MONTFORT -LE-ROTROU OU MONTFORT - SUR - HUISNE
ch.-l. de cant. (Sarthe), arr. et à 19 kil. E. du Mans; !
715 hab. Fabr. de toiles. Château de la famille de Nicolaï. Comm. de grains, chanvre, fil.
MONTFORT-SUR-MEU OU MONTFORT-LA-CANE , S.-préf.
(Ille-et-Vilaine), à 23 kil. O. de Rennes; 1,365 hab. Trib. de lre instance. Vieux remparts flanqués de tours. Ruines romaines. Ane. abbaye d’Augustins. Comm. de bestiaux, grains, bois, beurre, suif, lin, chanvre, cuirs. Aux environs, restes de thermes romains.
montfort-sur-risle, ch.-l. de cant. (Eure), arr. età 15 kil. S.-E. de Pont-Audemer ; 580 hab. Papeterie, tannerie. Ruines d’une anc. forteresse.
MONTFRIN, vge (Gard), arr. et 21 kil. E.-N.-E. de Nimes; 2,506 hab.
MONTGAILLARD (Bernard de Percinde), surnommé le Petit-Feuillant, né en 1563, au château de Montgaillard (Gascogne), m. en 1628, entra dans l’ordre des Feuillants en 1579, embrassa le parti de la Ligue, et se signala par ses sermons fanatiques contre Henri III. Après la soumission de Paris à Henri IV, il passa en Italie, fut bien accueilli par le pape Clément VIII, qui le fit entrer dans l’ordre de Cîteaux, se rendit à Anvers, où son éloquence le rendit célèbre, devint prédicateur de l’archiduc Albert, et reçut de lui les abbayes de Nivelles et d’Orval. Avant de mourir, il brûla ses ouvrages ; il ne reste de lui qu’une Lettre violente adressée à Henri III, 1589, in-8°, et l'Oraison funèbre de l'archiduc Albert, 1622. Il a été mis en scène dans la Satire Ménippée.
montgaillard (Guillaume-Honoré Rocques, dit l’abbé de ), historien, né en 1772 au château de Montgaillard, près de Villefrauche (Rhône), m. à Paris en 1825, passa quelque temps au séminaire, émigra, rentra en France en 1799, remplit, dans l’administration militaire, un emploi qu’il perdit en 1814, et se tourna vers la littérature. On a de lui : Revue chronologique de l’Histoire de France, depuis la convocation des notables jusqu'au départ des troupes étrangères , Paris, 1818, 1 vol. in-8°, précis assez exact; Histoire de France depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu'en 1825, faisant suite à toutes les Histoires de France publiées jusqu'à ce jour, Paris, 1826, 9 vol. in-8° ; 2e édit., 1827 ; 3e édit., 1828. Cet ouvrage, publié après la mort de Montgaillard, est de plusieurs mains ; le ton en est souvent celui du libelle ; aussi, après avoir eu beaucoup de succès, est-il auj . entièrement tombé.
MONTGERON, vge (Seine-et-Oise), arr. et à 15 kil. N. de Corbeil, sur le chemin de fer de Paris à Lyon; 1,221 hab. Beau château. Eglise gothique.
montgeron (Louis-Basile carré de), né à Paris en 1686, m. en 1754, acheta une charge de conseiller au parlement de Paris en 1711. Esprit ardent et d’abord incrédule, il vit les miracles du diacre Pâris et des convulsionnaires, 1731, les prit au sérieux, se convertit, et montra dès lors uu zèle extravagant. Ayant composé un ouvrage intitulé : la Vérité des miracles du diacre Pâris, 1737-41-48, 3 vol., il osa le présenter au roi lui-même, fut mis à la Bastille, puis exilé à Valence.
MONTGIBAUD, vge (Corrèze), arr. et à 57 kil. N. de Brives ; 527 hab. Près de là sont quelques vestiges d’une ville détruite, et le château de l’Ortholary.
MONTG1SCARD, ch.-l. de cant. (H‘e-Garonne), arr. et à 14 kil. N.-O. de Villefranche, près du canal du Languedoc; 782 hab.
MONGLAT (François de Paule de Clermont, marquis de ) , grand-maître de la garde-robe et maréchal-de-camp sous Louis Xin et Louis XIV, né vers 1610, m. en 1675, a laissé de très-intéressants Mémoires sur les événements de son temps, Amsterdam, 1727, 4 vol. in-12. Ils se recommandent par leur exactitude et leur fidélité. On les trouv e dans les Collections de Mémoires sur l’Histoire de France.
MONTGOLFIER (Joseph-Michel et Jacques-Etienne), physiciens, nés à Vidalon-lez-Annonay (Ardèche), le premier en 1740, m. en 1810, le second en 1745, m. en 1799, étaient fils d’un fabricant de papier. Joseph, doué d'un génie inventif, se distinguait d’Etienne par un esprit empreint de bizarrerie. Etienne, plus instruit, avait été destiné à l’architecture, et fut élève de Soufflot. Animés l’un et l’autre d’un goût très-vif pour les sciences, ils mirent leurs pensées en commun, en sorte qu’il est très-difficile de déterminer leur part respective de gloire, qu’ils ont d’ailleurs toujours désiré confondre. L’observation de la nature leur inspira le désir de reproduire un phénomène semblable à celui de l’ascension des vapeurs qui se dégagent de la terre pour former les nuages. Ils furent conduits à essayer de gonfler un ballon avec la vapeur dégagée par la combustion d’un mélange de paille mouillée et de laine hachée. L’idée théorique qui les avait dirigés était fausse ; heureusement le résultat ne dépendit pas de
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son exactitude. Le premier essai en grand fut fait à Anno- i nay, le 4 juin 1783 ; la machine aérostatique, qui avait 12 met. de diamètre, s’éleva à une, hauteur de 500 mét. Le bruit de cette expérience se répandit rapidement ; Etienne fut appelé à Paris, et la répéta devant la cour. Le nom des frères Montgolfier est resté célèbre, non-seulement pour l’invention des ballons, mais aussi pour celle du bélier hydraulique, 1792. L’industrie de la fabrication du papier leur doit aussi une partie de ses progrès, soit pour les perfectionnements apportés dans les détails du travail, soit pour les procédés particuliers employés à l’étranger, qu’ils ont su deviner, et dont ils ont doté l’industrie nationale. Joseph fut élu membre de l’Institut en 1807. On a de lui : Discours sur l'aérostat, 1783, in-8°; Mémoire sur la machine aérostatique, 1784, in-8°; les Voyageurs aériens , 1784, in-8». Son Eloge a été écrit par Delambre et de Gérando. Les frères Montgolfier ont un monument sur la place publique d’Annonay. V.
MONTGOMERY, nom d’une anc. famille d’Angleterre et d’Ecosse, dont l’origine remonte à Roger de Montgomery, gentilhomme normand, qui commandait un corps important dans l’armée de Guillaume le Bâtard à la bataille d'Hastings, 1086. — Robert, fils de ce Roger, se joignit à Robert Courte-Heuse contre Henri 1er, prit part à la bataille de Tinchebray, 1106, et fut banni du royaume. Ce fut sans doute alors que les Montgomery s’établirent en Ecosse. Ils y portèrent le titre de baron jusqu’à Hugues de Montgomery, qui fut créé comte d’Egland ou d’Eglintoun par Jacques IV en 1502. — La famille française de Lorges, qui prétendaitdescendre des Montgomery d’Ecosse, prit leur nom, après avoir acheté en 1543 le château de Montgomery en Normandie.
montgomert (Gabriel de), fils de Jacques de Lorges, premier sire de Montgomery , fut chargé de conduire des secours à la régente d’Ecosse en 1545 , puis nommé capitaine de la garde écossaise de Henri IL En 1559, le roi, donnant un tournoi à Paris pour fêter le mariage de scs deux filles, voulut rompre une lance avec lui; mais Montgomery l’atteignit si malheureusement a l’œil droit , du tronçon de sa lance, que le prince succomba dix jours après. Craignant la haine de Catherine de Médicis , Montgomery passa en Angleterre , se fit protestant , revint en France vers 1562, marcha à la tête des calvinistes de Rouen, défendit la ville avec vigueur contre l’armée royale, remporta divers avantages dans leMidi, 1569, fut amnistié à la paix de Sl-Germain, vint à Paris, échappa par miracle à la Sl-Barthélemy , se réfugia en Angleterre, mais en revint bientôt avec une flotte , et essaya de secourir La Rochelle, 1573. Rentré , l’année suivante, en Normandie, il fut attaqué par le maréchal de Matignon avec des forces supérieures dans Domfront , et , après une défense valeureuse, obligé de se rendre. Catherine de Médicis le livra , malgré la capitulation , à une commission qui le condamna à mort en 1574. B.
Montgomery ( Richard ) , général américain, né en Irlande en 1737 , m. en 1775 , servit d’abord dans l’armée anglaise pendant la guerre du Canada contre la France , 1756-63, se fixa ensuite dans la province de New-York, et , lors de la guerre de l’Indépendance , se déclara poulies colonies. Chargé de conquérir le Canada , il enleva aux Anglais Chambly , S‘-Jean , Montréal , et fut tué en attaquant Québec.
Montgomery , v. d’Angleterre ( Galles N. ), capitale du comté de son nom, près de la Severn, à 233 kil. O. -N. -O. de Londres; 1,208 hab. dans la paroisse. Ruines d’un beau château normand et d’un camp breton. — Le comté de Montgomery, entre ceux de Denbigh et de Mérioneth au
N. , de Radnor au S., et de Cardigan à l’O., comprend 47 paroisses; 65 kil. sur 45 ; 67,075 hab. Sol très-montagneux, mais fertile et bien boisé. Mines de cuivre et de plomb; villes princip. : Welshpool, Newtown, Llanfyllin. Fabr. des plus belles flanelles que l’on connaisse. C’était, avant la conquête normande, la principauté de Powis.
Montgomery, anc. comté de France (Normandie), à l’O. de Lisieux, auj. dans le départ, du Calvados.
MONTGOMERY , v. des Etats-Unis (New-York), à 20 kil.
O. de Newburgh; 4,500 hab. — v. des Etats-Unis, cap. de l’Etat d’Alabama; 35,900 hab. Université.
MONTGON (l’abbé Charles- Alexandre de) , né à Versailles en 1690, m. en 1770, fut chargé d’une mission secrète par le duc de Bourbon auprès de Philippe V, roi d Espagne, s’attacha au service de ce prince, retourna en France, où il devait intriguer pour lui assurer la couronne, au cas où Louis XV mourrait sans enfants, mais eut 1 imprudence de ne pas cacher ses instructions au cardinal de Fleury , qui l’exila à Douai. On a de lui des Mé-
moires de ses différentes négociations dans les cours d’Espagne et de Portugal , depuis 1725 jusqu’à 1731, La Haye, Genève et Lausanne, 1745-53, 8 vol. in-12.
MONTGUYON, ch.-l. de cant. (Charente-Inférieure), arr. et à 35 kil. S.-E. de Jonzac; 415 hab. MONTHENAULT D’EGLY. V. Egly.
MONTHERMÉ , ch.-l. de cant. (Ardennes) , arr. et à 15 kil. N. de Mézières, sur la rive g. de la Meuse, dans une charmante situation; 2,087 hab. Ardoisières, fabr. de poterie et briques, brasseries, forges.
MONTHOIS, ch.-l. de cant. (Ardennes) , arr. et à 12 kil. S. de Vouziers; 598 hab.
MONTHOLON (François de), fils d’un lieutenant-général au bailliage d’Autun , s’attacha au barreau de Paris , acquit une réputation d’avocat qui lui fit confier, en 1522, la cause du connétable de Bomrbon contre la reine, mère de François Ier, fut nommé par le roi avocat-général en 1532 , garde-des-sceaux en 1542, et mourut l’année suivante. — Son fils, François, catholique zélé, entra dans la Ligue, et fut nommé garde-des-sceaux par Henri III en 1588 ; et son petit-fils , Jacques , avocat distingué , m. en 1622, prononça, en 1611 , un discours célèbre en faveur des Jésuites, attaqués par l’Université.
montholon (Charles-Tristan, comte de), de la famille des précédents, né à Paris en 1783, m. en 1853, entra de bonne heure dans la marine , fit partie de l’expédition de l’amiral Truguet contre la Sardaigne, prit du service dans la cavalerie en 1797, et était chef d’escadron au 18 brumaire. Dans cette journée, il fut utile à Bonaparte, qui se l’attacha. Sa brillante conduite en Italie , à Austerlitz , à Iéna, à Friedland et à Wagram, lui valut le titre de chambellan de l’empereur, qui le chargea de plusieurs missions diplomatiques, où il montra beaucoup de sagacité. Il fut nommé général de brigade en 1814. Aide de camp de Napoléon Ier pendant les Cent-Jours, il obtint, après la 2« abdication, de l’accompagner à Ste-Hélène, demeura auprès de l’illustre captif jusqu’après»sa mort, fut un de ses exécuteurs testamentaires, et, de retour en Europe, publia, en commun avec le général Gourgaud , les Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon , écrits à Sle-Hé- Icne sous sa dictée , Paris, 1823-25, 8 vol. in-8°. Fidèle à la dynastie napoléonienne, il fut un des officiers qui accompagnèrent le prince Louis-Napoléon (l’empereur Napoléon III) dans sa descente à Boulogne-sur-Mer, en 1840; après l’événement, il partagea aussi sa captivité au château de Ham. B.
MONTHUREUX-SUR-SAONE, ch.-l. de cant. (Vosges), arr. et à 40 kil. S.-S.-O. de Mirecourt; 1,307 hab. Blanchisserie de cire ; fabr. de limes, couverts en fer battu,
oloutprip AnpliiTTipt:
MONTHYON ou MONTYON (Antoine-Jean-Baptiste- Robert Auget, baron de), né à Paris eu 1733, m. en 1820, fut successivement intendant de Provence, d’Auvergne, et d’Aunis. Il s’attira des disgrâces de la cour pour s’être opposé seul, dans le conseil du roi, aux formes illégales employées dans le procès de La Chalotais, et pour avoir désapprouvé les parlements Maupeou. bette dernière opposition le fit passer à une intendance d’un rang inférieur. Conseiller d’Etat en 1775, chancelier du comte d’Artois en 1780, il émigra en Angleterre à la Révolution, et ne revint qu’en 1815. Possesseur d’une grande fortune , il en fit l’usage le plus noble , et peut être compté parmi les bienfaiteurs de l’humanité. Sa libéralité éclairée s’étendit sur les compagnons de son exil en Angleterre, sur les pauvres, sur les hospices : il a légué à ces établissements 3,000,000 de fr. environ. Dès 1782, il avait fondé un prix de vertu, et divers autres prix que l’Académie Française et l’Académie des Sciences étaient chargées de décerner aux ouvrages et aux travaux utiles. Ces fondations furent abolies par la Convention; le généreux donateur, rentré en France, les renouvela dès 1816, et plus tard les augmenta encore. Chaque année, l’Academie Française dispose de deux legs de 10,000 fr., l’un pour les prix de vertu , l’autre pour l’ouvrage qui a été jugé le plus utile aux mœurs. Monthyon fut un écrivain distingué; on a de lui : un Eloge du chancelier de L’Hôpital, 1777 ; Recherches et considérations sur la population de la France, 1778 ; un discours de l 'Influence de la découverte de l’Amérique sur l’Europe, couronné par l’Académie Française; Quelle influence ont les diverses espèces d'impôts, sur la moralité, l'activité , et l’industrie des peuples, 1808, in-8°; Particularités et observations sur les ministres des finances (de France) les plus célèbres, depuis 1660 jusqu’en 1791, Londres, 1812, in-8»; Etat actuel du Tonkin, 1812, 2 vol. in-8», publiés sous un pseudonyme , etc. V. son Eloge en vers, par M. A. de Wailly, 1826, et en prose, par M. L. Feugère,
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i834. couronnés l’un et l'autre par l’Académie Française.
MÔNTI (Vincenzo), poète italien, né en 1754 à Fusignano, près de Ferrare, m. en 1828, fut, dans sa jeunesse, secrétaire du prince Braschi, neveu de Pie VI. Il voulut d’abord rivaliser avec Alfieri, et donna les tragédies d’Aristod'eme , de Caïus Gracchus , de Manfredi, 1785-87, où l’on admire la noblesse des caractères, l’énergie des sentiments, la simplicité de l’action; Monti l’emporte sur son modèle par l’harmonie, l’élégance, la poésie du langage. Il composa ensuite des poèmes à l’imitation du Dante ; telle est la Basvigliana , en quatre chants, 1793, dont le sujet est l’assassinat de Basville, consul français à Rome. Il devint secrétaire du Directoire de la République cisalpine, professeur d'éloquence à Pavie, de belles -lettres à Milan, et historiographe du royaume français d’Italie. Après avoir célébré dans des odes (le Barde de la Forêt-Noire, la Vision,
T Epée du grand Frédéric ) la gloire de l’Empire, il se mit aux gages de l’Autriche ( le Retour de VAstrée). Cette versatilité lui fit beaucoup d’ennemis : mais, pour lui, il était ingénu dans ses affections; il s’occupait de la forme, et non du fond. Une élégance incomparable, une phrase irréprochablement classique , des images brillantes, des périphrases combinées avec art, une versification harmonieuse, nerveuse et flexible, voilà ce qu’il poursuivait , sans s’inquiéter jamais des compositions de la veille. Il peint plus qu’il ne pense. Il a fait une traduction en vers de V Iliade, qui est un de ses plus beaux titres de gloire. Ses Œuvres ont été publiées à Milan, 1825-26, 8 vol. in-8°. On doit y joindre ses Opéré inédite e rare , ibid. , 1832, 5 vol. in-12, et un ouvrage intitulé : Proposta di alcune correzioni al vocabolario délia Crusca, 1817-24, 6 vol. in-8°. B.
MONTIEL, v. d’Espagne (Manche), à 10 kil. S.-E. de Villanuevo-de-los-Infantes ; 1,200 hab. Victoire de Duguescliu sur Pierre le Cruel, roi de Castille, en 1369.
MONT1EU- EN-DER, Monaslerium Dervense , ch.-l. de cant. (H. -Marne), au milieu de la forêt de Der, arr. et à 15 kil. O. de Vassy ; 1,209 hab. Dépôt d’étalons. Avait jadis une abbaye de bénédictins, fondée au vne siècle.
MONT1ERS-SUR-SAULX, ch.-l. de cant. (Meuse), arr. et à 39 kil. S.-E. de Bar-le-Due; 1,147 hab. Haut-fourneau, fonderie.
MONTIGLIO, brg du royaume d’Italie, province et à 45 kil. N. -U. d’Alexandrie; 3,222 hab.
MONTIGNAC-LE-COMTE, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 24 kil. N. de Sarlat, sur la Vézère; 2,762 hab. Hôpital et collège. Il se forma autour d’un château féodal dont on voit encore de belles ruines. Carrières de pierres de taille. Patrie du littérateur Joubert. Antiquités romaines aux environs.
MONTIGNÉ, vge (Maine-et-Loire), arr. et à 12 kil. N. -O. de Baugé; 1,882 hab. Exploitation de pierres de taille; comm. de chaux, tuiles, briques, carreaux.
MONT1GNY (Jean de) , premier président au parlement de Paris en 1471, avait servi Louis XI dans la guerre contre la Ligue du Bien public. Ce fut lui qui instruisit le procès du cardinal La Balue, du connétable de S'-Pol, et du duc de Nemours. Il mourut en 1481.
montigny (François de la grange d’arquien, sieur de), né en 1554, m. en 1617, fut élevé à la cour de Henri III, devint l’un de ses favoris, fut fait prisonnier à la bataille de Coutras en 1587, se déclara en faveur de Henri IV, qui l’avait l’envoyé sans rançon, fut un de ceux qui arrêtèrent l’assassin JeanChàtel, se distingua au siège de Rouen et au combat de Fontaine-Française, commanda la cavalerie légère à l’attaque d’Amiens en 1597, fut nommé gouverneur de Paris en 1601 , de Metz en 1603, des Trois-Evêchés en 1609, et maréchal de France en 1615.
montigny-le-roi , ch.-l. de cant. (Haute-Marne), arr. et à 28 kil. N.-E. de Langres : 1,170 hab. Meules à émoudre. Quincaillerie et coutellerie.
montigny-sur-aube ,. ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), arr. et à 23 kil. E.-N.-E. de Châtillon-sur-Seine ; 830 hab. Troupeau de mérinos, haut-fourneau.
MOjNTlJO, v. d’Espagne (Badajoz), à 28 kil. O. de Mérida ; 5,600 hab. Lainages.
MONTILLA, Monlulia , v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 40 kil. S.-E. de Cordoue, sur le Castro, appartint à la famille des seigneurs de Cordoue, et est la patrie de Gonsalve de Cordoue. Pop. de la commune : 15,000 hab. Beau palais des ducs de Medina-Celi. Draps, toiles, cuirs, huile, poterie.
MONTIV1LLIERS , ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), arr. et à 13 kil. N.-E. du Havre , dans une très-belle val- \ lée, sur la Lézarde ; 3,647 hab. Autrefois fortifié, il pos- j sédait une abbaye de bénédictines , fondée en 682. Eglise i gothique, autrefois abbatiale, surmontée d’une tour re- I
marquable, et contenant quelques richesses artistiques. Débris de fortifications. Comm. de grains et farine ; blanchisseries de toiles, papeteries, tanneries, tissage de coton. Aux environs , château de Bec.
MONI’JEAN, brg (Maine-et-Loire), arr. et à 35 kil. N. de Cholet, sur la rive g. de la Loire; 1,652 hab. Exploitation de houille; fours à chaux.
MONTJOIE (Félix-Christophe Galart de), littérateur, né à Aix vers 1730, m. en 1816, se fit d’abord recevoir avocat, puis vint à Paris, où il travailla à l'Année littéraire, et à l’Ami du roi, journal destiné à combattre les principes de la Révolution. Il échappa aux proscriptions de la Terreur, fut déporté en 1797, revint en France sous le Consulat, professa la rhétorique au lycée de Bourges, et reçut de la Restauration une place de conservateur à la Bibliothèque Mazarine. On a de lui ; des Principes de la monarchie française, 1789, 2 vol. in-8°; Aris à la Convention sur le procès de Louis XVI, 1792, in-8°; Histoire de la conjuration de Robespierre, 1794, in 8° ; Histoire de la conjuration de d’Orléans, 1796, 3 vol. in-8°, ouvrage plein de faits apocryphes; Eloge historique de Louis XVI , Neuchâtel , 1797 , in-8° ; Eloge historique de Marie-Antoinette, 1797, in-8°, refondu sous le titre d’ Histoire de Marie-Antoinette. Paris, 1814, 2 vol. in-8° ; Histoire de la révolution de France, 1797, 2 vol. in-8° ; Eloge historique de Bochart de Saron, 1800, in-8°, etc.
montjoie , nom employé au moyen âge, ainsi que eeux de montjou, montjavoul (c.-à-d. mont de Dieu, mont divin), pour désigner des monticules naturels ou factices, qui marquaient la frontière entre les Etats, ou qui couvraient les restes de quelques grands personnages. On appela aussi Montjoies des monceaux de pierres entassés sur les chemins pour marquer la route. A la guerre , Montjoie signifia la bannière qui indiquait la marche de l’armée : de là le cri de guerre des Français, Montjoie-St-Denis ; les ducs de Bourgogne criaient: Montjoie-Sl- André ; les ducs de Bourbon, Montjoie-Nolre-Dame ; les rois d’Angleterre, Monljoie-Notre-Dame, St-George. Le roi d’armes de France portait le nom de Montjoie.
montjoie , en allemand Monlschau , v. des Etats prussiens (prov. du Rhin), à 26 kil. S.-S.-E. d’Aix-la-Chapelle, sur la Roër ; 3,000 hab. Manuf. de draps et casimirs , teintureries. Ardoisières aux environs.
MONTJOUY ou MONJUICH , montagne et forteresse d’Espagne (Catalogne), à 3 kil. S. -O. de Barcelone, qu’elle domine.
MONTLHÉRY, Mons Letherici , petite ville (Seine-et- Oise),arr. et à 20 kil. O. de Corbeil; 1,700 hab. Célèbre au moyen âge par une forteresse élevée en 999 par Thibaut-File-Etoupes, de la maison de Montmorency, et qui étendait sa juridiction sur 300 paroisses et 133 fiefs. Louis VI la prit, et la rasa, en ne réservant que la tour encore existante, et ruinée en partie, qui servit plusieurs fois de prison d’Etat. Une bataille indécise fut livrée près de Montlhéry, le 16 juillet 1465, entre Louis XI et les seigneurs de la Ligue du Bien public. Il y a encore un lieu appelé le Cimetière des Bourguignons.
MONTLIEU, ch. de cant. (Charente-ïnfér.), arr. et à 32 kil. S.-E. de Jonzac; 424 hab. Ruines d’un château des Rohan-Soubise. Souterrain, dit Trou des Fadets, et où se trouvent de belles stalactites. Comm. de grains.
MONTLOSIER (François-Dominique Reynaitd, comte de), né à Clermont-Ferrand en 1755, m. en 1838, fut député par la noblesse de Riom aux Etats-Généraux de 1789, vota pour le maintien des privilèges, et émigra en Angleterre, 1791, où il rédigea le Courrier de Londres. De retour en France, sous l’Empire, il continua d’abord son journal, qui fut supprimé peu après, reçut, comme indemnité, une place au ministère des relations extérieures, commença, à la demande de Napoléon Ier, un grand travail historique sur l’anc. monarchie française; demanda et obtint, en 1813, la charge de naturaliste breveté, et visita, à ce titre, la Suisse et l’Italie. Après la Restauration , il continua à défendre les institutions féodales et les privilèges aristocratiques, tout en publiant contre le clergé plusieurs écrits empreints d’une certaine violence, et même d’animosité. En 1830, il fut nommé pair de France, et siégea dans les rangs de l’opposition. On a de lui , entre autres ouvrages : Essai sur la théorie des volcans d’Auvergne, 1789, in-8°; De la monarchie française depuis son etablissement jusqu’à nos jours, Paris, 1814, 3 vol. in-8» ; 1815, 4 vol. in-8°; c’est l’ouvrage que lui avait demandé Napoléon; l’auteur y fait l’histoire du régime féodal , en rattachant tout au fait de la conquête et de la distinction des races ; ses conclusions sont très-contestables, mais l’œuvre n’en est pas moins remarquable par les études qu’elle contient , l’énergie et l’a-
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nimation du style ; néanmoins, comme ce n’était pas ce que Napoléon voulait, la censure impériale en interdit l’impression en 1812; Mémoire à consulter sur le système religieux et politique, tendant à renverser la reli/jion , la société et le trône , Paris, 1826, in-8° ; cet ouvrage eut 8 éditions la même année ; Pétition à la Chambre des pairs , 1827 ; Lettre d'accusation contre les Jésuites , 1826, etc.
MONT-LOUIS, ch.-l. de cant. (Pyrénées-Orientales), arr. et à 35 kil. S.-O. de Prades , sur la Tet; 321 hab. Place de guerre, et citadelle bâtie en 1681 par Yauban, sur un roc escarpé, pour défendre le col de la Perche. Ou la nomma Mont-Libre pendant la Révolution. Pyramide élevée à la mémoire du général Dagobert.
mont-louis, brg (Indre-et-Loire), arr. et à 12 kil. E. de Tour3, sur la rive g. de la Loire et le chemin de fer de Paris à Bordeaux; 621 hab. Adossé à un rocher dans lequel sont creusées une partie des habitations. Bons vins blancs. Un traité de paix y fut conclu, en 1174, entre Louis VII, roi de France, et Henri II d’Angleterre.
mont-louis. V. lach aise (Cimetière du P.)
MONTLUC (Biaise de ) , célèbre capitaine, né au château de Montluc (Guienne) vers 1503, d’une branche de la famille des d’Artagnan-Montesquiou , m. en 1577, fut placé comme page auprès d’Antoine, duc de Lorraine , entra dans la compagnie d’archers commandée par Bayard , servit ensuite sous Lautrec à la Bicoque et dans le Béarn , 1522 , fut fait prisonnier à la bataille de Pavie et renvoyé sans rançon , 1525 , prit part à l’expédition de Lautrec contre Naples, 1528 , à la défense de Marseille attaquée par Charles-Quint , 1536 , à la bataille de Cérisolles , 1544, défendit Sienne, en 1555, contre le marquis de Marignan, accompagna le duc de Guise à la prise de Calais , 1558 , et devint colonel-général de l’infanterie après la destitution de d’Andelot. Nommé lieutenant-général en Guienne en 1564, il y fit une guerre terrible aux calvinistes, rivalisa de cruautés avec le baron des Adrets, chef des dissidents , et montra une telle férocité , qu’on le stigmatisa du surnom de Boucher royaliste. Une blessure affreuse, qu’il reçut à la figure au siège de Rabasteins, 1570, l’obligea de porter un masque le reste de sa vie. Remplacé dans sa province par le marquis de Villars, Montluc, après avoir assisté au siège de La Rochelle, 1573, reçut de Henri III le bâton de maréchal de France, et se retira dans ses terres. Il employa ses loisirs à la rédaction de Mémoires, où il raconte lui-même avec la plus grande franchise, non seulement ses campagnes militaires, mais tous les traits de cruauté et de férocité qui ont souillé son nom. Ces Mémoires sont divisés en 7 livres : les 4 premiers concernent les années 1519 à 1559 ; les 3 autres embrassent le règne de Charles IX. La lre édition est celle de Bordeaux, 1592 , in-fol.; ils sont reproduits dans les Collections de Mémoires relatifs à l'histoire de France.
montluc ( Jean de ) , diplomate, frère du précédent , entra dans l'ordre des Dominicains, où il se distingua par son savoir et son éloquence, gagna, par son esprit délié, la confiance de François 1er et de Henri II , fut nommé évêque de Valence en 1553, remplit jusqu’à seize ambassades dans les différentes cours de l’Europe , toutes avec succès , réussit, en particulier, à faire nommer Henri de Valois (Henri III) roi de Pologne, adopta dans les querelles religieuses les principes de tolérance de L’Hospital , fut soupçonné de pencher en secret pour la réformation, contracta un mariage clandestin, s’attira les censures du pape Pie IV, parut plus tard revenir à résipiscence, fit une apologie de la S^Barthélemy, et mourut en 1579. On a de lui des Sermons estimés.
montluc (Jean de), seigneur de Balagny, fils naturel du précédent, légitimé en 1567, suivit son père en Pologne, s’attacha ensuite au duc d’Alençon, qui lui fit obtenir le gouvernement de Cambrai , entra dans la Ligue, fut ramené par sa femme, sœur de Bussy d’Amboise, au parti d’Henri IV, obtint en 1594 le bâton de maréchal de France, et mourut en 1603.
MONTLUÇON, s.-préf. (Allier), à 82 kil. O. -S.-O. de Moulins, sur la rive dr. du Cher, à l’endroit où commence le canal du Berry; 13,293 hab. Trib. de 1" instance; collège. Glaces, hauts-fourneaux et verreries, produits chimiques. Sur une colline voisine , ruines d’un château des ducs de Bourbon. — Au xiv® siècle, les Anglais furent va'iucus dans un des faubourgs de cette ville ; une fête annuelle, dite de i Chevaux fugs , rappela jusqu’à la Révolution cet événement.
MONTLUEL, ch.-l. de cant. (Ain), arr. et à 30 kil. S.-E. de Trévoux, sur la Seraine; 2,342 hab. F’abr. de draps, couvertures, tapis, toiles d’emballage, fil à coudre.
Comm. de grains, chanvre, etc. A 8 kil.. Ecole régionale d’agriculture. Ane. ch.-l. du comté de Valbonne.
MONT-MAJOUR, anc. abbaye fondée près d’Arles, au Xe siècle, et dont il existe encore une partie de l’église, un beau cloître, et une tour magnifique , bâtie en 1639.
MONTMARAULT, ch.-l. de cant. (Allier), arr. et à 33 kil. E. de Montluçon; 1,696 hab. Fabr. de machines à confectionner les câbles.
MONTMART1N-SUR-MER, ch.-l. de cant. (Manche), arr. et à 10 kil. S.-O. de Coutances; 355 hab.
MONTMARTRE, anc. brg (Seine), contigu à Paris, au N., arr. et à 7 kiL S.-O. de St-Denis, sur une colline haute de 129 mét. environ, et d’où l’on découvre toute la capitale ; réuni à Paris, 18' arrond., en 1860. Carrières à plâtre; 36,000 hab. au moment de sa réunion à Paris. Autrefois nombreux moulins à vent pour la mouture des blés. Fabr. d’encre, noir animal, produits chimiques, etc. Son nom vient de Mons Marlis, parce qu’il y aurait eu un temple de Mars; ou de Mons martyrum. parce que S1- Denis et trois de ses compagnons y auraient souffert le martyre. Une abbaye de bénédictines, fondée par Louis VI en 1 133, subsista jusqu’en 1789, et fut détruite en 1794. Combat sanglant entre les Parisiens et les alliés, le 29 mars 1814
MONTMAUR (Pierre de), fameux parasite, nè dans le Limousin en 1576, m. en 1660, dut sa célébrité au ridicule dont il fut couvert par ses contemporains. Reçu dans la société des Jésuites, il enseigna à Périgueux et à Rome, abandonna son ordre, vint à Paris, et fut nommé en 1623 professeur de grec au Collège de France. Admis à la table des grands, il était toujours l’objet des attaques des convives. Les écrivains de son époque lui faisaient une guerre de sarcasmes et d’épigrammes, à laquelle il ne répondait que par l’indifférence et des bons mots qui mirent souvent les rieurs de son côté. On lui reprochait surtout sa pédanterie. V. Sallengre, Histoire de P. de Montmaur, La Haye, 1715, 2 vol. in-8°.
montmaur, vge (Hautes- Alpes) , arr. et à 16 kil. O. de Gap; 720 hab. Il tire son nom des Sarrasins , qui l’occupèrent longtemps. Ruines d’une chapelle et d’un manoir féodal. Il y eut une commanderie de Templiers.
MONTMÉDY, s.-préf. (Meuse ) , à 110 kil. N.- E. de Barle-Duc, sur leChiers; 1,676 hab. Tribunal de lre instance, collège. Place de guerre, fortifiée par Vauban. Elle appartenait au duché de Luxembourg; prise sur les Espagnols en 1657, elle fut réunie à la France par le traité des Pyrénées , 1659. Fabr. de vinaigre, bonneterie, tanneries.
MONTMELIAN, ch.-l. de canton (Savoie), arrond. et à 16 kil. Sud de Chambéry, sur la rive droite de l’Isère; 1,104 hab. Cette ville fut prise par îlenri IV en 1600, par Catinat en 1691, et encore par les Français en 1792. Aux environs, récolte d’excellent vin.
MONTMIRA1L , ch.-l. de cant. ( Marne ) , arr. et à 39 kil. S.-O. d’Epernay , près du Petit-Morin; 2,206 hab. Beau château de la famille Le Tellier, auj. aux ducs de Doudeauville. Exploit, de pierres meulières. Comm. de céréales, laines et bestiaux. Victoire de Napoléon Ier sur les alliés, le 11 février 1814. Patrie du cardinal de Retz.
montmirail , ch.-l. de cant. (Sarthe) , arr. et à 49 kil. E. de Mamers, près de la Braye; 664 hab. Autrefois fortifié. Beau château. Verrerie. Traité entre Louis le Jeune, roi de France, et Henri II d’Angleterre , en 1168.
MONTMIREY-LA-VILLE , ch.-l. de cant. (Jura) , arr. et à 16 kil. N. de Dole ; 414 hab.
MON T’MOREAU , ch.-l. de cant. ( Charente ) , arr. et à 24 kil. E.-S.-E. de Barbezieux, sur la Tude; 654 hab. Ruines d’un château.
MONTMORENCY (Maison de) , une des plus illustres familles de France , dont les chefs portaient autrefois le titre de premiers barons de France, remonte à Bouchard Ier, sire de Montmorency , que l’on trouve, dès 950, parmi les grands feudataires du duché de France. Cette maison compte, depuis 1060 jusqu’à nos jours, six connétables, douze maréchaux , quatre amiraux , plusieurs cardinaux , des grands-maitres et des chevaliers de tous les ordres européens; elle s’est alliée à plusieurs maisons royales. Sous Mathieu H , le grand connétable , m. en 1230 , elle se partagea en branche aînée ou des barons de Montmorency, et branche cadette ou de Montmorency-Laval. Cette dernière, qui a pour chef Guy de Montmorency, fils de Mathieu et d’Emma, héritière de Laval, s’est perpétuée jusqu’à nos jours par plusieurs rameaux. A la mort de Jean II, 15' descendant de Bouchard, en 1447, la maison de Montmorency se partagea en 3 branches ; 1° celle de Fosseux, qui , fixée d’abord aux Pays-Bas, donna naissance aux rameaux de Wastines de Lauresse, et à celui de Bouteville, dont le 4' représentant fut le maréchal de Luxembourg ,
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de qui descendent les Montmorency du surnom de Luxembourg et de Tingri; 2® celle de Nivelle, qui se fi sa dans les Pays-Bas, y acquit le comté de Hornes, et s’éteignit avec le comte de Hornes et le baron de Montigny, décapités en 1568 et 1570; 3° celle dite des dues de Montmorency , issue de l’héritière de Chantilly, 2® femme de Jean II, et qui hérita des droits delà branche aînée, forma les rameaux de Thoré , de Damville , de Montbéron , etc., et s’éteignit avec le maréchal Henri II de Montmorency, décapité à Toulouse en 1632 par ordre de Louis XIII.
montmorency | Mathieu Ier de | , présumé 7e descendant de Bouchard, fut fait connétable en 1130, épousa d’abord Aline, fille naturelle de Henri Ier, roi d’Angleterre , puis, en 1141 , Adélaïde de Savoie , veuve de Louis le Gros , et fut ainsi beau-père de Louis VII. Pendant la 2® Croisade, il administra le royaume avec Suger, et conserva son crédit jusqu’à sa mort en 1160.
montmorency ( Mathieu II de), petit-fils du précédent, surnommé le grand connétable , se distingua en 1204 au siège du Château-Gaillard , fit en partie la conquête de la province de Normandie sur Jean-sans-'l erre, prit part à la bataille de Bouvines, 1214, où il commandait l’aile droite et etdeva quatre aigles impériales, reçut la charge de connétable en 1218, accompagna Louis VlH dans la campagne de Saintonge et la croisade contre Avignon, défendit fidèlement la régente Blanche de Castille , et mourut en 1230.
montmorency | Charles de), maréchal de France en 1343 , commanda l’armée que Jean , duc de Normandie , envoya en Bretagne au secours de Charles de Blois, combattit avec courage à Crécy , 1346 , fut nommé gouverneur de la Normandie, contribua à la conclusion de la paix de Brétigny, 1360, fut parrain du Dauphin (plus tard Charles VI), et mourut en 1381.
montmorency ( Anne , 1er duc de ), né à Chantilly en 1493 , m. en 1567 , se lia dès son enfance avec le comte d’Angoulême ( plus tard François I"r| , fit ses premières armes à Ravenne sous Gaston de Foix , 1512 , se distingua à la bataille de Marignan, 1515, seconda Bayard dans sa belle défense de Mézières en 1521, et , pour sa valeur à la Bicoque, 1522, fut fait maréchal. Il fit lever le siège de Marseille en 1524 , et harcela les Impériaux dans leur retraite. Fait prisonnier à Pavie , 1525 , puis racheté , il contribua à faire conclure le traité de Madrid, 1526. Il reçut en récompense le gouvernement du Languedoc , la charge de grand-maitre de France, et l’admiuistration des affaires de l’Etat. Il dirigea les finances avec parcimouie ; son avarice personnelle fut une des causes de la défection de l’amiral Doria. En 1536, il détruisit par la famine l'armée de Charles-Quint entrée en Provence, et mérita le nom de Fabius français, et l’épée de connétable, 1538. Disgracié en 1541 , par suite d’une intrigue de cour, il se retira à Chantilly. Après la mort de François 1er, il reprit tout son crédit, réprima cruellement, 1548, une révolte de la Guyenne, obtint en 1551 que sa baronnie fut érigée en duché, perdit par sa faute la bataille de S*-Quentin , 1557 , y fut pris, et poussa , dans l’intérêt de sa liberté, à la conclusion du traité de Cateau-Cambrésis, 1559. Henri II érigea en sa faveur la baronnie de Montmorency en duché-pairie. Ecarté des affaires sous François II, il fut, sous Charles IX, opposé aux Guises par Catherine de Médicis ; mais il se réconcilia avec eux, et fit partie, avec François de Guise et Saint-Amlré, du Triumvirat destiné à soutenir la foi catholique. Après le massacre de Vassy , il reçut le sobriquet de Capitaine brûle-bancs, pour une ridicule agression contre le temple protestant de la rueS^Jacques, à Paris, etfutfait prisonnier à la bataille de Dreux , 1562. Kelâché lors de la paix d’Ainboise, 1563, il reprit le Havre aux Anglais.il conçut le projet d’une Sl-Barthélemy ; son complot fut déjoué, et il fut envoyé à Chantilly ; il en sortit pour combattre les calvinistes à Sl-Denis, où il fut tué par Robert Stuart. C’était, dit Voltaire, un «homme intrépide, à la cour comme dans les armées , plein de grandes vertus et de défauts, général malheureux, esprit austère , difficile , opiniâtre , mais honnête homme , et pensant avec grandeur, n montmorency (François, duc de), grand-maitre de France et maréchal, fils aîné du précédent, fit ses premières armes en Piémont en 1551 , et fut nommé gouverneur de Paris en 1553. Ennemi des Guises, il faillit être arrêté après la paix de Longjumeau , échappa par la fuite au massacre de la Sl-Barthélemy , entra dans le parti des Malconlents , fut enfermé à la Bastille , et ne fut sauvé que par la crainte qu’inspiraient ses frères Thoré et Damville. 11 mourut en 1579 , âgé de 49 ans.
Mcntmokency (Henri I*r, duc de) , connu d’abord sous le nç j de Damville, 2e fils d’Anne , fit sa première cani-
| pagne en Lorraine , en 1552 , commanda ensuite la cavalerie légère à l’armée de Piémont, prit Condé à la bataille de Dreux en 1562, fut fait gouverneur du Languedoc, 1563, maréchal de France , 1566, se distingua à la bataille de i Sl-Denis , 1567 , et n’échappa à la haine de Catherine de Médicis et des Guises, lors de la Sl-Barthélemy, qu’en se réfugiant dans son gouvernement. Disgracié sous Henri ni, il se fit la chef des Politiques, reconnut Henri IV, qui le fit connétable en 1595 , et mourut en 1614 , à l'âge de 70 ans. On dit qu’il ne sut jamais écrire.
montmorency ( Henri II, duc de ) , fils du précédent, né à Chantilly en 1595 , m. en 1632, fut le filleul de Henri IV. Nommé amiral par Louis XIII en 1612 , il hérita de son père le gouvernement du Languedoc , y combattit les protestants, se distingua aux sièges de Montauban et de Montpellier, et conquit en 1625 les îles de Ré et d’Oléron. Quand La Rochelle fut attaquée par Richelieu , il lui vendit , moyennant un million , la charge d’amiral , combattit le duc de Rohan, et amena la paix d’Atais. Après s’être distingué à la journée de Veillane en Piémont, il fut fait maréchal , 1629. Mécontent de la cour qui lui refusait le titre de connétable , il se révolta, avec Gaston d’Orléans, frère du roi ; mais il fut vaincu par Scliomberg à Castelnaudary, pris, jugé et décapité à Toulouse. Sa veuve lui éleva à Moulins un magnifique tombeau , que l’on voit dans la chapelle du Lycée. Son Histoire a été écrite par Ducros , un de ses officiers , 1633 , in-4®.
montmorency (Mathieu-Jean-Félicité , vicomte , puis duc de), de la branche des Montmorency-Laval, né à Paris en 1767, m. en 1826, servit dans la guerre d’Amérique, adopta les principes de la Révolution, fut député par la noblesse de Montfort-l’Amaury à l’Assemblée constituante, se prononça, dans la fameuse nuit du 4 août 1789, pour la suppression des droits féodaux, et, le 10 juin 1790, appuya l'abolition des titres de noblesse. Il émigra en 1792 , rentra en France après le 9 thermidor, et resta inconnu jusqu’en 1814. Sous la Restauration, il montra des sentiments monarchiques très-prononcés, devint aide-decamp du comte d’Artois, pair de France, ministre des affaires étrangères et ambassadeur au congrès de Vérone, en 1822, gouverneur du duc de Bordeaux, enfin, sans titres littéraires, membre de l’Académie Française, en 1825.
MONTMORENCY-BOUTEVILLE. V. BOUTEVILLB.
MONTMORENCY-LUXEMBOIJRG. V. LUXEMBOURG.
montmorency, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), arr. et à 20 kil. S.-E. de Pontoise, et à 15 kil. N. de Paris, sur la lisière de la forêt du même nom, au sommet d’une colline d'où la vue est fort belle, à l’entrée d’une vallée renommée pour ses cerises; 2,333 hab. Il y eut jadis une communauté d'oratoriens. Jolie église du xiv® siècle. Dans la forêt, à peu de distance de la ville on trouve Y Ermitage, petite maison fort modeste, qui rut habitée par J. -J. Rousseau, et ensuite par Grétry, qui y mourut.
MONTMORILLON, s.-préf. (Vienne), à 52 kil. E.-S.-E. de Poitiers, sur la Gartempe; 3,842 hab. Trib. de lre instance; école secondaire ecclésiastique. On remarque, dans l’anc. couvent des Augustins, un monument singulier de forme octogone, entouré de bas-reliefs grossiers, construit au xn® siècle, et longtemps attribué aux Druides. Papeteries ; biscuits et macarons renommés. Comm. de bestiaux et produits agricoles.
MONTMORIN-SAINT-HEREM ( Armand-Marc, comte de), d’une anc. et illustre famille d’Auvergne, d’abord menin du dauphin ( Louis XVI ) , puis ambassadeur à Madrid, fut appelé par Louis XVI à l’Assemblée des notables en 1787, puis, chargé du ministère des affaires étrangères, parut à ce titre aux Etats-généraux de 1789. Renvoyé avec Necker, dont il soutenait les principes, rappelé après la prise de la Bastille, il occupa, par intérim, en 1791, le ministère de l’Intérieur, et donna sa démission en oet. de cette même année. Dévoué à Louis XVI, il essaya de prévenir sa chute par ses conseils. Dénoncé par les Jacobins comme vendu à l’étranger, il se cacha, fut arrêté, traduit devant l’Assemblée législative, incarcéré, et périt dans les massacres des prisons, en septembre 1792.
montmorin , vge ( Puy-de-Dôme), arr. et à 23 kil. S.-E. de Clermont-Ferrand; 1,180 hab.
MONTMORT (Pierre-Rémond de), mathématicien, né en 1678 à Paris, m. en 1719, s’est occupé plus particulièrement du calcul des probabilités, et a publié sur cette matière un ouvrage qui eut du succès : Essai d’analyse sur les jeux de hasard, 1704. La 2® édition de ce livre, 1713 ou 1714, in-4®, renferme une correspondance de Mon tmort avec Jean et Nicolas Bernouilli. Les Transactions philosophiques contiennent un Traité des suites infinies, par Montmort. Ce savant était membre de l’Académie des sciences. V .
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montmort, ch.-l. de cant. (Marne), arr. et à 18 kil. S.-O. d'Epernay ; 452 hab. Eglise gothique , avec vitraux. Restes d’un château-fort.
MONTOIR, brg (Loire-Infér.), arr. et à 18 kil. O. de Savenay ; 170 hab. Exploitation de tourbe.
MONTOIRE-SU R-LOIR, autrefois St-Laurent-de-Monloire, ch.-l. de cant. I Loir-et-Cher ) , arr. et à 18 kil. O. -S.-O. de Vendôme ; 2,430 hab. Cette petite ville , dominée par les ruines du château de S*-Outrille, devint, au xvie siècle, la capitale du Bas-Vendômois. Comm. de vins, cuirs, toiles, bonneterie.
MONTOLIKU (Jeanne-Isabelle Polier, baronne de), née en 1751 à Lausanne (canton de Vaud), ni. en 1832, fut mariée d’abord à M. de Crousaz, et en secondes noces au baron de Montolieu. Riche , et ayant un goût très-vif pour la littérature des romans, elle en a traduit ou imité un grand nombre de l’anglais et de l'allemand, et, parmi ces derniers, beaucoup d'Auguste Lafontaine, entre autres Ondine. Elle a composé Caroline de Lichfidd , 1786, 2 vol. in-12 , roman d’un intérêt doux, qui eut beaucoup de succès, et qui est son meilleur ouvrage, avec le Robinson suisse, 1813, 2 vol. in-12, imité de l’allemand de Wyss , espèce de contre-partie du Robinson de De Foë, et particulièrement composé pour les enfants. Les OEuvres de Mme de Montolieu ont été recueillies en 40 vol. in-12, Paris, 1824 et suiv. ; ce ne sont que des œuvres choisies, car la collection complète forme plus de 100 vol. in-12.
MONTOLIEU , Caslrum Malasli , Mans Oliveli , v. (Aude), arr. et à 18 kil. N.- O. de Carcassonne; 1,402 hab. Elle faisait, au moyen âge, un grand commerce de draps avec le Levant. Vieux château du XIIe siècle. Fabr. de maroquins.
MONTORO , anc. Epora , v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 40 kil. N.-E. de Cordoue, sur le Guadalquivir ; 13,000 hab. Erigée en duché, en 1062, en faveur de Don Louis Mendez de Haro. Récolte et commerce d’huile excellente.
Mwntoro, v. du royaume d'Italie, située dans la prov. •et à 17 kil. N. de Salerne; 6,068 hab.
MONTPELLIER, Mons Puellarum, Mous Pessulanus? ch.-l. du département de l’Hérault, grande et belle ville, "bâtie dans une magnifique situation, sur une colline au pied de laquelle coule le Lez; à 840 kil. S -S.-E. de Paris, à 8 kil. de la Méditerranée, avec laquelle elle communique par le Lez et le port de Cette; par 43° 36’ 44" lat. N., et 1° 32’ 34" long. E. ; 55,606 hab. Ch.-l. de la 10e division militaire; directions d’artillerie et des subsistances militaires; garnison d’un des trois régiments du génie; gymnase militaire. Evêché suffragant d’Avignon ; église consistoriale calviniste. Cour impériale ; tribunaux de lr* instance et de commerce; bourse et chambre de commerce. Succursale de la Banque de France. Académie universitaire; Facultés des lettres, des sciences, et de médecine, les deux dernières possédant de riches bibliothèques. Lycée; écoles de pharmacie, normale primaire, de dessin et de peinture, des beaux-arts, du commerce, de géométrie et de mécanique. Bibliothèque publique. Musée Fabre, contenant une galerie de tableaux, dessins et gravures, et une bibliothèque. Jardin des plantes, avec cabinet d’histoire naturelle et de physique. Société d'agriculture, société archéologique. Vastes hôpitaux; prison cellulaire. On remarque la cathédrale de Sl-Pierre; l’arc de triomphe dédié à Louis XIV ; l’esplanade; un bel aqueduc, en partie souterrain, et d’un parcours de 3,904 mèt. ; la magnifique promenade de la place du Peyrou d’où la vue est admirable, et où se trouve une statue équestre de Louis XIV, en bronze, érigée en 1838. Fabr. de produits chimiques, vert de gris, instruments de pesage ; raffineries de soufre, lavoirs de laines, tanneries, minoteries, scieries mécaniques de marbre; grand comm. de vins, eaux-de-vie, liqueurs. A 1 kil. de la ville, à Villodève, fabr. import, de bougies stéariques, cierges, savons, dont la plupart des produits s’exportent en Algérie et à l’étranger. — Montpellier, simple village au xe siècle, grandit par la ruine de Maguelonne, forma une seigneurie qui passa par mariage à l’ Aragon en 1204 , reçut , cette même année , une charte de commune, fit partie du royaume de Majorque en 1276, et fut cédé à la France par Jayme II en 1349. Abandonné à Charles le Mauvais par Charles V en 1365, il ne revint à la couronne que sous Charles VI. L’évêché de Maguelonne y fut transféré en 1538. Les guerres de religion lui ont été funestes, surtout le siège à la suite duquel Louis XIII s’en empara, 1622. L'édit de Montpellier, 20 octobre 1622 , reconnut le libre exercice du culte protestant, mais enleva aux calvinistes toute autre assemblée que leurs synodes et consistoires , et ne leur laissa comme
places de sûreté que Montauban et La Rochelle. L’université de Montpellier, fondée en 1289 , a été principalement célèbre pour l’enseignement de la médecine. Patrie de Barthez, Broussonnet, La Peyronie, Cambacérès, Cambon, Roucher, Séb. Bourdon, Vien, Daru. B.
Montpellier, v. des Etats-Unis, capitale de l’Etat de Vermont, à 838 kil. N. -N.-E. de Washington; 4,000 hab. Siège du gouvernement. Prés de là, carrières d’un marbre égal aux meilleurs d’Italie pour la pureté et la blancheur.
MONTPENSIER, vge (Puy-de-Dôme), arr. et à 26 kil. N. -N.-E. de Riom ; 621 hab. Anc. seigneurie , qui passa par mariage dans la maison de Beaujeu à la fin du xne siècle , dans celle de Dreux au commencement du xive, et qui fut vendue, en 1384, à Jean de France, duc de Berry, dont la fille Marie épousa Jean Ier de Bourbon. Le comté, confisqué par François Ier sur le connétable de Bourbon, fut donné à Louis Ier de Condé, beau-frère de ce seigneur, avec le titre de duché-pairie, 1539. Un mariage le porta à la maison d’Orléans en 1608. Le titre de duc de Montpensier est porté par le plus jeune fils du roi Louis-Philippe.
montpensier ( Catherine - Marie de lorraine, duchesse de| , fille du duc François de Guise, née en 1552, m. en 1596, épousa à 18 ans Louis II de Montpensier, entra dans tous les complots contre le roi Henri III, eut des prédicateurs à ses gages pour le faire insulter en chaire, porta publiquement une paire de ciseaux dorés , avec lesquels elle se promettait de lui faire la tonsure monacale, arma , dit- on , Jacques Clément , et se jeta au cou du premier qui annonça le meurtre du roi. On assure qu’elle s’écria : « Je ne suis marrie que d'une chose , c’est qu’il n’ait pas su , avant de mourir, que c’est moi qui ai fait le coup ; » elle parcourut Paris, avec la duchesse de Nemours, sa mère , criant à tous la bonne nouvelle. Hostile aussi à Henri IV, elle finit néanmoins par se réconcilier avec lui. __ B.
montpensier (Anne-Marie-Louise d’orléans, duchesse de), connue sous le nom de Mademoiselle, née à Paris en 1627, de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, m. en 1693, faillit épouser successivement Louis XIV encore enfant, Louis de Bourbon, comte de Soissons, le cardinalinfant, frère d’Anne d’Autriche et gouverneur de la Flandre, le roi d’Espagne Philippe IV, le prince de Galles ( depuis Charles II), l’empereur Ferdinand III, l’archiduc Léopold, frère de ce prince, et le duc de Savoie. Ces alliances manquèrent par sa faute ou par celle de Mazarin. Elle entra dans la Fronde, et sauva Condé au combat de la porte S1- Antoine, 1652, en faisant tirer sur les troupes royales les canons de la Bastille. Obligée de quitter la cour, elle n’y rentra qu’eu 1657. D’autres mariages projetés avec le fils du prince de Condé et avec le roi de Portugal échouèrent comme les premiers. A 42 ans, Mademoiselle s’éprit de Lauzun ( /. ce mot) , et obtint du roi, en 1670, une permission de l’épouser qui fut bientôt révoquée; néanmoins, l’union des deux amants eut lieu, dit-on, secrètement. Lauzun ayant été jeté en prison, elle n’obtint sa liberté qu’au bout de 10 ans, et en abandonnant au duc du Maine la principauté de Dombes et le comté d’Eu , fut payée d’ingratitude, et passa ses dernières années dans la dévotion. Elle a laissé des Mémoires, Amsterdam ( Paris ), 1746, 8 vol. in-12, insérés dans les collections de Mémoires relatifs à l’histoire de F rance ; nouvelle édition par M. Chéruel, d’après le manuscrit autographe, et avec des notes historiques, Paris, 1858, 4 vol. in-12. B.
montpensier (Antoine-Philippe d’orléans, duc de), second fils de Philippe-Joseph, duc d’Orléans, et frère du roi Louis-Philippe, né en 1775, m. en 1807, montra un goût précoce pour les arts, qu’il cultiva avec succès. Il servit avec son frère (alors duc de Chartres) sous Dumouriez, se fit remarquer à Valmy et à Jemmapes, passa ensuite à l’armée d’Italie, fut arrêté , en 1793 , par ordre du Comité de salut public, subit à Marseille une captivité de 43 mois, recouvra la liberté quand son frère eut promis au Directoire de passer en Amérique, et l’y rejoignit, en 1797, avec son autre frère, le comte de Charolais. Les trois princes vinrent chercher un asile en Angleterre en 1800, et résidèrent à Twickenham. Montpensier y fut enlevé par une maladie de poitrine. On a de lui des Mémoires, Paris, 1824, in-8°; ils roulent sur sa captivité à Marseille.
MONTPEZAT, ch.-l. de cant. ( Tarn-et-Garonne), arr. et à 34 kil. N. -N.-E. de Montauban ; 1,029 hab. Toiles communes.
montpezat, ch.-l. de cant. (Ardèche), arr. et à 32 kil. N.-O. de Largentière; 1,271 hab. Soies, bonneterie de laine ; comm. de châtaignes, grains, bestiaux.
montpezat ( Antoine de), maréchal de France en 1544,
MON
— 1844 — MON
m. en 1544, faisait partie de la compagnie du maréchal de Foix à la bataille de Pavie. Fait prisonnier dans cette journée, il s’offrit comme valet de chambre à François Ier pendant sa captivité, gagna la confiance de ce prince, et fut chargé de porter en France des ordres secrets à la régente Louise de Savoie. Plus tard, il fut au nombre des otages livrés à Henri VIII pour la reddition de Tournai à la France. B.
MONTPONT, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire) , arr. et à 11 kil. S. de Louhans, surlaSane; 203 hab.
MONTRÉAL, v. du Bas-Canada , sur la côte S. de l’ile ae son nom, port sur la rive g. du S1- Laurent, à 227 lcil. S. -O. de Québec, par 45° 31' lat. N., et 75° 55' 15" long. O.; 130,000 hab. Siège du gvt de 1843 à 1858. Evêché; arsenal ; université anglaise, fondée en 1821 ; collèges français et anglais, séminaire catholique de Sl-Sulpice, bibliothèque. Plusieurs sociétés savantes. Dans cette ville, assez bien bâtie, on remarque la cathédrale, le couvent des Sœurs grises, les casernes, le pénitentiaire, le théâtre, le monument de Nelson, etc. Grand entrepôt du commerce des gTains et surtout des pelleteries pour les compagnies réunies du Nord-Ouest et de la baie d’Hudson. Comm. de sucre d’érable, farines, potasse, etc. Bateaux à vapeur pour Québec et les Etats-Unis. 3 chem. de fer. Magnifique pont tubulaire, dit Victoria , jeté sur le S ‘-Laurent pour servir à la traversée de ce fleuve par le chemin de fer du grand Trunck, et il est plus prodigieux encore que celui de Menai. — Fondé en 1640, Montréal appartint d’abord aux Sulpiciens, 1644-1760, auxquels les Anglais le prirent; les Américains, qui l’avaient pris en 1775, le rendirent peu après aux Anglais. — L’île de Montréal est située dans le S‘-Laurent, près de l’embouchure de l’Ottawa. Sol fertile.
Montréal , ch.-l. de cant. (Aude), arr. et à 19 kil. O. de Carcassonne; 2,065 hab. Assiégé par Simon de Montfort en 1212, par le prince de Galles en 1355, par les protestants en 1594, par les partisans du duc de Montmorency en 1632.
Montréal, ch.-l. de cant. (Gers), arr. et à 15 kil. O. de Condom; 720 hab. Fabr. d’eaux-de-vie, filatures de laines, briqueteries, tuileries, taillanderie.
Montréal, vge (Yonne), arr. et à 13 kil. N.-E. d’Avallon ; 550 hab. Château , où habitèrent Brunehaut et François Ier.
Montréal , v. de Sicile. V. monreale.
Montréal d’albano ou fra moriale , gentilhomme provençal , chevalier de Sl-Jean-de-Jérusalem, se distingua au service du roi de Hongrie, Louis le Grand , dans les guerres du royaume de Naples, disciplina, après son départ, 1351, une armée de bandits et d’aventuriers, ravagea tout le pays, mais fut chassé en 1352 par Malatesti , seigneur de Rimini. Bientôt, ayant rassemblé de nouvelles bandes, il dévasta, en 1353, les Etats de Malatesti , et mit à contribution Sienne, Florence et Pise. Il allait attaquer les Visconti , quand il eut l’imprudence de se rendre à Rome avec une faible escorte , pour se ménager des intelligences dans le midi de l’Italie. Arrêté par ordre de Rienzi, il fut mis en jugement, condamné à mort , et exécuté en 1354.
MONTREDON , ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 25 kil. N.-E. de Castres; 754 hab. Fabr. d’étoffes de laine, bonneterie. Commerce de bestiaux.
MONTREJEAU , ch.-l. de cant. (Hle-Garonne), arr. et à 14 kil. O. de S'-Gaudens, au confl. de la Neste et de la Garonne, dans une situation charmante ; 2,835 hab. Tanneries, mégisseries, fabr. de tricots de laine et de bougies ; comm. de bois, bestiaux, chevaux, etc. Beau pont en marbre sur la Garonne.
MONTRELAIS , brg (Loire-Infér.), arr. et à 16 kil. E. - N.-E. d’Ancenis, près de la rive dr. de la Loire; 1,976 hab. Mines de hpuille. Vins blancs. V. Ingrande.
MONTRÉSOR, ch.-l. de cant. (Indre-et-Loire), sur l’Indroye, arr. et à 16 kil. E. de Loches; 618 hab. Ruines d’un château bâti par Foulques Nerra.
montrésor (Claude de bourdeilles, comte de), né vers 1608, s’attacha de bonne heure à Gaston , duc d’Orléans, devint son grand-veneur et son favori , prit part aux complots du comte de Soissons et de Cinq-Mars contre Richelieu , fut deux fois abandonné par son maître, et s’enfuit en Angleterre, d’où il ne revint qu’en 1643. Une intrigue contre Mazarin le fit enfermer à Vincennes; rendu à la liberté après 14 mois de prison , il joua un rôle trèsactif dans la Fronde, se réconcilia avec la cour en 1653, et se retira de la scène politique. On a de lui des Mémoires sur les événements de son temps, rédigés avec sincérité. On les trouve dans le Recueil de plusieurs pièces servant à l’histoire moderne, Cologne, 1663, in-12, et Leyde, 1665, 2 vol in-12.
MONTRET, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), arr. et à 11 kil. N.- O. de Louhans; 133 hab.
MONTREUIL (Eudes de). V. Eudes.
MONTREUIL ou mieux MONTEREUL (Mathieu de), abbé, né à Paris en 1620, m. en 1692, fut un poëte facile et agréable. Ses Œuvres furent publiées en 1666. Boileau s’en est moqué dans sa 7e satire.
montreuil-bellay, ch.-l. de cant. (Maine-et-Loire), arr. et à 20 kil. S.- O. de Saumur, sur le Thouet; 1,929 hab. Ruines d’un château bâti par Foulques Nerra.
montreuil-sous-bois, vge (Seine), arr. et à 22 kil. N.- E. de Sceaux, à 16 kil. E. de Paris ; 6,721 hab. Culture très-importante de pêches renommées. Manufacture pour la fabrication des capsules de guerre. Fabr. de porce-1 laine, cuirs vernis , tuileries, fours à plâtre.
montreuil— sur— mer , Bragum monasterium, s.-préf. (Pas-de-Calais), à 74 kil. O.-N.-O. d’Arras, près de la rive dr. de la Canehe, à 15 kil. de son embouch. dans la Manche, et près du chemin de fer d’Amiens à Boulogne; 3,338 hab. Trib. de lre instance, collège. Fabr. de toiles, raffineries de sel. Pâtés de bécasses. Église S'-Saulve, du xive siècle. Citadelle (la place a été déclassée en 1867). — Poste militaire sous les Romains, cette ville avait, au IXe siècle, ses comtes particuliers; elle reçut une charte de commune en 1188. Le traité de Brétigny, 1360, la donna aux Anglais; Duguesclin la reprit en 1370. Les Impériaux s’en emparèrent en 1537.
MONTREVAULT, ch-1. de cant. (Maine-et-Loire), arr. et à 25 kil. N.-O. de Cholet, sur l’Erve; 812 hab. Marché aux bestiaux.
MONTREVEL, ch.-l. de cant. (Ain) arr. et à 18 kil. N.-O. de Bourg, sur la Reyssouse ; 919 hab.Comm.de grains et de bestiaux.
montrevel ( Le maréchal de). V. baume -montrevel (la).
MONTRICHARD , ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), arr. et à 32 kil. S.- S. -O. de Blois, sur la rive dr. du Cher; 2, 619 hab. Ruines d’un château-fort et d'anciennes murailles. Comm. de bois et de vins.
MONT-ROLAND, vge (Jura), arr. et à 6 kil. N. de Dole; 3.34 hab. Ruines d’une abbaye dont on attribuait la fondation à Roland, et d’une statue colossale de ce paladin.
MONTRICOUX , vge ( Tarn-et-Garonne ) , arr. et à 25 kil. E. de Montauban, sur une colline et près de la rive dr. de l’Aveyron ; 1,550 hab. Entouré de fortifications du moyen âge. Eglise et maison de Templiers. Exploit, de pierres de taille; commerce de grains, bestiaux, fruits.
MONTROSE ou MONTROSS (Jacques Graham, comte et duc de), né à Edimbourg en 1612, m. en 1650, servit d’abord dans le parti des Covenanlaires ; mais ayant été chargé d'une mission auprès de Charles Ie', il fut touché de son jffabilité, et défendit sa cause contre le Long-Parlement. En 1645, à la tête des royalistes d’Ecosse et d’Irlande, il battit lord Elcho à Perth, lord Burleigh à Aberdeen , le comte d’Argyle à Innerlochy, déposa les armes sur Tordre réitéré du roi, et se retira en France, puis en Allemagne, où il se distingua dans la guerre de Trente- Ans , et fut fait maréchal de l’Empire. A la mort de Charles Ier, il offrit ses services à Charles II, alors à La Haye, reçut quelques secours du roi de Danemark, de la reine Christine de Suède, duHolstein et du prince d’Orange, débarqua dans les Orcades, leva l’étendard royal sur les côtes du comté de Caithness, mais, attaqué à l’improviste par David Lesley, fut vaincu, livré par un de ses anciens officiers nommé Aston, conduit à Edimbourg, et, après mille outrages, condamné à être pendu, puis écartelé. Le cardinal de Retz a dit de lui : » C’est un de ces hommes qui ne se rencontrent plus dans le monde, et qu’on ne retrouve que dans Plutarque. » Walter Scott Ta mis en scène dans son roman de l officier de fortune. B.
montrose, v. et port d’Ecosse (Forfar), à 58 kil. S. -O. d’Aberdeen, sur une presqu’île à l’embouchure du South-Esk dans la mer du Nord; 13,400 hab. dans la paroisse. Douane; 2 phares. Pêche de saumons; armement pour la pêche de la baleine. Fréquentes communications avec Londres, Dundee, etc., par paquebots ; avec Edimbourg, par chemin de fer. Grande exportation de blé. Fahr. de toiles. Jolies résidences modernes au milieu de vieilles maisons. — Baliol y céda la couronne d’Ecosse à Edouard Ier, en 1296.
MONTROUGE (Le Grand), vge (Seine), à 6 kil. S. de Paris, arr. et à 7 kil. N. de Sceaux; 2,984 hab. Aux environs, immenses carrière: de pierres de taille t’étendant jusque sout, I «ris, et dans une partie desquelles sont les Catacombes. Fabriques de produits chimiques, carton-pâte,
MON
MÜO
toiles cirées, cuirs vernis, bougies, savons, colle forte, couleurs, etc. Tout auprès, fort construit en 1841, et qui fait partie des défenses de Paris.
MONTROUGE (Le Petit), anc. vge dépendant du précédent avant 1860, et depuis, réuni à Paris, 14' arroud. Hospice de La Rochefoucauld, fondé en 1781.
MONTS, ch.-l. de cant. (Vienne), arr. et à 16 kil. S.-E. de Loudun ; 802 liab.
MONT-SAINT-JEAN. V. Waterloo.
mont-saint-michel , vge (Manche), arr. et à 16 kil. S. -O. d’Avranches; 370 hab. Bâti sur un rocher isolé au fond de la baie de Cancale, au milieu de grèves mouvantes, à 50 mèt. au-dessus de l’Océan, et à 5 kil. de la côte ; entouré de hautes et épaisses murailles, flanquées de tours et de bastions. Les marées en font une île. Au-dessus du village, au sommet du rocher est le château, dominé par une antique église du Xe siècle : c’était une maison de force et de correction ; Napoléon III lui a enlevé cette destination. C’est là que Louis XI institua l’ordre de S'-Michel. — Mont-Saint-Michel fut assiégé en vain par les Anglais, en 1417 et en 1423.
mont-saint-vincent, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), arr. et à 38 kil. O. de Châlon-sur-Saône ; 392 hab.
MONT8ALVY, ch.-l. de cant. (Cantal), arr. et à 34 kil. Sud d’Aurillac ; 729 hab. Toiles grises, cire, châtaignes. Belle église gothique. Près de là, ruines du château de Mandulphe , et amas de blocs énormes , dit Mur du Diable.
MONTSAUCHE, ch.-l. de cant. (Nièvre), arr. et à 25 kil. N. de Château-Chinon ; 223 hab. — Près de là est le lac des Sellons, vaste réservoir de 400 hectares de superficie, et contenant 22 millions de mètres cubes d’eau, servant à grossir la Cure et l’Yonne pour le flottage et la navigation. Ce lac fut formé en 1855-58 dans la vallée marécageuse de la Cure, au moyen d’un barrage en granit de 271 mèt. de longueur sur 20 de hauteur.
MONTSCHAU. V. Montjoie.
MONTSERADO. V. Mesurado.
MONTSERRAT, île de l’océan Atlantique , un,, des petites Antilles, dans l’Amérique anglaise, à 42 kil. S. -O. d’ Antigua, 60 N. -O. de la Guadeloupe ; par 16° 471 35" lat, N., et 64° 32' 4" long. O.; 135,000 hect. ; 13 kil. sur 10; 7,000 hab. (dont 6,000 noirs). Ch.-l., Plymouth. Rhum, sucre. — Découverte par Christophe Colomb, 1493. Colonisée piar les Anglais en 1632.
montserrat, Mons Edulius ou Serratus, montagne d’Espagne i Catalogne |, prov. et à 40 kil. O. de Barcelone; 1,312 mèt. de hauteur. Ami-côte est un célèbre monastère de bénédictins.
MONTSOREAU, vge (Maine-et-Loire), arr. et à 13 kil. S.-E. de Saumur, sur la rive g. de la Loire; 376 hab. Ruines imposantes d’un château bâti au xve siècle.
MÜN T-SUR-LU1R. V. Chateau-dtt-Loir.
M0NTSURS, ch.-l: de cant. (Mayenne), arr. et à 21 kil. N.-E. de Laval ; 1,601 hab. Toiles, grains, bestiaux.
MONT-TERRIBLE , MONT-TONNERRE. V. Terrible, Tonnerre.
MONTUCLA (Jean-Etienne) , mathématicien, né à Lyon en 1725, m. en 1799, étudia chez les jésuites de sa ville natale, alla faire son droit à Toulouse, et se rendit ensuite à Paris, où il se lia avec les savants les plus connus, notamment avec Dalembert. Il travailla pendant quelques années à la Gazette de France, journal presque entièrement consacré alors à la littérature et aux sciences, publia ensuite une édition des Récréations mathématiques d’Ozanam, dont il fit un livre presque neuf , mais garda l’anonyme ; les éditions postérieures portent les initiales C. G. F. ( Chanla, géomètre forésien), du nom d’une propriété qui avait appartenu à sa famille. En 1754, il donna une Histoire des recherches sur la quadrature du cercle, in-12, nouv. édit, par Lacroix, 1830, in-8°, et, eu 1758, une Histoire des mathématiques, 2 vol. in-4°. Dans une deuxième édition, 1799-1809, 4 vol. in-8«, les 2 derniers volumes sont en grande partie l’œuvre de Lalande. L 'Histoire des mathématiques est un travail plein d’érudition , et propre à fournir de bons et utiles renseignements; mais il manque de cet esprit philosophique qui pourrait bien faire comprendre au lecteur les progrès successifs des mathématiques. La partie écrite par Lalande est inférieure à la lre. Montucla fut nommé secrétaire de l’intendance de Grenoble en 1761 ; trois ans après, il accompagna Turgot, chargé d’établir une colonie à Cayenne. A son retour, il devint Lcr commis des bâtiments de la couronne, puis censeur royal, fut ruiné par la Révolution, et devint associé à l’Institut. V.
MONTYON. V. Monthyon.
MONVEL (Jacques-Marie Boutet de), acteur et au-
teur dramatique, né à Lunéville en 1745, m. en 1811, est une des célébrités de la scène française. A 25 ans, il débuta, à Paris, dans le rôle A'Egisthe, et, pendant dix années, il eut , à côté de Molé, le plus grand succès dans les jeunes premiers de la tragédie et de la comédie. Forcé de quitter la France en 1781, par un ordre de police dont le motif n’est pas connu , il passa en Suède, où il devint lecteur du roi. Il était revenu à Paris en 1789; les principes démocratiques l’exaltèrent outre mesure ; plus tard , il gémit de ses entraînements, et le public les lui pardonna, quand il appliqua la perfection de son jeu à l’emploi des pères nobles et des raisonneurs. Ses meilleurs rôles étaient Don Diègue, du Cid , Auguste, de Cinna, l’Abbé de l’Epée, dans le drame de ce nom. 11 se retira en 1806. Monvel obtint aussi de légitimes succès, comme auteur, dans la comédie, le drame et l’opéra-comique. On a de lui 26 pièces, un roman historique, Frédégonde et Brunehaut , et des poésies fugitives. Ses principales œuvres de théâtre , auj . à peu près oubliées, malgré le succès qu’elles eurent dans le temps, sont : l'Amant bourru, comédie en 3 actes et en vers libres, 1777 ; les Victimes cloîtrées, drame en 4 actes, en prose, 1791, qui dut aux circonstances une vogue prodigieuse; Biaise et Babet , 1783; Sargines, 1788; Roméo ei Juliette, 1792, etc., opéras-comiques. Il fut, sous l’Empire, professeur au Conservatoire de musique et de déclamation , et membre de la 4e classe de l’Institut. MUe Mars était sa fille. J. T.
MONVILLE , vge (Seine-Infér.), arr. et à 16 kil. N. de Rouen, sur le chemin de fer de Rouen à Dieppe ; 1 ,522 hab. Filatures de coton , fabr. d’indiennes. Dévasté par une trombe en 1845.
MONZA, anc. Mogontia, v. du royaume d’Italie, située sur le Lambro, dans la province et à 17 kil. N. -N.-E. de Milan; 15,600 hab. Fondée au vie siècle par la reine Théodelinde. Chemin de fer pour Milan. Fabr. de calicots, rouenneries, chapeaux de feutre. Cathédrale gothique de S1- Jean, du xive siècle, où l’on conserve la couronne de fer des rois lombards. Ruines d’un palais de Frédéric Barberousse. Aux environs, palais d’été du roi, avec parc et jardin botanique.
MOOK ou MOOKER, vge du royaume de Hollande (Limbourg), à 65 kil. N. de Ruremonde. Victoire des Espagnols sur Louis et Henri de Nassau, qui furent tués, en 1574.
MOORAT (Samuel MEGUERDITCH- ) , célèbre arménien, né à Tokat (Asie Mineure) en 1760, m. à Madras en 1816, fit ses études chez les Mékhitaristes de Venise, puis se rendit aux Indes, où il fit une fortune considérable. Il en destina par testament une partie à l’éducation des enfants pauvres de sa nation , sous la direction des Mékhitaristes. L’établissement , qui fut fondé en 1834, à Padoue, a été transféré à Paris en 1846. Il est consacré exclusivement aux Arméniens, qui reçoivent l’éducation la plus convenable aux besoins de leur pays et aux progrès des sciences en Europe. On y enseigne, outre les langues orientales, le français, l’anglais, l’histoire et la littérature universelles, les sciences et les beaux-arts. C — A.
MOORE (John), médecin et littérateur écossais, né à Stirling en 1730, m. en 1802, fut employé dans les hôpitaux militaires de Maestricht et de Flessingue, 1747-8, alla compléter ses études à Londres et à Paris, exerça son art à Glasgow, puis voyagea sur le continent avec un fils de la duchesse d’Argyle. On a de lui : Coup d’œil sur la société et les moeurs en France, en Suisse et en Allemagne, 1779, 2 vol. in-8° ; Coup d’œil sur la société et les mœurs en Italie, 1781, 2 vol. in-8° (ces deux ouvrages ont été traduits en français par H. Rieu, Genève, 1799, 4 vol. in-8°, et le 1er seulement par Mlle de Fontenay, sous le-titre de Voyage de John Moore en France, etc., 1806, 2 vol. in-8°); deux romans, Zeluco et Edouard, trad. par Cantwell , l’un en 1796, 4 vol. in-18, l’autre en 1797, 3 vol. in-12; Vues des causes et des progrès de la Révolution française, 1795 , 2 vol. in-8», etc.
moore (sir John), général anglais, fils du précédent, né à Glasgow en 1761, m. en 1809, servit dans la guerre d’Amérique, fut député au parlement après la paix de 1783, prit part à l’expédition contre la Corse, 1794, devint en 1796 gouverneur de Sle-Lucie, dut rentrer en Angleterre pour rétablir sa santé altérée par un climat malsain , se distingua dans les troubles de l’Irlande, où il fut nommé major -général , 1799, assista avec gloire à la bataille d’Aboukir et à la prise d’Alexandrie. Il fut chargé, en 1808 , de soutenir avec un corps d’armée de 1 0,000 hommes, le roi de Suède attaqué par la France, le Danemark et la Russie, puis envoyé en Espagne comme général en chef. Le manque d’union et d’entente entre les officiers anglais
MOR
et espagnols, empêcha Moore de marcher en avant; obligé, après la défaite de ses lieutenants, d’opérer sa retraite devant le maréchal Soult, il fut atteint au port de la Corogne, au moment de s’embarquer, obligé de livrer bataille, et tué en combattant avec la plus grande valeur.
moore (Thomas), célèbre poète anglais, né à Dublin en 1780, m. en 1852, fit ses études à l’université de sa ville natale , entra au barreau, et débuta dans la carrière des lettres dès 1800, par une traduction, en vers anglais, d'Anacréon, publiée sous le pseudonyme de Thomas Little, et qui obtint un très-grand succès. Nommé secrétaire de l’Amirauté aux îles Bermudes, il en prit occasion pour visiter l’Amérique du Nord, et fit paraître, à son retour, un livre sur les mœurs américaines. Pendant quelques années, il publia des brochures ou des poèmes satiriques, dans lesquels il se moquait des travers contemporains, avec malice et gaieté, mais sans attirer sur lui une bien vive attention. Mais les Mélodies irlandaises ( trad. en français par Mme L. Belloc), écrites pour des airs déjà populaires, ou dont il composa lui-même la musique, révélèrent à l’Irlande un poète plein de patriotisme, de chaleur et de sensibilité. La réputation de Moore fut consacrée par deux poèmes romantiques, tout pleins d’imaginations orientales, que revêtent les couleurs les plus éclatantes du style : Lolla Rookh , 1817, trad. en français par A. Pichot, et les Amours des anges, 1823, trad. en prose française par Davésiés de Pontés et par Mme Belloc, 1823, en vers par E. A roux, 1829, et par Moutardier, 1830. Le sujet de ce dernier poème est pris dans le 2e verset du eliap. vi de la Genèse : .< Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils prirent pour femmes celles qui leur plurent. » Moore voulut aussi donner, sous la forme du roman , un tableau de la lutte du christianisme naissant contre le paganisme expirant ; cet ouvrage, intitulé : l' épicurien , 1827, trad. en français par A. Renouard et par Mme Aragon , eut du succès , malgré les formes prétentieuses du style. S’engageant même dans la polémique religieuse, Moore écrivit les Voyages d'un gentilhomme irlandais à la recherche d’une religion, 1833, 2 vol., trad. en français par l’abbé Didon. On doit attacher plus d’importance à ses travaux historiques, qui sont : Mémoires du capitaine Rock, 1829, trad. en français par L. Nachet, peinture fidèle de l’état de l’Irlande; Mémoires de lord Edward Fitzgerald , 1831 , 2 vol.; l’histoire de l’Irlande, dans l 'Encyclopédie de Lardner; Vie de Sheridan, trad. en français par J. -T. Parisot, 1826, 2 vol. in-8°. Moore avait enfin reçu de lord Byron , son ami , le soin de publier ses Mémoires ; mais il se laissa gagner par des sollicitations intéressées, ne fit imprimer que des lambeaux sous le titre de Journal de lord Byron, trad. en français par M1»0 Belloc, 1830, et par M. Paulin Paris, 1832, et consentit à la destruction du manuscrit. Ses OEuvres poétiques ont été réunies à Loudres, 1840-42, 10 vol. in-8®.
MOORSLEDE, v. de Belgique (Flandre occidentale), à 15 kil. E.-N.-E. d’Ypres; 6,400 hab. Fabr. de toiles dites ; de Courtrai. Ecole de sourds-muets.
MOORZEELE , v. de Belgique ( Flandre occidentale ), à 5 kil. O. de Courtrai ; 4,300 hab. Toiles dites de Courtrai.
MOOSE-RIVER, riv. de l’Amérique du Nord (Nouvelle- Bretagne) , sort du lac Misinake, et se jette dans la baie j d’Hudson. Cours de 450 kil. au N -E.
MOOUI, en anglais Mowi , île du Grand-Océan, la seconde en grandeur du groupe des Sandwich ; ch.-l. Ralieina; superf., 153,720 hect. ; 17,420 hab. Sol montagneux, mais fertile.
MOPSUCRÈNE, c.-à-d. fontaine de Mopsus , anc. ville I d’Asie Mineure; (Cilicie des Plaines) , près de Tarse, et au ! pied du Tanrus. L’empereur Constance y mourut, en 361.
MOPSUESTE, c.-à-d. autel de Mopsus , auj. Messis , , anc. v. d’Asie-RIineure (Cilicie des Plaines) , sui le Pyramus, au N. de Malle et au S. d’Anazarbe , devait, dit-on, son nom à un oracle de Mopsus. Embellie par l'empereur Adrien. Patrie de Théodore deMopsueste. 11 y eut un évêché an Ve siècle.
MOPSL'S, devin, fils d’Apollon et de Manto , prêtre à Claros, lutta avec Calchas pour l’excellence de son art, et fut vainqueur. 11 périt en combattant Amphiloque. Honoré comme un demi-dieu après sa mort, il eut un oracle à Malle en Cilicie. — Un autre devin du même nom accompagna les Argonautes dans leur expédition.
MUTUEL Uô, v. du Pérou, à 154 kil. S.-S.-E. d’Arequipa, au pied des Andes; 3,000 hab. — Prov. V. Suppléai.
MORA , v. d’Espagne (Aragon), prov. et à 33 kil. E.-S.-E. de Téruel ; 5,100 hab. Fabr. de lainages.
mora, v. d’Espagne (Nouvelle-Castille), prov. et à 31 kil. S.-E. de Tolède; 6,700 hab. Savon, passementerie.
MOR
37ldfAN V- d’EspaKne (Cata'ogneï, prov. et à
MOllABAD. V. MoRADABAD.
MORABIN | Jacques) , érudit et philologue, né à La Flèche vers 1695, m. à Paris en 1762, fut docteur de la Faculté de Navarre , et secrétaire du lieutenant de police de Paris. 11 protégea la jeunesse indigente de Chamfort. On a de lui des traductions estimables, mais sèchement écrites, de quelques ouvrages de Cicéron, du Traité des Lois, 1719 ; du Brulus, 1722; et du traité apocryphe de la Consolation, 1729. 11 a composé d’original : Histoire de l’exil de Cicéron, 1725, in— 12 ; Histoire de Cicéron, 1745, 2 vol. in-4°; Nomenclator ciceronianus , 1757, in-12.
MORADABAD ou MORABAD , v. de l’Hindoustan anglais (prov. Nord-Ouest), sur la Ramganga , à 168 kil. Ë.-N.-E. de Delhi. Ch.-l. d’un district de 1,500,000 hab.
MORAES (Francisco), romancier portugais du xvie siècle, né à Braga, assassiné à Evora , fut attaché à l’ambassade que Jean 111 envoya auprès delà cour de France. Il est auteur d’un roman célèbre, Palmerin, où il y a de 1 imagination et du style, et que continua Diego Fernandez.
MORAL-DE-CALATRAVA , v, d'Espagne (Manche), prov. et à 20 kil. de Ciudad-Real ; anc. commanderie de l’ordre de Calatrava. Pop. de la commune : 5,900 hab.
MORALES (Christoforo ) , célèbre musicien , né à Séville au commencement du xvie siècle , chantre à la chapelle pontificale sous Paul III, est un des meilleurs compositeurs dans le genre religieux parmi les prédécesseursde Palestrina. On a de lui des messes et des motets.
morales (Louis), peintre espagnol, né à Badajoz en 1509, m. en 1586 ou 1590, fut surnommé le Divin, soit parce qu’il ne peignit que des sujets sacrés , soit à cause de son admirable talent. On possède de lui un grand nombre d’ouvrages : un style sévère les distingue. C’était un homme patient, qui travaillait avec le plus grand soin, mais traçait durement ses contours, et ne se préoccupait guère de l’harmonie des lignes. Il savait parfaitement dégrader et fondre ses teintes ; mais il excelle surtout dans l’expression de la douleur. Le Louvre a de lui un beau christ couronné d’épines et portant sa croix. Philippe II l’ayant mandé pour travailler à la décoration de l’Eseurial , l’artiste déploya un tel luxe , que le monarque oflfensé le renvoya chez lui. Mais le goût du public changea : une profonde misère remplaça le faste insensé de Mc"~îlès. En 1581 , le roi lui fit une pension de 300 ducats. A. M.
morales (Ambrosio) , historiographe de Philippe H, né à Cordoue en 1513 , m. en 1590, embrassa l'état ecclésiastique, et enseigna les belles-lettres à Alcala. On lui doit: une continuation de la Chronique d’Ocampo, Alcala, 1574-77 , et Cordoue , 1586 , 3 vol. in-fol. , véritable étude de style; un Voyage dans les royaumes de Léon , de Galice et des Asturies, Madrid, 1765, in-fol.; des Antiquités des villes d'Espagne, Cordoue, 1565; et des dissertations philosophiques estimées. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Madrid , 1791-92.
MORALITÉS , nom donné, pendant le moyen âge, d’abord à des poèmes imaginés ou traduits des anciens, et contenant des enseignements utiles , à des légendes et à des Vies de saints versifiées, et même à des sermons, puis à certaines pièces destinées à la représentation théâtrale, et dont les personnages, presque toujours allégoriques, se proposaient dans leurs dialogues un but d'instruction. On joua fort longtemps ce genre de pièces hors de Paris, du côté de Sl-Denis , dans un hospice de la Trinité,
MORAND (Sauveur-François), chirurgien, néàParisen 1697, m. en 1773, devint 1er chirurgien de la Charité en 1730, puis de l’Hôtel des Invalides , et membre de l’Académie de chirurgie. Il contribua beaucoup aux progrès de ia chirurgie en France; il alla étudier à Londres le procédé de Cheselden pour l’opération de la taille, l’adopta, et le simplifia. Il a laissé : Traité de la taille au haut appareil, Paris, 1728, in-12; Recueil d'expériences et d’observations sur la pierre, 1743, 2 vol. in-12; Opuscules de chirurgie, 1768-72 , 2 part. in-4°. D — G.
mokand (Pierre de), poète dramatique, né à Arles en 1701 , m. en 1757 , vint à Paris en 1731 , fut reçu avocat au parlement en 1739, mair je livra tout entier aux études littéraires. Il écrivit des pièces et des prologues pour le théâtre de la duchesse du Maine. Ses principales compositions sont: Téylis, 1735; Childéric , 1736, tragédies jouées avec succès au Théâtre-Français; VEspril de divorce, comédie, 1738; les Peines de l’amour, et les Travaux d' Hercule, ballets héroïques. Toutes ses Œuvres ont été imprimées sous ce titre : Théâtre et OEuvres diverses de Morand, Paris, 1751 , 3 vol. in-12. 11 a été, avec Rousseau de Toulouse et
MOR