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coup plus considérable. On compte environ 120 beaux jours, 150 jours couverts , 136 de pluie , et 63 de brouillards. Les vents qui régnent le plus ordinairement sont ceux du S., de l’O., du S.-O., du N. et du N.-O. La température moyenne générale de l’année, prise sur une trentaine d’années, est égale à -f- 10°, 8 centig.; la moyenne générale des hivers est de — -f- 3°, 3 ; celle des étés, = + 18°, 1. On éprouve quelquefois, mais très-rarement, des chaleurs de 30», et des froids de 10» à 14°.
18. Paris le jour et la nuit. — Aspect et physionomie. Paris, ville de travail et de plaisir, de fabrication et de consommation, de commerce et de luxe, reflète ces divers caractères dans sa physionomie. Son activité industrielle et marchande se trouve pour plus des 5/6, sur la rive droite delà Seine, dans les faubourgs de l’E.,du N., et du N.-O.; les fabrications qui exigent peu d’espace, comme la bijouterie et certains autres objets de luxe, franchissent la demi-ceinture des boulevards du nord, et pénètrent dans l’intérieur de la ville : les faub. et les rues Sl-Antoine, du Temple, S*-Martin, Sl-Denis, Poissonnière, Montmartre, ont l’aspect commerçant et fabricant tout à la fois. Sur les boulevards, surtout de la Porte S*-Denis à la Madeleine, on commence à rencontrer les boutiques de luxe des simples commerçants ; elles se répandent dans les quartiers des Panoramas, de la Bourse, occupent les rues Vivienne, de Richelieu, de la Paix, SCHonoré, de Rivoli, et descendent dans le Palais-Royal. Les quartiers Poissonnière et de la Chaussée -d’Antin sont le domicile de l’aristocratie financière ; dans les Champs-Elysées et le faub. S1- Honoré, sont les hôtels de la diplomatie étrangère, et de modernes enrichis, ou d’étrangers qui choisissent Paris pour séjour de prédilection. Sur la rive gauche, les quartiers du S.-E. sont fabricants et commerçants : la grande librairie, l’imprimerie et la papeterie s’y trouvent réunies en majorité; les quartiers du S.-O. comprennent le faub. Sl-Germain, où l’on trouve les administrations ministérielles, les palais du conseil d’Etat, du Corps législatif, du Sénat, les beaux et vastes hôtels privés du temps de Louis XIV ou de Louis XV, séjour de l’aristocratie de race. L’industrie et le commerce sont à peu près nuis dans ce quartier, excepté dans les rues du Bac, Jacob, de Seine, de Buci, jusqu’à la rue Dauphine, qui est comme la frontière des deux divisions de ce Paris méridional. — Mais ce qui frappe surtout d’étonnement les étrangers, c’est la prodigieuse animation de la ville, l’air empressé des gens en voiture ou à pied, l’agitation fébrile de tout ce monde qui va à ses plaisirs ou à ses affaires, avec une ardeur qui a fait créer l’expression, tonte parisienne, de faire une course, courir h un rendez-vous, tant la foule semble lutter d’empressement et de vitesse. Cette grande animation est à peu prés perpétuelle dans les quartiers du centre, et dans les faubourgs de fabrication ; elle a ses heures dans les Champs-Elysées, séjour des gens de loisirs: le matin, le quartier est fort paisible et presque désert; à 2 heures après midi, il s’anime, et, jusqu’à 6 h. du soir, il est encombré de promeneurs à pied, et rempli de promeneurs à cheval ou en voiture qui le traversent en gagnant ou quittant le bois |de Boulogne), la grande promenade à la mode, Dans le faub. Sl-Germain, il n'y a, pour ainsi dire, que des filons d’animation par quelques grandes voies principales, comme les rues du Bac, des Sts-Pères, de Sèvres, du Four; le reste, ou à peu près, a quelque chose de calme et d’apaisé, qui donne à ce quartier une physionomie toute particulière. Les rues, presque sans boutiques, avec hôtels entre cour et jardin, sont quasi tristes, même au milieu du jour; elles ne s’animent un peu que le matin et le soir, à l’arrivée et à la sortie du peuple d’employés occupés dans les ministères. — Le soir, Paris prend un aspect de fête par la merveilleuse illumination des rues et des boutiques. Les rues sont éclairées par plus de 13,630 becs de gaz, dans des lanternes portées sur de beaux candélabres en fer, pour les voies très-larges, et sur d’élégantes consoles en fer, scellées aux murs des maisons, pour les autres. Sur les boulevards, dans les grandes et longues rues droites, dans les passages, l’effet de cette illumination quotidienne, prolongée en immenses cordons, est vraiment féerique. L’animation de Paris se calme vers deux heures du matin dans les quartiers du centre, où sont groupés les théâtres, et la plupart des autres lieux de plaisirs; dans les quartiers excentriques, elle cesse plus tôt.
Il y a un quartier où elle se renouvelle avant d’avoir cessé; c’est celui des halles : là, dés 11 heures du soir, quand les citadins rentrent dans le*repos, les campagnards arrivent avec leurs charrettes, apportant les légumes et les fruits du dehors, et au point du jour, cet immense marché est littéralement obstrué de monde. Tout autour sont des 1
débitants de vins, d’eau-de-vie, des petits cafés qui ne se ferment ni jour ni nuit : Paris ne se repose jamais dans le quartier des halles. — L’autorité, chargée de veiller à la tranquillité et de la sûreté de la ville, ne se repose jamais non plus; les brigades de sergents de ville continuent leur service pendant toute la nuit, et, grâce à leurs rondes perpétuelles, les rues ne sont pas un seul instant sans surveillance, ni les citoyens sans protection. Une brigade dite de sûreté a pour mission spéciale la recherche des malfaiteurs. En résumé, Paris est peut-être la plus merveilleuse ville de l’Europe, et la plus séduisante pour les gens de loisirs, comme pour ceux qui s’occupent des travaux de l’esprit. Au xvme siècle, Duclos disait : « Paris est la patrie universelle de tous ceux, de quelque pays qu’ils soient, qui vivent en bonne compagnie; » et ce jugement est encore vrai aujourd’hui. — Tel était Paris en 1857 : pour l’état actuel, F. au Supplément. C. D — y.
Histoire. Au temps de César, Paris n’était qu’une bourgade appelée Lutèce ( Lutetia , forme latine de Loutouhezi, c.-à-d. en langue celte, habitation au milieu des eaux), et capitale des Parisii. Elle occupait la plus grande des îles formées en cet endroit par la Seine, île alors de 15 hectares de superficie, et qui, réunie, aux autres petites îles les plus voisines, reçut longtemps après le nom de Cité. Lorsque César, en 53 av. J.-C. , convoqua pour la 2e fois les peuples de la Gaule, il choisit Lutèce pour lieu de réunion. L’année suivante, les Parisii , attaqués par Labiénus, lieutenant de César, brûlèrent leur ville et ses deux ponts, et se défendirent avec acharnement. Néanmoins Lutèce fut prise, et rangée parmi les villes tributaires ( Vectigales). Constance Chlore fit bâtir, sur la rive g. de la Seine, le palais dont les ruines portent auj . le nom de Thermes , et dans lequel Julien fut proclamé Auguste, en 360. Julien aimait Lutèce; il y passa cinq hivers consécutifs, 355-361. La ville avait alors 38 hectares de superficie. Des voies importantes la faisaient communiquer avecleslieux environnants. Une puissante corporation, les nautœ parisia ci, avait, depuis Tibère, le monopole des transports sur la Seine; elle donna naissance plus tard à la confrérie des marchands de l'eau, qui prit ensuite le nom de hanse (V. Hanse). Le christianisme fut apporté à Lutèce vers 250 par S1 Denis, qui, suivant la tradition, y mourut martyr avec Rustique et Eleuthère. En 360, un concile s’assembla à Paris; la lettre synodale de ce concile est le plus ancien monument où se trouve le nom de Parisea civitas. Au temps de Théodose, Paris eut pour évêque S* Marcel ou S* Marceau, dont le nom est resté àl’un des faubourgs de la ville. En 451. Sle Geneviève préserva les Parisiens de l’invasion des Huns , et mérita ainsi de devenir la patronne de Paris. Clovis, vainqueur de Syagrius, en 486, occupa cette ville, et, en 508, la déclara capitale de son royaume. Il fonda une église dédiée à S‘ Pierre et à S‘ Paul, où il fut inhumé, ainsi que la reine Clotilde, et qui devint plus tard Ste- Geneviève ; la rue Clovis et le Lycée Napoléon occupent l’emplacement de l’ancienne église, dont il ne subsiste plus qu’une vieille tour. Dans le partage des Etats de Clovis entre ses fils, le royaume de Paris échut à Childebert ; ce prince, sur les conseils de l’évêque S* Germain, fit élever plusieurs abbayes, entre autres, celle de Ste-Croix, depuis Sl-Germain-des-Prés. Les fils de Clotaire Ier, en se partageant ses Etats, jugèrent déjà la possession de Paris assez importante, pour décider que la ville serait indivise, et qu’aucun d’euxn’y entrerait sansle consentement des autres. Néanmoins ChilpericI” y résida presque constamment. Sous Clotaire II, le pouvoir se centralisa définitivement à Paris, et le roi y assembla le grand concile de 615. Sous Clovis II, l’évêque S1 Landry fonda l’hôpital S^Christophe, qui prit au moyen âge le nom d’Hôtel-Dieu. Les derniers Mérovingiens ne demeurèrent pas habituellement à Paris, non plus que les rois de la 2° race; Charlemagne y vint pourtant quelquefois , et deux écoles s’y ouvrirent sous son règne. Louis le Débonnaire assembla à Notre- Dame deux conciles, en 820 et 829. Après sa mort commença de se développer la puissance des comtes de Paris • ils avaient sous leurs ordres un vicomte qui gouvernait la ville et commandait les troupes. Les magistrats des villes voisines leur étaient subordonnés. Eudes , fils aîné de Robert le Fort Joignit au titre de comte de Paris celui de duc de France. Cependant, négligée par les souverains, la ville demeurait exposée sans défense aux invasions des Barbares. Quatre fois en 20 ans , 841 , 845 , 856, 861 , les Normands ravagèrent les environs de Paris , et quelquefois la^ ville même. Les Parisiens résolurent de se protéger eux-mêmes, 1 fortifièrent leur ville, élevèrent des tours en bois aux deux têtes de chaque pont, et, dirigés par le comte Eudes et 1 l’évêque Gozlin , soutinrent, en 885, un siège de 13 mois.
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Les dévastations répétées des Normands amenaient la disette : on vit, en 23 ans, 14 années de famine; celle de 975 fut horrible. L’influence politique de Paris fut à jamais assurée par l’avénement de Hugues Capet, le dernier comte de Paris , 987 ; de ce prince date le séjour constant des rois de France à Paris : le palais de Hugues Capet, rebâti par Robert et habité par ses successeurs, fut abandonné plus tard par Charles VU au Parlement. Henri Ier convoqua à Paris deux conciles, en 1050 et en 1053. Philippe Ier institua le prévôt de Paris , qui remplaça les anciens vicomtes, et remplit à peu près les mêmes fonctions. Malgré les violences du régime féodal, qui ôtaient toute sécurité au commerce , la seule présence des rois, si faibles qu’ils fussent alors , était un gage assuré de progrès pour Paris. Louis le Gros, en rétablissant l'ordre et la sécurité dans l’Ile-de-France, ne contribua pas peu à la prospérité de sa capitale. L’Ecole de Paris prit alors une importance considérable, grâce à Pierre Lombard, à Pierre Comestor, et surtout à Abailard. Plusieurs édifices religieux s’élevèrent, entre autres, l’abbaye de Sl-Victor, et S'-Jacquesla-Boucherie , dont la tour seule subsiste encore. On attribue à Louis VI la fondation du Grandet du Petit-Châtelet ( V. Châtelet ). Sous Louis VII, le Grand-Châtelet servait déjà de demeure au prévôt de Paris. C’est à ce règne que se rapporte l’établissement de3 Templiers à Paris, et la construction du Temple , véritable palais , dont les dépendances renfermaient tout l’espace compris entre le boulevard du Temple et la rue de la Verrerie, avec une grande partie du Marais. La commanderie de Sl-Jean de Latran (place Cambrai) , le port de la Grève, les premières fondations de Notre-Dame, et l'église S'-Médard (rue Mouffetard) , sont aussi du même temps. Paris avait alors un mur d’enceinte , au moins sur la rive droite ; mais son étendue était encore fort restreinte. Les riches habitations et les établissements de commerce étaient agglomérés dans la Cité. Autour de la ville , il existait de nombreux clos, vastes espaces cultivés et entourés de murailles, appartenant aux églises ou aux abbayes. Au N.-E. se trouvaient de grands marécages, qui, au xn( siècle, furent transformés en cultures , et sur l’emplacement desquels s’éleva plus tard le quartier du Marais. Le Pré-aux-Clercs ( V. ce mot) , situé au S.- O., servait de lieu de promenade aux écoliers, qui s’y prenaient souvent de querelle avec les ordres religieux; plus tard, ce fut le lieu de rendez-vous des raffinés et des duellistes.
Une ère nouvelle commença pour Paris avec Philippe- Auguste : il établit des aqueducs, des fontaines, des halles; les rues principales furent pavées, c.-à-d. la rue qui allait du N. au S., de la porte S1 -Denis à la porte S1- Jacques, et celle qui allait de l’E. à l’O. de la porte Baudet (Baudoÿer ) au Louvre : c’était ce que l’on appelait la croisée de Paris; la police fut régularisée, Notre-Dame continuée. Il fit construire le vieux Louvre, et, en 1190, élever une enceinte fortifiée garnie de tours, pour défendre la ville, qui s’était considérablement agrandie sur les deux rives du fleuve. Cette enceinte, munie d’un fossé, commençait , sur la rive gauche, en aval, à la tour de Nesle ( V. ce mot), prenait la direction des rues Mazarine, Sl-André-des-Arts, suivait une ligne qu’indiquent encore auj. les noms des rues des Fossés-de-Monsieur-le-Prince, des Fossés-S1 Jacques, de la Vieille-Estrapade, Contrescarpe, des Fossés- S'-Victor, des Fossés-S'-Bernard ; elle se terminait à l’E., sur les bords de la Seine , par une forteresse appelée la Tournelle, un peu en amont du pont actuel de ce nom. Sur la rive droite , l’enceinte partait , en aval , de la Tour qui fait le coin, près de S'-Germain-l’Auxerrois, et, suivant la direction des rues de l’Oratoire, S'-Honoré, J.-J. Rousseau, Montmartre, Mauconseil, impasse des Peintres, rues Ste-Avoye, de Paradis, Culture-Sle-Catherine, allait aboutir, en amont, à la Tour Barbeau, vers le milieu du quai S1- Paul. La construction de cette enceinte dura 20 ans : elle enfermait, en 1211, une superficie de 253 hectares, qui comprenait beaucoup d’espaces vides. La Hanse parisienne, devenue une des plus puissantes corporations, fut définitivement constituée sous Philippe-Auguste. — Paris resta stationnaire sous Louis VIII ; il prit de nouveaux accroissements sous Louis IX. Ce roi enrichit de nombreux monuments sa ville de prédilection : la Ste-Chapelle, la Sorbonne, les Quinze-Vingts, Sl-Leu et Sl-Gilles, etc. Un grand nombre d’églises, de collèges, et de couvents s’élevèrent; de nouvelles congrégations religieuses s’établirent : les Grands-Augustins , les Blancs-Manteaux, les Carmes- Barrés , etc. Le séjour de Paris, pendant que le roi était en Terre-Sainte, n’était rien moins que sûr : la tyrannie du prévôt faisait déserter le pays; Paris et les environs étaient pleins de malfaiteurs. A son retour, le roi confia
la prévôté à Etienne Boileau, et assigna à la charge de prévôt, jusqu’alors vénale, un salaire fixe. De plus, sur la demande des bourgeois, il adjoignit au Guet royal une milice bourgeoise, qui fut nommée Guet des métiers ou Guet des bourgeois ( V. Gijet). Enfin , pour la première fois, le chef de la corporation des marchands de l’eau reçut le titre de Prévôt des marchands. Les écoles de Paris prirent à cette époque le nom collectif d’ Université ; les ordres religieux enseignants en firent partie. Sous Philippe III le Hardi, le collège d’Harcourt (auj. lycée Sl-Louis) fut fondé en 1280 par Raoul dllarcourt. Sous Philippe IV le Bel éclata la lre insurrection populaire, causée par l’excès des impôts et l’altération des monnaies; le peuple assiégea le roi dans le palais du Temple, où il s’était réfugié avec ses barons, 1306. L’émeute apaisée, Philippe fit pendre 28 insurgés aux quatre entrées de Paris. L’année suivante, il faisait arrêter les Templiers ( V. ce mot) , et, en 1314, le grand-maître Jacques Molay, et Guy, commandeur de Normandie, étaient brûlés vifs dans l’île aux Juifs ou île aux Vaches, à l’extrémité O. de la Cité, auj. le terre-plein du Pont-Neuf. En 1302, Philippe le Bel avait organisé le parlement de Paris, convoqué les premiers Etats-Généraux, et institué la Bazoche ( V . ce mot). En 1313, il avait divisé Paris en 3 quartiers : la Cité, qui contenait 43 rues; le quartier d 'Outre-grand-pont, au N., en ayant 183; et celui B’ Outre-petit-pont, au S., qui en comptait 85. Le commencement du xive siècle vit s'élever de nouveaux collèges : ceux de Navarre , de Bayeux , de Laon , de Montaigu , du Plessis , de Narbonne , de Lisieux , etc.
A partir de l’avénement des Valois au trône, l’action de Paris sur laFrance devient plus puissante et plus réelle. Au temps de Philippe VI, les Anglais s’avancent jusque sous les murs de la ville. Sous le roi Jean, après le désastre de Poitiers, Paris, par son attitude énergique, arrête le découragement et prévient l’anarchie. Etienne Marcel, prévôt des marchands, se met à la tête du peuple, et dirige les Etats-Généraux convoqués par le Dauphin. Il donne au peuple un signe de ralliement, et transfère le parloir aux bourgeois dans une maison de la place de Grève, la Maison aux Piliers , qui devint depuis V Hôtel-de-Ville ( V. ce mot). Mais cette courte apparition de la puissance du. peuple cessa à la mort de Marcel, avec le retour du Dauphin, 1358. Au milieu des maux de la guerre étrangère et de la guerre civile , Paris continuait à s’agrandir : Marcel avait fait réparer les fortifications , et agrandir l’enceinte septentrionale : elle s’étendit alors de la porte Barbette , près de l’Arsenal , à la Tour du Bois , près des Tuileries, en suivant à peu près la ligne actuelle des boulevards jusqu’à la rue Meslay , la rue Ste- Apolline et les autres rues dans cette direction jusqu’à la place des Victoires, le jardin du Palais-Royal, la rue du Rempart, et la place du Carrousel. La bastille Saint- Antoine , commencée par Charles V, renforça cette enceinte, flanquée dans tout son parcours, de fortes tours carrées. Paris avait déjà 8 quartiers, et sa superficie était de 439 hectares. — Charles V fit bâtir l’hôtel S'-Paul, ou Hostel solennel des grands esbatements , et octroya des lettres de noblesse à tous les bourgeois de Paris ; ce privilège, confirmé par ses successeurs, restreint par Henri III aux prévôts des marchands et aux échevins, supprimé en 1667 , rétabli en 1669, aboli de nouveau en 1715, fut restitué, en 1716, aux magistrats municipaux, qui le conservèrent jusqu’à la Révolution. — Le règne de Charles VI fut désastreux pour Paris comme pour la France : en 1382, un impôt sur les vivres fit éclater la révolte des Maillotins ( V. ce mol) ; 300 des insurgés furent mis à mort, et les 12 principaux chefs de la sédition décapités au pilori des Halles. Le mouvement des Cabocliiens ( V. ce mot) eut un caractère plus alarmant et causa plus de mal : Jean -sans -Peur appela les Anglais, que Perrinet- Leclerc introduisit dans Paris, 1418, et dont ils ne furent chassés qu’en 1436 par Dunois et Richemont. Charles VI acheva la bastille S'-Antoine. Charles VII et Louis XI ne résidèrent pas à Paris; le dernier prince augmenta les privilèges des Parisiens, les appela dans son conseil, prit parmi eux ses ministres, et les organisa en 72 compagnies de milice formant 30,000 hommes. C’est sous ce règne que fut établie à Paris la première imprimerie. On doit encore à Louis XI le premier établissement spécial pour l’enseignement de la médecine, la réorganisation de la Cour des Aides, et la création de la Prévôté de l’hôtel. — Charles VIII et Louis XII continuèrent seulement les travaux d’assainissement précédemment entrepris, tels que le pavage des rues et l’établissement de nouveaux égouts. Plusieurs ports furent disposés sur le bord de la Seine, et 4 boucheries établies. Il existait alors sur le fleuve 8 ponts, la plupart bordés de
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maisons, et 16 fontaines publiques dans la ville. La police des rues était confiée à un magistrat nommé voyer, dont les attributions sont réparties auj. entre le préfet de la Seine, le préfet de police, et le tribunal de police municipale.
Avec ïrançois Ier, commence pour Paris un âge de progrès et de splendeur : le vieux Louvre est abattu , et reconstruit sur un nouveau plan ; Jacques d’Amboise fait élever l’hôtel de Cluny ; François Ier fonde le Collège de France, l’imprimerie royale, et commence l’église Sl-Eustaehe. Après la défaite de Pavie, le gouvernement de Paris éleva autour de la ville toute une enceinte d’ouvrages avancés, et, lorsqu’en 1544 l’armée de Charles-Quint marcha sur Paris, le duc du Guise fit entourer de remparts les faubourgs du N.-E. et du S. — Au règne de Henri II se rapportent l’achèvement du Louvre, suivant le plan primitif ( F. Louvre ), la fondation du collège Ste-Barbe, et celle de l’hôpital des Petites-Maisons, auj. Hospice des Ménages; au règne de François II , l’établissement de l’hôpital de l’Ourcine. La superficie de la ville atteignit alors 484 hectares. Sous Charles IX, les guerres de religion ensanglantèrent de nouveau Paris. L’empoisonnement de Jeanne d’Albret, les tristes noces de Flenri de Navarre et de Marguerite de Valois, la tentative d’assassinat de Maurevel sur Coligny, furent les préludes de la Sl-Barthélemy ( F. ce mot). Catherine de Médicis fit commencer les Tuileries, et construire l’hôtel de Soissons. De cette époque datent aussi les collèges de Clermont ( plus tard de Louis-le-Grand ) et des Grassins. Charles IX institua, en 1563, la juridiction des juges et consuls, qui a été l’origine du tribunal de commerce. — Paris retrouva quelque calme pendant les premières années du régne de Henri III : mais en 1585 la Ligue s’organisa dans une réunion tenue au collège Forte!, rue des Sept-Voies; on y créa le fameux conseil des Seize. Bientôt le duc de Guise entre à Paris, malgré les ordres du roi , et est accueilli en triomphateur ; le peuple, soulevé pour les Guises, dresse des barricades, et Henri III est obligé de quitter sa capitale. L’assassinat du duc de Guise amène un soulèvement terrible, qu’excitent encore des prédications furibondes. Le poignard de Jacques Clément arrête la vengeance que se promettait Henri 111, et Paris accueille cette nouvelle par des danses et des cris de joie. La ville tient bon contre Henri IV, et supporte héroïquement toutes les horreurs de la famine. Cependant la Ligue, partagée entre les Guises et l’Espagne, s’affaiblissait de jour en jour; la division éclata aux Etats de 1593. Henri IV, néanmoins, n’entra à Paris qu’après avoii abjuré solennellement , et avoir acheté la ville à Brissac , qui la vendit pour 200,060 écus. Henri IV continua le Louvre et les Tuileries, acheva l’Hôtel -de- Ville commencé en 1553 , et le Pont-Neuf , dont Henri III avait posé la première pierre en 1578 ; la pompe de la Samaritaine y fut construite en 1607. Les hôpitaux de la Charité , de S1- Louis , etc. , datent de cette époque, ainsi que la rue et la place Dauphine, la place Royale, et les quais de l’Arsenal, de l’Horloge, et des Orfèvres. — Sous Louis XIII, en 1622, Paris fut séparé de la métropole de Sens et érigé en archevêché; l’Académie Française fut fondée en 1635, le Jardin-des-Plantes en 1626. Richelieu fit bâtir le Palais- Cardinal (depuis Palais-Royal), et Marie de Médicis le Luxembourg ; le Palais de la Cité, détruit par un incendie, fut reconstruit en 1618 ; la Sorbonne rebâtie par les soins de Richelieu , et les ponts au Change , Marie , et de la Tournelle, établis sur la Seine; on édifia les églises de Sl-Roch et de Sl-Louis-en-!Ile , les hôpitaux de la Pitié et des Incurables. On orna pour la lre fois les places publiques de statues monumentales ; celle d’Henri IV érigée sur le Pont-Neuf en 1614, et celle de Louis XIII, en 1639, sur la Place-Royale , achevée depuis 1612. La ville s’était tellement accrue, qu’en 1626 une nouvelle enceinte fut jugée nécessaire ; elle continua l’ancienne à partir de la Porte Sl-Deois , suivit la ligne actuelle des boulevards jusqu’à la Porte S*-Honoré, et porta ainsi la superficie de la ville à 1,104 hectares. Les quartiers S'TIonoré , S‘-Antoine, du Marais, se couvrirent alors de constructions. Il en fut de même de l’ile Notre-Dame, auj. l’ile St-Louis, inhabitée jusqu’en 1614, et du Pré-aux-Clercs , qui devint le faubourg S1- Germain. Sous le même prince, on termina l’église St-Eustache, moins le portail, on entreprit les quais d’Anjou, de Bourbon, de Béthune, d’Orléans, de Gèvres, et Malaquais. Mais la partie centrale de Paris demeurait la moins belle : les habitations sales et misérables de la Cité, la Tour de Nesle, le Petit et le Grand-Châtelet, le Temple, la Bastille , contrastaient avec l’élégance des quartiers nouveaux. Malgré les améliorations matérielles apportées au régime intérieur de la ville , les rues étaient
fort sales, point éclairées la nuit, et désolées par quantité de voleurs. Il y avait très-peu de carrosses.
La minorité de Louis XIV vit renaître les troubles civils. Le peuple, après avoir pris une part active à la Fronde et fait la Journée des Barricades, se retira de la lutte, et resta simple spectateur ; il n’en paya pas moins les frais de la révolte : on lui retira ses privilèges; ses milices furent remplacées par une garnison royale, et ses officiers municipaux par des magistrats royaux. Privé sous Louis XIV de toute indépendance, et même de la présence du roi, qui résidait à Versailles, Paris trouva une compensation dans les améliorations et les embellissements qu’il dut au nouveau gouvernement; tels furent la suppression de presque toutes les justices féodales, la création d’un lieutenant de police, l’établissement de lanternes pour éclairer les rues, un service régulier pour l’enlèvement des immondices, etc. La fondation des Académies des Sciences, des Inscriptions et Belles-Lettres, de Musique, d’Arcliitecture, l’érection de l’Observatoire, les encouragements donnés aux lettres, l’ouverture de la Comédie- Française et de l’Académie royale de Musique, firent définitivement de Paris le centre intellectuel de la France. La ville s’embellit de tous côtés : Le Nôtre traça le jardin des Tuileries, on planta les Champs-Elysées, on bâtit le Pont- Royal; de vastes places s’ouvrirent (les places du Carrousel, Vendôme, des Victoires) ; aux Portes Sl-Denis et St-Martin, des arcs de triomphe s’élevèrent. L’Hôtel des Invalides, les Quatre-Nations (auj. l’Institut), la colonnade du Louvre, les Gobelins, témoignent encore de la splendeur de cette époque féconde. Divisée dès 1383 en
16 quartiers sous Charles VI; en 17 sous Louis XIII t en 1642; la ville forma, en 1702, sous Louis XIV, 20 quartiers ; elle comptait 500 rues, environ 100 places,
17 ports, 9 ponts, 9 faubourgs, 30 hôpitaux. “ Cette ville est à la France, disait déjà Vauban, ce que la tête est au corps humain. » — La Régence ramena la cour à Paris, qui fut , pendant tout le xvine siècle, le centre du gouvernement et des affaires, des idées et des plaisirs. Le tzar Pierre 1er vint visiter la capitale de la France en 1718, Tannée où échouait la conspiration de Cellamare. Deux ans après, Paris voyait tomber la banque de Law, dont le succès inouï et la ruine terrible agitèrent le peuple d’émotions jusque-là inconnues. Aux scènes de la rue Quincampoix ( V. Law ) succédèrent , sous Louis XV, les agitations des Convulsionnaires (F. ce mot). Les querelles du Parlement et de l’autorité royale à l’occasion de la bulle Unigenitus , l’exil du Parlement, le supplice de Damiens, la mort de Lally-Tollendal , sont les seuls faits de l’histoire de Paris sous ce règne. L’Ecole Militaire , l’Ecole de Droit, le Garde-Meuble (auj. Ministère de la Marine), Sle-Geneviève, le portail de S1- Eustache, St-Sulpice, Sl-Philippe du Roule, le Palais-Bourbon, l’Ecole de Médecine, l’Hôtel des Monnaies , furent élevés ou commencés sous Louis XV. C’est aussi pendant le règne de ce prince que la ville construisit la place qui, après avoir porté son nom, fut appelée plus tard Place de la Concorde. A cette époque , les cabarets du XVIIe siècle avaient fait place aux cafés, devenus le rendez-vous des hommes de lettres et des nouvellistes. Les cafés Procope, de la Régence, de la Rotonde, de Foy, réunissaient toutes ies célébrités littéraires. Le dimanche, le peuple courait aux Porcherons ou à la petite île dè la Grange-Batelière. L’enceinte de Paris fut encore reculée, et embrassa 1,337 hectares. Le faubourg du Roule, le quartier de la Chaussée d’Antin, les faubourgs St-Germain et Sl-Honoré , compris dans l’enceinte nouvelle , se couvrirent de bâtiments somptueux. En même temps les boulevards furent plantés sur les anciens remparts, pour servir exclusivement de promenade , où ni voitures ni chevaux ne passaient, et ce fut alors comme une fureur de bâtir de ce côté. Paris changeait de centre. — Le règne de Louis XVI vit s’élever plusieurs établissements importants : l’hôpital Beaujon , le Conservatoire de Musique , les Ecoles des Ponts-et-Chaussées , des Mines, etc., le pont Louis XVI, auj . de la Concorde , plusieurs marchés , l’Odéon , le Théâtre- Français , l’Opéra (auj. théâtre de la Porte - St-Martin), les Italiens (auj. Opéra-Comique), les bâtiments à galeries autour du jardin du Palais-Royal. En 1786, les fermiers-généraux bâtirent l’enceinte d’octroi qui existe encore maintenant, reculée seulement en quelques endroits; elle enfermait une superficie de 3,370 hectares.
La Révolution commence à V ersailles ; mais elle est Dientôt ramenée à Paris, où elle éclate, le 14 juillet 1789, par la prise de la Bastille. Le drapeau national portera dès lors les couleurs de la ville. En 1789 , Necker divisa Paris en 60 districts, pour procéder au choix des électeurs qui devaient nommer les 40 députés de la ville aux Etats-Gé-
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néraux. Il y eut 400 électeurs qui, le lendemain de la prise de la Bastille , et après le meurtre de Flesselles, dernier prévôt des marchands , administrèrent spontanément la ville. Le 25 juillet, ils furent remplacés par une municipalité provisoire , composée de 120 députés des districts , sous le titre de représentants des Communes. Enfin la loi du 21 mai 1790 institua une municipalité composée d'un maire, de 16 administrateurs , de 32 conseillers, de 96 notables, et d’un procureur de la Commune. Le maire , les administrateurs et les conseillers formaient le conseil municipal , qui , réuni aux notables , prenait le nom de conseil-général. Il avait le commandement de la garde nationale parisienne, qui s’était formée spontanément après la prise de la Bastille. Bailly fut le premier maire de Paris. Potion lui succéda. La loi du 27 juin suivant divisa Paris en 43 sections. La journée du 10 août 1792 emporta l’administration municipale : les 48 sections de Paris nommèrent chacune un administrateur du département, et ainsi naquit cette fameuse Commune, qui dirigea la Convention , et, par elle, gouverna la France entière. Elle s'appuyait sur les clubs, dont le plus célèbre siégeait dans la salle de l’ancien couvent des Jacobins de la rue Sl-Honoré. Le club des Cordeliers , près de l’Ecole de Médecine, obéissait à Marat. Le club Monarchique et le club des Feuillants étaient, au contraire, hostiles à la Révolution. Paris doit à la Convention : les Lycées, alors appelés Ecoles Centrales, les Ecoles Normale et Polytechnique, l’Institut de France, le musée du Louvre, le musée d’Artillerie, les Archives nationales, le Conservatoire des arts et métiers, les télégraphes aériens. — Sous le Directoire eut lieu la première Exposition des produits de l’industrie nationale, 1798. Le Consulat rendit à Paris la paix et la prospérité; l’Empire lui rendit la splendeur. L’industrie, le commerce, les arts prirent une activité nouvelle. Les fêtes du sacre , du mariage de Napoléon I«r, de la naissance du roi de Rome, la célébration des victoires de la Grande Armée, firent retrouver au peuple de Paris de beaux jours de joie et d’enthousiasme. Napoléon ler élevait l’arc de triomphe du Carrousel, commençait celui de l’Etoile, érigeait la colonne Vendôme, entreprenait le palais de la Bourse, l’achèvement du Louvre, édifiait la façade du Corps législatif , couvrait la Halle aux Blés d’une vaste coupole de fer et de cuivre; fondait les ponts d’Austerlitz, des Arts, d’Iéna, de la Cité, et 3,000 mèt. de quais ; élevait 26 fontaines publiques ; mettant à profit les vastes espaces laissés dans les faubourgs S1- Denis, St-Martin, S1- Germain, St-Marcel , et dans le quartier des Tuileries par la suppression , faite en 1789, de 9 abbayes, 108 couvents, et 161 églises, chapelles ou collèges, il ouvrait 60 rues, parmi lesquelles la rue Napoléon (dite de la Paix, depuis 1814), les rues Castiglione, du Mont-Thabor, des Pyramides, de Rivoli, Tronchet, etc., faisait construire huit marchés, cinq abattoirs, l’Entrepôt des vins, les Greniers de réserve, les cimetières de l’Est et du Nord; achevait de débarrasser les anc. ponts et les ane. quais de files de maisons qui en faisaient comme autant de rues masquant la vue de la rivière; enfin créait le canal de l’Ourcq, et commençait les canaux Sl-Martin et Sl-Denis. La ville avait été divisée, en l’an iv, en 12 municipalités, dirigées par 7 administrateurs, formant l’administration du département de la Seine; ils furent remplacés , en l'an vm , par douze maires et deux préfets, l'un chargé de l’administration du département, l’autre de la police. L’admirable campagne de 1814, et l'héroïque bataille de Paris ne purent sauver la capitale de l’invasion. Les alliés ne se retirèrent qu’après le traité de Paris (30 mai). Le retour de l’ile d’Elbe fut salué avec enthousiasme par le peuple; mais Waterloo livra une seconde fois Paris aux alliés, et Louis XVIII y rentra le 8 juillet 1815. L’invasion fut cette fois plus désastreuse, et les alliés ne quittèrent Paris qu’après avoir, au mépris des traités, dépouillé ses musées et mutilé ses monuments. En 1820, des troubles graves eurent lieu à l’occasion de la loi électorale, et l’agitation continua jusqu’à l’avénement de Charles X. Les hostilités, un moment suspendues , reprirent bientôt. Les funérailles du général Foy, en 1825, de Manuel , de Larochefoucauld-Liancourt , en 1827, sont pour l’opposition libérale autant d’occasions de manifester ses dispositions hostiles. Le licenciement de la garde nationale , le triomphe de l’opposition dans les élections, amènent de nouveaux troubles, suivis de collisions sanglantes. Enfin les ordonnances de juillet 1830 ( V. Juillet | déterminent une insurrection. Les troupes royales, après, trois jours de résistance, et en nombre inférieur, sont obligées d’évacuer la ville; le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc. Un gouvernement provisoire est formé,
et, le 9 août, le duc d’Orléans est proclamé roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier. La Restauration construisit surtout des monuments religieux : grand séminaire Sl-Sulpice, Chapelle expiatoire de Louis XVI, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, Notre-Dame de Lorette, Sl-Vincent de Paul, S'-Denis-du-Sf-Sacrement. L’école des Beaux-Arts fut entreprise en 1819. La même année, on commença à employer le gaz pour l’éclairage public. — La paix dont jouit la France pendant le règne de Louis-Philippe permit au gouvernement d’accomplir de grands travaux : il s’occupa surtout d’achever et de réparer les anciens édifices : la Madeleine, l’arc de triomphe de l’Étoile, l’Hôtel-de-Ville, le palais du Conseil d’Etat, le Palais-de- Justice, Notre-Dame, la Ste-Chapelle. Ajoutons la décoration de la place de la Concorde, l’ouverture du musée des Thermes et de l’Hôtel Cluny, la construction des ponts Louis-Philippe et du Carrousel; l’élargissement, la reconstruction, et la plantation des quais Sl-Paul , de la Grève, Lepelletier, de Gèvrcs, de la Mégisserie, et de l’Ecole; les galeries de minéralogie et les nouvelles serres du Jardin des Plantes; la colonne de Juillet ( V. Colonne), le tombeau de Napoléon | V. Mausolée); la bibliothèque Sle-Geneviève, les fontaines Louvois, Cuvier, Sl-Sulpice, Gaillon, Molière, le puits de Grenelle [V. Grenelle) ; les gares de chemins de fer; le percement de beaucoup de rues, entre autres de celles d’Alger, de Rambuteau, de la Bourse, etc.; enfin les fortifications de Paris : cet immense travail , y compris les forts détachés , a été exécuté, de 1841 à 1846, par trois officiers généraux du génie militaire : le maréchal Dode de la Brunerie, directeur supérieur; le général, auj. maréchal Vaillant, directeur de la rive droite; le général Noizet, directeur de la rive gauche. La dépense s’est élevée à 140,000,000 de fr. La paix, d’ailleurs , n’existait qu’au dehors : à l’intérieur, l’agitation était fréquente ; les insurrections et les attentats régicides se succédaient. Paris fit , en 1840 , un accueil solennel aux restes de Napoléon Ier, ramenés par le prince de Joinville. En 1848, une nouvelle révolution renversa le gouvernement, et proclama la république. On vit alors pendant quelques jours le spectacle singulier d’une ville immense vivant sans désordre grave sous un gouvernement sans autorité. La vie publique était alors dans les rues et sur les places ; les fêtes patriotiques, les rassemblements populaires excitaient tour à tour la curiosité et la crainte. L’invasion par le peuple de l’Assemblée constituante au 15 mai, la création des ateliers nationaux, les journées de juin (F. Juin 1848), légitimèrent l’emploi de la force pour arrêter l’anarchie ( V. Décembre 1852). Le calme se rétablit, et les grands travaux purent être repris : l’hôpital Lariboisière fut terminé, la bibliothèque Sle-Geneviève, l’église Ste-Clotilde furent continuées, ainsi que les restaurations de Notre-Dame, de la Sl*-Chapelle, et du palais de l’Elysée. Ce n’était là pourtant que le prélude d’autres travaux plus importants commandés par Napoléon III , le renouvellement du vieux Paris, des rues larges, des boulevards ouverts partout, le Louvre achevé et complété, les Halles centrales commencées et finies, la belle rue de Rivoli prolongée et triplée dans son parcours, la place du Louvre, celles du Palais Royal et de l’Ilôtel-de-Ville, agrandies et rebâties sur un plan régulier; les boulevards de Sébastopol, de Saint - Germain , du Prince-Eugène , travaux gigantesques, exécutés avec une célérité inouïe, et qui ne s’achèvent que pour en enfanter d’autres, destinés à les compléter et peut-être à les surpasser. — Voici pour achever l’histoire de Paris et de son influence, une liste où sont citées, par ordre alphabétique, les personnes les plus célèbres seulement, ou les plus illustres à divers degrés, nées dans cette capitale; ce sont: Anquetil ( les ), Arnauld ; Bailly, Barbie du Bocage, Bardin, Beaumarchais, Béranger, Berryer, Berton, Biot(J -B ), Boileau, Boissonnade, Bougainville, Boullongne (les), Bouton, Brongniart (les), Burnouf ( E.) ; Cartellier, Oassini, Catinat, Caylus, Chalgrin, Charlet, Charron, Chaudet , Clairaut. Clarao, Collé, Coudé (le grand ) , Condorcet, Contât iMbe, , Cortot, Couder, Courier, Cousin (Victor), Coustou, Coypel (les), Çrévier ; Dalembert, Danville, Dareet, David ( L. ) , Delacroix (E.), Delambre, Devéria, Didot (les), Dufresny, Duhamel ; Estienne (les), Eugène de Savoie (le prince) ; Favart, Foureroy, Fréret; Goujon (J.), Gros, Gudin; Halévy, Hérold , Hersent; La Condamine , La Luzerne, Largillière, Laharpe, Lavoisier, Lebean, Lebrun (Ch.), Lebrun (P.-D.-L.), A. Leclère, Legendre, Legouvé, Lekain, Lemaistre (les), Lemercier (N.), Lenoir ( Alex. i. Le Nôtre. Lesueur E.), Letronne, Louis-Phi l ppe Ier; Ma’.ebranche, Malibran (.U“e), Mausart tles), Marivaux, Mars (MMa), Michallon, Millin,
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Mionnet, Moitte, Molé (les), Molet dit Mole, Molière; Nourrit (A.);Pajou, Percier, Perrault (Cl. et Ch.), Peyre ( les) , Picart, Picot, l’igalle, Poinsot, Préville ; Quatremère (les), Quinault; Racine (L.), Regnard, Richelieu (cardinal de), Riecoboni (Mme) , Rollin , Rousseau (J.-B.); Saint-Marc- Girardin , Saint- Non, Scarron , Scribe (E.), Sedaine, Staël (Mme de) , Sylvestre de Sacy; Talleyrand- Périgord; Talma, Tavernier, Thou (de), Tocqueville (de), Tronchet, Turgot ; Valenciennes, Vestris, Wailly (Ch. de) , Vernet (Carie et Horace), Villemain (A.), Voltaire , etc. — On voit dans cette liste , qui résume la nomenclature générale, que les poètes, les littérateurs, les peintres, les architectes, et les artistes dramatiques sont les plus nombreux (56); viennent ensuite les archéologues, les historiens, les savants dans les sciences mathématiques ou naturelles ( 45 ); les magistrats, les militaires, les politiques, sont en petit nombre (15) ; et les grands compositeurs de musique en nombre moindre encore (3). Dans les esprits d’élite parisiens, les aptitudes les plus nombreuses sont pour les arts ou les sciences qui exigent le plus les dons de l’imagination , la pureté et la délicatesse du goût. — Les principaux ouvrages sur Paris , et les éditions les meilleures sont : Corrozet , les Antiquités , chroniques et singularités de Paris, 1581, in-16; Dubreuil, les Fastes et antiquités de Paris, 160H, in-4° ; Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, 1724, 3 vol. in-fol. ; Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris et de ses environs, 1765, 10 vol. in-12; l’abbé Le Beuf , Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, 1754, 15 vol. in-12; Saint-Foix, Essais historiques sur Paris, 1763, 4 vol. in-12; D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, 1775, 5 vol. in-fol.; Jaillot, Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris depuis les commencements jusqu à présent , 1775, 5 vol. in-8°; Béguillet, Histoire de Paris, avec la description de ses plus beaux monuments, 17^9-80,3 vol. in-8° et in-4°; Saint- Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours, 1808, 4 vol. in-8° et atlas; Legrand et Landon, Description de Paris et de ses édifices, 1809, 2 vol. in-8° ; Dulaure, Histoire civile, physique et morale de Paris, depuis les premiers temps historiques jusqu’à nos jours, 1839, 8 vol. in-H® ; Frégier, Histoire de i administration de la police de Paris, 1850, in-8°; Lavallée, Hist. de Paris, 1851, gr. in-8°; Louis et Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues et des monuments de Paris, 1855, 1 vol. gr. in-8°; Meindre, Histoire de Paris et de son influence en Europe, 1854 55, 5 vol. in-8°; A. Husson, les Consommations de Paris, 1856, 1 vol. in-8°, etc. F — t.
paris (Comte de) , titre créé par Charlemagne, et qui passa, avec le duché de France, en 861, à Robert le Fort, par suite de son mariage avec Adélaïde, veuve du comte Conrad. Les descendants de Robert le portèrent jusqu’à Hugues Capet. Il n’a plus été donné qu’en 1838 à Louis- Philippe -Albert, fils aîné du duc d’Orléans, et petit- fils du roi Louis-Philippe 1er.
paris (Commune de). V. commune, paris ( Traités de ) . On en compte 8 principaux : 1® celui du 12 avril 1229 : il mit fin à la guerre des Albigeois; Raymond VU , comte de Toulouse, cédait à Louis IX tout le Languedoc, moins les diocèses de l'Agénois et du Rouergue, et des portions de celui de Toulouse, de l’Albigeois et du Quercy, qui devaient former la dot et l’héritage de sa fille unique Jeanne, et cette princesse était destinée à Alphonse de Poitiers, l’un des frères du roi; il payait de plus 20,000 marcs d’argent , restituait les biens enlevés au clergé, rasait les fortifications de ses villes et se déclarait l’ennemi des hérétiques. — 2° Un traité du 20 mai 1303, entre Philippe IV le Bel et Edouard III, rendit le duché d’Aquitaine au roi d’Angleterre, à la condition de l’hommage envers le roi de France. — 3® Par traité du 24 mars 1515, François 1er promit en mariage à Charles d’Autriche sa belle-sœur Renée, fille de Louis XII, avec 200,000 écus et le Berry pour dot; Charles s’engageait à ne pas aider son aïeul Ferdinand le Catholique contre la France ; ce traité ne fut pas exécuté. — 4° Un traité de 1635 unit la France et les Etats-Généraux de Hollande contre l’Espagne. — 5° Le traité du 10 février 1763 mit fin à la guerre de Sept Ans; la France cédait à l’Angleterre l’Acadie ou Nouvelle Ecosse, le Canada et le Cap- Breton , recouvrait la Martinique, la Guadeloupe, Marie- Galante, ses comptoirs en Afrique et dans les Indes orientales, échangeait Minorque contre Belle-Ile, et abandonnait la Louisiane à l’Espagne, comme compensation de la Floride, que cette puissance livrait aux Anglais; l’Espagne recouvrait Cuba et les Philippines. — 6® Le traité du 30 mai 1814 fit rentrer la France dans ses limites de
1792, en augmentant son territoire d’une partie de la Savoie, et de quelques cantons ajoutés aux départements des Ardennes, de la Moselle, du Bas-Rhin, et de l’Ain ; les alliés lui confirmaient la principauté de Montbéliard et le Comtat-Venaissin ; elle recouvrait ses établissements coloniaux, moins Tabago, Sle-Lucie, et l’ile de France. — 7® Par traité du 20 novembre 1815, la France perdit Philippeville, Marienbourg, le duché de Bouillon, Sarrelouis, Saarbrück, les deux rives de la Sarre, le pays situé au N. de la Lauter, et une partie du pays de Gex, consentit à la destruction des fortifications d’Huningue, paya aux alliés une indemnité de 700 millions de fr., et laissa occuper un certain nombre de places fortes pendant 3 ans par une armée ennemie de 150,000 hommes. — 8® Le traité du 30 mars 1856 a admis l’Empire Ottoman dans le concert européen , mis son intégrité et son indépendance sous la garantie collective des puissances , enlevé à la Russie tout droit d’immixtion ou de protection dans les affaires intérieures de la Turquie, rectifié sa frontière de la Bessarabie, supprimé ses arsenaux militaires sur la mer Noire, neutralisé cette mer, désormais ouverte au commerce de toutes les nations, interdit toute fortification dans les îles d’Aland , affranchi la navigation du Danube, assuré aux provinces moldo-valaques une administration indépendante, une législation et une armée particulières. Par des conventions annexes, il a assuré l’amélioration du sort des chrétiens dans l’empire ottoman , proclamé l’abolition de la course et l’inviolabilité des neutres. B.
paris (Articles de). On nomme ainsi l’orfèvrerie, la bijouterie fine ou fausse, les nécessaires, la brosserie fine, les fleurs artificielles, éventails, ombrelles, parapluies, la tabletterie, maroquiuerie, bimbeloterie, papeterie de luxe, etc. La plus grande partie de cette fabrication se Sait dans les 3' et 4e arrondissements actuels de Paris, comprenant les quartiers du Temple, de la place Royale, de la Porte- S‘-Denis, des Lombards, etc. Suivant une enquête officielle faite en 1848, la valeur annuelle de ces produits était alors estimée à 235,178,600 fr.
paris, v. des Etats-Unis (Maine), ch.-l. du comté d’Oxford, à 77 kil. N. -N.- O. de Portland ; 2,400 hab.
paris, v. des Etats-Unis (New-York ) , dans le comté d’Oneida, à 61 kil. N.-O. d’Albany ; 3,000 hab.
PAR1SET (Etienne), médecin littérateur, né en 1770 à Grand, près de Neufchâteau (Vosges) , m. en 1847, fils d un garde-forestier, fut commis chez un parfumeur à Nantes, puis entra chez les Oratorehs de la même ville, où il fit des études brillantes; on l’envoya, en 1794, aux frais de la ville, suivre les cours de l’Ecele de santé à Paris. Obligé, faute de ressources, de se faire précepteur, il ne put prendre le doctorat en médecine qu’à 35 ans. Des cours d'anatomie et de physiologie, qu’il fit à l’Athénée de Paris, commencèrent sa réputation; en 1814, il fut nommé médecin de Bicètre; en 1818, il devint membre du conseil do salubrité; en 1819, du conseil général des prisons; la même année, on l’envoya étudier la fièvre jaune à Cadix, puis à Barcelone en 1821, la peste en Egypte et à Tripoli en 1828-29. Convaincu que la peste est contagieuse, il eut à soutenir les plus vives discussions à cet égard. En 1822, il fut nommé membre du conseil supérieur de santé, secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine, et médecin en chef de la Salpêtrière. On a de lui, Outre de nombreux articles dans le Dictionnaire des sciences médicales et autres recueils ou journaux ; Histoire médicale de la fièvre jaune (avecBallyl, 1823; Mémoire sur les causes de la peste, 1837; des éditions et traductions de quelques écrits il' Hippocrate, 1817-25; Histoire des membres de l’Académie royale de médecine, ou Recueil des Eloges lus dans les séances publiques, Paris, 1845, 2 vol. in-12; 2« édition complète, 1850 , 2 vol. gr. in-18. Cet ouvrage est le principal titre littéraire de Pariset : la manière en est large, facile, heureuse, colorée , mais un peu vague. On distingue dans ces Eloges ceux de Berthollet, Cadet -Gassicourt, Corvisart, G. Cuvier, Desgenettes, Dupuytren, Esquirol, Larrey, Pinel, Vauquelin, etc. J- G-.
PARISIENS, Parisii (du celtique Pas-ri, gens du passage de la rivière), petit peuple de la Gaule (Lyonnaise 4e) ; capitale: Parisii, ou Lutetia Parisiorum (Paris).
PARISIS (Le), petit pays de l’anc. France (Ile-de- France), au N. de Paris; ch.-l., Louvres. Il est auj. réparti entre les départements de la Seine et de Seine-et-Oise.
pakisis , abréviation de Parisiensis , s’ajouta primitivement au nom de toute monnaie frappée à Paris j sol, livre, denier, etc. ). Au commencement du xin® siècle, le système monétaire de Paris fut uniformément adopté dans les possessions royales du Nord, tandis qu'à l'O. on suivait le système tournois (F. ce mot). Toute monnaie parisis eut