ORIENT (GRAND-). V. FRANCS-MAÇONS
orient , un des points cardinaux. V. EST.
ORIENTAL ( Archipel ), groupe d’îles de la Polynésie, comprenant Guadalupa, Malagrida , Lobos, etc.
oriental (Cap), pointe N.-E. de l’Asie, en face du cap Occidental dans l’Amérique du Nord: par 66» 10' lat. N. et 172» 10' long. O.
ORIENTALE (Mer), Toung-haï des Chinois, partie de la mer de Chine, entre la mer Jaune au N., la côte de la Chine propre à l’O., Formose au S., les îles Liéou-Khiéou et l’ile japonaise de Kiou-Siou à TE.
ORIFLAMME, Auriflamma, espèce de gonfanon en taffetas rouge ou couleur de feu, sans broderie ni figure, fendu par le bas en 3 pointes, orné de houppes de soie verte, et suspendu au bout d’une lance dorée. C’était la bannière de l’abbaye de Sl-Denis; elle figurait aux processions, et les comtes du Yexin, avoues du monastère, la portaient dans les guerres que les moines avaient à soutenir. Philippe Rr ayant réuni le Yexin à la couronne, en 1082, ce furent désormais les rois qui prirent l’oriflamme dans leurs expéditions; elle figura avec la bannière de France. Louis VI la fit porter pour la Ire f0js en H24; on ne la vit plus depuis la bataille d’Azineourt, en 1415. V. Bannière. B.
ORIGÈNE , célèbre docteur de l’Eglise , né à Alexandrie en 185 , de parents chrétiens , m. en 254, fut instruit dans les arts libéraux , les belles-lettres et les saintes Ecritures. Il avait 17 ans quand son père Léonide souffrit le martyre pendant la persécution de Septime-Sévère. 11 professa la grammaire pour subvenir aux besoins de sa famille, et remplaça bientôt S1 Clément, son maître, dans la direction de l’enseignement catéchistique d’Alexandrie. Il mena dès lors la vie la plus austère, alla jusqu’à se mutiler pour être à l’abri des tentations et de la calomnie, visita Rome après la mort de Septime-Sévère , donna des leçons publiques à Césarée de Syrie, se rendit à Athènes pour secourir les églises de l’Aehaïe, et fut ordonné prêtre a Jérusalem en 230. Démétrius, évêque d’Alexandrie, desapprouva cette ordination, excommunia Origène, et lui interdit son diocèse. Origène se retira de nouveau à Césaree , dut se cacher pendant la persécution de Maximiu , revint à Alexandrie après la mort de Démétrius , et fut mis en prison et à la torture lors de la persécution de ilecius , 249. Origène avait suivi les leçons des Pythagoriciens, des Stoïciens , et surtout des Néoplatoniciens, dont il adopta quelques idées. Son orthodoxie a été justement contestée. Il enseignait , en effet , une doctrine parfois analogue a celle des Gnostiques , croyait à la préexistence des arnes avant leur union avec les corps terrestres, soutenait qu elles avaient péché même avant cette union , que les
peines de l’Enfer ne sont pas éternelles, que J.-C. n’est fils de Dieu que par adoption , etc. Ses principaux ouvrages sont : Commentaires sur toute l’Ecriture sainte, dont une bonne édition a été donnée par Huet , avec traduction latine et notes , Rouen , 1668 , 2 vol. in-fol. ; Hexaples , édition de l’Ecriture sainte en 6 colonnes offrant le texte hébreu et les diverses versions grecques alors en usage , et dont on n’a que des fragments publiés par Montfaucon, Paris , 1713, 2 vol. in-fol. , et par C.-F. Bahrdt , Leipzig, 1768-70 , 2 vol. in-8° ; Apologie du christianisme contre Celse, éditée par W. Spencer, Cambridge, 1658, in-4° ; Philosophumena , réfutation des hérésies , dont on n’avait que le lei livre , et dont M. Minoyde Minas a retrouvé 7 autres livres en 1842. Les Œuvres complètes d’Origène ont été publiées par Erasme, Bâle, 1536; par de La Rue, Paris, 1733-59, 4 vol. in-fol. ; par Oberthür, Wurzbourg, 1780- 94, 15 vol. in-8°; l’édit, de La Rue, revisée et corrigée par Lommatzch, Berlin, 1831-48, 25 vol. petit in-8°. B.
ORIGNY-EN-THIÉRACHE , vge (Aisne), arr. et 10 kd. N.-E. de Vervins; 1,113 hab. Vannerie fine , boîtes à dragées, noir animal.
origny-sainte-benoîte , brg ( Aisne) , arr. et à 16 kil. E. de Sl-Quentin , sur la rive g. de l’Oise ; 2,670 hab. Fabr. de châles, franges, gazes en soie, tissus de cachemire laine.
ORIHUELA, Orcelis , v. d’Espagne ( Valence) , prov. et à 53 kil. S. -O. d’Alicante, sur la Segura. Evêché suffragant de Valence. Belle cathédrale. Il y eut une université, fondée en 1568, supprimée en 1835. Cette ville fut conquise sur les Maures en 1264 par Jacques Ier, roi d’Aragon; une peste en 1648 , une inondation en 1651 , un tremblement de terre en 1829, la ravagèrent. Elève de vers à soie. Commerce assez actif de toiles, soieries, huiles, savon. Pop. de la commune : 5,656 hab.
ORIKHOVA, v. de Turquie. V. Trajanopoli.
ORINE , île de la mer Rouge, sur la côte d’Ethiopie; auj. Dhalac.
ORION, fils d’Hyriée, sortit, selon la Fable, d’une génisse sacrifiée aux dieux par son père. Habile et infatigable chasseur, il osa défier Diane, ou, selon d’autres, méprisa son amour. La déesse le fit piquer par un scorpion, puis , fâchée de sa mort , obtint qu’il fût placé au ciel , où il forme une constellation.
ORISSA, anc. prov. de l’IIindoustan (Décan septentrional ) , entre le Bengale au N. et les Circars au S. , le long du golfe d’Orissa; 840 kil. sur 153 ; 1,000,000 hab. Ch.-l. , Kattak. Sol montueux à l’O. ; climat très-chaud et malsain. L’Orissa forme auj. 6 districts de la présidence anglaise de Calcutta : Balassore, Kandjar, Kattak, Khourdah , Maharbandj , et Singboum.
ORISTANO, Auristagnum, v. forte du roy. d’Italie, dans l’ile de Sardaigne, sur la côte O., à 78 kil. de Cagliari; 6,216 hab. Fondée en 1070. Archevêché; belle cathédrale. Petit port militaire. Pêche de thons. Autrefois capitale du Judicat d’ Arborée, et plus importante qu’aujourd’hui. Prise par le comte d’Harcourt en 1639; ch.-l. d’arrond.
ORITES , peuple de la côte de la mer Erythrée, entre l’Indus à l’E. et les Ichthyophagesàl’O., et qui fut soumis par Alexandre. Leurs villes étaient Pagala, Cabana et Coca!a. Armés et habillés comme les Indiens, leurs coutumes et leur langue étaient différentes. Le pays produisait abondamment du vin, du blé, du riz et des dattes. C’est auj. la partie E. du Béloutchistan ; prov. de Lous. C. P.
OR1ZABA , v. du Mexique, département et à 130 kil. O.-S.-O. de Vera-Cruz; 8,000 hab. Occupée par les Français en 1862. Aux environs sont d’immenses plantations de tabac, et un pic volcanique, haut de 5,295 met., et gravi pour la première fois en 1848.
ORKHAN , 2e sultan ottoman , fils d’Othman Ier, venait de prendre Brousse, 1325, quand, après la mort de son père , il monta sur le trône , 1326. Il s’empara de Nicomédie, 1327. Un grand nombre de villes grecques se rangèrent sous sa domination. Il soumit la Thrace , la Bulgarie, et revint en triomphe à Brousse, dont il fit sa capitale, et où il bâtit une célèbre mosquée. Il s’empara de Nicée , 1333 , sous les murs de laquelle il battit l’empereur grec Andronic , jeta les fondements de l’institution des Janissaires ( V. ce mol ) , vainquit les troupes de la république de Venise et celles du pape Clément VI, et sut se ménager l’alliance de l’empereur grec Cantacuzène , dont il épousa la fille Théodora , 1347. Orklian mourut en 1360 à Nicée, où il desservait un hôpital qu’il avait fondé. II était aussi vaillant , mais plus humain que son père. Les Turcs louent sa clémence, sa valeur, sa justice et son amour pour les sciences. D-
ORKHON , riv. de Mongolie , chez les Kalkhas , affluent
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de la Sélenga; cours de 450 kil. Sur ses bords était Caracorum , capitale de Gengis-Khan.
ORIvNEYS. V. Orcades.
ORLANDINI (Nicolas) , né à Florence en 1554, m. en 1606, entra à 18 ans dans l’ordre des Jésuites, devint recteur du collège de Noie , puis directeur du noviciat à Naples , et fut appelé à Rome pour travailler à la secrétairerie-générale. On a de lui : Historia societatis Jesu, Rome, 1615, et Anvers, 1620, ouvrage continué par Fr. Sacehini , P. Possin, Jouvency et J. Cordara, et qui forme 7 vol. in-fol.
ORLÉANAIS, anc. province et grand-gouvernement de France avant 1789, ch.-l. Orléans; entre l’Ile-de-France au N. , la Normandie , le Perche et le Maine à l’O. , la Touraine au S.- O. , le Berry au S. , le Nivernais au S.- E., la Bourgogne et la Champagne à l’E. ; 150 kil. sur 160. 11 comprenait l’Orléanais propre, le Blaisois, le Vendômois, le Dunois, la Sologne, le Gâtinais, la Beauce ou pays Chartrain, et le Perche-Gouet. C’était le pays occupé dans l’antiquité par les Auréliens , les Carnutes et les Sénons. Il forme aujourd’hui les départements de Loir-et-Cher, d'Eure-et-Loir et du Loiret. — L'Orléanais propre , arrosé par la Loire, le Loiret, le Loir, le Cher, le Beuvron , l’Yonne, l’Essonne, le Loing, les canaux de Briare et d’Orléans , se divisait en Haut-Orléanais ( Orléans , Beaugency , Meung, Pithiviers), et Bas-Orléanais ( Jargeau , Olivet).
ORLÉANS, Genabum , puis Aurelianum , ch.-l. du département du Loiret, sur la rive dr. de la Loire , à 121 kil. S. de Paris par chemin de fer; par 47° 54’ 9” lat. N. et 0» 25’ 35” long. O. ; 49,110 hab. Evêché suffragant de Paris; église consistoriale calviniste. Cour impériale, tribunaux de lr« instance et de commerce , bourse et chambre de commerce. Direction des douanes; inspection des eaux et forêts. Lycée, école normale primaire, école normale d’institutrices, bibliothèque importante, musées de peinture et d’histoire naturelle, jardin des plantes. Académie des sciences, belles-lettres et arts. La ville, malgré quelques parties anciennes et mal bâties , offre en général un bel aspect. On y remarque -, la cathédrale de Ste-Croix, commencée en 1600, achevée seulement de nos jours; l’église S^-Aignan; l'anc. église S'-Euverte , du xvie siècle; l’anc. hôtel-de-ville, auj. le musée, édifice du xve siècle ; le pont sur la Loire ; les maisons d’Agnès Sorel et de François 1er ; la statue équestre en bronze de Jeanne d’Arc , par Foyatier, érigée en 1855 sur la place du Martroy ; la statue pédestre de la même héroïne, à l’entrée du pont. Fabr. trèsconsidérable de bonnets orientaux, de couvertures de laine et de coton ; vinaigreries de vin, poterie de terre, quincaillerie. Comm. important de vins, vinaigres, esprits, farines, gr;i ins, laines, etc., par la Loire, le canal d’Orléans et le chemin de fer. Banque. — Bâti sur les ruines de Genabum., que détruisit César, Orléans dut surtout son existence nouvelle à Aurélien, qui lui donna son nom. Attaquée par Attila, en 450 , la ville fut sauvée par son évêque S* Aignan ( Anianus ). Clovis s’en empara en 486. Après sa mort , elle devint la capitale du royaume d’Orléans ( P. plus loin ). Elle fut pillée par les Normands en 856 et 865; Louis le Gros s’y fit sacrer en 1108. On y créa une université en 1309. En octobre 1428 , les Anglais vinrent assiéger Orléans , resté fidèle à Charles Y1I ; après une héroïque défense , la ville, réduite à l’extrémité, fut sauvée par Jeanne d’Arc ; elle y entra le 29 avril 1429 , et , le 8 mai , les Anglais battirent en retraite. Des Etats-Généraux se tinrent à Orléans en 1560 ( V. Etats-Généraux). Les calvinistes se rendirent maîtres de la place en 1562 : le duc François de Guise vint l’investir, et fut assassiné sous ses murs par Poltrot de Méré, 1563. Pendant la Fronde, Mlle Je Montpensier, fille de Gaston d’Orléans , prit Orléans, 1652. Patrie de Petau, Amelot de la Houssaye, Levassor, Bongars, Pothier, E. Dolet. B.
Orléans (Canal d’). Il se détache du canal de Loing près de Montargis, et se réunit à la Loire un peu audessus d’Orléans; 73 kil. de long. Entrepris en 1675, il ne fut achevé qu’en 1692.
Orléans (Ordonnance d’), 1560. Ce fut, grâce à L’Hôpital, la seule œuvre utile des Etats-Généraux d’Orléans. L’art. 8 restreint l’abus des monitoires; les substitutions sont réduites à deux degrés. La justice ne sera plus rendue par les baillis et les sénéchaux, hommes de guerre, mais par leurs lieutenants, qui étaient de robe-longue. L’art. 84 ordonne que les minutes des actes seront signées des parties. L’art. Ie' rétablit la Pragmatique pour les élections; il sera cassé en 1562, et le Concordat rétabli. Cette ordonnance proclamait enfin l’égalité de tous devant la loi, réglait les affaires ecclésiastiques, rectifiait l’administra-
tion de la justice et la perception des impôts. Elle a servi, jusqu’en 1789, de base à la iurisprudence civile.
Orléans (Royaume d’), formé pour Clodomir, 511-524, dans le partage des conquêtes de Clovis, capit. Orléans; il comprit les pays de l’Yonne ( Auxerre, Sens, Montereau), de la Moyenne-Loire ( Orléans, Touraine, Berry septentrional), du Loir et de la Sarthe (Pays Chartrain, Perche, Maine, Anjou), et la Novempopulanie, entre la Garonne et les Pyrénées. Les rois de Paris et de Soissons se le partagèrent, 528, après le meurtre des enfants de Clodomir. En 561, Gontran, l’un des fils de Clotaire 1er, fonda un 2e royaume d'Orléans, capit. Chalon-sur-Saône; cet Etat comprenait, de moins que le premier, le Maine et la Novempopulaine, et de plus, la Burgundie entière, et la prov. d’Arles, sauf Marseille et Avignon. Le nom de Royaume d’Orléans disparut en 567, et fit place à celui de Royaume de Bourgogne : Orléans ne demeura dans ce royaume que jusqu’en 613. A. C.
Orléans (Vicomté, comté, duché d’). Bénéfice et place forte de la Neustrie, 613-752, sous les Mérovingiens, un instant compris dans l’Etat indépendant que l’évêque d’Auxerre se forma pour quelques années, 710-715, enfin place forte de la Neustrie carlovingienne, Orléans devint, sous la 2e race, centre d’un comté et d’une vicomté. Le comté fut une première fois et momentanément réuni au domaine par le mariage de Charles le Chauve avec Ermentrude, fille d’Eudes, comte d’Orléans ; la vicomté fut donnée, 878, par Louis II le Bègue à Ingelger d’Anjou; enfin le comté, devenu principauté indépendante à la fin du ix° siècle, passa aux ducs de France Eudes et Robert (rois en 883 et en 923) , puis du 2e à Hugues le Grand et à Hugues Capet, à la fois possesseurs du fief (duché de France) et de l’arrière-fief (comté d’Orléans). Partie intégrante du domaine de la couronne sous les Ie” Capétiens , le comté d'Orléans en fut détaché comme apanage et érigé en duché-pairie, 1344, par Philippe VI de Valois, en faveur de Philippe de France, son 4e fils, mort sans héritier, 1375. A partir de cette l^oque, indépendamment de plusieurs princes du sanr" qui portèrent momentanément le titre de ducs d’Orléar., (le 2e fils, plus tard Henri II), et le 3e fils de François Ier, Charles d’Orléans, m. en 1545; le 2e fils de Henri II, Louis d’Orléans, m. en 1550, et son 3e fils, plus tard Charles IX; le 2e fils de Henri IV, m. en 1611, à 4 ans 1/2, aîné d’un an de Gaston, qui n’eut le titre d’Orléans qu’en 1626, on trouve 3 maisons distinctes apanagées du duché d’Orléans: 1° celle d 'Orléans- Valois , 1392-1498, inaugurée par Louis Ier, fils de Charles V, pour qui Charles VI érigea en apanage le duché d’Orléans en échange du duché de Touraine qui lui avait été donné en 1386 ; terminée dans sa branche aînée par Louis II d’Orléans, qui, roi sous le nom de Louis XII, réunit son duché au domaine; voici le tableau des princes qu’elle renferme :
Louis Ier, fils de Charles V, 1392-1407.
Charles 1407-1465 Jean d’Angoulême.
Louis II (Louis XII). 1465-1498 Charles d’Angoulême.
Fran çoi s Ier , ro i de France .
2° la lre maison d ‘Orléans-Bourbon, 1626-1660, qui renferme un seul prince, Gaston d'Orléans ( V. plus bas ) ; 3» la 2e maison à' Orléans-Bourbon, issue de Louis XIII, par Philippe, frère de Louis XIV, et continuée, sinon avec le duché-fief, du moins avec le titre, jusqu’à nos jours; elle comprend :
Philippe Ier (fils de Louis XIII) 1660-1701
Philippe II (le Régent) 1701-1723
Louis Ier 1723-1752
Louis-Philippe Ior 1752 1785
Louis-Philippe-Joseph ( Ph. -Egalité ). .. 1785-1793 Louis-Philippe II (roi des Franç., 1830) . 1793-1830
Ferdinand-Philippe ( prince royal ) 1830-1842
Les fils du roi Louis-Philippe, frères de Ferdinand-Philippe, portent le titre générique de princes d’Orléans, commun à eux, à leurs enfants et aux deux fils du dernier duc d’Orléans. A. C.
Orléans (Louis d’), chef de la maison d’Orléans-Valois, 2e fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, né à Paris en 1371, m. en 1407, porta d’abord le titre de duc de Valois. Charles VI lui donna, 1386, le duché de Touraine, puis, en échange, celui d’Orléans, 1392. Louis d’Orléans épousa, en 1389, Valentine Visconti ( V . ce nom), après avoir espéré la main et le royaume de Marie de Hongrie. Esprit vif et gracieux, ami des lettres, protecteur des savants, il était en même temps très-dissolu et très-ambitieux. Jeune encore, il entra dans le conseil pen-
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dant le ministère des Marmousets ( V. ce mot). La démence de Charles VI, 1392, et la 2» régence de ses oncles l’en écartèrent; mais, en 1393, il fut désigné pour la régence, en cas de mort de Charles VI. Peu de temps après, dans une fête au Louvre, il faillit involontairement donner la mort au roi son frère, déguisé en sauvage. Mêlé à la question du grand-schisme, partisan déclaré du pape d’Avignon, Benoît XIII, contre le pape de Rome, Boniface IX, hostile à ses oncles sur tous les points, et soutenu par la reine Isabeau, il reprit, dès 1399, le maniement des finances, qu’il gaspilla, et bientôt, fortifié par l’alliance du duc de Gueldre, mettant à profit sa passagère réconciliation avec Philippe de Bourgogne et l’absence de celui-ci, il se fit remettre par le roi le gouvernement du royaume. Ses dilapidations, l’établissement de nouvelles tailles, et l’opposition du clergé à ces mesures, rendirent le pouvoir à sou oncle ; toutefois Louis conserva une grande influence, ranima les discordes avec l’Angleterre par se£ défis imprudents à Henri IV de Lancastre, replaça le roi, malgré les ducs, sous l'obéissance du pape, 1403, s’appuya sur les barons pour balancer la force que prêtaient au duc de Bourgogne les communes et la bourgeoisie, et, au moment des armements pour la guerre anglaise, s’empara à main armée, 1404, des tailles récemment perçues et déposées dans la tour du Louvre. Lieutenant-général du royaume à la mort de Philippe le Hardi, 1404, il se fit, par ses désordres , ses dilapidations et ses relations avec la reine, haïr du peuple qui l’accusait de magie. L’antagonisme et l’entrée dans Paris du nouveau duc de Bourgogne, Jeansans-Peur, accueilli comme un libérateur, le forcèrent de fuir à Melun avec la reine ; la guerre commença à s’organiser entre les factions de Bourgogne et d’Orléans ; Louis campa, avec 20,000 hommes, aux portes de Paris. Une réconciliation apparente rapprocha les deux princes : ils gouvernèrent quelque temps en commun , et unirent leurs forçes contre les Anglais; mais Louis échoua complètement en Guyenne aux sièges de Blaye et de Bourg. De nouveaux débats s’élevèrent entre lui et Jean-sans-Peur; malgré les efforts d’Isabeau pour les apaiser, le duc d’Orléans les envenima par des paroles outrageantes, et, le lendemain même d’une nouvelle réconciliation, il fut assassiné, le 23 novembre, dans la rue Vieille-du-TempIe ( près la rue Barbette), par 18 assassins aux ordres de Jean de Bourgogne : le prince osa faire prononcer en Sorbonne par J. Petit ( V. ce nom) l’apologie publique d’un meurtre qui fut l’origine de luttes sanglantes entre les Bourguignons et les Armagnacs. Louis d’Orléans laissait plusieurs enfants légitimes ou naturels; parmi ces derniers, le fameux bâtard d'Orléans ( V . DuNOls). A. C.
Orléans ( Charles d’ ), fils aîné du précédent et de Valentine Visconti , d’abord connu sous le nom de comte d’Angoulême, né à Paris en 1391, m. en 1464, fit vainement avec sa mère plusieurs démarches auprès du roi pour obtenir justice du meurtre de son père, fut, au contraire, après la mort de Valentine, 1408, obligé de subir la paix fourrée, et se retira à Blois. Veuf, en 1409, d’Isabelle, fille de Charles VI et veuve de Richard II, qu’il avait épousée en 1406, il entra dans la ligue de Gien contre Jean-sans- Peur, et, à l’instigation des oncles du roi, épousa, en 1410, Bonne d’ Armagnac, fille de Bernard VII d'Armagnac et petite-fille de Jean de Berry. Le nom d’Armagnac fut désormais donné à l’ancien parti d’Orléans. Le siège inutile de Paris par les Armagnacs, le traité de Bicêtre, un nouvel appel de Charles à la justice du roi, et son défi au duc de Bourgogne, aboutirent à la campagne de 1411, dans laquelle Charles , chassé de Paris par le peuple et les Bourguignons, ravagea avec les Armagnacs le Beauvoisis et le Soissonnais. Au printemps suivant, il fit appel à Henri IV de Lancastre, et, attaqué par le comte d’Anjou, fut bientôt obligé de confirmer par le traité d’Auxerre (22 août 1412) la paix imposée dans Bourges (14 juillet) aux princes assiégés par le roi en personne. Retiré dans ses domaines, Charles profita bientôt de la réaction de la bourgeoisie contre les Cabochiens pour rentrer en campagne ; la paix de Pontoise (août 1413) lui rouvrit Paris, où le duc *de Bourgogne revint inutilement l’assiéger. Maître du gouvernement par la paix imposée à Jean devant Arras, 1414, il fit prononcer par Gerson l’oraison funèbre de son père, et, quand les Anglais furent redescendus en France avec Henri V, alla rejoindre l’armée royale aux ordres du connétable d’Albret. Blessé et pris à Azincourt, 1415, il resta pendant 25 ans captif en Angleterre. Il composa alors des poésies allégoriques, parfois gracieuses et délicates, souvent subtiles et froides, qui lui ont valu une certaine célébrité littéraire. Désireux de rentrer en France, où Dunois et la Pucelle avaient sauvé son du-
ché par la délivrance d’Orléans, il s’entremit peur la paix, 1433, allant jusqu’à offrir de se reconnaître vassal du roi d’Angleterre et de combattre Charles VII pour le forcer à accepter un simple apanage; il se réconcilia ensuite avec Charles VII, qui fit de sa liberté une condition du traité d’Arras, 1435, et, après avoir pris une part importante aux conférences inutilement ouvertes , 1439 , à Oye, près Calais , pour traiter de la paix entre la France et l’Angleterre, il dut, en 1440, sa liberté à l’intervention active du duc et de la duchesse de Bourgogne, moyennant une rançon de 200,000 écus d’or et la promesse de ns jamais combattre l’Angleterre. Marié, 1440, en 3e3 noces, à Marie de Clèves (dont il eut plus tard Louis XII) , accueilli froidement par Charles VII, que sa puissance territoriale inquiétait, il se retira à Orléans, et, à la mort de Ph.-Marie Visconti, son oncle, 1447, revendiqua le Milanais. Le début seul de l’entreprise fut heureux (prise d’Alexandrie) : Charles dut y renoncer, et se contenter du comté d’Asti, dot de sa mère. Dans le jugement du duc d’Alençon, il parla au nom des pairs à Vendôme, 1458, et fit commuer la peine. En 1464 , dans l’assemblée de Tours, il s’attira de dures paroles de Louis XI pour son intervention en faveur du duc de Bretagne , et mourut , dit-on, du saisissement qu’il en éprouva. Il laissait, entre autres enfants, un prince de 3 ans, Louis II d’Orléans, qui fut plus tard Louis XII. Les poésies de Charles d’Orléans ont été longtemps presque inconnues. Au commencement du xvme siècle, l’abbé Sallier, qui d’ailleurs en exagéra la valeur, les fit le premier connaître dans un Mémoire inséré au 13e vol. de l’Académie des Inscriptions. Une mauvaise édition en fut donnée à Grenoble, in-12, 1803, par Chalvet. MM. Champollion-Figeac et Guichard les ont publiées en 1842 sur les mss. de la Bibliothèque impériale de Paris, et de la Bibliothèque de l’Arsenal. A. C.
Orléans (Charles d’), 3e fils de François Ier et de Claude de France, né en 1522, m. en 1545, duc d’Orléans, de Bourbon, d’Angoulême et de Châtellerault, comte de Clermont en Beauvoisis et de la Marche, 1540, était l’enfant favori de son père, qui lui trouvait le caractère français. Bouillant , brusque, plein de bravoure, il était du parti de la duchesse d’Etampes contre son frère (Henri II) et Diane de Poitiers. Charles-Quint lui avait promis le Milanais en 1539, et le jeune duc était d’avis, en 1540, de ne pas laisser l’empereur sortir de France qu’il n’eût livré cette province ; il voulait même l’enlever ; Charles-Quint crut le gagner, ainsi que la duchesse d’Etampes, en lui faisant espérer toutes les provinces des Pays-Bas. Charles d’Orléans n’en commanda pas moins en 1542 l’armée envoyée dans le Luxembourg contre Charles-Quint , et enleva Damvilliers, Arlon , Yvoy, Luxembourg. Au traité de Crespy, 1544, l’empereur lui promettait encore la main de sa fille ou de sa nièce, avec Milan ou les Pays-Bas, mais comme gouvernement impérial. Charles mourut l’année suivante, soit de la peste qu’il alla chercher de gaieté de coeur près d’Abbeville, soit du poison versé par quelque partisan de son frère aîné. Son corps fut porté à Sl-Denis, en 1547, avec celui de François Ier, sans qu’Henri II dissimulât sa joie. A. C.
Orléans (Jean-Baptiste Gaston d’), 3e fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau en 1608, m. en 1660, porta d’abord le titre de duc d’Anjou, et fut le seul représentant mâle de la lre maison d’Orléans-Bourbon. Il eut pour gouverneurs le sévère Savary de Brèves, créature de Concini , puis du Lude, qui corrompit son esprit et son cœur, et d’Ornano, qui excita son ambition, et par là lui attira la jalousie de Louis XIII , son frère. Gaston refusa d’épouser M,le de Montpensier, entra, 1626, dans la conspiration tramée contre Richelieu par Anne d’Autriche, Mme de Chevreuse, Chalais et d’Ornano, mais abandonna ses amis en face du cardinal victorieux, épousa Mlle de Montpensier (qui mourut, 1627, en lui laissant une fille), et reçut le duché d’Orléans avec d’autres apanages et des pensions. Peu de temps après, il ne put sauver Bouteville et Des Chapelles, dont son intervention précipita même le supplice, et , allié d’Anne d’Autriche, il encourut avec elle la défiance de Richelieu. Longtemps occupé de plaisirs, qu’interrompirent les préludes du siège de La Rochelle, 1628, dont Richelieu lui retira le commandement , détourné par la reine-mère d'un mariage avec Marie de Gonzague, il passa en Lorraine, 1629, en revint pour prendre la lieutenance-générale du royaume pendant l’absence de Louis XIII , 1630, fut mêlé à la conspiration terminée par la Journée des dupes, 1630, abandonna Marillac et sa mère elle-même au ressentiment du ministre, puis, le menaçant imprudemment , dut se retirer à Orléans, d’où il prépara la guerre civile, puis en Bour-
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gogne, où le roi marcha contre lui, enfin une 2e fois dans la Lorraine, dont le duc lui accordait sa sœur, 1631. Il commença la lutte avec le concours des Espagnols, échoua, signa, après la bataille de Castelnaudary, le traité de Béziers (29 septembre 1632), par lequel il crut peut-être sauver Montmorency, son auxiliaire, et, après le supplice du maréchal, rejoignit sa mère à Bruxelles (janvier 163*3) • Louis XIII et Richelieu déclarèrent nul son mariage, bannirent du royaume Charles III (ou IV) de Lorraine et sa sœur, et occupèrent Nancy, 1634. Après des démêlés scandaleux à Bruxelles entre les officiers de la reine-mère et ceux de Gaston, celui-ci rentra en France, et se retira à Blois, 1635. En 1636, lieutenant-général de l’armée de Picardie contre les Espagnols, il connut, encouragea et n’arrêta qu’au dernier moment l’assassinat médité sur Richelieu par le comte de Soissons. Il refusa d’entrer dans le soulèvement de ce seigneur et des ducs de Guise et de Bouillon, 1641; mais, en 1642, il prit une part active à la conspiration de Cinq-Mars, négocia personnellement avec l’Espagne, et, le complot découvert, chargea ses complices, dont ses révélations seules prouvèrent le crime, le traité ayant été détruit. Louis XIII en mourant laissa la régence à Anne d’Autriche, la lieutenance générale du royaume à Gaston , mais sous l'autorité absolue du conseil présidé par Henri de Condé et Mazarin : le parlement , annulant la déclaration , accorda le pouvoir à la reine-mère, qui, bientôt mécontente des Importants, confia le gouvernement à Mazarin , et lui assura le concours de Gaston. En l’absence de Condé , occupé sur le Rhin , Gaston commanda l’armée des Pays-Bas : aidé par La Meilleraye et Gassion, il prit sur les Espagnols et sur Charles de Lorraine, son beau-frère, Gravelines et le Sasde-Gand, 1644, Mardick , Béthune, Cassel etSl-Venant, 1645, Courtrai et Bergues, Sl-Winox, 1646. Appelé par Anne, 1647, aux conférences du Luxembourg pour discuter avec le parlement hostile les mesures de finances, il y déploya de l’habileté, un sage esprit de conciliation et une élocution facile. Pendant la lre Fronde, fidèle à la cour, il l’accompagna à S'-Germain , fit avec Condé le blocus de Paris, assista au combat de Charenton , et contribua à faire signer la paix de Ruel , 1649. Dans la 2« Fronde, 1650-53, il changea fréquemment de parti, donna les mains à l’emprisonnement des princes , puis passa aux Frondeurs contre Mazarin, réclama, quoique avec répugnance, la liberté des princes, resta maître de Paris après le siège de Bordeaux et le 1er exil du ministre, traita avec les Espagnols, 1651, et bientôt, hostile encore à Condé, devint, sous la direction de Retz et de Mrae de Chev reuse, le chef des Frondeurs , parti mitoyen alors entre la cour et les princes. Quand Mazarin rentra en France, Gaston leva des troupes contre lui , et en même temps s’associa à la déclaration du parlement contre Condé et les Espagnols. Puis on le vit de nouveau se rapprocher de ce prince, rentré dans Paris après le succès de Bleneau , faire mine de se porter à son secours , dans le faubourg S'-Antoine, enfin se laisser arracher par sa fille l’ordre de tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales. Nommé par les parlementaires lieutenant-général du royaume, il les fit plus d’une fois insulter par la populace, et , quand les tumultes de Paris eurent abouti aux massacres de l’hôtel-de-ville, la séparation du parlement aux conflits des déclarations, Gaston, plus hésitant que jamais, se laissa persuader par Retz de traiter, et n’eut pas le temps de le faire avant la rentrée du roi dans Paris. Relégué à Blois, il n’eut plus désormais d’importance. Son fils unique, le duc de Valois, était mort, âgé de 2 aus, en 1652. Outre la célèbre Mademoiselle [V. Montpensier) , née de son 1er mariage, il laissa de sa 2e femme, Marguerite de Lorraine, 3 filles, mariées, l’aînée à Cosme 111 de Toscane; la 2e, au duc L.-J. de Guise; la 3°, à Ch. -Emmanuel II de Savoie. Son caractère a été parfaitement tracé par Retz : « Il entra dans toutes les affaires, parce qu’il n’avait pas la force de résister à ceux qui l’entraînaient, et il en sortit toujours avec honte, parce qu’il n’avait pas le courage de les soutenir. » Spirituel, ami des sciences naturelles, fondateur du jardin des plantes exotiques de Blois, il avait été grand protecteur de Voiture et de Vaugelas. Il a laissé des Mémoires de ce qui s'est passé en France de plus considérable de 1608 à 1635, Amsterdam, 1683, Paris, 1685, réimprimés en 1756. A. C.
ORLÉANS (Philippe Ier d’), chef de la 2e maison d’Orléans-Bourbon , 2e fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, frère unique de Louis XIV, né en 1640 à S*-Germain-en- Laye, m. en 1701, porta d’abord le titre de duc d’Anjou, 1640-1661. Mazarin le fit élever de manière à Veffémincr, se plaignant à son précepteur, La Mothe Le Vayer, des
études sérieuses qu’il lui faisait faire, et dont il est resté une traduction de Florus. Anne elle-même prolongea à dessein son enfance : de là son défaut d’énergie, ses goûts de plaisirs, sa dépendance de ses favoris, Son aumônier seul , Cosnac, évêque de Valence, éveilla en lui le désir de la gloire militaire. Marié une lre fois, 1661 , à Henriette d’Angleterre, dont il fut constamment jaloux, une 2e,
1671, à Charlotte-Elisabeth de Bavière, « qui mit 30 ans à le gagner », il avait été, dans les deux cas, subordonné aux systèmes politiques d’alliances avec l’Angleterre et avec les électeurs du Rhin. Ecarté des armées par la défiance jalouse de Louis XIV, il y donna passagèrement des preuves de grand courage; en 1667, dans la campagne de Flandre; en 1668, dans celle de Franehe-Comtc; en
1672, dans la guerre de Hollande ; en 1676 et 1677 surtout, lorsque, commandant, avec d’Humières et Luxembourg sous ses ordres, l’armée opposée au prince d’Orange, il le battit complètement à Cassel, et provoqua ainsi la reddition de Sl-Omer. 11 ne parut plus désormais que sous les ordres du roi devant Gand et Ypres , 1678 , Mons,
1691, et Namur, 1692. Dès lors, il mena une vie molle et
frivole à S^Cloud. Il maria ses filles du 1er lit , Marie- Louise, avec Charles II d’Espagne, 1679, et Anne-Marie, avec Victor-Amédée de Savoie, 1684, accrut sa fortune par l’héritage de Mlie de Montpensier, 1693, et par le don que lui fit , 1693, Louis XIV du Palais-Royal , et protesta contre le testament de Charles II d’Espagne, 1700, qui transmettait à Philippe d’Anjou la couronne d’Espagne, qu’il revendiquait comme fils d’Anne d’Autriche. Il laissa de son 2e mariage Philippe, plus tard régent, et Elisabeth-Charlotte, mariée, 1698 , au duc Léopold-Charles de Lorraine. A. C.
Orléans (Philippe II d’) ou le Régent, fils du précédent et d’Elisabeth-Charlotte de Bavière, né à Sl-Cloud le 2 août 1674, m. le 2 décembre 1723, porta le titre de duc de Chartres jusqu’à la mort de son père, 1701. Doué de facultés brillantes , pour lesquelles la littérature , les arts , les sciences, la politique , la guerre ne semblèrent qu’un jeu, il eut le malheur de tomber dans les mains de l’abbé Dubois ( V. ce nom ) , qui déprava son élève et se rendit nécessaire en triomphant des répugnances du jeune duc contre le mariage qui lui fut imposé, 1692, avec Mlle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Mroe de Montespan. Dès l’age de 17 ans , Philippe débuta avec éclat dans la carrière des armes : il se distingua sous les yeux du roi au siège de Mons, 1691, et à la prise de Namur, 1692. A Steinkerque,
1692, il fut blessé ; à Neerwinden, 1693, il faillit être pris en se laissant 5 fois emporter par son ardeur au milieu des ennemis. C’en fut assez pour donner de l’ombrage à Louis XIV ; il fut écarté de l’armée, et reçu froidement à Versailles. L’inaction le rendit à Dubois et aux désordres les plus scandaleux. Toutefois , il se livrait en même temps à son penchant pour les sciences et les arts. Avec son père , il protesta contre le testament de Charles II d’Espagne , et contre l’omission qui y était faite de leur maison en cas d’extinction de la branche aînée des Bourbons. Duc d’Orléans en 1701 , tout en formant sa cour des jeunes nobles cités pour leurs débauches et leur impiété, tout en vivant avec eux dans les plaisirs et les orgies, il suivit les événements , et porta , sur la marche des armées et le mérite des généraux, des jugements pleins de chaleur et d’autorité, qui arrivèrent aux oreilles de Louis XIV à l’époque des désastres : le roi oublia ses défiances, et lui donna le commandement de l’armée d’Italie occupée au siège de Turin; mais on ne lui laissait aucune initiative; à la bataille de Turin , perdue par Marsin , son second et son surveillant, 1706, il paya en vain de sa personne, et fut deux fois blessé. Envoyé en Espagne, 1707 , il soumit les royaumes de Valence et d’Aragon, prit Xativa et Alearaz, pénétra en Catalogne , emporta d’assaut Lérida, 1707 , fit en 1708 les heureuses expéditions de Dénia et d’Aiicante , prit Tortose , et fut reçu à Madrid avec de grands honneurs. Mais témoin de la faiblesse de Philippe V, excité peut-être par quelques grands d’Espagne , il convoita le trône de ce pays ; des indiscrétions le compromirent auprès de Louis XIV, qui l’eût fait traduire devant une commission comme criminel d'Etat, sans l’opposition énergique du duc de Bourgogne , et qui lui fit signer une renonciation formelle à toute prétention sur l’Espagne , 1709. Il fut de nouveau écarté des armées et de la cour. Ses expériences de chimie , l’accès au trône que semblaient lui ouvrir les morts rapides et mystérieuses du Dauphin , de la duchesse et du duc de Bourgogne, de leur fils aîné , donnèrent naissance au bruit qu’il les avait empoisonnés. Epouvanté des fureurs du peuple, il demanda à être mis en jugement ; mais Louis XIV s’y refusa , en repoussant hautement ces
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imputations. En mourant, il ne lui laissa par son testament que la présidence du conseil de régence , en remplissant ce conseil des ennemis du duc. Mais Philippe alla au Parlement, et se fit décerner la régence, avec le pouvoir absolu et la garde du jeune Louis XV. La Régence commence alors : elle s’étend du 2 septembre 1715 au 22 février 1723. Philippe saisissait le gouvernement dans les circonstances les plus difficiles. A l’intérieur, ce n’était que misères , ruines , désordres. On attribuait au silence du Parlement et à la roture des ministres toutes les calamités de la fin du règne précédent : le Parlement recouvra le droit de remontrances, qui devait lui être retiré en 1718 ; puis le Régent créa, et composa en majorité de nobles, 7 conseils, ainsi nommés : conseils de régence, de conscience, des affaires étrangères, de la guerre, des finances, de la marine, et de l’intérieur. Mais c’étaient, et sans responsabilité , par conséquent sans activité et sans autorité , 70 ministres au lieu de 5; il fallut revenir aux secrétaires d’Etat dès 1718. On avait souffert de la position faite aux bâtards légitimés : ils furent réduits , en 1717, au rang de leurs pairies, malgré la timide opposition du duc du Maine ; sa femme forma un noyau d’opposition à la cour de Sceaux, donna les mains aux projets d’Albéroni , et fomenta la conspiration de Cellamare ( V. ce mol) , qui , découverte par Dubois, aboutit à l’arrestation de cet ambassadeur, à une guerre contre l’Espagne, au supplice de 4 gentilshommes bretons, et à l’exil, dans leur terre de Sceaux, du duc et de la duchesse du Maine. Les affaires ecclésiastiques avaient tenu une grande place à la fin du dernier règne : le Régent, indifférent à la bulle Unigenitus (V. ce mot) , écarta les jésuites , rétablit dans son autorité le cardinal de Noailles, lais, sa respirer les jansénistes, et ouvrit les prisons aux dissidents persécutés ; mais, en retour de l’archevêché de Cambrai et du chapeau de cardinal, Dubois obtint du cardinal de Noailles et du Régent l’enregistrement de la bulle Unigenitus au grand-conseil et au Parlement , 1720. La Régence a laissé le souvenir du plus épouvantable relâchement desmœqrs : il s’opéra un passage subit de l’intoléranee à l’incrédulité, de la sévérité officielle à la licence la plus effrénée. La Régence fut d’ailleurs affligée par des fléaux naturels , la peste de Marseille entre autres, qui, en 1720, enleva 85,000 personnes en Provence. Quant aux finances, le déficit était immense (revenu brut, 165 millions; net, 69; dépenses, 147; déficit, 78 millions), et la banqueroute imminente. La dette, dont 1/3 presque immédiatement exigible, montait à 3 milliards 460 millions ( plus de 6 milliards de notre temps). On conseillait au Régent de ne pas l’accepter; il repoussa ce moyen , mais fit une révision sévère des titres de la dette , réduisit ainsi de moitié les billets d’Etat en circulation , diminua les rentes , établit une chambre de justice contre les traitants, dont plusieurs furent ruinés, mais dont le plus grand nombre transigea, enfin refondit les monnaies, et s’efforça de remettre les dépenses en équilibre avec les recettes. Ces moyens n’aboutirent qu’à réduire l’intérêt seul de la dette au chiffre de 80 millions, c.-à-d. à la moitié du revenu brut , et à faire perdre aux billets d'Etat 70 à 80 p. 100. I.aw ( V. ce nom ) se présenta alors et fut écouté ; son système , après un moment de succès , aboutit à un désastre ; les finances furent aussi embarrassées qu 'auparavant , et , pour satisfaire les créanciers de Law, l’Etat ajouta annuellement 40 millions au service des rentes , compensés du reste par les extinctions d’un grand nombre d'offices , et par le rachat de plusieurs branches de revenus aliénés. Pour les affaires étrangères , le Régent rompit avec la politique de Louis XIV, chassa de France le Prétendant , et se rapprocha de la maison de Hanovre, à l’instigation de Dubois que pensionnait l’Angleterre; il consentit à la ruine de la marine française, aux démolitions de Mardick et de Dunkerque , par le traité de la Triple alliance signé (4 janvier 1717) avec George Ier et la Hollande, contre Philippe V qui, affectant de soupçonner le Régent d’intentions criminelles contre Louis XV, et jaloux de s’assurer éventuellement des droits au trône de France, au mépris de ses renonciations antérieures, revendiquait la Régence. Mais les plans d’Albéroni ( V. ce mot) , l’occupation de la Sardaigne , 1717 , et de la Sicile , 1718, par l’Espagne, firent entrer dans la coalition ( Quadruple alliance , 2 août 17 18 ) l’Autriche menacée en Italie , et , quand la conspiration de Cellamare eut échoué, le Régent et George Ier commencèrent la guerre contre 3 hilippe V. Fontarabie , St-Sébastien et Urgel furent enlev és par Berwick , Albéroni expulsé de l’Espagne , et l’occident de l’Europe remanié (traité de Madrid, 1720) : la Sicile passa à 1 Empereur, le royaume de Sardaigne au duc de Savoie; l’expectative de Parme, Plaisance et la Toscane E-
furent accordées à l’aîné des Infantî d’Espagne. Le congrès de Cambrai, réuni pour résoudre les dernières difficultés, n’aboutit qu’après la mort du Régent aux traités de Vienne, 1725 , de Hanovre , 1725 , et de Séville , 1729. La Régence finit à la majorité de Louis XV. Dubois continua de gouverner pendant 7 mois; à sa mort (août 1723) , le duc d’Orléans , usé lui-même par ses excès , consentit à reprendre le pouvoir comme 1er ministre , et gouverna pendant 4 mois ( août-décembre 1723 ) , sans aucun fait important. Il laissa de son mariage avec la fille naturelle Je Louis XIV un fils ( V. l’art, suivant ) et 5 filles : M11<! de Chartres, morte abbesse de Chelles en 1743; Mlle de Valois, morte dushesse de Modène en 1761 ; Mlle de Montpensier, morte en 1742 veuve de Louis Ier d'Espagne; Mlle de Beaujolais, morte en 1734; et une 2e M1,e de Chartres , morte princesse de Conti en 1736. Sa fille aînée, la duchesse de Berry, célèbre par ses désordres, était morte avant lui. Le duc d’Orléans avait montré des qualités brillantes, un esprit vif, une conception prompte, une élocution facile et animée , de la générosité, de la bravoure , mais aussi des défauts doublement dangereux chez un prince, faiblesse et insouciance , paresse , scepticisme , corruption. Comme auteur et artiste, il a composé la musique de deux opéras sur des poèmes de La Fare, exécuté de grandes peintures sur les murs de Meudon , et gravé les estampes d’une édition do Daphnis et Chiné. A. C.
Orléans (Louis d’) , fils du Régent et de Françoise- Marie de Bourbon , né à Versailles le 4 août 1703 , m. en 1752, fut élevé par l’abbé Mongault, qui sut lui inspirer le goût de la religion , des lettres et des sciences. Colonel - général de l’infanterie française , il épousa , en 1724, Auguste -Marie - Jeanne de Bade, la perdit en 1726, se donna dès lors tout entier à la dévotion, et, sa charge étant supprimée par Fleury, il prit, en 1730, un appartement à l'abbaye de Ste- Geneviève , où il se fixa complètement en 1742, beaucoup plus occupé de bienfaisance, d’études artistiques , scientifiques , théologiques , et enfin de linguistique , que de son gouvernement du Dauphiné. Suspect de jansénisme, il se vit refuser la communion par l’abbé Bouettin, curé de Sl-Etienne-du-Mont, défendit qu’on l’inquiétât, et mourut administré par son aumônier. Protecteur des savants, dont il encouragea les expériences, il avait formé un magnifique cabinet d’histoire naturelle, un très-riche médaillier, et composé des ouvrages importants, demeurés manuscrits, sur les Ecritures, l’hébreu, et contre les spectacles. A. C.
Orléans (Louis -Philippe d’), fils du précédent, né à Versailles le 12 mai 1725, m. le 18 novembre 1785, porta jusqu’en 1752 le nom de duc de Chartres, commanda, dès l’âge de 12 ans, le régiment de Chartres- infanterie créé pour lui, fit, à la tête de la cavalerie, la campagne de Flandre, 1742, et celle d’Allemagne, 1743, dans laquelle il se distingua à la bataille de Dettingen, obtint le grade de maréchal de camp, et épousa, 1743, Henriette de Bourbon- Conti, dont l’esprit caustique troubla leur union et le rendit au service. Lieutenant-général en 1744, il assiégea Fribourg-en-Brisgau, servit devant Menin, Ypres, 1744, Tournay, 1745, se distingua à Fontenoy, 1745, à Raucoux, 1746, à Lawfeld, 1747. Gouverneur du Dauphiné, 1747, en survivance de son père, héritier du duché d’Orléans et des régiments de ce nom, 1752, il reparut, 1757, à l’armée du Rhin, enleva Winkelsen, et combattit à Hastenbeek. Trèsinstruit et d’un caractère généreux, il avait fait, le premier en France, inoculer ses enfants. Veuf en 1759, il vécut presque exclusivement dans sa délicieuse maison de Bagnolet, s’entourant d’hommes de lettres (Saurin, Collé, Carmontelle) , jouant la comédie, et encourageant les jeunes poètes. Mal avec la cour à l’époque des querelles des parlements, il refusa pourtant de s’associer aux ennemis de Maupeou, et de servir de chef à la noblesse bretonne contre les ministres. L’autorisation d’épouser en secret, 1773, Mme de Montcsson, fut peut-être la récompense de cette loyauté. Il faisait le bien dans le plus profond secret, dépensant en actes de bienfaisance plus de 250,000 livres par an. A. C.
Orléans ( Louis-Philippe- Joseph d’ ), fils du précédent et de Louise -Henriette de Bourbon -Conti, né à Sl-Cloud le 13 avril 1747, m. le 6 novembre 1793, conserva jusqu’à 38 ans le titre de duc de Chartres, et épousa, en 1769, Louise-Marie- Adélaïde de Bourbon-Penthièvre , petitefille du comte de Toulouse, et, par la mort du prince de Lamballe, son frère, héritière de la fortune et des terres de Penthièvre. Il voulut encore accroître son immense fortune par des spéculations , et ce fut l’origine des galeries qui entourent le jardin du Palais-Royal, à Paris. Trèsadroit à tous les exercices du corps , ami des nouveautés
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(il monta dans un des premiers aérostats), bruyant imitateur des vices du Régent, son bisaïeul, il força ainsi la duchesse à vivre à l’écart, fit élever ses enfants comme de simples particuliers, hors de son palais, et sous la direction absolue de Mme de Genlis, qu’il nomma leur gouverneur , en 1782. Dès 1771, il manifesta son opposition à la cour en signant la protestation des princes centre les édits de Maupeou. Blessé par quelques manques d’égards de la veine Marie -Antoinette , il lui voua une haine que diverses circonstances envenimèrent , et qui , plus tard , l’engagea lui-même davantage clans la Révolution. 11 devint, en 1776, le chef du parti des princes contre le parti de la reine, imputa à cette princesse le refus que lui fit Louis XVI de la charge de grandamiral , et, quand il eut pris part comme volontaire au combat naval d’Ouessaut (27 juillet 1778 ), qui lui valut d’abord les plus grands éloges, ensuite les plus vives épigrammes, il rendit encore la reine responsable de son rappel , quoique Louis XVI eût cédé à la demande de la flotte, et eût créé pour lui, comme compensation, la charge de colonel-général des hussards. Rendu à l’inaction et aux désordres moraux, il alla à Londres, d’où il importa les modes anglaises, envenima plus tard l’affaire du Collier ( V. ce mot), et passa pour avoir été l’instigateur du libelle odieux de Mme de La Mothe contre la reine. Grand-maître des francs-maçons de France, il sembla se créer ainsi un point d’appui pour des projets ultérieurs. Président du 3e bureau dans l’Assemblée des notables, 1787, il attira dans des conciliabules nocturnes les jeunes et ardents conseillers du parlement, les excita et les poussa à demander les Etats-Généraux; à la suite de la séance royale (19 novembre) par laquelle Louis XVI crut dompter le parlement, il fut exilé à Villers-Coterets (21 novembre), à cause de ses protestations contre l'enregistrement d’emprunts considérables. Il devint par là p«pulaire, tout en faisant ménager adroitement par la duchesse son retour à la cour. Partisan déclaré du tiers-état, multipliant les dons dans le rigoureux hiver de 1788-89, peut-être mêlé à l’affaire des ouvriers de Réveillon (avril 1789), il fut député aux Etats par la noblesse du bailliage de Crespyen-Valois, se lia d’abord avec Mirabeau, et fut un des premiers à se réunir au tiers. Il fut nommé à la présidence de l’Assemblée nationale, qu’il refusa; le jardin du Palais- Royal était devenu le centre publie de l’agitation populaire. Les groupes qui promenèrent dans Paris le buste du duc d’Orléans et celui de Necker, après le renvoi des ministres, étaient partis du Palais-Royal; son entourage, sinon lui, ne demeura pas étranger aux événements qui amenèrent la prise de la Bastille. 11 fut accusé d’avoir dirigé le mouvement des 5 et 6 octobre sur Versailles: on commença même contre lui, au Châtelet, une enquête qui dura un an; le rapport en fut présenté à l’Assemblée nationale, mais elle n’y donna pas de suite. Aussitôt après l’arrivée du Roi à Paris, La Fayette, trouvant urgent d’éloigner un prince qui semblait un prétendant, lui fit accepter presque de force une mission supposée en Angleterre; le duc resta 8 mois à Londres, où il demanda à représenter la France comme ambassadeur, et d’où il envoya par écrit le serment civique. De retour (11 juillet 1790), il fit attaquer sourdement, par ses confidents (Laclos, Sillery, etc.), La Fayette et les constitutionnels, soutint secrètement les républicains du Champ-de-Mars (juillet 1791) atteints par la loi martiale, et devint membre du club des Jacobins. Au mois d’août 1791, il s’opposa au décret qui privait les princes des droits de citoyen, déclarant qu’obligé d’opter, il choisirait le dernier titre. La fuite de Louis XVI avait éveillé chez lui des espérances qu’il cacha avec soin, et qui furent renversées par le serment du roi (14 septembre 1791). Il parut se rapprocher de la cour au début de l’Assemblée législative : nommé vice -amiral de France, il eut avec le roi un entretien, dont les effets furent fatalement conjurés par les humiliations que lui firent subir les courtisans quand il parut au lever du roi (janvier 1792) : il crut y voir le reflet des sentiments de Louis XVI et de Marie-Antoinette à son égard, et se lia plus intimement avec les Cordeliers, les Jacobins, la Commune de Paris; ses affidés furent certainement mêlés aux événements du 20 juin et du 10 août 1792. Ce fut après cette dernière journée que ceux qui l’avaient préparée et consommée lui persuadèrent, afin d’écarter les soupçons de royalisme ou de tyrannie, et de le faire entrer à la Convention, de renoncer à sou illustre nom, et de prendre celui de Philippe- Egalité, qu’on lui ferait proposer par la Commune; Manuel le lui offrit au nom de cette Commune; le prince parut l’accepter avec reconnaissance, et fut nommé député de Paris à la Convention nationale, avec l'appui de Danton
et de Manuel. Effacé par la Montagne, il s’attacha à ses chefs, qui, voyant qu’il avait dessein de s’abstenir dans le procès de Louis XVI, le forcèrent par leurs menaces à voter avec eux ; il vota donc la mort du roi sans sursis, sans appel au peuple, et n’en devint pas moins suspect dts les premiers indices du projet formé par Dumouriez de rétablir la constitution de 179] et de relever le trône pour un prince d’Orléans; il fut arrêté après la défection de ce général (7 avril 1793), transféré à Marseille (10 avril), ramené à Paris (septembre), jugé comme Girondin par le tribunal révolutionnaire, devant lequel il se montra ferme et dédaigneux, fut condamné et exécuté, après avoir été, dit-on, réconcilié avec la religion par un prêtre allemand, Lothringer, son compagnon de captivité à la Conciergerie. — Sa femme , la duchesse d’Orléans, née en 1753, m. à Paris en 1821, sut se concilier en tout temps l’estime et le respect des partis les plus opposés. Vertueuse, pieuse, bienveillante, elle conserva sa liberté jusqu’en 1794, passa des prisons du Luxembourg dans une maison de santé, 1794-97, fut privée de ses biens, proscrite, et conduite en Espagne, où elle retrouva sa fille (Mme Adélaïde), et d’où elle réconcilia son fils avec les Bourbons de Mittau; chassée d’Espagne par les événements de 1808, elle passa à Mahon, y embrassa, après 20 ans, son fils (Louis- Philippe), revit, à Palerme, la reine Caroline, qu’elle avait connue autrefois dans un voyage en Italie, et dont elle fit épouser la fille (Marie- Amélie) au duc d’Orléans son fils, se réfugia de nouveau à Mahon, revint en France (juillet 1814) , fut, pendant les Cent-Jours, entourée d’égards par Napoléon Ier, et, au second retour des Bourbons, réconcilia de nouveau son fils avec eux. Remise en possession de ses biens, elle en laissa par son testament 2/3 à Louis-Philippe et 1/3 à sa fille. De son mariago étaient nés : 1° Louis -Philippe ( V. ce nom) ; 2° Antoine- Philippe, duc de Montpensier ( V. ce nom) ; 3° Alphonse- Léodgard, comte de Beaujolais, né le 9 octobre 1779, captif à Marseille avec son père, m. à Malte, en 1808, auprès de Louis-Fhilippe , qui l’y avait conduit d’Angleterre à cause de sa santé; 4° Louise-Marie- Adélaïde-Eugénie (F. Adélaïde). A. C.
Orléans ( F erdinand - Philippe - Louis - Charles - Henri- Rose d’), fils de Louis-Philippe et de Marie-Amélie de Bourbon-Sicile, né à Palerme le 3 sept. 1810, m. en juillet 1842, porta jusqu’en 1830 le titre de duc de Chartres, fit de fortes études au collège royal Henri IV, fut nommé en 1825 colonel du 1er régiment de hussards, apprit à Joigny, où il tenait garnison , les premiers mouvements de juillet 1830, et vint aussitôt , avec son régiment, rejoindre son père à Paris. Duc d’Orléans et prince royal par l’avénernent de Louis-Philippe, il alla distribuer aux départements le drapeau tricolore, calmer en 1831 les agitations de Lyon, et, en 1832, pendant les ravages du choléra à Paris, visiter et encourager les malades de l’IIôtel-Dieu. Il servit sous le maréchal Gérard en Belgique, commanda l’avant-garde avec sang-froid et résolution , et contribua à la prise d’Anvers pour son beau-frère Léopold. En 1835, au moment où Abd-el-Kader venait de triompher à la Macta, il passa en Afrique sous le maréchal Clauzel , commanda l’expédition contre Mascara, où il entra, après avoir été blessé au combat de l’Habrah. Après un voyage en Prusse, à Vienne, et en Italie, après le vote des chambres qui lui accorda une dotation importante ( 22 avril 1837 ), il repassa en Afrique, 1839, sous le maréchal Valée, demanda le commandement d’une des deux divisions chargées de forcer les Bibans ou Portes-de-Fer, franchit ce défilé malgré les obstacles opposés par les rochers , les eaux et le khalifa Ben-Salem , et entra dans la Maison- Carrée. L’année suivante, l’armée le demanda pour chef de l’expédition dirigée contre la province de Tittery, à la suite de l'héroïque résistance de Mazagran. Il dissipa pro> du lac Kalloulah les contingents de Ben-Salem, franchit le col de Mouzaïa, défendu par Abd-el-Kader en personne, enleva Médéah, Milianah, 1840, et assura ainsi la possession de la rive droite du Chélif central. De retour en France, il créa et organisa à Sl-Omer, 1840, avec le duc d’Elehingen , les Chasseurs d'Orléans (auj. Chasseur.-, à pied ou Chasseurs de Vincenues). Le 30 mai 1837, il avait épousé la princesse protestante Hélène de Mecklembourg-Schwériu; il en eut deux fils : 1° Louis -Philippe, comte de Paris (24 août 1838); 2» Ferdinand-Philippe, duc de Chartres (28 avril 1842). Au mois de juillet 1842, sur le point de partir pour inspecter les régiments de S'-Omer, il allait à Neuilly faire ses adieux à son père; ses chevaux s’emportèrent sur le chemin de la Révolte , il sauta de voiture, et, retombant sur le sol, s'y brisa la I tête. Une chapelle a été érigée eu cet endroit, sous le vo-