‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 179 sur 864 · NEE · texte numérisé non relu

NEE

forme de discours, sur des sujets de l’Ecriture sainte, ouvrage écrit souvent avec onction ; Dernières vues de politique cl de finances, 1H02, livre dirigé contre le gouvernement consulaire, etc. Il a laissé encore deux opuscules fort spirituels : le Bonheur des sots, persiflage où 'il développe ce thème : •• que, pour être heureux, il faut être un sot ; » et Fragments sur quelques usages de la société française en 1786. Le style de Neeker, en général, est fin , abstrait, et frappe rarement l’imagination ; •• c’est une langue qu’il ne faut pas parler, disait Joubert, mais qu’il faut s’appliquer à entendre, si l’on ne veut, pas être privé de l’intelligence d’une multitude de pensées utiles, importantes, grandes et neuves. » K. M. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. vu, 1853, in-12. Neeker eut po.ur fille la célèbre Mme de Staël ( V. ce mol ).

necker ( Susanne Curchod de Nasse, Mme ) , femme du précédent, née en 1739, d’une famille de Provence réfugiée en Suisse lors de la révocation de l’édit de Nantes, m. en 1794, épousa Necker en 1764. Elle fut célèbre par son instruction, son esprit, ses vertus et sa bienfaisance ; on lui doit la fondation de l’hospice Necker à Paris. Elle a laissé des Réllexions sur le divorce, 1794, plaidoyer plein de délicatesse, et quelquefois d’éloquence, contre le divorce. Après sa mort on a publié des Mélanges, tirés de ses papiers, 5 v. in-8", où la pureté de la morale s’unit à la finesse des aperçus, et des Lettres diverses, Genève, 1821.

NECKER DE SAUSSURE (Mme). V. SAUSSURE.

NÈCllOLOGE ou OBITUAIRE, registre d’une église Ou d’un monastère, où l’on marquait les noms des bienfaiteurs, la mort des abbés, prieurs, religieux, chanoines, dignitaires, etc.

NECROMANCIE, art prétendu d’évoquer les morts pour avoir connaissance de l’avenir. Moïse en défendit les pratiques aux Hébreux, et la pythonisse d’Endor fit apparaître l’ombre de Samuel à Saiil. Dans l’Odyssée, Ulysse évoque l’ombre de Tivésias. Le plus jeune des fils de Pompée recourut à la nécromancie pour connaître l’issue de la bataille de Pharsale.

NÉCROPOLES, c.-à-d. villes des morts, vastes tombeaux creusés sous terre, particulièrement en usage dans l’Egypte ancienne. C’est surtout dans les montagnes de la Thébaide que se trouvent ces immenses excavations, destinées aux sépultures royales, et dont l’entrée, fermée avec soin, était figurée par un simulacre de portique taillé dans le roc. De longues galeries conduisaient à la salle principale renfermant les restes du roi défunt, et les parois de cette salle, aussi bien que toutes les autres parties intérieures de l’excavation , étaient couvertes de sculptures et d’hiéroglyphes se rapportant à la vie et à la mort du prince qui y avait choisi son tombeau. Le plus remarquable de ces monuments est celui qui est consacré à Ménephtha Ier, onzième roi de la 18e dynastie, et dont Belzoni a donné la description. On trouve aussi dans la Moyenne et la Basse- Egypte un certain nombre de nécropoles, dont plusieurs étaient destinées à la sépulture de simples particuliers. L’Arâbie-Pétrée, la Cyrénaïque et l’ancienne Etrurie possèdent encore des restes de ces tombeaux souterrains, renfermant des peintures et des sculptures intéressantes pour l’histoire de l’art.

NECTAIRE (SAINT-), dit aussi La Ferté-Sennelerre ou Senecterre, vge (Puy-de-Dôme), arr. et à 28 kil. N. -O. d’Issoire; 1,340 hab. Sources minérales incrustantes. Fromages estimés. Eglise remarquable. Aux environs, grottes de Jaunns et château de Murols.

NECTANËBUS, nom de deux rois d’Egypte : le premier, de 375 à 363 av. J.-C., battit 20,000 Grecs commandés par Iphicrate, et 200,000 Perses conduits par Pharnabaze; le 2e, petit fils du précédent, fut aidé par Agésilas, roi de Sparte, contre Taehos, qu’il vainquit en 361, fut défait à son tour en 354 par Ochus, roi de Perse, et se réfugia en Ethiopie, où il mourut vers 350.

NECTAR, boisson des dieux, selon les anc. poëtes. De couleur rouge comme le vin terrestre, les immortels le coupaient aussi avec de l’eau. Plus tard , le nectar devint la nourriture des dieux et l’ambroisie leur breuvage. Il conférait aux mortels l’immortalité des dieux mêmes.

NÉDA (SAINT-NICOLAS-DE-). V. Nicolas.

neda, anc. riv. d’Arcadie, descendait du Lycée, et séparait les Messéniens des Eléens du côté de la mer.

NED.JED ou NADJD, région d’Arabie ( V. ce mot).

NEDEN.ES, amt de Norvège, dans le stift de Christianband; 11,718 kil. car.; 60,000 hab.; v. principales: Osterriisôr et Arendal.

NEDROMA, lieu d’Algérie (Oran), à 53 kil. N.-E. de Tlemcen, à 13 kil. de la mer. Belles ruines.

NEEDHAM (Marchamont), publiciste anglais, né à

Burford (Oxford), m. en 1678, entreprit, en 1643, le Mercurius britannicus, journal hebdomadaire d’opinions libérales. En 1647, offensé par un républicain, il se fit royaliste, et son journal prit le nom de Mercurius pragmalicus , sous Cromwell, il sortit de la prison de Newgate pour prendre la rédaction du Mercurius politicus, journal républicain , qui fut supprimé en 1660, à l’avénement de Charles II. Needham exerça ensuite la médecine, et devint habile praticien. Il a publié : une traduction du Mare ctausum de Selden, Londres, 1652 et 1662 ; un Discours louchant la supériorité d'un Etat libre sur le gouvernement monarchique, 1650 et 1767, traduit en franç. par Théophile Mandar en 1791 ; Medela m edicinœ, 1665, livre plein de paradoxes.

needham (Jean Turberville), physicien anglais, né à Londres en 1713, m. en 1781, fut élevé au collège anglais de Douai, y professa la rhétorique, fut ordonné prêtre à Cambrai, reçut en Angleterre la direction de l’école de Twyford en 1740, et, en 1744, fut envoyé au collège anglais de Lisbonne. Collaborateur de Buflbn, il fut admis, en 1747, à la Société royale de Londres, puis chargé d’organiser à Bruxelles l’Académie fondée par l’impératrice Marie-Thérèse, qui lui donna le canonieat de Soignies (Ilainaut). En voulant réfuter quelques objections de Voltaire contre les miracles, il s’attira les sarcasmes de cet écrivain, et, par ses Nouvelles découvertes microscojiiques, 1745, où il développe un système qui tend au matérialisme, il prêta des armes aux incrédules. Cet ouvrage a été traduit en français sous le titre de Découvertes [ailes avec le microscope, Leyde, 1747, in-12, avec un Mémoire sur les polypes, par Trembley, et sous celui de Nouvelles observations microscopiques, par Lavirotte, Paris, 1750, in-12, avec 7 planches.

NEEFS (Pierre), le Vieux, peintre, né à Anvers dans la 2e moitié du xvie siècle, fut élève de Vau Steenwyck, et fit une étude particulière de l’architecture et de la perspective. Ses ouvrages sont d’un fini extraordinaire. Les monuments les plus vastes, les plus riches, n’effrayaient point l’habile dessinateur; il rend la perspective d'une manière admirable, et ne distribue pas avec moins de science et d’adresse la lumière du jour et les lueurs des flambeaux. Son coloris est si transparent, que l’on distingue jusqu’aux plus délicates moulures dans les ombres les plus épaisses. David Téniers, Breughel de Velours, Sébastien et François Franck, Van Thulden et quelques autres artistes l’aidaient à exécuter ses nombreux personnages. Le musée du Louvre possède 5 toiles de sa main. A. M.

neefs ( Pierre-Martin), le Jeune, peintre, né à Anvers en 1601 , m. en 1658 , suivit les traces de son père, adopta ses sujets et son style, mais ne fut jamais son égal. A. M.

NÉEL (Louis-Balthasar), littérateur, né à Rouen, m. en 1754, a laissé, outre des poésies médiocres: Voyage de Paris à St-Cloud par mer, et Retour de Sl-Cloud à Paris par terre, 1751, écrit avec esprit et gaieté; Histoire du maréchal de Saxe , Mitau, 1752; Histoire de Louis, duc d'Orléans, I ils du Régent, 1753.

NEER ( Aart ou Arnould Van der), peintre hollandais du xvne siècle, dont on ignore le lieu et la date de naissance et de mort, résida presque toujours à Amsterdam. La plupart de ses tableaux retracent les environs de cette grande cité , ou des paysages placés entre sa banlieue et Utrecht. Nul n’a mieux rendu que lui les effets du clair de lune; une rivière occupe habituellement le milieu de ses toiles : des barques , des vaisseaux y glissent ou y stationnent; des arbres , des villages en garnissent les bords, et de petites figures les animent. La délicatesse de la touche , la finesse de la couleur et l’harmonie de l’ensemble ne sauraient être trop louées. Aliamet, Basan, Miller, Le Bas, Wood , ont gravé ses compositions. A. M.

neer (Eglon van der) , peintre, fils du précédent, né à Amsterdam en 1643 , m. à Dusseldorf en 1703 , eut pour maîtres son père et Jacques Vanloo, et alla fort jeune en France, où le comte de Ûohna le prit à son service. Six ans après, il retourna en Hollande, et se fixa à R tterdam. Le roi d Espagne le nomma son peintre officiel. Outre le portrait de grande et de petite dimension, Van der Neer peignait parfaitement le paysage. Toutefois son talent principal consistait à reproduire des scènes d'intérieur : il imitait, aussi habilement que Gérard Terburg , le damas, le satin, le velours, les tapis , les fourrures, les objets d’or et d’argent. Il avait aussi une façon très agréable de peindre le nu. A. M.

NEERLANDE, nom donné, en 1815, au royaume des Pays-Bas (Hollande et Belgique), et qui ne désigne plus que le royaume de Hollande.

NEERWINDEN ou NERW1NDE , vge de Belgique

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