 hab. dans la paroisse. Elle fut brûlée en 1215 par ses propres habitants révoltés contre Jean-sans-Terre. Morpeth donne le titre de vicomte au comte de Carlisle.
MORPHÉE, Morpheus (du grec morphè , apparence), dieu des songes, fils du Sommeil et de la Nuit. Ses attributs étaient une plante de pavot, et des ailes de papillon.
MORRIS ( Gouverneur ) , né à Morrisania , près de New- York, m. en 1816, fut un des fondateurs des Etats-Unis d’Amérique. Député au Congrès national, il fit rejeter les bills conciliatoires, mais trop tardifs, de lordNorth,etrédi-
MOR
MOR
gea les instructions adressées à Franklin, chargé de solliciter l’appui de la cour de Versailles; député de la Pensylvanie à la Convention de 1787 , 'il y prit la part la plus active à la rédaction de la Constitution générale de l'Union américaine. Il vint eu France en 1789 , pour une grande spéculation qu’il avait faite sur les tabacs , y fut nommé ministre plénipotentiaire des Etats-Unis, en 1792, cessa ses fonctions en 1794, rentra dans sa patrie en 1799, fut nommé membre du sénat, et acquit une grande influence dans cette assemblée. Une Vie de Gouverneur Morris, avec un choix de sa correspondance et de ses divers papiers, a été publiée à Boston, en 1832, 3 vol. in-8°. M. A. Gandais en a donné une traduction française sous le titre de : Mémorial de Gouverneur Morris, suivi de sa Correspondance et de Ses papiers, contenant des détails nouveaux sur la Révolution française, la Révolution d'Amérique , et l'histoire politique des Etats-Unis, Paris, 1841, 2 vol. in-8°.
M0RR1S0N (Robert), sinologue et missionnaire de l’Eglise presbytérienne, né à Morpeth en 1782, m. en 1834, fut envoyé en Chine par la Société des missionnaires anglais en 1807, et devint, deux ans après, secrétaireinterprète du bureau britannique à Canton. On a de lui : des traductions chinoises du Nouveau Testament , Canton , 1813, et de V Ancien Testament, 1819; une Grammaire chinoise, 1815; des Dictionnaires anglais-chinois et chinois-anglais , et un Dictionnaire des mots chinois par radicaux , 1815- 23, 6 vol. in-4°; un Tableau de la Chine, etc.
MORRISTOWN, v. des Etats-Unis (New-Jersey), à 48 kil. N. -O. de New-York; 4,000 hab.
MORSCKANSK, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 95 kil. N. de iainbow: 12,473 hab. Comm. de grains."
MOR>CHEN (ALT-), vge de Prusse (Hesse i, sur la Fulde; 850 hab. Grandes exploitations agricoles. Graines oléagineuses et suifs.
MORT (Frères de la). V. Paul (Ermites de S1).
wout (Hussards de la ). F. hussards.
MORTS (Fête des), fête célébrée, le 2 novembre, en mémoire de tous les fidèles trépassés. Elle fut instituée par Odilon, abbé de Cluny, en 998.
morts (Danse des). V. danse.
MORTAGNE, Moritania , s.-préf. (Orne), près des sources de l’Huisne , à 45 kil. E. d’Alençon; 4,276 hab. Jolie ville , bâtie au sommet et sur le penchant d’une colline. Tribunal de lre instance, collège. Fabr. considérable de toiles fortes et légères pour les colonies , et d’enveloppes de draps ( 12,000 pièces par an). Comm. de chanvre, lin , cotonnades, grains, moutons, porcs; tanneries, teintureries. On remarque l’église paroissiale. — Autrefois place forte et capitale du Perche, elle fut prise par le roi Robert en 997 , et souffrit beaucoup pendant les guerres de religion du xvi® siècle.
mortagne-sur-gironde , autrefois St-Etienne-de-Mortagne, vge (Charente-Inférieure), arr. et à 33 kil. S.-E. de Saintes; 1,66] hab. Petit port de cabotage.
mortagne , vge (Nord), arr. et à 19 kil. N.-N.-O. de Valenciennes, au confluent de la Scarpe et de l’Escaut; 1,208 hab. Bonneterie. — Jadis défendu par une citadelle, que Charles-Quint fit démolir.
mortagne-sur-sèvre , ch.-l. de cant. (Vendée), arr. et à 50 kil. N.-E. de Napoléon-Vendée, sur la Sèvre Nantaise; 1,692 hab. Ane. baronnie. Les Vendéens l’occupèrent plusieurs mois, puis y essuyèrent un échec en 1793. Eaux minérales ; exploit, de pierres de taille. Toiles de lin et de coton. Vieille église gothique; château en ruines.
MORTAILLABLES, espèce de serfs, auxquels le seigneur donnait des terres qu’ils devaient cultiver et ne pouvaient quitter sans sa permission. Leurs enfants les remplaçaient, de façon que, même après leur mort, la taille continuait d’être payée. Le droit du seigneur s’appelait mortaille.
MOR TAIN , Moritolium, s.-préf. (Manche), à 56 kil. S.-O. de Sl-Lô, entourée de rochers escarpés; 1,946 hab. Tribunal de lre instance, collège, bibliothèque. Autrefois place forte, et titre d’un comté. Toiles, dentelles, papier, poteries, grès estimé, etc. Comm. de chanvre, bestiaux, cidre, beurre. Ruines d'un anc. château. L’église a été fondée en 1082.
MORTARA. v. du roy. d’Italie, située sur le canal de l’Agogna au Pô, prov. et à 33 kil. N -O. de Pavie; 6,844 hab. Entourée de rizières. Ch.-l. de l’arrond. de Lomellina.
MORTE (Mer), anc. lac Aspliallite, en arabe Bahr-el-Loud (mer de Lotit), ou Ruhr-el-Moutli (mer de la Mort), lac i de la Turquie d’Asie (Syrie), entre la vallée du Jourdain, ! qu’il reçoit au N., celle d’El-Ghor, qui la sépare du golfe. d’Akabah au S., et le torrent de Cédron à l’O. ; 100 kil. de long sur 25 de large. Eaux peu profondes, limpides, mais chargées de sel et d’un goût très-désagréable ; leur
pesanteur spécifique est d’un cinquième plus considérable que celle de l’eau distillée. Le lac n’a pas d’issue connue ; son niveau est de 480 mèt. au-dessous de celui de la Méditerranée. Bords très-plats, arides, où on trouve beaucoup de. sel , et des pierres bitumineuses qui brûlent comme de la houille en répandant un° odeur infecte. Le lac est encaissé entre deux chaînes de collines qui portent les traces de commotions volcaniques; la végétation est luxuriante sur ses bords, quoi qu’on ait dit, et la tradition d’après laquelle les fruits, avec la plus belle apparence, s’évanouiraient au contact en cendres et en fumée, n’a aucun fondement. Seulement, au N. et au S., sont des plaines fangeuses. D’après le témoignage de la Bible, il couvrirait l’ancienne vallée de Siddim, où étaient les villes de Sodome, £lomorrhe,- Adama, Séboïm et Ségor. Son nom de mer Morte lui vient de ce que ses eaux ne nourrissent aucun poisson ; mais il est faux que ses exhalaisons tuent les oiseaux qui passent au-dessus, et beaucoup d’espèces vivent sur ses bords. Une autre croyance absurde , c’était qu’il n’engloutissait rien de ce qu’on y jetait. M. de Saulcy pense qu'il faut voir les ruines de Sodome et de Ségor dans les décombres que les Arabes appellent auj. Khurbel-Esdoum et Zouera-ef- Tahlah ; Gomorrhe , dans Kharbet-Goumram ; Séboim, dans Telaa-Sebdan ; Adama, dans Souq-ef-Thaemeh. V. de Saulcy , Voyage autour de la mer Morte et dans les Terres bibliques , exécuté de décembre 1850 à avril 1851, Paris, 1853, 2 vol. in-8° et atlas in-4°.
MORTEAU , ch.-l. de cant. (Doubs) , arr. et à 37 kil. N.-E. de Pontarlier; 1,620 hab. Fonderie de cuivre; école d’horlogerie , teintureries. Près de là est le Saut du Doubs.
MORTEFONTAINE ou MURFONTAINE, vge ( Oise) , arr. et à 10 kil. S. de Senlis ; 407 hab. Pépinières. Château construit à la fin du xviii® siècle, et entouré d’un vaste parc pittoresque avec de belles eaux disposées en étangs. Il appartint à Joseph Bonaparte , puis au duc de Bourbon- Condé. Une fête brillante y fut donnée à l’occasion d’un traité conclu avec les Etats-Unis, le 30 septembre 1800,
MORTEMART (Gabriel de Rochechouart , marquis, puis duc de | , né en 1600 , m. en 1675 , était d’une des plus nobles familles de France, dans laquelle l'esprit et la beauté passaient pour héréditaires. Gentilhomme de la chambre sous Louis XIII en 1630 , duc et pair en 1650 , et gouverneur de Paris en 1669 , il eut pour fils le duc de Vivonne, et pour filles Mm« de Montespan , la marquise de Thianges et l’abbesse de Fontevrault, toutes trois célèbres au xvii® siècle. V, Rochechouart.
moktemart, vge ( Haute- Vienne ) , arr. et à 12 kil. S.-O. de Bellac; 296 hab.
MORTEMER, vge ( Seine-Inférieure), arr. et à 9 kil. E. de Neufchâtel ; 213 hab. Il y eut une abbaye de Cisterciens. Victoire de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, sur Henri Ier, roi de France, en 1054.
MORTE-PAIES , vieux soldats que les gouverneurs des villes et des provinces , dans l’anc. France, soldaient aux frais de leur gouvernement, et dont ils faisaient leurs estafiers ; — vétérans chargés de la garde des places peu importantes.
MORTIER (Edouard-Adolphe-Casimir-Joseph) , duc de Trévise, né au Cateau-Cambrésis en 1768, m. en 1835, entra au service en 1791 dans les volontaires du département du Nord, fut élu capitaine par ses camarades, assista à l’affaire de Quiévrain, aux batailles de Jemmapes et de Nerwinde, aux sièges de Namur et de Maëstricht. Nommé adjudant-général eu 1793 pour sa belle conduite à la journée d’Hondschoote , blessé devant Maubeuge, il combattit néanmoins à Mous, Bruxelles, Louvain et Fleurus. En 1794, il fit partie du corps de Kléber dirigé contre Maëstricht, puis de celui de Marceau lors du passage du Rhin à Neuwied. Passant à l’armée de Samhre-et-Meuse sous le général Lefebvre en 1796 , il prit part au combat d’Altenkirchen, força la Nidda, enleva les hauteurs de Wildendorff, Giessen , Gmunden , Schweinfurt, Rothemberg , etc. , et dirigea la négociation qui livra Mayence aux Français. Général de brigade à l'armée du Danube en 1799, il se distingua à Lieptingen, puis fut envoyé, eu qualité de général de division, à l’armée d’Helvétie , combattit à Vollishoften et à Mutzen, et, en 1800, reçut le commandemeutdes 15e et 16® divisions militaires. Conquérant du Hanovre en 1803 , puis commandant de l’artillerie de la garde consulaire, maréchal d’Empire en 1804 il eut une division de l’armée d’Allemagne en 1805, et, après la prise d’Ulm , fut chargé de couper les communications de Kutusow avec la Moravie. En 1806, il occupa ia Hesse- Cassel et Hambourg, battit les Suédois à Greifswald, Grimmen, Anclara, et occupa toute la Poméranie , excepté Stralsund. En 1807 , il était encore à Friedland, et fut
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nommé duc de Trévise. 11 commanda le 5e corps à l’armée d’Espagne, concourut au siège de Saragosse et à la victoire d’Ocana, 1809, seconda les opérations de Soult contre Badajoz, fut chargé du siège de Cadix, et battit encore les Espagnols à Gchora, 1811. Mis à la tête de la jeune garde impériale pendant la campagne de Russie , ce fut lui qui fit sauter le Kremlin lors de l’évacuation de Moscou. En 1813, il combattit à Lutzen, Bautzen, Dresde, Wachau, Leipzig, et Hanau; au 30 mars 1814, il défendit Paris, conjointement avec le duc de Raguse. Nommé pair de France par la lre Restauration , rallié à l’Empereur pendant les Cent-Jours, il refusa de juger le maréchal Ney , fut député du Nord en' 1816 , recouvra en 1819 la pairie qu’il avait perdue , vota avec le parti libéral , et accueillit avec faveur la Révolution de 1830. Après avoir été peu de temps ambassadeur à Sl-Pétersbourg , il accepta, eu 1834, le ministère de la guerre, avec la présidence du conseil des ministres, qu’il n’occupa que quelques mois, redevint ensuite grand chancelier de la Légion d'honneur, poste qu’il occupait en 1831, et, dans les fêtes de Juillet 1835, fut mortellement atteint par la machine infernale de Fieschi (F. ce nom). B.
mortier, espèce de toque ou de bonnet en forme de mortier renversé, garni de fourrures, qui était anciennement la coiffure commune des hommes, et qui devint, par la suite, une marque de dignité. Les empereurs de Constantinople le portaient en guise de couronne : Justinien est représenté avec un mortier garni de deux rangs de perles. Cette coiffure fut adoptée par les rois de France des deux premières races. Le mortier fut plus tard réservé au chancelier, aux présidents et au greffier en chef du parlement. Celui du chancelier était en drap d'or, bordé d’hermine; celui des présidents, en velours noir, avec deux galons d’or pour le 1er président, un seul pour les autres. Le mortier se mettait primitivement sur la tête, par-dessous le chaperon ; puis l’usage s’établit de le tenir à la main.
MORTIMER | Roger, comte de ), puissant baron anglais, d’une famille alliée à la race royale, né vers 1287 , m. en \330, servit avec dévouement Edouard II pendant 14 ans,
‘t fut nommé son lieutenant en Irlande. Ayant pris parti en 1320, avec les comtes de Lancastre,d'Hereford et autres, contre les Spenser, favoris du roi , il fut mis à la Tour de Londres, s’évada , se réfugia en France , et y fut accueilli avec faveur par la reine d'Angleterre Isabelle, qui, mécontente aussi de ces favoris, s’était retirée en France. Mortimer prit sur elle un grand ascendant, et bientôt elle oublia pour lui scs devoirs d'épouse. Rassemblant tous les mécontents autour d’eux, et aidés des secours du comte de Rainant , les deux amants débarquèrent à Suffolk en 1326 , avec un corps de 3,000 hommes, et firent soulever le peuple contre Edouard II , qui , fait prisonnier, fut , peu après , ] assassiné dans sa prison, en 1327. Mortimer fit proclamer j Edouard III encore enfant, exerça avec orgueil et cruauté l’autorité royale , et sacrifia à son ambition les comtes de Kent et de Lancastre, oncles du roi, dont le premier, accusé de trahison , fut exécuté à la Tour de Londres , et le second jeté en prison. Enfin Edouard III , parvenu à l’âge de 18 ans, voulut se soustraire à cette tutelle odieuse : Mortimer fut arrêté , jugé sans interrogatoire par un parlement, et pendu prés de Smithfield.
Mortimer ( Roger, duc de ) , déclaré héritier de la couronne d'Angleterre en 1385, m. en 1399, était fils d’Edmond Mortimer, et de Philippine de Clarence, fille de Lionel , 2e fils d’Edouard III. Il ne laissa qu’une fille, Anne, qui épousa Richard d’York. La maison d'York hérita ainsi des droits des Clarence à la couronne, qu’elle disputa aux Lancastre. Telle fut l’origine de la guerre des Deux-Roses.
Mortimer (Thomas), écrivain anglais, né en 1730, m. en 1809, a laissé : le Plutarque anglais, ou Vies des plus illustres personnages de la Grande-Bretagne , depuis le règne de Henri VIH jusqu’à George II, 1762, 12 vol. in-8°, trad. en franç. par la baronne de Vasse, Paris, 1785-6, 12 vol. in-12 ; Dictionnaire du commerce, 1766, 2 vol. in-fob; Eléments du commerce, de la politique et des finances, 1772, in-4°.
mortimer’s CROSS, c.-à-d. Croix de Mortimer, lieu d’Angleterre (Hereford), sur les bords du Lugg; célèbre par une victoire décisive d’Edouard, duc d’York, sur les troupes du roi Henri VI de Lancastre , commandées par le comte de Pembroke, le 1er février 1461.
MORTON (Jean), né en 1410 à Bare (Dorset), d’une ancienne famille, m. en 1500, professa avec éclat le droit civil à Oxford, se fit remarquer de l’archevêque de Cantor- j béry, qui lui donna plusieurs cures et prébendes, joua un j rôle très-actif dans la guerre des Deux-Roses, se rallia, ! quoique partisan d’Edouard IV qui l’avait fait évêque d’Ely en 1477 , au gouvernement de Richard 111 , excita à I
la révolte le duc de Buckingham ; mais ce dernier ayant été pris et mis à mort, Morton s’enfuit en France. Il revint en Angleterre quand Henri Tudor eut été proclamé roi, 1485, devint conseiller, puis premier ministre de ce prince, contribua à éteindre la guerre des Deux-Roses, en engageant Henri à épouser la fille d’Edouard IV, obtint l’archevêché de Cantorbéry en 1486, fut nommé, l’année suivante, grand-chancelier du royaume, et, en 1493, cardinal.
morton (Jacques, comte de), de la famille des Douglas, né à Dalkeith ( Ecosse) en 1530, m. en 1581, était, en 1557, un des chefs de l’Union protestante, formée contre Marie de Lorraine, régente d’Ecosse. Il devint conseiller de Marie Stuart. Jaloux du crédit de Rizzio auprès d’elle, il le fit assassiner, de concert avec Henri Darnley, époux de la reine, et se réfugia en Angleterre , d'où Bothwell le rappela. Mais bientôt il se mit à la tête des seigneurs écossais, exigea, les armes à la main, le renvoi de Bothwell, renversa successivement, par ses intrigues et le secours d’Elisabeth, les régents Murray, Lenox, et Mar, et fut enfin éieve à cette dignité tant ambitionnée, en 1572. Son administration ferme, mais impopulaire, et souillée par des exactions, dura 6 ans; enfin le roi, poussé par ses favoris, fit signifier qu’il voulait gouverner lui-même, et Morton fut obligé de se démettre de la régence. Il ressaisit cependant l'autorité quelque temps après, se rendit encore odieux aux nobles, fut accusé de haute trahison, condamné à mort, et exécuté à Edimbourg, malgré les prières et les menaces d’Elisabeth, qui fit tout pour le sauver. Morton était un homme profondément corrompu.
morton (Richard), médecin, né dans le comté de Suffolk, m. en 1698, devint médecin du prince d’Orange, et fut le rival de Sydenham à Londres. Il fut un des premiers à recommander l’usage du quinquina dans la fièvre intermittente, et se montra partisan de la médication excitante dans les maladies éruptives. Ses œuvres complètes ont été publiées sous ce titre : Opéra omnia, Amsterdam, 1.696, in-Ro, et Genève, 1754, in-4°. D — g.
MONTREE, ch.-l. de cant. (Orne),arr. et à 15kil.S.-E. d’Argentan ; 508 hab. Château d’O, bâti par Isabeau de Bavière; beau camp romain, dit Camp de César.
MORTUAIRE , droit que les curés prélevaient , au moyen âge, sur leurs paroissiens décédés.
MORUNGEN V. Mohrungen.
MOR1JS (Thomas). F. More.
MORVAN, Morvennensis pagus , petit pays de l’anc. France ( Autunois et Nivernais), compris auj. dans les départements de la Nièvre et de l’Yonne; v. princip. : Château-Chinon, Vézelai. Traversé du N.-E. au S.-O. par une petite chaîne de montagnes, contre-fort de la Côte-d’Or. Sol peu fertile; beaucoup de bois.
MORVEAU (Gcyton de). V. Guyton.
MORVEN, montagne d’Ecosse (Caithness), célèbre par les exploits de Fingal dans les poèmes d’Ossian.
MORVILLE (Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, comte de), né à Paris en 1686, m. en 1732, fut successivement avocat du roi au Châtelet, conseiller au parlement, procureur-général au grand-conseil, ambassadeur en Hollande en 1718, détermina les Etats-Généraux de ce pays à signer la Quadruple-Alliance, fut plénipotentiaire au congrès de Cambrai en 1721, reçut le ministère de la marine en 1722, et, en 1723, celui des affaires étrangères. La même année, il entra à l'Académie française. B.
MORV1LLIERS (Jean de), né à Blois en 1506, m. en 1577, embrassa l’état ecclésiastique, entra au grand-conseil par la protection des Guises, et fut l’un des juges du chancelier Poyet. Ambassadeur à Venise, puis évêque d’Oriéans en 1552, il parut avec éclat au concile de Trente, 1562. En 1565, il conclut un traité entre Charles IX et Elisabeth d’Angleterre. A la retraite du chancelier L’Hôpital, il accepta les sceaux; il les remit en 1571.
morvilliers ou LiFFOL-LE-GRAND, vge (Vosges), arr. et 10 kil. S.-O. de Neufehâteau ; 1,547 hab. Fabr. de rouets à pied, étrilles, broches en fer; tournerie.
MOSA, auj. Meuse, fleuve de la Gaule, prenait sa source dans la Lyonnaise lre, arrosait la partie O. de la Belgique lre, entrait dans la Belgique 11e, traversait la Germanie ii0 du S.-O. au N.-E., et revenait vers l’O. se jeter dans l’océan Germanique.
MOSAISME. V. Juifs, p. 453, 2e col. : Religion , mœurs.
MOSBACH, v. du grand duché de Bade, sur l’Elzbach, à 65 kil de Manheim ; 2,500 hab. Fils, toiles, bestiaux.
MOSCHIQUES (Monts), Moscldci montes, nom que donnaient les anciens à une chaîne qui se détache du Caucase près de la source du Phase , sépare le bassin de ce fleuve de celui du Cyrus (Kour), et va rejoindre, sur les fron-
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lières de l’Arménie, l’Anti-Taurus de l’Asie-Mineure, vers j les sources du Cyrus, de l’Araxe (Aras) et de l’Euphrate. Cette chaîne porte auj. les noms de monts Lich et Persathi , et sépare l’Iméréthie de la Géorgie, dans les prov. Russes au S. du Caucase. Elle tirait son nom des Mosques ( Moschi ), peuplade qui habitait ces contrées montagneuses, de la source du Phase à celle du Cyrus. Au temps de Strabon, les Mosques avaient perdu leur indépendance, et leur pays était partagé entre l’Ibérie, l’Albanie et la Colchide. C. P.
MOSCHOPULE (Manuel), nom de deux grammairiens grecs du Bas-Empire; l’un, né dans l’île de Crète, vivait sous l’empereur Michel Paléologue, vers la fin du xive siècle; l’autre était de Constantinople, et se réfugia en Italie après la prise de Constantinople; ils étaient cousins. Le premier est auteur d’une Grammaire, publiée en 1540 à Bâle, de scholies sur Hésiode, insérées dans l’édition de cet auteur par Heinsius, et d’autres scholies encore inédites sur les Héroïques de Philostrate. Le second a laissé un Choix des mots attiques, qui a paru à Venise en 1524, et à Paris en 1532 ; on lui attribue le traité de ; grammaire élémentaire, d’orthographe et de prononciation, I connu sous le titre de Perischedôn, imprimé à Paris en 1545 par R. Estienne, et à Vienne en 1773 et 1807. On ne sait auquel des deux Moschopule on doit rapporter les scholies sur les deux premiers livres de l'Iliade, qui ont paru à Utrecht en 1719, une Vie d’Euripide insérée dans plusieurs éditions de ce poète, et un Traité sur les carrés magiques, trad. en latin et lu par Lahire à l’Académie des sciences en 1691. Titze a publié, d’après un nouveau manuscrit, les Opuscula grammalica de Moschopule de Crète, Prague, 1822.
MOSCHUS , poète bucolique grec , né à Syracuse , florissait vers 280 av. J.-C. , et était contemporain de Théocrite et de Bion. Sans égaler le premier, il a plus de grâce et de naturel que le second , qui fut son maître et son ami. Les principales idylles qui nous restent de lui sont : l’amour fugitif , l’ Enlèvement d'Europe, et le Chant funèbre en l’honneur de Bion. Ces poésies sont charmantes , et la dernière est pleine de la plus touchante sensibilité. Les oeuvres de Moschus ont été publiées avec celles de Théocrite et de Bion, et séparément par Heskin , Oxford, 1748; par Jacobs, Gotha, 1795; par Wakefield, Lond., 1795. Elles ont été traduites en vers français par Longepierre, 1686,
1 vol. in-12, en prose par Gail, 1795 , 1 vol. in-18. D — r.
moschus ( Jean ), moine grec, surnommé Eucratès , vivait au vie siècle, sous les règnes de Tibère et de Maurice, et mourut en 620. Il visita les Lieux saints, la Syrie, l’Egypte, et composa un ouvrage intitulé : Leimon, c.-à-d. le pré ou le verger spirituel, recueil des Vies des saints solitaires de son temps. Cet écrit a été publié par Fronton du Duc dans le tome il de l 'Auctuarium Bibl Pair., et, plus tard, dans le tome il de'k Monumenta ecclcsiast. græca de Cotelier. Une traduction latine par Ambroise le Camaldule est insérée dans le tome vu des Vitœ sanclorum de Lippomani, et forme le xe livre des Kt£c v alrum de Rosweyde. Arnauld d’Andilly en a donné une travl action française.
MOSCISKA , v. des Etats autrichiens (Gallicie) , à 28 kil. E. de Przémysl; 2,800 hab.
MOSCOU , en russe Moskva, en allemand Moskau, en latin moderne Masqua, y. de la Russie d’Europe, ch.-l. du gvt de son nom, et autrefois capitale de toute la Russie, sur la Moskova, à 647 kil. S.-E. de Sl-Pétersbourg, 2,945 N.-E. de Paris par Wilna ; par 55» 45’ 21” lat. N., et 35° 13’ 44” long. E.; 386,370 hab., dont 10,000 Français et Allemands; 45 kil. de tour. Chemin de fer pour S1 Pétersbourg, tracé sur une seule ligne droite. Siège d’un métropolitain grec ; consistoire évangélique luthérien. Cour criminelle, haute-cour civile d'appel , trib. de commerce. Célèbre université, fondée en 1755, et trés-fréquentée, avec bibliothèque, musée d’histoire naturelle, cabinets de médailles et de physique, observatoire et imprimerie. Institut ou gymnase noble, avec bibliothèque. Institut de Sle-Catherine, ou école de demoiselles nobles. Institut Lazareff , avec bibliothèque, typographie et collections. Académie ecclésiastique grecque; Académie impériale de médecine et de chirurgie, section de celle de Sl-Pétersbourg; Académie pratique de commerce; Corps de Cadets de l’armée, de chirurgiens militaires, d’arpenteurs, d’architecture, d’agriculture, de commerce, vétérinaire, etc. Société des naturalistes, des sciences physiques et médicales, d’histoire et d'antiquités, de littérature, d'économie rurale, etc. 9 bibliothèques publiques; grande maison d’enfants trouvés, écoles de sages-femmes, d’arts et métiers, de dessin technique; 20 hôpitaux impériaux,
27 hôpitaux appartenant à des particuliers ou à des associations, 65 asiles de pauvres. Magasin de drogues et mé-
dicaments de la couronne. Moscou offrait jadis un aspect tout à fait oriental, qui chaque jour s’efface; mais on y admire encore une forêt de dômes, coupoles et clochers, peints ou dorés, et que le soleil fait briller de toutes les couleurs. La forme de la ville est à peu près circulaire. Au centre, sur une éminence, est le Kremlin, ou citadelle, anc. résidence des tzars, construit primitivement en bois, puis en pierre par Dmitri Donskoï ; en 1487, les tours qui flanquent l’enceinte furent bâties par Pietro Antonio, artiste italien. Le Kremlin est la seule portion de Moscou, avec le quartier de Bielogorod , qui l’avoisine, que l’incendie de 1812 ait à peu près respecté ; les Français, en se retirant, en firent sauter les murs ; il a été réparé depuis. Il renferme un palais impérial , le palais de l’archevêque, la cathédrale de l’Assomption (commencée en 1326, reconstruite sous Iwan 111 ), où les tzars étaient couronnés, le beffroi d’Ivan-Veliki (avec 32 cloches), et une immense cloche, la plus grande de l’Europe, pesant 165,000 kilogr., et auj. posée sur un piédestal. Autour du Kremlin, plusieurs quartiers (la ville de Terre, la ville Blanche, la ville Chinoise) sont disposés concentriquement. Les églises, au nombre de plus de 300 , sont surmontées de nombreuses coupoles; on remarque celles de la Trinité, de Sl-Michel, de Notre-Dame de Kazan, de Jésus et des Evangélistes, du Christ et des Apôtres ; celle de Wassili-Blagenoï , bâtie en 1554 en mémoire de la conquête de Kazan, offre toutes les couleurs de l'arc-en-ciel; les cloches sont toujours placées dans un clocher adjacent à l’église. Citons encore : le palais de Catherine, transformé en une vaste caserne; le palais dit du Patriarche; le Palais anguleux, ainsi nommé parce que le revêtement en est à facettes; la tour de Soukaref; le théâtre, aussi vaste que beau; l’arsenal, où sont de précieuses collections d’armes ; le bazar, où sont étalées d’immenses richesses; la place de l’Arbate; la place Rouge, etc. Moscou est le foyer des sentiments religieux et nationaux de la Russie : le paysan se découvre et se signe dès qu'il l'aperçoit. La riche noblesse russe y réside en hiver. Les maisons sont en style moderne, avec colonnes et balcons. Commerce intérieur immense, s’étendant de la côte O. de l’Amérique, et des capitales de la Chine, de la Boukharie et de la Perse, à Leipzig, Vienne, Hambourg, Amsterdam, Londres, Paris, etc. C’est l’entrepôt du commerce des pelleteries, de la rhubarbe de Chine et de Boukharie, du musc d'Orient, des huiles de rose et de safran de la Perse, de l’opium et du savon de Kazan, des plumes, fourrures et pierreries de la Sibérie. Grand marché des laines russes. Industrie manufacturière active : t'abr. de cotonnades, impressions, lainages, draps, soieries, toiles, quincaillerie, orfèvrerie, bijouterie, cosmétiques, produits chimiques, carrosserie, papier peint, bougies, chandelles, tabac et cigares; tanneries, corroieries, brasseries, distilleries, poteries; construction de machines, d’instruments d’optique, de chirurgie; horlogerie, etc. Importante foire aux chevaux. Expositions périodiques des produits de l’industrie. — Moscou fut, dit-on, fondé en 1147 par Jouri ( Dolgorouki ). La ruine du principat de Kiew par les Mongols en 1235, l’occupation du S. de la Russie par les Tartares de la Horde-d’Or, accrurent son importance. Ses princes, à partir d’Iaroslav II, 1238, devinrent les grands-princes de Russie, et, de 1309 à 1703, le siégé du gouvernement y fut placé. Moscou fut assiégé ou pris ; par Olgierd, 1369; par Toktamouich , chef des Lithuaniens, 1382 ; par Iédigeï , compagnon de Tamerlan , 1403 ; par Dmitri-Khemiaka, 1445 ; par les Tartares, 1451 et 1477 ; par ütrepief , 1605; par Ladislas , fils de Sigismond HI, roi de Pologne, 1611; par Napoléon 1", 1812. L’incendie allumé alors par Rostopchin ( V. ce nom ) détruisit presque toute la ville, qui s’est relevée depuis, mieux bâtie et plus brillante. La fondation de S1- Pétersbourg, 1703, lui a ravi le rang de capitale. B.
Moscou (Gouvernement de), division administrative de la Russie d’Europe, presque au centre, entre ceux de Tver au N. -O., de Smolensk à l’O., de Kalouga et de Toula au S., de Riazan à l’E., et de Vladimir au N.-E.; 240 kil. sur 220; 31,860 kil. carr. ; 1,599,808 hab. Ch.-l., Moscou. Sol marécageux , arrosé par la Moskova , l’Oka et la Kliazma , médiocrement fertile en grains, chanvre, lin et houblon. Beaucoup d’industrie.
MOSCOVIE. V. Russie.
MOSDOK. V. Mozdok.
MOSELEY (Benjamin), médecin anglais, né dans le comté d’Essex, m. en 1819, fut chirurgien et apothicaire à Kingston (Jamaïque ) pendant la guerre d’Amérique, chirurgien en chef de l’ile, visita les Etats-Unis apiés la paix, vint se fixer à Londres en 1785, et devint médecin de l’hôpital militaire de Chelsea. On a de lui : Observations
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sur la dyssenlerie des Indes occidentales, 1783, in-8® ; Traité sur les propriétés et les effets du café, 1785, in-8°; Traité sur les maladies des Tropiques, 4® édit., 1806, in-8J ; Traité sur le sucre, 1799, in-8°; Traités médicaux , 3e édit., 1803, in-8°; Traité sur la Lues Bovilla, 1806, in-8°, où il se déclare l’ennemi de la vaccine.
MOSELLANE (Lorraine). V. Lorraine.
MOSELLE, Mosella , en allemand Mosel , riv. de France et d’Allemagne, naît à Bussang ( Vosges I, coule au N., au N.-O., puis au N.-E., passe à Remiremont et Epinal (Vosges), Toul et Pont-à-Mousson (Meurthe), Metz, Thion ville et Sierlc (Moselle), Trêves, Berncastel et Zell (Etats prussiens), et se jette dans le Rhin, rive g., à Coblentz. Cours de 520 kil., navigable sur 358, depuis Frouard. Elle reçoit, à droite, la Meurthe, la Seille , la Sarre, et, à gauche, le Madon, l’Ornes, la Sure et la Kill.
Moselle (La), département du N.-E. de la France, dans l’anc. Lorraine; ch.-l., Metz. Situé au N. et à l'E. sur les frontières de Belgique et de Hollande (Luxembourg), de Prusse rhénane et de Bavière rhénane, et entre lesdép. de la Meuse à PO., delà Meurthe auS., duBas-Rhin à l’E. Superf., 534,385 liect.; pop., 452,157 hab. A l’O. et à l’E., montagnes peu élevées, ramifications des Ardennes et des Vosges. Arrosé du S. au N. par la Moselle, qui y reçoit la Seille et l’Ornes, et à l’E. par la Sarre. Sol fertile : céréales, plantes oléagineuses, tabac, fruits, vins, bois, écorces à tan. Elève de porcs, abeilles. Mines exploitées de fer, plomb, argent, bouille, sel ; marbre, grès, pierre, chaux, plâtre, terre à potier. Forges, aciers; manuf. de poteries bleuesde grès, faïence, cristaux, papier, toiles, draps; brasseries, confiseries, distilleries. Ce départ forme le diocèse de Metz, et dépend de la cour impériale de Metz.
MOSElt ( Jean-Jacques), publiciste allemand, né à Stuttgard en 1701, m. en 1785, professa le droit à Tubingue, fut nommé, en 1736, directeur de l’université et professeur de droit à Francfort-sur-l’Oder, entra, en 1747, au service du prince de Hesse-Hombourg, occupa ensuite le poste d’avocat consultant auprès des Etats de Wurtemberg, et, ayant été enfermé cinq ans dans la forteresse de Hohentwiell à la suite de démêlés avec le souverain de ce pays, se livra exclusivement â l’étude. On a de lui , entre autres ouvrages : Plan de la constitution moderne de V Allemagne, Tubingue, 1731; Ancien droit public d'Allemagne, Nuremberg, 1727, 1753, 26 vol. in-4» ; Manuel du droit public de l'Empire, Francfort, 1768-69, 2 vol. in-8° ; Principes du droit des nations européennes en temps de guerre, Tubingue, 1752, in-8°; Essai du plus moderne droit des peuples d'Europe en paix et en guerre, Stuttgard, 1777-80, 10 vol. in-8»; Supplément au droit public en temps de paix, 1778-80, 5 vol.; Supplément au d<oil public en temps de guerre, 1779-81, 3 vol. in-8° ; Dissertations sur le droit ecclésiastique allemand, Francf. et Leipz., 1752, in-8».
moser | Frédéric-Charles), fils du précédent, né à Stuttgard en 1733, m. en 1798, fut conseiller aulique de Hesse- Hombourg, député des deux liesses au cercle du Haut- Rhin, administrateur du comté de Falkenstein, 1er ministre et chancelier a Darmstadt. Il a laissé : Recueil des recès du Saint-Empire romain, Leipzig et Ebersdorf, 1747, 3 vol. in-4»; Opuscules pour servir à l’explication du droit public et des nations, et du cérémonial de cour et de chancellerie, Francf. et Leipzig, 1751-65, 12 vol. in-8°; Mémoires pour servir au droit public et des nations, Francf., 1764-72, 4 vol.; Archives patriotiques pour l'Allemagne, Francf. et Leipzig, 1784-90, 12 vol. in-8°; Nouvelles archives, Mauheim et Leipzig. 1792-94, 2 vol. in-8». ’
MOSHEIM (Jean-Laurent de), célèbre théologien protestant, né à Lubeck en 1694, m. en 1755, devint, en 1719, membre de la Faculté de philosophie de Kiel, en 1723 professeur de théologie à Helmstædt, en 1747 professeur à l’université de Gœttingue, dont il fut nommé plus tard chancelier. Il est auteur de travaux éminents sur toutes les branches de la théologie, surtout sur l’histoire ecclésiastique, à laquelle il donna le premier une forme pragmatique. Sou ouvrage principal d’histoire ecclésiastique est intitulé : Institutions hisloriœ ecclesiasticœ, Helmstædt, 1755 et 1764, in-4°, trad. en français par Eidous, Maëstricht, 6 vol. in-8®, et Y verdun, 1776, 7 vol. in-8®. Il faut citer en outre : Institulio nés historioe christianœ majores, Helmstædt, 1763 ; De rebus chrislianorum ante Ci nstantirium commentera, ibid., 1753, in 4®; Dissertationes ad historiam ecclesiasticum pertinentes, 2 vol., Altona, 1767 ; Essai d'une histoire impartiale des hérétiques, 2 vol. in-4®, Helmstædt, 1746-48 ; Morale de la sainte Ecriture, continuée par J. -R. Miller, 9 vol. in-4», Helmstædt, 1770-78; Sermons, 3 vol., Hambourg, 1732 et 1765, qui eurent un immense succès. E. S.
MOSKEN, île de Norvège ( Norrland) , dans la mer du Nord , près de celle de Waeroë , à l’extrémité S. -O. du groupe des Lofoden. Entre ces deux îles est le courant de Moskenœs-Slrœtne, dangereux en hiver.
MOSKENITZA, v. des Etats autrichiens (Littoral), à 8 kil. S. -O. de Fiume, sur le golfe de Quarnerolo; 2,000 hab.
MOSKOVA ou MOSKVA, riv. de la Russie d’Europe, naît dans le gvt de Smolensk, près Gjatsh, coule à l’E. et au S.-E., par Mojaisk, Moscou, et se jette dans l’Uka, près de Kolomna Cours de 425 kil., navigable sur 160. C’est au vge de Borodino, sur ses bords, qu'eut lieu la grande bataille dite de la Moskova, gagnée par les Français sur les Russes, le 7 septembre 1812. Le maréchal Ney reçut le titre de prince de la Moskova.
MOSLEMAH , capitaine arabe , l’un des fils du calife Abd-el-Mélek , commanda avec gloire les armées musulmanes sous le règne de ses frères Walid Ier, Soliman, Yézid II et Hescham. Il conquit le Pont et l’Arménie eu 705, assiégea Constantinople, mais sans succès, en 717, reçut le gvt de l’Irak et du Khoraçan, vainquit plusieurs fois les Turks Khazars, dont il dévasta le pays, et mourut
MOSOMAGUM , nom latin de Mouzon.
MOSONY , nom hongrois de Wie.îelburG.
MOSQUA, nom de Moscou en latin moderne.
MOSQUÉE, de l’arabe Mesgéd (lieu de prosternation). Chacune des grandes mosquées où l’on récite la Khotba , prière publique pour le souverain, s’appelle Djami’, c.-à-d. qui réunit (les fidèles). Telle est, au Caire, la mosquée El-Azhar (la brillante). On ne voit, dans les mosquées, ni tableaux, ni statues, ni autel, si ce n’est une espèce déniché, appelée Mihrab , vers laquelle on se tourne en priant, parce qu’elle indique la position géographique du temple de la Mecque. Une chaire, des lampes, et de nombreuses inscriptions arabes tirées du Coran, sont les seuls ornements intérieurs. C’est de la tour de la mosquée, appelée Minaret, que le Muezzin invite à la prière. Avant d’entrer dans le temple, tout musulman doit se laver les mains à une fontaine située près de la mosquée. D.
M08QUES. V. Mosciiiquf.s (Monts).
MOSQU1TOS, peuple de l’Amérique centrale, entre le cap Gracias à Dios et le fleuve San-Juan, dépendant nominalement de la république de Nicaragua, jadis nombreux et puissant, mais auj. très-réduit, donne son nom à une vaste baie, qui s’étend depuis le cap Gracias à Dios jusqu’à l’isthme de Panama, et qui a 600 kil. de large sur 270 de profondeur.
MOSS, v de Norvège, petit port sur le golfe et à 66 kil. S. de Christiania; 3,200 hab. Fonderie de fer et de canons; exportation de fer et de bois.
MOSS1NGEN, MOSSKIRCH. V. Mœssingen, Mcbss-