NEC — 1896 — NEC
sans doute dans la Crau, et dont le nom paraît se retrouver dans celui de Berrc.
NÉARQUE , capitaine d’Alexandre le Grand , célèbre par le périple ou journal de navigation des côtes de la mer Erythrée, entre l’Jndus et le Pasitigris. Né en Crète dans la première moitié du ive siècle av. J.-C.„ et établi à Amphipolis, il fut l’ami d’Alexandre dès sa jeunesse, prit part à la conquête de l’Asie, devint amiral de la flotte créée sur l'indus, fut magnifiquement récompensé du résultat heureux de son exploration, et devait en faire une nouvelle dans le golfe Arabique, quand Alexandre mourut. Justin et Diodore donnent à penser qu’il devint, en 323, satrape de Pamphylie et de Lydie, se déclara pour Hercule, fils de Barsine, et suivit le parti d’Antigone. L’époque et le lieu de sa mort sont inconnus. Arrien , dans ses Indiques, nous a transmis un extrait du périple de Néarque, journal de la première exploration faite par les Grecs dans la mer Erythrée. Dodvvell , Huet et le P. Hardouin en ont nié l'authenticité; Banville, Rennell , Mannert, W. Vincent, Gossellin, Sainte-Croix, Humboldt, l’ont démontrée formellement par l'identité des indications de Néarque et des observations modernes. Néarque descendit l’Hydaspe et l'indus, avec Alexandre, depuis Nicée jusqu’à Patala. Aux bouches de l'indus se révéla le phénomène du flux et du reflux , observé antérieurement dans l’Océan par Colæus de Samos, et dont la connaissance ne fut plus perdue; il en fut de même de celle des moussons [vents étésiens d’Arrien|, sur lesquelles Néarque régla son départ. De Xylénopolis, il dirigea sa flotte vers l’O., reconnut le pays des Arabiles (Syndliy), celui des Oriles (Bé’outchistan oriental), la Gédrosie, peuplée de misérables Ichthyophages (Béloutebistan occidental et S.-E. de la Perse), enfin la Caramanie (Perse). Cette navigation dura 145 jours (d’octobre 326 à février 325). Inspirée par une grande pensée politique, celle d’ouvrir et de faciliter les relations commerciales de l’Inde avec Babylone d'abord, et plus tard avec Alexandrie, origine lointaine d’une des principales routes maritimes des temps modernes, elle fut étudiée avec fruit par les princes, les historiens et les géographes jusqu’à la fin du 2e siècle de notre ère; elle servit à guider les explorations modernes des Portugais et des Anglais. Le journal de Néarque est rempli d’observations nautiques, géographiques et physiques, de remarques trèsjustes sur les localités et les mœurs. V. W. Vincent, le Voyage de Néarque, Londres, 17y7, in-4°, traduit en français par Billecoq, Paris, 1800. A. C.
NEATH, anc. Nidum, v. d’Angleterre, dans le comté de Glamorgan (Galles S.), port sur la Neath, à 11 kil. E.-N.-E. de Swansea ; 4,970 hab. dans la paroisse. Restes d’un château et d’une abbaye du xne siècle. Houille, cuivre, fer.
NÉ A U F LES-SUR-RILLE , vge (Eure).arr. et à 45 kil. S.-O. d’Evreux; 546 hab. Fonderies, lamineries, tréfilerie de laiton et cuivre en barreaux et planches.
néaufles-saint-m artin , vge ( Eure ) , arr. et à 25 kil. É.-N -E. des Andelys, sur l’Épte ; 837 hab. Anc. seigneurie. Quelques ruines d’un château-fort.
NEAUPHLE-LE-CHATEAU , vge (Seine-et-Oise), arr. et à 25 kil. N.-N.-E. de Rambouillet; 1,262 hab.
NÈAUX, v. des Etats prussiens. V. Eupen.
NÉBO, auj. Djebel Néba, mont, de Palestine, dans la Priée, à l'E. du Jourdain et chez les Moabites, faisait partie des monts Abarim. Moïse y mourut , en contemplant de loin la Terre-Promise, où il ne pouvait entrer.
neiîo ou nabo , dieu assyrien à tête de chien. Selon S1 Jérôme, on attribuait à son idole le don de divination.
NEBOUZAN, Nebusanus ager , petit pays de l’auo. France (Armagnac et Béarn), compris dans le gvt de Guiënne-et-Gascogne ; ch.-l., Saint-Guudens. 11 est réparti auj. dans les départ, de la Haute-Garonue et des Hautes- Pyrénées.
NEBkASKA, riv. de l'Amérique du N., appelée aussi Plu lie , est formée de deux grandes branches qui naissent aux Montagnes -Rocheuses. Elle arrose les territoires de Nehaska et de Colorado, et se jette dans le Missouri à Plattsmouth. — Nebraska (Etat du). V. Suppléai.
NEBR1SSA, nom anc. de Lebiuxa.
NÉBRODES (Monts), chaîne de montagnes de la Sicile ancienne, dans le N., à l’O. des monts Héréens.
NÉCESSITÉ (La), Neccssilas, en grec ’Avx-pcvi, déesse allégorique des anciens, fille de la Fortune selon quelques poètes. Platon lui donne un fuseau de diamant qui , de ses deux extrémités, touche le ciel et la terre, et que tournent les Parques. Horace la peint avec un marteau , des coins, etc. La Nécessité avait un temple à Corinthe.
NÉCHAO , roi d’Egypte, 617-601 av. J.-C., fils de
Psammétique, commença un canal du Nil à ',a mer Rouge, chargea des navigateurs Phéniciens de faire le tour dé l’Afrique d’orient en occident, entreprit la guerre contre Nabopolassar, roi de Babylone, vainquit sur sa route, à Mageddo, Josias, roi de Juda, 609, prit Carchémis sur l’Euphrate, mais fut battu à son tour par Nabuchodonosor II , et perdit toutes ses conquêtes.
NECKAR ou NECKER, en latin Nicer, Nicaru , riv. d’Allemagne, a sa source dans le Wurtemberg, au vge de Schwenningen , dans la Forêt-Noire, coule au N., au N.-E. et à l’O. , passe du Wurtemberg dans le duché de Bade, arrose Rottweil, Rottenburg, Tubingue, Esslingen, Kanstadt, Heilbronn, Heidelberg, et se jette dans le Rhin, rive dr., à Manheim. Cours de 425 kil. La navigation, arrêtée autrefois à Heilbronn, remonte maintenant jusqu’à Kanstadt par le canal de Wilhelm.
neckar (Cercle du), l'un des 4 du roy. de Wurtemberg, au N. -O., entre ceux du Danube et de l’iaxt à l’E., de la lorèt-Noire au S., et le grand duché de Bade au N. et à l’O . ; 499,007 hab. Ch.-l., Ludwigsbourg . — l.e Neckar donnait aussi son nom à l’un des 6 anc. cercles du gr.duché de Bade; ch.-l., Manheim.
NECKARSULM, v. du Wurtemberg, au confl. du Neckar et de la Sulm, à 45 kil. de Stuttgard; 2,400 hab. Jadis commanderie de l’Ordre Teutonique.
NECKER (Jacques), ministre de Louis XVI, né à Genève en 1732, m. en 1804, vint jeune à Paris, où il gagna une fortune brillante comme banquier ; nommé résident de la république de Genève auprès de la cour de France, il eut, avec le duc de Choiseul, des rapports qui le firent avantageusement connaître. Appelé au syndicat de la Compagnie française des Indes, il ne put en prévenir la ruine en 1770. Quelques écrits ( Eloge de Colbert, couronné par l’Académie française ; Essai sur la législation el le commerce des grains, 1775), dans lesquels il se montrait fortement préoccupé des intérêts et des besoins du peuple, et la recommandation du marquis de Pezay, lui ouvrirent, en 1776, l’administration des finances. D’abord directeur du Trésor public et conseiller-adjoint au contrôleur-général Taboureau, puis directeur-général des finances en juillet 1777, il entreprit de rétablir le crédit de l’Etat, à force d’ordre, d’économie , et par la publicité de ses opérations. Il diminua le droit de main-morte et la taille, releva la confiance en assurant les intérêts des emprunts, dont il fut du reste très-sobre, et créa, en 1778, dans le Berry et le Rouergue seulement, et à titre d’essai, des administrations provinciales, déjà imaginées par Turgot sous le nom de Municipalités. Il diminua le nombre ou réduisit les bénéfices des trésoriers, receveurs et fermiers généraux, mit un frein aux prodigalités de la cour, fit rentrer les domaines illégalement aliénés, travailla à la suppression des corvées et des péages, établit pour le sel un prix uniforme dans tout le royaume, créa une Caisse d'escompte, qui fut l’origine de la Banque de France, et institua le Mont-de- Piété de Paris. En 1781, il publia son Compte-rendu au roi ( V. ce mot ), où la recette annuelle excédait de 10 millions la dépense ordinaire : la routine, les passions intéressées, lui reprochèrent de divulguer ainsi les actes administratifs, et en mai il se retira devant les intrigues île cour. En 1784, il publia un nouvel ouvrage : Administration des finances , qui initia le pays aux sciences économiques. Les fautes de ses successeurs (Joly de Fleury, Calonne, Brienne), la pénurie du Trésor, le discrédit des effets publics, la disette des vivres, l’agitation des provinces, contraignirent Louis XVI de le rappeler, en août 1788, et, en un jour, les fonds remontèrent de 30 p. 100. Neeker contribua à taire décréter la double représentation du tiers aux Etats-généraux. La cour obtint de nouveau son éloignement, le 11 juillet 1789. Ce fut le signal d’un soulèvement dans Paris, de l’incendie des barrières, de l’attaque et de la prise de la Bastille. Rappelé au mois d’août suivant, avec le titre de 1er ministre des finances, au milieu de l'enthousiasme général, Neeker ne tarda pas à reconnaître son impuissance : dépassé par les agitateurs des clubs, et ne pouvant déterminer le roi à employer les débris de son autorité pour contenir la Révolution , il donna sa démission en sept. 1790, et se retira dans sa terre de Coppet, (Suisse!. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Paris, 1822, 17 vol. in-8°. On y remarque : De l’importance des idées religieuses, livre rempli de pensées élevées ou fines, et qui est écrit contre les athées ; Du pouvoir exécutif dans les grands Etats, 1791, où l’on trouve, en général, une bonne théorie du gouvernement; De l'administration de M. NecUer, par luimême, 1791, apologie de son administration aussitôt après sa chute définitive du ministère ; Cours de morale religieuse, 1800, 3 vol. in-8°, espèce d’instruction pastorale, sous