NICÉPHORE GRÉGORAS. V. GRÉGORAS
NICEPIIORIUM , anc. v. de Mésopotamie (Osroène), au confl. de l’Euphrate et du Billica (auj. Belès), fondée par Alexandre le Grand, se nomma plus tard Callinicum, Constantinopolis et Leontopolis. Auj. Racca.
NICEPHORIUS , nom anc. du khabour.
NICER, nom latin du neckar.
NICERON ( Jean- Pierre ) , Barnabite, né à Paris en 1685, m. en 1738 , professa les humanités et la rhétorique dans différents collèges, et renonça à l’enseignement pour se consacrer tout eutier à l’ouvrage qui lui a donné sa réputation : Mémoires pour servir à l’histoire des hommes illustres de la république des lettres, avec un catalogue raisonné de leurs ouvrages, Paris, 1727-45, 43 vol. in-12, dont les 4 derniers ont été publiés par le P. Oudin , Michault et l’abbé Goujet. C’est un livre médiocrement exécuté, mais utile; tous les biographes y ont pu'sé.
NICÉTAS ACOM1NATUS , dit Chômâtes , c.-à-d. de Chonæ (Colosses) en Phrygie, m. en 1216. Après avoir occupé plusieurs charges à la cour, il fut témoin de la prise de Constantinople par les Latins en 1204, et se retira à Nicée, où il composa des Annales en 21 livres, de 1118 à 1206. Elles ont été publiées avec traduction latine par Jérôme Wolf, Bâle, 1557, in-fol.: par Fr. Wilken, Leipzig, 1830, in-8° ; et dans la collection Byzantine. Le président Cousin en a donné une traduction française. V. P. Conz, de Nicela et Cinnamo byzantinis liistoricis , Tiibingue, 1818, in-8°.
NicÉTAS eugénianus , écrivain du xne siècle, a laissé un roman grec en hexamètres ; Les Amours de Chariclès et de Drosilla , publié avec trad. latine par M. Boissonade, Paris, 1819, 2 vol. in-12.
NICÉTÉRIES, fête en mémoire de la victoire de Minerve sur Neptune, lorsqu’ils se disputèrent l’honneur de nommer la ville de Cécrops.
NICEY , vge (Côte-d’Or), arr. et à 22 kil. O. de Châtillon-sur-Seine ; 628 hab. Belle église. Pèlerinage à la fontaine de S1 -Gengoult. Elève de moutons mérinos.
NICHAN-IFT1KHAR , c'est-à-dire, signe d’honneur, décoration turque du mérite, créée par Mahmoud IL Elle offre le sceau du sultan, entouré de brillants. Réformé par le sultan Abdul-Medjid, il a reçu le nom de Medjidié.
NICHAPOUR. V. nischapour.
N1CHOLSON (William), bibliographe anglais, né en 1655 à Plumland (Cumberland) , m. en 1727 , visita les principales bibliothèques de l’Allemagne, pour y prendre des notes sur les livres rares. A son retour, il fournit plusieurs descriptions à l’Atlas anglais qui s'imprimait à Oxford de 1680 à 1683. Evêque de Carlisle en 1714, archevêque de Londonderry en 1718, il venait d’être nommé archevêque de Cashel , lorsqu’il mourut subitement. On a de lui : Bibliographie historique de i Angleterre, Londres, 1696-99 , 3 vol. in-8°; — de l'Ecosse, 1702, in-8°; — de l’Irlande, 1724, in-8®; Leges Marcliiarum , Londres, 1705 et 1747, in-8°; Dissertalio de jure feodali velerum Saxonum (dans les Leges anglo-saxonicœ de Wilkins), Londres, 1721, in-fol., etc.
nicholson (William), chimiste et physicien, né à Londres en 1753, m. en 1815, abandonna le commerce
pour ouvrir une école à Londres en 1775. 11 donna le plan des travaux hydrauliques duMiddlesex occidental, inventa un aréomètre qui porte son nom, et reconnut, un des premiers , avec Carlisle et Ritter, l’action chimique de la pile. Les frais que lui causèrent ses inventions mécaniques et ses expériences ayant dérangé sa fortune , il fut mis en prison pour dettes. Il publia : Introduction à la philosophie naturelle et expérimentale , 1781 , 2 vol. in-8° ; Premiers principes de chimie, 1789, in-8°; Dictionnaire de chimie, 1795 , 2 vol. in-4® ; Journal de philosophie naturelle , de chimie et des arts , 5 vol. in-4°, 1797-1800 ; Encyclopédie britannique, 6 vol. in-8°, 1807-1809 ; des traductions des Eléments d'histoire naturelle et de chimie de Fourcroy, 5 vol. in-8°, 1789, de ses Tables synoptiques de chimie, 1801, in-fol. , et des Eléments de chimie de Chaptal , 3 vol. in-8°, 1791.
nicholson (port-), colonie anglaise dans la Nouvelle-Zélande; par 41° 16’ 55” lat. S., et 172® 25’ 52” long. E.
NICIAS , général athénien , un de ceux qui se disputèrent l’autorité après la mort de Périclès , fut le représentant du parti aristocratique attaqué par Cléon. 11 enleva aux Spartiates l’île de Cythére , en 425 av. J.-C. , et négocia la paix de 421 , dite paix de Nicias, qui rétablissait dans la Grèce les choses telles qu’elles étaient avant la guerre du Péloponèse. Hostile à l’expédition des Athéniens en Sicile, il accepta néanmoins d’en être l’un des chefs, avec Alcibiade et Lamachus, 415. Après le rappel d’Alcibiade, il entreprit tardivement le siège de Syracuse , laissa Gylippe ( V. ce mot ) pénétrer dans la place, et tomba malade. L’arrivée de Démosthène et d’Eurymé don ne rétablit pas les affaires. Quand le siège fut levé, Nicias chercha à gagner Catane, mais dut capituler. On le tua, ainsi que Démosthène, bien qu’on leur eût promis la vie sauve, 413.
nicias , peintre athénien , contemporain d’Alexandre le Grand, inventa un procédé d’encaustique qui rendait les couleurs plus brillantes et plus durables. On citait comme ses chefs-d’œuvre : une Pythonisse évoquant les ombres, dont Ptolémée offrit 60 talents; ses tableaux d7o , de Calypso , d 'Andromède ; un Alexandre , qui ornait le portique de Pompée à Rome ; un Bacchus, placé dans le temple de la Concorde de la même ville; un Hyacinthe, qu’ Auguste avait fait transporter d’Alexandrie à Rome.
NICIUS ERYTHRÆUS. V. Rossi.
NICLASBOURG, v. de Bohême. V. Niklasberg.
NICOBAR (Iles), archipel d’Asie, dans le golfe du Bengale , entre la pointe N. -O. de Sumatra et l’extrémité S. des Andaman; entre 6° 40’ et 9° 15’ lat. N. , 90° 30’ et 92® long. E. Les principales sont : Sambelong ( la plus grande ), Nancowry, Kar-Nicobar, Camorta, Katchall, Terressa. Climat insalubre; sol montagneux; forêts épaisses, peuplées de tigres, de singes et de serpents. Population douce, se livrant à la pêche, à l’agriculture et au commerce. Sur les côtes abondent des coquillages rares et précieux. On y importe des draps , du fer, et surtout du tabac, qu’on échange contre des bois , des noix de coco , des écailles de tortue, de l’ambre gris , des porcs, de la volaille, des dards ou des canots. Le Danemark, qui, le premier, vers 1756 , établit avec ces îles des relatious commerciales peu fructueuses, les appela Fredcriks-OErne, et les a abandonnées à l’Angleterre, le 24 juin 1848.
NICOCLÈS, roi de Chypre, 374 av. J.-C. , fils et successeur d’Evagoras, n’est connu que par les deux Discours qu’Isocrate , son maître , lui adressa , et qui traitent , l’un , de la science du gouvernement , l’autre, des devoirs des sujets envers leur prince.
nicoclès, roi de Paphos par la bienveillance de Ptolémée Ier, roi d’Egypte , trahit ce prince en s’alliant à Antigone. Cerné dans son palais par des émissaires de Ptolémée, chargés de le faire périr, il se tua, avec Axiothée sa femme et toute la race royale, l’an 310 av. J.-C.
NICODËME, Nicodemus , Juif de la secte des Pharisiens, se déclara disciple de J.-C., aida Joseph d’Arimathie à lui rendre les derniers devoirs , fut privé par les Juifs de la dignité de sénateur, et se retira chez Gamaliel , son oncle. L’Eglise l’honore le 3 août. On a sous son nom un Evangile apocryphe , composé vraisemblablement au commencement du ve siècle ; il renferme l’histoire de la condamnation, la mort et la résurrection du Christ, et l’histoire des fils de Siméon, dans laquelle se trouve le récit de la descente du Christ aux Enfers. L’auteur de la préface , qui est probablement l’auteur de tout l’ouvrage , prétend l’avoir traduit, sous le règne de Théodose le Grand , sur le texte hébreu attribué à Nicodème.
NICOLAI (Jean) , philologue saxon, né vers 1660 , ni. en 1708, professeur d’antiquités à Tubingue, a laissé, entre autres ouvrages ; Demonstratio qud probatur Genlilium
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theologiam, deos,sacrificia, ex fonte Scriplurœ originem Iraxtsse, | Helmstædt, 1681, in-8°; de Sepulcris Hebroeorum libriiv, \ Le) de, 1706, in-4°; Tractatus de Mercurio et Hennis , Francfort, 1687, in-12; de Ritu antiquo, hodierno, Bacchanalium commentalio , Marpurg , 1696, in-8°; Tractatus de siglis veterum , Leyde , 1703 , in-4° ; Anliquitates Ecclesiœ , in qnibus mores cliristianorum veterum ostenduntur , Tubingue ,
nicolaï (Jean-Aimar), d’une anc. famille du Vivarais illustre dans la magistrature, épousa une sœur du chancelier de Lamoignon , suivit la carrière des armes , et se distingua à la prise de Valenciennes en 1677. Louis XIV lui ayant fait quitter le service , il devint président de la Chambre des Comptes. Il fut le tuteur de Voltaire.
nicolaï ( Aimar-Jean) , tils du précédent, né en 1709, devint, comme son père, 1er président, et eut deux fils : 1° Aimar-Gharles-François , marquis de Nicolaï, né à Paris en 1737, président au parlement Maupeou de 1771 à 1774, passa alors au grand Conseil, où il fut président de 1776 à 1788, et périt sur l’échafaud en 1794; 2° Aimar- Charles-Marie, né en 1747, 1er président de la Cour des Comptas en 1768, membre de l’Académie française en 1789, mort sur l’échafaud en 1794.
nicolaï (Christophe-Frédéric), libraire et littérateur allemand , né à Berlin en 1733 , m. en 1811 , membre des Académies de Munich, de Berlin et de Sl-Pétersbourg, a laissé : Description de Berlin et de Potsdam, 1786, 3e édit. ,
4 vol.; Vie et opinions de Sebaldc Nathanker, 1799, 3 vol. in-8°, roman philosophique qui eut un grand succès; Relation d'un voyage fait en Allemagne et en Suisse pendant l'année 1781, Berlin, 1788-96, 3e édit. , 12 vol. in-8°; Anecdotes caractéristiques du roi Frédéric II , 1788-92, 6 cahiers; Recherches historiques sur l’usage des perruques , 1801 , trad. en français par Jansen , Paris , 1809 , in-8°, etc. Il fut aussi l’éditeur de la Bibliothèque des Belles-Lettres , ouvrage de critique littéraire ; des Lettres concernant la littérature moderne, 1761-66; de la Bibliothèque allemande universelle, 1765-92, 106 vol. in-8°, espèce d’encyclopédie qui exerça beaucoup d'influence sur la littérature de l’Allemagne.
N1COLAIEF , v. de la Russie d’Europe, au S., gvt et à 60 kil N.- U. de Kherson , sur la rive g. du Boug , à son confluent avec l’Ingoul, à 46 kil. environ de la mer Noire. 130 kil. E.-N.-E.d’Udessa,335N.-0. deSimphéropol, et 425 de Sébastopol, bien bâtie et bien percée. Vaste port; palais de l’amirauté, arsenaux, observatoire, casernes pour 25,000 hommes ; 6 églises grecques, 1 église catholique, 2 synagogues, 1 temple luthérien, lelub de la noblesse, 3 bibliothèques publiques ; 33,500 hab. — Catherine II fonda Nicolaief, en 1789, sur l’emplacement d’un misérable village perdu dans une steppe. Elle en fit le port de construction et d’entretien de la flotte militaire de la mer Noire, dont Sébastopol était le lieu de stationnement et d’armement. En 1791, le port fut inauguré. Ce lieu fut choisi, parce qu’il est à l’abri des attaques par projectiles incendiaires , et surtout inaccessible à des vaisseaux de haut bord. En effet, ce n’est qu’à l’époque des grosses eaux , qui donnent au Boug un chenal de 7 mèt. à 7 mèt. 60 , que les navires de guerre peuvent descendre ce fleuve, et encore faut-il employer des machines flottantes appelées chameaux pour les bâtiments un peu forts. La ville, qui ne comptait que 5,000 hab. au commencement du xixe siècle, prit une grande importance sous le règne de Nicolas Ier; ce prince en fit un établissement maritime de 1er ordre, y créa des écoles spéciales, un riche dépôt de cartes et plans pour la marine, des fonderies, des corporations d’ouvriers constructeurs, et, au commencement de la guerre de Crimée de 1855 , on y entretenait une flotte de 137 navires de guerre armés, dont 16 vaisseaux. L’amiral en chef de la mer Noire y résidait. Nicolaïef a cessé d'être un port et un établissement militaires , par suite du traité de Paris du 30 mars 1856. L — y.
N1KOLATEWSK (Sibérie). V. Supplément.
NlCOLAlSTADT, v. de la Russie d'Europe (Finlande), ch.-l. du gvt de Wasa, port sur le golfe de Botnie, à 360 kil. N. -N. -O. d’Helsingfors ; 3,650 hab. Tanneries; commerce d’huile de poisson, bois, goudron, résine. — Fondée en 1606 par Charles IX, roi de Suède, sous le nom de Wasa ; incendiée en 1852, elle a reçu son nouveau nom en 1855, en mémoire du tzar Nicolas 1er.
NICOLAITES, hérétiques des premiers temps du christianisme, qui reconnaissaient pour chef un diacre de Jérusalem. nommé Nicolas; ils ne respectaient pas les lois du mariage, mangeaient les viandes offertes aux idoles, etc. Ils se confondirent plus tard avec les Gnostiques.
N1COLAO (SAN-), ch.-l. de canton (Corse), arr. et à 35 kil. S. de Bastia; 631 hab.; vin, châtaignes.
nicolao (sao-) , île d’Afrique , l’une de celles du Cap- Vert, dans l’océan Atlantique, par 16° 38’ lat. N., et 26° 50’ long. O.; 66 kil. sur 24; 6,000 hab. Ch.-l. Sao- Nicolao. Aux Portugais.
NICOLAS ( S1 ), évêque de Myre ( Lycie), au ive siècle, m. vers 342, fut persécuté sous Dioclétien et Licinius. C’est le patron des jeunes garçons et de la Russie. Fête, le 6 décembre. — Evêque de Pinara (Lycie) au vne siècle.
Nicolas Ier, le Grand, pape de 858 à 867, Romain de naissance , anathématisa Photius en 860 , cassa les actes du concile de Constantinople, favorable à ce patriarche usurpateur, convertit au catholicisme Bogoris , roi des Bulgares , lança diverses censures sur les évêques de France, particulièrement Hincmar, archevêque de Reims, qui ne voulaient pas reconnaître sa juridiction , et contraignit Lothaire II , roi de Lorraine, à reprendre sa femme Teutberge. On a de lui des Lettres, Rome, 1542 , in-fol. ; sa Correspondance avec Bogoris , publiée par Turrianus, Anvers , 1578, in-fol. ; et une Epitre aux évêques de Germanie , publiée par Dom Martène , et prouvant qu’au IXe siècle la pénitence publique était encore en usage pour certains crimes.
Nicolas il (Gérard, évêque de Florence), né en Savoie, élu pape au concile de Sienne en 1058 , d’après les conseils du cardinal Hildebrand ( Grégoire VII ) , et reconnu par l’impératrice Agnès, mère d’Henri IV, reçut presque aussitôt la soumission volontaire de l’antipape Benoît X ( V. ce nom). La papauté commença , sous lui , à s’affranchir de la dépendance de l’Empire , par le décret d-u concile de Latran, 1059, qui ne laissait le droit de confirmer les élections , faites par les cardinaux et consenties par le reste du clergé et le peuple , qu’aux empereurs , à qui le Saint-Siège l’aurait personnellement accordé; et de la turbulence romaine , par celui qui ordonnait aux cardinaux-évêques de les faire hors de Rome, même avec un petit nombre de clercs et de laïques, si le désordre les y rendait impossibles. Pour soutenir ces décrets , elle avait l’appui des Normands : Robert Guiscard et Richard, comte d’Aversa, se déclarèrent de nouveau vassaux du Saint- Siège ; Nicolas II reconnut l’un comme duc de Pouille, de Calabre et futur duc de Sicile, et investit l’autre de la principauté de Capoue, 1059. Il mourut deux ans après, 1061. R.
Nicolas m (Jean Gaëtan des Orsini), pape de 1277 à 1280 , parvint , dans l’intérêt des libertés italiennes et de la souveraineté pontificale, à contenir l’ambitieux Charles d’Anjou dans le midi de l’Italie. Pour atteindre ce but, il fit cesser les divisions qui déchiraient la Romagne, la Toscane, la Marche d’Ancône, et qui auraient rendu toute résistance impossible; et il l’obligea lui-même à renoncer au titre de vicaire impérial en Lombardie et en Toscane, que Clément IV lui avait abusivement conféré , et à la dignité de sénateur de Rome, qui lui avait été donnée sous Urbain IV. En même temps, il forçait Rodolphe de Habsbourg, qui s’étàit fait prêter serment par les villes de la Romagne, de reconnaître que ce pays appartenait au Saint-Siège. On a reproché à Nicolas IH d’avoir trop enrichi et élevé sa famille. R.
Nicolas iv, né à Ascoli , pape de 1288 à 1292, força en 1289 Alphonse III d’Aragon à mettre en liberté Charles II de Sicile. Il s’efforça en vain de ranimer l’esprit des Croisades, et envoya des missionnaires jusqu’en Chine. R.
Nicolas v (Pierre de Corbière ) , antipape, né à Cor beria (Abruzze), et dont le vrai nom était Rainallucci, avait été marié, et était entré dans les Franciicains. Il fut opposé en 1328 à Jean XXII par l’empereur Louis de Bavière, dut s’enfuir de Rome après le départ de son protecteur, fut livré à Jean, qui exigea de lui une rétractation publique, et enfermé dans une prison , où il mourut en
Nicolas v, né d’une famille obscure à Sarzane ( Lunégiane ) en 1398, pape de 1447 à 1455. Vainqueur du grand schisme , 1449, par l’abdication qu’il sut obtenir de l’antipape Félix V et la séparation du conciliabule de Bâle, alors transféré à Lausanne , il détruisit en même temps l’un de ses résultats, en décidant l’empereur Frédéric III à changer la Pragmatique de Mayence pour le Concordat de Vienne ( V. ces mots), 1448. Echappé à la conspiration de Porcaro ( V. ce nom), 1452, il fit de vains efforts pour susciter une Croisade. Sa sollicitude pour la renaissance des lettres et l’embellissement de Rome , l’asile offert par lui aux savants Grecs chassés de Constantinople , la fondation de la bibliothèque Vaticane, font de ce pape une des gloires du xv« siècle. R.
Nicolas, roi de Danemark, 1103-34, fils de Suénon II et successeur d’Eric Ier, son frère. D’un caractère faibie,
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il dut abandonner à son neveu Canut le titre de roi des Slaves , vaincus par lui seul , et le duché de Slesvig. Son fils Magnus, jaloux de Canut, le tua de sa main , le 7 janvier 1131 . et une assemblée générale, excitée par la vue des vêtements ensanglantés de la victime, détrôna Nicolas. | Nicolas 1er paulovitsch, empereur de Russie, né à St-Pétersbourg le 6 juillet 1796 , m. le 2 mars 1855, 3e fils : de Paul I'r et de Marie-Sophie-Dorothée, princesse de Wurtemberg, succéda à son frère Alexandre 1er, en 1825, par suite de la renonciation au trône qu’avait Suite antérieurement son second frère Constantin pour épouser une noble polonaise. Sa jeunesse avait été consacrée à des études sérieuses et variées. Le général Lambsdorf lui enseigna l’art militaire, l'humaniste Adelung l’initia aux littératures modernes, le conseiller Storch lui apprit l’économie politique. Il montrait en même temps un goût passionné pour la musique, et composait des marches militaires. II compléta son éducation en visitant plusieurs cours de l’Europe; en 1815, il accompagna son frère Alexandre en France, et, l’année suivante, passa quelque temps en Angleterre. De retour en Russie, et après avoir parcouru les principales provinces de ce vaste empire, il épousa, le 13 juillet 1817, la prineesse Charlotte de Prusse. Son avènement au trône fut accueilli par une révolte militaire à St-Pétersbourg ; mais la fermeté et le courage du jeune empereur triomphèrent aussitôt de l’émeute. Il acquit dès lors sur le peuple russe une autorité qui est restée intacte jusqu’à sa mort. Le règne de Nicolas Ier ne fut pendant longtemps qu’une suite de prospérités et de victoires : en 1826, il fait la guerre à la Perse, et, deux ans après, la paix de Tourkmantchaï assure à la Russie les provinces d’Erivan et de Nakhitchevan, et la libre navigation de la mer Caspienne. La même année , il force la Turquie à signer le traité d’Akermann, qui corroborait celui de Bukharest ( V. ce mot). L’insurrection grecque, à laquelle avait contribué la politique secrète d’Alexandre Ier, servit à étendre en Orient l’influence russe : Nicolas s’associa aux efforts , peut-être un peu imprévoyants, de la France et de l’Angleterre, et sa flotte coopéra à la destruction de la flotte turque à Navarin, 1827. L’année suivante, il déclara la guerre à la Turquie, qui , irritée de la perte de Navarin , refusait d’exécuter le traité d’Akermann. L’armée russe franchit les Balkans, le sultan demanda la paix, et le traité d’Andrinople donna à la Russie une plus grande étendue de côtes sur la mer Noire, les bouches méridionales du Danube et le protectorat des principautés danubiennes (14 septembre 1829). La révolution de Varsovie, en 1830, fit une diversion au projet d’occupation de Khiva : le tzar employa des moyens de répression terribles, et, dans sa colère, raya la Pologne du rang des nations. Nicolas renoua ensuite ses relations avec la Turquie, aida le sultan contre le pacha d’Egypte, et obtint en retour le traité d’Unkiar-Skelessi (13 juillet 1833) , qui conférait à la Russie le titre de protectrice et de garante spéciale de la Turquie , et qui interdisait à tout bâtiment de guerre étranger l’entrée du détroit des Dardanelles. Les puissances maritimes protestèrent contre ce traité ; mais il ne devait être mis à néant que par le protocole du 13 juillet 1841. Cette même année 1833, l’empereur promulgua un Digeste, établissant une concordance de toutes les lois de l’Empire russe. Dés l’année 1834, le tzar étendit son influence sur la Moldavie et la Valachie, en la déguisant sous la forme d’un protectorat qui laissait ouvert devant lui le chemin de Constantinople. Mais tandis qu'il exploitait habilement les dissensions intérieures de la France et les jalousies qui séparaient alors les cabinets de Paris et de Londres, Schamyl commençait la guerre dans le Caucase. Nicolas continua néanmoins ses conquêtes en Asie et sur la mer Noire. Il fut un des plus ardents promoteurs du traité du 15 juillet 1840, contre la France, entre l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie, pour la pacification de l’Orient , et qui nous engagea dans l’expédition de Syrie. Une nouvelle insurrection de la Pologne, qui éclata en i 1846, fut aussitôt étouffée. La paix de l’Europe ne fut ' plus troublée jusqu’en 1848. En face des révolutions qui renversèrent alors ou ébranlèrent les trônes de l’Europe i occidentale, Nicolas sembla seul au-dessus du danger; il I n’intervint dans les affaires des Etats voisins que lorsqu’ils réclamèrent son secours , comme l’Autriche contre l’insurrection hongroise, 1849. Sa conduite prudente et réservée pendant les années difficiles qui s’écoulèrent de 1848 à 1851 , lui donna un immense ascendant sur les cabinets de l’Europe, qui le regardaient comme la personnification vivante du principe d’autorité. Ceux même qui détestaient le despotisme de son gouvernement lui savaient gré d’avoir toujours parlé en faveur de l’ordre et de la paix. Son
gouvernement intérieur n’avait pas moins réussi : tout en faisant peser sur le pays le poids ruineux d’un immense établissement militaire , qui annonçait aux yeux clairvoyants des desseins ultérieurs, il avait travaillé avec succès à développer les ressources de la Russie en améliorant les voies de communication, établissant des chemins de fer, protégeant les marchands étrangers, et plaçant sous un contrôle sévère les services administratifs. L’attachement des Moscovites pour leur souverain tenait du fanatisme. Nicolas se crut l’arbitre unique et toutpuissant des destinées de l’Europe. L’affaiblissement de la Turquie semblait lui promettre dans un avenir prochain la conquête de Constantinople, ce rêve éternel des tzars. Déjà, en 1849, il avait fait occuper la Moldavie et la Valachie ; au commencement de 1853, il proposa à l’ambassadeur d’Angleterre le partage de l’Empire ottoman, et concentra de grandes forces de terre et de mer dans les gouvernements de Tauride, de Kherson et de Bessarabie. Le 28 février 1853, son ambassadeur, le prince Mentschikoff , arrive à Constantinople, prend prétexte de réclamer contre des vexations souffertes par les coreligionnaires grecs de son souverain, et exige que désormais l’empereur de Russie soit reconnu comme protecteur des Grecs sujets de la Porte. La Turquie se tourne vers la France et l’Angleterre, et refuse d’obtempérer à cette demande exorbitante. Mentschikofl repart le 21 mai, et, le 3 juillet, les armées russes passent le Pruth sans déclaration de guerre. Peu après, la Turquie voulut repousser l’invasion de son territoire, et la France et l’Angleterre, après avoir tenté vainement de faire renoncer l’empereur de Russie à ses prétentions, entrèrent dans la lutte qui devait amener de leur part l’invasion de la Crimée. Dans toute cette affaire, Nicolas fit preuve d'une profonde dissimulation , et cacha jusqu’au dernier moment ses projets sous les protestations les plus pacifiques. La destruction d’une escadre turque à Sinope ne permit plus de doute. Les échecs successifs des Russes au siège de Silistrie, aux batailles de l’Alma, de Balaklava, et d’Inkermann , la prise de Bomarsund , la prévision de la chute de Sébastopol, et la conscience de la réprobation européenne qu’il avait encourue, durent hâter la fin de Nicolas. Il mourut d’une attaque d’apoplexie du poumon. Malgré les revers de la fin de ce règne, il n’en comptera pas moins parmi les plus glorieux de l’histoire de Russie. On peut mettre au nombre des fautes de l’empereur l’antipathie qu’il ne cessa de témoigner pour la France et son gouvernement depuis 1830 ; un habile politique n’a point de ces passions. Nicolas avait les vertus domestiques , aimait les arts et les encourageait. 11 eut de son mariage 7 enfants, dont 4 princes : Alexandre, son successeur sous le nom d’Alexandre II, né en 1818; Constantin, en 1827 ; Nicolas, en 1831 ; et Michel , en 1832. F — T.
Nicolas de damas ou damascene, écrivain grec, né vers l’an 74 av. J.-C., accompagna à Rome Hérode, roi de Judée, et devint l’ami et le courtisan d’Auguste. L’un des plus savants hommes de son temps , il cultivait à la fois la poésie, la philosophie, les mathématiques et l’histoire. Il écrivit des tragédies et des comédies, un commentaire sur la Métaphysique d’Aristote, un recueil des Coutumes singulières des peuples, une Histoire universelle en 144 livres, une Vie d’Auguste, une Vie d’ Hérode, etc. Mais il ne nous reste que des fragments de son Histoire universelle, publiés par Coray dans son Prodromus bibliothecœ græcæ, Paris, 1805, in-8°, et de la Vie d'Auguste, publiés par J. -A. Fabricius dans son Augusti temporum notatio. J.-C. Orelli en a donné une édition, Leipzig, 1804, in-8°. Une Vie de César, découverte en 1849 à la bibliothèque de l’Escurial , a été éditée par M. Piccolos, avec une trad. française de M. Alfred Didot, Paris, 1850, 1 vol. in-8°; ce fragment comprend le récit du meurtre de César, et le tableau de la situation de Rome et des partis à ce moment. C’est un récit plein de simplicité et de sobriété ; la rivalité d’Antoine et d’Octave y est bien décrite; mais l’auteur élève trop la grandeur d’âme d’Octave et le caractère de Brutus.