‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 274 sur 864 · PAPES NOMMÉS PAR LE CONCILE DE PISE · texte numérisé non relu

PAPES NOMMÉS PAR LE CONCILE DE PISE

Alexandre Y. . .

Jean XXIII. . . .

Déposé en 1415 par le concile de Constance,

reconnaît Martin V pour vrai pape en 1419.

Calixte III

Paul V

Pie II

Grégoire XV.. . .

Paul II

Urbain VIH. . . .

Sixte IV

Innocent X

Innocent VIII. .

Alexandre VH. .

Alexandre VI. .

Clément IX

Pie III

Clément X

Jules II

Innocent XI....

Léon X

Alexaudre VIII.

Adrien VI

Innocent XII. . .

Clément VII...

Clément XI

Paul III

Innocent XIII. . .

Jules III

Benoit XIII

Marcel 11

1555 si

Clément XII. .. .

Paul IV

Benoit XIV

Pie IV

Clément XIII...

S‘ Pie V

Clément XIV. . .

Grégoire XIII..

Pie VI

Sixte-Quint. . . .

Pie VII

Urbain VIL . . .

Léon XII

Grégoire XIV..

Pie VIII

Innocent IX....

Grégoire XVI...

Clément VIII. .

Pie IX , élu en

Léon XI

juin 1846.

les principaux écrits, histoires, ou traités à consulter :

PAP

Bossuet, Sermon sur l'unité de l'Eglise; Cl. Fleury, Histoire ecclésiastique, 1691 et suiv., 20 vol. in-4°; Frayssinous, Les vrais principes sur les libertés de l’Eglise gallicane, 1818 , in-8° ; J. De Maistre, Du Pape, Lyon, 1819, 2 vol. in-8° ; De l’Eglise gallicane dans ses rapports avec le souverain pontife, Paris, 1821, in-8° ; L. de Maslatrie, Chronologie historique des papes , des conciles généraux, etc., Paris, 1838, 1 vol. in-8°, 2° édit.; Ranke, Histoire de la papauté pendant les xvie et xvne siècles, trad. de l’allemand par Haiber, Paris, 1837 , 4 vol. in-8° ; F. Walter, Manuel de droit ecclésiastique, trad. de l’allemand sur la 8e édit., par de Roquemont, Paris, 1841, in-8°; Gosselin, Sur le pouvoir du pape au moyen âge, Paris, 1845, in-8°; Alzog, Histoire universelle de l’Eglise, trad. de l’allemand par Goschler, Paris, 1849, 2e édit., 3 vol. in-8°; Mgr Dupanloup, Sur la Souveraineté temporelle du Pape, Paris, 1849, br. in-8° et in-18 ; M. Wallon, Leçon d’ouverture à la Sorbonne, janvier 1850; John Miley, Histoire des Etats du Pape, traduite de l’anglais par Ouin- Lacroix, Paris, 1851, in-8°, etc. (F. aussi l’art. Eglise (Etats de Z’). R.

PAPEBROCH ou PAPEBROECK (Daniel), savant Jésuite , né à Anvers en 1628 , m. en 1714 , fut un des collaborateurs des Acta sanctorum avec les Pères Bolland et Henschen , et s’attira la colère des Carmes pour avoir nié que leur ordre remontât au prophète Elie ; mais l’Inquisition de Madrid et le pape décidèrent qu’il avait raison. Sa part principale dans les Acta sanctorum consiste dans les volumes qui contiennent les mois de mars, d’avril , et de mai , dont il a fait seul 9 vol., et en collaboration, 13 vol. pour la fin de mai, et pour juin. On a de lui, en outre, des Réponses aux accusations des Carmes, en latin , 4 vol. in-4°. Papebroch était fort instruit en histoire, en chronologie, et en diplomatique. C. N.

PAPEGAI , oiseau de carte ou de bois, que, dans certaines provinces de France, on mettait au bout d’une perche, pour servir de but aux tireurs d’arc ou d’arquebuse. Les compagnies de tireurs donnaient un prix à celui des leurs qui l’abattait. Papegai est un vieux mot, qui signifie perroquet. Dans certaines provinces on l’appelait papegault.

PAPËITI, port sur la côte de Taïti, ch.-l. du protectorat français dans l’Océanie. On y a construit un arsenal, deux quais d’abattage, et deux cales de halage. Environ 280 navires y abordent ou en sortent chaque année. Commerce d’huile de baleine.

PAPELS ( Pays des ) , en Sénégambie , au S. de la riv. de San-Domingo; v. princip. , Cachao.

PAPENBURG , v. de Hanovre, port de commerce sur un canal qui l'unit à l’Ems, à 40 kil. S. d’Embden; 4,000 hab. Tourbe ; chantiers de construction , forges à ancres, fabr. de toile à voiles et de cordages.

PAPENCORDT (Félix) , né à Paderborn en 1812, ra. en 1841, aété couronné en 1835 parl’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de France pour un Mémoire sur la Domination des Vandales en Afrique, et est auteur d’un livre intitulé : Rienzi et Rome à son époque.

PAPHLAGONIE, anc. pays du N. de l’ Asie-Mineure , avait pour limites : au N., le Pont-Euxin ; à l’E., vers le Pont et la Cappadoce , le fleuve Halys ; au S. , du côté de la Galatie , les monts Orminion et Olgassys ; à l'O. , vers la Bithynie , le fleuve Parthénius. Il présentait sur la côte deux caps : Syrias , près de Sinope ( auj . Pachious J , et Karambis ( Kerembeh). Le littoral était fertile, planté d’oliviers , tandis que le haut du pays était montagneux et couvert d’épaisses forêts. Les chevaux et les mulets paphlagoniens étaient célèbres. Les Paphlagoniens secoururentTroie contre les Grecs, sous la conduite de Pyloemèue, qui donna au pays le nom de Pyloemenia. Ils étaient , comme les Cappadociens , de race syrienne, c.-à-d. sémitique, et leur langue était différente de celles des populations thraces ou celtiques qui les entouraient. Crésus les soumit; ils furent compris ensuite dans l’empire persan , où leur territoire forma une portion de la 3° satrapie , mais en conservant des princes particuliers. Après la mort d'Alexandre, la Paphlagonie appartint tour à tour à Antigone, à Lysimaque , à Séleucus , puis elle reconquit son indépendance, et l’on connaît, au ne siècle, 3 de ses souverains, Morzès pr (m. en 179), Pylœmène Ier (vers 131), et Pylœmène II , 121. Ce dernier légua ses Etats à Mithridate, roi de Pont, qui fut obligé d’abord de les partager avec Nicomède, roi de Bithynie, à qui il laissa l’intérieur; mais bientôt il en chassa Philémon , fils de Nicomède , qui était venu l'occuper. Ce prince fut rétabli par les Romains , et leur légua ses Etats, 63. La Paphlagonie fut alors unie au gouvernement de Pont-et-Bithynie ; plus tard, sans doute sous Constantin, elle forma une province spéciale, ayant Ganqra

PAP

PAP

( Kiangari ) pour capitale, et dépendant du diocèse de Pont, de la préfecture et de l'empire d'Orient. Los autres villes étaient : sur la côte, Sésainos ou Amastris, Cromna, Cyboros (auj. Kidras) , Cimolis, Stéphane, Sinope , Carousa (auj. Gherseh) ; dans l’intérieur, Pompéiopolis. Auj. ce pays correspond aux livahs de Sinope, de Zafaranboly, et de Kastamouni dans ce dernier eyalet, et au N. du livah de Kiangari dans l’eyalet de Bozoq. C. P.

PAPHNUCE (Saint), évêque de la Haute -Thebaide dans le IVe siècle, souffrit pour la foi pendant la persécution de Galérius et de Maximin, et assista plus tard au concile de Nicée. Il soutint la cause de saint Atlianase au concile de Tyr. Fête, le 11 septembre.

PAPHOS , nom de deux villes situées au S.- O. de l’île de Cypre : l’une, l’ancienne Paphos ou Palé-Paphos, fut fondée, un peu avant la guerre de Troie, par le Phénicien Oinyras, qui y bâtit, en l’honneur de la Vénus phénicienne, Astarté, un sanctuaire déjà célèbre dans tout l’Orient à l’époque d’Homère; l'autre, à 60 stades à l’O. de la précédente, et appelée la Nouvelle-Paphos ou Nea-Paphos, fut fondée, au retour de la guerre de Troie, par Agapénor, qui commandait les Arcadiens au siège de cette ville; et ces Grecs, trouvant une grande analogie entre leur Aphrodite, divinité pélasgique, et l’Astarté phénicienne, symboles l’une et l’autre de la force créatrice et reproductrice de la nature , les deux divinités ne furent plus distinguées. Cependant l’élément phénicien semble avoir prévalu dans le fond, puisque la déesse fut toujours adorée sous la figure d’un bloc de pierre conique, et l’élément grec dans la forme, les Hellènes ayant fait disparaître jusqu’au nom d’Astarté sous les légendes dans lesquelles ils enveloppèrent leur Aphrodite, qu'ils firent naître, sur le rivage de Paphos, de l’écume de la mer. Les deux villes n’eurent qu’un seul gouvernement, sous l’autorité des Cinyrades, Le plus âgé de cette famille était le chef de la religion et de l’Etat ; les autres membres formaient son conseil. Comme chef religieux, il avait juridiction sur l’ile entière ; comme chef politique, il portait, ainsi que les huit autres petits princes entre lesquels l’île était divisée, le titre de roi. Palé-Paphos resta la ville sainte, et c’est d’elle que parlent les poètes lorsqu’ils célèbrent Paphos et ses fêtes ; dans les historiens, au contraire, il est surtout fait mention de Nea-Paphos, qui devint une importante place de commerce. Paphos, comme les autres villes de l’île, conserva ses rois particuliers, sous la domination des Perses et sous celle d’Alexandre, à la condition de payer un tribut, et de fournir des vaisseaux quand elle en serait requise. Le partage de 311 ayant donné l’île entière à Ptolémée, Nicoclès, roi de Paphos , traita néanmoins avec Antigone, fut , pour cette trahison , mis à mort par ordre de Ptolémée, avec toute sa famille, 310, et Paphos perdit alors toute indépendance; son pontife était soumis, même sous le rapport religieux, au stratège ou gouverneur envoyé d’Egypte avec les titres et l’autorité de général , d’amiral et de grand-prêtre. Elle passa avec le reste de l’ile sous la domination romaine, en 59, et Nea-Paphos devint, lors de la réorganisation de l'Empire par Auguste, le chef-lieu d’un des quatre districts de l’ile. Elle s’appelle auj. Baffa, et n’est plus qu’un pauvre village. Palé-Paphos, dont les ruines sont auprès du village actuel de Kouldia, fut détruite par un tremblement de terre sous Auguste, qui la reconstruisit et lui donna le nom de Sébaste. Au ive siècle , le christianisme fut introduit dans l’île , le temple de Vénus renversé, et un évêché établi à Paphos même. — Le rivage qui s’étendait entre les deux Paphos était la région sainte de l’île de Chypre, et couvert de jardins sacrés et d’autels qui servaient de stations aux processions solennelles. Dans la grande fête de la naissance de Vénus, on sacrifiait aux deux temples de Palé-Paphos, situés, l’un près de la mer, où l’on voit encore des vestiges de cet édifice, des fragments de murailles, des débris de colonnes, et une large table de marbré pour les sacrifices; l’autre, dans l’intérieur des terres, sur les bords du Bokaros, au milieu d’un bois de myrtes et de lauriersroses : on en voit encore l’enceinte, vaste rectangle de 150 pas de longueur sur 100 de large, rempli de tronçons de colonnes, de chapiteaux, d’inscriptions grecques et phéniciennes; au milieu de ces ruines s’élève une petite église grecque consacrée à la Vierge. C. P.

PAPIA, nom latin de Pavie.

PAPIAS (Saint), disciple de S* Jean l’Evangéliste, m. vers 156, fut évêque d’Hiéraple (Phrygie), et composa une Explication des discours du Seigneur, dont il ne reste que des fragments. Quelques canonistes lui imputent «avoir le premier donné cours à l’opinion des Millénaires, r ete, le 12 février.

papias , grammairien du xie siècle, est auteur d’un précieux Vocabularium latinum , imprimé pour la lre fois à Milan, 1476, in-fol.

PAPILLON (Almague), poète français, né à Dijon en 1487, m. en 1559, fut valet de chambre de François Ier, qu’il suivit dans sa captivité en Espagne. On a de lui : le Nouvel amour ; Victoire et triomphe d’ Argent contre le dieu d'Amour, Lyon, 1537 ; Victoire et triomphe d' Honneur et d' Amour contre Argent , etc.

papillon | Marc de) , seigneur de Lasplirise, né à Amboise en 1555, m. vers 1599, suivit d’abord la carrière des armes, puis se livra avec succès à la poésie. On a de lui: Amours de Théophile; Amours de Noémi ; la Nouvelle inconnue, imitation de Boccace; des Elégies, des Poésies chrétiennes , qui ne manquent ni de verve ni d’imagination.

papillon (Philibert), né à Dijon en 1666, m. en 1738, chanoine dans sa ville natale, a laissé, entre autres ouvrages estimés : Vie de Pierre Abailard , 1702; Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, 1742-45, 2 vol. in-fol.

papillon (Jean), graveur sur bois, né à Rouen en 1639, m. à Paris en 1710. fut éclipsé par d’autres membres de sa famille. Il avait du talent d’exécution, mais peu de dessin. — Son fils aîné, Jean papillon, dit le Jeune , né à S*-Q’«entin en 1661, m. en 1710, inventa le trusquin; on estime ses portraits de Paul 111 , de Jules III et de Pie IV. — Jean-Baptiste papillon, neveu du précédent, né à Paris en 1698, m. en 1776, excella dans les fleurons, et publia un Traité historique et pratique de la gravure sur bois, Paris, 1766, in-8°.

PAPIN (Denis) , savant français, né à Blois en 1647 , m. en 1710, s’adonna dans sa jeunesse à la médecine, prit ses grades à Paris, s’occupa de mécanique et fut admis en qualité d’aide auprès d’Huyghens, passa ensuite en Angleterre, où Boyle, qui l’avait associé à quelques-unes de ses expériences, le fit nommer membre de la Société royale de Londres en 1681. Forcé de s’expatrier par suite de la révocation de l’édit de Nantes, 1685, il se retira en Allemagne, et professa avec distinction les mathématiques à l’université de Marbourg, 1687. Il fut nommé correspondant de l’Académie des sciences de Paris en 1699. Il a publié, dans les Acta eruditorum, Leipzig, 1690, un Mémoire très - remarquable sur l'Emploi de la vapeur d’eau comme moteur universel. M. Kuhlmann, professeur à Hanovre, a découvert, en 1852, dans la bibliothèque de cette ville, des documents constatant que Papin avait fait construire sur la Fulde, en 1707, un bateau à roues, mues par une machine à vapeur. Outre un grand nombre d’autres Mémoires , dans les Transactions philosophiques , dans la République des Lettres , on a de Papin : Dissertation sur la manière d’amollir les os, et de faire cuire toutes sortes de viandes en fort peu de temps et à peu de frais, avec la description de la machine, Paris, 1682, in-12 de 176 pages, avec une planche, Amst. , 1688 ; de là l’invention de la machine appelée Digesteur ou Marmite de Papin, vase hermétiquement fermé qu’il a imaginé pour retirer des os la gélatine, et en faire du bouillon ; Recueil de diverses pièces touchant quelques nouvelles machines, Cassel, 1695; Nouvelle manière d'élever l’eau par la force du feu , Cassel , 1707. D— s.

papin (Isaac), théologien protestant, cousin du précédent, né à Blois en 1657, m. en 1709, eut de vives discussions avec Jurieu , passa en Angleterre, puis en Allemagne, où ses ennemis le poursuivirent , et , de retour en France, abjura entre les mains de Bossuet, 1690. Ses OEuvres ont été réunies à Paris, 1723, 3 vol. in-12.

PAPINIEN, Æmilius Papinianus, le plus célèbre jurisconsulte de l’antiquité, né en Phénicie vers 142, m. en 212, fut avocat du fisc sous Marc-Aurèle, édile sous Commode, et maître des requêtes ( magisler libellorum ) sous Septirae-Sévère. Il amena ce dernier à abroger la loi Pappia, et à remettre en vigueur la loi Julia contre l’adultère. Nommé préfet du prétoire, loin d’exciter Sévère contre les chrétiens, ce dont l’accuse Baronius, il adoucit son humeur farouche, et lui conseilla la tolérance. L’empereur, en mourant, lui recommanda ses deux fils, Caracalla et Géta. Papinien défendit en vain Géta contre son frère, et fut exilé; lorsque Caracalla eut consommé son fratricide, il demanda, avec menace, à Papinien , d’en faire l’apologie devant le peuple : le vertueux jurisconsulte s’y refusa, et Caracalla lui fit trancher la tête. Papinien était auteur de 37 livres de Questions, dissertations sur des points de droit ; 10 livres de Réponses, consultations sur des cas particuliers ; 2 livres de Définitions, règles ou maximes générales du droit , etc. Ces ouvrages devinrent la base du haut enseignement dans les écoles romaines. Tous les

PAR

PAP

fragments de Papinien ont été recueillis et commentés par Cujas. V. sa Vie par Everard Otto, Brême, 1743.

PAPIRIUS , et plus anciennement Papisius, nom de deux familles romaines : l'une, patricienne, comprenait les Crassus, les Mugillanus, les Atratinus, les Cursor, les Maso, les Prætextatus, et les Pœtus; dans la 2e, plébéienne, on distinguait les Carbon.

papirius ( Publius-Sextus), patricien et jurisconsulte romain , fut chargé par le sénat et le peuple, sous le règne de Tarquin le Superbe, de recueillir les lois rendues par les 6 premiers rois de Rome. Son travail fut appelé Code Papirien. V. Gluck, de Jure civili Papiriano, Halle, 1790, in-4°; Einert, de Papirio, Leipzig, 1798, in-4°.

papirius cursor (Lucius), d'une illustre famille patricienne de Rome, deux fois dictateur, cinq fois consul, se distingua dans la guerre du Samnium, l’an 410-462 de Rome, 343-291 av. J.-C., et prit Lucérie, l’an 433 de Rome, 320 av. J.-C. Extrêmement sévère pour la discipline , il condamna à mort son maître de la cavalerie Fabius Rullianus, victorieux dans un combat livré malgré sa défense. Le peuple tout entier put à peine le fléchir par ses prières. — Son fils, qui porta les mêmes noms, battit aussi les Samnites vers l’an 460 de Rome, 293 av. J.-C., puis les Brutiens, et obtint le triomphe.

papirius maso (Caïus) , consul l’an 522 de Rome, 231 av. J.-C., réduisit la Sardaigne et la Corse en provinces romaines, et, n’ayant pas obtenu du sénat d’entrer en triomphe à Rome, alla triompher sur le mont Albain.

PAPIRIUS CARlîON. V. CARBON.

PAPISTES, nom donné aux catholiques par les membres des églises protestantes , surtout en Angleterre , en raison de leur soumission à l’autorité du pape.

PAPON (Jean-Pierre), né au Puget, près de Nice, en 1734, m. en 1803, entra dans la congrégation de l’Oratoire, puis professa la rhétorique à Marseille, et devint bibliothécaire de cette ville. Il a laissé, entre autres travaux : Histoire de Provence, 1777-86, 4 vol. in-4°, ouvrage très-estimé; Histoire de la Révolution française jusqu’au 18 brumaire, œuvre posthume, Paris, 1815, 6 vol. in-8°. Papon était membre associé de l’Institut de France.

PAPOUASIE, PAPOUA ou NOUVELLE-GUINÉE, groupe de deux grandes îles de l’Océanie, entre l’équateur et 9° lat. S., 130° et 150° long. E.; séparées du continent d’Australie au S. par le détroit de Torrès. L’intérieur est inconnu, et les côtes explorées en partie seulement. Les habitants sont en partie malais, en partie de cette race nègre particulière qu’on retrouve dans toute l’Océanie. On remarque, dans la Papouasie occidentale, le port Dory, les baies de Geelwinck et du Triton, les monts Arfak, dont le point culminant atteint près de 4,300 mèt., et, dans la Papouasie orientale, la baie de Humboldt, le golfe de l’Astrolabe, et le mont de l’Astrolabe, haut de 1314 mèt. Magnifiques forêts. On y trouve des perles, des bois précieux, de l’or, des oiseaux de paradis. — On attribue la découverte de la Papouasie au portugais Antonio Abreu, 1511. Saavedra en 1527, Schouten en 1616, Tasman en 1643, Dampier en 1700, Bougainville en 1768, Cook en 1770, D'Entrecasteaux en 1792, Duperrey en 1823, en visitèrent quelques parties. Dumont-d’Urville y fit deux voyages, 1827 et 1838. Les Hollandais avaient élevé, en 1828, sur la côte S. -O., dans la baie du Triton, le fort du Bus, auj. abandonné. — On regarde comme des dépendances de la Papouasie les îles Salwatti, Waigiou, Arrou, Guébé ou Goby, Gamen, Battanta, Freewill, etc.

PAPOUL (fAINT-), vge (Aude),arr.etàlOkil. E.-N.-E. de Castelnaudary ; 1,400 hab. Autrefois siège d’un évêché suffragant de Toulouse. — Ce village tire son nom de S1 Papoul , prêtre et martyr, l’un des compagnons de S1 Saturnin.

PAPPENHEIM (Godefroi-Henri , comte de), général allemand, né en 1594, m. en 1632, se distingua surtout pendant la guerre de Trente Ans. Il avait faitdes prodiges de valeur à la bataille de Lutzen , et aurait peut-être arraché la victoire aux Suédois, s’il n’eût reçu une blessure mortelle.

pappeniieim, v. de Bavière, sur l’Altmiihl, à 83 kil. S. de Nuremberg; 2,400 hab. Pierres lithographiques. Ch.-l. d’une anc. seigneurie, dont les titulaires étaient maréchaux de l’Empire.

PAPPUS , mathématicien grec d’Alexandrie, contemporain de Théodose le Grand, a laissé un ouvrage, publié avec une traduction latine et des notes par Commandino, sous le titre de Collectio malhemalica, libri vm, Pesaro, 1588, et Bologne, 1660, in-fol., et dont Wallis et H -J. Eisenmann ont édité de nouveaux fragments, Paris, 1824. On y trouve des morceaux d'auteurs perdus. Pappus avait

écrit aussi une Géographie, dont l’original n’existe plus, mais qui est connue par un abrégé latin.

PAPUAS, auj. Edough, mont escarpé et presque inaccessible à l’extrémité de l’anc. Numidie; Gélimer s’y réfugia en 533. Sur la croupe s’élevait une ville, Médène, habitée par des Maures.

PAPYRIUS. V. Papirius.

PAPYRUS, espèce de roseau à tige triangulaire, de la famille des cypéracées, gros environ comme le bras, haut de 2m,50 à 3 mèt., et dont les anciens tiraient leur papier à écrire. Ils coupaient la tige, entre la racine et le sommet, sur une longueur de lm,30, la fendaient en deux, et, à l’aide d’une aiguille, en détachaient les pellicules; ils les humectaient avec de l’eau du Nil, de manière à détremper les sucs visqueux de la plante , en formaient comme un tissu en croisant plusieurs de ces bandes les unes sur les autres, les faisaient sécher en presse, les battaient au marteau, les pressaient et les battaient une 2« fois , enfin les encollaient avec une bouillie très-fine de mie de pain détrempée dans de l’eau chaude, qui rendait la feuille imperméable, sans lui ôter sa souplesse, et lui donnait une éclatante blancheur. Quelquefois on la polissait avec une dent d’animal ou une coquille marine. Le papyrus ainsi préparé s’appelait charla; il -se fabriquait en Egypte, et surtout à Alexandrie. La plante croissait dans les marécages du Nil; on en récoltait aussi en Syrie, et dans l’Euphrate aux environs de Babylone. Presque tous les livres des anciens étaient écrits sur de la charla ; elle était la matière de toutes les écritures courantes. L’invention de ce papier se perd dans la nuit des temps; tout porte à croire que les Grecs et les Romains l’ont ' connu dès l’origine de leur civilisation. On s’en servait encore pendant le moyen âge ; il commença d’être abandonné après l'invention du papier de coton, vers la fin du vme siècle, et la découverte du papier de chiffon, au xil* siècle, y fit renoncer tout à fait. C. D — T.

PAQUE (La), de l’hébreu paschah (passage); fête des Hébreux et des chrétiens. Moïse l’institua en mémoire de la sortie d'Egypte et du passage de la mer Rouge. Elle durait 7 jours. Chaque famille juive mangeait, avec du pain sans levain, un agneau ou un chevreau de l’année, et on marquait les portes du sang de cette victime, pour rappeler le passage de l’ange exterminateur sur les premiersnés des Egyptiens. La famille devait aussi venir sacrifier au Temple. — Chez les chrétiens, la Pâque se célèbre en mémoire de la résurrection de J.-C. C’est une fête mobile, dont le concile de Nicée, en 325, a déterminé l’époque ; il faut : 1° la célébrer après le 14e jour de la lune pascale; 2° que ce jour vienne le jour même ou après le jour de l’équinoxe, fixé pour toujours par le concile au 21 mars; 3° que ce soit un jour de dimanche. Le comput ecclésiastique a été établi pour calculer le dimanche après la pleine lune pascale. L’Eglise catholique prescrit à tous les fidèles la communion dans la quinzaine de Pâques, qui s’étend du dimanche des Rameaux à celui de Quasimodo ; remplir ce devoir, c’est faire ses Pâques. — Autrefois, en France, on se souhaitait la fête à Pâques; cet usage était en pleine vigueur vers la fin du xvne siècle, et dure en core dans plusieurs contrées du midi de la France. Jusqu’en 1564, l’année civile commença à Pâques.

PAQUES (lie de). V. vai-hoü.

PAQUES (Œufs de). V. ŒUFS DE PAQUES.

paques fleuries , nom populaire donné au dimanche des Rameaux, qui commence la quinzaine de Pâques, à cause des palmes qu’on y porte.

paques veron aises, nom qui désigne un massacre de Français dans la ville de Vérone, le jour de la 2e fête de Pâques (17 avril 1797) et les jours suivants.

PAQUOT (Jean-Noël), né à Florennes en 1722, m. en 18d3, professeur à l’université de Louvain, et historiographe de l’impératrice Marie-Thérèse, a laissé : Mémoires pour servir à l’histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays- Bas, Louvain, 1753-70, 3 vol. in-fol. ou 18 vol. in-12.- Historiœ Flandriœ synopsis, 1781, in-4°, etc.

PARA ou BELEM, v. forte du Brésil, ch.-l. de la prov. de son nom, port important sur le Para ou Toeantiu, à 2,500 kil. N. -N. -O. de Rio-Janeiro; par Ie 28’ lat. S., et 50° 50' 51" long. O.; 26,000 hab. Arsenal maritime. Evêché, collège des Jésuites. On remarque la cathédrale et le palais du gouvernement. Grande export, de caoutchouc, riz, châtaignes, copahu, salsepareille, rocou, coton cuirs. — La province de Para , la plus septentrionale du Brésil, est située entre les Guyanes au N., la nouvelle province d’Alto-Amazonas, dont la sépare la Madeira à 10., les provinces de Mato -Grosso au S., de Goyas et de Maranhao à l’E. ; 1,520 kil. du N. au S., sur 3,500 de l’O.

PAR

PAR

A l’E. ; 1,650,000 kil. carrés; 210,000 hab. , dont 100,000 Indiens. Climat chaud. Sol généralement plat, montagneux au S.j arrosé par l’Amazone et ses affluents. Immenses forêts. La prov. forme 2 comarcas, Para, Marajo. Cli.-l., Para, Villa-de-Monforte ; l’ancienne comarca de Rto-Nsyro a formé la nouvelle province d’Alto-Amazonas.

PARABATES, Parabatœ, jeunes gens qui, aux jeux du cirque, à Rome, figuraient dans les courses curules, à côté des cochers, et, ces courses finies, sautaient à bas du char, et joutaient entre eux dans une course à pied.

PARABESTE , v. de l’anc. Arachosie. V. Bestia.

PARACATU , v. du Brésil ( Minas-Geraës ) , à 600 kil. H.-O. d’Ouro-Preto, sur une riv. de son nom (affluent du San-Francisco après un cours de 400 kil.). Exploitation d’or et de diamants.

PARACELS, archipel de la mer de Chine, près des côtes de la Cochinchine , au S.-E. d’Haï-nan. Côtes dangereuses et inconnues.

PARACELSE (Philippe-Auréole-Théophraste Boiibast de Hohenheim) , alchimiste et médecin, né en 1493 à Eiusiedeln, près de Zurich, m. en 1541. Après avoir longtemps voyagé , il exerça la médecine , A Zurich d’abord , puis à Bâle, 1527, où il occupa une chaire, nouvellement créée, de chirurgie et de physique, et non pas de chimie, comme on l’a dit. C'est lui qui a introduit dans la pratique médicale l’emploi des composés chimiques. Au milieu de ses erreurs, il a donné d’excellentes notions sur un grand nombre de médicaments, particulièrement l’opium, le mercure, le soufre, l’antimoine, l’arsenic. Il prétendait avoir la panacée universelle; de toutes ses préparations , il ne nous reste que V Elixir de propriété de Paracelse, .peu employé auj. Il avait en horreur les Arabes et les scolastiques : son bonnet, disait-il, en savait plus long que Galien et Avicenne. Il opposait aux quatre éléments d’Aristote, les trois principes des mixtes (sel, soufre, mercure), admis déjà par B. Valentin. Selon lui, Dieu a répandu partout la vie , qui est son attribut essentiel ; il a uni les esprits aux corps par un fluide animal. L’homme est une image de la Trinité divine : son esprit représente Dieu; son corps, le monde sublunaire; et le fluide, les astres. Il reconnaissait une harmonie mystérieuse entre le sel, le corps et la terre ; entre le mercure, l’âme et l’eau; entre le soufre, l’esprit et l’air. Forcé de quitter Bâle à la suite d’un différend avec les magistrats , Paracelse erra quelque temps, et mourut misérablement à Salzbourg dans un cabaret ou dans un hôpital ; dénoûment triste , mais nécessaire, d’une vie crapuleuse, qui démentit les pompeuses promesses dont il berçait ses élèves (il avait prétendu posséder le secret de prolonger la vie pendant plusieurs siècles). Ceux-ci, pour sauver la réputation du maître , prétendirent que ses ennemis l’avaient empoisonné. Les Œuvres complètes de Paracelse ont été publiées en latin, 3 vol. in-fol., Genève, 1658. J. G.

PARACLET, c.-à-d. en grec consolateur , nom donné au S* Esprit.

paraclet (le), hameau (Aube), arr. et â 5 kil. S.-E. de Nogent-sur-Seiue. Abélard y fonda, en 1123, un monastère dont liéloise fut la lre abbesse. Elle y fut inhumée avec Abélard. Leur tombeau fut, en 1800, transféré dans le jardin du musée des Petits-Augustins, à Paris ; en 1815, on le plaça dans l’église Saint-Germain-des-Prés, puis, en 1817, au cimetière du P. Lachaise, de la même capitale, où il est encore au bas de la colline, à l’E.

PARADAS, v. d'Espagne (Séville), à 5 kil. S. -O. de Marchena; 5,600 hab. Château des ducs d’Arcos.

PARADIS TERRESTRE, en hébreu Eden (délices), lieu de délices, où Adam et Eve furent placés après la création. Origène et quelques hérétiques pensèrent qu’il n’exista jamais, et que c’est une allégorie. On le met généralement vers l’ancienne Médie, entre le Phase, l'Oxus, le Tigre, et l’Euphrate, qu’on croit être les 4 fleuves mentionnés dans la Genèse (Phison, Gihon, Chiltédel, etPhrat).

PAU/ETO NI U M ou AMMONIA, anc. v. de Libye, sur la côte de la Marraarique, mats comprise dans les possessions égyptiennes, était le siège du culte d’isis, et servit de place de refuge à Antoine et Cléopâtre. Dans les temps modernes, elle a porté le nom d ’Al-liaretoun ou liérelc. En 1820, Méhémet-Ali l’a détruite. C. P.

PARAGE, terme féodal indiquant, soit l’égalité de condition entre les nobles et noblement tenants, soit le partage égal d'un fief entre frères.

PARAGOA, île de la Malaisie. (A Palaouan.

PARAGUA, riv. du Vénézuéla, affluent du Caroni à Barceloneta ; cours de 900 kil. — riv. du Brésil (Mato- Grosso) , affluent du Guapore ; cours de 700 kil.

PARAGUASSU , riv. du Brésil (Bahia) , naît dans la

Sierra-das-Almas, et afflue à la baie de Tous-les-Saints ; cours de 500 kil.

PARAGUAY , fleuve de l’Amérique du Sud , naît aux Sept-Lacs, dans le centre de la prov. brésilienne de Matto- Grosso , traverse le lac de Xarayes , sépare la république du Paraguay et la confédération du Rio-de-Ia-Plata , reçoit le Porrudos ou Sl-Laurent, le Pileomayo et le Rio-Grande ou Verméjo, et se jette dans le Parana. Cours de 2,000 kil. ; largeur de 200 à 450 mèt. Le Paraguay a des crues périodiques; il commence à monter vers la fin de février, jusqu’en juin , puis il baisse lentement. B.

Paraguay ( République du), Etat de l’Amérique du Sud; capitale, l 'Assomption; entre le Brésil au N. et à l’E. , la confédération de la Plata au S. et à l’O. ; entre 21° et 27“ lat. S., 56° et 61" long. U.; 110,000 kil. carrés environ; 900 kil. du N. au S., 270 de l’E. à l’O. ; popul. en 1864 : 1,337,000 hab., Guaranis indigènes, Espagnols et nègres. Sol montagneux au N. et à l’E. , arrosé par le Paraguay et le Parana , entrecoupé de marais , de vastes forêts, et de belles plaines où croissent la canne à sucre , le riz, le maïs , les patates , le coton , un tabac excellent , les plantes médicinales ( salsepareille , rhubarbe , quinquina, copaïer ), la yerba, dite thé du Paraguay. Les forêts possèdent de beaux bois de construction , mais sont remplies de tigres, jaguars, couguars , ours noirs , tapirs , serpents à sonnettes , etc. Les moustiques et la chauve-souris vampire sont en grand nombre. Gisements très-riches de fer oligiste. Climat brûlant. Elève d’un peu de bétail. — Le Paraguay fut découvert en 1526 par Sébastien Cabot, et conquis en 1536 par Alvaro Nuiïez, dont les soldats y commirent d’horribles cruautés. Vers 1608 furent établies les célèbres Missions , sorte d’Etat théocratique , fondé sur la rive dr. du Parana, au S.- O. de l’Assomption, parles Jésuites espagnols, qui convertirent les Guaranis et les engagèrent à s’occuper d’agriculture. Cet Etat comptait 32 villes , habitées par plus de 40,000 familles. Les Jésuites furent expulsés des possessions espagnoles en 1767. Le Paraguay, qui, même sous leur domination , formait un district de la vice-royauté dre la Plata, avait été cédé par l’Espagne au Portugal , dès 1750 , en échange de la colonie du S‘-Sacrement; mais les Portugais ne purent se faire accepter dans le pays , qu’ils restituèrent en 1777. Le Paraguay s’insurgea en 1809, et , en 1814, le docteur Francia se fit accepter comme dictateur. A l’exemple des Jésuites, il ferma le pays à tous les étrangers. Après sa mort, 1840, Vibal gouverna jusqu’en 1844 ; puis on établit une république, administrée par un président et un congrès. Don Carlos Antonio Lopez occupe la présidence depuis cette époque; il a rétabli les communications avec les autres pays. En 1848, un décret a fait entrer les Indiens dans le droit commun. L’indépendance du Paraguay a été reconnue par la Grande-Bretagne en 1853. On évalua le revenu de l’Etat à 12,441,323 fr. en 1859, dont 8,161,323 pour le produit de la vente du yerba; 4,280,000 fr. pour les droits de douane, timbre, fermage des biens nationaux, etc. Le territoire est divisé en 25 départements. L’armée permanente est de 15,000 hommes; la réserve de 46,000. B.

PARAH1BA, v. du Brésil, port sur la rivière du même nom, à 16 kil. de son embouchure dans l’océan Atlantique, à 2,359 kil. N.-N.-E. de Rio-Janeiro; par 7° 6’ 3" lat. S., et 37° 13’ 15" long. O. ; 3,000 hab. Coton, sucre, cuirs, rhum, café, cacao, bois de teinture et d’ébénisterie. — La province de Parahiba, entre celles de Ceara à l'O., de Rio-Grande-del-Norte au N., de Peruamboue au S., et l’océan Atlantique à l’E., a 61,452 kil. carrés, et 209,300 hab. Climat sain. Sol fertile et montagneux.

parahiba, riv. du Brésil, affluent de l’Atlantique, arrose les prov. de San-Paulo et de Rio-Janeiro.

PARAL1E, nom d’une des tribus de l’Attique, et aussi de toute la partie de ce pays qui bordait la mer.

PARALIENNE (Galère), navire que les Athéniens envoyaient chaque année à Délos, avec des offrandes pour Apollon et Diane. Ce voyage, durant lequel on ne pouvait mettre à mort aucun condamné , s’appelait Théorie , et on nommait Théores ceux qui étaient chargés d’accomplir les cérémonies sacrées.

PARALIPOMÈNES , c.-à-d. en grec, ce qui a été omis; nom de deux livres qui forment un supplément à l’Ancien Testament. On croit qu’ils furent composés par Esdras au retour de la captivité , avec l’aide , dit-on , des prophètes Aggée et Zacharie. Le 1er livre contient l’histoire abrégée du peuple hébreu depuis la création jusqu’à la mort de David; le 2e, qui est de Néhémie, va jusqu’au retour de la captivité, l’an 536 av. J.-C.

PARAMARIBO , v. capitale de la Guyane hollandaise , bon port sur la rive g. du Surinam , à 9 kil. de l'Atlan-

PAR — 2024

tique, à 400 kil. N.- O. de Cayenne; par 5® 35’ lat. N. et 57° 44’ long. O. ; 20,000 liab. Grande et belle ville, fondée en 1073, et défendue par le fort Zélandia. Séjour délicieux. Un incendie dévora plus de 400 maisons en 1820. Coton , denrées coloniales.

PARAMATTA, v. d’Australie (Nouvelle-Galles du Sud), à l’entrée de la rade de Port-Jackson , à 31 kil. O. -N. -O. de Sidney ; par 33° 48’ 45” lat. S. et 148° 40’ 45" long. E. ; 10,000 hab. Port de commerce. Observatoire.

PARAMÉ, brg (Ille-et-Vilaine), arr. et à 4 kil. N.-E. de S‘-Malo: 2,182 hab.

PARAM Y'i'HiA , v. de la Turquie d’Europe, eyalet et à 60 kil. S.-O. d’Ianina; 3,500 hab. Ch.-l. d’un petit district à peu près indépendant.

PARANA ( Le ) , riv. du Brésil , a sa source près de Sao- Joao-del-Rey, dans la prov. de Minas - Geraës , qu'il sépare de celle de S1 -Paul au S.; il reçoit à gauche l’Iguassu, leParanapanema, la Tiete, la Mogy, et la Verte, à gauche l’Yricima, le Purdo, le Paranahiba, forme la cataracte de Guayra, et, après s’être joint au Paraguay à Corrientes, forme, avec l’Uruguay, le Rio de laPlata. Cours de 1,600 kil. Un traité, du 10 juillet 1853, entre la France et la Confédération Argentine, a rendu libre la navigation du Parana. Il a une crue d’octobre à mars. B.

parana (Province de), partie du Brésil, formée, eu 1853, des plaines immenses et encore inexplorées que traverse le Parana, dans la partie de la province de S‘-Paul qu’on nomme Champ de Coriliba. Population, 72,400 hab. Ch.-l., Coriliba. Elle ne contient encore que les trois établissements de Rio-Negro (depuis 1829), de Superaguy, et le port de Paranagua. g.

l’ARANAGUA, v. du Brésil, sur une baie de même nom (Parana), à 15 kil. S.-E. de Curitiba; 7,000 hab. Port de commerce; export, de bois, riz, farines, café.

PARANAHIBA ou PARNAHIBA , riv. du Brésil , naît sur le versant N. de la Serra- da-Tabatinga, sépare les prov. de Piauhy et de Maranhao , reçoit àgauche la Balsas, a droite l’Uruçuhi et la Piauhy, et se jette dans l’Atlan tique. Cours de 1,700 kil., navigable sur 660.

paranahiba, v. du Brésil ( Piauhy ), à 480 kil . N.-N.- O. d Oeiras , sur la riv. Paranahiba, à 23 kil. de son embouchure dans l’Atlantique; 10,000 hab.

paranahiba , riv. du Brésil (Goyaz) , affluent du Parana. Cours de 900 kil.

■ P-^l^ANAN , riv. du Brésil (Goyaz) , affluent du Tocantin. Cours de 670 kil.

PARANYMPHE , espèce d’officier qui, chez les anc. Gi ecs, présidait à la pompe nuptiale lorsque l’on conduisait

I épouse chez son époux. On le nommait ainsi, parce que les Grecs appelaient nymphes les nouvelles mariées. — Dans le Bas-Empire, le Paranymphe était l’officier que l’empereur chargeait de conduire une princesse du sang impérial chez un prince étranger qui l’avait demandée en mariage , et auquel il l’avait accordée. — Du temps de Charlemagne , on appelait encore Paranymphes ceux qui conduisaient les fiancés à 1 église pour y célébrer leur mariage. — Dans l’anc. Université de France, on nommait Paranymphe un discours prononcé par le président des concours dans les Facultés de théologie et de médecine , et adressé aux aspirants licenciés qui venaient de subir leurs épreuves.

PARASANGE, mesure itinéraire de l’Asie et de l’Egypte.

II y en avait de 30 stades, de 40 , de 60. On croit qu’après la conquête de l’Orient par les Romains , la parasange fut de 40 stades (olympiques) valant 7,400 mètres.

PARASITE , mot qui, primitivement, désigna, chez les anciens Grecs, une classe de prêtres qui prenaient, probablement , leurs repas en commun , et aussi l'inspecteur, le régisseur des blés, préposé au soin de l’alimentation publique dans le Prytanée d’Athènes. Il a désigné ensuite un homme nourri aux frais de l’Etat, puis un homme qui gagne un repas par ses plaisanteries , ou en s’imposant comme hôte. Les parasites se multiplièrent dans les derniers temps de la Grèce et à Rome; Plaute, Horace, Juvénal et Pline lp Jeune les représentent affamés et importuns, et soumis à toutes sortes de vexations ridicules ou même violentes de la part des convives qui daignaient les admettre près d’eux. Hercule était leur dieu tutélaire.

PARASOU-RAMA , célèbre brahmine hindou, ennemi de Vichnou et des Kchatryas. 11 devait le jour à Djamadagni et à Rénouka. Elevé par Siva, il manifesta de bonne heure un courage peu ordinaire aux hommes de sa caste abattit d’un coup de cimeterre une des défenses de Ganéça* vengea la mort de son père et de sa mère , tués par les Kchatryas , en chassant cette caste de l’Inde presque en- j tière, ne fut payé que d’ingratitude par les Brahmines, dont j il avait ainsi assuré le triomphe, se retira sur la cime des

PAR

Chattes, et fit sortir des eaux de la mer la côte de Malabar, interdite par lui aux Brahmines. Enlevé ensuite à la terre , il n'y reparut qu’au temps de Rama , comme 7® incarnation de Vichnou.

PARATT, v. du Brésil, prov. et à 140 kil. O. de Rio-Janeiro, à l’embouchure d’une riv. de son nom dans la baie d’Angra-dos-Reys ; 10,000 hab. Nombreuses distilleries. Eaux thermales.

PARATIQUE , contribution due, pendant le moyen âge , au roi des Romains , la première fois qu’il venait en Italie.

PARAY-LE-MONIAL, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire) , arr. et à 13 kil. O. de Charolles , sur le canal du Centre , dans une fertile vallée; 2,581 hab. Comm. de nuis et de charbons. Il y avait autrefois un prieuré de Bénédictins , fondé en 973. Belle église gothique du xi® siècle.

PARAZONIUM, épée courte ou poignard, que les tribuns des soldats et les empereurs romains portaient au côté gauche. Ceux qui en font une épée, disent que c’était celle du soldat; les autres en font une arme moitié plus courte, en la réduisant à n’être plus qu’un poignard long de 16 doigts (23 centimètres environ). C. D — y.

PARBETZI (Lazare) , historien arménien du ve siècle, expose dans son Histoire arménienne, Venise, 1807, in-8°, l’invention de l’alphabet arménien, les progrès de la littérature, les différentes guerres des Arméniens contre les Perses , leurs persécuteurs , les exploits du prince Vahan Mamigonien , et le bonheur de la nation sous son règne, jusqu’à Tan 485. Son style est pur, élégant et naturel. C— A.

PARCE, brg (Sartlie) , arr. et à 22 kil. N.- O. de La Flèche, sur la rive g. de la Sarthe; 847 hab. Fabr. et teinture d’étoffes de laine.

PARCHEMIN, corruption de Pergamin , papier de Pergame, Charla Pergamena, substance inventée à Pergame, 223 ans av. J.-C. , pendant le règne du roi Eumènes. Ce prince voulait rivaliser avec Ptolémée , roi d’Egypte , eu faisant transcrire beaucoup de livres pour former des bibliothèques publiques; Ptolémée en fut jaloux, et interdit l’exportation du papyrus ( V. ce mot) ; les Pergaméniens imaginèrent alors de le remplacer par des peaux de brebis préparées, et polies à la pierre ponce. L’usage s’en répandit peu à peu, et Ton exportait de ces peaux jusqu’en Italie. Le papier de Pergame était jaunâtre , teinte recherchée comme plus favorable à la vue des lecteurs; on lui donnait à Rome une blancheur éclatante. C. D — y.

PARCHIM, v. du grand-duché de Mecklembourg-Schwérin, sur la rive dr. de l’Eide, à 45 kil. S.-E. de Schwérin ; 5,600 hab. Tribunal d’appel. Siège des Etats des deux Mecklembourg. Gymnase. Fabr. de draps.

PARCQ (le), ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais) , arr. et à 20 kil. O. de S‘-Pol; 723 hab.

PARDAILLAN. V. Antin (ducd’j.

PARDESSUS (Jean-Marie), jurisconsulte et historien , né à Blois en 1772, m. en 1853, fils d’un avocat au présidial qui avait été l’élève de Pothier, étudia au collège des Oratoriens de Vendôme, débuta fort jeune au barreau de sa ville natale, et fut obligé, par la mort de sa mère et l’emprisonnement de son père sous la Terreur, de prendre en main , de soutenir et de reconstituer lq clientèle paternelle. Adjoint au maire de Blois en 1805, maire peu de temps après, député au Corps législatif en 1807, il obtint au concours, en 1810, la chaire de droit commercial qui venait d’être créée à la Faculté de Paris. Membre de la Chambre des députés en 1815, où il fut envoyé par le département de Loir-et-Cher, il soutint tous les actes de la majorité réactionnaire, ne fut point réélu par ses commettants, mais reçut un nouveau mandat des électeurs du département des Bouches-du-Rhône en 1820, 1824 et 1827. Conseiller à la CoiAr de cassation dès 1816, il donna sa démission en 1830, par dévouement aux Bourbons, et ne s’occupa plus que de la science. L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres l’avait admis dans son sein en 1829, et il fut président du conseil de perfectionnement de l’Ecole des Chartes. On a de lui : Traité des servitudes , 1806, in-8°, très-estimé; Traité du contrat et des lettres dechange, 1809,-2 vol. in-8® ; Eléments de jurisprudence cotnmerciale , 1811, in-8° ; Cours de droit commercial , 1814, fi. vol. in-8°, l’ouvrage le plus complet et le plus savant qui existe sur cette matière; Collection des lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle, 1828-45, 6 vol. in-4°; Mémoire sur l'origine du droit coutumier en France, 1839, in-4° ; une édition critique de la Loi salique, 1843, in-4°; Us et coutumes de la mer dans l'antiquité et au moyen âge, 1847 , 2 vol. in-4°; Essai historique sur l’organisation judiciaire et l'administration depuis Hugues Capet jusqu'à Louis XII , servant de préfaça

PAR

an 21e vol. du Recueil des ordonnances des rois de France; une édition des Diplomala ad res Gallicas spectantia de Bréquigny, 1843-49; la continuation de la Table chronologique des diplômes du même auteur. V. sur Pardessus une Notice de M. Demante , dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes , 1854, et une autre lue par M. J. Naudet à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , en 1855. B.

PARDIAC (Le), petit pays de l’anc. France, entre le Fezenzac et le Bigorre, avait pour ch.-l. le château de Montlezun , près de Mirande.

PARDIES (Ignace-Gaston), géomètre, né en 1636 à Pau, d’un conseiller au parlement de cette ville, m. en 1673, entra chez les Jésuites, et enseigna les mathématiques au collège Louis-le- Grand. C’était un partisan de Descartes. On lui doit : Horologium thaumanticum duplex , Paris, 1662, in-4»; Dissertatio de mot u et naturâ cometarum, Bordeaux, 1665, in-12; Discours du mouvement local , Paris, 1670, in-12; Eléments de géométrie, Paris, 1671, in-12; Discours de la connaissance des bêtes , ibid. , 1672, in-12; Statique, ibid., 1673, in-12; Description de deux machines propres à faire des cadrans, 1678; Globi cœlestis in tabulas planas redacti descriptio latino-gallica, 1674, in-fol.

PARDO lEi,), vge d’Espagne (Nouv.-Castille), dans une forêt du même nom, à 14 kil. N. -O. de Madrid, sur la rive g. du Manzanarez ; 2,200 hab. Beau palais, construit par Charles-Quint sur l’emplacement d’une petite maison de plaisance du roi Henri III; il fut brûlé en partie en 1604, réédifié sous Philippe III, et très-augmenté sous Charles III. Il renferme quelques beaux tableaux et des tapisseries remarquables, et est entouré de beaux jardins ; à peu de distance, et dépendant du château royal , se trouvent le Château du Prince , et les deux petits palais dits la Zarzuela et la Quinta. Un traité fut signé au Pardo avec le Portugal , en 1778.

pardo , riv. du Brésil , affluent du Parana , sépare les prov. de Mato-Grosso et de Goyaz. On trouve de beaux diamants dans son lit.

PARDON , nom donné , surtout en Bretagne et en Normandie , aux fêtes ou assemblées qui se tiennent près des églises renommées par des pèlerinages.

pardon (Lettres de). V. lettres.

PARDOUX-LA-RIVIÈRE (SAINT-), ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 11 kil. S.-E. de Nontron, sur la Dronne; 743 hab.

PARDUBITZ , v. forte de Bohême , sur la rive g. de l’Elbe, à 12 kil. N. de Chrudim; 3,546 hab. Succursale des Invalides de Prague, dans un anc. château-fort. Haras impérial.

PARÉ (Ambroise), célèbre chirurgien, né à Bourg- Hersent près de Laval vers 1517 , m. à Paris en 1590. Son éducation première fut négligée; mais il se sentit de bonne heure une vocation pour la chirurgie, qu'il vint étudier à Paris, 1534. Le colonel-général de l’infanterie française, René de Montejean, le choisit pour son chirurgien, et l’emmena en Italie , 1536. Paré continua à s’instruire dans les lettres et les sciences , et fut reçu chirurgien gradué. Il devint chirurgien de Henri II en 1552 , et exerça les mêmes fonctions près de François II, de Charles IX, et de Henri III. Paré est le restaurateur de la chirurgie moderne ; il chercha toujours à appliquer à ia chirurgie les connaissances anatomiques , et fit prévaloir l'expérience sur la tradition et l’autorité des anciens. Il a démontré les avantages de la ligature des artères, et donné d'excellents préceptes pour le traitement des plaies d’armes à feu ; la chirurgie lui doit un grand nombre de progrès, mais il n’en était pas moins modeste; il disait de ses malades : “ Je les panse, Dieu les guérit. » Ses OEuvres complètes parurent à Lyon, 1562. in-fol.; elles ont eu une vingtaine d’éditions, et ont été traduites en anglais et en allemand. Le docteur Malgaigne lésa publiées avec des notes historiques et critiques, Paris, 1840-41, 3 vol. gr. in-8'1, fig. 11 a établi que Paré n’était pas huguenot, comme on le croit communément. D — g.

PAREDES (Garcia de). V. Garcia.

paredès-de-nava , v. d’Espagne (Léon) , prov. et à 28 kil. N.- O. de Palencia; 5,500 hab. Corroieries.

PAREJA ( Jean de) , peintre , né à Séville en 1606 , de parents esclaves, Indiens d’origine, m. en 1670, servait V elasquez dans son atelier, lorsque le célèbre artiste alla se fixer à Madrid , en 1628. Voyant peindre tous les jours, il conçut un goût très-vif pour la peinture , et s’exerça en secret, dessinant et copiant les tableaux de son maître. Il le suivit dans deux voyages qu’il fit en Italie , et ce fut seulement après leur retour que l’on découvrit son talent. Le roi voulut voir une toile qui se trouvait chez Velasquez, la peinture tournée vers la muraille. Pareja , qui avait exécuté le morceau, tomba aux pieds du monarque, en avouant

ses secrètes occupations. Le prince , étonne du mérite de l’œuvre, demanda à Velasquez la liberté de son esclave. Pareja , affranchi , ne quitta ni le grand homme , ni sa veuve. Il a laissé peu de tableaux dans les édifices publics : on en voit quelques-uns, entre çiutres la Vocation de St Mathieu , au palais d’Araniuez.

PARENNIN ( Dominique), Jésuite, né en 1665 à Bussey près de Pontarlier, m. à Pékin en 1741 , fut envoyé comme missionnaire en Chine en 1698, jouit d’un grand crédit auprès de l’empereur Kang-hi , et s’en servit pour protéger les Européens. 11 était fort savant, et parlait presque toutes les langues de l’Europe, outre le chinois. On lui doit des cartes de la Chine (dans l’ouvrage de Duhalde), et une Correspondance avec Mairan , 1759 , in-12.

PARENT-DUCHATELET (Alexis- J. -B.) , savant médecin, né à Paris en 1799, m. en 1836, s’occupa beaucoup d’hygiène publique. Il a laissé , entre autres ouvrages : Recherches sur l’inflammation de l’arachnoïde cérébrale et spinale, Paris, 1821, in-8°; Essai sur les cloaques ou égouts de la ville de Paris , envisagés sous le rapport de l'hygiène publique et de la topographie médicale de cette ville , Paris , 1824, in-8° ; De la prostitution dans la ville de Paris , considérée sous les rapports de l'hygiène publique , de la morale et de l’administration , 3e édition , Paris , 1857 2 vol. in-8°.

PARENTALES , Parentalia , fête célébrée , par les anc. Romains , en l’honneur de leurs ascendants morts. C’était la même que les Fébruales. V. ce mol.

PARENTIS-EN-BORN , ch.-l. de cant. (Landes) , arr. et à 80 kil. N. -O. de Mont-de-Marsan , près de l’étang du même nom ; 266 hab. Fabr. de térébenthine.

PARENZO, anc. Parenlium, v. des États autrichiens (Littoral), petit port sur l’Adriatique, à 65 kil. S. de Trieste; 2,100 hab. Evêché. Cathédrale, où sont do belles mosaïques du xe siècle.

PARESSE (La) , déesse allégorique des anciens, fille du Sommeil et de la Nuit. Elle fut métamorphosée en tortue, pour avoir prêté l’oreille aux louanges de Vulcain.

PARESSÈUSE (Mer ) , Mare pigrurn , nom donné par les anciens, soit à la mer Baltique, soit à l’océan Glacial arctique, dont les eaux sont souvent gélées et comme engourdies par le froid.

PAllÉTACÈNE, o.-à-d. pays de montagnes, assez vaste région située entre la Perside et la Médie, et habitée par des peuples de race médique , qui mêlaient le brigandage à la culture des terres. C’est auj. la partie S. de l’irak- Adjémi , où se trouve Ispahan , dans le royaume de Perse. Le nom de Parétacène était encore donné à un district de la Sogdiane entre l’Oxus et l’Iaxarte, appelé encore Bubacène , et à un pays situé sur les frontières de l’Arachosie et de la Drangiane , et appelé aussi Sacastana , du nom de ses habitants , les Saces. C. IL

PAREUS (David) , en allemand Wœngler, ministre et fameux théologien calviniste, né à Frankenstein (Silésie) en 1548, m. en 1622, fut d’abord apprenti chez un pharmacien , puis chez un cordonnier. Mais telles étaient ses dispositions à l'étude , qu’à force de travail il fut en état d’être choisi pour professeur au collège de la Sapience à Heidelberg. Il avait l’esprit conciliant , et voulait fondre en une seule les diverses sectes protestantes ; mais par cela même , il s’attira de violentes "querelles de la part des luthériens. Ses principaux ouvrages sont : Irenicon, sive de unione... Evangelicorum liber votivus , Heidelberg, 1616 , in-4°; un Commentaire latin sur l’Epître de S1 Paul aux Romains . Francfort , 1608 , ouvrage que le roi Jacques Ier d’Angleterre fit brûler par la main du bourreau, parce qu’il contenait des maximes antimonarchiques. C. N.

pareds (Philippe), fils du précédent, né en 1576 à Hemsbach prés de Worms , m. postérieurement à 1647 , étudia sous Théodore de Bèze , enseigna les humanités à Neuhausen . fut recteur du collège de Neustadt, puis de celui de Hanau. Les Espagnols s’étant rendus maîtres de la ville, il fut obligé de l’abandonner; sa bibliothèque fut pillée On a de lui : Davidis Parei... vindicatio , Francfort, 1633, in-12, en réponse à l’ Anli-Pareus écrit contre son pèi’e par l’Anglais David Owen ; Lexicon Plautinum , 1614; Analecla Plautina , 1617; Electa Plaulma , 1620; Plauti comœdiœ , cum disserlationibus et notis perpétués , 1610, et 1641 , in-8». C. N.

paréos (Daniel) , bon helléniste , fils du précédent , né vers 1605 à Neuhausen, assassiné par des voleurs en 1645, enseigna les humanités à Kaiserslautern. Il a donné, outre des éditions de Musée , de Qnintilien , d’Hérodien , de Lucrèce , d’Héliodore et de Salluste , un recueil de sen— j tences, rédigées en lieux communs , et tirées des auteurs I grecs, sous le titre de : Mellificium alticum , Francfort,

! 1627. in-4° ; Medvilla historiœ ecclesiasticœ, 1631 ; Lexicon Lu-

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cretianum, 1631,in-8°; Historia Palatina, 1633 in-12. C. N.

PARFAICT (François et Claude, dits les Frères) , le 1er né à Paris en 1698 , m. en 1753 , le 2e né vers 1701 , m. en 1777. François Parfaict fit jouer quelques comédies, auj. complètement oubliées, et entreprit, en collaboration avec son frère Claude, une Histoire générale du Théâtre- François depuis son origine jusqu’à présent , 1734-1739, 15 vol. in-12, dont le dernier s’arrête en 1721. On y trouve des détails curieux , fruit d’immenses recherches , avec quelques erreurs de faits, de dates et de citations. Ils y ont joint une Table chronologique des principaux ouvrages dramatiques qui ont été représentés en France depuis 1380 jusqu’en 1721 , table reproduite et continuée jusqu’en 1842 par M. Hippolyte Lucas à la suite d’une Histoire philosophique et littéraire du Théâtre-Français. Les autres travaux des deux frères sont : Mémoires pour servir à l'histoire des spectacles de la Foire par un acteur forain, 1743, 2 vol. in-12; Histoire de l'ancien Théâtre-Italien, depuis son origine jusqu’à sa suppression en Tannée 1697 , 1743 , in-12 ; Dictionnaire des Théâtres de Paris, 1756-67, 7 vol. in-12, qui s’arrête en août 1755. F. B.

PARFAIT (Saint) , martyr, né à Cordoue vers 800, mis à mort par les Mahométans en 850. Fête , le 18 avril.

PARGA, v. forte de la Turquie d’Europe (Jamna), port de commerce sur la mer Ionienne , en face de File de Corfou, à 80 kil. S.-O. de Janina; 4,000 hab. Bâtie sur un rocher. Comrri. d’huile , vins , tabac , fruits. Libre depuis quatre siècles, elle avait encore repoussé Ali-Pacha en 1814, et demandé ensuite à entrer dans la république des îles Ioniennes. Mais les Anglais la vendirent aux Turcs , par un article du traité de Paris de 1815. A l’arrivée d’Ali, 1819 , tous les habitants aimèrent mieux quitter la ville que de se soumettre aux Musulmans.

PARIA ou PANZA, v. de Bolivie, département et à 40 kil. S.-O. d’Oruro. Eaux thermales.

paria ou de panza (Lac de), lac de Bolivie, communique par le Desaguadero au lac Titicaca; 16 kil. sur 10.

paria ( Golfe de) , golfe formé par la mer des Antilles entre la côte N.-E. du Vénézuela et l’ile de la Trinité; 150 kil. sur 60. Il reçoit plusieurs bras de l’Orénoque.

PA RI AGE, terme féodal indiquant l’égalité do droit et de possession que deux seigneurs avaient par indivis sur une même terre.

PARIAS ou CHANDALAS, caste méprisée de l’Inde, recrutée de tous ceux qui ont violé les lois religieuses ou civiles. 11 leur est défendu d’habiter les villes , de se baigner dans le Gange . etc. Leur contact est une souillure.

PARIGNÉ-L’É VÊQUE, brg (Sarthe) , arr. et à 20 kil. S.-E. du Mans; 956 nab. Toiles papier.

PARILIES. T. Palilies.

PA RIMA, riv. du Brésil ( Alto-Amazonas), descend de la Sierra Parime, et se jette dans le Rio-Negro, à 20 kil. de Carvoeiro. Cours de 1,200 kil.

PARIME (Sierra), chaîne de montagnes du Vénézuéla, dans la partie S.-O. de l’anc. département colombien de l’Orénoque; sépare au S. le Vénézuéla du Brésil.

PAR1NA (Cap) , pointe occidentale du Pérou; par 4° 42’ lat. S. et 83» 45’ long. O.

PARINI (Joseph) , poète italien , né en 1729 à Bosizio ( Milanais), m. en 1799, fut d’abord copiste chez un procureur, puis entra au séminaire. Fixé à Milan , il se fit connaître d’abord comme critique, puis comme poète par la publication du Matin, 1763, que suivirent le Midi , le Soir, et la Nuit. C’était un homme d’un esprit juste, fin, et élevé. Le comte Firmian, gouverneur du pays, le mit à la tête d'une feuille périodique, et il occupa en outre une chaire de belles-lettres. Ses OEuvres complètes ont été imprimées à Milan, 6 vol. in-8°, 1801-4. La poésie la plus élevée s’y trouve associée avec la philosophie la plus sévère. Ses poèmes sont écrits, d’une manière supérieure, en vers libres , les plus difficiles dans la poésie italienne. Les Quatre parties du jour à la ville ont été trad. en français par l’abbé Desprades, Paris, 1776, in-12. Le Jour, poème où Parini décrit avec une ironie fine et délicate la vie des jeunes seigneurs italiens, a été trad. en vers français par Raymond, 1826, in -8». V. César Cautù, l’Abbé Parini et la Lombardie au siècle dernier, en italien , Milan ,

PARIS ou ALEXANDRE, un des fils de Priam et d’Hécube. Sa mère , pendant qu’elle le portait dans son sein , rêva qu’elle enfermait un flambeau qui embraserait Troie ; pour détourner ce présage , Priam fit exposer l’enfant à sa naissance; mais Hécube le sauva, et chargea des bergers du mont Ida de l’élever. Pâris se distingua bientôt par sa beauté et son adresse, et épousa Œnone. Choisi par Jupiter pour juge du différend qui s’était élevé entre Jue

non. Minerve, et Vénus, au sujet de leur beauté, il adjugea à Vénus la pomme d’or, que la Discorde avait adressée à la plus belle. Etant allé à Troie pour combattre dans des jeux funèbres, il fut reconnu par son père, et reçu avec joie. Peu de temps après, chargé d’aller réclamer en Grèce l’héritage d’Hésione, sœur de Priam, enlevée par Hercule , il ravit Hélène , femme de Ménélas , roi de Sparte , qui l’avait accueilli à sa cour. Pendant la guerre de Troie, causée par cet enlèvement, il ne se distiugua que par sa lâcheté et sa perfidie , prit la fuite devant Ménélas , tua Achille par trahison, et fut lui-même blessé mortellement par Pyrrhus ou par Philoctète.

paris (François de), diacre janséniste, né à Paris en 1690, m. le 1er mai 1727. Son refus d’accepter la bulle Unigenitus lui fermant la carrière sacerdotale, il vécut dans une petite maison du faubourg S* -Marceau , à Paris, se donnant à l’instruction du peuple , au jeûne et à la charité. Ses austérités hâtèrent sa mort, qu’ont rendue célèbre les excès des Convulsionnaires ( V. ce mot). La Vie de Pâris a été écrite par le P. Boyer, 1731.

paris (Mathieu). F. Mathieu paris, paris ( Pierre- Adrien) , architecte, né à Besançon en 1747, m. en 1819, alla en Italie étudier les monuments antiques , donna plusieurs beaux dessins pour le Voyage pittoresque de Saint -Non, et fut architecte de l’Opéra, en 1783. Son principal ouvrage d’architecture est le portail de la cathédrale d’Orléans. On a de Pâris : l’Agriculture des anciens, trad. de l’anglais de A. Dickson, Paris, 1802, 2 vol. in-8°; un recueil de dessins et d’études d’architecture, 9 vol. gr. in-fol. ; T Amphithéâtre Flavien, vulgairement nommé le Colisée, restauré, etc., in-fol., 45 pl. Ces 2 derniers ouvrages sont manuscrits, à la Bibliothèque impériale de Paris, et à celle de Besançon.

paris, né à Paris en 1763, fut garde-du-corps du comte d’Artois, puis garde constitutionnel de Louis XVI ; ardent royaliste, il tua le conventionnel Lepelletier de Saint-Fargeau, qui avait voté la mort du roi, se sauva en Normandie, fut découvert à Forges-les-Eaux, et se brûla la cervelle au moment d'être arrêté, en 1793.

p a ris-du Verne y, le 3e de quatre frères, né vers 1683 à Moirans (province du Dauphiné), où son père tenait une auberge, m. en 1770, fit, de concert avec ses frères, venir des blés pendant une disette qui désolait le Dauphiné; mais, accusés d’accaparement, ils se sauvèrent à Paris, y trouvèrent de l’emploi dans les bureaux du munitionnaire de l’armée, et montrèrent une rare habileté. En 1704, Pâris, chargé de la direction des vivres de l’armée de Flandre, obtint un prêt de 4 millions de Samuel Bernard, et se fit, avec ses frères, qu’il s’était associés, une grande réputation financière. Lors du système de Law, il démontra, dans un Mémoire, les dangers et les illusions de ce système; ie contrôleur le fit exiler avec ses frères en juillet 1720. Rappelé en décembre suivant, après la chute de Law, et mis, vers la fin de 1721, à la tête d’une commission dite du visa, chargée de réviser la fortune de tous ceux qui, pendant le Système, avaient fait des bénéfices exagérés, il procura à l’Etat l’extinction d’environ 1500 millions de dettes. Pâris se distingua encore par son dévouement pour arrêter les progrès de la peste de Marseille. Confident du duc de Bourbon, il fit rendre, en 1724, une ordonnance sur l’abolition de la mendicité, eut la première idée, en 1725, d’une caisse d’amortissement de la dette publique, proposa l'impôt d’un 50e des revenus, en nature, le rétablissement du droit de Joyeux avènement, enfin le mariage de Louis XV avec Marie Leczinska. Une intrigue, où il eut l’imprudence d’entrer, pour renverser le cardinal de Fleury le fit mettre à la Bastille, 1726. Il en sortit en 1728, rentra aux affaires après la mort du cardinal de Fleury, 1743, fit ordonner, en 1751, l’établissement de l’Ecole militaire de Paris, en fut le 1er intendant avec le titre de conseiller d’Etat, et mourut dans ce poste. On a de lui des lettres, dans le recueil intitulé : Correspondance du cardinal de Demis avec Pâris-Duverney, Paris, 1790, 2 vol. in-8°. L’économiste Dutot, ayant attaqué les operations du visa, Pâris lui répondit par un Examen des réfleiions politiques sur le commerce et les finances, 1748. — L’aîné des frères Pâris se nommait Antoine ; — le 2e avait pris le nom de La Montagne, qui était l’enseigne de l’auberge de leur père; — le 3e, Pâris de Montmartel, fut créé marquis de Brunoy par Louis XV , et garde du Trésor royal.

PARIS, capitale de la France, résidence du souverain, siège du gouvernement , de la Cour de cassation , de la Cour des comptes , d’une Cour impériale, de tribunaux de lre instance et de commerce, de la lre division militaire, des principaux corps savants d’une Académie universi-

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taire , d’un archevêché , des écoles les plus importantes ; hôtel des monnaies (lettre A) , etc. Ch.-l. du département de la Seine; par 0» de long., et 48° 50’ 13” de lat. N.; ou 19° 51’ 30” de long. E. du méridien de l’île de Fer, et 48» 50’ 13” de lat. N. ; à 330 kil. N.-N.-E. de l’Océan ; 525 N. -O. de la Méditerranée; 420 S.-E. de Londres; 370 S. -O. de Bruxelles ; 890 S. -O. de Berlin ; 1,398 O. de Vienne , 3,050 S. -O. de S'-Pétersbourg ; 1,922 S. -O. de Stockholm; 1,080 S. -O. de Copenhague; 2,600 N. -O. de Constantinople; 1,080 N. -O. de Florence; 1,320 N.-O. de Rome; 1,444 N.-N.-E. de Madrid; sur la Seine et la Bièvre. La Seine traverse la ville dans la direction du S.-E. au N.-O. , sur un développement de 8 kil. Sa largeur est de 202 met. à son arrivée. Deux îles la divisent après un parcours de 1,600 à 1,700 mèt. : l'ile S'-Louis, puis Pile de la Cité. Le reste de son parcours s’effectue dans un seul lit, dont la largeur moyenne varie de 130 à 176 mèt. Elle coule au fond d’une vallée , sur les deux versants de laquelle s’élève la ville, 2/3 au N. sur la rive droite, 1/3 au S. sur la rive gauche. La hauteur moyenne du sol , au-dessus du niveau de la mer, est de 65 mèt., et de 42m,24 au-dessus du niveau de la Seine , au N. , à l’abattoir Montmartre ; de 35m,24 au S. , à la place de l’Estrapade; de 37ra,24 au S.-E., à la barrière d’Italie. — Paris forme deux villes concentriques , l’une militaire , l’autre civile. La première se compose d’une enceinte de murs , protégée par un large fossé , et fortifiée de 94 bastions , revêtus en meulière et en pierre de taille. Cette enceinte a 33 kil. 930 mèt. de développement, et 7,450 hectares carrés de superficie. 16 forts détachés , jetés autour , achèvent d’en faire une place de guerre très- respectable . Les bastions peuvent être armés avec 658 pièces de canon ; les forts en ont 982. Sous le rempart , du côté de la ville, est une belle voie stratégique, plantée d’une double allée d arbres. — A 1,000, 1,500, ou 2,000 mèt. environ de cette enceinte, suivant les endroits, on en trouve une autre, celle du Paris civil. C’est un simple mur de clôture, de 24 kil. 980 mèt., qui enferme la ville proprement dite et ses faubourgs, et dont la superficie est de 3,402 hectares carrés. Sa forme est celle d’un ovale irrégulier, de 6,020 mèt. du N. au S., et de 8,410 mèt. de l'E. à l’O. Tout l’espace entre les deux enceintes comprend, au N. et à l’E., quelques collines qui dominent Paris, des champs en culture, et 28 villes, villages ou bourgs, très-peuplés, indépendants de la capitale. Il y en a 19 du côté de la rive droite de la Seine, et 9 du côté de la rive gauche ; les plus notables sont : Bercy, Charonne, Ménilmontant, Belleville, à l’E.; La Villette, La Chapelle-S’-Denis, Montmartre, les Batignolles, au N.; les Ternes, Passy, Auteuil, à l’O. ; et sur la rive g., au S., le Petit-Montrouge, Vaugirard, et Grenelle. Des boulevards extérieurs, larges de 29m,24, et plantés d’une triple rangée d’arbres , avec chaussée pour les voitures, passent au pied de la 2e enceinte, dite enceinte de l'octroi, parce qu'elle en marque les limites. Ces boulevards, au nombre de 45, forment une ligne continue de 24 kil. environ de développement. — 54 barrières donnent entrée dans la ville, 37 sur la rive droite de la Seine, 17 sur la rive gauche. Toutes sont fermées par des grilles de fer, et ornées d’un ou deux pavillons d’un style monumental. 28 routes aboutissent aux principales barrières, dont les plus belles se trouvent aux voies magistrales de la ville , et sont : à l’E., celles de Reuilly et du Trône; au N., da Pantin, de la Villette, de St-Denis, de Montmartre; à l’O.," de Clichy, du Roule, de l’Etoile, de la Conférence; au S., d’Enfer, du Maine , et d’Italie. Neuf chemins de fer complètent les voies d’accès dans Paris : ce sont les chemins de Rouen, du Nord, de Strasbourg, de Lyon, d’Orléans , de l’Ouest, de St-Germain, de Sceaux, et d’ Auteuil. Les six premières voies ferrées, voies de long cours , sont reliées entre elles par un chemin de fer dit de ceinture , qui part du chemin d’Orléans et s’étend jusqu’au chemin de l’Ouest, en côtoyant presque partout la voie stratégique de la ville; dans la partie N.-O., il est comme prolongé par le chemin de fer d’ Auteuil, embranché sur celui de Rouen, de sorte qu’il parcourt les 3/4 environ du périmètre fortifié. Paris civil est enveloppé dans 15 faubourgs : deux à l’E., les faub. S*-Antoine et du Temple; quatre au N., St-Martin, S*-Denis , Poissonnière, Montmartre; trois à 10., St-Honoré, du Roule, Chaillot; six au S., le Gros-Caillou, Sl-Germain, S‘-Michel, Sl-Jacques, SVMarcel, et St-Victor. — Nous allons entrer maintenant dans la ville. V. Supplément au mot Paris.

1. Boulevards . — Rues. — Passages. Les faubourgs du N., du N.-E., et du N.-O., sont séparés de la ville par une ligne de boulevards intérieurs, anciens remparts de Paris, convertis en promenade de 1671 à 1685, et qu’alors on

commença de bâtir. Une quadruple rangée d’arbres les divise en 3 allées : une très-large au centre, pour les chevaux et les voitures, et deux autres moins spacieuses pour les piétons; le tout a 32 mèt. de large, environ. Cette demi-ceinture commence à l’E., à la place de la Bastille, forme une ligne concave du côté de la ville, et finit à l’O., à la place de la Madeleine, après un parcours de'4,500 mèt. On l’appelle les boulevards, parce qu’elle change 1 1 fois de nom , quoiqu’elle ne soit pas interrompue. — Un autre boulevard, de plus de 4,000 mèt. sur 30 de large, traverse presque toute la ville du N. au S., en partant de l’embarcadère du chemin de fer de Strasbourg : c’est le boulevard de Sébastopol ; il va en ligne droite, jusqu’à la place du Châtelet , 2,300 mèt.; et de là, par une ligne un peu infléchie, jusqu’à la barrière d’Enfer; cette dernière section est auj. (1857) faite à moitié. — Un 3e boulevard doit couper la ville de l’E. à l’O., en partant de l’Entrepôt ou Halle aux vins, et conduisant dans le faubourg Sl-Germain, dont il emprunte le nom. Une partie seulement est ouverte au pied du jardin de l’hôtel Cluny, au N. — Enfin, un 4e, dit Boulevard du Prince- Eugène , est commencé, pour aller de la fontaine du Château-d’Eau , boulevard Sl-Martin , en droite ligne à la barrière du Trône, sur une longueur de 3,300 mèt. — Paris a près de 1,500 rues, avenues, carrefours, etc., dont le développement équivaut à 385 kil. Les plus vivantes et les plus remarquables sont celles : SGHonoré, Richelieu, Yivienne, des Petits-Champs, de la Cliaussée-d’Antin , de la Paix, Castiglione, Tronchet, Royale-S1 Honoré, du Temple, Rambuteau, S1 .Antoine, St-Louis, de Grenelle, SGDominique, de l’Université, du Bac, de Sèvres, de Vaugirard , S‘-Denis, St-Martin, La Fayette, Hauteville, Laffitte, et surtout de Rivoli; cette dernière, large de 20 m 78, et longue, en ligne droite ou légèrement infléchie, de 2,575 mèt., a sa partie occidentale, sur une longueur de 1,300 mèt. environ, bâtie d’une architecture uniforme : les maisons reposent sur une série de 287 arcades à jour, formant pour les piétons une immense galerie couverte, garnie de somptueuses boutiques. La traversée de Paris, de l’E. à l’O. , peut se faire, sur une ligne non interrompue, par les quais des 2 rives de la Seine, ou par les rues du faub. St-Antoine, de St-Antoine, de Rivoli, la place de la Concorde, et la grande avenue des Champs-Elysées : on part de la barrière du Trône pour arriver à celle de l’Etoile, les deux plus belles entrées de Paris, et l’on parcourt une distance de près de 7 kil. et demi. — Il y a plus de 20 passages, dont la plupart sent de très-belles galeries couvertes en vitrages, et bordées de chaque côté de boutiques avec logements au-dessus. Les plus remarquables sont : les passages des Panoramas , Jouffroy, Yivienne, Colbert, Choiseul , de l’Opéra, Véro-Dodat, Delorme, des Princes, du Saumon, du Grand-Cerf, Saucède, Bourg-l’Abbé, Brady, du Caire, Vendôme, etc.

2. Places publiques. — Quais. — Ponts. On compte 80 places publiques environ; les plus remarquables, sur la rive droite de la Seine , sont celles de la Concorde, Vendôme ( V. Colonnes ), du Carrousel, du Palais-Royal, des Victoires,de l’Europe, du Châtelet, de l’Hotel- de -Ville, la Place-Royale, et celle de la Bastille; sur la rive gauche, les places du Palais-Bourbon, de Belle-Chasse, de Saint-Sulpice, de l’Odéon, et du Panthéon.— De magnifiques quais en pierre encaissent la Seine, et empêchent ses débordements ; ils sont accompagnés de larges voies, plantées d’une rangée d’arbres vers le fleuve, et bâties de maisons en regard. Il y a 36 quais, dont le développement total est de 23 kil. Les plus beaux, par les constructions qui les bordent, sont ceux du Louvre, des Tuileries, de Billy, sur la rive droite; S1- Bernard , Conti, Voltaire, d’Orsay, sur la rige gauche : on pourrait appeler ce dernier le quai des Palais, tant il est splendidement bâti. Au bas des quais sont 9 ports pour les arrivages de la Haute et de la Basse- Seine. Chaque port est affecté à une nature de marchandise. — La partie N. et la partie S. de la ville communiquent entre elles par 22 ponts, qui sont, en partant d’amont : le pont d’Austerlitz; puis, sur le bras droit du fleuve, les ponts Marie, Louis-Philippe, d’Arcole, Notre- Dame, et le Pont-au-Change ; sur le bras gauche, le pont de Constantine , les ponts de la Tournelle, de la Cité, de l’Archevêché, le Pont-au-Double , le Petit-Pont, le pont St-Michel; à la réunion des deux bras, le Pont-Neuf; ensuite , les ponts des Arts , du Carrousel , Royal , de la Concorde, des Invalides, de l’Alma, et dléna. Trois de ces ponts sont en fer : les ponts d’Arcole, des Arts, et du Carrousel ; 3 suspendus à des fils de fer : la Passerelle St-Louis , les ponts de la Cité , et Louis -Philippe; et tous les autres en pierre. Les plus beaux sont celui d’Austerlitz, le Pont-

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PAR — 2028 -

Neuf, ceux de la Concorde, des Invalides, de l’Alma, et d’Iéna.

3. Eglises et temples. Les églises du culte catholique sont au nombre de 47 , dont 46 paroisses, et la basilique de Sl0-Geneviève. On cite parmi les plus belles dans le style gothique ou roman, sur la rive droite; Sl-Germainl’Auxerrois, Sl-Eustache, Sl-Leu, S^Nicolas-des-Champs, Sl-Laurent, SVMerry, Sl-Gervais, et Sl-Eugène ; dans File de la Cité , l’église métropolitaine de Notre-Dame ( F. ce mot ) ; sur la rive gauche, Sl-Germain-des-Prés,Sl-Etiennedu-Mont, Sl-Séverin, S*-Nieolas-du-Chardonnet , et Ste-Clotilde. Parmi les églises d’architecture grecque, on dis- | tingue, sur la rive droite : Sl-Philippe-du-Roule , la Madeleine (F. ce mol) , S1- Roch, Notre -Dame -de Lorette S*-Vincent-de-Paul (K. ces 2 noms), St-Denis-du- Sl-Sacrement, St-Paul-S'-Louis ; sur la rive gauche, S'-Thomas d’Aquin, Sl-Sulpice, Sle-Geneviève , et Sl-Louis , dans l’ile de ce nom. 145,000 fidèles y trouvent place à la fois.

II y a 5 temples protestants, et 2 synagogues.

4. Palais, Maisons, Arcs-cle-triomphe. Paris a 13 palais : les Tuileries, le Louvre, le Palais-Royal , l’Elysée-Napoléon, le Palais de l’Industrie, la Bourse et le Tribunal de commerce, sur la rive droite de la Seine ; les palais du Corps Législatif, de la Légion d’honneur, du Conseil d’Etat et de la Cour des Comptes, de l’Institut de France, des Beaux-Arts, du Sénat, sur la rive gauche ; et le Palais de Justice, dans l’ile de la Cité (F. Palais). Il y a en outre une foule d’hôtels, palais véritables, comme l’Hôtelde-Ville (V. ce mot), les hôtels des ministères de la Marine, des Affaires étrangères, de la Guerre, de l’Intérieur, de la Justice, de l’Instruction publique, du Commerce, de la Monnaie, des Invalides, etc., et beaucoup de très-beaux hôtels particuliers dans les faubourgs Sl-Germain, S‘-Honoré, et Poissonnière. — Le nombre des maisons est de 31,800, logeant, en moyenne, chacune 33 habitants, dans 4 ou 5 étages et les combles, car la hauteur réglementaire des maisons est de 17 “ 54 , entablement compris. La longueur moyenne, mais non réglementée, est de 15 mèt.

- — On compte 4 arcs-de-triomphe : la Porte SVDenis, la Porte St-Martin , l’arc du Carrousel , et l’arc de l’Etoile ( V. Arcs de triomphe ).

5. Abattoirs. — Halles et Marchés. — Fontaines. — Egouts. — Catacombes. — Il y a 5 abattoirs, édifices pour abattre les bestiaux destinés à l’appi-ovisionnement de la ville ( V. Abattoirs). — Les Halles sont au nombre de 6, et les Marches de 30 environ îles halles centrales, la halle aux blé et farines ( V. Halles), celles aux veaux, aux cuirs, aux toiles, au vieux (pour la vente du vieux linge et des vieux vêtements), aux vins ( V. Vins. Entrepôt des). Les marchés sont consacrés à la vente en détail des denrées alimentaires les plus usuelles et des combustibles ( V. Marchés). — La ville a 2,097 fontaines publiques : 1,779 bornes-fontaines, 105 bouches d’eau sous les trottoirs,

III poteaux ou boîtes pour les tonneaux d’arrosement de la voie publique en été, 69 fontaines de puisage, et 34 ! fontaines monumentales, la plupart remarquables par leur beauté ou leur importance. Les principales sont celles : des Innocents, du Châtelet, Molière, Gaillon, Louvois, Sl-George, du Château-d'Eau , 5 aux Champs-Elysées, 2 à la place de la Concorde, celles de Grenelle, St-Sulpice, Notre-Dame, Cuvier, 4 à la place Royale, etc. Toutes sont alimentées par le canal de l’Ourcq, deux pompes à feu puisant dans la Seine à Chaillot et au quai d’Austerlitz, une machine hydraulique sur le pont Notre-Dame, l’aqueduc d’Arcueil, le puits de Grenelle (F. Grenelle), et quelques sources venant de Belleville et des Prés-Sl-Gervais. Ces divers affluents se distribuent par 330,000 mèt. de tuyaux de fonte, enfouis sous les rues, ou circulant dans les grandes galeries d’égouts. Le produit total des eaux est de 147,800 mèt. cubes par jour, ou 148,000,000 de litres environ. La consommation actue’le (1857 ) en emploie un peu moins de 87,000 mèt. — Les Egouts sont une des magnificences de la ville ; presque toutes les rues un peu importantes ont un égout voûté en maçonnerie sous leur sol. Ce Paris cloacal offre un parcours de 163 kil. , et s’augmente incessamment. Il a, comme le Paris épanoui au soleil , ses maîtresses voies et ses voies accessoires. La plus ancienne et la plus importante est dite grand égout de ceinture, parce qu’elle enveloppe presque toute la ville au N., en partant de la rue des Coutures-S‘-Gervais à l’E. , et venant se jeter dans la Seine au quai de Billy, à l’O., audessous de la pompe à feu de Chaillot. Sa longueur est de 6,321m52; sa largeur de 2m, et sa hauteur de 2m75 à 3“. Deux autres principales branches sont dites égouts collecteurs , parce qu’ils reçoivent , sur les deux rives de la Seine, les eaux des autres égouts, et les empêchent de

salir le fleuve dans la ville ; l’un part de la place de la Bastille, gagne la rue de Rivoli , et aboutit au quai de la Conférence : il a 2“ 10 de hauteur sur 2 “40 de largeur; l’autre , destiné à recueillir les eaux de la rive gauche, passe sous un chemin de halage établi en rivière; ses proportions sont 2 m de hauteur, sur 1 m de largeur. — Comme plusieurs grandes et anciennes villes, Paris a des catacombes, qui sont une partie très-intéressante de la cité souterraine ( V. Catacombes).

6. Bains et Lavoirs publics. On compte 130 établissements de bains publics chauds : 126 , répartis dans la ville, sont alimentés par les fontaines d’eau de Seine, et 4 sont installés sur le fleuve même ; 21 bains froids sont établis, en été, sur la rivière ou sur le canal Sl-Martin; quelques-uns prennent le nom d’écoles de natation. — 172 lavoirs publics et buanderies sont ouverts aux classes pauvres et aux petits ménages , qui vont ou envoient y laver leur linge, moyennant une légère rétribution : 64 sont établis dans des bateaux amarrés sur la Seine, 17 sur le canal Sl-Martin, et 91 répandus spécialement dans les quartiers habités par les classes ouvrières.

7. Etablissements d’arts et de sciences. Ecoles. Il y a l’Institut de France ( F. ce mol), un Conservatoire de musique et de déclamation ; un Conservatoire d’arts et métiers ( F. Conservatoire); le Collège de France ( F. Collèges); des Facultés des Lettres, des Sciences, de Théologie ; les grandes Ecoles polytechnique , Normale supérieure, d’Etat-major, de Droit, de Médecine et de Chirurgie, des Ponts-et-Chaussées , des Chartes, des Mines, des Beaux-Arts, Centrale , etc. ( F. Écoles ) ; l’Observatoire ( F. ce mot) ; le Jardin des Plantes ( F. ce mot ) ou Muséum d’histoire naturelle ; le grand séminaire de Sl-Sulpice, l’école des Carmes; 5 bibliothèques publiques ( F. Bibliothèques); 5 musées, ceux du Louvre, du Luxembourg, des Thermes et de l’hôtel Cluny, d’ Artillerie, et d’IIistoire naturelle ; 5 lycées ( Louis -le-Grand, Napoléon, St-Louis, Charlemagne, Bonaparte), 3 collégei ( Rollin , Stanislas, Chaptal , un petit séminaire, 121 institutions ou pensions de garçons ; 127 de demoiselles ; 661 écoles primaires; un Athénée; des Sociétés asiatique, géologique, philomatique, linnéenne, de géographie, de statistique, d’agriculture, d’industrie, etc.

8. Théâtres, bals et concerts. Plus de 32 théâtres, grands ou petits, sont consacrés aux jeux de la scène. Les principaux sont: l’Opéra, le Théâtre -Français, l’Odéon ou Second-Théâtre-Français, l’Opéra-Comique, le Théâtre- Italien, théâtres impériaux subventionnés par l’Etat; viennent ensuite : le Théâtre - Lyrique , ceux du Vaudeville, des Variétés, du Gymnase dramatique, du Palais- Royal , de la Porte-St-Martin, de l’Ambigu-Comique, de la Gaîté, des Folies-Dramatiques, de Beaumarchais , du Cirque-Olympique, du Cirque de l’Impératrice, etc. Tous ensemble contiennent plus de 30,000 spectateurs, et jouent tous les soirs, excepté l’Opéra et le Théâtre -Italien, qui n’ouvrent que trois fois par semaine, et ce dernier, pendant la saison d’hiver seulement. Les spectacles - cafés , cafés-concerts, bals, etc., sont en nombre très - considérable ; il en meurt, il en naît chaque jour. Les chiffres cidessous pourront faire apprécier l’importance des plaisirs publics de Paris; les recettes faites, en 1854, dans les divers établissements ci-dessus, se répartissent ainsi :

Théâtres impériaux 3,851,471 fr.

Théâtres secondaires 6,945,288

Concerts, bals, cafés-concerts, etc. 1,324,857 Curiosités diverses 287 ,444

Total 12,409,060 fr.

En 1855, année de l’exposition universelle de l’industrie, les recettes des mêmes établissements ont été de 15,408,930 fr.

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