TAR1SOT DE LA VALETTE. V. LA VALETTE
PAR1UM , auj. Kemer, ou Kamérès , anc. v. de l’Asie- Miheure (Mysie), entre Lampsaque à l’O. et Priapos à l’E., à l’endroit où laPropontide se resserre pour former l’Hellespont, fut fondée par des habitants de Paros, mêlés à des Erythréens et des Milésiens. Son port était vaste et sûr ; elle fut agrandie par les rois de Pergame d’une partie du territoire de Priapos, et reçut, sous Auguste, une colonie romaine, qui fit changer son nom en celui de Colonia Pariana Julia Augusta. On remarquait dans son enceinte un autel magnifique, dont chaque côté avait un stade ( 185 mètres). C. P.
PARKA NI, v. de Hongrie. V. Baisicani.
PARKER (Mathieu), 2e archevêque anglican de Cantorbéry, né à Norivieh en 1504, m. en 1575, fut chapelain d'Anne de Boleyn, qui lui confia l'éducation de sa fille Elisabeth, puis de Henri VIII, et, eii 1545, vicechancelier de l’université de Cambridge. Egalement en faveur auprès d’Edouard VI, Marie Tudor le bannit, Elisabeth le nomma archevêque de Cantorbéry , 1559. Parker a laissé des éditions de Mathieu de Westminster, de Mathieu Paris, de Thomas Walsingham , et de la Vie du roi Alfred par Asser; un ouvrage De Antiquitate Rrilunnicœ ecdesiœ , 1729, Londres, in-fol.; et la préface de la Bible anglaise, dite des Evêques, 1568, in-fol.
Parker (Samuel), né à Northampton en 1640, m. en 1687, archidiacre de Cantorbéry, puis évêque d’Oxford, a laissé : Tenlamina phgsico-lheologica de (Dèo, Londres, 1665, in-4°; Disputaliones de Deo et Providentiâ, 1678, in-4°; Démonstration de l'autorité divine, de la loi naturelle et de la religion chrétienne, en anglais, 1681, in-4° ; Discours sur le gouvernement ecclésiastique , 1669, in-8°; des Commentaires, en latin, sur les événements du temps, publiés en 1726, iu-8°.
PARKES (Samuel ), chimiste anglais, né vers 1760 dans le comté de Worcester, m. à Londres en 1825, a laissé, entre autres ouvrages: The Chemical catecliism , 6e édit., Lond., 1814, in-4°; Essais chimiques sur les arts et manufactures de la Gramle- Bretagne, trad. en français par M. Delaunay, Paris, 1820, 3 vol. in-8®.
PARKHÙRST. V. Newport.
PARLEMENT (de la basse latinité parliamentum , traduction de mallum, qui vient du germain mallon, parler), cour souveraine de justice, qui siégeait à Paris, jugeait en dernier ressort au nom du roi, enregistrait les lois, édits, ordonnances, et dont le ressort s’étendait sur la plus grande partie de la France, le reste ressortissant à 12 autres cours souveraines ( V. plus bas Parlements provinciaux). Dès le commencement de la 3e race, le pouvoir déjuger dérivant de la possession du fief, le roi dut la justice, et comme chef suprême des grands vassaux, et comme duc de France suzerain de ceux qui tenaient fief de lui ; de là une cour particulière, la Cour du roi ( Curia domini regis), pour juger seulement les débats du duc de France avec ses vassaux, ou de ceux-ci entre eux. Composée de seigneurs , de prélats , sans règles fixes , elle s’assemblait à la Pentecôte et à la Toussaint, investie généralement d’attributions à la fois politiques, judiciaires et financières. Ce parlement primitif, présidé par le roi, l’accompagnait dans ses voyages. Il passe pour être resté ambulatoire jusqu'à Philippe le Bel, 1302; mais Philippe- Auguste, par l’ordonnance connue sous le nom de son Testament , institua, dès 1190, uue assise se tenant trois fois l’an à Paris. Sous S1 Louis, on trouve également des assises de la Cour du roi régulièrement tenues à Paris. Elle recevait déjà les appels des jugements rendus par les baillis ou sénéchaux, juridiction supérieure elle-même à celle des prévôts. La Cour des Pairs, composée, non plus exclusivement des 12 pairs, mais de ceux-ci et des grands officiers ou ministeriales palalii (ordonnance de 1223), dut se confondre, dès 1224, pour les fonctions judiciaires, avec la Cour ou le Parlement du roi, sauf de très rares exceptions, et il suffit d’un certain nombre de pairs dans le Parlement pour le transformer en Cour des pairs, compétente pour juger un pair ( Etablissements de S1 Louis, I, 71). C’est là l’origine du droit des pairs de siéger au Parlement. En substituant aux duels judiciaires les appels à la justice royale, dans un temps où d’ailleurs les affaires des communes et l’extension du domaine royal augmentaient beaucoup le nombre des causes. S1 Louis introduisit dans la Cour, comme rapporteurs, des jurisconsultes chargés d’exposer les affaires, sur lesquelles les arrêts étaient ensuite prononces par les seuls conseillers-juges (prélats et barons). La présence de ces hommes nouveaux ne modifia uas im-
médiatement le Parlement : il conserva la gestion simultanée de la justice, des finances et de l'administration civile, continuant de se réunir de loin en loin, aux époques ordinaires des assises féodales. Mais bientôt la juridiction des baillis et sénéchaux, en s’étendant de plus en plus sur des points extrêmes du royaume, augmenta l’importance de la justice royale dont elle émanait. Pour suffire aux besoins nouveaux, Philippe IV le Bel fit de la Cour du roi trois conseils distincts : réservant les fonctions politiques au Conseil étroit ou Grand Conseil , les fonctions financières à la Chambre des comptes, il ne laissa au Parlement proprement dit que les attributions judiciaires. Les ordonnances de 1291 et du 23 mars 1302 fondèrent véritablement le Parlement moderne : en vertu de la lre, les légistes, clercs exclusivement jusqu’en 1287, furent pris parmi les laïques (chevaliers ès lois, maîtres ès lois) ; trois personnes du conseil furent désignées pour donner audience tous les jours de la semaine, et le nombre déjugés qui devaient siéger dans chaque parlement de l’année fut déterminé; en vertu de la 2e, la Cour dut tenir à Paris deux sessions de deux mois chacune, à Noël et à la Pentecôte; elle eut juridiction sur les grands et sur certains établissements publics; les légistes furent choisis et institués par le roi. Naguère assis au marchepied du banc où siégeaient les grands, ces légistes, en s’élevant (sous Philippe VI, 1341) du rôle de “ souffleurs des nobles» à celui déjugés, modifièrent complètement l’organisation judiciaire, désormais subordonnée à la science compliquée du droit romain et coutumier; de là, l’abstention graduelle et volontaire des barons, l’exclusion des prélats (3 décembre 1319) par Philippe V le Long, désireux de les laisser tout entiers à leurs devoirs spirituels , » enfin la permanence du Parlement, préparée par les Etats-Généraux de 1357 , par l'ordonnance de 1359, et établie par Charles V en 1369. Sous Louis XI, les conseillers laïques, encore moins nombreux que les clercs, durent être portés au même nombre, et tous devinrent inamovibles, 1467; enfin, sous Henri II et ses premiers successeurs, le Parlement fut un instant semestre , 1553-1560, mais pour redevenir permanent depuis L’Hôpital jusqu’à la fin de son existence, sauf ses vicissitudes politiques.
Philippe le Bel, en 1302, divisa le Parlement en 3 chambres : 1° la Grand chambre (dite aussi chambre des plaids et plus tard chambre dorée, grand' voûte) , connaissant des grandes causes qui intéressaient le roi, la couronne, les pairs, l’université, l'hôpital général, etc., recevant le serment des pairs et de tous les magistrats du ressort, enfin jugeant les causes préparées par les Enquêtes; avaient droit d’y siéger, indépendamment des membres dont le nombre varia, le roi, les princes du sang, le grand-chancelier, les pairs, des conseillers d’honneur (conseillers en retraite); 2" la chambre des Enquêtes, qui instruisait les procès dont appel était porté au parlement : elle n’avait ni sceau ni greffe particulier; 3° la chambre des Requêtes, jugeant certaines causes portées directement au Parlement. A la Cour souveraine furent attachés, en 1312, pour la lr® fois, les gens du roi (ministère public), avocats et procureurs généraux, chargés de la police judiciaire, de l’arrestation des coupables, de leur accusation devant les juges, de la protection des mineurs, des communautés religieuses, corporations , etc. De plus , comme les provinces du Sud avaient repoussé les conditions d'institution du Parlement que Philippe le Bel avait voulu créer à Toulouse, il établit à Paris une chambre (des requêtes) du Languedoc ou du droit écrit, enfin il institua les commissions tirees na.* le roi du parlement pour aller tenir deux fois par an ies Grands-jours de Troyes, et l’Echiquier de Normandie. — L'organisation du Parlement varia peu jusqu’à Charles VII, qui, par l’ordonnance de Montils-lez-Tours, 1453, divisa les Enquêtes en 2 chambres, et créa une nouvelle chambre, la Tournelle criminelle, aiusi nommée parce que les conseillers tirés de la Grand chambre et des Enquêtes y siégeaient à tour de rôle. La Tournelle révisa d’abord par voie d’appel, et en dernier ressort, les jugements rendus au petit-criminel (c.-à-d. qui entraînaient seulement amende) ; plus tard , François 1er, en la rendant permanente, lui donna tous les piocès au grand criminel (dont les condamnations étaient peine afflictive et infamante). Il y eut en outre, à plusieurs reprise-, depuis 1667, une Tournelle civile, succursale de la Grand chambre, et devant laquelle é aient portées les causes qui n'excédaient pas une certaine somme. Enfin, de 1598 à 1669, il y eut une Chambre de l’édit (1 président; 16 conseillers, dont 2 au plus protestants), pour les causes où les protestants étaient partie principale. — Le Parlement, composé d’environ 67 membres sous Philippe le Bel, en compta successivement 100
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sous Louis XI ( 12 pairs, B maîtres des requêtes, 80 présidents et conseillers), et 120 en 1635. Il en avait 270 en 1756, répartis dans 8 chambres : une Grand chambre, ayant un 1er président, 9 présidents à mortier, 21 conseillers laïques et 12 conseillers clercs; 5 chambres des enquêtes, avec chacune 3 présidents et 30 à 32 conseillers ;
2 chambres des requêtes , chacune à 3 présidents et J 4 conseillers; enfin 20 gens du roi, soit 1 procureur-général,
3 avocats-généraux et 16 substituts du procureur-général. La suppression de 2 chambres des enquêtes , cette année 1756, et d’autres faites plus tard, avaient, en 1789, réduit le Parlement de Paris à 164 membres et à 5 chambres : la Grand chambre (47 conseillers, dont 25 laïques); 3 chambres des enquêtes (chacune 2 présidents et 25 conseillers); 1 chambre des requêtes (16 conseillers); et les gens du roi, 20 membres. — A la Grand chambre avaient droit de séance les princes du sang, les ducs et pairs, le chancelier, le garde-des -sceaux, les conseillers d'Etat, 4 maîtres des requêtes, l’archevêque de Paris, et l'abbé de Gluny : elle connaissait des appels des sentences rendues par toute justice du ressort, jugeait (seulement pour le civil) les appels comme d’abus des juges ecclésiastiques du ressort, et jugeait en lre instance les causes des pairs, celles des régales, les procès de l’Hôtel-Dieu, du grand Bureau des pauvres (P. ce mot au Suppléai.), et de l’Université, les causes intéressant le roi et la couronne, les crimes de lèse-majesté, les procès criminels des grands-officiers , des membres du Parlement et de la Chambre des Comptes , des gentilshommes et des ecclésiastiques; — les Chambres des enquêtes connaissaient des appels des sentences rendues sur procès par écrit (sans audiences ni plaidoiries), des appels incidents aux procès par écrit, des appels principaux , des appels des jugements entraînant amende; elles jugeaient en lre instance les causes réservées à la Grand chambre; la Chambre des requêtes connaissait en lr<; instance des causes portées au Parlement de Paris en vertu du commitlimus (K. ce mot), jugeait les causes des églises fondées par les rois, et celles des corporations, déférées au Parlement par lettres de garde-gardienne (V. ce mol)-, il existait aussi, sous le nom de Tournelle criminelle, une chambre, nouvelle en partie, composée des 5 derniers présidents à mortier, de 10 conseillers laïques de la Grand chambre y siégeant à tour de rôle pendant 6 mois, et de 2 conseillers laïques des enquêtes siégeant à tour de rôle pendant 3 mois : elle connaissait des appels des procès de grand criminel, sauf pour les individus ou les corps dont les causes étaient commises aux Parlements. — Le Parlement avait sa chancellerie particulière, dite petite- chancellerie, et composée d'un chancelier (1 maître des requêtes renouvelé tous les mois), de secrétaires du roi, de conseillers -secrétaires -ordinaires du roi, de conseillerssecrétaires-contrôleurs, et de chauffe -cire -scelleurs ; il avait de plus un fournisseur spécial, le Rosier de la cour, approvisionnant les princes du sang et pairs laïques, qui devaient aux magistrats la baillée des roses (P. ce mot). Les costumes des membres du Parlement avaient conservé l’ampleur et la majesté de ceux de nos anciens rois , la grande robe écarlate ou noire fourrée de vair ou d’hermine , le bonnet ou mortier de velours à 1 ou 2 galons d’or, et le bonnet de drap noir.
A l’origine, le roi donnait des délégations temporaires à de simples commissaires. Sous Philippe VI, il y avait eu une liste de toutes les personnes propres à faire partie du Parlement, et les noms en étaient extraits annuellement pour composer les assises. Plus tard, les rois nommèrent les conseillers sur présentation du chancelier , puis sur une liste de candidats dressée par la cour ellemême. Enfin, dès 1401, le Parlement, déjà permanent, et exempté des impôts et de la plupart des charges publiques, "élut lui-même ses membres ; mode de recrutement en usage jusqu’à Louis XII, qui vendit, en 1512, des charges de finance et quelques offices de judicature, et à ! François Ier, qui , érigeant en principe la vénalité des charges, créa, pour les vendre, 20 nouvelles places de cou- j seillers. Ce système fut vivement attaqué aux Etats d’Or- j léans, 1560, et de Blois, 1576; L’Hôpital, qui n’avait pu le ruiner, en corrigea du moins l’abus, en faisant exiger |or- : donnance de Moulins, 1566) des conditions de capacité et j de science pour l’acquisition des charges ; fortifié par l’hé- j rédité des charges que créa, en 1604, la Paulette, il dura jusqu’à l’époque de Maupeou et jusqu’à la révolution de 1789. Les 1ers présidents seuls et les officiers du ministère public étaient demeurés à la nomination du roi.
Le Parlement, non content de son omnipotence judiciaire, prétendit à un rôle politique, eu souvenir des ori-
gines de la Cour du roi , où les fonctions étaient confondues : de la sa perpétuelle théorie , qu’il représentait la nation comme suppléant des Etats-Généraux. Il appuyait en fait ses prétendus droits sur un usage ancien, celui de l 'Enregistrement. C’était, au début, la simple formalité adoptée pour la promulgation des édits, ordonnances, etc.; le Parlement s’enhardit d’abord à les examiner, puis à les juger, à adresser au roi, avant de les enregistrer, des remontrances ( droit toujours revendiqué depuis le xve siècle, et qui sembla implicitement reconnu par l’ordonnance de Moulins, 1566, et celle de 1667 ), enfin à refuser l’enregistrement, ou à n’en point accepter la responsabilité, en le faisant suivre de la formule “ enregistré de l'exprès commandement de sa Majesté , » alors que les lettres de jussion on les lits de justice imposaient l’enregistrement. Sa dernière ressource était de suspendre le cours de la justice, grave mesure qui, prise une fois au xvnc siècle, ne devint plus ordinaire que pendant les désordres du xvm® siècle. Son renom d’autorité était si grand, que, sons Louis IX, Frédéric II soumit au ci et au parlement de France ses démêlés avec Innocent IV ; que, sous Philippe IV, 1312, le différend du. comte de Namur et de Charles de Valois y fut vidé; qu’en 1320 un prince de Tarente se soumit à sa décision ; que les Anglais, au xve siècle, considéraient comme une force sa présence dans Paris; que les Guises voulurent l’avoir pour eux au xvi® siècle ; et qu’aux xvile et xvme, il décida les questions de régence.
Adversaire de la papauté et préparateur des Etats- Généraux sous Philippe le Bel, avec Nogaret, Plasian, Flotte, etc., ennemi du Dauphin (Charles VII), contre qui il lança (23 décembre 1420) un arrêt de proscription, soumis aux Anglais pendant que Charles VII s’appuyait sur un parlement organisé à Poitiers, 1422-1436, le Parlement de Paris s’immisça constamment dans les affaires politiques depuis la 2e moitié du xve siècle. Sous Louis XI, il prit (-ontre le roi, 1462, la défense de la Pragmatiquesanction , et l'aida ensuite à préparer la réunion de la Normandie, 1468, cédée à Charles de Berry, 1465, en n’enregistrant la cession que contraint et forcé. Pendant la Guerre folle, il repoussa les propositions du duc d'Orléans, alléguant alors que son institution était purement judiciaire. Sous François Ier, il fit une longue opposition au Concordat. Sous Henri II, il figura (et c’est la seule fois) comme 4e ordre aux Etats-Généraux de 1558. Les guerres de religion lui fournirent l'occasion d’accroître son importance : mentionné comme une >■ forme des trois Etats raccourcie au petit-pied » dans la déclaration des Etats de Blois, 1576, qui lui reconnurent le droit de suspendre, modifier et refuser les édits, il se déclara pour la Ligue sans se donner aux Guises, et encourut la colère des Seize. Sous Henri IV, qui, jusqu’en 1594, fit siéger un parlement royaliste à Tours et à Châlons, il se montra « bon français, » en opposant aux Etats de 1593 la fameuse déclaration du maintien de la loi salique; Henri IV ne l’en réduisit pas moins à son rôle judiciaire. Il en sortit pendant la minorité de Louis X J J I , en conférant la régence à Marie de Médicis, première immixtion directe dans les affaires du gouvernement, et bientôt, après la dissolution des Etats de 1614, en appelant dans son sein, 1615, les ducs et pairs pour dicter à la régente sa conduite. Réduit au silence par Brulart de Sillery et par Richelieu, il cassa solennellement le testament de Louis XIII, conféra la régence à Aune d’Autriche, puis, hostile à Mazarin, n’enregistra, en 1644, l’édit de l’emprunt forcé qu’en s’en exemptant d’abord, et opposa au lit de justice tenu (15 janv. 1648 ) pour l’enregistrement d’édits-bursaux le fameux arrêt d’union avec les autres compagnies (13 mai- 15 juin 1648 1, qui constituait tout le corps judiciaire en guerre avec la cour. Il joua le principal rôle dans la vieille Fronde, appelée, par suite de son intervention active, Fronde parlementaire, lançant arrêt contre Mazarin ( 8 janv. 1649) , à grand’peine contenu par Molé, et ne consentant à la paix de Ruel ( 1er avril ) que pour protester bientôt contre l’arrestation des princes (30 déc. 1650), et, après la fuite du ministre (6 févr. 1651 ) et le lit de justice tenu pour la majorité du roi (7 sept.), lancer un nouvel arrêt contre Mazarin rentré en France avec 7,000 hommes. Dès lors effacé par les grands et les princes, il est tranféré à Pontoise par Louis XIV (6 août 1652). Plus tard , irrité des troubles causés par le Parlement, ce prince lui imposa silence (13 avril 1655) avec une hauteur qui a pu donner naissance à la fameuse tradition du jeune roi entrant un fouet à la main dans l’assemblée et y prononçant le mot célèbre: « l’Etat, c’est moi. » Bientôt, comme tous les autres parlements, celui de Paris perdit le titre de cour
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souveraine, remplacé par celui de cour supérieure ; il dut plier devant l’inflexibilité du monarque faisant enregistrer en lit de justice, 1665, des édits bursaux équitables, que blâmaient les conseillers, défendant, 1666, de délibérer sur les édits enregistrés, faisant lacérer les registres qui contenaient les arrêts de la Fronde, 1668, enfin (24 fév. 1673) lui interdisant absolument toute espèce de remontrances. La mort de Louis XIV lui rendit ses privilèges. Le Régent, reconnaissant de l'arrêt qui lui remettait le pouvoir, rétablit le droit de remontrances (15 sept. 1715), et en régla l’usage (26 août 1718). Toutefois, il l’exila à Pontoise (21 juillet 1720) pour son opposition au système de Law, et l’obligea d’enregistrer la bulle Unigenitus ( déc. 1720). Pendant tout le xvme siècle, l’esprit janséniste de ses membres engagea le Parlement dans une lutte sans fin contre le clergé au sujet des billets de confession, et contre le roi au sujet de la bulle Unigenitus. Aussi en 1732 il fallut un lit de justice pour faire enregistrer la déclaration du roi réglant la manière dont le parlement traiterait les affaires publiques, et les magistrats qui protestèrent furent exilés pendant deux mois (7 sept.-28 nov.). Plus tard le Parlement défendit (18 avril 1752) de refuser les sacrements à ceux qui n’avaient pas accepté la bulle ; le roi interdit (22 fév. 1753) les poursuites contre les contrevenants, donna des lettres de jussion ( 5 mai ) pour l’enregistrement de cette interdiction, et, sur le refus du Parlement (7 mai), transféra d’abord la Grand chambre à Pontoise (11 mai) et à Soissons (8 nov.), puis créa et fil installer à Paris une Chambre royale, destinée à remplacer le Parlement. Rappelé l’année suivante (17 août 1754), il recommença la guerre, forma YUnion des classes (association des parlements), et, après un nouveau lit de justice tenu en faveur de la bulle, et où le Roi promulguait des déclarations supprimant un grand nombre de charges des enquêtes, et restreignait le droit de réunion des Chambres, le Parlement interrompit le cours de la justice, en donnant sa démission en masse (18 déc. 1756). Rétabli encore (1er décembre 1757), protégé par Choiseul, il l’aida à supprimer les Jésuites, 1761-63; mais la confirmation de la sentence rendue par le tribunal d’Abbeville contre La Barre, l’odieux du procès de Lally, 1766, soulevèrent l’opinion contre le Parlement, Maupeou le punit d’une nouvelle union avec les autres compagnies et d’une dernière suspension du cours de Injustice, en le supprimant avec tous les autres, en janvier et décembre 1771, et les remplaçant par les conseils connus sous le nom de Parlement Maupeou ( V . ci dessous). L’opinion publique eut la faiblesse de regretter l’ancien Parlement; Louis XVI le rétablit(12 novemb. 1774). A peine réinstallé, il se montra aussi hostile aux réformes, notamment à la suppression des corvées, 1776, ainsi qu’aux plans de Necker, 1779, et recommença plusieurs fois à refuser l’enregistrement des édits; exilé à Troyes, puis rappelé avec honneur, il déclama contre la cour par la bouche de Duval d’Eprémesnil, et s’associa nu duc d’Orléans pour demander les Etats-Généraux, 1788 Ce fut son arrêt de mort : l’Assemblée Constituante abolit d’abord la vénalité et l’hérédité des charges, et supprima le Parlement et les cours provinciales (7 sept. 1790).
Sans nier les fautes commises par le Parlement, sans justifier l’abus de la vénalité des charges défendue ellemême avec quelque succès par Montesquieu , sans regretter enfin sa destruction définitive, on doit reconnaître que ce corps a rendu de grands services à la royauté et à la r rance. Dans l’origine, il aida à la transformation de I Etat féodal et oligarchique du pouvoir en constitution monarchique. Il fit successivement prévaloir contre Rome le droit national, contre les Gallicans l’appel comme d’abus, contre les communes et les grands le droit royal qui constituait l’unité de la France ; il concourut au maintien de l’inaliénabilité du domaine et de l’incessibilité des privilèges de la couronne. Il prépara l’unité de législation par l’interprétation large des coutumes contradictoires et 1 uniformité des arrêts d’édit. Le rôle politique qu’il s’attribua empêcha la monarchie de dégénérer en pur despotisme. Sa sévérité, son savoir, sa gravité, contrastèrent heureusement, du xvi« au xvme siècle, avec la corruption des mœurs. Enfin, en formant une corporation aristocratique dans la bourgeoisie, la noblesse de robe, classe moyenne entre 1 aristocratie d’épée qui la repoussait, et le tiers avec lequel elle ne voulait pas se confondre, il présenta le spectacle de familles éclairées , vertueuses, conservant intactes les traditions de la France, et léguant aux générations modernes le souvenir de grands magistrats , honneur et lumières du pays. — Aux deux époques où il fut supprimé , 1771 , 1790 , le Parlement de Paris comprenait
I dans son ressort : Paris , la Picardie, la Champagne , la I Brie , l’Ile-de-France, le Perche, la Beauce, le Maine , la Touraine , l’Orléanais , la Sologne , le Berry , le Nivernais, l’Anjou, le Poitou , l’Aunis, le Rochelois , l’Angoumois , la Marche, le Bourbonnais, l’Auvergne, le Forez, le Lyonnais, le Beaujolais, le Maçonnais, l’Auxerrois. A.C.
parlements provinciaux. — A mesure que le domaine de la couronne s’étendit et que l’autorité royale se fortifia, il devint nécessaire de multiplier les cours souveraines, rendant la justice en dernier ressort au nom du roi ; la France en reçut successivement 13 nouvelles, dont une (le Parlement de Trévoux) avait cessé d’exister en 1789. Les voici dans l’ordre de leur création :
1° Le Parlement de Toulouse, créé en 1302 par Philippe le Bel , avec juridiction sur Beaucaire , Montpellier, Toulouse , et dépendant du Parlement de Paris. Il ne put être organisé alors; supprimé en fait, 1312, rétabli par Charles VI, 1419, transféré par Charles VII à Béziers 1425, réuni, 1426, au Parlement dit de Paris établi à Poitiers dés 1420, il en fut séparé en 1436 , et ne fut définitivement institué à Toulouse qu’en 1443. Ressort : le3 sénéchaussées de Languedoc , Rouergue , Quercy ( sauf de 1462 à 1474, réuni à celui de Bordeaux) , Foix, l'Ite- Jourdain , Auch, Lectoure , Tarbes, Pamiers. Avant la création du Parlement de Bordeaux, il avait eu juridiction sur la Guyenne et la Gascogne ;
2» Le Parlement de Grenoble', établi en 1451-53 par Charles VII, en remplacement du conseil Delphinal qui avait siégé à St-Marceltin depuis 1337, et à Grenoble depuis 1340. Louis XI le confirma en 1461. Ressort : tout le Dauphiné ;
3° Le Parlement de Bordeaux, institué par Louis XI, 1462, transféré à Poitiers, 1469-71, lors de la cession de la Guyenne au frère du roi, un instant interdit, 1549, après le soulèvement de Bordeaux. Son ressort , qui avait embrassé le Quercy, 1462-1474, comprenait : la Guyenne, la Gascogne, le Limousin, le Périgord, la Saintonge, les Landes, les sénéchaussées d’Agen et de Condom;
4° Le Parlement de Dijon, créé par Louis XI en mar3 1476 (vieux style; 1477, n. s.), en remplacement des Grands-Jours tenus par les ducs , confirmé en 1480, supprimé sous Charles VIII , 1485, et rétabli, 1494. Ressort; Pane. Bourgogne (Charolais, Autunois, Auxois, Dijonnais , Châlonnais ) et la Bresse ;
5° Le Parlement de Bouen, anc. Échiquier de Normandie, rendu perpétuel par Louis XII sous le même titre, 1499, et transformé en Parlement, 1515; démembré en 1771, il fut rétabli dans son intégrité, 1774, et comprenait la Normandie entière;
6° Le Parlement d'Aix , anc. Conseil éminent de Provence, transformé en Parlement par Louis XII , 10 juillet 1501 , et confirmé en 1502. Ressort : la Provence et la vallée de Barcelonette ;
7° Le Parlement de Rennes, créé par Henri II en mars 1552 (vieux style; 1553, n. s.), en remplacement des Grands Jours institués par Charles VIII en 1495, rendu sédentaire à Rennes par Charles IX, 4 mars 1561. Ressort s la Bretagne ;
8° Le Parlement de Pau, formé en 1620 par Louis XIII, de la réunion du conseil souverain de Béarn (fondé en 1519) et de la chancellerie de Navarre (fondée en 1520). Ressort : Béarn , Navarre;
9° Le Parlement de Metz, fondé par Louis XIII en 1633 pour les Trois-Evêchés , et dont le ressort ( Trois-Evêchés et Basse - Lorraine ) s’augmenta de cette dernière province après la réunion de Sarrebourg , Sarrelouis , Phalsbourg , Longwy , Luxembourg français par Louis XIV ;
10° Le Parlement de Besançon établi par Louis XIV d’abord à Dole, 1674, puis à Besançon , 20 août 1676; c’était la transformation de l’ancien parlement ambulatoire de Franche-Comté, rendu sédentaire à Dole par Philippe le Bon , 1422, suspendu par Charles H d Espagne, 1668. Ressort : la Franche-Comté;
11° Le Parlement de Douai , définitivement institué dans cette ville par Louis XIV, 1713; c’était l’ancien Conseil souverain ( français) fondé à Tournai , 1668, nommé Parlement au même lieu , 1686 , et transféré d’abord à Cambrai, 1709. Ressort : Cambrésis, partie de la Flandre wallonne et du Hainaut;
12° Le Parlement de Nancy , créé par Louis XIV, 1775; c’était l’ancien Conseil souverain de Lorraine et Barrois, et la Cour souveraine fondée momentanément par Louis XIII, 1634. Ressort ; Haute-Lorraine et Barrois.
13° Le Parlement de Dombes ou de Trévoux, était le conseil souverain fondé à Lyon par François Ier après acquisition du comté de Dombes , 1523 , transformé eu Parlement à
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Lyon, 1538, retourné en 156Ô aux princes de Bourbon, I qui le maintinrent, puis le rendirent sédentaire à Trévoux, j 1696. Louis XV acquit en 1762 la principauté de Dombes. Le ressort du Parlement dé Trévoux comprenait alors : les j justices royales de Trévoux , Montmerle , Chalamont et Lent; les justices bannerettes de Thoisey , S*-Trivicr, etc.
11 y avait de plus 3 conseils souverains ou supérieurs : Bastia, Colmar, Perpignan ; et un conseil provincial, Arras, ne jugeant qu’au civil.
parlement maupeou, nom donné aux Conseils supérieurs que le chancelier Maupeou substitua, en janv. et nov. 1771, aux anciens Parlements, en abolissant la vénalité des charges et proclamant la gratuité de la justice : œuvre équitable, dont on méconnut l’importance. La circonscription des Cours souveraines fut beaucoup plus rationnelle : l’immense ressort du Parlement de Paris était démembré entre le nouveau Parlement de Paris et 4 grands Conseils (Blois, Châlons, Clermont, Poitiers). Voici les 22 Parlements ou Conseils nouveaux, que Louis XVI abolit le 12 nov 1774, en rappelant les anciens Parlements :
1° Le Parlement de Paris; ressort: Picardie (moins le Boulonnais), Ile-de-France, N. de l’Orléanais (Orléans , Beauce), Auxerrois, Sénonais, Rethélois, Rhémois.
2° Le Conseil d'Artois; ressort: Artois, Boulonnais, Flandre flamingante ou maritime.
3° Le Conseil de Douai; ressort: Flandre wal'ione, Canvbrésis, Hainaut et Namur français.
4U Le Conseil de Châlons ; ressort : Champagne, moins les fractions comprises dans le Parlement de Paris.
5° La Cour souveraine de Lorraine ; ressort : les Trois- Evêchés et la Lorraine.
6° Le Conseil d'Alsace; ressort : l'Alsace.
7° Le Conseil de Rouen; ressort: pays de Caux, Roumois, pays d’Ouche, Lieuvin.
8° Le Conseil de Bayeux , démembrement de l’ancien Parlement de Rouen ; ressort : le reste de la Normandie à l'O. et au S.
9U Le Parlement de Bennes; ressort : la Bretagne.
10» Le Conseil de Blois; ressort : Maine, Anjou, Touraine, Vendômois, Blaisois, Berry.
11° Le Conseil de Clermont; ressort: Nivernais, Bourbonnais, Auvergne, Marche orientale.
12° Le Conseil de Lyon; ressort: Lyonnais et pays de Dombes.
13° Le Parlement de Dijon; ressort : Bourgogne et Bresse.
14° Le Parlement de Besançon; ressort : la Franche- Comté.
15° Le Parlement de Grenoble; ressort : le Dauphiné.
16» Le Parlement d'Aix ; ressort : la Provence.
17“ Le Conseil de Ntmes (démembrement du Parlement de Toulouse) ; ressort : Languedoc oriental ( Vélay, Vivarais, Gévaudan, Uzège, pays de Nîmes).
18° Le Parlement de Toulouse; ressort : le reste du Languedoc.
19° Le Conseil de Roussillon; ressort : Roussillon et Cerdagne.
20» Le Parlement de Pau; ressort: Basse-Navarre, Soûle, Béarn.
21» Le Parlement de Bordeaux; ressort : Gascogne, Guyenne, Périgord, Limousin, Saintonge.
22° Le Conseil de Poitiers; ressort : Poitou, Aunis , Angoumois, Marche occidentale. A. C.
parlement anglais, nom donné collectivement aux deux Chambres législatives, la Chambre -Haute ou des Lords, et la Chambre-Basse ou des Communes, qui partagent avec le souverain le gouvernement de l’Angleterre. Le souverain exerce seul le pouvoir exécutif, mais par des ministres soumis en fait aux votes des deux Chambres ; il convoque, ajourne, proroge et dissout le Parlement, y crée des pairs à volonté , sanctionne ou rejette les bills adoptés par les Chambres, prête à son avènement le serment de •< gouverner conformément aux statuts faits en Parlement, aux lois et aux coutumes. « Les Etats du royaume, en droit partagent avec le roi la puissance législative, en fait l’exercent seuls avec les ministres. Les deux Chambres siègent à Westminster. — La Chambre-Haute est formée par les lords spirituels et temporels; les premiers, au nombre de 30 ( les 2 archevêques et 24 évêques d'Angleterre , le 25e, celui de Sador-et-Man , excepté; un des 2 archevêques et 3 évêques 1 anglicans d’Irlande par roulement à chaque session) , sié- | géant à titre do/fice au banc des évéques, et représentant ! le clergé anglican ; les deuxièmes, au nombre de 450 envi- | ron , divisés en 3 catégories : 1° les pairs héréditaires ( les princes de la famille royale, les anciens pairs du royaume et les pairesses d’Angleterre , celles-ci siégeant par déléga-
tion, sans que leur délégué, s’il n’est pair lui -même, puisse prendre part aux débats), et les pairs de création, qui , créés par le souverain , doivent constituer un majorât à leurs fils aînés , chefs , après eux , des nouvelles pairies héréditaires; 2» les pairs élus (16 pairs écossais élus pour chaque Parlement parla pairie d’Ecosse , et 28 pairs irlandais élus à vie par la pairie d’Irlande) ; 3° les pairs siégeant d'office (les lords-magistrats , juges des 3 hautes-cours de justice, dont les votes ne forment ensemble qu’une seule voix). La Chambre des Lords est cour suprême de justice en matière civile ; dans certains cas, elle juge aussi souverainement en matière criminelle. Elle ne siège que 6 mois. Tous les pairs, excepté ceux d’Irlande, sont privés du droit électoral comme de l’éligibilité. — La Chambre-Basse ou des Communes est élue par les comtés , cités , bourgs de mille âmes au moins, et les 3 universités (Oxford, Cambridge , Dublin) , ayant droit chacun à une représentation particulière , en proportion avec le chiffre de la population. Elle se compose auj. de 654 membres ( 496 représentants de l’Angleterre, 53 de l’Ecosse, 105 de l’Irlande), dont 395 nommés par les villes et bourgs, 253 par les comtés , 6 par les 3 universités. Les membres des Communes, appelés à des fonctions publiques, sont soumis à la réélection. Les conditions d’éligibilité sont d’être citoyen anglais , âgé de 20 ans au moins, de posséder en propriété foncière un revenu de 600 liv. sterl. pour les représentants des comtés, et de 500 pour ceux des villes; aucun cens n’est exigé des représentants des Universités. Ne sont éligibles , ni les pairs , ni les membres du clergé , ni certains fonctionnaires. La Chambre n’a pas de président; le dignitaire qui en tient lieu est l 'orateur {speaker). — La durée légale d’une législature est de 7 ans. Toute proposition présentée au Parlement par la couronne ou par les membres de la Chambre porte le nom de bill ( projet de loi ). Adopté par les Chambres et approuvé par le souverain , le bill devient law (loi). Le bill d’intérêt général | public bill ) subit 3 lectures dans chaque Chambre: en cas de divergence d’opinion sur des points spéciaux, une conférence a lieu entre des membres désignés des deux Chambres pour aplanir les difficultés. Les bills d’intérêt particulier (private bills ) ne subissent qu’une lecture; ceux qui touchent aux droits de la pairie sont discutés d’abord dans la Chambre-Haute ; les bills de finances sont discutés exclusivement dans la Chambre-Basse, et les Lords ne peuvent que les adopter ou les rejeter en masse. Le Parlement peut abroger, modifier, interpréter les lois existantes, en faire de nouvelles, réformer, changer la Constitution. Le Parlement existant à l’avénement d’un roi mineur doit siéger 6 mois et durer 3 ans , sauf le cas de majorité antérieure au roi , ou celui de dissolution par le Régent et le conseil de Régence, S’il est prorogé au moment de l’avénement d’un roi , il se rassemble pour 6 mois, sauf dissolution; s’il n’y a pas de parlement à ce moment, le dernier se rassemble immédiatement. En droit , le Parlement peut rester 3 ans au plus sans siéger. En fait , le budget , les nécessités législatives et son omnipotence l’obligent régulièrement à une et quelquefois à deux sessions par an. Le Royaume-Uni n’a qu’un seul Parlement depuis les Actes d'Union qui ont réuni ceux d’Ecosse, 1707 , et d’Irlande , 1800 , à celui d’Angleterre. Il admet les catholiques depuis le bill d'émancipation , 1829. Quant aux Juifs, malgré les élections persévérantes de la Cité de Londres, la Chambre des Lords s’obstine à repousser le bill qui les introduirait dans les Communes.
L’origine du Parlement anglais se trouve dans la position indépendante que prit la féodalité normande en face des rois normands dont les barons formaient le conseil naturel, et dans les luttes qu’elle soutint contre les princes angevins pour s’assurer d’abord des libertés et des privilèges (Grande Charte , 1215) , ensuite une part importante dans l’exercice du pouvoir (assemblée et statuts d'Oxford, 1258). La Chambre des Lords n’est que la transformation du Haut-Conseil féodal qui , composé des seuls tenanciers en chef , hauts prélats et barons siégeant par leur propre droit et à leurs propres frais, fut appelé , dès les premiers temps, à traiter avec le suzerain les questions politiques et militaires, à délibérer sur les aides extraordinaires. Simultanément, mais à un degré inférieur, des représentants des comtés ( shires ) étaient fréquemment consultés sur l’état des shires ou counties , et sur les moyens d en obtenir des subsides. Les empiétements des francstenanciers en chef sous Jean-sans-Terre et Henri III hâtèrent la création des deux Chambres , dont la réunion seule constitua le Parlement anglais, bien que, dès 1246, et pour la première fois, Mathieu Pâris donne ce nom de Parlement au conseil-général des barons, et qu’en 1254 le
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principe de la représentation des chevaliers « à la place I de tous » soit contenu dans les writs de Henri 111. — A ] la suite des troubles suscités par la prépondérance des Poitevins sous Henri III , un conseil des barons usurpant la garde des châteaux de la couronne, s’arrogeant le droit de nommer annuellement les officiers royaux; une commission permanente de 12 barons instituée par le Parlement enragé d’Oxford ( mai Parliament , 1258 1 , pour décider avec le conseil du roi (les ministres) des affaires du pays au nom de l'aristocratie anglaise, et devant tenir chaque année, en février, juin , octobre, 3 parlements (assemblées politiques, financières et judiciaires) : telle fut l’origine plus directe de la Chambre des lords ; elle se fit assister, suivant les vieux usages, d’une assemblée inférieure, mais encore aristocratique, celle des Chevaliers du shire, convoqués régulièrement et aux frais du comté pour transmettre à ces parlements ou grands conseils les plaintes recueillies contre les shérifs, accorder de l’argent ou demander des réformes; fonctions auxquelles s’en tint longtemps encore , après qu’elle eut été constituée , la Chambre des communes, dont les chevaliers de comté ne représentent qu’un des éléments primitifs. En effet, laChambre basse dut , peu après, son organisation complète à la position particulière du comte de Leicester, qui, maître de Henri 111 , 1264, et en butte aux attaques de l’aristocratie, opposa à celle-ci une Chambre des députés des principales villes et bourgs : les bourgeois siégèrent d’abord comme 3e chambre au-dessous des chevaliers de comté ; en se confondant bientôt avec ceux-ci, ils formèrent la Chambre des commvr>es) 12 65. Toutefois, le retour périodique d’assemblées toutes semblables ne se produisit pas encore; la coutume d’appeler au parlement les députés des villes fut momentanément abandonnée sans qu'ils réclamassent , à cause des charges que leur imposait le déplacement. En 1273, on trouve 4 chevaliers de chaque comté et 4 citoyens de chaque cité convoqués à Westminster avec les lords pour jurer fidélité à Edouard Ier. Ce prince convoqua, en 1283, pour obtenir des aides, un parlement de 2 Etats seulement, clergé et communes; les 2e3 comprenaient 4 chevaliers de chaque comté, 2 députés de chaque cité, ville et hourg à marché; pour leur plus grande convenance, ils furent divisés en 3 corps, siégeant à Northampton , York et Durham. A la fin de la même année, il y eut un nouveau parlement avec communes réduites aux députés de 20 cités et bourgs. Eu 1295 fut convoqué le Parlement de Westminster, le plus complet qu’on eût encore vu (49 comtes ou barons; 2 chevaliers par comté, 2 bourgeois par ville ou bourg) : 120 villes ou bourgs y furent représentés, et leurs députés votèrent 1/3 de plus, en subsides, que les barons et chevaliers. Dès lors, le nombre des bourgs fut augmenté, et leurs députés convoqués régulièrement. Ce ne fut d’abord que pour des questions de finances ; les affaires d’Ètat leur étaient peu familières, et ils étaient souvent congédiés pendant que les pairs continuaient de siéger; mais ils retirèrent un grand avantage de leurs fréquentes réunions ; pouvant conférer ensemble sur leurs griefs et les faire connaître à la couronne, ils joignirent à leurs votes de subsides des demandes de réformes; le développement de la constitution parlementaire est en germe dans ce fait. La guerre civile qui termina le règne d’Edouard II permit au parlement d’intervenir, et, pour la première fois, de déposer un roi, 1327. Sous Edouard III s’établissent la séparation nettement tranchée et les attributions distinctes des deux Chambres , constituées avec leurs noms et leurs prérogatives modernes : l'Etat du clergé se confond, par les prélats de la Chambre des lords, avec l’Etat « des grands de la terre ou fairs de la terre, » assistés eux-mêmes de protecteurs des droits de la couronne (conseillers- privés, juges, chancelier avec ses clercs) ; l’Etat « des petits de la commune « comprend les 72 chevaliers des 36 shires à députés ( Durham, Chester, les Galles, tenaient des parlements spéciaux) et les députés des bourgs et villes, dont le nombre est laissé à la discrétion des shérifs. Les Communes siégèrent désormais aussi régulièrement que les Lords, c.-à-d. tous les ans; les 3 Etats délibéraient et votaient séparément; mais, avant la séparation du parlement, ils étaient appelés à donner leur assentiment aux résolutions de chacun d’eux ; les ordonnances rendues sans le consentement des Communes étaient milles ; illégales , les aides ou tailles perçues par la seule volonté du souverain. On place en 1347 l'établissement du Parlement annuel, désormais nécessaire pour le vote des subsides. Plus tard, le parlement s empara du droit de mettre les ministres en .accusation , posa des bornes au droit de pourvoirie, et , s'immisçant dans les questions religieuses par le Statut des
provisors, 1367, dégagea la nation de tout tribut envers la cour de Rome, défendit l’appel au pape, et confirma le droit des patrons pour les élections ecclésiastiques. — Sous Richard II, 1377-99, les Communes profitèrent des troubles de la minorité pour augmenter leur importance ; en votant la taxe nécessaire à la guerre de France, elles nommèrent deux trésoriers (oct. 1377) chargés de percevoir l’argent et de l’appliquer exclusivement aux dépenses de la guerre. Dans le parlement de 1382, on trouve l’origine des emprunts sur garantie parlementaire : les exactions du roi avaient ruiné son crédit ; les négociants lui prêtèrent par l’intermédiaire des Lords et des Communes, qui durent répondre de l’emprunt. Le parlement acquit en 1399 une nouvelle force, en déposant Richard II , disposant de la couronne, substituant les Lancastre aux Plantagenets directs , et assurant l’hérédité dans la famille de Henri IV, sans tenir compte des droits de la maison de Clarence- Henri IV, nommé par les deux Chambres, reconnut formellement l’inviolabilité de leurs membres, ainsi que le droit inhérent aux Communes de voter les subsides et d’en déterminer l’emploi , en ne laissant qu’une très-faible somme à la disposition du roi. Les Communes accrurent encore leur importance sous ce prince : elles poussèrent des enquêtes dans les départements de l’administration , firent régulariser l’élection des chevaliers du shire, souvent faussée par la partialité des shérifs, substituèrent aux pétitions par écrit les pétitions et remontrances de vive voix ( véritable origine du droit de contrôle politique et de discussion parlementaire), imposèrent au roi, en 1406, l’obligation de gouverner par les avis d’un conseil permanent et fidèle aux statuts, firent reconnaître la nécessité de leur concours pour la validité des statuts, et discutèrent même les opérations militaires. Sous Henri VI, les Lords furent plusieurs fois appelés à prononcer sur les luttes des régents et sur la question de succession au trône; les Communes firent reconnaître mieux encore l’inviolabilité de leurs membres; des statuts royaux réglèrent le mode des élections et le droit électoral ; par le statut de 1429, il fut limité, pour l’élection des chevaliers du shire, aux francstenanciers possédant un revenu annuel de 40 shillings (50 fr. 20 c.). A l’époque de la guerre des Deux-Roses, le parlement se fit déférer, comme coupable de haute trahison, 1449, Suffolk, réputé l’auteur des désastres survenus en France ; il aida Richard d’York à devenir Protecteur , 1455; il changea, 1460, la loi de succession au trône, en attribuant , au préjudice du prince de Galles, la succession éventuelle de Henri VI au duc d’York. Mais il concourut tour à tour à la royauté d’Edouard IV, au rétablissement d’Henri VI et à la régence de Warwick, à la reconnaissance définitive d’Edouard IV, à l’usurpation de Richard III, et, en 1485, fixa la royauté dans la famille des Tudors. Il avait ainsi préparé sa propre servitude. Sous les Tudors, en effet , la Chambre des communes, effrayée par 25 années de luttes sanglantes , tomba dans une abjecte servilité, quand les lords, décimés sur les champs de bataille, abaissés systématiquement ou remplacés dans la Chambre haute par les créatures de Henri VII, ne purent plus la pousser ni la soutenir; la nation oublia momentanément ses libertés politiques, pour avoir l’ordre sous Henri VII, l’indépendance religieuse sous Henri VIII , la gloire avec Elisabeth. Henri VII ne convoqua qu’un seul parlement, en 1504. Henri VIII se fit donner par lui le titre de chef suprême de l’Eglise, le força de supprimer à son profit les monastères, discuta avec les seuls lords spirituels les modifications successives de sa doctrine religieuse, fit adopter par les deux Chambres le statut des 6 articles, 1539, et leur arracha une espèce de renoncement à elles-mêmes, en faisant donner aux proclamations royales force d’actes du Parlement. Sous lui, le caractère de la Chambre des lords fut affecté par la dépendance où l’anglicanisme plaça les pairs spirituels; celui de la Chambre des communes, par les restrictions apportées à la liberté de discussion et la suppression de leurs privilèges; le despotisme résultait de la position faite au roi par la nouvelle religion. Aussi servile sous Edouard VI et sous Mario Tudor, le Parlement imposa tour à tour à l’Angleterre le culte luthérien et le rétablissement de la liturgie catholique. Sous Elisabeth, i( releva définitivement l’anglicanisme. Traité avec hauteur pour avoir supplié la reine de se marier et de fixer la succession au trône, il supporta patiemment l’avis •< de ne plus se jouer à l’avenir de la patience de la reine. »> Cependant les lords catholiques firent plus tard entendre leurs plaintes contre les actes hostiles à leur religion, et les Communes , à l’époque des persécutions de la Cour de haute commission contre les puritains, 1571, présentèrent 7 bills nouveaux pour une réforme religieuse plus large,
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maintenant énergiquement le privilège de leur inviolabi- | lité, au sujet de l’auteur des bills, Strickland , qu’elle avait fait arrêter.
Avec les Stuarts, le Parlement reprit son rôle indépen- ! dant. En face des prétentions de Jacques Ier à l’absolu- I tisme, il rechercha les bornes de l’autorité royale, l’éten- ! due des droits de la nation , protesta contre l’abus de la prérogative royale, et combattit les théories de droit divin; les Communes réclamèrent des enquêtes sur la légalité des impositions, demandèrent l’abolition des droits de i pourvoyance, garde-noble , tonnage et'pondage, etc., sauvegar- | dérent la liberté de la parole, et, sans se laisser décourager par l’envoi de 5 membres à la Tour, 1622, par la punition , des chefs populaires dans les deux Chambres, par la dissolution de 4 Parlements, 1610, 1614, 1617, 1622, maintinrent leur droit de voter les subsides et de contrôler la politique générale. Sous Charles 1er, trois Parlements, de 1625 à 1629, se montrèrent également disposés à prendre part au gouvernement, et furent successivement dissous ; le 1er, 1625, pour avoir mis le vote des subsides à la condition de l’adoption du bill des griefs , par lequel il réclamait la confirmation des vieilles libertés anglaises; le 2e, 1626, pour avoir attaqué directement Buckingham; le 3e, 1628, pour avoir fait suivre le vote des subsides destinés à la guerre de France, de la fameuse pétition des droits. En ! 1640, Charles dut recourir à un 4e Parlement, bientôt dis- I sous de nouveau ( V. plus loin Court-Parlement], enfin à un 5e, le Long-Parlement ( V. plus loin), qui renversa la royauté, et établit la république. Réduit à la Chambre des Communes par la suppression de la Chambre haute , il Concentra en lui tous les pouvoirs, fut chassé à son tour par Cromwell, 1653, et remplacé un instant par le Parlement-Barebone ( V. ci-dessous). Devenu Protecteur, 1653- 68, O. Cromwell assembla successivement et brisa quatre Parlements ; pour balancer l’influence républicaine des Communes , il essaya de former une nouvelle pairie ; la nouvelle Chambre des Lords, adjointe au 4e Parlement de Cromwell, reçut le sobriquet de l 'autre Chambre, et le Parlement de 1658, qui confirma à Richard Cromwell le titre de Protecteur, voulut bien reconnaître à la Chambre haute son autorité et sa constitution , mais sans admettre ses prétentions à la pairie. Deux mois avant l’abdication de Richard , 1659 , ce Parlement , composé de protectoristes, de républicains et de neutres, fut renversé par l’armée, qui rappela les débris du Long-Parlement. Ils furent bientôt, à leur tour, chassés par Lambert; Monk renversa enfin la tyrannie militaire de ce général, et le Parlement- Convention (V. ci-dessous) rappela les Stuarts, 1660. Sous Charles II, un 1er Parlement vota, 1662, le bill d' Uniformité contre les non-conformistes, et le fameux bill du Test(V. Test); Un 2e, par le bill d’Habeas corpus, donna une sanction définitive à la liberté individuelle déjà garantie par la Grande- Charte, abolit la censure, et assura la liberté de la presse. En 1680, sefonnèrent les partisdes IF/ugsetdes Tories | V. ces mots), le 1er partisan des libertés parlementaires, le 2e défenseur des Stuarts et de la prérogative royale. Les Communes votèrent le bill qui excluait, comme catholique, le duc d’York de la succession au trône ; les Lords le rejetèrent. Sous Charles II, V attorney-général avait obtenu le droit de siéger dans les Communes, et celles-ci avaient obligé la Chambre haute à ne point amender les lois de finances, mais à les accepter ou les rejeter en bloc. Le gouvernement parlementaire fut définitivement établi par la révolution de 1688. La Déclaration des droits, imposée à Guillaume III et à Marie , termina glorieusement la révolution commencée par la Pétition des droits. Dans cette dernière confirmation des vieilles libertés anglaises , le Parlement précisa les droits du roi (pouvoir exécutif), les siens (vote de l'impôt et des lois, surveillance de leur exécution, liberté de discussion, indépendance et inviolabilité des membres) , enfin ceux de la nation [Habeas corpus, point de tribunaux exceptionnels, jugements par jury, liberté de la presse). En 1701, il vota le bill qui réglait la succession au trône. En 1707 , les deux royaumes et les deux Parlements d’Ecosse et d’Angleterre furent réunis. On fit brûler par le bourreau les sermons du Dr Sachwerel sur l’obéissance passive due aux souverains. Sous Georges 1er, le Parlement fixa à 700,000 livres sterling (17,740,000 fr.) la liste civile du roi. Mais à la triennalité On substitua la septennalité du Parlement, 1716, favorable au roi, et maintenue jusqu’à nos jours. En 1800, le Parlement d’Irlande fut réuni à celui d’Angleterre. A. C.
parlement (court-), 4e Parlement convoqué en 1640 par Charles Ier, et dirigé dans les communes par Pyra et Hampden. Aux demandes de subsides faites par le roi pour la guerre contre les Ecossais soutenus par Richelieu,
il répondit en réclamant le redressement des griefs de la nation, répartis sous 3 chefs : 1» innovations en matière de religion; 2° envahissement de la propriété privée; 3° infraction aux privilèges du Parlement. Une lutte fatale s’engagea entre les deux Chambres sur la priorité du vote des subsides, et Charles, convaincu ■< qu’il n’obtiendrait pas un sou, » fit dans la Chambre haute l’éloge de la bonne volonté des lords, puis prononça la dissolution du Parlement, 3 semaines après sa réunion. De là le nom de Court-Parlement. A. C.
parlement (long-), nom du 5e Parlement convoqué par Charles Ier en 1640, et en grande majorité composé de presbytériens; il dura 20 ans, complet ou mutilé, sans qu’à chacune de ses réapparitions l’élection lui donnât de nouveaux membres. Au début, il renfermait deux partis : le 1er, désirant mettre des bornes à l’autorité royale ; le 2e, sous prétexte de la limiter, tendant à l’anéantir. Ce dernier, dirigé par Pym, Hampden, Haslerig , s’empara promptement du pouvoir. Il débuta par provoquer la dénonciation des Irlandais contre Strafford , mit ce ministre en accusation, lança contre lui le bill d’attainder (proscription), pesa sur les lords, dont 26 seulement votèrent la mort, et, sans pouvoir prouver un seul crime de haute trahison, l’envoya au supplice (12 mai 1641), en vertu u d'un faisceau de crimes formant par accumulation une trahison constructive. » Ayant ainsi découvert le roi , il fit, dans la constitution, de louables changements (triennalité du Parlement); inamovibilité des juges ; suppression des taxes arbitraires, des cours illégales , des emprisonnements sansjugement ; responsabilité des agents du poirvoir; exacte comptabilité du trésor); mais il se laissa entraîner par la passion à des mesures iniques (rétroactivité donnée au bill des délinquants ; usurpation du gouvernement; exclusion arbitraire de députés modérés; maintien en Angleterre de l’armée des Ecossais). Le soulèvement de l’Irlande lui fournit l’occasion d’attaquer directement le roi, prétendu complice du massacre des Anglais dans cette île : quand Charles demanda les moyens de châtier les révoltés, les Communes lui répondirent par la Remontrance sur l’état du royaume (novembre 1641), s’attribuèrent la conduite de la guerre d’Irlande, supprimèrent la garde du roi pour s’en donner une à elles-mêmes, enfin protégèrent, de concert avec la Cité, le lord et les 5 députés des Communes (lord Kimbotton; Pym, Hampden, Haslerig', Holles et Stroud) que Charles Ier venait arrêter en personne. Le roi quitta Londres, et se retira à York; le Parlement lui arracha la ratification des deux bills qui excluaient les évêques de la Chambre-haute et interdisaient les enrôlements forcés. Les Communes demandèrent encore la remise des places fortes et la libre disposition des milices, et, ne tenant pas compte du refus de Charles, nommèrent des gouverneurs pour toutes les provinces, avec autorité sur les milices, garnisons, forteresses,, et leur enjoignirent de n’obéir qu’aux « ordres de S. M. signifiés par les deux Chambres. » La guerre éclata. Le Parlement avait pour lui la bourgeoisie, les négociants, les fermiers, laboureurs, artisans, les riches comtés de l’E., du S.-E. et du centre, enfin la flotte, qui interceptait les communications de Charles avec la Hollande. Toutefois, les débuts des Têtes rondes (l’armée parlementaire! ne furent pas heureux : d’Essex fut battu, 1642, par le prince Rupert à Worcester et à Edge-Hill. Mais bientôt Waller enleva plusieurs villes aux Cavaliers (partisans du roi); Cromwell, organisant ses terribles escadrons de yeomen (fermiers), volontaires fanatiques et disciplinés, contint les comtés de Cambridge, Essex, Norfolk, Suffolk; enfin d’Essex fit lever au roi, maître de Bristol, le siège de Glocester, et le battit à Newbury (septembre 1643), et 20,009 Ecossais, attirés par un Covenanl solennel , vinrent au secours du Parlement. Fairt'ax défit dans le pays de Galles les Irlandais envoyés par d’Ormond à Charles Ier (13 janvier 1644), fit sa jonction avec l'Ecossais Leven, battit Rupert à Marston-Moor (juillet 1644 1, et ruina les affaires du roi dans le nord par la prise d’York et de Newcastle; Manchester et Cromwell vengèrent sur Charles lui-même, à la 2e bataille de Newbury, les défaites de Waller à Copredy-bridge et de d’Essex en Cornouailles, 1644; la victoire définitive de Cromwell à Naseby (14 juin 1615) obligea le roi à se rendre aux Ecossais. Mais alors le Parlement, après avoir fait exécuter Laude Ijanvier 1645), s’était affaibli lui-même : chef des Indépendants, Cromwell lui avait arraché le bill de renoncement à soi-même, 1645, pour enlever l’armée aux officiers presbytériens, membres des deux Chambres, et, par son habileté, s’était trouvé, en fait, seul excepté de la mesure qui excluait tout membre du Parlement des fonctions civiles et militaires.
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Fairfax, nommé général en chef, suivit complètement ses inspirations, et le Parlement, amoindri moralement, n’eut plus à intervenir que pour acheter des Ecossais Charles réfugié dans leur camp. La lutte s’engagea cependant entre les presbytériens, en majorité dans les Communes, et les Indépendants, qui y comptaient plusieurs membres, mais remplissaient surtout l’armée. Des Indépendants furent d’abord exclus du Parlement; l’armée les y rétablit. Effrayées alors de l’agitation fomentée contre elles par les officiers organisés en une espèce de Parlement militaire, les Communes entamèrent des négociations avec le roi, prisonnier des Indépendants ; Cromwell les empêcha d’aboutir, en s’assurant de la personne de Charles, dont il avait surpris le dessein de ruser avec tous les partis ; ses victoires sur les Ecossais royalistes (Preston, août 1648) poussèrent de nouveau les presbytériens menacés à négocier avec Charles, malgré les ordonnances qui le défendaient ; mais, avant que les conférences n’aboutissent, la Chambre des communes fut purgée par Pride, sur l'ordre de Cromwell, et réduite à 80 membres seulement. Elle se montra docile à Cromwell, le laissa s’installer à Whitehall, décida que Charles serait jugé par une haute-cour de justice, déclara traître, le jour même de l’exécution, quiconque proclamerait le prince de Galles ou toute autre personne, abolit la Chambre des lords, supprima la royauté, et concentra tous les pouvoirs dans son sein, en confiant le pouvoir exécutif à un conseil d’Etat de 41 membres annuels, présidés par Bradshaw. Le Long-Parlement fit ensuite décapiter 3 illustres presbytériens (Capel, Iiamilton, Holland), confisqua et convertit en biens nationaux une quantité considérable de biens patrimoniaux, confia à Cromwell le soin de soumettre l’Irlande, 1649, et de détruire* ( Dunbar, 1650; Worcester, 1651) le parti de Charles II, à Monk celui de contenir l’Ecosse. Il médita, sans succès, l’incorporation de la Hollande à l’Angleterre pour former une puissante république maritime, puis une alliance étroite entre les deux républiques, et, pour punir la Hollande de ses refus, vota le fameux acte de navigation ( V. ce mot). La guerre avec les Provinces-Unies commença aussitôt. Le Long-Parlement n’en vit pas la fin; Cromwell, jaloux de son activité et de son importance, encouragé d’ailleurs par les officiers Indépendants, le chassa de Westminster (20 avril 1655), et brisa également le conseil d’Etat. — Les débris du Long- Parlement furent rappelés en 1659, par ces mêmes officiers sous le protectorat de Richard Cromwell ; les membres exclus autrefois par l'armée voulurent se présenter : on leur ferma les portes; soixante-dix membres seulement furent admis. Ce reste de parlement fut appelé dérisoirement par le parti des royalistes, Parlement - Croupion ( llump - Parliamenl ). 11 nomma aussitôt un comité de sûreté, composé en majorité d’officiers, et un conseil d’Etat, chargé du pouvoir exécutif, et réclama la nomination aux grades dans l’armée, pour conjurer les prétentions du général Lambert au titre qu’avait porté Richard Cromwell. Écarté violemment par le général du lieu de ses séances, il y revint siéger, soutenu par quelques compagnies de sol dats républicains qu’irritait l’égoisme de leurs officiers. Mais le général Monk, revenu d’Ecosse, l’obligea successivement à recevoir les membres jadis exclus par Pride , à annuler tous les actes adoptés depuis cette purge fameuse, à décider que le presbytérianisme serait la seule religion de l’Etat, enfin à se dissoudre lui-même (16 avril 1660), pour faire place au Parlement-Convention ( V . ci-ilessous). A. C.
parlement-convention , nom donné à l’Assemblée de Cavaliers et de Presbytériens convoquée (16 avril 1660) par le Bump , et réunie le 20 du même mois. Son premier acte tut de rétablir la Chambre des Lords; son deuxième, de rappeler Charles II à peu près sans conditions ; de là le nom de Parlement-fiépara/eurqueluiontdonné les Cavaliers. Confirmé après le retour de Charles II , il se montra plus implacable que le roi, vota spontanément le bill d' indemnité , qui livra à l’échafaud 10 républicains régicides, au lieu des 4 que la Déclaration de Bréda avait exceptés d’une amnistie, illusoire d’ailleurs , restitua sans indemnité tous les biens nationaux qui avaient appartenu à la couronne, aux évêques et chapitres anglicans , éleva le revenu annuel du roi au chiffre de 1,200,000 liv. st. (30,240,000 fr.), abolit la Cour des Pupilles, perpétua l’accise, et licencia l’armée , sans en excepter le corps de Monk. Il fut ( mai 1661) remplacé par le Parlement de 17 ans. Le Parlement Convention est le seul qui ait été élu sans convocation royale, puisque ceux de Cromwell ne relevaient pas de 1 élection. ^ q
PARLEMENT-CROUPION. V. l’art. PARLEMENT (L.ONG-).
PARLEMENT -BAREBONE OU rETIT - PARLEMENT , UOm
donné à l’Assemblée de Saints (Indépendants et Anabaptistes) par laquelle fut remplacé le Long-Parlement, et dont les membres furent désignés directement par Cromwell et ses officiers ( 139 pour l’Angleterre , 6 pour les Galles, 5 pour l’Ecosse, 6 pour l’Irlande). Barbone, riche et austère marchand de la Cité, en fut un des principaux membres; son nom fut allongé en celui de Barebone (ossement sec) , et appliqué au Parlement tout entier. Les membres, désignés sous celui de Décharnés, se rendirent ridicules par le fanatisme absurde de leurs discours et de quelques-unes de leurs opinions , déplurent à Cromwell par leur rigidité réelle (économie et comptabilité régulière exigées pour le service public; suppression et réduction de traitements; réorganisation du trésor), et par leur liberté d’appréciation à son sujet. Il profita des inimitiés que leur avaient attirées leurs réformes pour les obliger à se dissoudre eux-mêmes, et, 3 jours après, fut nommé Protecteur par ses officiers (25 décembre 1653). Le Parlement-Barebone a duré du 14 juillet au 22 décembre 1653. A. C.
PARLOIR AUX BOURGEOIS , nom donné jadis au lieu où se réunissaient les magistrats municipaux de Paris, et qui depuis est devenu l’Hôtel-de-Ville.
PARMA , riv. d’Italie, passe à Parme, et se jette dans le Pô à Bresello. Cours de 80 kil.
PARAIT,, Canna, Julia, Au/usta, v. d’italie, anc. capit. du duché de Parme et de Plaisance, située sur la Parma, à son confluent avec laBaganza, à 125 kil. S.-E. de Milan ; par 44» 48’ 15"lat., N., et 7« 59’ 44" long. E.; 47,100 hab. Anc. résidence du souverain, et siège du gouvernem. du duché jusqu’en 1859. Cour civile et criminelle. Evêché. Université , fondée en 1423 , supprimée en 1432, rétablie en 1854, et comprenant les 5 facultés de théologie, de droit, de médecine, de physique et mathématiques, de philosophie et littérature. Ecole militaire. Collèges ecclésiastiques de Marie-Louise, et des Bénédictins. Ecoles des beaux-arts, de chant, de sourds-muets. Bibliothèque ducale, collection d’estampes , galerie de tableaux , musée d’antiquités , jardin botanique. La ville est grande et belle, entourée de murs , et défendue par une citadelle. On y remarque : la cathédrale ou Dôme , du xie siècle , avec une célèbre fresque de V Assomption par le Corrège , et un magnifique baptistère en marbre ; les églises de la Madonna de la Sleccata, où sont les tombeaux des Farnèses , de Sl-Louis, et de Sl-Jean l’Evangéliste, avec une belle tour et une coupole peinte par le Corrège; les palais Farnèse et Giardino; un immense théâtre, et, aux environs, le pont du Taro. Manufactures de tissus de coton, de chanvre, et de lin; porcelaine, verrerie. — Ville très-ancienne, fondée par les Etrusques, Parme reçut une colonie romaine en l’année 184 avant J.-C., et fut comprise dans la Gaule cispadane. Indépendante au moyen âge , elle fit partie de la ligue lombarde, et passa ensuite sous l’autorité des maisons d’Este, de Visconti, et de Farnèse. Près de là, les Français battirent les Impériaux en 1734. Patrie du poète Titus Cassius, et du peintre Mazzuoli, dit le Purmesan. B.
parme et plaisance (Duché de), anc. Etat de l’Italie septentrionale, entre le Pô, qui le séparait du royaume Lombard-Vénitien au N., les Etats sardes à l’ü., le grandduché de Toscane au S., et le duché de Modène à l’E. ; entre 44° 19’ 40"-45° T 45" lat. N., 6° 58' 50'-8" 38* 50" long. E. ; 6,200 kil. carrés; 508,784 hab. Ch.-l., Parme. Divisé en 2 gouvernements (Parme, Plaisance), et 3 commissariats (Lutiégiane de Parme, Borgo San-Donnino, Borgo-Taro). Arrosé par la Trebbia, le Taro, et la Parma, et traversé par des ramifications des Apennins. Beaucoup d’oliviers et de châtaigniers, céréales, riz, fruits, vins et légumes excellents; bons pâturages. Le miel, la soie, le safran, le produit des mines de fer, de cuivre, et le sel tiré de sources salines , les bestiaux et les porcs , sont l’objet d’un commerce considérable. Magnaneries; fabrication de fromage estimé dit parmesan. Le gvt était monarchique. L’Autriche avait le droit d’entretenir garnison à Plaisance. Revenu de l’Etat : 9,600,000 fr. Dette : 14,800,000 fr. Il y avait une Cour suprême à Parme, une Cour d’appel à Plaisance, et 38 tri b. inférieurs. Code promulgué en 1820, et en grande partie formé du Code Napoléon. Le duché formait 3 évêchés, Parme, Plaisance, et Borgo-San-Donnino Le chemin de fer de l’Italie centrale le traverse de l’E. à l’O.’ Force militaire : 4,075 hommes. — Cette contrée, soumise par les Romains en 184 av. J.-C., recouvra pour quelque temps son indépendance à la chute de l’Empire; tomba successivement au pouvoir des Ostrogoths, des Lombards, et de Charlo-
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magne, qui la donna au Saint-Siège. Elle s’affranchit pendant la guerre des papes et des empereurs, subit la domination des seigneurs de Correggio à la fin du xinc siècle , se donna, en 1330 , à Jean de Bohême , qui la vendit aux Rossi , mais fut occupée, en 1335 , par Martino délia Seala , qui la rendit en fief aux Correggio , 1341. Azzon, l'un d’eux, vendit Parme, 1344, à Obizzon III d’Este, qui la vendit à son tour aux Visconti de Milan, 1346. Le pape Jules II, au congrès de Mantoue, 1511, fit donner au Saint- Siège Parme et Plaisance, que François 1er, après la victoire de Marignan, annexa de nouveau au Milanais, 1515. La paix de 1530, entre Charles-Quint et Clément VII, les renditan pape. En 1545, Paul III les donna en fief à son fils naturel Pierre-Louis Farnèse, dont le fils, Oetave, héritier des duchés en 1547, fut reconnu par Philippe II en 1556. La maison de Farnèse donna les souverains suivants : Alexandre, 1586; Reinucce Ier, 1592; Odoardo, 1622; lteinucce II, 1646; François, 1694; Antoine, 1727. La ligne masculine s’étant éteinte en 1731, Elisabeth Farnèse, femme du roi d’Espagne Philippe V, fit donner les duchés à son fils Don Carlos ou Charles Ier; ce prince ayant été appelé au trône des Deux-Siciles, Parme et Plaisance, en vertu des préliminaires de paix fixés à Vienne, le 3 octobre 1735, entre la France et l'empereur, et acceptés par l'Espagne le 15 avril 1736, furent incorporées à l’Autriche. A la paix d’Aix-la-Chapelle, 1748, les duchés passèrent à Don Philippe, 2« fils d’Elisabeth Farnèse. Ferdinand, fils de Philippe, régna de 1765 à 1802. En vertu du traité secret de SHldefonse, 1er octobre 1800, et du traité de Madrid , 21 mars 1801 , ses Etats furent réunis à la France, et formèrent le département du Taro; mais son fils Louis fut proclamé roi d’Etrurie ; Guastalla fut détaché, et donné à Pauline, sœur de Napoléon Ie''. En 1814, Parme . Plaisance et Guastalla furent données à l’impératrice Marie-Louise, à la mort de laquelle, 1847 , Charles- Louis, duc de Lucques, en prit possession, conformément au traité de Paris ( 10 juin 1817 ) et au recès de Francfort (20 juillet 1819) , moins Guastalla , qui passa au duché de Modène. Charles-Louis, pour se conformer aux conditions de cette succession , et au traité de Florence du 28 novembre 1844, transmettait Lucques au grand-duc de Toscane. Force de s’éloigner par une insurrection, le 19 avril 1848 , il renonça au gouvernement, le 14 mars 1849, en faveur de son fils Charles III. Ce prince, né en 1823, marié, en 1845, à Louise-Marie-Thérèse de Bourbon, fille du duc de Berry et sœur du comte de Chambord, périt sous le couteau d’un assassin, le 27 mars 1854. Son fils aîné, Robert, né en 1848, a été proclamé duc , sous la régence de sa mère, qui a dû quitter le duché lors d'une insurrection qui éclata en juin 1859, et le pays s’est annexé aux i.tats sardes. — Paume (l’rov. de). V. Suppléai. B.
paume (Alexandre farnèse, duc de). V. farnèse.
paume (Don Philippe, duc de) ,4e fils de Philippe V, roi d’Espagne, né en 1720, m. en 1765, épousa Elisabeth de France, fille de Louis XV, et reçut, au traité d’Aixla-Chapelle, 1748, les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla.
paume (Ferdinand, duc de) , fils du précédent, né en 1751, m. en 1802, fut élevé par Keralio et par Condillac, qui rédigea pour lui son Cours d’études, succéda à son père en 1765, laissa le pouvoir au marquis de Felino, expulsa les Jésuites en 1768, épousa, en 1769, Marie- Amélie de Lorraine, archiduchesse d’Autriche, fille de l’empereur François 1er, eut des démêlés avec le Directoire de France en 1796, et fit sa paix avec le général Bonaparte.
paume (Louis de), fils du précédent, né en 1773, m. en 1813, épousa, en 1795, une fille du roi d’Espagne. Le duché de Parme ayant été réuni à la France en 1801 , il reçut, comme compensation , la Toscane, avec le titre de roi d’Etrurie.
parme, Parma, bouclier circulaire, à l’usage de la cavalerie et des vélites , chez les anc. Romains. Il était de bois recouvert d’un cuir, et mesurait 3 pieds (89 centim.) de diamètre. C. D — y.
PARMËNIDE, philosophe grec, né à Elée (Grande- Grèce) vers 519 av. J.-C. Speusippe et Plutarque citent une tradition d’après laquelle il aurait été le législateur de sa patrie ; ce fait n’est pas prouvé. A l’àge de 65 ans, il fit à Athènes un voyage avec son disciple Zénon, dans le but d’opposer sa doctrine à celle des Ioniens. Il avait exposé cette doctrine dans un poëme, dont il reste à peu près 150 vers. Parménide continue, en le développant, le système de son maître Xénophane. Ce dernier avait proclamé l’unité de l’être nécessaire; Parménide pose l’absolu comme être unique ; cet être est un, continu, immobile, étemel ; c’est l’unité absolue ; la raison seule peut le con-
cevoir. Tout ce qui n’est pas l’absolu n’est rien. A côté do cette doctrine, il expose une physique pour expliquer la pluralité ; mais ce n’est qu’une concession faite au vulgaire, car la pluralité, selon lui, n'est qu’une illusion des sens. Cette physique est fondée sur deux principes : le chaud et le froid, ou le feu et la terre; le premier est l’agent, le second la matière passive. A sa doctrine idéaliste répond la science; à sa physique, l’opinion. Un système qui refuse ainsi toute croyance au témoignage des sens, trouve sa condamnation dans son caractère exclusif. V. Platon, le Parménide; Brandis, Commentationes Elcaticœ, Altona, 1813; Empedoclis et Parmenidis fragmenta, publiés par Amédée Peyron , Leipzig, 1810; Essai sur Parménide d'Elée, par Francis Riaux, Paris , 1840 , in-8°. R — t.
PARMÉNION , général macédonien , vainquit , sous Philippe, les Illyriens et les Péoniens,en 356 av. J.-C., suivit Alexandre en Asie, contribua puissamment aux victoires du Granique et d’issus , et conquit Damas et la Syrie. Darius Codoman offrant à Alexandre, comme conditions de paix, la main de sa fille, dix raille talents, et l’Asie entre l’Hellespont et l’Euphrate, l’arménion appuya ces propositions : “J’accepterais, dit-il, si j’étais Alexandre. — Et moi aussi, répliqua le roi, si j’étais Parménion. « Parménion fut nommé gouverneur de la Médie après la bataille d’Arbelles. S(jn fils Philotas, impliqué dans la conspiration de Dymnus, ayant été mis à mort, Alexandre craignit sans doute qu’il ne voulût le venger, et le fit assassiner lui-même, 329 av. J.-C.
PARMENTIER (Jean) , navigateur dieppois, né en 1494, m. en 1543, est, dit-on, le 1er Français qui ait conduit des navirps au Brésil ; il découvrit Sumatra. On a de lui des mappemondes, des cartes marines , et des poésies sous ce titre : Description nouvelle des merveilles de ce monde, 1536,in-4°.
Parmentier ( Charles-Antoine) , procureur-général de la Chambre des Comptes du duché de Nivernais, né à Paris vers 1719 , m. à Nevers en 1791, a laissé en ms. une Histoire de la province de Nivernais, et une Histoire chronologique des évêques de Nevers. On a publié, en 1842, 2 vol. in-H°, ses Archives de Nevers , analyse savante et exacte.
Parmentier (Antoine-Augustin), célèbre agronome, né à Montdidieren 1737 , m. en 1813, suivit comme pharmacien l’armée française de Hanovre en 1757 , et fut fait cinq fois prisonnier; réduit pendant sa captivité à se nourrir de pommes de terre , il reconnut tous les avantages de ce légume, introduit en Europe au xve siècle , cultivé en Italie et dans le Nord, mais regardé en France comme pouvant engendrer la lèpre, et ne servant qu’à la nourriture des bestiaux. Nommé pharmacien de l’Hôtel des Invalides, il consacra sa vie à triompher de ce préjugé, et il y parvint. Louis XV et Louis XVI le protégèrent; la Convention, après lui avoir ôté sa pension, fut forcée d’avoir recours à lui pour réorganiser le service pharmaceutique des armées; en 1796, il fut nommé membre de l’Institut , et devint encore président du conseil de santé, inspecteur-général du service de santé des armées, administrateur des hospices. On lui doit l’invention du sirop de raisin. Il a perfectionné la boulangerie, créé la mouture économique, qui donne un sixième de farine en sus , et décidé le gouvernement à ouvrir une école pratique de boulangerie. On lui doit : Examen chimique de la pomme de terre, 1 773, in-12 ; le Parfait boulanger, ou Trailécomplet de la fabrication et du commerce du pain, 1778, in-8° ; Méthode facile de conserver les grains et les farines, 1785, in-12; le Mais ou le blé de Turquie apprécié sous tous ses rapports , 2e édition, 1812, in-8°; Economie rurale et domestique, 1790, 8 vol. in-12; Code pharmaceutique à l'usage des hospices civils , des secours à domicile et des prisons , 4e édit. , 1811 , in-8° ; V Art de faire les eaux-de-vie et vinaigres, 2e édit., 1819, in-8°; Formulaire pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires, an xi, etc. V, son Eloge par Cadet de Gassicourt, 1814.
PARMESAN (Le) , peintre. V. Mazzuoli.
PaRNAHIBA. V. Paranahiba.
PARNASSE, Parnassus, auj. Lialcoura , nom qui désignait, soit toute la chaîne de montagnes qui, partant de l’Œta , se dirige du N.-O. au S.-E. , et se termine sous le nom de Cirphis près d’Antieyra sur le golfe de Corinthe, soit, dans un sens plus restreint, la partie la plus haute de cette chaîne, près de Delphes, celle qui présente les deux cimes élevées de Tithorea et Lyhoreia. Les poëtes en faisaient le centre, non-seulement de la Grèce, mais encore de tout l’univers. Elle était consacrée à Apollon et aux Muses. Outre Tithorea et Lykoreia , on y remarquait le mont Corycion , avec un antre célèbre par scs cristallisations de stalactite, le mont llyampeia, la fontaine
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Castalie, les Roches Phœdriades , d’où l’on précipitait les 6acriléges , enfin l'oracle de la Pythie. Au pied du Parnasse, entre cette montagne et le Cirphis , s’étendait une vallee profonde, arrosée par le Plistos, et traversée par la Voie Sacrée , au carrefour de laquelle Œdipe tua Laïus. Le Parnasse était autrefois très-boisé ; ses coteaux inférieurs étaient couverts de lauriers, de myrtes et d oliviers; audessus s’élevaient des pins. Son sommet est, pendant une grande partie de l'année , couvert de neige. La hauteur de la montagn» (2,459 mèt.), les nombreuses cavernes dont elle est percée, y rendent les orages fréquents et terribles ; tels furent ceux qui détruisirent une partie de 1 armée de Xerxès et des Gaulois. — Paris a, tout proche de son enceinte méridionale, un boulevard du Mont- Parnasse. Cette dénomination est due à une butte située dans le voisinage, détruite en 1761, et que les écoliers de 1 anc. Université avaient décorée plaisamment du nom de Mont- Parnasse , parce qu’ils y venaient lire leurs compositions et discuter sur la poésie. C. P.
PARNELL ( Thomas ) , poëte, né à Dublin en 1679, m. à Chester en 1717 , reçut les ordres sacrés, fut archidiacre de Clogher en 1705 , se rendit en Angleterre en 1706. On a de lui : l'Ermite , poème facile et élégant, son chefd’œuvre, trad. en français par Hennequin, 1801, in-12; le Conte des Fées; Hésiode ou l'origine delà femme; Eglogue sur la santé ; Vie d'Homère , revue par Pope et placée en tête de sa traduction de l’ Iliade, etc. Un choix de ses poésies fut publié par Pope , 1726, in-8°. Des Œuvres posthumes parurent en 1758.
PARNÉS, montagne de la Grèce, sur la frontière de l’Attique et de la Béotie , continuation du Cithéron , commençait près de Phylé , et se prolongeait à l’E. jusqu’à Rhamnonte , sur la mer d’Eubée. A l'endroit où il se joint au Cithéron, passait la route d’Athènes et de Thèbes. Le Parues était et est encore pour les Athéniens un indice de beau temps , lorsque les brouillards sortis des marais béotiens ne couvrent que la cime de la montagne, parce que le vent du N. les emporte bientôt à la mer ; la tempête et la pluie sont infaillibles, quand les nuages descendent jusqu’à mi-côte vers Phylé. C’est pourquoi on avait élevé sur le Parnés un autel de Jupiter aux présages (Séméléos
Zeus), où l’on honorait ce dieu, tantôt sous le nom d’Oraçeux (Ombrios), tantôt sous celui d 'Inoffensif (Apémios). L’éclair qui brillait à un lieu de la montagne appelé tlarma ou le Char, était le signal du départ de la Théorie Sacrée pour Delphes : aussi y avait-il à Phylé, dans le temple de Jupiter-Fulgurant , un collège de prêtres appelés Pythaïstes , dont la fonction était d’avoir sans cesse les regards fixés sur l’Harma pendant les trois mois orageux de l’année. Auj. le Parnés s’appelle Osas ou Nozea : sa hauteur est de 1,413 mètres. C. P.
P.4KNY (Evariste-Désiré Deforge, chevalier, puis vicomte de), poëte érotique, né en 1753 à Sl-Paul (ile Bourbon, aujourd’hui de la Réunion), m. en 1814, vint étudier en France, embrassa l’état militaire. En 1773, il revit son pays natal, et s’éprit d’Esther de Baïf, jeune créole, qu’il chanta sous le nom d'Eléonore. Revenu en France, il publia, en 1777, un Voyage de Bourgogne, en prose et en vers, une Epitre aux insurgeais de Boston , spirituelle et philosophique boutade, et, en 1778, son lfr recueil de Poésies érotiques; corrigé et augmenté d’un 4e livre, ce recueil fit appeler Parny le Tibulle français. Le naturel de ses vers, pleins d'élégance et de grâce, justifie ce surnom ; il ramena au bon goût le public égaré par les poètes petits-maîtres de l’école de Dorât. De retour de Pondichéry, où il avait, comme aide-de camp, en 1785, accompagné le gouverneur -général des possessions françaises dans les Indes, Parny se retira près de Paris, fit des vers à ses heures, et, ruiné par des remboursements de rentes en assignats, entra, pour vivre, dans les bureaux de l’instruction publique , 1795, d’où il passa dans ceux des droits-réunis. Sa réputation de poëte élégant et facile s'affermit par la publication de divers petits poèmes, la Journée champêtre, les Fleurs les Tableaux , et une foule de poésies fugitives. Il fut admis à l'Académie française 1803. Napoléon 1er lui fit une pension de 3,000 fr. en 1813. Tissot a publié des Poésies inédites de Parny, 1826, 1 vol. in-18, qui ne méritaient sous aucun rapport d'être tirées de l'oubli. Les Œuvres de Parny ont été recueillies à Paris , 1808 , 5 vol. in-18 , et à Bruxelles , 1826 , 2 vol. in-8°. M. Boissouade a donné une édition des OEuvres choisies, Paris, 1827, 1 vol. in-8°. J. T.
PARU 1 ’AMJSUS , PAROPAMISSUS, PARAPASIMUS et PAKOPANISUS, appelé aussi par les anciens Caucase Indien, correspond àla chaîne actuelle de l'Hindouk-hou.qui, partant du nœud des montagnes d’où se ramifient avec elle
le Bolor, le ICouen-Lun et l’Himalaya, s’étend vers l’O. jusqu’à Hérat, séparant le haut plateau d’Asie des basses plaines du Touran, et l’Inde duTurkestan, comme jadis elle séparait l’Inde de la Bactriane. Plusieurs des sommets s’élèvent au-dessus de 6,000 mèt. L’armée d’Alexandre y soufTrit beaucoup du froid et de la faim, lorsqu’elle le traversa pour conquérir la Bactriane, et, au retour, pour envahir les Indes. — Cette montagne donnait son nom à un peuple, les Paropamisades, dont le pays était borné au N. par la Bactriane, à l’O., par l’Arie et la Drangiane, à l’E. par l’Inde, au S. par l’Arachosie, et correspond aux pays de Kaboul et de Kandahar dans l’Afghanistan actuel. Ce nom de Paropamisades ou peuples montagnards désignait collectivement plusieurs tribus appelées Cabolitæ au N. , Parsii au S.- O., Ambautœ à l’E. , Parsyelæ au S. Us furent soumis par Alexandre, qui, près de leur capitale Ortospana, fonda une Alexandrie. C. P.
PAROS, auj. Paro, île de l’Archipel, l’une des Cyclades, à l’O. de Naxos, était célèbre dans l’antiquité par son marbre blanc, si estimé pour la statuaire, et que l’on tirait surtout du mont Marpèse, au S. de l’ile. Sa circonférence est de 64 kil. Sol fertile en froment, vin, légumes, sésame, coton et fruits. Les premiers habitants paraissent avoir été des Phéniciens ; puis vinrent des Crétois, sujets de Miuos, qui lui donnèrent le nom de Minoa, puis des Arcadiens, conduits par le fils de Jason, Paros, d'où elle prit son nom, enfin des Ioniens, conduits par Clythios et Mélos. Au vm« siècle, elle était assez puissante pour envoyer une colonie dans l’ile de Thasos, et fonder Parium sur la Propontide. Cependant, à l’époque des guerres médiques, elle était soumise aux Naxiens. Subjugués par les Perses, les Pariens combattirent pour eux à Marathon. Assiégés en vain parMiltiade, ils furent forcés par Thémistocle de reconnaître, après la bataille de Salamine, la suprématie d’Athènes. Après avoir appartenu tour à tour aux Macédoniens, aux Lagides, à Mithridate, Paros fut incorporée par Pompée à la république romaine, 74, et fit ensuite partie de l’Empire grec jusqu’à la 4e croisade; comprise alors dans le duché de l'Archipel, et appartenant tour à tour aux Sanudo, aux Sommerive, aux Venieri, ellefut enfin soumise aux Ottomans par Barberousse, amiral de Soliman le Magnifique. Ravagée par la flotte russe en 1770, elle se souleva en 1821, etfut compriseàla paix dans le royaume de Grèce : elle dépend de l’Eparchie de Naxos, dans le N. des Cyclades. Pop. : 3,000 hab. Ses principaux ports sont à l’O. Parœcia, anc. Paros, et Naussa au N. Paros avait donné naissance, dans l’antiquité, au célèbre poëte satirique Archiloque. C. P.
paros (Marbres de), ou d’ARUNDEL , ou d’OxFORD, monument^qui contient les principaux événements des annales de la Grèce , depuis la fondation d’Athènes jusqu’à l'archontat de Dioguète, c.-à-d. depuis environ l'an 1558 av. J.-C. jusqu’à près de 200 ans avant Père chrétienné. Ce monument fut découvert dans Pile de Paros par un agent de Peiresc, qui l’acheta pour ce savant ; mais les Turcs ne le livrèrent point, et, plus tard, le comte d’Arundel, ambassadeur d’Angleterre à Constantinople, se le fit donner. Il est auj. au musée de l’Université d’Oxford. Les marbres de Paros ont été publiés et traduits en latin par Prideaux, 1676, reproduits par Lenglet-Dufresnoy dans ses Tablettes chronologiques , et expliqués dans les Fragmenta hisloricorum grœcorum de Didot, Paris, 1848, gr. in-8tf.
PAROY | Jean-Philippe-Guy Legentil, marquis de), né en 1750, m. à Paris en 1824, avait été colonel avant la Révolution. On lui doit l’usage en France d'un procédé de stéréotypage, où les moules, formés par une couche de plâtre appliquée sur des pages en caractères mobiles, reçoivent, sans altération, la matière fondue. Il est aussi l’inventeur d’un vernis à faïence mêlé de poudre d’or. U a écrit un Précis sur la stéréolypie , Paris, 1822, in-8®.
PARPAILLOTS, nom donné aux calvinistes pendant le xvii® siècle, à cause de Perrinet Parpaille, primicier de l’Université à Avignon, et professeur de droit, qui fut décapité en 1562, et dont on rasa la maison.
PARQUES ( Les trois), divinités des Enfers chargées de filer la vie des hommes : Clotho présidait à la naissance, et tenait le fuseau; Laehésis le tournait; Atropos coupait le fil. On les faisait naître de l’Erèbe et de la Nuit, ou de Jupiter et de Thémis, etc.; elles sont sœurs des Furies. Habituellement les poëtes les figurent comme de vieilles femmes très-laides; mais l’art les représente comme des vierges aux traits austères.
PARR (Catherine), 6e femme de Henr VIII, roi d’Angleterre, qu’elle épousa en 1513, avait eu pour premier mari le baron Latimer. Zélée luthérienne, elle courut
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risque de la vie, pour avoir soutenu des opinions religieuses contraires à celles du monarque. Après la mort de Henri VIII, 1547, elle se remaria avec l'amiral Thomas de Seymour, et mourut l’année suivante.
i’akr (William), gentilhomme catholique du pays de Galles, et zélé partisan de Marie Stuart , fut mis à mort en 1584, comme ayant conspiré contre la reine Elisabeth.
PAERAMATTA. V. Paramatta.
PARKAS, v. du Mexique, départ, et à 220 kil. S. -8.- O. de Cohahuila; 7,000 hab. Mines d’argent. Beaucoup de vignes aux environs.
PARKENNIN. V. Parennin.
P ARRET, riv. à l’O. de l’Angleterre, naît près de Beaminster ( Dorset) ; cours de 65 kil. au N. et N.- O., à travers le comté de Somerset; il est navigable pour les na vires de 200 tonneaux par Bridgewater et Langport jusqu’au canal de Bristol.
PARRHASIUS, célèbre peintre grec, né à Ephèse vers 420 av. J.-C., fils du peintre Evénor et contemporain de Zeuxis, fut à Athènes le chef de l’école ionienne, qui sacrifiait l’expression morale à l’illusion matérielle. Il fit un tableau allégorique figurant le Peuple d'Athènes, et un Mélèagre et Alalante, que Tibère acheta plus de 600,000 sesterces (120,000 fr.).
parrhasius (Jean parisio, dit aulus-janus), philologue, né en 1470 à Cosenza, m. en 1533, fonda dans sa ville natale l’Académie Cosentine, et enseigna les lettres à Milan , à Rome , à Vicence. Il a laissé des Notes sur Plaute, Cicéron, Claudien, etc., des Lettres, des Dissertations, réunies et publiées par H. Estienne, Paris, 1567. Leclerc a publié un recueil de critique sous le titre de Parrhasiana.
PARROCEL (Joseph), peintre de batailles, né à Brignoles en 1648, m. en 1704, alla dès l’âge de 20 ans étudier à Rome sous la direction de Courtois, se fixa à Paris vers 1615, et devint membre de l’Académie de peinture. On voit de lui au Louvre le Passage du Rhin par Louis XI V. Louvois le chargea de peindre l’un des 4 réfectoires de l’hôtel des Invalides. Le coloris de l’artiste est chaud et brillant, sa touche pleine de verve ; mais ses couleurs se ! sont altérées. Il a laissé une suite de 48 gravures estimées, représentant des sujets tirés de la vie de J.-C., et d’autres eaux-fortes. B.
parrocel (Charles), peintre d’histoire, fils du précédent, né à Paris en 1688, m. en 1753, étudia sous Lafosse, alla en Italie, fit quelques campagnes dans un régiment de cavalerie pour apprendre à connaître les batailles, devint professeur à l’Académie de peinture, et fut choisi pour peindre les Conquêtes de Louis XV. Il a moins de verve que son père, mais il lui est supérieur par la vérité des compositions et la solidité de la couleur. On a de lui une suite de dessins et de gravures à l’eau-forte, représentant différentes attitudes de la cavalerie et de l’infanterie. B.
parrocel (Pierre), peintre, neveu de Joseph, né à Avignon en 1664, m. en 1739, étudia en Italie sous Carlo Maratti, et peignit pour l’hôtel de Noailles l’ Histoire de Tobie en 16 tableaux; on cite encore un Enfant Jésus couronnant ta Vierge, son chef-d’œuvre, une Résurrection, une Ascension, et une Pêche miraculeuse. Ces ouvrages se distinguent par la grâce du dessin , une bonne couleur, et une exécution ferme et harmonieuse. B.
parrocel (Ignace), peintre de batailles, frère du précédent , m. à Mous en 1722, peignit pour le prince Eugène de Savoie 7 tableaux des batailles les plus mémorables de ce guerrier.
PARRY (William-Edward), navigateur anglais, né à Bath en 1790 , m. en 1855 , est connu par ses expéditions au pôle Nord. En 1811, il pénétra jusqu’au 76» de lat. N., et publia des règles pour déterminer la hauteur du pôle par l’observation des étoiles fixes. En 1818, il accompagna Ross dans son premier voyage de découverte. Chef d’une nouvelle expédition, 1819-20, il hiverna sur Pile Melville; un 2e voyage au pôle Nord dura trois ans, 1821- 23; un 3“, exécuté en 1824, eut pour résultat principal de déterminer la position du détroit de Barrow ; un 4e, dont le but était d’aller en traîneau au delà du Spitzberg , échoua complètement, 1827-28. Parry était hydrographe de l’Amirauté. En 1829 , il partit pour l’Australie comme ^jœmissaire de la Société agricole. Les relations de ses voyages ont été réunies sous le titre de Quatre voyages au pôle Nord , Londres , 1833 , 5 vol.
PARîsDORF, vge de Bavière (Haute-Bavière), à 11 kil. N.-O. d’Ebersberg. Une trêve y fut conclue entre la France et l’Autriche, le 15 juillet 1800.
poëte, né à Paris, en 1759, d une famille de financiers, m* en 1834, s’adonna d’abord à la peinture, et, après s’v être longtemps exercé, avec un talent médiocre, l’abandonna pour la poésie. En 1798 , il accompagna l’expédition d’Egypte, et fit partie de l’Institut du Caire. On lui doit : les Amours épiques, poème en 6 chants, 1804, 1 vol. in-18, traduction en vers de tous les épisodes composés sur l’amour par les plus grands poètes épiques anciens ou modernes, ouvrage heureusement versifié, et qui ouvrit à l’auteur les portes de l’Académie Française; Philippe-Auguste, poème héroïque en 12 chants, 1825, in-8°; 2» édit., 1826, 2 vol. in-18, auquel Parseval travailla pendant 20 ans; l’œuvre manque d’action et d’intérêt; mais on y trouve un style toujours élégant , et de grandes beautés de détail.
PARSIS. V. Guèbres et Feu (Culte du).
PARSONS (Robert), en latin Personius , jésuite, né en 1547 à Nether-Stowey (Somerset), m. en 1610, avait été élevé dans le protestantisme. Il entra chez les Jésuites à Rome, 1574, fut chargé par le pape de diverses missions en Angleterre et en Espagne, et, de retour à Rome, dirigea le collège anglais pendant 23 ans. On l’accusa, mais sans preuves , d’avoir trempé dans la Conspiration des poudres. Ses principaux ouvrages sont : De persecutione an~ glicand, Bologne, 1581; Responsum ad edictum reginæ Elisabcthæ, Rome, 1593, in-8° ; De sacris alienis non adeundis, Sl-Omer, 1607, in-12; Des trois conversions de l’Angleterre, ibid. , 1603 ; Relation de la conférence de Fontainebleau en 1600, ibid., 1604, in-8°.
PARSONS TOWN. V. Birr.
PARTANNA, v. de Sicile (Trapani), à 35 kil. E. de Mazzara, 11 N.-E. de Castel-Vetrano ; 12,314 hab. Mines d’argent.
PARTHAUNISA. V. Nisæa.
PARTHENAY, Partiniacum , s.-préf. (Deux-Sèvres) , à 56 kil. N. -N.-E. de Niort, sur leThouet; 3,742 hab. Trib. de lre instance, institution, école normale primaire. Restes d’un château-fort et de l’église romane de Notre-Dame de la Coudre. Fabr. de draps, pinchinas, calmouk; tanneries. Comm. de blé et bestiaux. — Ane. capitale du pays de Gâtine, et autrefois place forte, elle fut gouvernée par des comtes jusqu’en 1425, passa au connétable de Richemont, à Dunois, puis à la maison de Longueville. La Gâtine fut un des foyers de l’insurrection vendéenne.
parthenay (Famille de), maison noble de France, se prétendait issue de celle de Lusignan. La ligne masculine s’éteignit en 1566.
parthenay (Jean l’archevêque de), prince de Soubise, né en 1512, m. en 1566, embrassa le protestantisme à la cour de Ferrare, où sa mère avait suivi Renée de France, fille de Louis XII , remplaça le baron des Adrets comme chef des protestants à Lyon , et y soutint un siège contre le duc de Nemours.
parthenay (Catherine l’archevêque de), fille du précédent, née en 1554, m. en 1631, épousa en 1568 Charles de Quellénec, baron de Pont, dont elle se sépara au bout de 2 ans, puis, en 1575, se remaria à René, vicomte de Rohan. Elle cultiva les lettres, traduisit Isocrate , fit représenter une tragédie de Judith et Holopherne en 1574, et écrivit plus tard une Apologie pour le roi Henri IV, satire ingénieuse, attribuée souvent à Raima Cayet. Zélée calviniste, elle s’enferma, à l’âge de 74 ans, dans La Rochelle, assiégée par Richelieu , refusa d’être comprise dans la capitulation , et subit une longue captivité au château de Niort.
PARTHÉNIENS, enfants nés, pendant la lr« guerre de Messénie, du commerce des femmes de Sparte avec les soldats qui étaient venus de l’armée pour empêcher que l’Etat ne périt faute de citoyens. Méprisés plus tard , ils conspirèrent avec les Hilotes, émigrèrent sous la conduite de Phalante, et bâtirent Tarente au midi de l’Italie, 707 av. J.-C.
PARTHÈNIUS , poëte grec de Nicée, fut fait prisonnier dans la guerre contre Mithridate, amené à Rome, vers l’an 65 av. J.-C., et obtint la liberté en faveur de ses talents. Tibère l’eut en honneur; Virgile et Ovide semblent lui avoir fait quelques emprunts. Il ne reste de lui qu’un petit écrit en prose, publié pour la première fois à Bâle, avec une traduction latine de Janus Cornarius, sous ce titre : De amatoriis affectionibus liber, 1531, in-8°, réédité par Heyne, Gœttingue, 1798, in-8» ; par Passow, Leipzig, 1824, et. trad. en français sous le titre d 'Affections des amants, Paris, 1743.
parthénius , riv. de l’Asie-Mineure, affluent du Pontr Euxin ; auj., Dartin.
PARTllE.NON (Le), le plus beau et le plus vénérable
PAR
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temple de l'ane. Athènes, situé dans l’Acropole. C’était un périptère dorique, de 8 colonnes de face sur 17 de côté, en tout 46, de 17m,50 de proportion , reposant sur 3 degrés très-hauts. Les portiques étaient doubles sur les façades , dont la principale regardait l’occident. Tout le temple était en marbre blanc pentélique, et mesurait 69m,H0 de long, 36m,16 de large, et 21ra,12 de haut. Sa frise était partagée en 92 métopes, représentant, dans autant de bas-reliefs, le combat des Athéniens et des Centaures. L’intérieur était à 3 nefs formées par une double colonnade à 2 ordres superposés faisant la hauteur de l'édifice. Le Parthénon était consacré à Minerve vierge, pai tlié nés , surnom de la chaste déesse. Il fut élevé, du temps de Périclès, par les architectes Ictinus et Callicrates; Phidias donna le dessin des sculptures, en exécuta lui-même une partie, et fit faire le reste par ses élèves. Ce temple subsistait encore entier en 1676 : les chrétiens l’avaient converti en église en 529, puis les Turcs en mosquée. Il fut presque détruit en 1687 , dans un bombardement d'Athènes par les Vénitiens sous les ordres de Morosini. Il n’en subsiste plus auj. ( 1856 ) qu'une vingtaine de colonnes avec leurs architraves, et quelques parties des murs de la cella. Beaucoup de ses sculptures, surtout des métopes, ont été enlevées en différents temps; plusieurs sont à Londres , au British-Museum. C. D — y.
PARTHÊNOPE , sirène, qui avait fixé son séjour dans le golfe de Naples. Désespérée d’avoir vu Ulysse résister aux charmes de sa voix, elle se jeta à la mer. Les habitants du pays lui élevèrent un tombeau sur le rivage, et près de là il se forma une ville qui fut appelée Parthénope, ét plus tard Neapolis (Naples).
PARTHÉNOPÉE , Parthenopæus , fils de Méléagre et d’Atalante, fut un des sept chefs qui soutinrent les droits de Polynice contre Etéocle, et périt devant Thèbes.
PARTHÉNOPÉENNE (République), nom donné à l’Etat que les Français formèrent avec le royaume continental de Naples, et qui dura depuis l’entrée de Championnet à Naples, le 23 janvier 1799, jusqu’au retour du cardinal Rufio dans cette ville, le 15 mai de la même année. Cet Etat eut un gouvernement de 25 membres, sous la direction successive de Championnet et de Macdonald.
PAR THENOPOLIS, nom latinisé de Magdebourg.
PARTHES, c.-àrd. bannis en langue scythique, peuple de l’Asie, formé d’exilés scythes, qui s’établirent, à une époque inconnue, au S.-E. de la mer Caspienne, dans le voisinage des Hyreaniens. Sujets tour à tour des Perses , d’Alexandre et des Séleucides , ils restèrent dans l’obscurité jusqu’en 255 av. J.-C., époque où l’un d’eux, nommé Arsace, se souleva contre Antiochus II Théos. Son successeur, Arsace II, joignit l’Hyreanie à la Parthiène, et, avec le secours des Grecs de la Bactriane, révoltés contre Séleucus II, triompha des Syriens. C’est alors que le royaume des Partîtes commence véritablement à exister, 238. Reconnus libres par Antiochus le Grand, en 211, les Partîtes devinrent conquérants ayec Mithridate Ier ou Arsace VI, qui enleva plusieurs provinces aux Grecs de la Bactriane, soumit l’Inde jusqu'à rHyphase, et, vers l’O., prit sur les Séleucides la Médie, 160, la Babylonie, l’Assyrie, la Mésopotamie, donna son frère pour roi aux Arméniens, 149, et fit prisonnier le roi de Syrie, Démétrius IL Mais Phraate II perdit toutes ces conquêtes , et fut tué dans une expédition contre les Scythes, comme son fils Mithridate II par les Arméniens , qui, sous Tigrane, devinrent un instant le peuple prépondérant de cette partie de l’Asie, 88. L’abaissement de l’Arménie après la ruine de Mithridate, roi de Pont, et la réduction de la Syrie en province romaine, 64, mirent en contact les Romains et les Partîtes, séparés par l’Euphrate. Les vaines tentatives de Crassus , 54, et d’Antoine, 36, convainquirent Auguste de l'inutilité d’une expédition, et, profitant des embarras intérieurs de Phraate IV, qui, détesté de ses sujets, voulait s’assurer de l’appui de l’Empire, il exigea qu’il lui rendit les aigles enlevées aux armées de Crassus et d’Antoine, et lui livrât ses fils et ses petits-fils en otages. Pendant les règnes d’Auguste, de Tibère et de Claude, les Partîtes vinrent chercher à Rome des souverains, qu’ils massacraient bientôt, les accusant d’avoir oublié dans les délices de Rome et de la Grèce les manières de vivre de leurs ancêtres. L’Arménie, dont les deux Empires se disputaient le droit de nommer le souverain, amena 1 rajan sur les bords du Tigre, 114, et, après une campagne longue et glorieuse, ce fleuve devint, à la place de 1 Euphrate, la frontière de l’empire romain Mais Adrien rendit le pays conquis. Cependant les Parthes attirèrent encore sur eux les armes romaines par leurs invasions. Séleucie et Ctésiphon furent pris par Cassius , lieutenant
de Lucius Vérus, collègue de Marc-Aurèle. La première ne se releva pas de ses ruines; Ctésiphon fut pris une 2e fois par Septime-Sévère, 197, et Caraealla enleva définitivement aux Parthes l’Osrhoène. Ces désastres et des troubles intérieurs continuels amenèrent bientôt la chute de l’empire des Parthes. Un soldat persan, Artaxercès ou Ardschir, fils ou petit-fils de Sassan , souleva la Perse , la Mésopotamie, la Médie, tua le dernier Arsacide, Artaban IV, et fonda le 2e empire persan ou empire des Sassanides , 226. — Les Parthes étaient renommés comme cavaliers et comme archers : ils vivaient presque toujours à cheval, et c’était en fuyant qu’ils étaient le plus redoutables, attirant l’ennemi sur leurs traces et lui décochant des flèches en courant. Une armure de mailles de fer, qui couvrait presque entièrement le cheval et le cavalier, les rendait à peu près invulnérables. Leur infanterie était composée en grande partie d’esclaves. La majorité de la nation avait conservé les habitudes barbares des anciens Scythes, et l’orgueil, la cruauté, la fourberie des Parthes, étaient proverbiales. Le roi et les grands avaient adopté de bonne heure les habitudes fastueuses, les vices et la corruption des monarques orientaux, en y joignant un goût assez vif pour les arts et la littérature des Grecs. Le roi Orodès faisait représenter dans son palais les Bacchanles d’Euripide, quand on lui apporta la tête de Crassus; les médailles des Arsacides portent des légendes en langue grecque, et, entre autres titres de ces princes, on lit celui de Philhellène ou ami des Grecs. Le gouvernement était monarchique et héréditaire, mais sans loi bien déterminée ; les rois pouvaient désigner leur successeur, ou l’aristocratie choisissait son souverain, sans tenir compte de la priorité de naissance, pourvu qu’on ne sortît pas de la race royale des Arsacides. L’aristocratie était représentée par un sénat, qui pouvait déposer le roi. Un généralissime ou surina avait le commandement des forces militaires, et, s’il laissait au roi l’apparence du pouvoir, il l’exerçait en réalité. L'Empire était divisé en 18 grandes provinces, qui formaient comme autant de principautés particulières, confiées soit aux fils , soit aux frères du roi , soit à des hommes puissants , qui , portant le diadème et ayant le titre de roi, ne laissaient au souverain qu’une autorité nominale, et lui suscitaient un compétiteur, lorsqu’il voulait leur faire sentir son autorité. La religion des Parthes était celle de Zoroastre, qu’ils avaient adoptée depuis qu’ils avaient été soumis par les Perses ; mais ils l’avaient profondément altérée par le mélange des superstitions étrangères, surtout des croyances helléniques; on comptait 70 sectes différentes , qui interprétaient chacune à leur manière les doctrines de Zoroastre.