‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 200 sur 864 · NOE · texte numérisé non relu

NOE

permit aux vilains d’acquérir des terres nobles. Mais la ' noblesse , en perdant sa souveraineté , conserva des prérogatives honorifiques ou réelles ; elle forma le second ordre de l’Etat, au-dessous du clergé, et au-dessus du tiers-état, et fut investie de la plupart des grandes dignités de la couronne. Jusqu'en 1789 , la noblesse fut exempte de tailles , de corvées personnelles, d’impôt territorial; elle eut le droit de ne plaider que devant les baillis , sénéchaux , présidiaux ou chambres des parlements , et ne fut point soumise aux justices inférieures des prévôtés et châtellenies; elle seule put porter des titres et des armoiries , et , sauf de rares exceptions , posséder les grades dans l’armée. A partir du xvie siècle, un certain temps de services militaires donna droit aux privilèges de noblesse. De la même époque, et par opposition à la noblesse d’épée, date la noblesse de robe , que conférait la posesssion de divers offices de judicature : un édit de 1649 accorda la noblesse héréditaire aux membres du parlement de Paris ; un édit de 1704 , à ceux de tous les parlements et cours supérieures du royaume. La noblesse fut aussi attachée aux charges de maires et d’échevins dans certaines villes de France; elle était dite noblesse de cloche, parce que ces magistrats étaient élus au son de la cloche de l’hôtel-de-ville. Enfin, la noblesse de finance fut celle qui s’obtint à prix d’argent , en achetant des lettres de noblesse. La noblesse se perdait par dégradation ( V. ce mot ) , par déchéance ( si l’on prenait des biens à ferme, si l’on ne payait les droits, etc.) , et par dérogeance (exercice des arts mécaniques, du commerce, etc.). La noblesse ne se perdait point par mariage avec une personne de condition inférieure , mais le mariage ne donnait pas non plus la noblesse. L’Assemblée constituante supprima la noblesse héréditaire et les titres , par décret du 19 juin 1790. Napoléon 1er en créa d’autres en 1806. La Restauration maintint cette nouvelle noblesse , et rétablit l’ancienne. Les titres nobiliaires , abolis par décret du 29 février 1848 , ont été rétablis le 24 janvier 1852. — En Angleterre , la noblesse forme deux classes distinctes , la nobitity et la gentry (V. ces mots) ; certaines charges anoblissent : ainsi , un bourgeois devenu chancelier, est par cela même lord et président de la Chambre des Pairs. — Dans les pays allemands , les titres se transmettent de père en fils , sauf ceux de prince et de duc , qui sont inséparables d’une souveraineté; les titres de margrave et de landgrave n’appartiennent également qu’aux maisons souveraines. La particule nobiliaire est von (en hollandais van, en danois af) , comme de en français. L’ordre du Mérite civil, dans le Wurtemberg, anoblit ceux auxquels il est accordé. On achète des lettres d’anoblissement en Autriche , en Bavière et dans d’autres Etats. — En Espagne , une haute noblesse a le titre de grandesse; les autres nobles sont appelés hidalgos.— En Russie, outre les boiards , qui sont la noblesse territoriale et héréditaire, il y a les tchinnovnicks ou nobles de service. En Hongrie et en Pologne, les magnats forment la noble s>e. B.

NOCÉ , ch.-l. de cant. ( Orne) , arr. et à 25 kil. S.-E de Mortagne ; 410 liab.

NOCERA, Nuceria Camellaria, v. du roy. d’Italie, province et à 35 kil. E. de Pérouse; 5,083 hab. Evêché. Bains d’eaux minérales.

KociiR.v-DE-CASTiGi.iONE, v. du royaume d’Italie, dans la province et à 28 kil. S. -O. de Cosenza, non loin de la mer Tyrrhénienne ; 1,488 hab.

koceka-de’-pagani , anc. Nuceria Alfaterna , v. du royaume d’Italie, dans la province et à 14 kilom. N.-O. de Salerne, sur le Sarno; 15,075 hab. Evêché. Appelée Ve' Pagani, à cause des Sarrasins qui l’occupèrent au IXe siècle ; patrie du peintre Solimena. Défaite de Teïa, loi des Goths, par Narsès , en 554.

NOCES, Nupiiœ, cérémonie religieuse du mariage patricien, chez les anc. Romains. Ce nom venait de ce que la mariée était comme voilée par son flammeum (K. ce mot), nupiiœ étant dérivé de nubere, voiler. C. D — T.

NOCHITZLAN, v. du Mexique (Zaeateeas), dans la Cordillère; 15,000 hab. Mines d’argent.

NOCI, v. du royaume d’Italie (Prov. de Bari), à 45 kil. E. d’Altamura; 8,783 hab.

NOCLE (La), vge (Nièvre), arr. et à 65 kil. S.-E. de Nevers; 747 hab. Comm. de bœufs, porcs, chevaux, merrain.

NOCTURNE, une des parties de l’office des Matines, ainsi nommée de ce qu’elle se disait autrefois pendant la nuit. Il y a généralement trois nocturnes, dont chacuncontient 3 psaumes et 3 leçons.

NOD (Terre de) , pays où se retira Caïn après son crime , et que l’on place vers l’Hyrcanie.

NODIER (Charles), né à Besançon en 1780, m. en 1844, à la fois érudit et poète , eutomologue et publiciste,

grammairien , bibliophile et romancier. Il était fils d’un avocat, qui devint, en 1790, président du tribunal criminel de Besançon. Entraîné par une vive passion vers l’histoire naturelle, il publia , dès l’âge de 18 ans, une dissertation sur l’ Usage des antennes des insectes; c’est dans ces organes qu’il place l’ouïe. 11 vint à Paris en 1801 , et se fit connaître par des romans et des poésies ; mais une ode injurieuse , et très-médiocre , lancée contre le 1er Consul , au commencement de 1802 , fit enfermer Nodier àSte-Pélagie pendant quelques mois ; puis il retourna à Besançon , et mena une existence vagabonde et incertaine , tour à tour correcteur d'imprimerie , enlumineur d’estampes , professeur de littérature à Dole , bibliothécaire et journaliste à Laibaeh. En 1815, il revint àParis, fut attaché à la rédaction du Journal des Débats , et nommé , en 1824 , bibliothécaire de la bibliothèque de Monsieur, auj. de l’Arsenal. En 1834, il entra à l'Académie Française. Nodier, doué d’une imagination riche et poétique, mais capricieuse et bizarre, d’une sensibilité poussée jusqu’à l’exaltation , d’une curiosité minutieuse et passionnée de savant , d’une rare finesse d’esprit, ne fut pas un grand écrivain , mais seulement un artiste de science et de style, un conteur charmant, un humoriste ingénieux. Il n’est guère possible d’énumérer toutes les productions de sa plume , lui-même s’égarait dans leur nombre et leurs titres; les principales sont, 1° dans le genre du roman : Stella ou les Proscrits, 1802; le Peintre de Salzbourg , journal des émotions d’un cœur souffrant, 1803 , qui fut le précurseur du René de Châteaubriand ; Thérèse Aubert, 1819; Adèle, 1820; Lord Rutliwen ou les Vampires (contesté) ; Smarra , 1821 ; sorte de mosaïque empruntée à Homère, Théocrite, Virgile, Dante , Milton, et qui fut critiquée comme une œuvre romantique par les classiques du temps; Trilby , 1822; la Fée aux miettes; .Vlle de Marsan; le Nouveau Faust; Jean Sbogar , 1818, son œuvre de prédilection ; — 2° dans les sciences naturelles : Bibliothèque enlomologique , 1801; de l’Usage des antennes et de l’ouie chez les insectes ; — 3° dans la philologie : Dictionnaire raisonné des onomatopées françaises , 1808; Questions de littérature légale; du Plagiai, de la supposition d’auteur, 1812; 2e édition, 1822, in-8°, ouvrage assez solide ; Examen critique des Dictionnaires de la langue française, 1828; Mélanges tirés d'une petite bibliothèque,. 1829 ; Notions élémentaires de linguistique, 1834; — 4° en littérature : Essais d’un jeune Barde, 1804; Poésies diverses , 1827 ; Contes en prose et en vers , 1835; Histoire des sociétés secrètes de l’armée, 1815; le Dernier Banquet des Girondins , 1833; Souvenirs, épisodes et portraits , 1831, 2 vol. in-8°, histoire de sa propre vie, etc. Ces deux derniers ouvrages ne sont guère que des mensonges historiques : le Banquet des Girondins est aussi peu vrai qu’invraisemblable , et les Souvenirs ne passent pas pour plus véridiques. Nodier a encore publié une Collection des petits classiques français, une Bibliothèque sacrée, grecque et latine, enfin un nombre infini d’articles de journaux, de préfaces et de commentaires auxquels souvent il ne mettait que son nom , mais qui étaient pour lui une adoption lucrative. Excepté dans le genre du roman, il ne restera rien de lui. G. L.

NODJ1BABAD, v. de l’Ilindoustan anglais (Pendjab), à 145 kil. N.-E. de Delhi. Entrepôt d’un commerce considérable entre le Pendjab et l’Afghanistan.

NODJY, v. de l’Ilindoustan anglais (Pendjab), à 16 kil. S.^E. de Nodjibabad; 18,000 hab.

NOÉ, patriarche, fils de Lamech, naquit l’an 2948 av. J.-C.; sa vertu trouva grâce devant le Seigneur, qui le sauva, avec sa famille , du déluge universel : il lui ordonna de construire une arche assez grande pour contenir, outre lui, sa femme, et ses trois fils avec leurs femmes, un couple des animaux impurs , et sept couples des animaux purs. Dès que Noé eut accompli les ordres de Dieu, les eaux du ciel tombèrent pendant 40 jours et 40 nuits. Le 27e jour du 7e mois , l'arche s’arrêta en Arménie , sur le mont Ararat , et peu à peu les eaux s’écoulèrent. Dieu fit alors alliance avec Noé, et lui montra dans l’arc-en-ciel un signe de sa promesse qu’il 11’y aurait plus de déluge. Noé se livra à l’agriculture, et bientôt il découvrit la vigne. La première fois qu’il but du vin , il s’enivra , et s’endormit dans un état de désordre qui excita la risée de Cham. Noé , à son réveil , le maudit , et bénit ses frères , Sem et Japhet, qui avaient couvert sa nudité. Il mourut, âgé de 950 ans, en 1998 av. J.-C. Ses fils se dispersèrent, et Sem peupla l’Asie , Japhet l’Europe , et Cham l’Afrique. Le nom de Noé signifie repos, consolation. L — H.

NOËL, abréviation d'Emmanuel (c.-à-d. Dieu avec vous) , qui est un des surnoms de Jésus, ou corruption de natalis dies ( c.-à-d. jour natal) ; nom que l’on donne à la fête I de la Nativité de N.- S. J.-C, , célébrée le 25 décembre. On

NOG

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y célèbre trois messes, dites de minuit, de l’aurore, et du jour. Les cantiques joyeux composés pour cette solennité sont appelés noëls. L’institution de la fête de Noël est attribuée au pape Télesphore. Autrefois, en France, dans les familles, on se souhaitait la fête à Noël; cet usage était en pleine vigueur en 1675, et dure encore dans plusieurs endroits du Midi.

noel (François) , jésuite allemand, né vers 1640, m. en 1715, fit plusieurs voyages en Chine en qualité de missionnaire, et publia : Observationes malhematicœ et physicœ in Indiâ et China factœ , 1684-1708, Prague, 1710, in-4° ; Sinensis imperii libri classici sex , 1711, in-4°, traduction diffuse des écrivains de la Chine; Philosophia s inica ,1711, in-4° , extraits des plus célèbres philosophes de la Chine ; Theologiœ summa , seu compendium , Genève, 1732, 2 vol. in-fol. , abrégé des traités du P. Suarez.

noel (Jean-François) , laborieux compilateur, traducteur et philologue, né à Sl-Germain-en-Laye vers 1755, m. en 1841 , fut élève boursier au collège des Grassins , puis au collège Louis-le-Grand , à Paris, où il fit de bonnes études , embrassa l’état ecclésiastique , et devint maître de quartier, ensuite professeur de 6e à Louis-le-Grand. Il changea de carrière quand éclata la Révolution , fut chef de bureau au ministère des relations extérieures, entra dans la diplomatie , débuta par une mission diplomatique à Londres , 1792, obtint le poste de chargé d’affaires à La Haye, 1793, de ministre plénipotentiaire à Venise, 1794, et, rappelé en 1795, devint membre de la commission de l'instruction publique , commissaire-général de police à Lyon , 1800, préfet du Haut-Rhin , 1801 , enfin inspecteurgénéral de l’instruction publique , 1802 , appelé plus tard inspecteur-général des études , place qu’il garda jusqu’à sa mort. Les principaux ouvrages de Noël sont : compilations , recueils , en 2 vol. in-8° chacun , de morceaux choisis des poëtes et des prosateurs , sous le titre de Leçons de littérature et de morale ; il y a des Leçons françaises, 1804; — Latines, 1808 ; — Latines modernes, 1818 ; — Anglaises , 1818; — Italiennes, 1824; — Grecques, 1825; — Allemandes , 1827 ;— Françaises de philosophie et de morale , 1833 , in-8° ; — Nouveau Dictionnaire des origines , inventions et découvertes , 1827, 2 vol. in-8° ; — Ouvrages de philologie : Diclionarimn Lalino-Gallicum , 1807, 1vol. in-8°; Dictionnaire françaislatin, 1807, 1 vol. in-8° ; Gradus ad Parnassum, 1808,

1 vol. in-8°; Philologie française , ou Dictionnaire étymologique, critique, historique , anecdotique et littéraire, 1831,

2 vol. in-8°; — Littérature et traductions : Dictionnaire historique des personnages de l’antiquité , précédé d’un Essai sur les noms propres chez les anciens et les modernes , 1806 , 1 vol. in-8°; Dictionnaire de la Fable , 1810, 2 vol. in-8°, comprenant toutes les mythologies du monde; Catulle et Gallus, texte en regard, 1804 , 2 vol. in-8° ; Tite-Live , ibid. , moins les livres 1 à 10, 30 , 31 , 32 , 33 , 40 et 41 , qui ont été traduits par Dureau de la Malle, 1824, 10 vol. in-8° ; les Suppléments de Tacite, par Brottier, dans la traduction de Tacite de Dureau de la Malle; Abrégé de la Grammaire française (avec Chapsal), 1826. Bien que Noël eût souvent des collaborateurs , et entre autres de La Place , pour la plupart de ses Leçons , ses travaux ne sont pas moins trèsconsidérables. Mais il travaillait vite , et quoique tous ses ouvrages soient utiles , aucun n’a une bien grande valeur.

noel (Ile de). V. christmas.

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