PAS-DE-SUSE. V. SUSE
PASARGADE, c.-à-d., d’après un auteur ancien, camp des Perses , et , selon un orientaliste moderne , trésor des Perses , ville célèbre située sur les confins de la Perside et de la Carmanie, au S.-E. de Persépolis, et fondée par Cyrus , sur un petit fleuve auquel il donna son nom , en souvenir de sa victoire sur Astyage et les Mèdes. C'est là aussi qu’était son tombeau. On croit qu’elle occupe l'emplacement de la ville actuelle de Fasa , où l'on trouve des ruines antiques, sur les confins du Fars et du Kerman. — On appelait aussi Pasargades la plus noble tribu des Perses, à laquelle appartenait la famille des Achéinéuides. C. P.
PASCACUULA, riv. des Etats-Unis, formée du Leaf et du Chickasawhay, arrose la Géorgie et la Floride, et, après un cours de 40 kil., se jette dans le golfe du Mexique à l’O. de la baie de Mobile.
PASCAL Ier (Saint), pape de 817 à 824 , né à Rome, avait été, sous Léon III, directeur du monastère de S*-Etienne. Il reçut en don de Louis le Débonnaire la Corse et la Sardaigne , couronna Lothaire empereur en 823 , et
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accueillit à Rome les Grecs chassés de l’Orient par la persécution des Iconoclastes. Fête , le 17 mai.
pascal il ( Rainieri) , né à Bleda en Toscane , pape en 1099, acheva de réduire en 1100 l’antipape Clément III. Il décida Henri Ier d’Angleterre à laisser libres les élections ecclésiastiques, et à renoncer à l’investiture par la crosse et l’anneau , 1107. Moins heureux en Allemagne, il continua, sans la terminer, contre Henri IV et Henri V, la lutte commencée sous Grégoire VII, et la querelle ne fit même que s’envenimer : 1° par la rupture du traité de Sutri , qui, en décidant la liberté des élections, laissait à l’empereur, avant la consécration , l'investiture par les anciens signes : Pascal, qui, prisonnier, l’avait accordé en 1111 , le révoqua comme extorqué en 1112 ; 2° par l’ouverture de la succession de la comtesse Mathilde de Toscane , réclamée des deux côtés, 1115. Forcé par la faction impériale de fuir à Bénévent en 1117 , Pascal ne rentra à Rome que pour y mourir, 1118. R.
PASCAL III , antipape. V. ALEXANDRE III.
PASCAL (Biaise) , l’un des plus beaux génies et des plus grands écrivains français du xvne siècle, né à Clermont- Ferrand le 19 juin 1023, m. à Paris le 19 août 1662. Son père, Etienne Pascal, président en la Cour des aides de Clermont (m. en 1651 ), s'était retiré à Paris en 1631, pour y diriger personnellement l’instruction de son fils, dont la sagacité précoce donnait les plus hautes espérances : passionné lui-même pour les mathématiques, il était lié avec Roberval, le P. Mersenne, et les autres savants, dont les réunions furent le berceau de l’Académie des Sciences. Le jeune Pascal prit dans cette société un goût très-vif pour les mathématiques, malgré tous les soins de son père à lui en laisser ignorer les éléments, et à l’appliquer uniquement à l’étude des langues : à l’âge de douze ans, sur une simple définition qui lui fut donnée de l’objet de la géométrie, il trouva moyen, avec des barres et des ronds, d’arriver seul et sans livre jusqu'à la 32« proposition d’Euclide. A seize ans, il écrivit en latin un traité des Sections coniques, où était résumé tout ce qu’on en savait depuis Apollonius de Perge, et dont l’élégance fut, dit-on, remarquée par Descartes. Un peu après, son père ayant été nommé intendant de Rouen par Richelieu, Pascal y conçut et y fit exécuter une machine arithmétique pour la simplification des calculs , instrument plus merveilleux qu’utile, qui lui coûta un travail infini où, dès l’âge de 18 ans, il perdit tout à fait la santé. Il inventa aussi dans cette ville l'espèce de brouette ou chaise à deux roues appelée vinaigrette, le haquel, et, selon quelques-uns, la presse hydraulique. Le même esprit inventif lui fit imaginer, vers la fin de sa vie, une entreprise de carrosses à 5 sous, comme les modernes omnibus. De 1646 à 1648, il fit sur le Puy-de-Dôme, et répéta à Rouen, puis à Paris sur la tour S'-Jacques-la-Boucherie, des expériences barométriques, qui confirmèrent les belles decouvertes de Galilée, de Torricelli et de Descartes sur la pesanteur de l'air, et démontrèrent la fausseté du principe, que la nature a horreur du vide. Elles conduisirent Pascal à l'idée féconde de l'emploi du buromètre comme instrument de nivellement, puis à d’autres études, pour déterminer la pression des fluides sur les parois des vases qui les contiennent, et donner les lois de leur équilibre. Ses Expériences touchant le vide parurent en 1647 ; elles furent attaquées par le P. Noël, jésuite, qui se fit le champion de la vieille physique, et à qui Pascal répondit par deux lettres où s’annonce déjà l’auteur des Provinciales. Ses traités de la Pesanteur de la masse de l'air, et de V Equilibre des liqueurs, composés vers 1653, et publiés un an après sa mort, sont un de ses principaux titres de gloire dans les sciences. Il y joignit, en 1654, la découverte d’un Triangle arithmétique pour arriver à former les coefficients des puissances, qui le mit presque sur la voie de la célèbre formule du binôme de Newton : son but n’était d’ailleurs que d’exposer mathématiquement certaines combinaisons numériques dans les jeux de hasard et les paris; en trois traités sur cette matière ( publiés après sa mort, en 1665, in-4°), il posa les principes du calcul des probabilités. Enfin, en 1658, pour se distraire de souffrances physiques insupportables, il étudia les propriétés des courbes en général, et particulièrement de la cycloide ou roulette, dont s’étaient déjà occupés Galilée, Torricelli, Descartes, et Fermât. Pascal compléta leurs recherches sur cet objet, proposa et résolut lui-même les problèmes les plus difficiles, et publia les résultats de ce grand travail dans un Traité général de la roulette, 1659, par lequel il couronna ses découvertes dans les sciences, et a mérité d’être compté parmi les inventeurs de la géométrie de l'infini. — Mais le génie de Pascal ne devait pas s’arrêter
aux sciences : il n’estimait lui-même la géométrie qu’un métier; et l’ardeur passionnée de son esprit était plus faite pour la controverse philosophique et religieuse. Les querelles du jansénisme lui fournirent les sujets et le théâtre où il devait particulièrement s’illustrer. Dès Tan 1646, à Rouen, il était entré dans ce parti avec son père et ses deux sœurs; ses liaisons dans le monde même, où il vécut quelque temps, l’y engagèrent davantage : enfin, l’exemple de sa sœur Jacqueline , et, en 1654, sa propre et définitive conversion, l’attachèrent tout à fait à Port- Royal. Médiocrement instruit dans les matières de théologie et d’érudition, mais doué d'une vigueur de raisonnement et d'une éloquence incomparable, il devint bientôt, à l’école d’Arnauld, de Saci, et de Nicole, la plus forte plume du parti. En 1656, au fort des discussions sur la Grâce et sur le livre de Jansénius, Arnauld fut condamné par la Sorbonne et exclu de son sein; il attribuait sa condamnation à l'influence des Jésuites : c’est alors que, pour le venger, et Port-Royal avec lui, Pascal écrivit les Lettres de Louis de Montalle à un Provincial de ses amis, et aux P. R. PP. Jésuites sur la morale et la politique de ces Pères ; c’est l’ouvrage vulgairement appelé Lettres Provinciales, et quelquefois Petites Lettres. Elles sont au nombre de dix-huit, et parurent successivement (janvier 1656mars 1657 ) ; les quatre premières n’out pour objet que les disputes sur la Grâce et la censure d’Arnauld ; dans les suivantes, Pascal attaque directement les Jésuites , leur casuistique, leur doctrine du probabilisme, leur politique, et la morale relâchée de plusieurs de leurs théologiens ; il les poursuit par le ridicule et l’invective, avec une force comique et une élévation de style alors toutes nouvelles. Ces Lettres sont un chef-d’œuvre de dialectique. Si leur vérité, quant aux accusations dont les Jésuites y sont l’objet, a pu être contestée par des écrivains qui ont examiné les choses avec plus de sangfroid , si on a pu reprocher à Pascal d’avoir attribué à une compagnie entière les opinions de quelques-uns de ses membres, et d’avoir accepté trop légèrement des matériaux que lui fournissaient des mains étrangères, on n’a jamais nié la valeur littéraire de ce modèle des pamphlets. Peu d’ouvrages ont autant contribué à fixer la prose française , et à donner le goût d’une éloquence vraie et naturelle. Les Provinciales furent réfutées, mais par des écrivains d’un talent trop secondaire; la cour de Rome les condamna, en 1657; en France, des arrêts du parlement d’Aix et du Conseil d'Etat les firent brûler par la main du bourreau; elles n’en eurent pas moins dans le public un succès extraordinaire; on les traduisit en plusieurs langues, et Nicole, sous le nom de Wendrock, en publia une traduction latine. — Une autre polémique, plus grave et moins ardente, occupa les dernières années de Pascal, dans les intervalles que lui laissaient ses extrêmes souffrances , et les pratiques d’une vie toute livrée aux plus dures austérités : il entreprit une apologie du christianisme contre les sceptiques et les incrédules, déjà très-nombreux, et désormais plus menaçants pour la religion que toutes les hérésies. Avec son ardeur accoutumée, il s’occupa de recueillir tous les arguments de l’incrédulité raisonneuse, pour les détruire par le raisonnement mis au service de la foi, puis de la élever l'orthodoxie sur les ruines de la philosophie humaine, en poussant le principe religieux jusqu’à ses dernières conséquences avec l’inflexibilité d'un janséniste, et avec cette puissance de déduction , cette rigueur d'analyse que la géométrie lui avait enseignée, et qui, passant de ses idées dans son langage, produisait la vigueur et l'originalité inimitables de son style. La mort l’interrompit dans ce grand dessein ; à l'âge de 39 ans, il succomba à l’excès des maux de toute sorte qui avaient depuis longtemps consumé ses forces, et atteint son cerveau même, mais sans altérer, quoi qu’on ait dit, sa prodigieuse inteliigence. Il fut enterré dans l'église de S*-Etienne-du-Mont, sa paroisse. Le caractère de Pascal était digne de son génie; doux et bon, quoique très-vif, son âme se peignait dans sa belle figure Ses charités étaient infinies; et quand on lui reprochait de s'épuiser pour les malheureux, il répondait : •< J’ai remarqué que, si pauvre que Ton soit, on laisse toujours quelque chose à sa mort. » Une admirable profession de foi qu’il a laissée commence par ces mois : « J’aime la pauvreté, parce que Jésus-Christ l'a aimée. J’aime les biens , parce qu’ils donnent le moyeu d’en assister les misérables. » Ses amis de Port-Royal, auxquels il avait exposé, dans ses entretiens, l’idée et le but de son grand ouvrage sur la religion chrétienne, en recherchèrent les ébauches parmi ses papiers; ils ne trouvèrent qu’un monceau de notes éparses, de réflexions jetées en courant, de phrases à peine corrigées, traces lumineuses
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quoique imparfaites, de sa profonde méditation, et, au milieu de ce désordre, quelques morceaux plus achevés. Cela néanmoins leur parut si sublime, qu’ils finirent par publier, en lfi70, sous le titre de Pensées, avec une préface qui en expliquait la suite, une partie de ces débris j qui feront regretter à jamais que le monument n’ait pu j être élevé. Cette publication, très- incomplète et peu [ exacte, s’accrut au xvme siècle de divers morceaux donnés par le P. Desmolets, 1728, par Condorcet, 177(5, et par Bossut, 1779. Mais toutes les éditions des Pensées ne produisirent qu’un texte altéré et trompeur jusqu’en 1842, où M. Cousin, dans un éloquent Rapport à l'Académie Française, signala enfin les infidélités sans nombre qui, depuis la publication de Port-Royal, défiguraient les Pensées imprimées, en dépit du manuscrit autographe conservé à la Bibliothèque du roi. En 1844, M. Pr. Faugère publia la première édition des Pensées , fragments et lettres de Biaise Pascal , conforme aux mss. originaux, en 2 vol. in-8». Un long et curieux débat s’ouvrit alors sur le fond même des Pensées, et sur ce que M. Cousiu a appelé le scepticisme de Pascal. V. son ouvrage intitulé: Biaise Pascal, 1849, in-12 ; M. Sainte-Beuve, Port- Royal ( t. ni ) , et Portraits littéraires ; les Etudes sur Pascal de l’abbé Flottes, 1846, in-8», d’Aug. Vinet, Paris, 1848, in-8°, etc. M. E. Havet a résumé tout ce débat, et apporté de nouvelles lumières sur la question dans une excellente édition des Pensées de Pascal, avec un Commentaire suivi et une Elude littéraire, Paris, 1852, in-8°. — M. Villemain a composé une très-belle notice sur Pascal considéré comme écrivain et comme moraliste; MM. Faugère etBordas-Demoulin ont écritdes Eloges de Pascal couronnés par l’Académie Française en 1842. M. l’abbé Maynard a publié en 1850 : Pascal , sa vie et son caractère , ses écrits et son génie , 2 vol. in-8°, et donné en 1851 une édition critique des Provinciales , avec leur réfutation en forme d'introduction et de notes, 2 vol. in-8° ; travaux intéressants et curieux, écrits avec talent, mais non sans passion. — Les Œuvres complètes de Pascal , comprenant ses écrits scientifiques, ont été publiées par Bossut en 1779, et par Lefèvre en 1819, 5 vol. in-8». Le docteur Reuchlin a écrit en allemand une Vie de Pascal. — La sœur aînée de Pascal, Gilberte (Mme Perier) , née en 14520 , morte en 1687, a laissé une Vie de son frère, qui se trouve dans plusieurs éditions des Pensées ; on doit à son fils Etienne Perier et à sa fille Marguerite de précieux documents sur Pascal et sa famille. Son autre sœur, Jacqueline Pascal, née en 1625 , digne de lui par l’esprit et le caractère, fut religieuse à Port- Royal en 1652, et y mourut le 4 octobre 1661. On a d’elle quelques vers, des Lettres remarquables, et divers opuscules qui ont été recueillis par M. Faugère, et par M. Cousin, dans son ouvrage intitulé : Jacqueline Pascal, Paris, 1849, in-12.
PASCALIUS ( Carlo Pasquali, en latin), négociateur et archéologue , né à Coni ( Piémont } eu 1547, m. en 1625, vint étudier à Paris, se fit naturaliser français, et embrassa la carrière des honneurs; Henri IV l'envoya, en 1589 , solliciter des secours de la reine Elisabeth d’Angleterre, puis l’employa à la pacification dos provinces qui tenaient encore pour la Ligue, le nomma conseiller d’Etat, et ambassadeur près des Grisons. Pascalius est connu, comme archéologue, par un ouvrage intitulé Coronæ , Paris, 1610, in-4°, traité complet, mais diffus, en 10 livres , écrit en latin sur les couronnes en usage chez les anciens.
PASCHASE RADBERT. V. Radbert.
l’AbCO , v. du Pérou , à 96 kil. S. de Iluanuco; population variant, suivant les saisons, de4,0o0 à 12,000 hab. ; mine d’argent, la plus riche du Pérou.
PASC'UARO, v. du Mexique, département et à 53 kil. O.-S.-O. de Mechoacan , sur un lac du même nom ; 6,000 hab.
PASEWALK, v. des Etats prussiens (Poméranie) , à 38 kil. U. -N. -O. de Stettin , sur l’Ucker; 5,500 hab. Brasseries, distilleries; industrie agricole. Combat entre les Prussiens et les Suédois, en 1760.
PASJNLLLI (Lorenzol, peintre d’histoire, né à Bologne en 1629, m. à Parme en 1700, eut du feu et de l’originalité; mais on lui reproche trop d’afiectation et de luxe dans le vêtement et les accessoires. Un cite, parmi ses tableaux, 1 Entrée de J.-C. à Jérusalem , la Descente du Christ aux Limbes, Coriolan, etc. Il a gravé à l’eau -forte, d’après lui • même , la Prédication de St Jean - Baptiste, et, d’après le l’érugiti, les Noces de Jacob et de Rachel.
PASlPHAÉ, fille d’Apollon et de la nymphe Perséis, épousa Minus, roi de Crète, et fut mère d'Androgée, d’Ariane, et de Phèdre. Vénus lui inspira un amour insensé pour un taureau blanc, dont elle eut le Minotaure.
PAcITANO Ou POSITANO, v. du royaume d’Italie, dans la province et à 28 kil. S.-O. de Salerne, 2 kil. d’Amalfi, sur la mer Tyrrhéuienne; 3,139 hab. Patrie de Flavio Gioja.
PASITÈLE , sculpteur grec du ii« siècle av. J.-C., vint s établir à Rome après la guerre de Macédoine, et y mourut, déchiré dans le cirque par une panthère, au moment où il modelait un lion. Il avait écrit un ouvrage eiï 5 liv. sur les plus beaux monuments de son temps.
PASITHEE, la lre des Grâces, fille de Jupiter et d’Eurynome. — Ou donnait le même nom à Cybèle, considérée comme mère de tous les dieux.
PASITIGRE , Pasitigris , nom donné par les anciens aux deux bouches les plus orientales de l’Euphrate.
PASKÉVirCH ( Ivan-Fédorovitch), né à Pultusk en 1782, m. en 1856, fut élevé à l’école des pages de Sl-Pétersbourg, d’où il sortit avec le grade de lieutenant de la garde et le titre d’officier d’ordonnance de l’empereur Paul Ier. En 1805, il fut mis à la disposition de l'empereur d Autriche, et fit ses premières armes contre Napoléon Ier. Mêlé à la guerre qui éclata entre la Russie et la Turquie en 1808, chargé d’une mission diplomatique à Constantinople en 1809, il fonda surtout sa réputation militaire de 1812 à 1815, où, général- major d’infanterie, tantôt chef d’une division du corps de Bagration, tantôt commandant de l’avant-garde russe ou d’une division des grenadiers de la garde , il prit part aux batailles de Smolensk et de la Moskowa, au blocus de Modlin, de Magdebourg et de Hambourg, aux combats de Culm , de Dresde et de Leipzig; lieutenant -général après cette dernière affaire, il fit la campagne de France , et fut blessé à Arcis-sur-Aube. De retour en Russie , il obtint la faveur d’Alexandre Ier, qui le choisit pour accompagner le grand-duc Michel dans ses voyages en Allemagne et en Italie. Le meurtre d'un ambassadeur russe par ordre de la cour de Téhéran ayant amené la guerre avec la Perse, 1826, Paskévitch , nommé général-major de l’armée d’Yermoloft, gagna la bataille d’Elisavetpol , reçut le commandement en chef pour la campagne suivante, prit Tauris et Erivan , et, après la conclusion de la paix, reçut de Nicolas Ier ie titre héréditaire d’ E rivanski et un million de roubles, 1828. Dans la guerre contre la Turquie, 1829, il prit Kars et Erzeroura, et fut récompensé par les titres de feld- maréchal et de sénateur. Eu 1830, il fit avec bonheur la guerre contre le3 tribus du Caucase. Lorsque, en 1831, éclata la révolution de Pologne, il fut placé à la tête de l’armée russe, et mit fin à l’insurrection par la prise de Varsovie. Ce succès lui valut la dignité de prince de Varsovie, avec le titre d’al- [ tesse transmissible à ses descendants , et la lieutenance- I générale du royaume de Pologne, qu’il a exercée jusqu’à ■ sa mort. 11 reçut eucore le titre honorifique de généralisj sitne de toutes les armées russes de terre et de mer. C’est en celte qualité qu’il prit part, en 1849, à l’expédition de Hongrie, et, en 1853, au siège de Silistrie, où il fut légèrement blessé. Paskévitch fut un général d’une activité presque fébrile ; mais il la tempérait par une grande habileté pratique; dans ses guerres d’Asie, il risqua des ruses de guerre fort communes, capables, si elles échouaient, de compromettre l’armée , mais auxquelles il eut le bonheur que la témérité des Orientaux se laissât prendre. B.
PASMAN, ile des Etats autrichiens (Dahuatie), dans l'Adriatique; par 43° 57’ lat. N., et 12° 57’ long. E.; 16 kil. sur 2. Récolte de soie.
i PASNAGE, droit dû au seigneur féodal pour pour le pacage et la glandée des porcs dans les bois.
| PASQUALI. V. Pascalius.
PASQUALIS (Martinez |. V. Martinez.
PASQU1EK (Etienne ), célèbre jurisconsulte, né à Paris, en 1529, m. en 1615, étudia le droit sous Cujas à Toulouse et Socin â Bologne, et plaida sa lre cause au parlement de Paris en 1549. Peu occupé d’abord, il se livra aux l-ttres, qu’il cultiva toute sa vie avec un grand succès. Dès 1554, il publia le Monopliile, dialogue en prose, réimprimé l’année suivante dans un recueil de Rimes et proses. Ses «gaillardises de jeunesse,» comme il les appelle, n’étaient que le prélude de travaux sérieux. Le 1er livre j des Recherrkes.de la France parut en 1561, avec le millésime de 1560 ; dans cet ouvrage, qu’il porta à 9 livres, son I érudition, en défaut sur bien des points, est féconde eu , résultats acquis à la science, et en aperçus que devaient , développer de plus grands génies. Une circonstance lui j donna la renommée et la fortune • chargé de défendre l’Université en procès avec les Jésuites, 1564, il fit un plaidoyer qui le rendit populaire, et les grandes causes affluèrent dans son cabinet. Ses succès le désignèrent aux honneurs, et plusieurs écrits signalèrent son patriotisme;
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Il figura aux Grands-Jours de Poitiers, 1579, et de Troyes, 1583, fut nommé avocat -général à la Cour des comptes, 1585, et député aux Etats -Généraux de Blois, 1588. Il suivit Henri III à Tours, et rentra dans Paris avec Henri IV, en 1594. 11 se démit de sa charge en 1604, justement ré puté magistrat intègre et savant aimable, toujours prêt à sacrifier aux Muses comme à s’immoler au devoir, catholique plein de ferveur et de tolérance, sans fiel, sans ranîune contre personne, sinon peut-être contre les Jésuites. Dans la retraite, il relut ses ouvrages, publia de nouveau ses premières œuvres [la Jeunesse de Pasquier, renfermant le Monophile, Colloques d’amour , Lettres amoureuses, Jeux poé- 1 tiques, en 5 parties, 1610, in-8°|, et y ajouta de la prose et des vers français et latins. On a une édition des ÛEuvres j de Pasquier, où se trouvent 22 livres de Lettres, précieuses pour l’histoire du temps et surtout pour celle de la vie pri- i vée des magistrats aa xvie siècle, Amsterdam (Trévoux), j 1723, 2 vol. in-fol. Il manque à cette édition divers ouvrages, entre autres : les Ordonnances d'amour, publiées au Mans en 1564; le Manifeste après le procès de Barrière; et le Catéchisme des Jésuites , imprimé pour la lre fois en 1602. L’ Interprétation des Institutes de Justinien , manuscrit de Pasquier, a été publiée par M. Ch. Giraud, Paris, 1847, in-4» M Léon Feugère a donné : Œuvres choisies d'Etienne Pasquier, accompaijnées de notes et d’une étude sur sa vie et ses ouvrages, Paris, 1849, 2 vol. gr. in-18. J. T.
PASQUIN, torse d’un guerrier casqué, reste mutilé d'une statue antique de marbre blanc, adossée au palais Braschi , prés de la place Navone, à Rome. Il était célèbre aux xvne et xvme siècles, parce que les mécontents y placardaient, en secret, des satires contre les grands ou le gouvernement. Ou l’appelait Pasquin, du nom d’un tailleur facétieux qui demeurait non loin de là.
PASoAGE (Le), v. d’Espagne (Guinnz'naV située à 9 lcil. E.-N.-E. de Sl-Sébastien, port sur le golfe de Gascogne ; par 43° 20’ 16" lat. N., et 4° 16’ 8” long. O.; 1.300 hab. Construction de navires. Comm. actif avec la France.
PASSAIS, ch.-l. de cant. [Orne), arr, età 13 lui. S. -O. deDomfront; 327 hab.
passais (Le), petit pays de la Normandie, borné par la Mayenne et l’Egrenne, et une partie de la rive droite du Noireau. Ch.-l., Domfront. On l’appelait originairement Pissais, de la rivière de Pisse qui l’arrose.
PASSAKGE, riv. des Etats prussiens (Prusse), naît à 4 lcil. O. de Plauzig, et se jette, après un cours de 200 kil . , dans le Frische - Haff, à 6 kil. au-dessous de Braunsberg. Sur ses bords, le maréchal Ney battit le général prussien Lestocq, le 5 février 1807.
PASSARO (Cap), anc. Pachynum promontorium, pointe 5.- E. de la Sicile , dans la Méditerranée , près de file du même nom, où se trouve une prison militaire; par 36» 41’ 30’’ lat. N., et 12° 49’ 41” long. E. Défaite des Espagnols par l'amiral anglais Byng, en 1718.
PASSAROTT1 (Bartolomeoi , peintre d’histoire et de portraits, né à Bologne au commencement du xvie siècle, fut élève de Vignole, le suivit à Rome, acheva de s’y former, revint à Bologne, où il exécuta, pour les églises, beaucoup de beaux ouvrages, et ouvrit une école dont il sortit des peintres distingués. On cite, parmi ses principaux ouvrages : la Vierge sur un trône entourée de saints, dans l’église Sl-Jacques le-Majeur, à Bologne; la Décolla lion de St Paul , à Rome; et les portraits de la famille Legnnmi , peints en pied, et composés avec beaucoup d’imagination. Passarotti est au 1er rang parmi les peintres de portraits; le Guide le mettait immédiatement après le Titien.
PASSAROUANG, v. de file de Java, à 670 kil. S.-E. de Batavia. Ch.-l. d’une résidence hollandaise, bornée au N. par le détroit de Madura, à i’O. par la résidence de Besaki, au S. par l’océan Indien, et qui compte 110,000 hab.
PASSAROWI l’Z, anc. Marquai, ville île la principauté de S"rvie, près de la Morava, à 25 kil. E. de Semendria. Un traité y fut conclu, le 21 juillet 1718, entre l’Autriche, Venise et la Porte, sous la médiation de l’Angleterre et de la Hollande : la Turquie conservait la Morée, que lui disputait Venise, mais cédait à l’Autriche Belgrade, Temesvar, la Valachie jusqu’à l’Aluta, et une partie de la Servie.
PASSAU, Batava castra ou Boœodurum des anciens, Palacta ou Passavia en latin moderne, v. forte de Bavière, au court, du Danube, de l’Ion et de l’Ilz ; anc. ch.-l. du cercle de Basse-Bavière, à 255 kil. E.-N.-E. de Munich; 13,000 hab Divisée en 4 parties par les eaux qui la traversent : Passau , entre le Danube et l'iun; Innslaill, sur la rive dr. de l'iun; llzstadi , sur la rive g. du Danube et de l’Ilz; et Anger, sur la rive g. du Danube et la>rive dr. de l’Ilz.
Evêché catholique suffragant de Munich, fondé en 737, devenu plus tard Etat d’Empire, restreint, mais indépendant, jusqu’en 1803. Cathédrale, château, bibliothèque remarquables. Gymnase, école militaire. Centre du commerce de sel sur le Danube. Fabr. de creusets renommés, tabac, poterie, porcelaine, papier — En 1552, on signa à 1 Passau une paix de religion, préliminaire de celle d’Augsbourg : elle rendit la liberté à l’électeur de Saxe et au landgrave de Hesse, prisonniers de Charles-Quint, et accorda aux luthériens la liberté de cidte. Incendiée en 1652, prise par l’électeur de Bavière en 1704, la ville eut encore beaucoup à soufTrir pendant les guerres d’Allemagne, 1808-1809.
passau (Evêché de), anc. principauté de l’empire germanique, fondée au vme siècle, eut plus tard une superf. de 90,000 hect., avec 52,000 hab., et fut sécularisé en 1803. La ville de Passau et la partie occidentale du pays furent données à la Bavière; l’autre partie échut au grandduc de Toscane, plus tard électeur de Salzbourg. En 1805, la principauté entière fut donnée à la Bavière.
P ASSUMANT | Claude-Siméon ), mécanicien, né à Paris en 1702, m. en 1769, exerça d’abord la profession de mercier, puis l’abandonna pour se livrer entièrement aux sciences. En 1749, il construisit une pendule astronomique, surmontée d’une sphère mouvante , et la présenta à Louis XV, qui lui donna un logement au Louvre et une pension de 1,000 fr. Il imagina deux globes, l'un terrestre et l’autre céleste, tournant sur eux -mêmes, et donna, en 1765, les moyens d’amener aisément les navires à Paris. On a de lui : Construction d'un télescope de rèllexion, Paris, 1738, in-4° ; Description et usage des télescopes, 1763, in-12.
PASSERAT (Jean) , poëte et savant, né à Troyes en 1534 , m. en 1602, occupa de bonne heure une chaire au collège du Plessis, à Paris, approfondit les auteurs latins, et, pour entendre leurs jurisconsultes, alla trois ans suivre à Valence les leçons de Cujas; puis il devint, en 1569, le commensal et l’ami de Henri de Mesmes. Successeur de Ramus auCollége de France, 1572, Passerat eut un grand , succès dans sa chaire. Fidèle à son roi , il fit une partie des vers de la Satire Ménippée. Erudit aimable, il a laissé des œuvres posthumes : De Litterarum inter se cognaiione et permututione , 1606, in-8°; Oraliones et prœfaliones (au nombre de 30), 1606, in-8®; des Commentaires sur Catulle, Tibulle, et Properce, 1608, in-fol. ; Conjeclurarum liber , 1612, in-8°; Apollodore, trad. en français, 1604, in-12. On a mis, par spéculation de librairie, sous le nom de Passerat, une édition en 8 langues du Dictionnaire de Calepin, Genève. 1609, in-f®. Passerat avait publié de son vivant la partie la plus curieuse de ses œuvres, ses vers latins et ses vers français, dont la meilleure édition est celle de L’Angelier, 1606, 2 vol. in-8°. Ses vers français offrent beaucoup d’intérêt à ceux qui étudient notre langue au xvie siècle, et l’un de ses contes en vers, le Coucou ou Métamorphose d'un homme en oiseau , est narré avec une grâce naïve qui semble avoir servi de modèle à La Fontaine. V. J. Passerai, chapitres inédits, précédés d’une notice sur sa vie, par L. Lacour, Paris, 1856, in-8°; Ch. DuGuerrois, Jean Passerai, poète et savant, ibid., 1856, in-H®. J. T.
PASSER1 | Jean- Baptiste), peintre et poëte médiocre, né à Rome en 1610, m. en 1679, est auteur des Vies dot peintres , sculpteurs et architectes de Borne de 1641 à 1673, Rome, 1772, in-4®, bon ouvrage très exact.
passeri ( .1 oseph ) , peintre, neveu du précédent, né A Rome en 1654, m. en 1715, fut élève de Carlo Maratti. On lui doit de belles fresques, dans sa ville natale, à St-Nicolas-in- Arcione, età Ste-Marie-in -Campitelli , le salon de l’Aurore à la villa Corsini, et, entre autres tatableaux , Moïse portant les tables de la toi, dans Santa- Maria-Nuova, et le Jugement dernier, à Pesaro.
tasseri ( Giambattista) , antiquaire, né à Pesaro •en 1694 , m. en 1780, exerçait la profession d’avocat, tout en s’appliquant à l’archéologie et à la numismatique. Il prit ensuite les ordres sacrés, devint vicaire-général de Pesaro, auditeur de la Rote, et protonotaire apostolique. H forma un riche musée chez le grand-duc de Toscane, dont il était l’antiquaire. On a de lui : Lncernae fictiles rum anunadversionibus, Pesaro, 1739-51, 3 vol. in-fol., description de lampes antiques, dont il avait formé une collection considérable; Pictu-æ Etruscorum in vasculis , Rome, 1767-75, 3 vol. in-fol., et 300 planches; Novus thésaurus gemmarum veterum, selectarum cum explications , Rome , 1781-83, 0 vol. iu-foi.
PA'SElilANU, v. Ou royaume ul.alie- ( Vénétie.):; province d’I dine, à 8 kil. N. -K. de Campo- Fonnio, 3,000 hab. Elle donna son nom à et do,..: nout du
royaume d'Italie.. sous Napoléon Ier, ch.- 1. Ldi ne.
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PASSERONT (l'abbé Jean-Charles), poëte italien, né en 1713 à Lantosca (comté de Nice), m. en 1802, était un homme très-pieux, qui pratiquait la pauvreté par esprit de religion. Aimé et estimé de tout le monde, il fut membre de l'Institut de la République cisalpine. On a de lui : II Citeront, Venise, 1750, 2 vol. in-8u, et Milan , 1788, 6 vol. in-8®, poème familier en 34 chants, en octaves, qui sert de prétexte à des digressions sur les mœurs et les abus du siècle, mais dont l’abondance dégénère en verbosité; Traduzione di alcuni epigrammati grceci , Milan, 1786-94,
9 part, in 8°; h'avole Esopiaue, ibid., 1786, 6 vol. in-12, I Où il y a de l'enjouement et de la naïveté.
PA SS] (J N A NO ( Domenico Cresti , dit II), peintre, né Ters 1558 il Passignano, près de Florence, m. en 1638, aida son maître Zuccari à continuer la coupole de S,e- Marie-des-Fleurs à Florence, laissée imparfaite par Vasari, travailla encore avec lui à peindre la salle du grandconseil, à Venise, et devint directeur de l'Académie de dessin de Florence. Il fut célèbre pour la facilité et la rapidité de son exécution. Parmi ses tableaux, on cite : le Martyre de sanla heparala , fait en 8 jours pour le palais Pitti ; Si Jeun Guulbert , peint en 18 heures et de nuit; la Présentation de la Vierge, commandée par Urbain VIII pour la basilique de St-Pierre. Le musée du Louvre possède de cet artiste une Invention de la Croix.
PASSION ( La ), nom donné par l’Eglise aux souffrances que Jésus-Christ endura pour le salut des hommes. On la célèbre le 5e dimanche de Carême, et dès ce jour commence le tempe de ta Passion, pendant lequel l’Eglise est en deuil , et qui dure jusqu’à Pâques. La Passion selon SMMathieu se chante à la messe du jour des Rameaux.
passion ( Confrères de la), société qui se forma, sous le règne de Charles VI, pour jouer des Mystères ( V. ce \ mol) , et qui fut autorisée en 1402. Elle se composait d’artisans de Paris, tels que courtiers de chevaux, maçons, paveurs, etc. Son théâtre fut installé dans le couvent de la Trinité, près de l’emplacement de la porte Sl-Denis; en 1545, elle acheta le terrain de l'hôtel de Bourgogne pour y construire une nouvelle salle; mais, trois ans après, le parlement interdit la représentation des Mystères.
PASSIONEI (Dominique), illustre et savant cardinal, né en 1682 A Fossombrone, m. à Frascati en 1761, fit des études brillantes à Rome, voyagea en France et en Hollande, fut légat du saint-siège au congrès d'Utrecht, 1712, et à celui de Bade, 1714, nonce en Suisse et archevêque d’Ephese en 1721, nonce à Vienne en 1730, cardinal en 1738, et conservateur en chef de la bibliothèque du Vatican, 1755. Il forma dans sa villa de Frascati un riche musée d'antiquités. On a de lui : Oraison funèbre du prince Eugène, Padoue, 1737, in-4°, trad. en français par Mme Du Boccage ; Iscrizioni anliche disposte perordine di varie classi ed illuslrale, con alcune annotazioni , recueil d’inscriptions grecques ou latines, publié après sa mort, Lucques, 1763, in-fol.
PASSIR, v. de Pile de Bornéo, capitale d’un royaume et à l’embouchure d’une riv. du même nom dans le détroit de Macassar, par 1° 52’ lat. N. et 115» 35' long. E. Comm. assez actif avec les Chinois. — Le royaume de Passir, entre ceux de Benjermassing et de Cotti-Lama, a 200 kil. sur 150. Sol fertile en sagou, riz, poivre, musc, camphre, aloés, etc.
PASSOW (François-Louis-Charles-Frédéric), philologue distingué, né en 1786 à Ludwigslust (Mecklembourg-Scbwérin), m. en 1833, étudia sous Jacobs à Gotha et Hermann à Leipzig, fut nommé professeur au collège de Weimar en 1807, et à l'uiuversité de Breslau en 1815, et dirigea, sans renoncer à sa chaire, le séminaire des études philologiques de cette ville. On lui doit des éditions de Jean Second, Leipzig, lh07 ; de Perse, 1808 ; de Musée, 1810; de Longue, 1811; de la Germanie de Tacite, Breslau , 1817; des Écrivains érotiques grecs, Leipzig, 1824 ; de Denys le Périégète, Breslau , 1825 ; de Nonnus, Leipzig, 1834. Ses écrits originaux sont: Sur le but, la disposition et le complément des Dictionnaires grecs, Berlin, 1812; Diclionnajire grec-allemand , 1819, excellent livre, souvent réimprimé, et qui ne le cède qu’au grand ouvrage d’H. Estienne ; Eléments des littératures grecque et latine, et de l'histoire des arts chez les anciens, Berlin , 1829, in-4#. Il a publié, avec Jachmann , les Archives dune éducation nationale allemande, Berlin, 1812, 4 cahiers, et, avec Schneider, le Muséum cnticum Vratislaviense, Breslau, 1820. B.
PASSW AN-OGLOU (Osman), né à Widdin en 1758, m. en 1807, était fils de Passwan-Omar-Aga, qui fut décapité par ordre du grand-vizir à cause de ses richesses.
U s'enfuit dans les montagnes, devint chef de partisans, s’empara de Widdin, s’y maintiut contre toutes lés troupes
du sultan , et obtint d’en être nommé pacha en 1793. D usa du pouvoir avec dévouement et équité.
PASSY, brg (Seine), compris dans l’enceinte militaire de Paris, Alt»., près du bois de Boulogne et de la rive dr. de la Seine, sur le chemin de fer d’Auteuil, arr. et à 13 kil. S.-S.-O. de S'-Denis; 12,922 hab. Eaux minérales. Poterie, raffineries de sucre, fabr. de produits chimiques. Filature de coton dans un anc. couvent dit les Bons Hommes. On y remarque le château de la Muette. Il a été réuni à Paris, en 1860, dans le 16' arrondissement.
PAST (Droit de), droit que possédait le seigneur féodal d’aller, une ou plusieurs fois l’an , seul on avec un certain nombre de compagnons, preudre un repas chez son vassal.
PASTAÇA , riv. de l’Amérique du Sud i République de l'Equateur ) , naît dans les Andes, au pied du Cotopaxi , €t se jette dans l’Amazone; cours de 650 kil.
PASTEURS (Les). V. Hvcsos.
PASTO ou SAN - JUAN- DEL -PASTO, v. de la Nouvelle-Grenade, ch.-l. de la prov. de son nom , à 730 kil. S.-S -O. de Bogota, 225 N.-E. de Quito, dans une belle plaine au milieu des volcans des Andes; par 1® 13’ 5” lat. N., et 79® 4P 40” long. O.; 7,000 hab. Ruinée en partie par les tremblements de terre de 1827 et de 1834. — La prov. de Pasto, l’une des 4 que comprend l’Etat du Cauca, est couverte de soufrières et de volcans ; 60,000 hab. civilisés, et 70,000 Indiens indépendants.
PASTOPHORES (du grec pas/as, lit, voile, manteau, et phérô, je porte), prêtres de l’anc. Grèce, ainsi nommés à cause de leurs longs manteaux, ou du lit de Vénus qu’ils portaient dans certaines cérémonies, on du voile qui couvrait les statues des dieux t*t qu’ils levaient pour les exposer aux regards du peuple.
PASTORET (Jean), né vers 1328, m. en 1405, fut un de ceux qui contribuèrent le plus, avec Maillard , à remettre Paris sous l’obéissance du dauphin Charles, en 1358. Il devint alors l*r président du parlement de Paris, et, plus tard , membre du conseil de régence pendant la minorité de Charles VI. Quelque temps après l avénement de ce prince, il se fit religieux dans l’abbaye de i-t-Vietor, où il mourut. Le roi le fit inhumer à Sl-Denis.
pastoret ( Claude-Emmanuel- Joseph - Pierre, marquis de), de la famille du précédent, né à Marseille en 1756, d'un lieutenant de l'amirauté , m. en 1840, étudia chez les Oratoriensde Toulouse, fut nommé conseiller à la Cour des aides de Paris en 1781, membre de l’Académie des inscriptions et belles- lettres en 1784, maître des requêtes en 1788, embrassa avec ardeur les principes de la Révolution, refusa, en 1790, le ministère de la justice, puis celui de l’intérieur; devint en 1791 procureur-syndic du départ, de la Seine, fit rendre le décret qui transforma l'église Ste- Geneviève en Panthéon, et composa l’inscription célèbre qui se lit encore dans la frise du fronton : Aux grands hommes la patrie reconnaissante ; Paris le nomma député à l’Assemblée législative, dont il occupa le premier la présidence. Il s’effraya de la marche de la Révolution, émigra pendant la Terreur, et ne rentra en France qu'en 1795. Député du Var au conseil des Cinq-Cents, il prit la défense des prêtres persécutés , fut proscrit comme royaliste au 18 fructidor, et se réfugia en Suisse. Il revint en 1800, fut nommé administrateur des hôpitaux, puis, en 1804, professeur de droit de la nature et des gens à la Faculté de Paris, et, en 1809, sénateur. La Restauration l’éleva A la pairie, et il entra à l’Académie française en 1820. Louis XVIII lui donna la tutelle des enfants du duc de Berry en 1821 , et Charles X le rang de ministre d Etat en 1826, la vice-chancellerie en 1828, et la chancellerie en 1829. Après la révolution de Juillet 1830, il refusa de se rallier au nouveau gouvernement, et rentra dans la vie privée. On a de lui: une traduction en vers de Tihulle , 1785, in-8® ; Zoroastre, Confucius et Mahomet, 1787, in-8»; Moïse considéré comme législateur et comme moraliste , 1787, in-8®; Traité îles lois pénales, 1790, 2 vol. in-8»; Histoire générale de la législation des anciens peuples, 1817-37, Il vol. in-8®, grand ouvrage dont il s’occupa toute sa vie, et qui embrasse l’histoire et l’analyse des législations anciennes, jusqu’à celle des Etrusques, inclusivement. 11 a eu part A la publication du Recueil des ordonnances des rois dé France et de V Histoire littéraire de la France , et a donné divers Mémoire? dans le recueil de l'Académie des inscriptions et belles lettres. — La marquise de Pastoret (Adélaïde-Anne-Louise Piscatory), née en 1766, m. en 1844, fut célèbre par son esprit, sa beauté et sa charité. On lui doit l’idée des crèches et des salles d’asile; elle fonda en 1801 les premiers établissements de ce genre à Paris, et les entretint longtemps de ses libéralités. B.
PASTO U1US (Joachim de Hibtknderg, dit) , histo-
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rien , né à Glogau en 1610 , m. en 1681 , fut d’abord médecin, entra ensuite dans l’enseignement, et fut nommé historiographe de Pologne par Casimir V. On a de lui: Florus polonicus , sine Polonicœ historiœ epilome , Leyde , 1641, in-12; Péplum sarmaticum , Dantzick, 1645, in-4®; Bellum scythico-cosaccicum , ibid. , 1652-59, in-4°; TlieoJosius magnas , Iéna, 1664, in-8° ; Historia palonica ab obilu Uladislui IV usque ad annum 1651 , ibid. , 1680-85, 2 vol. in-8°, ouvrage intéressant, mais qui ne contient que 4 années de l’histoire de Pologne; Acta pacis Olivensis inedila, livre posthume, Breslau, 1763-66, 2 vol. in-8°.
PASTOUREAUX, pâtres et vagabonds qui se soulevèrent dans la Flandre en 1250, pendant la captivité de Louis IX en Egypte, à la voix d'un cistercien hongrois nommé Job ou Jacob , et sous le prétexte d’aller délivrer le roi. Cette insurrection, qui se répandit sur une grande -partie de la France, fut une protestation des habitants des campagnes contre le clergé et les nobles. Les Pastoureaux dévastaient les églises et les châteaux. La régente Blanche de Castdle les fit poursuivre; ils furent taillés en pièces dans le Berry et près de Beaucaire.
PASTHANA , v. d’Espagne (Nouv. -Castille), prov. et à 37 kil. S.-S.-E. de Guadalaxara, près du Tage ; 2,340 habitants.
PASTKENGO (Guillaume de). V. Guillaume.
PATAGON , anc. monnaie de Flandre et de Franche- Comté sous la domination espagnole, valant 5 fr. 88 c.
PATAGONIE, vaste pays à l’extrémité S. de l’Amérique méridionale, borné au N. par le Chili et la Plata, au S. par le détroit de Magellan, qui le sépare de la Terrede-Fcu, à l’O. par l’océan Atlantique, et. à l’E. par l’océan Pacifique; par 65°-77° long. O. , et 38° 54° lat. S. Découverte par Magellan pour l'Espagne en 1519, visitée par le commodore Byron en 1764, par Wallis en 1766, par M. d’Orbigtry en 1828, la Patagonie est encore peu connue Mes Européens. Ses côtes, escarpées à l’O., et basses à l'E. -ne sont guère fréquentées que par des navires baleiniers. Rivières : le Rio-Negro, qui la limite au N.; le Santa- Cruz; le Rio-Gallégo, remarquable par la rapidité et le volume de ses eaux, et où les marées atteignent près de 14 mèt. de hauteur. Ses habitants du S., plus particulièrement appelés Patagons ou Tehuelliets , sont remarquables par leur haute taille (2 mètres et plus). Climat froid; sol aride, coupé par la chaîne des Andes (le Corcovado a 2,286 mèt. ). Peu d’animaux. Buéuos-Ayres en revendique la souveraineté.
PA RA K ou SAROS-PATAK, v. de Hongrie (Zemplin), sur la Bodrog, à 17 kil. S.-E. d’Ujhély; 8,000 hab. Collège calviuiste, avec bibliothèque. Ruines d’un anc. château-fort.
PATALÈNE , anc. pays situé à l’embouchure de l’Indus, et ayant la figure d'un Delta formé par la division de ce fleuve en deux bras principaux; c’est auj. la partie inférieure du Sindhy. Au sommet du Delta était la capitale, (auj. Tulla, ou, selon d’autres, Haider-Abnd), dont le nom, Patata en sanscrit, signifie pays inferieur. Cette contrée fut soumise par Alexandre, et formait à sa mort le gouvernement de l’Inde maritime. Alexandre avait agrandi et j fortifié Patala, et y avait fait creuser un port. Mais, sous ses successeurs , ce pays fut reconquis par les princes indiens. C. P.
PATANA. V. Seringapatam.
PATAX1 , v. de la presqu’île de Malacca, au N.-E., capit. d'un petit royaume de même nom, port sur le golfe de Siam, par 6° 50’ lat. N. et 98° 30’ long. E. Commerce assez actif. Les Anglais y eurent un comptoir, de 1610 à 1623.
PA TANS , nom donné dans l’Inde aux Afghans pendant le moyen âge. Une dynastie afghane , dite des Palans , •régna dans l’Inde après les Gaurides, de 1205 à 1398 , et fut renversée par Tamerlan.
PATAQUE, monnaie des Etats Barbaresques, valant 1 fr. 38 c. — monnaie turque d’argent , valant près de 7 fr — monnaie du Brésil , dont il y a deux sortes, la vieille (3 fr. 86 c.), et la neuve (3 fr. 55 c.).
PATAR (de l’allemand Peter, Pierre?), ano. monnaie des Pays-Bas et de Flandre, portant sur une face l’image de S' Pierre, et valant un sou. Sous Louis XII , on frappa en France une monnaie de même nom , ne valant que 3 deniers ou un liard (0 fr. 0125).
PA 1 ARA , anc. v. de Lycie, non loin du cap Pataréon, qui séparait la mer de Lycie de celle de Carie. Elle fut fondée par des Doriens-Crétois , qui y introduisirent le culte d Apollon; ce dieu y eut un sanctuaire presque aussi célèbre que celui de Delphes , mais qui ne rendait ses oracles que pendant l’hiver. Ptolémée Philadelplie, qui
agrandit beaucoup Patara , l’appela Arsinoë. On trouve aoj. beaucoup de tombeaux, et les ruines imposantes du grand théâtre, près de la baie de Kalamaki. C. P.
PATARINS, sectaires vaudois, ainsi nommés parce qu’ils n’admettaient point d’autre prière que le Pater ou oraison dominicale. Us étaient répandus au xne siècle dans le midi de la France et dans le nord de l’Italie. Leur nom fut aussi appliqué aux Albigeois.
PATAVIA, nom latin de Passau.
PATAYIUM, v. de la Gaule Cisalpine (Vénétie); auj. Padnue. On y parlait un latin corrompu , et Tite-Live, qui en était originaire, fut accusé de pa ta vint té.
PATAY, ch.-l. de cant. (Loiret), arr. et à 22 kil. N.-O. d'Orléans, près de la rive g. de la Loire; 1,152 hab. Fabr. de couvertures de laine. Comm. de grains. — Jeanne d’Arc et Dunois y défirent les Anglais, en 1429, et prirent Talbot, leur général.
PATCHACAMAC , l’Etre suprême chez les Péruviens. Son temple principal, situé dans une vallée près de Lima, fut démoli par les soldats de Pizarre, en 1533.
PATEL ( Pierre), peintre paysagiste, né en 1647, m. en 1708, est un des plus heureux imitateurs de Claude Lorrain. Son coloris a beaucoup de vérité, sa touche est ferme et brillante , mais avec un peu de sécheresse. Le musée du Louvre a plusieurs tableaux de lui.
PATELLE, Palella , plat en terre cuite, qui avait la forme et les dimensions d’une petite assiette, et sur lequel les anc. Romains offraient les libations solides ( V. Libations'), dans les sacrifices. 11 y avait aussi de grandes patelles en airain ou en argent. C. D — y.
PATENTER (Joachim), peintre flamand, né à Dinant vers 1487, membre de l’Académie d’Anvers en 1535, fut un de ceux qui donnèrent au paysage une existence indépendante : les sites champêtres n’avaient formé jusqu’alors que des fonds de tableaux. Sa manière de copier la nature rappelle beaucoup celle de Hemling ; il anime ses compositions de petits personnages bien exécutés. Dans les huit morceaux de Patenier que possède la galerie de Vienne, quelques-uns ont une rare beauté. Outre les paysages , il a peint quelques tableaux de grande dimension. Le musée de Munich a de lui un Jésus-Christ baptisé dans le Jourdain. A. M.
PATENTES (Lettres). V. Lettres.
PATERCULUS (Velléius). V. Velléius.
PATÈRE , Paiera , coupe d’airain ou d’or, à large ouverture, dont les anc. Romains se servaient pour faire des libations sur la tête des victimes dans les sacrifices. Elle était peu profonde et souvent à 2 anses. Il y en avait qui servaient à recevoir le sang des victimes pendant leur égorgement ; celles-ci étaient ordinairement d’airain, souvent de terre cuite, et munies d’un manche servant de poignée. C. 1) — y.
PATERNA , v. d’Espagne (Grenade), à 33 kil. N.-E. d’Almeria ; 1,650 hab. Eaux minérales.
PATERNE (Saint), évêque de Vannes en 540, m. en 555. Fête, le 15 avril. — Moine de Sens, et martyr en 726. Fête, le 12 novembre.
paterne (saint-) , brg (Indre-et-Loire) , arr. et à 31 kil. N. de Tours, sur un affluent du Loir; 1,957 hab. Exploit, de pierres de taille; fabr. de toiles de chanvre.
paterne (saint-), ch -1. de cant. (Sarthe), arr. et à 24 kil. O.-N.-O. de Mamers; 227 hab.
PATERNO, anc. Uybta Major , v. de Sicile, sur le versant S. de l’Etna, à 20 kil. N.-O. de Catane; 14,467 hab.
PATERSON. V. Patterson.
PATHMOS ou PATMOS, auj. Palmosa, île de la Turquie d’Asie, dans la Méditerranée, la plus septentrionale des Sporades , à 48 kil. de la côte d’Anatolie, au S. de Samos; 16 kil. sur 8 ; 4,000 hab. Ch.-l. St-Jean-de-Palhmos, autour du couvent du même nom , bâti sur Remplacement de la grotte où S1 Jean écrivit V Apocalypse. V. Guérin, Description de l’ile de Patmos et de V ile de Samos, Paris, 1856, in-H°.
PATHYSSUS, nom anc. de la Theiss.
PATIN (Gui) , médecin , né en 1601 à La Place, commune de Hodenc (en Bray ) , près de Beauvais, m. en 1672, vint étudier la médecine à Paris, puis l’y exerça, et la professa avec beaucoup de talent, bien qu’il s'en tint, pour le fond , à la médecine grecque et romaine. Il fut deux fois doyen de la Faculté de Paris , et se rendit célèbre par les luttes qu’il soutint contre les partisans de l’antimoine et du quinquina, mais surtout par ses relations avec les principaux savants de l’Europe, son vaste savoir, et son esprit satirique jusqu’à la causticité. Il a laissé quelques écrits en français sur la médecine , et des Eloges en latin , langue qu’il parlait avec beaucoup d’élégance ;
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mais auj. il est principalement connu par un choix de Lettres familières, imprimées depuis sa mort, et qu’i! n’avait pas écrites pour le public, recueil aussi précieux qu’original , où domine une bile de philosophe très-indépendant; tableau véridique et passionné de la société où vivait l'auteur. Le style en est incorrect, parfois bizarre, farci de latin, langue dans laquelle le docte écrivain aime à exprimer sa pensée ou ses plaisanteries; on n’y trouve ni charme ni talent de narration. La meilleure édition de ces Lettres est celle qu’a publiée Reveillé-Parise, Paris, 1846, 3 vol. in-8°. Bayle a donné, sous le titre de Paliniana , 1703 , in-12 , un recueil de bons mots de G. Patin.
patin (Charles), 2e fils du précédent, né àParisen 1633, m. en 1693, fut aussi médecin. Obligé de fuir et condamné aux galères par contumace, pour avoir, dit-on , distribué quelques exemplaires d’un libelle licencieux que Colbert l’avait chargé de supprimer, il voyagea en Allemagne, puis# accepta, en 1677, une chaire de médecine à Padoue. Il est surtout connu comme antiquaire. On a de lui , entre autres ouvrages encore estimés : Familiæ romance ex antiquis numismatibus , Paris, 1663, in-fol. ; Introduction à l'histoire par la connaissance des médailles, ibid. , 1665, in-12; Imperalorum romanorum numismata, Strasbourg, 1671; Prnlica delle medaglie , Venise , 1673; Suetonius ex numismatibus illustratus , Bâle, 1675, in-4° ; Thésaurus numisrnalutn à Petro Mauroceno collectorum , Venise, 1684, in-4°; Commentant in monumenla antiqua Murcellina , Padoue, 1688; Thésaurus numismatum è musœo Caroli Palini , 1672 , in-4°.
PATISSON (Mamert), habile imprimeur, né àOrléans , m. à Paris où il était établi, en 1600, avait épousé la veuve d’un des fils de Robert Estienne 1er, s’était ensuite associé avec Robert Estienne II , son beau-^rère , et était enfin demeuré seul maître de l’imprimerie. Il a donné des éditions delà Vénerie d'Oppian , 1575, in-4u ; des UE livres de Scévole de Sainle-Marllie ; de Joseph Scaliger, de Emendatione temporum , 1583, in-fol. Ses éditions sont correctes , ses caractères sont beaux, et son papier bon. C. N.
PATKUL (Jean-Reinhold ) , né dans une prison de Stockholm en 1660 , m. en 1707 à Kazimiercz en Pologne , entra au service de la Suède en qualité de capitaine , et fit artie , en 1689 , d’une députation chargée de défendre les roits de la Livonie , sa patrie , sur laquelle l’autorité absolue de Charles XI pesait cruellement. Ne pouvant aracher son pays à l’oppression, il tenta, à l’avénement de Charles XII, de joindre la Livonie à la Russie ou à la Pologne. Il échoua, fut condamné à mort, s’enfuit, parcourut l'Europe , et , en 1698 , vint en Saxe , où l'électeur Auguste II le fit conseiller intime. Pierre le Grand l’attacha ensuite à son service, le nomma ministre plénipotentiaire de Moscovie en Saxe, et lieutenant-général. Auguste II , voulant se concilier Charles XII , lui livra Patkul , qui fut roué et écartelé. Pl.
PATMOS. V. Pathmos.
PATNA , v. forte de l’Hindoustan anglais, sur la rive dr du Gange, capit. du Baliar, dans la présidence et à 480 kil. N. -O. de Calcutta ; par 25° 37’ lat. N., et 82° 25’ long. E.; 300,000 hab., dont un tiers environ d’Européens. Très-mal bâtie. Grand commerce d’opium et de salpêtre, riz, sucre, indigo. Cette ville occupe peut-être l’emplacement de l’anc. Pulibolhra. Prise par les Musulmans au xme siècle, rentrée plus tard sous la dominatiou du Bengale, elle tomba en 1763 au pouvoir des Anglais, qui y étaient déjà établis depuis plus de cent ans.
PATOS (Lac ou lagune de Los), lagune du Brésil, le long de la côte de la prov. de Rio-Grande-do-Sul , près de l’océan Atlantique. Elle communique à la lagune de Mirim par le San-Gonçalo, et à l’Atlantique par le Rio-Grande.
PATOL’ILLET (Louis), jésuite, né à Dijon en 1699, m. en 1779, eut une grande part à la composition des Lettres édifiantes et curieuses, Paris, 32 vol. in-12, et publia encore : Histoire de Cartouche, Avignon, 1733, in-12; Histoire du pélagianisme, 1767, in-12. Il s'attira les sarcasmes de Voltaire par des attaques contre les philosophes et les incrédules.
PATRAS, anc. Aroe, puis Palræ , v. du N. -O. de l’Aehaie, à l’entrée du golfe de Corinthe, tirât*: so i nom de Patreus, un des chefs Achéeus qui expulsèrent les ioniens de ce pays. Prise par les Péloponésiens , auxquels ell offrait une place d'armes pour surveiller les côtes oppo- ) sées de l'Etoffe, elle fut occupée au même tit-c par les rois de Macédoine, successeurs d’Alexandre. En 281, elle conclut un traité d’alliance avec les trois villes achéennes ! de Dymé, l'ritoea, Pharæ. Sous Auguste, elle reçut les t droits de colonie romaine, et s’appela Colonia Au:iusta Aroe Patremis . elle renfermait des temples de Diane Laphria, <
de Minerve Panachais, de Jupiter Olympien , de Diane Limnatis, de Némésis et de Vénus, de Bacchus Calydonien, de Neptune et de Cérès; il en reste auj. peu de ruines. Après avoir fait partie de l’empire grec, de la principauté d’Achaïe et des possessions de Venise à la suite de la 4e croisade, elle fut soumise aux Turcs. Reconquise par les Grecs en 1823, elle demeura au nouveau royaume de Grèce; elle est le ch.-l. du nome d’Aehaïe et d’Elide, et de l’éparchie d’Achaie, à 163 kil. O. d’Athènes. Trib. de commerce; 27,000 hab. Bon port, très-fréqueuté; chantiers de construction. Fabr. de sue de réglisse, savon, potasse; filât, de coton; tanneries, connu, considérable de raisins secs dits de Corinthe, de vins, grenades, citrons, et oranges.
patiias (Golfe de), golfe de 30 kil. sur 22, qui met en communication la mer Ionienne et le golfe de Lépante.
PATRAT (Père), Pater Puhatus , membre du collège des féciaux (F. ce mot), choisi par le chef fécial pour aller en légation. Il fallait que son père fût encore vivant, et que lui-même eût des enfants. Le nom de putrat venait de patrare, accomplir, parce que c'était lui qui accomplissait toutes les formalités requises pour les actes de la légation. C. D — v.
PATRIA, Linterna palus, lac du royaume d’Italie (Prov. de Caserta ), à 23 kil. N.- O. de Naples ; 7 kil. sur 3. Près de là était la villa de Scipion l’Africain , détruite par les Vandales en 455 ; on voit encore le tombeau de cet illustre Romain.
PATRIARCHES. Ce mot signifie en grec chefs de famille; il désigne : 1° les anciens Pères qui ont vécu principalement avant Moïse, comme Adam, Seth, Enos,Caïnan, Jared , Hénoch, Mathusalem, Lamech, Noé, Sein, tléber, Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils; 2° les chefs spirituels élus, après la ruine de Jérusalem, par les Juifs restés en Palestine; 3° les évêques des premières églises d’Orient , comme Antioche, Alexandrie, Jérusalem , Constantinople ; et aussi les principaux fondateurs des ordres religieux : S1 Basile, S1 Benoit , S1 Augustin , etc. L’archevêque de Trêves fut jadis qualifié Patriarche des Gaules. Les Maronites, les Jacobites, les Nestoriens, les Arméniens, les Grecs, ont aussi des patriarches. Il en existe un en Portugal, celui de Lisbonne, et en Espagne un patriarche des Indes, en même temps grand aumônier et vicaire g-énéral de l’armée et de la flotte ; deux en Russie : l’un à Moscou, l’autre à Kiew.
PATRICE ou PATRICK (Saint), apôtre de l’Irlande, né en Ecosse en 372, m. vers 464, passa vers 431 dans l’ile A'Erin, où il prêcha la foi chrétienne, et devint le premier évêque de l'église métropolitaine d’Armagh. Ce qu’on appelle le Purgatoire de St Patrice est une caverne située dans la dépendance d’un monastère de l’Ultonie (Irlande), et où les peines de l’enfer étaient représentées. St Patrice a écrit sa vie sous le titre de Confession, publiées à Londres par Jacq. Ware, en 1658; on les trouve aussi dans la Bibliothèque des Pères. Fête, le 17 mars. D— t — n.
PAT RIO ES , nobles créés par Constantin, vers l’an 315, pour remplacer la race éteinte des patriciens du Haut- Empire. Ce patriciat était une distinction personnelle et point héréditaire, que l'empereur accordait à ceux qu’il voulait honorer. Les patrices jouissaient de la prééminence sur tous les grands officiers de l’Etat , et de leurs entrées libres chez l'Empereur, tous les jours et à toute heure; ils ne le cédaient qu’aux consuls. Le rang de patriefe se donnait d’ordinaire aux ministres et aux courtisans, et bien que ce nom fût exactement le même que celui des anciens patriciens, l’ignorance ou la flatterie le dénatura, et lui créa la signification de pères adoptifs de l’Empereur et de la république. Les empereurs choisissaient dans ce corps privilégié les gouverneurs des provinces lointaines; lorsque Justinien eut reconquis l’Italie et l’Afrique, il y envoya un magistrat suprême, qu’on nommait indifféremment exarque ou patrice. Apres la ruine de l’empire d’Occident et la perte de l’exarchat , le sénat et le peuple romain , profitant de l’ombre d'indépendance . qui leur restait, revêtirent successivement Charles Martel et sa postérité du titre de patrice de Rome. C’étaient des.
| protecteurs qu’ils voulaient s’assurer. Lorsque Cliarle- 1 magne eut anéanti le royaume des Lombards, le pape Adrien Ier lui donna le titre de patrice, sous lequel il gouverna Rome en souverain , avant d’être proclamé empereur. Il y eut aussi des patrices dans les Gaules, particuliérement dans le Languedoc et la Bourgogne : cette dignité disparut lors de la conquête du pays par les Francs. C. D — r.
PATRICIENS, Patririi, premier ordre du peuple chez les anc. Romaius.Leur institution remontait à l’origine de
PAT
PAU
Rome : ils furent, dit-on , les sénateurs de Romulus, qui , pris parmi les vieillards, étaient appelés pères ( paires ) , d’où l’on dériva le nom de patriciens. Leurs descendants conservèrent cette qualité, même sans être sénateurs. Les patriciens firent de l’Etat de Rome, après l’expulsion des rois, une république aristocratique: ils établirent que, dans leur ordre seul, le peuple élirait les consuls, que, seuls, ils pourraient être augures et pontifes; ils réunirent ainsi le pouvoir politique par la sénatorerie, le pouvoir exécutif par le consulat, et le pouvoir religieux par le pontificat et l'augurat. Enfin , pour mieux assurer leurs privilèges, ils se constituèrent en caste à part, en interdisant, par des lois, les mari aces entre familles plébéiennes et races patriciennes. Cependant la plèbe, appuyée par ses tribuns, réclama l’égalité des droits; au commencement du ive siècle, l’interdiction sur les mariages disparut , et, à la fin du ve siècle, les patriciens furent obligés de reconnaître les plébéiens admissibles aux grandes magistratures, comme eux-mêmes. ( V. Augures, Consuls, Pontifes |. Le patriciat, étant une sorte de noblesse héréditaire, tendait, comme toute noblesse, à s’éteindre progressivement ; pour parer à cette destruction d'un corps politique aussi important dans la constitution romaine, on créait de temps en temps des patriciens, qui recevaient cette dignité avec droit de transmission à leurs descendants. Les choix se faisaient dans le sénat , ou en nommant sénateurs les nouveaux élus. Sous la monarchie, les rois élisaient les patriciens ; sous la république, c’étaient les comices par centuries, sur la proposition des consuls ; et, sous l’Empire, les empereurs. César, Auguste, Claude, et Vespasien, firent de ces promotions. Cependant, par l’effet des révolutions , par la cruauté des tyrans, la race patricienne s’amoindrit de plus en plus; et puis, à côté du pouvoir impérial , elle avait cessé d’être nécessaire : elle finit par se perdre à peu près, et devint, sous Constantin, une noblesse non héréditaire, dont les membres furent appelés patiices ( V. ce mot). C. D — Y.
PATKIMES , Palrimi , jeunes enfants, issus de mariages patriciens, dans l'anc. Rome, et ayant encore leur père et leur mère. Dans les pompes nuptiales, 3 patrimes accompagnaient l’épouse conduite chez son époux : deux la tenaient chacun par une main, et le 3e portait devant elle une torche d’épine blanche. C. D — y.
PATRIMOINE DE SAINT-PIERRE, anc. prov. des Etats de l’Eglise; ch.-l. Vilerbe ; entre l’Orviétan au N., l’Ombrie et la Sabine à l’E., la Campagne de Rome au S.-E., la mer Tyrrhénienne au S.- O., et la Toscane au N.-O. C'était en grande partie le domaine allodial de la comtesse Mathilde, qui en fit donation au saint-siège. Il répond anj. à la délégation de Civita-Vecchia, au S. de celle de Viterbe, et au N.-O. de la Comarca de Rome.
PATRIN (Eugène-Louis-Melchiorl, minéralogiste, né à Lyon en 1742, m. en 1815, voyagea dix ans en Europe et en Asie, siégea à la Convention, où il vota le bannissement de Louis XVI. Il fut correspondant de l’Institut. On a de lui, outre des articles dans le Journal de physique et les Annales des mines, llelalion d'un voyage aux monts Altaï, Sl-Pétersbourg, 1783, in -8°; Histoire naturelle des minéraux, Paris 1801 , 5 vol. in-18.
PATRIZZI (François), philosophe platonicien, né en 1529 dans l’ile de Cherso, m. en 1597, professa la philosophie à Ferrare, à Padoue, 1578, et à Rome, et combattit avec acharnement les doctrines d’Aristote. Il s’est aussi fait connaître comme géomètre , historien , orateur et poëte. On lui doit : Delta storia dieci diuloghi, Venise, 1560, in-4», ouvrage traduit en latin dans le Melhodus historicus de Bodin , Bâle, 1576, in-8° ; la Milizia romana di Polibio , di Livio e di Dionisio Alicamasseo, Ferrare, 1583, in-4°, inséré en latin dans le Thésaurus antiquilatum romanaruin de Glrævius, t. x; Paralleli mili tares , Rome, 1594-95 , 2 vol. in-fol.; Procli elementa theologica et physica latine reddita, Ferrare, 1583, in-4®; Délia Poelica, ibid., 1586, in-4®; Discussioncs peripateticœ , Bâle, 1581, in-fol.; Nova de universis philosophia, Ferrare, 1591, in-fol., édition, avec traduction latine, des écrits attribués à Zoroastre, Hermès Trismégiste et Asclépias.
i PATROCLE , un des prétendants d’Hélène et ami d’Achille, qu’il suivit au siège de Troie, était fils de Mcnèee, roi de Locride. Quand Achille, insulté par Agamemnou, se retira sous sa tente et refusa de combattre, Patrocle se couvrit des armes du héros pour inspirer la terreur aux Troyens, eut d’abord quelque succès, mais fut bientôt vaincu et tué par Hector. Achille le vengea dans le sang du vainqueur, et lui fit de magnifiques funérailles. On voyait son tombeau, auprès de celui d'Achille, sur le promontoire de Sigcc.
PATRON, Patronus , citoyen romain d’origine, dans l'anc. Rome, homme influent, protecteur d’un nombre indéterminé de citoyens de médiocre ou de petite condition, attachés à lui sous le nom de clients ( V. ce mot). On attribue l’institution des patrons à Romulus, qui voulut en faire les protecteurs des plébéiens, pour les assister en justice, et les aider de leur bourse. Le nom de patron était dérivé de pater, père. Sous la république, les clients pouvant influer sur les comices par leurs suffrages, les patrons les traitaient assez bien; mais sous les empereurs les comices n’étant plus libres, les patrons regardaient leurs clients presque comme des esclaves. Les patrons ora>teurs ou jurisconsultes avaient de riches clients qui étaient leurs égaux, et qu’alors ils traitaient avec tous les égards dus à leur position sociale. Les grands citoyens de Rome exerçaient aussi le patronage vis-à-vis de villes ou de peuples d’Italie, de provinces étrangères, et même de rois alliés de Rome. — Patron au moyen âge. On nommait ainsi celui ou ceux qui, avec le consentement de l’évêque, avaient fondé ou doté une église. Cet acte de piété assurait aux patrons des droits honorifiques, consistant à occuper la lre place dans l’église et aux processions , à avoir au prône des prières nominales; à présenter à l’évêque un ecclésiastique pour occuper un bénéfice vacant. D'une autre part, il leur imposait les droits onéreux de curateur de l’église, pour en défendre tous les droits, et de soutien des pauvres. C. D — y.
PATRONA KALIL, Albanais, d’abord soldat de marine, puis janissaire , se mit à la tête de l’insurrection qui renversa le sultan Achmet III en 1730, montra beaucoup d’insolence à l’égard de Mahmoud 1er, et fut égorgé par ses ordres dans la salle du divan.
PATRONOMES, magistrats que le roi Cléomène institua à Sparte pour remplacer les Ephores.
PATRU (Olivier), né à Paris en 1604, d’un procureur au parlement, m. en 1681, embrassa la carrière du barreau, où, malgré le désavantage de son extérieur et la faiblesse de sa voix, il eut des succès éclatants. D'une diction correcte et élégante, il purgea en partie l’éloquence des vices qui la déshonoraient, se retira de bonne heure pour se livrer exclusivement à la littérature, s’efforça de polir la prose française, entra en 1640 à l’Académie française, où il introduisit l’usage des discours de remerciement, et vécut pauvre. Dans la Fronde, il suivit le parti du cardinal de Retz. On a recueilli de lui des plaidoyers estimables, des factums qui lui valurent une grande réputation, auj. bien déchue, de judicieuses remarques sur notre langue, des lettres, etc. La meilleure édition de ses œuvres est celle de Paris, 1732, 2 vol. in-4°. Les écrivains les plus distingués consultaient Patru , et recherchaient son suffrage : son goût néanmoins était faussé par les préjugés du temps; il admira d’Urfé et d’Aubiguae, tandis qu’il voulut détourner La Fontaine de faire des Fables, et Boileau de composer l 'Art poétique. J. T.
PATTALÈNE. V. Patalène.
PATTAN , v. forte de l’Hindoustan (Népaul), à 2 kil. S. de Catmaudou, dont elle est séparée par le Bagmotty ;
PATTE (Pierre), architecte, né à Paris en 1723, m. en 1814, écrivît sur son art plus qu’il n’exécuta. On a de lui : Mémoire sur la construction de la coupole projetée pour couronner l'église de Sle-Geneviève , Paris, 1770, in-12, critique des plans de Soufflot; Monuments érigés en France en l'honneur de Louis XV, 1765, in-fol., fig.; Traité de la construction des bâtiments, 3 vol. in-8°, faisant suite au Cours d' architecture civile de Blondel ; Etudes ^architecture, 1755, in-fol., et 20 pl. Il a dirigé au début les dessins et gravures de V Encyclopédie , publié les Mémoires de Ch. Per rault, et les OEuvres d'architecture de Boffrand II bâtit à Paris l'hôtel de Charost, dirigea la constructioL d’une partie du palais du duc de Deux-Ponts, et celle du château de Jaresbourg, dessiné sur le modèle de Trianon.
PATTERSON , v. des Etats-Unis (New-Jersey), sur la Passaic, à 27 kil. N. de New-York; 19,6-00 hab. Manuf. considérables de coton, laines , soie ; papeteries. Chemin de fer pour Jersey. — Fondée en 1791.
PaTTI, v. de Sicile, sur la côte N., à 75 kil. E. de Messine; 6,930 hab. Evêché. Riche abbaye fondée par le roi Roger.
PATTIALAH. F. Sirtitnd.
PATURAGES, v. de Belgique (Ilainaut), à 9 kil.S.-O. de Mons; 6,591 hab. Exploit, de houille; fabr. de machines à vapeur.
PATZAU, brg des États autrichiens (Bohême), à 25 kil. E.-N.-E. deTabor; 2,600 hab. Draps.
PAU, Palum, ch.-l. du département des Basses-Pyré-
PAU
PAU
nées, à 757 kil. S.- O. de Paris, sur la rive dr. du Gave de Pau; par 43° 17’ 44" lat. N. et 2® 42' 48” long;. O. ; 17,865 hab. Cour impériale, tribunaux de lre instance et de commerce, lycée, école normale primaire, bibliothèque; archives du Béarn dans l’hôtel de la Préfecture ; société des sciences, lettres et arts ; société d’agriculture; musée; dépôt d'étalons. Au Xe siècle , un vicomte de Béarn choisit ce lieu pour y élever un château-fort; trois pieux (paüs) servirent à marquer les limites du terrain : de là vient le nom de la ville , qui se forma autour du château , et les trois pieux se retrouvèrent dans ses armes. Au xive siècle , Gaston-Phœbus de Foix fit construire le château qui maintenant encore domine la ville, et Pau devint la capitale du Béarn. Ce fut dans ce château, agrandi et embelli au xvi® siècle, que naquit Henri IV, à qui l'on a élevé, en 1843, sur la place Royale, une statue en marbre blanc. En 1620, le Béarn fut réuni à la France, et un parlement fut établi à Pau. Louis XIV y établit une Université. C’est une jolie ville, bien bâtie, et dans une situation admirable; de son parc et de plusieurs points de la ville, on domine de belles et fertiles vallées que forme à l’horizon la chaîne des Pyrénées, dont on aperçoit quelques-uns des sommets les plus élevés couronnés de neiges éternelles ; la salubrité du climat et la beauté de la situation ont engagé beaucoup d’étrangers à y fixer leur résidence. Le château a été restauré par le roi Louis-Philippe Ier; on y remarque particulièrement de très- belles tapisseries de diverses époques, et la carapace de tortue qui servit de berceau à Henri IV. Patiie du maréchal Gassion et de Bernadette. Fabr. de toiles de fil, linge de table, tapis de table et de pied, coutellerie. Commerce de vins de Jurançon, jambons dits de Bayonne, marrons excellents, marbres, mouchoirs, chevaux, mulets, etc.
PAU (Gave de). V. gave.
PAUCTON ( Alexis- Jean -Pierre ) , mathématicien, né dans le Maine en 1732 ou 1736, m. en 1798, correspondant de l’Institut , enseigna à Strasbourg. On a de lui : Théorie de la vis d'Archimède, Paris, 1768; Métrologie, ou Traité des mesures, poids et monnaies des anciens peuples et des modernes, 1780, in-4°, ouvrage capital, qui bien qu’un peu arriéré anj. sur plusieurs points, n’en a pas moins servi de modèle, et souvent de guide, à tous ceux publiés depuis sur la même matière ; Théorie des lois de la nature, ou la Science des causes et des effets , 1781 , in-8®.
PAU1LLAC, Pauliacus, ch.-l. de caut. (Gironde), arr. età 21 kil. S. E. deLesparre, 42 N.-N.-O. de Bordeaux, sur la rive g. de la Gironde, port important; 1,824 hab. Entrepôt du commerce de Bordeaux; exportation de vins du pays. — Sur son territoire se trouvent les vignobles renommés de Branne, Laffitte, Latour, etc.
PAUL (Saint), surnommé l 'Apôtre des Gentils, était né à Tarse, en Cilicie , l’an 2 de J.-C., d’une famille juive de la tribu de Benjamin, et s’appelait primitivement Saul. Elevé à Jérusalem dans les principes du pharisaisme, il y puisa contre les premiers chrétiens une haine violente, qu’il manifesta par de cruelles persécutions. Mais averti par une voix du ciel , un jour qu'il se vendait à Damas, il se convertit, et reçut le baptême. La religion, dont il avait été l’adversaire, trouva en lui un ardent propagateur, et il alla prêcher l'Evangile à Jérusalem, à Césarée et à Antioche , puis à Chypre et à Paphos , où il convertit le proconsul Sergius Paulus, dont il prit, dit-on, le nom. Poursuivi par la haine des Juifs , il n’en continua pas moins ses prédications, et, à Jérusalem , où il avait été député par les fidèles d'Antioche, il fit prévaloir son opinion sur celle de S1 Pierre, dans la question relative à la manière dont les Juifs convertis devaient observer les cérémonies légales de leur ancienne religion. De là S1 Paul parcourut, avec son compagnon Silas, les diverses provinces de l’Asie- Mineure, et passa ensuite à A thè es, où il parla devant l'Aréopage avec une éloquence dont l’antiquité grecque n’avait pas connu le secret. A son retour à Jérusalem, en 68 , il fut arrêté , retenu deux ans prisonnier par le gouverneur Félix, puis, sur sa demande , envoyé à Rome pour y être jugé par l’empereur. Malgré l'accusation dont les Juifs l'avaient chargé, et dont il fut absous, il put librement prêcher dans la villedes Césars, où, après undcrnier voyage en Asie , il revint propager la foi. Emprisonné par ordre de Néron, l’apôtre fut condamné à avoirla tête tranchée, et subit son martyre le 29 juin 66. Ses restes furent enterrés sur le chemin d'Ostie, et transportés ensuite dans la crypte de l’église S1 -Pierre de Rome. On célèbre sa fête le 29 juin , et sa conversion le 25 janvier. S1 Paul a laissé 14 B/èlres canoniques adressées aux fideles des différentes Eglises, et dans lesquelles la puissance du raisonnement, la sagèsse-dea prescriptions s’allie à un inaltérable esprit
de charité. S* Augustin le regarde comme celui des apôtres qui a écrit avec le plus d'étendue, de profondeur et de lumières, et Bossuet disait que, si toutes les preuves du christianisme disparaissaient, les Epitres de 6‘ Paul l’y
tiendraient constamment attaché. D t R.
Paul (Saint) l’anachorète, regardé comme le fondateur de la vie monastique en Orient, naquit dans la Haute- Egypte, vers 229. Voulant éviter la persécution de Décius,. il s’enfuit, à 22 ans, dans le désert, où il n’eut pour abri qu’une caverne, et pour nourriture que les fruits de quelques palmiers. Il vécut ainsi, au milieu des macérations et des prières, jusqu’à l’âge de 113 ans, et S1 Antoine, qui était venu recueillir son corps, lui donna la sépulture. Sa Vie a été écrite par S1 Jérôme et S1 Athanase. Fête, le 15 janvier. D— t— u.
paul (Saint), né à Thessalonique, fut élevé au siège de Constantinople en 340; mais s’étant attiréla haine de l'empereur Constance par son zèle à défendre l’orthodoxie de la foi contre l'arianisme, il fut exilé, et renfermé dans un antre du mont Taurus, où ses ennemis le mirent à mort vers l’an 350. D — t— r.
paul (Ermites de S1), établis au xni* siècle, par suite de la réunion des ermites de S‘-Jacques et de Pisilie, choisirent pour patron S1 Paul l’Anachorète. Leur ordre, qui fut très-répandu en Allemagne et en Pologne, mais qui n avait qu’un seul couvent en France, ne possède plus anj. qu’une maison en Portugal. Ils soignaient les malades, présidaient aux funérailles, et comme ils portaient l’image d’une tête de mort sur leur scapulaire, on les appelait les Frères de la mort. Avant de se mettre à table, ils baisaient une tête de mort, et la plaçaient à côté d’eux en mangeant. Dans quelques villes, ils ont été remplacés par des Pénitents séculiers ou Confrères de la croix.
paul, Julius Paulus, jurisconsulte romain du ni® siècle de l’cre chrétienne, né à Padoue ou à Tyr, fut le vival de Papinien. Il jouit de la faveur de Septime-Sévère et de Caracalla, et, sous Alexandre-Sévère, devint préfet du prétoire après Ulpien. Il eut une très -grande réputation, et fut le plus fécond des jurisconsultes romains; mais,, de ses nombreux écrits, il ne reste que des fragments cités dans le Digeste, et un petit recueil intitulé : Senlentinrum receptarum libri v, qui renferme les éléments du droit romain suivant l’ordre de l’Edit perpétuel.
paul i" (Saint), pape de 757 à 767, succéda à Etienne IL On a de lui 22 Lettres.
paul n, Vénitien, neveu d’Eugène IV, pape de 1464 à 1471. Comme Rie 11, il chercha partout, même en l’erse, des ennemis aux Turcs; mais il entrava lui-même ses projets de croisade, en détournant les armes de Matnias Corvin sur les Hussites et le roi de Bohême, l’odiébrad, 1468. 11 bâtit à Rome le palais de Venise. C’est Paul II qui, en 1469, confirma à Louis XI et à ses successeurs le titre de fils aîné de l’Eglise, qu’on donnait depuis longtemps aux rois de France. R.
paul m (Alexandre Farnèse), Romain, né en 1466,, pape de 1534 à 1549, chercha à arrêter les invas ons des Turcs et les progrès de l’hérésie. Il effectua contre les uns une alliance avec Charles-Quint et Venise, et, dans l’espoir d’y joindre François 1er, fit signer la trêve de Nice entre lui et l’empereur, 1538. 11 opposa à l'autre 1 Institut des Jésuites, 1540, le concile de Trente, 1545. Bientôt cependant, craignant que Charles-Quint, délivré de toute opposition en Allemagne, ne devint encore plus complètement le maître de l'Italie, et qu’il n’imposât ses volon tés au concile, il transféra cette assemblée à Bologne, et rappela les troupes pontificales, 1547. Paul III avait été marié avant d’entrer dans les ordres, et des malheurs de famille affligèrent sesdernières années: l’assassinat, 1547, de son fils Pierre, qu'il avait fait duc de Parme et de Plaisance en 1545, et la révolte d'Octave, son petit-fils, dépossédé de la seconde par Charles-Quint, et de l'autre par Paul, qui la rattachait au saint- siège pour la protéger contre l'empereur. Ce pape est le premier auteur de la fameuse bulle In Ccena Domini ( V . Bulles.) R.
paul iv (Jean-Pierre CarafTa), napolitain, né en 1476, pape de 1555 à 1559. Evêque et cardinal, il avait déjà, en fondant l’ordre des Théatins, 1524, en faisant établir à Rome, 1542, un tribunal suprême de l’Inquisition, à la place de l'ancienne Inquisition dominicaine en décadence, en défendantan concile de Trente les saines doctrines catholiques, travaillé avec une ardente énergie à la réforme de l'Eglise, au maintien de la foi et à la répression sévère de l’hérésie. Arrivé au saint- siège, il joignit à de nouveaux efforts dans le même sens le projet d détruire en Italie la domination espagnole, qu’il avait toujoursidétestée : il fit, eu 1555, avec Henri II, roi de France, un
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traité pour la conquête du royaume de Naples, et appela le duc de Guise; mais le seul résultat fut la dévastation et la perte momentanée d'une partie des Etats pontificaux, 1556-57. Ou lui attribue l’institution de la congrégation de V Index. K.
PAUL v (Camille Borghèse), Romain de naissance, mais originaire de Sienne, pape de 1605 à 1621. Il donna la dernière forme à la fameuse bulle In Cana Domiui, condamna le serment d'allèt/cnnce {V. ce mut) exigé des catholiques en Angleterre, 1606, et entra avec Venise, au sujet des privilèges du clergé, dans une lutte qui se termina à l’avantage du pontife par la médiation d’Henri ]V, 1605- 1607. Il arrêta en 1607 les querelles des Molinistes et des Thomistes sur la grâce, mais sans se prononcer encore, et en défendant seulement aux deux partis de se censurer mutuellement. Rome lui doit, entre autres embellissements, raqueduc l’aola, long de 52 kilomètres. R.
Paul 1er pétkovitch, empereur de Russie, né en 1754, de la grande-duchesse Catherine (Catherine 11), m. en 1801, fut un objet d’aversion pour Pierre 111, qui ne voulait pas le reconnaître pour son fils. Après le meurtre de ce prince, 1762, il fut écarté du trône par Catherine, qui régna en son propre nom ; il mena une existence oisive et obscure, dont les seuls événements furent ses deux mariages avec une fille du landgrave de Hesse -Darmstadt, 1774, puis avec la princesse de Wurtemberg, nièce du grand Frédéric, 1776. 11 fit un fastueux voyage en Pologne, en Autriche, en Italie, en France, et en Hollande. Après la mort de sa mère, 1796, il fut enfin proclamé tzar. Se livrant alors à ses passions longtemps comprimées, il bouleversa l'Empire, destitua et exila les conseillers et les serviteurs de Catherine, changea l'uniforme des troupes, exigea que tous les sujets se prosternassent sur son passage, et, s’ils étaient en voiture, en descendissent pour lui rendre cette marque de respect; il punissait avec cruauté les plus petites infractions à ses ordonnances. Il porta la même violence aveugle dans sa politique extérieure : champion des vieux principes monarchiques, il entra dans la 2« coalition contre la France, et se proclama grandmaître de l’ordre de Malte ; puis, épris d’admira.tion pour le premier consul Bonaparte, il fit alliance avec lui, et chassa les Bourbons, qu’il avait d’abord accueillis avec des honneurs extraordinaires. Ses réformes, son despotisme bizarre, sa violence, suscitèrent plusieurs complots contre lui ; un de ces complots éclata dans la nuit du 23 mars 1801; les conjurés surprirent l'empereur dans son lit , où l’un lui brisa le crâne avec le pommeau de son épée, et l’autre lui serra le cou avec son écharpe. Son fils, Alexandre 1er, lui succéda.
paul de samosate , évêque de Samosate , sa patrie, puis patriarche d’Antioche en 260, nia la Trinité divine et la divinité de J.-C., fut combattu par le pape S1 Félix, condamné et excommunié au concile d’Antioche en 270. Ses partisans sont appelés Paulianisles.
paul le silentiaike , ainsi nommé de la charge qu’il exerça sous Justinien 1er dans le palais de Constantinople (F. Si LENT1 AIRE | , a écrit en vers grecs une Histoire de V église de Ste-Sophie, imprimée avec une traduction et des notes de Dueange dans V Histoire byzantine, Paris, 1670, in-fol.; des Epiyrammes et autres petits poèmes, insérés dans V Anthologie. Il fut le plus distingué des poètes du temps de Justinien; sa manière est prolixe, mais ne manque ni de grâce, ni de passion.
paul d’égine, médecin grec, né dans l ile d’Egine, tivait dans le vii" siècle de J.-C., étudia à Alexandrie avant la prise de cette ville par les Arabes , et fit de nombreux voyages. Il était habile chirurgien , et ses ouvrages sur cette partie de l’art passent pour supérieurs à ceux des autres anciens ; il est le premier qui se soit livré à la pratique obstétricale. En médecine, il a beaucoup pris dans ses prédécesseurs, dont il nous a conservé des fragments précieux , entre autres une lettre de Dioclès de Caryste. On a perdu deux ouvrages qu’il avait écrits sur les maladies des femmes et le régime des enfants. Ses oeuvres, telles qu’elles nous sont parvenues, sont divisées en 7 livres, dont le 6e, qui traite de la chirurgie, est le plus renommé et a été souvent publié seul. Elles se distinguent par la pureté de la diction , par une concision qui ne nuit en rien â la clarté. Paul a mis à profit Hippocrate, Celse, Galien, Arétée, mais en écrivain judicieux, substituant souvent à leur doctrine les résultats de ses propres travaux, conservant toujours pour guide sa propre expérience , et composant d’après un plan qui lui appartient. Des éditions grecques ont été publiées à Venise, 1528, et à Bâle, 1538, in-fol. On a des éditions latines par Albauus Torinus, Bâle, 1532, in-fol. ; par Guinterius,
Paris, 1534, in-fol.; par J. Cornarius, Bâle, 1556, in-fol. Le livre de la chirurgie seul a été publié en latin par B. Felicianus, Bâle, 1533, in-fol.; en français, par Toîet, Lyon, 1540, in- 12; par Dalechamps, avec de savants commentaires et des figures par Ambroise Paré et Jacques Roy. Lyon, 1570, et Paris, 1610. M. René Briau a publié Paul d’Egine, texte grec restitué et traduction, Paris, 1855 , in-8°. R. D.
paul warnefride, dit paul diacue, historien latin, né vers 740 à Cividale ( Forum Julii), étudia â l’avieu fut ordonné diacre à Aquilée , d’où son surnom de Diacre y devint secrétaire de Didier, roi des Lombards , vécut ensuite à la cour de Charlemagne, à celle du duc de Béné vent, et au monastère du mont Cassin, où il mourut et 801. On a de lui : une Histoire des Lombards, en 6 liv., utile et instructive; une Histoire mêlée, insérée, comm« la précédente, dans le t. 1er des Perum ilalicarum srriplores, en 24 li v. , dont les 10 premiers sont une amplification de l'Histoire romaine d’Eutrope, et les autres vont jusqu’à l'an 805, au moyen d’une continuation par Landulphus Sagax ; un abrégé très-mal fait de Festus, de Verborum siyvificatione | V. Festus|; une Chronique du mont Cassin, publiée en 1603; des hymnes, entre autres celle Ut queant Iaxis.
paul (Armand-Laurent, abbé), né à Sl-Chamas en 1740, m. à Lyon en 1809, fit partie de la société de Jésus, et enseigna les belles-lettres dans divers collèges de son ordre. On a de lui des traductions estimables, assez fidèles, de Velléius Palerculus, Florus, Justin, de morceaux choisis de TUe-Live, Cornélius Nepos, Phèdre , Sulpice Sévère , et Eutrope.
paul (S* Vincent de). F. Vincent.