‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 262 sur 864 · P AI · texte numérisé non relu

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à Paris, débuta au barreau de sa ville natale, s’inscrivit au barreau de Paris en 1824, et mérita, par son caractère et son talent, d'en être élu bâtonnier en 1839. Membre de la Chambre des Députés en 1846, il fut aussi envoyé à l’Assemblée législative de 1849. Au barreau, la solidité de son savoir, la sagacité de son jugement, la puissance de j sa dialectique, la correction et la pureté de son langage, le placèrent au premier rang; il sut doucement émouvoir, et manier avec grâce l’arme de l’ironie, mais manqua d’élan et de passion. B.

PA1LLOT DE MONTABEltT, peintre, né à Troyes en 1771, m. en 1849, quitta la France à la Révolution, alla en Allemagne, en Flandre, en Amérique, et à Rome, et, de retour en France, entra dans l’atelier de David. Il exposa, en 1802, un Jupiter; en 1804, Stralonice et Anliochus; en 1808, Geneviève de Brabant; en 1810, Léda, qui lui valut une médaille d’or ; en 1817, Diane venant visiter Endymion.

Il est auteur d'un Traité complet de ta peinture , ouvrage immense, qui lui coûta plus de 30 années de travail, ün lui doit aussi la réhabilitation du procédé encaustique , ■qui servit à la restauration des fresques du château de Fontainebleau. R — T.

PAIMBCEUF, s.-préf. (Loire-Inférieure), sur la rive g. et à 20 kil. de l’embouchure de la Loire, à 34 kil. O. de Nantes; 3,196 hab. Fondé à la fin du xvilc siècle, il sert de port à Nantes, quoique sa rade soit peu profonde. Un môle de 70 mèt. de long sur 7 de large, construit en 1782, y garantit les navires des gros temps. Tribunal de lre instance, collège. Ecole d’hydrographie; construction de navires, eorderies et scieries à vapeur et à bras. Armements pour la pêche de la baleine. Commerce de grains, farines, bois, porcs, etc.

PAIMPOL, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 40 kil. N. -U. de Sl-Brieuc; 1,708 hab. Baigné de trois côtés par l’Océan, il a 2 bons ports naturels. Fabr. de cordages, brosserie, tanneries. Etablissement d’eaux minérales. Cabotage. Pêche de la morue. Paimpol fut presque détruit sous la Ligue, en 1593.

PAIMPONT, brg (Ille-et-Vilaine), arr. et à 23 kil. S. -O. de Montfort-sur-Meu, prés d’une vaste forêt et sur les bords d’un étang ; 162 hab. Forges, feux d’affiaerie, hauts-fourneaux, fonderie.

PAIN (Marie-Joseph) , chansonnier et poète comique , né à Paris en 1773, m. en 1830, ne travailla que pour les théâtres de vaudevilles , où il obtint de nombreux succès , et une célébrité auj. passée. 11 fut censeur des journaux sous la Restaurarion. Parmi ses comédies-vaudevilles , nous citerons : l 'Appartement à louer, 1799 ; Tcniers , 1800 ; Allez voir Dominique , 1801 ; Fanchon la vielleuse , en 3 actes, 1803; Amour et Mystère , 1807, etc. La plupart de ses ouvrages ont été faits en collaboration avec Bouilly , Dumersan. Vieillard , etc.

PAIN BÉNIT, pain que les fidèles, dans l’Eglise catholique, offrent tour à tour dans leur paroisse, pour être bénit et distribué le dimanche, à la grand’messe. C’est une image des agapes ( V . ce mot), ou un souvenir des offrandes que les premiers chrétiens apportaient à l’église. On dit que l’usage de distribuer le pain bénit a été établi dans un concile de Nantes, en 655.

pain calendaire, pain qui s’offrait autrefois, dans certaines églises, à la fête de Noël , fête appelée quelquefois Cnlende.

pains de proposition, pains de pur froment et sans levain, au nombre de 12, par allusion aux 12 tribus d’Israël, et qui étaient placés, le matin de chaque sabbat, en présence de Dieu sur la table d’or, dans le saint lieu.

PAINE (Thomas), publiciste anglais, né en 1737 à Thetford (Norfolk), m. en 1809, fut successivement fabricant de corsets, employé dans l’accise, sous-maître d'école à Londres, passa en Amérique, y écrivit dans les journaux en faveur de l’indépendance des colonies, et défendit encore cette cause dans un célèbre pamphlet, le Sens commun, 1776, trad. en français par Labaume, 1793, in-8°. Il obtint ensuite une place de secrétaire aux affaires étrangères, et fut envoyé en France pour négocier un emprunt. Plus tard, de retour à Londres, il se fit traduire en 1791 devant la cour du Banc du Roi pour la publication des Droits de i homme, se réfugia en France, et, bien qu’étranger, fut député du Pas-de-Calais à la Convention. Dans le procès de Louis XVI, ayant voté pour le bannissement et la détention jusqu’à la. paix, puis pour le sursis, il devint suspect à Robespierre, qui le fit rayer de l’assemblée et enfermer au Luxembourg. Ce fut là qu'il écrivit un nouveau pamphlet, l’Age de la raison. Rendu à la liberté sur les réclamations du ministère américain, il reprit sa place à la Convention en 1794, et présenta, eu 1795, une Disse r- !

tation sur les premiers principes du gouvernement. Quelque temps après, il retourna aux Etats-Unis.

PAIRS ( du latin pares, égaux ) . Ce mot , dans son acception primitive, n’indiqua point une dignité spéciale. Les vassaux d’un même seigneur s’appelaient pairs entre eux, et formaient des tribunaux pour juger leurs égaux : le comte était jugé par des comtes, l’évêque par des évêques, et ainsi des autres personnes. La pairie, dans le sens plus moderne du mot, ne fut constituée que du moment où le nom de pair fut appliqué et réservé à certains individus d'un rang très-élevé, c.-à-d. lorsque les fiefs devinrent héréditaires; les pairs du roi ou pairs de France commencèrent, à partir de la dynastie capétienne, à être distingués des autres barons. Au xne siècle , on en comptait 12, dont 6 séculiers ( les ducs de Normandie, de Bourgogne, de Guyenne, les comtes de Flandre, de Toulouse, de Champagne), et 6 ecclésiastiques (l’archevêque de Reims, les évêques de Laon, Langres, Beauvais, Châlons, Noyon). Les pairs, dans le principe, assistaient le roi de leurs conseils dans les affaires difficiles, et l’aidaient à rendre la justice, ainsi que les autres pairs de fiefs le faisaient envers leurs seigneurs. Ce fut ainsi qu’ils jugèrent , en 1203, Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre et duc de Normandie. Plus tard, ils siégèrent près du roi aux Etats-Généraux ; ils firent partie du parlement, où ils prenaient place à droite du 1er président, immédiatement après les princes ; dans les lits de justice, ils opinaient les premiers, et , dans les autres séances, après les présidents et les conseillersclercs. Au sacre du roi, les pairs assistaient avec l’habit royal et la couronne en tête, et soutenaient tous ensemble la couronne du monarque, dont ils recevaient le serment; chacun d’eux avait, en outre, des fonctions spéciales : l’archevêque de Reims avait le privilège d'oindre, sacrer et couronner le roi; l’évêque de Laon portait la sainte Ampoule ; celui de Langres, le sceptre ; celui de Beauvais, le manteau royal ; celui de Châlons, l’anneau ; celui de Noyon, la ceinture ou baudrier; le due de Bourgogne portait l’épée royale et la ceignait au roi ; le duc de Guyenne portait la lre bannière carrée; le duc de Normandie, la 2e; le comte de Toulouse, les éperons; le comte de Champagne, la bannière royale; le comte de Flandre, l’épée du roi. Dans l’origine, la pairie était inhérente à un fief, à la propriété d’une terre : à partir de Philippe le Bel, les rois s’attribuèrent le droit de créer des pairs. Mais la pairie ne s’acheta jamais, et elle ne se transmit d'ordiuaire qu'en ligne directe. Les princes du sang étaient pairs nés. En 1643, un arrêt du parlement , toutes chambres assemblées, fixa à 25 ans l'âge pour être pair. Un moine ne pouvait le devenir. A défaut de mâles, les femmes purent hériter de grands fiefs, et , par conséquent , exercer les droits de la pairie, sauf, depuis la fin du xive siècle, l’entrée au parlement. Le nombre des pairs de France s'accrut à partir du xvie siècle; il y en avait 38 en 1789. La pairie, supprimée par la Révolution, fut rétablie en 1814, et la Chambre des Pairs devint portion essentielle de la puissance législative. Le nombre des membres fut illimité; la nomination en était réservée au roi, qui pouvait les nommer à vie ou les rendre héréditaires ; les pairs avaient entrée dans la Chambre à 25 ans, et voix délibérative à 30 ; ils ne pouvaient être arrêtés que de l’autorité de leurs collègues, ni jugés que par eux en matière criminelle. La connaissance des crimes de haute trahison et des attentats à la sûreté de l'Etat leur fut réservée. On leur assigna le palais du Luxembourg. Nul étranger ne pouvait être nommé pair, à moins de lettres de naturalisation accordées par le roi pour d'importants services et vérifiées par les deux Chambres. En 1831, l’hérédité de la pairie fut abolie. La Chambre des pairs, débordée de jour •en jour, comme pouvoir législatif, par la Chambre des députés, a été supprimée en février 1848. — En Angleterre, les Pairs sont les membres de la Chambre des Lords ( V . Parlement anglais). B.

PAIS1ELLO (Jean), compositeur de musique, né à Tarente en 1741, m. à Naples en 1816, étudia sous Durante. Après de nombreux succès en Italie, il fut appelé en Russie, 1776, par Catherine II , qui le retint neuf ans à sa cour. Plus tard, Napoléon 1er le traita avec magnificence, et son frère Joseph le nomma directeur du Conservatoire de Naples en 1806. Si Paisiello eut moins de verve que Guglielmi , moins d'abondance que Cimarosa, il l'emporta sur ces maîtres dans le style d’expression. Ses opéras principaux sont: Il marche.se Tulipano, Olimpia, la Frascatana, la Molinara, Nina, Il re Teodoro, où l’on trouve le 1er modèle des finales ou grands morceaux d’ensemble, la Serva padronn, la Pazza per amore, un Barbier de Séville, oublié depuis celui de Rossini. On lui doit aussi d’excellents

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