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inférieures , sauva l’Angleterre de la commotion de 11148. Feel se retira des affaires peu de temps après son triomphe, et mourut inopinément d’ui:e chute de cheval. V Guizot, Robert Peel , Etude et Itistoire contemporaine, 1856, in-8». F — T.
PEELTOWN , v. d'Angleterre, dans l’ile de Man , port de commerce sur la côte O- , à 16 kil. de Douglas; 2,133 hah. employés à la pêche. Ruines d’un beau château féodal, d’une cathédrale et d'un palais épiscopal.
PEENE, riv. d’Allemagne, prend sa source dans le Meeklembourg , coule entre le Mecklembourg et la Poméranie , et se jette dans la mer Baltique près de Peenemünde (Prusse |. Cours de 100 kil. Navigable depuis Malchin. Affluents : la Tollensee et le Trebel.
PÉGASE , cheval ailé, né, selon la Fable, de Neptune et de Méduse, ou seulement du sang de Méduse, quand Persée lui eut tranché la tête. Ce héros le monta pour aller délivrer Andromède, et Bellérophon pour combattre la Chimèie. Pégase est aussi le symbole de l’essor poétique; d’un coup de pied , il fit jaillir de l’Hélicon la fontaine Hiproerène, où les poètes venaient puiser l’inspiration.
PEGAU , v. du royaume deSaxe, à 21 kil. S. de Leipzig, sur la rive g. de l’Elster; 4,245 hah. Toiles et cordonner e.
PEGÉES (du grec pègè. fontaine), nymphes des fontaines, les mêmes que les Crénées.
PEGMA , plancher mobile, dans les théâtres des anc. Romains, pour faire apparaître sur l’avant scène, à travers une trappe ouverte instantanément, un dieu ou un personnage qui était censé venir des Enfers , ou de dessous terre. C. D — y.
PEGNITZ , Pegnesus , riv. de Bavière , naît dans le cercle de Haute-Franconie, passe à Nuremberg, et se jette dans la Regnitz, â Furth. Cours de 110 kil. — De 1808 a 1810, il y eut un cercle de la Pegnitz, réparti iuj. dans ceux de Haute et Moyenne- Franconie. En 1611, une société des Bergers de la Pegmlz fut créée â Nuremberg pour le développement de la langue et de la littérature alleman les.
PÉGO, v. d’Espagne, dans la prov. et 56 kil. N. d'Alicante; 5,000 hab.
PÉGOdANOlE (du grec pègè, fontaine), divination d’apres l'inspection des fontaines, en observant soit les mouvements des pierres qu’on y jetait, soit les efforts de l’eau pour pénétrer dans des vases qu’on y plongeait.
PÉGU, PÉGOU ou BAGOU, v. de l’Inde anglaise au delà du Gange, capitale de l’ancien royaume de son nom dans l’empire birman, sur le Pégu, affluent de l’Iraouaddy ; par 17° 40’ lat. N., et 96° 12’ long. E., à 525 kil. S. d’Ümeraponra ; 7,000 hab. Rasée en 1757 par Alompra, empereur birman, qui y laissa la belle pyramide de Choumudnu (Dieu d’or), haute de plus de 100 mètres. Rebâtie en 1790, elle fut encore prise en 1824 par les Anglais. — La prov. actuelle de Pégou est bornée au N. par l’Araknn et l’Empire Birman, à l’E. par le Martaban, et, des autres côtés, par le golfe du Bengale; 89,815 kil. c irr.; 1,150,18!' hab. Soumis et réuni à l’Inde britannique en 1853 Climat très-chaud. Forêts de teks, peuplées de tigres et d’éléphants. Or, pierres précieuses; riz, thé. Cli.-L, Rangoun; villes princip. : Prome an N . liassent ou Persaim au S.
PEHLVI (Langue) , anc. idiome de la Médie. C’est la langue immédiatement antérieure au persan moderne.
PE1CHAOUER. V. Peschaouer.
PEIGNO T I Etienne-Gabriel ) , bibliographe, né en 1767 à Arc 1 Haute-Marne ) , m. en 1849, fut reçu avocat au parlement de Besançon en 1790 , fit partie de la garde constitutionnelle de Louis XVI en 1791-92 , devint successivement commissaire du département de la Haute-Saône, bibliothécaire à Vesoul, où il mit en ordre beaucoup de matériaux provenant de Luxeuil et autres monastères , directeur de l’école secondaire de Vesoul en 1803, inspec tenr de la librairie à Dijon en 1813, proviseur du collège royal de Dijon en 1815, enfin inspecteur de l’Académie. Ses principales publications sont : Manuel bibliographique , ou lissai sur les bibliothèques anciennes et modernes, 1800; Dictionnaire raisonné de bibliologie , 1802; Curiosités bibliographiques , 1804; Dictionnaire des livres condamnés au feu, Supprimés ou censurés, 1806; Dégerloire de bibliographies epéciules , 1810; Répertoire bibliographique universel, 1812; histoire du parchemin et du vélin , 1812; Précis historique des Pragmatiques , Concordats, etc., 1817; Recherches sur Voltaire, 1817; — sur La Harpe, 1820; Des comestibles et des oins de la Grèce et de l'Italie en usage chez les Romains, 1822; Manuel du bibliophile, ou Traité du choir des livres , 1823 , 2 vol. ; Recherches sur les Danses des morts et l'origine des cartes à louer, 1826; Essai chronologique sur les mœurs, Coutumes et usages de la Bourgogne, 1827 ; Documents... sur les dépenses de Louis XIV, 1827 ; Du luxe de Cléopâtre, 1828 ;
Choie de testaments remarquables , 1829, 2 vol. ; Recherches sur la personne de J.-C. , sur celle de Marie et sur sa famille , 1829 ; Eléments de morale , 1838 , 3 vol. ; Essai sur la liberté d'écrire, 1832; Recherches sur La Monnaye, 1832; Essai sur la reliure, 1833; Recherches sur T instrument de pénitence appelé la discipline, 1841; Sur le tombeau de Viigile au mont Pausitippe , 1840; Catalogue d'une partie de la bibliotlièiiue des ducs de Bourgogne au XVe siècle, 1841 , in-8° ; Predicutoriana , 1841 ; le Livre des singularités , 1841; Amusements philologiques , 1842, etc.
PE1-HO, riv. de Chine. V. Pay-ho.
PE1LA ou PE1LAU , v. des Etats prussiens (Silésie) près des sources de la Peila ; 4,000 hab. Fabr. de tissus de laine et de coton. Etablissement de Frères Moraves. Frédéric H v battit les Autrichiens, le 10 août 1762.
PEINA, v. de la Prusse (Hanovre', à 31 kil. N.-E. d’Ilildesheim; 3,000 hah. Maison de rléle tin” l-ntrepôt royal de fers. Comm. de fils, toiles, tabac, grains.
PE1POUS (Lac), en russe Tschoudskoé-Osero , lac de la Russie d’Europe, entre les gouvernements de Sl-Pétersbourg , de Pskov , de Riga, et de Revel ; 1 10 kil. sur 45. 11 communique avec le golfe de Riga par le Fellin , et avec celui de Finlande par la Narva. Très-poissonneux; fréquentes tempêtes. Il renferme plusieurs îles, entre antres Porka. Victoire navale des Russes sur les Suédois, en 1702.
PEIRESC (Nicolas-Claude Fabri, seigneur de ) , conseiller au parlement d’Aix , né au village de Beaugensier ( Provence! en 1580. m. à Aix en 1637. Quoiqu'il n’ait jamais rien publié lui-même , aucun homme ne rendit plus de services aux lettres. Bien digne d’être appelé par Bayle le procureur-général de la littérature, il encourageait les auteurs, leur fournissait des lumières et des matériaux, employait ses rev enus à faire acheter ou copier les monuments les plus rares et les plus utiles, et les communiquait aux savants. Scaliger, Saumaise, Holstenius, Kircher, Mersenne, Grotius, Valois, etc., eurent part à ses libéralités. Il avait un goût particulier pour les objets d’art et d’antiquité , pour l’histoire naturelle , les mathématiques et l’astronomie. Quelques-unes de ces sciences lui sont redevables d’importantes découvertes. Il forma de grandes collections de médailles , d’inscriptions et d’histoire naturelle. Ce fut lui qui expliqua que les pluies de sang sont produites pai les sécrétions des papillons dans la chrysalide. Avant Cuvier, il affirma que les ossements fossiles , regardés comme des os de géants, sont des os d’animaux connus. Il importa en France l’espèce des chats angoras, le jasmin d’Inde, celui d’Amérique, le lilas de Perse, le laurier rose , le myrte à fleurs pleines , la nèfle, etc. Sou commerce de lettres embrassait toutes les parties du monde. Sa mort fut pleurée par une foule de poètes, et en 40 langues différentes par les Humoristes de Rome. Le 10e vol. des Mémoires de littérature du P. Desmolets contient une dissertation de Peiresc sur un trépied ancien. M. Boissonade a publié les Lettres de Peiresc à Holstenius dans le recueil intitulé : Holstenii epistolœ ad diversos, Paris, 1819, in-H» ; sa Vie a été écrite en latin par Gassendi, Paris, 1641, in-4®, Qnedlimbourg, 1708, iu-12, et traduite en français par Reqnier. C. N.
PElsKRETSCHAM, v. des Etats prussiens (Silésie), à 52 kil. S,-E. d’Oppeln; 3,300 hab. Toiles, draps, tabac, poterie ; haut-fourneau et affinerie.
PEIZ , v. des Etats prussiens ( Brandebourg) , à 51 kil. S. de Francfort -sur -Oder; 2,500 hab. Forges royales et affinerie de fer.
PÉ KlANG-HO ou TCHING-KIANG , riv. de la Chine ( Kouang-Toung) , a sa sourcé près de Nan-Young-Fott , coule au S., et se jette dans le Si-Kiang, au-dessous de Canton, qu’il arrose. Cours de 450 kil. En partie navigable.
PÉKIN, en chinois Pé-King (cour du Nord) ou King-sse (la capitale), v. de l’Empire chinois, capit. de tout l’erripire et de la prov. de Pé-tchi-li, dans une vaste plaine, sur le Yu-ho laffluent du Pé-ho), à 50 kil. S. de la grande muraille de la Chine; par 39» 54’ 13” lat. N., et 114» 8' 30" long. E.; 2,000,000 d’hab. environ. Sa forme est ccdle d’un quadrilatère de 45 lcilom. de circuit, compose de deux villes distinctes, la Wai-tching , ville extérieure; et la N ■>' trldng, ville intérieure, au N. de la première. — l.a ville extérieure est la région du commerce et de T in» dnstrie : les rues y sont étroites, saies; les maisons généralement à un seul etage, mal alignées, mal bâties; beaucoup sont peintes en bleu céleste, en cinabre, ou même dorées. — J.a ville intérieure est une place de guerre, avec de belles murailles de briques, et de- portes de marbre ornées de statues. Là sont les tribunaux supérieurs ou ministères de l’Empire, le tribunal de l’histoire
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et de la littérature chinoise examinant les aspirants au titre de mandarin; le temple de la paix éternelle avec un séminaire de lamas pour le Thibet; le collège impérial, où l’on enseigne le mantchou, le chinois, et le russe; une mosquée, une chapelle catholique, une église grecque, la mission russe; un observatoire bâti eu 1279, l’imprimerie du gouvernement, éditant un journal, et dont les publications sont livrées au commerce; Bibliothèque et collections impér.ales, les plus riches de l’Asie. Nombreuses écoles de toutes sortes; grands établ ssements de bienfaisance. La plupart des édifices sont entourés de cours, et pre.-qne cachés au milieu de massifs d'arbres. On compte plus de 40b rues, larges de 20 mètres environ, non pavées, et dont beaucoup se terminent par des arcs de triomphe. — Cette ville enveloppe la cité impériale , qui a 10 kilom. de tour, et est presque entièrement occupée par les jardins de l’Empereur. — Au centre, dans une 3e enceinte, est le ICingtChiny ou ville interdite , d’un circuit do 3 kiloin. environ, résidence de l’Empereur et de l’héritier de la couronne. — Pékin fut bâti, selon les Chinois, entre 1200 et 1100 av. J.-C. Gengis-Khan s'en empara en 1215. Koublaï-Khan y fit d’impor. antes constructions. Marco-Polo est le premier Européen qui ait visité cette capitale. En 1644, les Mandchoux s’en emparèrent. En 1860, un corps expéditionnaire franco-anglais défit l’armée chinoise sous les murs de la ville, et, le 25 octobre de cette même année, les ambassadeurs français et anglais signèrent dans Pékin un traité de paix et de commerce avec le prince Kong, délégué de l’Empereur. — Le pays est sujet à de terribles tremblements de terre : un, en 1662, fit périr 300,000 personnes, et un autre, 100,000 eu 1672 !
PELAGE, en celte Morgan (c.-à-d. maritime), hérésiarque du ve siècle, né dans la Grande-Bretagne, se fit moine, vint à Rome, où il se lia avec Rufin, et se forma par la lecture des Pères grecs et surtout d’Origène. Esprit ardent et exalté, il enseigna qu’Adam avait été créé sujet à la mort; que son péché n’avait pu être imputé à ses descendants; que les enfants, en naissant, sont dans le même état où se trouvait Adam avant son péché; que l’homme peut vivre sans péché; que la nature n'est point corrompue, et que la grâce n'est point nécessaire pour pratiquer la vertu. Les conciles de Carthage, 415, d’Antioche, 424, et le concile œcuménique d’Ephèse en 431, condamnèrent sa doctrine, dont S1 Augustin fut le principal adversaire. Pélage mourut vers 432 ; mais sa doctrine, connue sous le nom de Pélagianisme, se maintint jusqu’au vie siècle* Noris, Vossius, et Patouillet en ont écrit l’histoire. M.
pelage 1er, pape de 555 à 559, romain d’origine, fit commencer l’église de SGPliilippe et SL Jacques. On a de lui 16 Epures.
pelage il, romain, pape de 578 à 590, ne put étouffer en Istrie le schisme dit des trois chapitres | V. Vigile ).
pelage Ier, roi des Asturies de 711 à 737. Porte-lance du roi Rodrigue à Xérès, il s’était réfugié dans les Pyrénées eau ta briques. Vainqueur des Arabes à Caradonga, 718, il fonda Ôviédo et un royaume qui devait plus tard s’étendre jusqu’au centre de l’Espagne. Pélage fut un véritable héros; il accomplit les plus grandes choses avec de faibles ressources, et par la force de son génie et de son caractère.
PELAGIE ( St0 ) , comédienne à Antioche au ve siècle, se convertit, et se retira sur la montagne des Oliviers à Jérusalem, où elle finit ses jours dans la pénitence. Fête, le 8 octobre. — U y a une autre sainte de ce nom, martyre dans le i ve siècle, et fêtée le 9 juin.
PÈLAGON'IE, canton de la Macédoine, au N.; comprise dans la Péonie, avec laquelle on la confond quelquefois. — On appelait Pélagonie tripohtaine une contrée de Thessalie, où étaient les trois villes d’Azor, Pythium et Dolit lié.
PELASGES, nom sous lequel on désigne une très-ancienne population, qui occupa la Grèce et l’Italie, se répandit à l’E. dans l’Asie-Mineure et les îles de l’Archipel, à l’O. dans les grandes îles de la Méditerranée etjusqu’en Espagne, etqui ensuite fut assujettie aux tribus guerrières venues après elle. D’après Hérodote, les Pélasges ont occupé tout le pays appelé de son temps Hellade , et qui primitivement se nommait Pélasgie. Ils étaient laborieux, et attachés surtout à la culture de la terre. Selon la Fable, Pélasgos, le premier, a pétri et cuit le pain réduit en farine. Les Pélasges aimaient les plaines d'alluvion s’ouvrant vers la mer et fécondées annuellement par le limon des fleuves; et ils les appelaient du nom générique à' Argos, appliqué plus tard aux villes qui s’y sont élevées;
de ce nom on dérivait même leur nom national, Pélasgos ou Pélargos, les laboureurs des plaines. Un autre nom particulier aux Pélasges est celui de Larissa, que portent les villes bâties par eux, la plupart au centre de plaines vastes et arrosées. Ces Argos demandaient à être protégées contre le débordement des eaux, ces Larisses â être défendues contre les invasions des ennemis : de là, dans les pays occupés par les Pélasges , les canaux souterrains destinés à conduire les eaux à la mer, les digues et les chaussées construites pour les contenir dans le fond des vallées , et les prodigieuses murailles appelées par les Grecs Cyclopéennes , et qu’on rencontre surtout en Argolide et en Etrurie ( V. CyclopÉens. Monuments). Les Hellènes , frappés des proportions gigantesques de ces monuments, en expliquaient l’origine par l’intervention de puissances supérieures, des géants, des Cyclopes, ou des dieux (Apollon, Hercule) , par le génie tout-puissant des poètes (Amphion), auxquels les dieux accordaient le pouvoir de remuer et d’assembler les rochers. Hérodote rapporte aux Pélasges les premières notions des puissances divines et les formes élémentaires du culte. Leur religion fut le naturalisme , c.-à-d. la divinisation des phénomènes naturels, des agents physiques, des forces destructives ou organisatrices. Ils les appelaient, d’une manière vague et confuse encore, les dieux • plus tard, ils appliquèrent des noms à tel ou tel dieu. C’est à eux que les Hellènes durent plusieurs des divinités de leur Olympe : Zeus, à qui était consacré le chêne, sous la forme duquel il fut sans doute adoré, lorsque les premiers hommes mangeaient des glands d'après la tradition pélasgique; Héra ou Junon, vénérée dans le pays pélasgique d’Argolide , et qui avait d'abord été le tronc de poirier dans lequel on tailla sa statue jusqu’à Polyclète, ou la grenade sauvage, qui plus tard ne figure plus que comme un attribut dans sa main; Posidon ou Neptune, qui envahit les grèves basses de l’Attique, terre pélasgique dont le premier nom , d’après Strabon , fut Posidonia ; Athéné ou Minerve, la déesse de l’olivier, la protectrice des hauteurs, des villes environnées de tours et de murailles; Déméter ou Cérès, la déesse de la vie agricole, celle qui enseigna à Triptolème à semer le blé; Hermès ou Mercure , dont la représentation symboliquo avait été, d'après Hérodote, transmise parles Pélasges aux Hellènes; h'éphuistos ou Vulcain, le divin forgeron, fils d'Héra, banni de l'Olympe hellénique, et tombé dans cette île de Lernnos où les Pélasges se retrouvent encore aux temps historiques; enfin Artémis ou Diane, née dans cette Arcadie qui resta pélasgique jusqu’aux derniers temps de la Grèce, déesse des montagnes, des bois sacrés, des sources, des lacs, reine des Nymphes, des Faunes et des Satyres. Un autre caractère de la religion pélasgique, ce sont ces sanctuaires mystérieux de Dodone , d’Eleusis , de Samothrace , où se conservaient, révélés seulement à un petit nombre d’adeptes, les rites religieux, les cérémonies, la langue du culte primitif de la Grèce. Cette religion de la nature inspira les poètes demi-fabuleux de la Thrace, antérieurs à l’époque homérique, Orphée, Musée, Mélatnpus.
Pélasges de la Grèce. — Tout atteste dans la Thessalie le séjour des Pélasges : les cimes du versant oriental du Pinde sont couronnées de leurs enceintes massives, et la plaine du l’énée, qu’ils semblent avoir les premiers cultivée, est appelée par Homère Argos Pélasgique. Une Larissa occupe le centre de ce riche bassin, où l’on rencontre encore des débris de canaux, de chaussées et de digues, antérieurs aux Hellènes. Deux autres villes du même nom étaient situées, l’une au N., l’autre au S. de la Thessalie; le canton le plus central et le plus fécond de ce pays a porté le nom de Pélasgiolide. Parmi les tribus de race pélasgique, on trouve les Perrhèbes , les Hisliœevs, et les Do lopes . ils furent ou chassés du pays ou refoulés dans lés gorges de l’Olympe par les Lapithes, les Hellènes-Acbéens, les Eoliens-Myniens et Béotiens, et les Thesprotes-Thessaliens. Les Pélasges qui n’émigrèrent pas furent réduits à la condition servile, sous les noms caractéristiques de Pénestes (pauvres), et de Mcnestes (ceux qui demeurent aux champs). Us appartinrent aux plus puissantes familles du pays, les Aleuades, les Scopades, les Créondes, qui les accablaient de travaux et de châtiments indignes ; bien qu’ordinairement employés à cultiver les terres et à garder les troupeaux, ils servaient cependant dans les armées thessalieimes comme fantassins, et même comme cavaliers. — Les plus anciens habitants de la Phocide et de la Béotie sont appelés llyantes, Heclines, Aones et Lemnic.es; ils paraissent appartenir à la race pélasgique. Ce n’est qu’à une époque relativement récente, vers le temps de la guerre de Troie, que les traditions mentionnent l’invasion eu Béotie
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des Pélasges et des Thraces. Ceux-ci étaient une branche des Pélasges-Piériens de la Macédoine. — Les Pélasges de Béotie se réfugièrent, dit-on, en Attique, 60 ans après la prise de Troie, à la suite de l’invasion des Béotiens d’Arné. Mais, depuis longtemps, l’ Attique était peuplée de Pélasges ; c’est la terre sacrée d’Athéné ; à Eleusis est le sanctuaire de Déméter, dont les fêtes, appelées 1 hesmophories, rappelaient que la culture du sol avait été le point de départ et la condition de la vie sociale. Ce sont les Pélasges, sans doute, qui, dans la division en 4 tribus attribuée à Ion, e.-à-d. dans la répartition du peuple après la conquête hellénique, formèrent les deux dernières classes des Egicores et des Argudes, ou des pâtres et des laboureurs, occupations conformes à leur caractère, pendant que les Ioniens, relativement peu nombreux, composaient la caste militaire des Oplites. Ce n’est que longtemps après l'invasion ionienne, qu’on retrouve eu Attique un peuple portant le nom particulier de Pélasges, le même qui avait été chassé de Béotie après la prise de Troie; et connue si les anciens Pélasges, absorbés par les Hellènes, eussent oublié l'art de bâtir, c’est aux nouveaux venus que les Athéniens font construire les murs de leur Acropole : ils leur cèdent , en récompense, un terrain stérile au pied du mont llymette, où les Pélasges s'établissent, mais seulement comme voisins , gardant leur langue et leurs mœurs. Fidèles à leur génie national , ils fertilisent le terrain, et les Athéniens, envieux de leurs richesses, ou , d’après une autre tradition , pour venger les outrages faits par les Pélasges à de jeunes filles d’Athènes, les chassent du pays; ils se retirèrent à Lemnos, où, sous le nom de I’él sges-Tyrrhéniens, ils devinrent fameux par leurs pirateries. — Dans le Péloponèse, l'Argolide est toute pélasgique : le nom d'Argos, où, suivant une tradition conservée par Eschyle dans les Suppliâmes, régnait Pélasgos, fils de Palæchton (la terre primitive), le culte de Junon particulier à cette ville, les murailles indestructibles de Tirynthe et de Mycènes, tout témoigne du séjour des Pélasges. La double conquête de l'Argolide par les Achéens d’abord , puis par les Doriens, rendit la condition des Pélasges vaincus plus dure que partout ailleurs ; on y trouve , après le retour des Héraclides, au-dessous des Doriens vainqueurs et des Achéens, habitant quelques villes et jouissant, sinon des droits politiques, au moins de la liberté civile, une population méprisée, dont les iudividus portent diflérents noms, Gymnésiens à Argos, parce qu’ils pouvaient servir en qualité de troupes légères; Conipndes (hommes aux pieds poudreux), à Epidaure; Corynépliores (porteurs de bâtons) ou Catonacoplwres (porteurs de peaux de brebis) , à Sicyone. La nature tout agricole de leurs occupations, et leur nombre considérable relativement aux conquérants, ne permettent pas de méconnaître en eux l’ancienne population pélasgique. — L’Arcadie, qui disputait à l’Argolide la gioire d'être le premier séjour des Pélasges, conserva jusqu’à la fin de l’histoire de la Grèce son indépendance politique et le caractère tout pastoral et agricole de sa population. Bien qu’admis dans la suite parmi les populations de race hellénique, les Areadiens différaient des Hellènes de pure race par leur genre de vie plus grossier, par leur religion demeurée plus fidèle au naturalisme primitif. Ils excellent dans l'art de faire écouler par des canaux souterrains les eaux sans issue des vallées de Stymphale, d'Orchomène, de Phénée, de Caphye. Leur roi fabuleux , Lycaon, est , ou fils de Pélasgos, ou identique à Pélasgos lui-même; et ses fils, les Lycaonides. forment toute une dynastie de fondateurs de villes et de chefs de tribus. — L'Achaie, lorsqu’elle était encore appelée Egialée (le rivage|, avait une population d’origine pélasgique, au témoignage d’Hérodote; les noms de Larissa, que portait une de ses villes, et du Heuve Larissos. qui la bornaitàl'O., confirment cette assertion. — En Elide, les Pélasges avaient le nom particulier de Caurones, et passaient, dit Strabon , pour être originaires d’Arcadie, ce que représente la tradition rapportée par Pausanias, qui leur donne pour premier roi Caucon, un Lyeaonide. — En Messénie, où le roi Caucon introduisit les mystères d’Eleusis , les Cancoues apparaissent mêlés à un autre peuple qui semble de race moins purement pélasgique, les Lélèges : ceux-ci fondent en Messénie une Pédase, qui rappelle une ville du même nom fondée par ce peuple en Asie-Mineure, où ils sont les auxiliaires des Troyens, peuple certainement pélasgique; ils fondèrent à Samos, dont ils furent les premiers habitants, le plus ancien temple connu de la déesse pélagique Héra. Ces mêmes peuples ont aussi occupé la Laconie, où les traditions parlent d’un Lélex, le premier habitant du sol lacédémonien , appelé de lui Lélegie,
D’autres preuves du séjour des Pélasges en Laconie, c’est l’antiquité, dans ce pays, du culte des Dioscures, divinités qu'Hérodote reconnaît formellement être pélasgiques, et que l’on retrouve vénérées sous le nom de grands dieux dans l’île de Samothrace; c’est l’existence de cette classe des lliloles, dont la misère était le résultat d’une conquête. Un peuple de la Laconie, dont l'origine pélasgique n’est pas douteuse, ce sont les Cynuriens, qui occupent la côte, depuis la frontière de l’Argolide jusqu’au cap Malée, et qu’Hérodote reconnaît comme autoclithones , au même titre que les Areadiens.
Pélasges du Nord de la Péninsule, de f Asie-Mineure et des (les. — Au N. de l'Olympe et des monts Cambuniens jusqu’à l’Hellespont, on rencontre encore les Pélasges. La Macédoine fut originairement peuplée par eux ; ils y sont divisés en tribus, dont chacune porte un nom particulier. Ainsi la tradition donne aux Macednes un Lyeaonide pour ancêtre; si ce peuple fut plus tard civilisé par des rois de race hellénique, il conserva son idiome particulier, où s’étaient conservés, jusqu’au temps d’Alexandre, bien des mots pélasgiques. Les Permiens, dans la vallée de l’A.xius, les l}olliens, dans celle de l’Haliacmon, sont formellement cités comme Pélasges. Entre l’Haliacmon et l’Olympe, les Piériens sont assimilés par Strabon aux Thraces de Pliocide et do Béotie. Ce sont aussi des Thraces qui sont répandus sur toute la côte, du Strymon à l’Hellespont; le culte des Muses, né chez ces Thraces-Pélasges des temps héroïques, les noms des chantres de ce pays, Orphée , Musée , celui de Thamyris, connu d'Homère, ne permettent pas de les confondre avec les peuples qui ont porté le même nom et habité le même pays aux temps historiques , et qui , de mœurs toutes différentes , semblent se rattacher à la race scythique. D'autres Pélasges habitaient en Macédoine la presqu’île de Chalcidique ; c’étaient les Pélasges-Tyrrhéniens , dont les ancêtres, chassés d’Athènes , s’étaient réfugiés à Lemnos. Expulsés de cette île par Milliade, ils s'étaient retirés dans la Chalcidique , où ils formaient encore, à l’époque de la guerre du Péloponèse, la majorité de la population des petites villes de la péninsule d’Acté. — Ces mêmes Pélasges- Tyrrhéniens existaient aussi , au temps d’Hérodote , en Asie-Mineure , sur les côtes de la Propontide , où ils avaient fondé les villes de Plaeie et de Scylace, et introduit leur culte à Cyzique. Trois villes de Larisse existaient à l'époque héroïque , l’une près de Troie , les deux autres sur les bords de niermusetduCaystre. Les villes d’Assosetd'Antandros sont formellement désignées connue pélasgiques, et l’ Iliade appelle Pélasges un peuple qui vient au secours des Troyens. Les Troyens eux-mêmes et les peuples de l’Asie- Mineure, jusqu’à l'IIalys à l’E. et au Taurus au S., paraissent appartenir au rameau thraco-phrygien de la race pélasgique. La grande déesse Vesta, divinité d'origine pélasgique, au témoignage d’Hérodote, était honorée dans le temple phrygien de Pessinonte , où les danses frénétiques des Corybantes rappellent le caractère orgiastique des cérémonies de Samothrace , patrie de Dardanus , le père des Troyens. Dans l 'Iliade, ou voit venir au secours de Troie tous les peuples pélasgiques, depuis les Péoniens de la Thrace jusqu'aux Méoniens de Lydie. Les peuples riverains de la Propontide et du Pont-Euxin, Bithyniens, Mysiens , Mariandyniens , appartiennent, dit Strabon, à la famille des Thraces, et, auprès d'eux, nous retrouvons des Caucones. En Asie , comme en Grèce , les Pélasges semblent destinés à subir le joug des Hellènes. Les Mégariens fondateurs d'Héraclée Pontique , réduisent les Mariandyniens à la servitude, et leur font une condition semblable à celle des Pénestes de la Thessalie. La tradition disait les Carient , les Mysiens et les Lydiens issus de trois frères, et, en souvenir de cette parenté primitive, les trois peuples faisaient des sacrifices en commun à Zens Carios dans la ville carienne de Mylasa. Ici encore nous retrouvons les Lelèges; ils sont désignés par Alcée comme habitants d’Antandros, et Hérodote, qui les représente mêlés aux Cariens dans toutes les îles de la mer Egée , dit qu’ancienneiueut les insulaires étaient Pélasges. — Parmi les iles où ils ont laissé les traces les plus durables, il faut citer au N. Lemnos et Imbros , d’où ils furent chassés par Miltiade , et Samothrace, le sanctuaire de leur religion et du culte de leurs dieux , les Cabires; au S. , la Crète, où, après la conquête dorienne, ils furent soumis au plus dur esclavage sous les noms de Mnoites ( demeurant aux champs) , ou Dmoïtei (domptés) , esclaves de l'Etat, et d'Aphamiotes ou Cléroles (distribués par lots), esclave* des particuliers.
Pélasges de I Épire et de l'Hlyrie , de l'Italie, de la Sicile et de l'Espagne. — L’Epire était considérée comme pélasgique. C’est en effet dans ce pays qu’était l’oracle célèbre
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de Dodone, dont le dieu est appelé par Homère Zeus Pélas- Qique. Les Sclli ou helli, interprètes du Dieu ; les Chaones , les Tliesprotes , qui passaient , comme les Molosses , pour avoir reçu un roi de Pélasgos ; les Grairi , placés par Aristote aux environs de Dodone et de l'Achéloüs, sont des Pélasges , opinion que confirment les restes des gigantesques enceintes qui s'allongent en lignes sinueuses sur les flancs des montagnes d’Epire. — Les traces des Pélasges sont sensibles en Italie; ils y ont le caractère de colons étrangers. Il faut cependant en excepter les Aborigènes, qui semblent être un ban de Pélasges primitifs , et qui , refoulés par d'autres peuples dans les parties centrales de P Apennin, en sortirent plus tard sous les noms de Sabelliens et d’Osques. Les nombreuses enceintes pélasgiques qui dominent et relient les hauteurs de la Sabine et du pays des Herniques, le culte profondément naturaliste de cette partie de l'Italie, confirment cette opinion. La partie centrale de la péninsule fut le point de rencontre des deux grands rameaux pélasgiques qui ont le caractère de colonies étrangères. Le plus septentrional est désigné par les Grecs sous le nom de Tyrrhéniens. Venus de la Thessalie, disent les traditions, ils s’établissent, sous le nom de Sicèles ou Sirules, sur les bords du Pô, où ils fondent Spina, et sur ceux de l'Arno , dont ils régularisent le cours. Mais c’est surtout au S. de ce fleuve , dans le pays appelé depuis Etrurie, que les Pélasges Tyrrhéniens ont été puissants; ils y fondèrent Pise , Cortona, Agylla , Pyrgi, Tarquinies, Fiesole , Volterra, et les entourèrent de murailles indestructibles. L’invasion des Rhasènes en Etrurie n'amena ni l’extermination, ni le bannissement des Pélasges; leur nom même de Tyrrhéniens prévalut sur celui des conquérants auprès des nations étrangères. Si les vainqueurs dépouillèrent les vaincus de toute part au gouvernement, et les réduisirent en grande partie en servitude , les Pélasges ne disparurent pas comme race; Hérodote affirme que, de son temps , ils étaient en possession de Cortona, et y parlaient la même langue que les Pélasges-Tyrrhéniens de Placie et de Scylace sur la Propontide. C’est sans doute à ces Pélasges-Tyrrhéniens, restés dans le pays sous la domination des Rhasènes , qu’il faut attribuer les immenses travaux de dessèchement et l’industrieuse activité qui rendirent si célèbre parmi les anciens le nom d'Etrusques | Tyrrhcni , Tyrseni , Tursc.i, Tvsci , Etrusci) , indifféremment donné aux vainqueurs et aux vaincus. — D’autres Pélasges-Tyrrhéniens fondèrent en Espagne Sagonte, dont Annibal et les guerres sans nombre dont l’Espagne a été le théâtre n’ont pu détruire les indestructibles ruines; Sa ra gosse , où les murailles pélasgiques dépassent l’enceinte de la ville actuelle; Tarragone, dans les murs de laquelle la mine fit moins d'effet , au commencement de ce siècle, que dans le rocher. — Le second ban de populations pélasgiques établi au S. de l’Italie, portait le nom générique d 'OEnotriens à l’O. , divisés en Chones , Morgètes et Italiotes, et celui de Peucèliens à TE. , comprenant les Dauniens, les Jnpy /es- Messnpiens , divisés en Cnlnbrois et Salentins. Une tradition les faisait descendre de deux frères, Œnotrus et Peucétius, fils d’un roi pélasgique d’Arcadie. Mais le nom de Chones, si semblable à celui des Chaones d’Epire, dont les séparait seulement la partie la plus resserrée de l’Adriatique , l’existence , dans la Grande-Grèce , d’une ville et d’une rivière Achérontia, nom qui se retrouve en Epire, permettent de conjecturer que ces Pélasges-Arcadiens étaient mélangés de Pélasges- Epirotes. D’un antre côté, une autre tradition qui représente Peucétius , Daunus et Japyx amenant avec eux une multitude d'Illyriens, et le témoi- j gnage d’un auteur ancien qui fait des Dauniens un peuple illyrien d’origine , tout fait soupçonner que Ton devait j rattacher aux Pélasges cette race illyrienne que Strabon I représente comme mêlée à la population pélasgique de j l’Epire. Dans le S. de l’Italie , comme ailleurs , les Pélasges ; furent absorbés comme nation et réduits en esclavage par les colonies helléniques, dont le nombre et la puissance firent donner à ce pays le nom de Grande-Grèce. Quelquesuns avaient cependant préféré l'émigration à l’esclavage. Ainsi les Sirules , chassés de l’Italie septentrionale par les Sicanes Ibériens, puis par les Rhasènes, avaient passé le détroit, et, avec les Morgètes , occupé le N. de la grande île qui prit d’eux le nom de Sicile. — Rappelons enfin cette tradition nationale et indigène dans le Latium, qui faisait venir Evandre de l’Arcadie pélasgique, et, par Etiée, rattachait les Romains aux Troyetis, et par les Troyens aux Pélasges. Rien ne ressemble plus à l'ancien cidte pélasgique que l’ancien culte latin. Albe et Rome avaient leur Palladium comme Troie ; Rome , dès son berceau , a honoré Vesta, la déesse pélasgique, et, plus tard, elle a été demander aux Phrygiens Pierre noire de
Pessinonte. Atticus , revenant de Grèce , croyait retrouver dans les dieux Pénates de Lavinium les dieux do Samothrace; les habitants de cette ile obscure furent traités par le sénat d 'alliés et de parents; après la bataille de Magnésie , Rome exempte les habitants de Pergame de tout impôt , comme liés par le sang au peuple romain. C’est dans la vallée du Tibre que viennent se mêler toutes les races pélasgiques, Aborigènes de l’Apennin , Tyrrhéniens d’Etrurie , Arcadiens de Grèce, Phrygiens d’Asie; et Rome , formée du mélange de toutes ces populations , vengea, en soumettant les Hellènes, la longue et universelle oppression sous laquelle ils avaient tenu les Pélasges. C. P.
PElASGIE , nom que portèrent, dans les temps les plus anciens , la Grèce entière, le Péloponèse, et l'ile de Lesbos.
PÉLASGIOTIDE , contrée de la Thessalie, entre la Perrhéhie au N., THistiæotide à l’O., la Phthiotide au S., et la Magnésie à l’E.; ainsi nommée des Pélasges qui l’habitèrent.
PÉLASGIQUE (Golfe), Pelasyicus Sinus , auj. golfe de Volo , golfe formé par la mer Egée au S.-E. de la Thessalie , entre la Phthiotide et la Magnésie, et au N. de l’Eubée. C’est le même que le golfe de Pagases.
PÈLASGUS, nom de plusieurs rois fabuleux de l’anc. Grèce ; l’un , en Arcadie, fut le père üe Lycaon ; un autre, à Argos, appelé aussi Argus, succéda à son père Phoronée, et donna le jour à Criasus.
PÉLÉE, Peleus, fils d’Eaque, tuajtar mégarde son frère Phocus, s’expatria, et vint à la cour d’Eurytion, roi de Phthiotide, dont il épousa la fille, et qu’il eut encore le malheur de frapper à la chasse de Calydon. Réfugié à Iolcos, il y fut calomnié "par la reine Créthéis, dont il avait dédaigné l’amour ; le roi Acaste le fit pendre dans un bois. Pelée parvint à rompre ses liens, tua Acaste et sa femme, s’empara du trône d’Iolcos, et, ayant perdu sa lre femme, épousa Thétis, dont il eut Achille. Il prit part à l’expédition des Argonautes, et au combat des Centaures et des Lapithes. Pendant la guerre de Troie, il fut renversé par les fils d’Acaste.
PELEW, PALAOS ou PALOS (Iles ) , archipel de la Polynésie, dans le Grand-Qcéan, à l'O. des Carolines, au N. de la Nouvelle-Guinée, entre 6° 53’ et H» «’ lat. N., 132° 9’ 15" et 133° 39' 45" long. E. Formé de 26 îles Ion ues, étroites, fertiles, et très-peuplées. Les habitants sont robustes, avides, cruels, et vivent en polygamie. Ces îles, peu fréquentées, furent découvertes par les Espagnols en 1710, et visitées par le capitaine anglais Wilson, en 1783. Bois dehène, cocos, bananes, ignames, oranges, citrons, bambous, canne à sucre; larges bancs de corail. Côtes poissonneuses.
PELHAM (Henri|, homme d’Etat anglais, frère cadet du duc de Newcastle, servit dans les dragons pendant la rébellion de l’Ecosse en 1715, fut nommé à la Chambre des communes en 1718, entra au ministère en 1724 comme secrétaire d’Etat au département de la guerre, devint 1er lord de la trésorerie, puis chancelier de l’échiquier, et mourut en 1754. Il releva le crédit national, fit fleurir le commerce, et allégea la dette publique en réduisant le 4 pour 100 à 3.
PÈLIAS, né de Neptune et de Tyro, fut exposé lors de sa naissance, et sauvé par des bergers. A la mort de Créthée, époux de Tyro, il ravit le trône d’Ioloos à Eson, fils légitime de ce prince, tua sa femme et ses enfants, excepté Jason, qu’il espéra plus tard faire périr, en lui suggérant l’idée de l’expédition des Argonautes. Au retour de Jason, il périt victime de la vengeance de Médée | V. ce nom | .
PÉLIGNIENS, Peligni, anc. peuple de l’Italie centrale, de race sabellienne, occupait le revers oriental de l'Apennin, entre les Marses à TE., les Marrucins au N., dont le séparait TAternus, les Samnites proprement dits et les Frentans au S., séparés de lui par le Sagrus, c.-à-d. le N. de l’Abrnzze citérieure et le S.-E. de TAbruzze ultérieure 2» dans le royaume d'Italie; villes princip. : (’orfinium, Sulrao; le port d’Aternum lui était commun avec les Vestins et les Marrucins. Le ray s des Péligniens était, avec celui des Marses, le plus froid de la péninsule; il produisait surtout du lin, et était très- propre à l’élève des abeilles. Les Péligniens formaient avec les Vestins, les Marrucins et les Marses, Tune des deux confédérations qui se partageaient le Samnium, et étaient renommés par leur bravoure. Après avoir pris parti pour Rome contre les Latins en .340, et être restés neutres dans la D® guerre des Romains contre les Samnites du S., en 326, ils voulurent secourir leurs compatriotes quand ils virent les Romains
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menacer l'indépendance de toute l’Italie, en 308. Mais ils | furent soumis une lre fois en 305, une 2e par Curius Dentatus, qui ravagea tout leur pays et les réduisit à la condition d'alliés de Rome, jouissant du droit italique, 290. Ils prirent part à la Guerre sociale ( V . ce mot], et leur ville de Corfinium devint la métropole de la confédération Italienne, sous le nom à'Italica, 90. C. P.
PËLION, auj. Plessidhi, montagne de la Grèce (Thessalie), dans la presqu’île de Magnésie, se rattache au N. au massif de l'Ossa. Son plus haut sommet a 1,670 met.; il portait autrefois un temple à Jupiter Acréus. Le versant méridional offre, depuis l’entrée du golfe de Volo jusqu’au lac Bœheis (Karla), des pentes gracieuses, semées de beaux villages, et où croissent le citronnier, le figuier, l'oranger, la vigne, le mûrier; du lac Bœheis à l’Ossa, le Pélion perd le nom de Plessidhi pour prendre celui de Mqvro-Vouni (la Montagne Noire], et présente une végétation moins riche. Le versant septentrional, qui regarde la mer Egée, est escarpé, sauvage, couvert de pommiers, cerisiers, châtaigniers, etc. Le Pélion est célèbre dans la mythologie grecque : les Géants voulurent l’arracher de sa base et le transporter sur l’Ossa pour escalader l’Olympe; le navire Argo fut construit des bois coupés sur ses hauteurs; c’était la demeure des Centaures, et Chiron y fit l’éducation d’Achille. Auj. Volo est la résidence d’un kaïmakan turc, dont l’autorité s’étend sur les 24 villages duPélion, parmi lesquels on distingue Argalasti, Néoehori, Miliès, Porlaria, Makrinitza, et Zagora. Ces villages sont habités par près de 50,000 Grecs industrieux, qui, retirés dans leurs montagnes, paient tribut à la Porte, mais ne reçoivent pas parmi eux les garnisons turques. C. P.
PÉLISSANE, brg (Bouches-du-Rhône), arr. et à 30 kil. O. -N. -O. d’Aix; 1,966 hab. Récolte de soie et de garance; fabr d’huile. Patrie d’Esménard.
PÉLISSON. V. Pellisson.
PELL-A, v. de Macédoine (Emathie), sur une hauteur, près d'un marais formé par les débordements du Ludias, fut d’abord appelée Bounomia, et resta sans importance, jusqu’à ce que Philippe, qui y était né, en eut fait la résidence des rois. Les Romains y envoyèrent une colonie, et l’appelèrent Colonia Julia Augusta Pella. Il en reste quelques ruines non loin de la ville actuelle d ’lénidjé, dans le pachalik ottoman de Salonique. — v. de la Palestine, au S. de la Pérée, fut d’abord appelée Boutis; auj. El Boudsché. Prise par Antiochus le Grand, roi de Syrie, détruite par Alexandre Jantiée, parce que les Macédoniens qui l’habitaient ne voulaient pas se soumettre aux pratiques de la religion juive , elle fut rebâtie par Pompée. C. P.
PELLEGRIN (Simon-Joseph), né à Marseille en 1663, m. en 1745, fut d’abord moine servite, puis aumônier de vaisseau, et enfin se livra à la littérature. Etabli à Paris, il vendit des épigrammes et des madrigaux, écrivit des Cantiques spirituels , des comédies et des tragédies ; on disait de lui qu’il dînait de l’autel et soupait du théâtre.
Il traduisit en vers les Odes d’Horace, Paris, 1715, 2 vol. in-12, mit sur des airs d’opéra et de vaudevilles l’histoire de l’Ancien et du Nouveau-Testament, les Psaumes de David, et jusqu’à l'Imitation de J. C.
PELLEGRINI ( PellegrinoTibaldo de) , ou simplement Tibaldi, peintre et architecte, né à Bologne de parents milanais en 1522, m. en 1592, suivit à Rome, en 1547, Vasari, qui lui fit apprécier les monuments de cette ville, peignit, à son retour, pour l’Institut de Bologne, divers sujets tirés de l’Odyssée, devint ingénieur en chef du duché de Milan, fit le pavé de la cathédrale de cette ville et traça le dessin de la façade de ce célèbre édifice, bâtit l’archevêché, l’église Sl-Laurent, éleva la maison professe des Jésuites à Gênes, son plus bel ouvrage, fut appelé par Philippe II en Espagne, où il décora le cloître et la bibliothèque de l’Escurial, et vint finir ses jours à ■Modèiie.
pellegrini (Dominique), frère du précédent, né en 1541, m. en 1582, construisit une des chapelles de la cathédrale de Bologne, les palais de la Gabelle et de Magnani, et exécuta de bonnes gravures à l’eau-forte.
pellegrini (Camille), historien, né à Capoue en 1598, m. à Naples en 1663, a laissé : Apparato aile anlirhilà di Capua, overo délia Campania felice, ouvrage historique et archéologique, Naples, 1651, in-4°; llisloria principum Longotiardorum, ibid. , 1643, in-4», travail qui répand un grand jour sur l’Italie au moyen âge.
pellegrini I Antoine), peintre, né à Venise en 1675, ni. en 1741, peignit à Paris le plafond d’une des galeries de la Banque royale (auj. Bibliothèque impériale), et à Venise un tableau célèbre du Serpent d'airain , dans l’église de S'-Moise.
pellegrini (Félix), célèbre chanteur, né à Turin en 1774, m. à Paris en 1832, possédait une belle voix de basse. Il débuta à Paris, en 1819, dans 1 ’Agnese, de Paër, et fut applaudi dans les rôles bouffes des opéras de Rossini. Il a enseigné le chant au Conservatoire de Paris.
PELLEGR1NO , de Modène, peintre, rn. en 1523, fut élève de Raphaël. Son principal ouvrage est une Nativité de J.- C., dans l’église de Sl-Paul à Rome.
pellegrino di San— dan) elo (Jean-Martin d’udine, dit), peintre italien, m. en 1546, vécut à la cour d’Alphonse d’Este, duc de Ferrare. On a de lui une Madone assise entre les quatre vierges d'Aquilée, et divers sujets tirés de la vie de J.-C.
PELLEGRUE, ch.-l. de cant. (Gironde), arr. et à 24 kil. N.-N.-E. de La Réole; 296 hab. Ane. ch.-l. de la juridiction du Condomois. Bons vins.
PELLENE, v. forte de l'Achaie, à l’E., sur les frontières de la Sicyonie, à 60 stades du golfe de Corinthe, sur lequel elle avait un port appelé Arislonaulæ. Les traditions lui donnent pour fondateur un géant nommé Pallas, ou l’Argien Pellen. Elle fut souvent prise et reprise dans les luttes des ligues achéenne et étolienne. Diane y avait une statue, qu’on ne pouvait regarder sans être frappé de cécité. Ses ruines se voient encore près du vge de Zugra. Prés de la ville était un petit village nommé aussi Pellène, où l’on célébrait des jeux eu l’honneur de Mercure. Les vainqueurs recevaient pour récompense des manteaux de laine. C. P.
PELLERIN (Joseph), antiquaire, né à Marly-le-Roy en 1684, m. à Paris en 1782, fut commissaire-général, puis 1er commis de la marine. Il forma un médailler contenant 32,500 pièces, et le vendit 300,000 fr. à Louis XVI. Il le fit graver et le publia : Recueils de médailles des rois, peuples et villes, Paris, 1762-78, 10 vol. in -4°, avec un savant et judicieux commentaire critique. Pellerin fut le premier qui introduisit la méthode historique dans la classification des médailles.
pellerin (le), ch.-l. de cant. (Loire-Inférieure) , arr. et à 28 kil. E.-S.-E. de Paimbœuf; 1,000 hab. Bâti en amphithéâtre sur un coteau de la rive g. de la Loire. Les vaisseaux d'un tonnage trop fort pour remonter jusqu’à Nantes s’y arrêtent. Une grande partie de l’église est fort ancienne.
PELLETAN ( Philippe- Joseph ) , né à Paris en 1747, m. en 1829, a été l’un des plus brillants professeurs du Collège de chirurgie, et plus tard de la Faculté de médecine de Paris. En 1795, d succéda à Desault comme chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu ; là il se distingua comme opérateur, et forma de nombreux élèves. Membre de l’Académie des Sciences, de l'Académie de Médecine, et de presque toutes les sociétés savantes de l’Europe, Pelletan a montré par les Mémoires qu’il a publiés , par un Traité de clinique chirurgicale, 3 vol. in-8°, 1810, par sa pratique dans plusieurs hôpitaux, qu’il était aussi bon théoricien qu’habile praticien. J. G.
PELLETIER (Bertrand), chimiste et pharmacien, né à Bayonne en 1761, m. eu 1797, étudia à Paris sous Darcet et Bayen II a fait d’excellents travaux de chimie minérale et organique, de métallurgie et de technologie. On lui doit surtout une étude presque complète du phosphore et de ses principaux composés, notamment du phosphore métallique ; des Mémoires fort intéressants sur la strontiane, le molybdène , l’or musif, les cendres bleues, les éthers, les sels de baryte, l’affinage du métal des cloches, etc. Ses différents écrits ont été réunis, en 1798, sous le titre de Mémoires et observations de chimie, Paris, 2 vol. in -8°. Pelletier fit partie, en 1791, de l’Académie des Sciences, et concourut à plusieurs rapports très-remarquables sur la fabrication de la soude, la refonte du papier imprimé et écrit, la fabrication des savons, le tannage des cuirs, etc. 11 fit partie de l’Institut à sa création, et professa la chimie à l'Ecole polytechnique. U était rédacteur des Annales de chimie. Eu 1790, il avait failli être aveuglé par la détonation imprévue d’un mélange gazeux; en 1797, il succomba, victime de son zèle, pour avoir respiré une trop forte dose de chlore, en faisant des expériences pour reconnaître la nature et la propriété de ce gaz. J. G.
pelletier (Joseph), fils du précédent, né à Paris en 1788, m. en 1842, est un des hommes qui ont le plus contribué au développement de la chimie organique. Il a surtout bien fait connaître cette classe de principes immédiats désignés sous le nom d 'alcaloïdes, et qui, pourvus de propriétés médicales très-actives, ont remplacé peu à peu, dans le traitement thérapeutique, les substances végétales qui les contiennent, ce qui a permis de simplifier les toril 30 '
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mules pharmaceutiques et de rendre moins désagréable l’administration des médicaments. Le nombre des travaux de Pelletier, faits isolément ou en collaboration de Magendie, Caventou, Vogel, Coriot, Wolter, Brot, etc., est considérable. Tous ont été entrepris dans un but pratique. Ses études sur la cochenille, le santal, l’orcontite, le curcuma , et autres matières tinctoriales , ont perfectionné l’art de la teinture; ses recherches sur les gommes-résines ont jeté un grand jour sur les opérations de la pharmacie ; ses travaux sur la distillation des résines ont donné la base d’une théorie de la fabrication des huiles de résine et du gaz éclairant que cette substance fournit ; son Mémoire sur les principaux composés de l’or n’a pas été étranger à la révolution récente qui s’est opérée dans l’art du doreur. Les analyses des racines d’ipécacuanha, de la fève de S1 Ignace et de la noix vomique , des bulbes de colchique, de la cévadille, de la racine d’ellébore blanc, du poivre , de l’opium, et des écorces de quinquina, ont enrichi la chimie, et, par suite, la thérapeutique, des principes immédiats connus sous les noms d 'émétine, de strychnine, de brucine, de vératrine , de pipérine , de narcéine , de strébaine, de pseudomorphine , de quinine et de cinchonine. Le nom de Pelletier est inséparable de l’invention du sulfate de quinine, pour laquelle l’Académie des Sciences a décerné, en 1827, à ses auteurs Pelletier et Caventou un prix de 10,000 fr. du legs Monthyon. Pelletier était directeur-adjoint de l’Ecole de pharmacie de Paris, membre libre de l’Académie des Sciences, de l’Académie de Médecine, du conseil de salubrité, etc. Il avait longtemps professé l’histoire naturelle à l’Ecole de pharmacie. J. G.
PELLEVÉ ou PELVÉ (Nicolas de) , d’une ancienne maison noble de Normandie , né au château de Jouy en 1518, m. en 1594, étudia et enseigna le droit à Bourges, fut conseiller au parlement , maître des requêtes , évêque d’Amiens, puis de Sens, suivit le cardinal de Lorraine au concile de Trente, où il trahit les intérêts de la France, fut fait, cardinal en 1560, résida 20 ans à Rome, et devint l’un des chefs de la Ligue. Aussi est-il fort maltraité dans la Satire Ménippée et dans les Mémoires du temps. Nommé à l'archevêché de Reims, il en prit possession en 1592, présida le clergé aux Etats que tinrent lés Ligueurs à Paris en 1598 , et mourut dans cette ville, le jour même où elle se soumit à Henri IV. J. T.
PELLEW (Edouard). V. Exmouth (lord).
PELLICO (Silvio), poëte et littérateur italien, né à Salaces en 1788 , m. en 1854 , était fils d’un employé dans l’administration de la guerre en Piémont, passa 4 ans à Lyon, où il étudia la littérature française, fut professeur de langue française au collège des Orphelins militaires à Milan, puis précepteur dans quelques grandes familles, et se lia intimement avec Monti, Manzoni, et Foscolo. Une tragédie de Francesca di Rimini, qu’il fit représenter en 1819, eut un succès d’enthousiasme; c’est une élégie touchante plutôt que le tableau d’énergiques et émouvantes passions. Fondateur, avec Sismondi , Romagnosi, Manzoni, Gioja, etc., d’un journal libéral , Il Concilintore, qui devint suspect à l’Autriche, il le vit supprimer en 1820, fut arrêté lui-même, sous le prétexte de carbonarisme, au moment de la révolution de Piémont, conduit à Venise, et condamné à mort en 1822. La peine fut commuée en 15 années d’emprisonnement au Spielberg; il fut gracié dans la 9e, et reconduit en Piémont, où il a depuis vécu dans la retraite. Il refusa la place de bibliothécaire des Tuileries , offerte par la reine Marie-Amélie. Le récit de sa captivité, qu’il publia, en 1823, sous le titre de Mes prisons , est devenu populaire en Europe; il y raconte ses souffrances avec une simplicité touchante et la douce résignation d’un martyr qui n’a conçu aucune haine contre ses persécuteurs. Il publia encore 7 tragédies, dont la censure autrichienne interdit les représentations; 12 Canticlie , petits poèmes narratifs sur des sujets empruntés à l’histoire d’Italie; un traité des Devoirs de l'homme; des Poesie inédite, Turin, 1837. L’édition française la plus complète de Silvio Pellico est celle de M. A. de Latour; elle comprend Mes prisons et les Devoirs, Paris, 1853 , 1 vol. gr. in 8°. M. de Latour a aussi traduit les Lettres de Silvio Pellico , Paris, 1857, in-8», avec des fragments de ses Mémoires. M. V — i.
PELLISSON -FONTANIER (Pauli, né à Béziers en 1624, d’une famille protestante, m. en 1693, étudia le droit à Toulouse, puis s'attacha au barreau de Castres. Epris d’un goût très - vif pour les lettres , il vint se fixer à Paris , se lia avec plusieurs des gens de lettres qui se réunissaient chez Conrart, et composa une Histoire de l'Academie Française , depuis sa fondation en 1635, iusqu’au l"rjuin 1653. Cette compagnie l’admit parmi ses membres, eu 1753. Pellisson jouissait d’une grande réputation
parmi les beaux-esprits. Il avait acheté une charge desecrétaire du roi en 1652; il devint 1er commis deFouquet en 1657, et maître des comptes à Montpellier en 1659. Il fut enveloppé dans la disgrâce de Fouquet, en 1661, mis à la Bastille , refusa de faire aucune déclaration capable d’aggraver la position de son ancien protecteur, et, pour le défendre, brava même la colère de Louis XIV. 11 composa à cette occasion deux Discours au Roi , et un Mémoire sous le titre de Considérations sommaires sur le procès de M. Fouquet. L’éloquence judiciaire n’a rien produit de plus beau au xvne siècle. Bien que le ton général en soit trèshumble, le roi fut blessé, et donna l’ordre d’interdire l’encre et le papier à Pellisson; le pauvre prisonnier les remplaça par le plomb des vitres de sa prison taillé en pointe, et par les marges des livres laissés à sa disposition. L’Ecriture sainte et ses commentaires, les Pères de l’Eglise et presque tous les livres de controverse devinrent alors sa lecture habituelle, et de là datent ses idées de conversion. Rendu à la liberté en 1666, rétabli dans sa première fortune, il devint historiographe du roi en 1668, et abjura le protestantisme en 1670. 11 n'est resté que des. fragments de son Histoire de Louis XIV, depuis la paix des Pyrénées, 1659, jusqu’à celle de Nimègue, 1678; cependant on en trouve les matériaux dans des Lettres historiques, espèce de journal qu’il adressait à Mlle de Scudéry. Pellisson s’occupa aussi de conversions, et composa divers ouvrages pieux qui n’ont paru qu’après sa mort, tels que : Ré fierions sur les différends en matière de reliqion , 1 686 et et suiv., 4 vol. in-12; Traité de l'Eucharistie; Prières au St-Sacrement de l'autel, pour chaque semaine de Tannée, avec méditations sur divers psaumes; Prières sur les Epitres et Evangiles de Tannée; Courtes prières pendant la messe. Auj. on ne lit plus guère que ses Mémoires pour Fouquet;: tout le reste est tombé dans l’oubli. F. B
PELLOUTIER (Simon), historien, né à Leipzig en 1694, d’une famille française que la révocation de l’édit de Nantes avait forcée de s’exiler, rn. en 1757 , fut ministrede l’église française de Berlin, membre de l’Académie de celte ville. On a de lui une Histoire des Celtes, 1740-50,. 2 vol., réimprimée sousle titre d' Histoire des Celles, et particulièrement des Gaulois et des Germains, depuis les tempsfabuleux jusqu’à la prise de Rome par les Gaulois , Paris,. 1771, 2 vol. in-4° ou 8 vol. in-12. L’ouvrage est divisé en 4 liv. traitant des origines des Celtes, de leur histoire, de leur langue, de leurs mœurs, de leurs coutumes, de leurs dogmes religieux, de leurs lois. Il y a beaucoup de conjectures, et le livre est auj. insuffisant.
PÈLOPIDAS , issu d’une des premières familles de- Thèhes, et possesseur de grands biens, s’attacha au parti populaire. Banni par les Spartiates, qui avaient surpris la. Cadmée, l’an 382 av. J.-C., il rentra dans Thèhes, 4 ans après, avec quelques amis déguisés en chasseurs, massacra Archias et les autres tyrans, et contraignit les Spartiates à évacuer la citadelle. Dans la guerre qui en résulta , il sut gagner l’alliance d’Athènes en poussant Sphodrias ( V. ce mol ) à la provoquer, et eut presque tout l'honneur des succès de Platée, de Tanagre, de Thespies et de Tégyre. Le congrès de Sparte n’ayant point rétabli la paix , il commanda, sous les ordres d’Epaminondas, son ami , le bataillon sacré des Thébains à la bataille de Leuctres, 371, prit part à l'iuvasion du Péloponèse, 370- 369, montra peu de fermeté, à son retour, devant l’assemblée qui lui demandait compte d’avoir gardé trop longtemps le commandement , et , absous grâce à l’énergie d’Epaminondas, alla secourir les Thessaliens contre Alexandre, tyran de Phères, 368. Il les affranchit du joug, puis intervint aussi dans les affaires de Macédoine. Il revenait à travers la Thessalie, 367, quand Alexandre l’attaqua en trahison, et le fit prisonnier. Délivré par Ep» minondas, il fut chargé d’une ambassade à Suze auprès d’Artaxercès Mnémon , dont il obtint l’alliance pour sa patrie, malgré les intrigues d’Athènes et de Sparte. Il périt dans une nouvelle expédition en Thessalie, en remportant sur Alexandre de Phères une victoire à Cynoscé- | phales, 365. B.
PÉLIÏPONESE , partie méridionale de la Grèce, formant une presqu’île rattachée au continent par 1 isthme de Corinthe, et bornée au N. par le golfe de Corinthe, à l’O. par la mer Ionienne, au S. par la mer de Crète, à LE. par la mer Egée. Ses côtes découpées, et comme dentelées par des golfes profonds, l’avaient fait comparer par les anciens à une feuille de platane, et le nom de Morée que lui donnent les modernes vient de sa ressemblance avec la feuille du mûrier ( Pour la géographie physique, V. Grèce). — Le Péloponèse fut d’abord appelé Pelasgia, du nom de ses plus anciens habitants, les Pélasges; Argot,
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parce que cette ville était le centre de la puissance des Pélasges dans la péninsule ; Apia, d’un héros mythologique, Apis, fils de Phoronée ; enfin Péloponèse , lorsque Pélops vint d’Asie gagner par ses trésors la souveraineté du pays. Les invasions des trois tribus helléniques , Eolienne, Aehéenne et Ionienne, changèrent la face du pays. Les Pélasges ue subsistèrent plus comme nation que dans le plateau central de l’Arcadie. Dans le reste de la péninsule, ils furent, sous divers noms, réduits en esclavage. Les Eoliens s’établirent dans 10. du Péloponèse ( Elide et partie de la Messénie | et à Corinthe ; les Ioniens, au N., dans l'Egialée (rivages du golfe de Corinthe et du golfe Saronique); les Achéens, dans la plus grande partie de la Laconie, de la Messénie et de l’Argolide. L’invasion des Doriens amena de nouveaux déplacements dans les populations, et , après de longues luttes entre les anciens possesseurs et les nouveaux conquérants, le Péloponèse se trouva constitué de la manière suivante. Les Doriens conquérants ont occupé au S. la Laconie et la Messénie, à l’E. l’Argolide. Les Eoliens sont confinés dans les vallées de 1 Elide, comme les Pélasges dans les hautes montagnes de l’Arcadie; les Achéens, chassés du S. et de l’E . , se sont réfugiés au N. dans ï’Egialée , en ont chassé les Ioniens, et donné au pays le nom d’Achaïe. Soumis à Tinfluence toute-puissante de Sparte jusqu’aux victoires d’Epaminondas, 369, le Péloponèse se débattit, pendant les deux siècles suivants, entre les Macédoniens, la ligue aehéenne, la ligue étolienne, et les rois ou tyrans de Sparte (Cléoniène, Nabis, Machanidas). La victoire de Mummius, 146, et la prise de Corinthe, réduisirent le Péloponése, comme le reste de la Grèce, à l’état de province romaine sous le nom d’Achaïe. — Lors de la substitution des Thèmes aux diocèses et aux provinces du Bas-Empire, la péninsule, avec Pile de Crète, forma le Thème du Péloponèsc, capit. Corinthe. Vers le xne siècle, le pays prit le nom de Mirée ( V. ce mot]. C. P.
fÉloi-onÈse (Guerre du], nom donné à la guerre qui éclata, 20 ans après les guerres médiques, entre Athènes et Sparte, et qui se termina par la ruine de la puissance athénienne. La rivalité commerciale de Mégare , d'Egiue et de Corinthe, la haine séculaire de Sparte avivée par les intrigues de la Perse , le despotisme d’Athènes dans l’exercice de l’hégémonie, telles furent les causes de cette lutte qui dura 27 ans, de 431 à 404. L’intervention des Athéniens dans un démêlé de Corcyre et de Corinthe, leur attaque contre Potidée, les querelles de Platée et de Thèbes ne furent que des causes secondaires ou des prétextes. Les alliés de Lacédémone furent les Phocidiens, les Locriens, les Béotiens, et presque tout le Péloponèse. Les alliés d’Athènes étaient les cités maritimes, les Grecs des iles, les villes de la Thrace et de l’Asie-Mineure. La guerre du Péloponèse changea trois fois de théâtre : elle eut lieu d’abord dans l’Attique et le Péloponèse, 431-421. Aux invasions annuelles des Péloponésiens dans l’Attique, répondirent les dévastations des flottes athéniennes sur les côtes du Péloponèse. Dès la 2e année de la guerre, 429, la peste désola Athènes, et Périclès fut au nombre des victimes ; néanmoins les événements furent heureux pour les Athéniens, qui obtinrent sur mer des succès importants, et prirent Potidée. Mitylène, révoltée, fut soumise et rasée; mais Sparte fit subir le même sort à Platée, 427. L’occupation de Pylos et de Sphactérie par Démosthène, malgré le courage de Brasidas, jeta Sparte dans la consternation, et Athènes, fière de ses succès, repoussa, grâce à Cléon , les offres de paix. Mais une tentative de Démosthène sur Mégare échoua, et Hippocrate, attaqué par les Béotiens, perdit 1,000 hommes à Délium. Brasidas porta alors la guerre en Chalcidique, afin de ruiner les colonies d'Athènes, et de la priver elle-même du blé, du bois de construction et des cordages qu’elle en tirait : Acanthe, Stagyre, Amphipolis, tombèrent en son pouvoir. Cléon, nommé général , voulut reprendre Amphipolis, et perdit la bataille et la vie; Brasidas mourut aussi de ses blessures, 422. Nicias à Athènes, Plistonax à Sparte, conseillèrent la paix, qui fut conclue pour 50 ans, 421. Cette paix ne fut troublée que par une prise d’armes des Argiens et des Areadiens contre Sparte, qui les défit à Mantinée, 418, et par un acte de ressentiment des Athéniens contre Mélos, qui avait gardé la neutralité dans la guerre précédente et qu’ils saccagèrent , 416. — La 2e période de la guerre du Péloponèse s’étend de 416 à 413. Une expédition en Sicile est conseillée aux Athéniens par Alcibiade, qui voulait frapper les Doriens dans leurs colonies, et éloigner la guerre de l’Attique. Mais à peine arrivé dans l’ile, il est rappelé pour se justifier d’une accusation de sacrilège; il s’enfuit à Argos, et donne aux Spartiates des conseils qui
devaient le venger cruellement. Sparte occupa Décélie, d’où l’on pouvait infester l’Attique, et envoya Gylippe au secours de Syracuse : ses talents militaires, son esprit de décision, lui assuraient la supériorité sur Nicias, toujours hésitant , et qui ne -dirigeait l’expédition qu’à contrecœur. Instruits des difficultés qu’éprouvait Nicias , les Athéniens équipèrent une 2e armée : Démosthène, qui la conduisait, attaqua immédiatement Syracuse, et fut repoussé; la destruction de la flotte, les désastres de l’armée dans sa retraite vers Catane, forcèrent Nicias à se rendre. Il fut lapidé, ainsi que Démosthène; ceux des Athéniens qui ne furent pas tués furent vendus comme esclaves. — La constance d’Athènes ne fut point ébranlée de ce désastre. La guerre recommença; cette fois, elle eut l’Orient pour théâtre, 412 - 405. Les alliés d’Athènes l’avaient abandonnée : la Perse vint encore grossir le nombre de ses ennemis. Seule contre tous, Athènes lutta; une réaction aristocratique amena le rappel d’Alcibiade, vainqueur à Abydos et à Cyzique, 408. Sa rentrée fut un triomphe. Mais un échec à An lros fit croire à une nouvelle trahison. Alcibiade jugea prudent de s’exiler, et on nomma
10 généraux pour lui succéder, 407. Le désastre des Péloponésiens aux îles Arginuses, 406, fut réparé, l’année suivante, par Lysandre, qui s’assura les subsides du jeune Cyrus, et gagna sur les Athéniens la bataille décisive d’Ægos-Potamos, 405. Athènes fut prise, ses murailles détruites, ses vaisseaux brûlés, et il lui fallut renoncer à ses colonies. Sparte triomphait de sa rivale : mais la guerre du Péloponèse fut fatale à la Grèce, qu’elle avait divisée et affaiblie •• elle avait appelé l’étranger dans ses querelles, et détruit l’unité qui avait fait sa force. F — t.«
PÉLOPS, fils de Tantale, roi de Lydie, fut tué, selon la Fable, par son propre père, et servi aux dieux dans un repas. Cérés seule toucha à ce mets horrible. Jupiter rendit la vie à Pélops, dont il réunit les membres épars, et lui donna une épaule d'ivoire pour remplacer celle que Gérés avait mangée. Pélops passa plus tard en Elide, où
11 épousa Hippodamie, fille du roi (Enomaüs, et régna sur la plus grande partie de la presqu’île qui a reçu de lui le nom de Péloponèse. Il eut pour fils Atrée, Thyeste, Pitthée et Trœzen.
PÉLORE (Cap), anj. Paro, à la pointe N.-E. de la Sicile, portait le nom d’un pilote d’Ulysse, qui s’y noya, ou de celui qu’Annibal , se croyant trahi , y fit mettre à mort
PÉLORIES , fêtes thessaliennes, instituées en mémoire d’un certain Pélorius qui découvrit la vallée de Tempé.
PELTASTES, soldats d’infanterie des anc. Grecs, qui, pour l’armement, tenaient le milieu entre les Oplites et les Psilites. Us avaient une pique moins longue, et le bouclier appelé pelte (K. ce mot).
PELTE, Petit, bouclier en forme de croissant, arrondi sur ses deux cornes, avec un renflement rectiligne au milieu de la partie concave. C’était l’arme défensive des Amazones, et de certains corps d’infanterie des anc. Grecs.
PELT1ER (Jean-Gabriel), né en 1763 à Gonnord, arr. de Cholet, m. en 1825, s’est rendu fameux au commencement de la Révolution, par la publication des Arles des Apôtres, pamphlet périodique, où il soutint les prétentions du côté droit de l’Assemblée constituante. L’esprit en est souvent frivole et de mauvais goût. Il publia aussi un pamphlet politique non moins fameux, intitulé : Domine, salvum fac lletjein. Après le 10 août 1792, Peltier dut fuir à Londres, où il continua de lutter contre les divers gouvernements qui se succédèrent en France. 11 ne revint à Paris qu’eu 1820, et y mourut, sans avoir obtenu aucune récompense du pouvoir royal qu’il avait servi.
PELT1SCUM, nom latin de PolOTSIC.
PÈLUSE, Pelusium, primitivement Avaris, anc. v. de l’Egypte, au N.-E., près de la Méditerranée, s’appelait en égyptien Péiémoun, ou Péromi (ville de la boue), à cause des terrains sablonneux et marécageux au milieu desquels elle était bâtie: Péluse en grec a le même sens, ainsi que les dénominations de Sin que lui donnent les livres saints, et de Tynih que lui appliquent auj. les Arabes. Placée sur la frontière d’Egypte du côté de l’Arabie et de la Syrie, elle fut exposée aux attaques des conquérants. Les Hycsos l’occupèrent longtemps; l’armée de Sennachérib y fut défaite par Sétlios, et celle des Egyptiens par Camhyse en 525. Elle fut prise par Iphicrate et Pharnabaze en 374, par les Perses en 309, par les Romains après la bataille d’Actium. Selon Strabon, elle avait 20 stades (3, 700"') de circonférence, et était située à une égale distance de la mer : auj. elle en est éloignée de 8 kil., au milieu d’une plaine qui n’offre aucune végétation. Près de ses ruines a été bâtie la ville de Port-Saïd, destinée à devenir